OPIUM (INTOXICATION
>n op
Narcéine
Benzoate de soude .
sirop de capillaire .
I centigr. par cuillerée
-.'> centigr.
500 grammes.
;'i soupe.
h'. FEINDEL.
L'opium cl ses alcaloïdes peuvent déterminer des accidents aigus ou chroniques.
Intoxication aiguë par l'opium. — Elle esl consécutive en général ;i quelque tentative de suicide, par le laudanum le plus souvent. Les caractéristiques de l'empoisonnement par les opiacés sont au nombre de trois : coma, excitation, rémissions (Brouardel). L'évolution peut être foudroyante; le sujet tombe dans une somnolence profonde, et rapidement surviennent le coma avec dilatation papillaire considérable et la mort.
Dans d'autres cas, une demi-heure ou une heure après l'ingestion du toxique, se manifeste une période d'excitation qui peut n'être point désagréable; puis surviennent une tachycardie violente et des nausées. Le malade vomit; le cœur est défaillant, irrégulier; les pupilles d'abord rétrécies, se dilatent et le coma s'installe progressivement, enfin mortel.
Ou bien les phénomènes évoluent plus lentement encore; l'intoxiqué, d'abord loquace et vif, se plaint de céphalée intense ; son visage se congestionne, sa peau est sèche, la marche devient impossible. Les membres appesantis, la pensée paresseuse annoncent l'installation progressive du coma. Il peut y avoir des vomissements intenses dont l'odeur et la couleur seront parfois caractéristiques (laudanum). Dans quelques cas enfin, il existe un délire avec vives hallucinations; mais comme plus haut, l'asthénie avec abolition des réflexes survient peu à peu. Si l'issue est favorable, la convalescence est longue, pénible; des hallucinations peuvent persister ou revenir, et surtout l'esprit reste paresseux pendant des jours et des semaines.
Le traitement est celui de tout alcaloïde (V. Poisons médicamenteux). On cherchera avant tout à prévenir la somnolence; le collapsus sera combattu par les divers stimulants, la respiration artificielle, etc. On a prôné l'usage de l'atropine, ou à son défaut de la belladone, du nitrite d'amyle. Il semble que Ton ait eu plus de succès par l'usage du permanganate de potasse. On administre ce dernier en lavages (1 gr. pour 250 d'eau), en injections hypodermiques, plusieurs c. c. de la solution au centième) ; il est bon d'aciduler légèrement la solution de lavage (vinaigre, citron, etc.) afin de permettre la solubilisation des alcaloïdes.
Intoxication chronique par l'opium. — Les mangeurs et les fumeurs d'opium présentent des troubles voisins de ceux du morphinisme. Ce sont de pauvres êtres au teint mat, aux yeux cernés, qui paient d'une déchéance profonde l'excitation si passagère que leur procure leur poison. Ivres un instant, ils sont le moment suivant hébétés, asthéniques, les pupilles dilatées et paresseuses. La vie les trouve sans volonté, sans courage, sans morale; et cette chute monotone, progressive, irrémédiable, se dramatise parfois de quelque accès de délire furieux poussant au meurtre, ou de quelque crise
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convulsive que terminent un coma stertoreux et la mort. Les troubles des différents viscères sont analogues à ceux que nous rencontrons en étudiant les accidents morphiniques ; le traitement est le même. . Pour les intoxications par les dérivés de l'opium, V. Morphine.
FRANÇOIS MOUT I Eli.
OPOTHÉRAPIE. — Mot créé par Landouzy pour désigner une méthode thérapeutique basée sur l'emploi des sucs ou extraits des tissus organiques, et qui a pour but de remédier à l'absence ou à l'état d'hypofonctiond'un organe par l'administration d'extraits du même organe, pris sur des animaux.
Nous formulerons d'abord quelques considérations générales, qu'il ne faut pas perdre de vue, même dans la pratique courante des traitements opolhérapiques spéciaux.
Parmi ces derniers, les plus usités seront examinés d'abord, suivant l'ordre alphabétique des organes d'où ils sont tirés, puis nous indiquerons plus sommairement un certain nombre de médications opothérapiques diverses, et enfin nous donnerons quelques exemples d'associations opothérapiques.
Généralités. — Bases physiologiques de l'opothérapie. — Tout organe est le siège de réactions chimiques spéciales d'où naissent des produits spéciaux, qui passent dans le sang; tout organe possède donc une sécrétion interne, dans le sens le plus large du mot. Certains de ces produits suscitent un intérêt particulier, par l'influence très considérable qu'ils exercent plus spécialement sur certains organes où le sang les transporte, et d'une façon générale sur l'ensemble des phénomènes essentiels physiologiques.
Il est des organes dont la sécrétion interne est à peu près la seule fonction : tels sont le corps thyroïde et les capsules surrénales. D'autres ont à la fois une sécrétion externe et une sécrétion interne importantes, tels sont : le pancréas, le foie, l'ovaire, la muqueuse duodénale (qui sécrète l'entérokinase dans l'intestin et la sécrétinc dans le sang). En d'autres organes, enfin, la sécrétion interne paraît avoir une moindre importance relative.
Les sucs de sécrétion interne peuvent être recueillis dans les organes mêmes qui les engendrent pour les déverser; la thérapeutique les emploie. so\t pour suppléer à leur déficit éventuel dans les maladies, soit encore pour exagérer momentanément leur abondance et produire ainsi des effets médicamenteux particuliers, en rapport avec leurs propriétés.
Nous ne nous étendrons pas ici sur ces considérations, (pie Gilbert el Carnol el d'autres ont énoncées, et que L'un de nous a développées ailleurs
Buts que se propose l'opothérapie. — Opothérapie substitutive. — Quand un organe de sécrétion interne est en étal d'insuffisance, sou produit spécifique fait plus ou moins défaut dans le sang. Par l'opothérapie, <>n introduit, du dehors, ce produit qui n'est plus sécrété en dedans. Par là, on supplée L'organe, on substitue au procédé naturel un procédé artificiel, qui pourvoit l'économie des substances spécifiques dont elle a besoin. C'est là ce que nous appellerons Vopothérapie substitutive,
L'opothérapie se subslituanl ainsi au jeu normal de L'organe malade, on pourrait croire, a priori, qu'elle risque de le condamnera un repos excessif
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el d'entraîner ainsi une tendance à son atrophie, ce qui serait parfois fâcheux. Mais nous allons voir que c'esl l<i contraire qui advient.
Opothérapie auto-restauratrice. — L' extrait d'un organe n'agi I pas seulemenl sur d'autres organes, mais sur celui même dont il esl lire. L'administration de l'extrail tend à hypertrophier l'organe quand celui-ci esl saiu il tend, bien plus encore, à le restaurer quand il est amoindri anatomiquemenl ou fonctionnellement .
C'est là ce que nous appelons opothérapie auto-restauratrice. Notons qu'en se plaçant au point de vue non plus de la nature de l'effet produit, mais seulement des organes sur lesquels la médical ion porte son effet, celle opothérapie a pu être dénommée directe, en ce qu'elle agit sur l'organe correspondant, par opposition à l'opothérapie indirecte, qui agit sur d'autres organes (Renon et Delille) et qui comprend à la fois l'opothérapie que nous avons appelée substitutive et celle que nous appellerons tout à l'heure symptomatique.
Comment l'extrait d'un organe tend-il à restaurer cet organe? C'est sans doute parce qu'il lui apporte, pour les besoins propres de ses cellules, des matières premières déjà tout élaborées, aliments de choix qui seront pour lui d'une assimilation facile et immédiate, et qui lui épargneront du travail.
L'opothérapie aide ainsi l'organe malade d'abord à remplir sa fonction fléchissante, puis à se réparer. Cette médication est donc à la fois palliative, en ce qu'elle remédie à l'insuffisance actuelle, et curatrice en ce qu'elle tend à rétablir l'état normal. Et c'est là un avantage évident qu'elle présente sur d'autres médications, par lesquelles on supprime momentanément des effets morbides sans exercer aucune influence directe sur leur cause.
Opothérapie symptomatique . — Quand on emploie l'opothérapie à ces deux fins, de substitution supplétive et de restauration, dont nous avons parlé, on met en œuvre une médication éminemment spécifique, dont les indications s'inspirent nécessairement du diagnostic de l'organe primitivement lésé. Mais dans d'autres cas, l'opothérapie pourraêtre purement symptomalique. Étant donné, en effet, que certains extraits ont des propriétés physiologiques définies, au même titre que certaines drogues végétales ou minérales, la thérapeutique peut utiliser ces propriétés, pour supprimer tels ou tels phénomènes morbides en leur opposant une action antagoniste.
Il convient toutefoisde noter qu'en cette occurrence, le choixd'un produit naturel de l'organisme offre sur l'emploi des drogues ordinaires certains avantages. En effet, à l'action médicamenteuse immédiate de la substance employée s'ajoute alors une stimulation fonctionnelle élective de l'organe qui, au sein même de l'économie, engendre cette substance. De cette manière, le résultat passager et discontinu de l'injection ou de l'ingestion se renforce et surtout se prolonge, se régularise. C'est ce qui arrive, par exemple, quand on utilise l'extrait d'hypophyse comme cardiotonique ou comme diurétique. Au myocarde, au rein, à l'organe qui a besoin de secours. on suscite Un auxiliaire de choix, physiologïquement prédestiné à ce rôle; de cette manière, on fait plus que de corriger le désordre morbide, on encourage un processus naturel par lequel l'organisme tendrai l à rétablir son équilibre spontanément.
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Opothérapie complexe. — Rénon et Arthur Delille l'ont dénommée opothérapie associée et ils en ont montré l'intérêt. On y a recours lorsque plusieurs organes sonl en état d'insuffisance simultanément, on traite chacun d'eux par l'opothérapie qui lui correspond. De plus, certains exlrails ont à la fois une action stimulante sur l'organe A, auquel ils sont empruntés, et une action déprimante sur un autre organe B. A l'extrait A, destiné à relever l'activité de l'organe A, on associera l'extrait B, destiné à contrebalancer l'action déprimante de l'extrait A sur l'organe B.
Ajoutons dès maintenant qu'en pareil cas, il n'est pas nécessaire que les deux extraits soient administrés à l'état de mélange préalable, ni même à quelques minutes d'intervalle, on peut très bien les administrer séparément, dans le cours d'une même journée, et cela permet de modifier commodément, quand on le veut et dans la mesure qui se montre utile, les doses globales de chacun d'eux.
Opothérapie surajoutée. — Rien ne s'oppose à ce qu'on surajoute, au traitement opothérapique, un autre traitement quelconque, si besoin en est. Cette médication n'en contre-inclique aucune autre.
Opodiagnostic. — Un certain nombre de maladies ou de syndromes morbides peuvent tenir à l'insuffisance, isolée ou combinée, de plusieurs organes; le diabète, par exemple, peut être de cause hépatique ou de cause pancréatique. Quand on hésite sur la localisation originelle du processus, on peut recourir successivement à plusieurs médications, dont les résultats seront utilisés pour le diagnostic; c'est ainsi que dans le diabète, on essaiera successivement l'opothérapie hépatique ou l'opolhérapie pancréatique, et l'on conclura à un diabète hépatique ou pancréatique, suivant que la première ou la seconde médication se trouvera produire un heureux effet (Gilbert et Garnot). C'est là Y opodiagnostic. Cette méthode de diagnostic trouve aussi son utilisation pour dépister l'insuffisance thyroïdienne, ou d'autres miopragies glandulaires : c'est le « traitement pierre de touche » (Léopold Lévi et II. de Rothschild).
Dans l'opothérapie substitutive ou auto-réparalive, en effet, il s'agit d'une méthode véritablement spécifique, justifiant, mieux (pic tout autre, le fameux adage : Naturam morborum medicationes demonstrant.
Modes d'application de l'opothérapie. — L'opolhérapie peu! élu appliquée sous diverses formes. Les greffes d'organes ont été tentées sans succès. On administre parfois les organes ri) nature/, il faut alors se les procurer très frais, à l'abattoir, s'assurer qu'ils sont parfailemenl sains, et les ingérer sans larder. L'inconvénient, outre l'incommodité matérielle, consiste en ce «pie l'activité physiologique et même le volume de certains organes peuvent varier d'un animal à Tau Ire (corps thyroïde par exemple). Les pulpes glycérinées, préparées pour ingestion, ont L'avantage de se conserver; elles paraissent valoir l'organe frais.
On a parfois recours aux injections ^extraits liquides : extraits glycérines en général. L'absorption esl alors plus rapide. Toutefois, en matière d 'opothérapie, il n'y ;i presque jamais d'avantage i\ cela.
Les extraits secs, administrés par ingestion, sont les produits opothérapiques les plus commodes et les plus usités. La pratique médicale