PAUPIÈRES MALADIES DES GLANDES PALPÉBRALES ET DU TARSE
Kystes transparents du bord libre. — Kystes développés aux dépens des glandes de Moll (glande ou canal excréteur), glandes sudoripares situées
cuire les cils et dont le conduit excréteur vient presque toujours s'ouvrir dans le conduit d'un follicule pileux.
Ces kystes sont généralement petits. On observe encore aux paupières, mais rarement, des kystes séreux développés dans les glandes de Krause, dans celles de Meibomius, dans les glandes de la conjonctive à la suite d'inflammation chronique (trachome), dans l'épilhélium de la peau, et enfin des kystes séreux simples et des kystes entozoaires.
Millium. Acné miliaire. — Kyste par rétention d'une glande sébacée cutanée renfermant des cellules épithéliales, de la graisse et des cristaux de cholestérine.
Toujours nombreux, ces petits kystes apparaissent sur la peau des paupières sous l'aspect de petites tumeurs blanc perlé du volume d'un grain de millet. On le vide ou bien on l'énuclée avec la pointe d'un bistouri ou avec une petite curette tranchante.
Molluscum contagiosum. — Petite tumeur arrondie de couleur plus foncée que le reste de la peau, parfois blanchâtre, dont le centre est déprimé. Elle est capable de s'enflammer. Paraît transmissible. Il y en a souvent un grand nombre chez le même sujet. La tumeur peut être unique et acquérir un certain volume. Elle peut atteindre d'autres parties de la peau, mais elle est fréquente à la face, au front, aux paupières. Siège de préférence sur la paupière supérieure, vers la commissure interne. Il s'agit d'une allération des glandes pilo-sébacées sur la nature de laquelle on n'est pas fixé.
Traitement. — Incision, évidement du contenu et ablation de la poche.
Infarctus des glandes de Meibomius. — Le produit épaissi des glandes de Meibomius, auquel peuvent s'ajouter des sels calcaires, forme une masse dure qui distend l'acinus, fait saillie sous la conjonctive et apparaît sous l'aspect de petites taches jaunâtres (lithiase conjonctivale). Il s'agit là de véritables corps étrangers qu'il est très important de savoir reconnaître, car chaque foyer de lithiase entretient, autour de lui, une zone de conjonctivite par irritation mécanique qui ne cède qu'à l'extraction de ces corps étrangers, vrais petits calculs.
Orgelet. Furoncle. Anthrax. — Chez des sujets jeunes, délicats, lymphatiques, strumeux ou atteints de blépharite, un processus inflammatoire aigu se développe dans les glandes de Zeiss (glandes des follicules pileux) ; c'est une folliculite d'une glande pilo-sébacée, V orgelet (hordeum, orge), orgelet externe par opposition à l'orgelet interne, dû à la suppuration aiguë d'une glande de Meibomius.
425 Paupières (Glandes palpébrales et tarse).
La paupière est tuméfiée, rouge, œdémateuse. Près du bord palpébral, on sent, dans une région très limitée, une petite tumeur dure, très douloureuse. Les phénomènes inflammatoires poursuivent leurs cours et bientôt la peau s'ulcère et laisse sortir un bourbillon. Le processus s'est localisé à la glande; s'il franchit ses parois on a des lésions plus diffuses (furoncle, anthrax) et, dans ce dernier cas, le pronostic, de bénin qu'il élait, devient grave, à cause de la possibilité d'une thrombo-phlébite du sinus caverneux, comme pour le furoncle du nez ou des lèvres. Les orgelets répétés peuvent se compliquer d'une blépharo-adénite.
Traitement. — Compresses chaudes et ouverture de l'orgelet dès que le pus apparaît. S'il y a tendance au phlegmon on débridera largement.
Granulose. — Autour des canaux excréteurs des glandes de Meibomius peuvent se développer de petites excroissances, des granulomes, petites tumeurs bénignes, qu'il faut savoir reconnaître pour ne pas les confondre avec un cancroïde du bord libre de la paupière. Ces petits granulomes forment parfois par leur agglomération une petite crête rougeatre, hyperplasie partielle du bord postérieur de la paupière, qu'une simple excision suffit à faire disparaître.
Le tarse, et notamment celui de la paupière supérieure, est le siège des gommes syphilitiques. Le tarsite syphilitique a un développement lent, sans douleurs; la paupière est tendue, rouge, tuméfiée, difficile ou impossible à retourner, les cils tombent. L'infiltration gommeuse du tarse est diffuse ou à foyers, elle s'accompagne ou non d'ulcération de la conjonctive. Lorsque l'ulcération est au voisinage du bord palpébral, elle peut déterminer une perte de tissu de forme colobomaleuse. Le ganglion préauriculaire est souvent induré. En général, la paupière revient à son volume normal après le traitement spécifique. Toutefois, il peut persister une petite encoche.
Dans le tarse, la tuberculose, comme la syphilis, peut déterminer des infiltrations.
La tarsite tuberculeuse est partielle ou diffuse. Dans le premier cas, il s'agit d'une forme circonscrite avec nodules ou infiltrations limitées (rhalazion tuberculeux) ; dans le second, l'infiltration est totale; on seul Une plaque indurée dans toule la région tarsale; la paupière est volumineuse, ptosée. Engorgement ganglionnaire. Le processus reste sans caséifîcation <>u aboutit à la formation d'ulcérations el d'abcès froids (E. Rollet).
Le simple aspect ne suffit pas à établir sûrement le diagnostic el à distinguer cette lésion dr la tarsite syphilitique cl de la dégénérescence amyloïde du tarse. On joindra les inoculations aux examens anatomo-pa biologiques. On s'aidera des commémoràtifs e( des accidents concomitants.
Traitement. — Excision, scarification, curettage et traitemenl général.
Les ulcérations, les brûlures, les plaies «le la muqueuse el de la peau des paupières, el notamment le trachome, sont fréquemment la cause dune Inflammation du tarse. Cette tarsite aboutit à des déformations du tarse.
Les cils sont sujets aux affections trie hophy tiques, au favus (acharion Schônleini), dont !<•- spores pénètrent dans les follicules, \ déterminent
Paupières (Opérations). 124
l'altération des bulbes avec la chute des cils el production de croûtes jaunes recouvrant le bord palpébral (V. Bléphariti
Le phtyrius inguinalis [pediculus pubis) (phtyriose palpébrale) el l'acarus peuvent se fixer à la base des cils. Leur présence s'j traduit par la démangeaison des paupières, la desquamation furfuracée de l'épiderme el par de nombreux corpuscules grisâtres animés <lc mouvements. <)n trouve ces parasites sur d'autres parties <lu corps el H est, en outre, facile d'établir Je diagnostic par l'examen microscopique (V. Blépharites).
Traitement. — Frictions sur le bord des paupières avec onguent napolitain et pommade soufrée, attouchements avec pinceau d'ouate imbibé d'une solution de sublimé à I pour 1000. Au besoin épilation. PÊCH1N.
PAUPIÈRES (OPÉRATIONS).— Épicanthus. — Lorsque la difformité est très accentuée, on excisera sur le dos du nez un pli cutané losangique ou ovalaire el l'on réunira par des sutures intradermiques (rhinorrhaphie), ou bien encore on taillera un lambeau dans le repli et l'on fera une autoplastie par glissement.
Colobome congénital et colobome traumatique. — Aviver les lèvres du colobome et suturer. S'il y a tendance à l'écartement des lèvres de la plaie par forte traction des lambeaux, libérer l'un d'eux par une incision et au besoin faire une blépharorrhaphie partielle.
Ptosis. — (V. Méthode de suppléance fonctionnelle du releveur par le
MUSCLE FRONTAL. RACCOURCISSEMENT DU RELEVEUR. PlNCE, LUNETTES A PTOSIS ,
Contracture : rétraction des releveurs. — (Y. Allongement du releveur. Reculement palpébral du releveur).
Méthode de suppléance fonctionnelle du releveur par le muscle frontal. — Procédé cTAngelucci (fig. 167 et 168).— C'est la greffe du tendon du releveur, préalablement
Fis. 167.
Opération du ptoàis (procédé d'Angelucci .
détaché, sur le muscle frontal au moyen de fils qui suivent un trajet audessous du sourcil.
Paupières (Opérations).
Procède de de Wecker (fig. 169 et 170). — Sutures élévatrices combinées avec résection dune portion de l'orbiculaire et au besoin de l'excision d'un lambeau cutané.
Procédé de Dransart et de Pagenstecher. — Passage de fils sous la peau de
Fig. 169.
Fie. 170.
Opération du ptosis (procédé de de Wecker).
la paupière, du bord de celle-ci jusqu'au sourcil. Par ces sutures qui réunissent le tarse au frontal par des cordelettes pseudo-tendineuses (nappe cicatricielle) on obtient pratiquement plutôt un raccourcissement de la paupière qu'une suppléance par le frontal.
Procédé de Panas (fig. 171 et 172). — C'est l'inoculation directe de la paupière avec le muscle orbito-fronlal.