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d'accord avec l'expérimentation, a montré qu'ils avaient, s'ils étaient préparés avec lous les soins requis, les propriétés <l<- l'organe frais; ils sont, en outre, plus constants, parce que les organes Trais présentent des différences individuelles d'activité, différences qui s'effacent quand on les mélange en nombre suffisant.
Les modes de préparation de ces différents produits sonl divers. Nous allons indiquer les principales conditions auxquelles ils ont à satisfaire pour fournir de bons résultats pratiques.
Les préparations opothérapiques. — Nous n'en lierons pas dans les détails de technique; nous formulerons seulement quelques considérations générales qu'il est pratiquement utile de connaître.
Un extrait d'organe peut être total, c'est-à-dire renfermer au complet la matière solide ou dissoute dont cet organe se compose; un autre genre d'extrait pourra différer de l'extrait total par soustraction ou par addition. Le premier cas se réalise quand on élimine, par un procédé quelconque, des substances considérées comme inactives; ainsi, pour citer un exemple, l'extrait de Kocher est tiré d'un extrait aqueux du corps thyroïde après élimination des matières albuminoïdes. Un extrait peut, d'autre part, contenir des substances étrangères, — telles que des antiseptiques ou des corps inertes, — ajoutées dans le cours ou à la fin des manipulations. Dire que tel résultat, positif ou négatif, a été obtenu avec un extrait de tel organe, sans autre désignation, c'est donc formuler une proposition assez imprécise.
Quels sont les principes généraux sur lesquels doit, sauf exception voulue, se baser la préparation des extraits secs opothérapiques? Ce sont, d'après nous, les suivants :
1° Il faut, en général, préférer un extrait total; nous désignons ainsi la poudre de l'organe, contenant la totalité de ce dernier, excepté l'eau. Les extraits partiels possèdent, en général, une action moindre, incomplète. Nous connaissons, il est vrai, dans quelques organes, plusieurs portions distinctes et plusieurs substances actives plus ou moins séparables chimiquement ; mais on en découvre de temps en temps de nouvelles, on peut utiliser isolément ces substances actuellement connues, et il est infiniment probable qu'on en découvrira d'autres. Il serait plus que téméraire, dans l'état actuel de nos connaissances, de dénier à une partie constituante quelconque d'un organe toute espèce d'activité. Il est hors de doute que chaque organe renferme plusieurs espèces de produits spécifiques, imparfaitement déterminés chimiquement et dont les expériences sur les anticorps, notamment, ont révélé l'extrême diversité. Ces produits ont tous, assurément, une utilité physiologique, que l'expérimentation ne définira que plus tard. L'un de nous a développé ailleurs les raisons pour lesquelles, suivant nous, lorsqu'un organe est en état d'insuffisance, il y a tout intérêt, soit comme méthode substitutive, soit comme méthode auto-restauratrice, à employer tout l'ensemble de sa substance. Contentons-nous de dire ici qu'aucun fait, actuellement du moins, ne démontre qu'en aucun cas, même dans celui de l'opolhérapie symplomalique, il y ait un avantage à préférer un extrait partiel. Les extraits partiels ne nous paraissent avoir, jusqu'à présent. qu'un intérêt expérimental;
;>! Opothérapie.
2° Il ne faut se servir, pour la préparation d'un extrait sec, que d'organes très frais et très sains. Il est bon, d'autre part, de traiter simultanément un assez grand nombre d'organes pareils, empruntés à des animaux différents : on obtient ainsi un produit dont l'activité est moyenne et constante, malgré les variations individuelles qui peuvent être assez grandes;
5° Il faut éviter, dans le cours des manipulations, les influences capables de modifier profondément l'activité physiologique des produits traités.
Posologie opothérapique. — Les produits opothérapiques, même quand ils portent des désignations identiques, ne sont pas toujours, tant s'en faut, comparables entre eux, s'ils sont de diverses provenances. Ils peuvent différer suivant la méthode employée pour leur fabrication et suivant la manière dont cette méthode est appliquée; car il s'agit de manipulations assez délicates, où de menus détails prennent de l'importance. Cela explique en partie les écarts qu'on peut remarquer dans les chiffres de la posologie opothérapique et en partie aussi la diversité des appréciations formulées sur l'efficacité de certains extraits.
Les doses que nous formulerons se rapportent (sauf indications contraires) à l'extrait sec total tel que nous l'avons défini. En multipliant les chiffres par le coefficient 5, on obtiendra sensiblement le poids correspondant de pulpe d'organe frais.
Bile. — L'extrait de bile (bile séchée pulvérisée) est fortement préconisé par divers médecins comme cholagogue, dans les cas de lit/ûase biliaire ; avec 10 ou "20 centigr. d'extrait sec pris chaque jour, pendant 10 à 15 jours tous les mois, on espace les crises de coliques hépatiques ou on les supprime.
La bile est laxative (expériences de Hallion et Nepper) et recommandable contre la conseilla lion. Dans ce cas, on l'emploie aussi en lavements. Elle a de remarquables effets dans l'entérite muco-membraneuse (Nepper).
Chez les nourrissons, l'hypohépatie biliaire entraîne de la constipation, des selles pâteuses mal colorées, un mauvais état général; on donne Kl centigr. de bile sèche par jour, en deux fois, dans les biberons (Barbier).
D'après certains auteurs, la bile serait appelée à jouer un rôle important dans le traitement de la tuberculose, surtout quand il y a diarrhée et foie volumineux.
Estomac — Exlniil gastrique sec, à raison de 50 à 65 centigr. par jour, ou sue gastrique liquide de chien (gastérine de Frémont), de porc (dyspep-
lilie <le llepp).
Indications. — Dyspepsies gastriques^ el aussi dyspepsies intestinales d'origine gastrique, avec ou sans constipation.
Foie. L'opothérapie hépatique a été surtout préconisée par Gilbert el < larnot .
On l'a appliquée sous diverses formes; nous en indiquerons quelques unes. On fail prendre au malade, en plusieurs Cois, dans la journée, loo gr. de foie de porc pulpe, délayé dans du bouillon froid ou tiède. Ou bien on administre en lavement le liquide obtenu par macération de KM) à 150 gr. de foie frais, délayés dans 250 c. c. d'eau pendant 2 heures à 35-38°, macéra
Opothérapîe. >-
Lion suivie de filtratipn. Contre la lithiase biliaire, Cassael donne chaque
joui- 10 6. c. (l'une solution glycérinée à 20 pour 100.
L'extrait sec de foie se prend a raison de 15 gr. par jour, en trois paquets;
on délaie dans du bouillon. Dans les cas où une médication intensive n'esl pas nécessaire, on peut se contenter de doses moindres : environ 3 gr. par jour, en 3 cachets.
Des résultats favorables ont été obtenus surtout dans le diabète et dan- la cirrhose du l'oie.
Une variété de diabète est justiciable de celte médication; c'est le diabète « par anhépatie » (Gilbert), où la glycosurie se caractérise par des maxima situés après les repas. L'influence favorable de l'opothérapic hépatique esl assez nette en pareil cas, d'après Gilbert et Carnot, pour permettre de préciser le diagnostic de cette variété.
Dans les cirrhoses, notamment dans la cirrhose alcoolique, on a obtenu des améliorai ions très remarquables et même des guérisons, au moins apparentes, et qui se sont maintenues, dans des cas considérés comme 1res graves. La congestion et le cancer du foie sont donnés aussi comme justiciables de la médication. De même, la lithiase biliaire.
La goutte a été influencée favorablement, ainsi que divers troubles dits arthritiques (eczéma, vitiligo).
L'opothérapie hépatique est employée dans les hémorragies (épistaxis, hémoptysies purpura, etc.) pour augmenter la coagulabilité du sang.
Triboulet en a obtenu de bons effets chez les tuberculeux, malades chez lesquels, d'ailleurs, on sait que le foie est souvent gros et insuffisant.
Hypophyse ou corps pituitaire. — Doses moyennes d'extrait sec : 20 à 30 centigr. par jour, en 2 à 5 fois. L'extrait d'hypophyse jouit de propriétés physiologiques intenses; vaso-constricteur et cardiotonique, il élève la pression artérielle et ralentit le pouls. Il est fortement diurétique. Il détermine, dans le corps thyroïde, une vaso-constriction soutenue (Hallion et Carrion) et une diminution d'activité sécrétoire (Hallion et Alquier. Rénon et A. Delille). Il a probablement un rôle anti toxique.
Son emploi opothérapique a été surtout étudié par ces deux derniers auteurs et par Parisot.
Arthur Delille, dans sa thèse (Paris, 1909), allribue à l'opothérapie hypophysaire les indications suivantes.
Le plus souvent on cherche à renforcer la fonction de l'hypophyse : c'est l'opothérapie directe. Celle-ci trouvera son indication dans tous les cas où l'on voudra élever la tension artérielle, ralentir le pouls, augmenter la diurèse, supprimer les sensations pénibles de chaleur et les sudations profuses, améliorer le sommeil, faire disparaître l'asthénie, atténuer certains troubles psychiques, exercer sur la nutrition une action stimulatrice. En résumé, l'opothérapie hypophysaire sera prescrite dans les cas où l'on aura fait. d'après les signes qui précèdent, le diagnostic certain ou probable d'insuffisance hypophysaire.
Ces indications se rencontrent dans les toxi-infections, au cours de la fièvre typhoïde, de la grippe, de la diphtérie, etc., quand le myocarde paraît fléchir.
ho Opothérapie.
Elles existent aussi dans les cardiopathies chroniques : affections milrales, myocardites chroniques; il y a, au contraire, contre-indication chez les aortiques, qui sont des hypertendus. On emploiera la médication hypophysaire dans les cas où la digitale ne réussit pas, et dans les intervalles de son emploi. Elle n'a pas les inconvénients de l'adrénaline.
Babinski s'est bien trouvé de l'emploi de l'extrait d'hypophyse dans la myasthénie.
Parfois on utilise les effets exercés par l'opothérapie hypophysaire sur un autre organe que l'hypophyse : c'est l'opothérapie indirecte. Cette dernière sera surtout utile dans l'hyperlhyroïdie (dont la maladie de Basedow est un type). On pourra utilement lui associer, à l'exemple de Rénon, l'hématoéthyroïdine, qui représente contre l'hyperlhyroïdie une médication spécifique.
Intestin. Duodénum. — On affecte à l'usage opothérapique tantôt la muqueuse de la totalité de l'intestin (opothérapie intestinale), tantôt la muqueuse du duodénum seulement (opothérapie duodénale).
L'opothérapie intestinale (Gilbert) est employée contre la constipation, tantôt sous forme d'extrait sec (50 à 75 centigr. en 2 ou 5 fois); tantôt sous forme d'extrait glycérine qu'on injecte sous la peau (Sardou).
Cette médication est capable aussi d'amender des troubles intestinaux autres que la constipation (diarrhée, entérite muco-membraneuse, phénomènes généraux ou éloignés à point de départ intestinal).
Opothérapie duodénale. — Le duodénum étant un organe fonctionnellement bien distinct du reste de l'intestin et la muqueuse duodénale étant seule à contenir certaines substances reconnues nécessaires à la digestion (sécrétine, eukinase), il est logique de rapporter à une insuffisance duodénale un bon nombre des troubles digestifs qu'on rattache, en bloc, à la dyspepsie intestinale, el d'appliquer, par conséquent, l'opothérapie duodénale spécialement.
L'extrait duodénal sec, auquel nous avons donné le nom d'eukinase pour rappeler sa richesse en entérokinase, esl généralement administré en capsules de gluten, qui le protègent contre l'action du suc gastrique; chaque capsule contient '20 centigr. On peut aussi le donner sous forme de granulé au gluten (notamment chez les enfants) ou même en cachets.
L'eukinase esl un régulateur de la digestion intestinale. A ce titre, (Mie fait disparaître la constipation dans un certain nombre de cas. A cet effet, il esl bon de commencer par des doses assez fortes : 1 gr. après chaque repas principal, pendant \ à 5 jours. Si le résultat est obtenu, l'entretenir par des <l<^c> plus faibles; mais à l'inverse d'un laxatif banal, elle n'a d'effet, sur la constipation, que si celle dernière esl d'origine duodénale, el comme la séméiologie duodénale esl encore toute rudimentaire, c'est par L'opodiagnostic, c'est-à-dire par un essai de la médication spécifique, que l'on reconnaîtra son opportunité. L'essai vaut d'être tenté, car la médication esl cura live. ci non simplement symptomatique.
Il ressort de certains cas publiés que l'opothérapie duodénale réussit aussi dans les diarrhées cl dans l'entérite muco-membraneuse. Elle a été administrée chez <\<>> enfants ^<mi> la forme Granulé
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Pochon l'a employée avec succès dans certains cas de diabète.
Mamelle. L'administration de l'extrail mammaire produit des effets thérapeutiques importants (Prior, Batuaud, Pochon). Cette médication esl formellement indiquée toutes les fois que la menstruation esl trop fréquente ou trop abondante, ou trop prolongée, ou qu'il existe des hémorragies "/<;rines intercalaires.
On la conseillera donc dans les ménorragies des jeunes Biles, dans celles (jui sont liées aux salpingo-ovarites, aux scléroses utérines, aux tumeurs fibreuses, aux troubles de la ménopause : bref, dans lous les cas où la nature de la maladie n'impose pas une intervention chirurgicale immédiate. Dans 19 cas sur 20 (Baluaud) les effets sont notables el parfois très rapides.
Dose habituelle : 2 cachets de 0 gr. 50 par jour, avant les repas: on double la dose si besoin en est.
Muscle. — Sous le nom de « zomothérapie », Héricourt et Ch. Richet préconisent le traitement de la tuberculose par le plasma musculaire. A I kg de viande de bœuf hachée on ajoute un demi-litre d'eau; on laisse macérer à froid pendant 5 heures; on exprime la masse fortement . à la presse; on obtient 750 gr. de suc, que le malade boit chaque jour.
Moelle osseuse. — La moelle osseuse a été donnée, avec succès dans des cas de leucémie et surtout tV anémie. Rien n'empêche de lui associer des préparations de fer.
On fait ingérer de la moelle de veau crue, à la dose de 50 à 100 grammes, en tartine. Il faut employer non la moelle jaune, qui n'est guère constituée que par de la graisse, mais la moelle rouge des jeunes animaux, qui seule est douée d'une fonction hématopoiétique active. C'est chez le fœtus que cette fonction est le plus marquée; c'est, d'autre part, dans les épiphyses et dans les os plats, non dans la diaphyse des os longs, qu'elle a son maximum; là, elle n'est pas facile à extraire; on y arrive pourtant à l'aide de broyeurs mécaniques. Par addition de glycérine, le produit devient apte à se conserver. Telle est la pulpe glycérinée de moelle fœtale qui s'administre par la bouche (2 cuillerées à café par jour, dans un peu d'eau ou de potage tiède).
On emploie aussi l'extrait sec de moelle fœtale (20 à 50 centigr. par jour. en 2 ou 5 fois).
Nerveux (Tissu). — Vopothérapie nerveuse a été pratiquée par Constantin Paul. On fait macérer de la substance grise cérébrale dans de la glycérine; on filtre sur bougie. On injecte deux fois par semaine 5 c. c. de liquide (correspondant à 0 gr. 5 de substance nerveuse). Ce liquide esl un tonique nerveux. Il s'est montré efficace chez les neurasthéniques en général, et spécialement dans la neurasthénie génitale et la chlorose neurasthénique ; il aurait quelque peu amélioré des label iques.
Ovaire. — L'opothérapie ovarienne est indiquée contre les troubles de la ménopause naturelle, troubles qui sont assez fréquents el parfois 1res marqués. Ce sont surtout des phénomènes circulatoires (bouffées de chaleur, congestions variées, accélération du pouls) el nerveux (dépression, excitation, névroses), sans parler d'un grand nombre d'au 1res désordres que
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leur coïncidence bien nette avec l'arrêt menstruel permet de rattacher à leur cause.
Mêmes symptômes apparaissent à la suite de Yovar iotomie, et ressortissent à la même médication.
En dehors de la ménopause naturelle ou chirurgicale, certains troubles : Yaménorrhée, la dysménorrhée, relèvent souvent d'une insuffisance ovarienne, comme le prouve du reste le succès ordinaire de l'opolhérapie en pareil cas.
On a préconisé cette même méthode opothérapique dans des maladies diverses des organes génitaux de la femme, où peuvent toujours entrer, pour une part, des perturbations ovariennes primitives ou secondaires; dans les l roubles de la grossesse, y compris les vomissements, surtout dans la chlorose des jeunes filles (Etienne et Spilmann), où Ton peut l'associer au traitement ferrugineux.
Parfois on a pu soupçonner l'insuffisance ovarienne d'affecter des rapports avec des désordres de sécrétion interne affectant le corps thyroïde {goitre exophtalmique, myxœdème) et l'on a appliqué alors l'opothérapie ovarienne avec avantage.
La substance ovarienne s'emploie à peu près exclusivement sous forme d'extrait sec; on donne 40 à 60 centigr. d'extrait par jour.
On emploie aussi l'extrait du corps jaune (c20 à 50 centigr. par jour).
Pancréas. — Le pancréas est tantôt administré à l'état frais : le malade ingère un pancréas de porc, par exemple; tantôt sous forme d'extrait sec (pancréaline, pancréatokinase).
L'opolhérapie pancréatique a été employée avec succès dans le diabète. La plupart des diabétiques, à ce qu'il semble, n'en tirent pas d'avantages appréciables; mais il y en a un certain nombre auxquels la médication réussit. Cela lient en grande partie, sans doute, à la diversité des diabètes. De même que le diabète par anhépatie bénéficie de l'opothérapie hépatique et non de l'opolhérapie pancréatique, de même le diabète lié à une altéraration du pancréas fera l'inverse (Gilbert). Dans le doute, on peut faire l'essai, qui ne présente pas d'inconvénients.
Plus constants cl plus surs sont les résultats de l'opothérapie pancréatique contre ['insuffisance de In digestion intestinale et même de la digestion u;i>trique (que la fonction pancréatique peut, comme on sait, complètement suppléer). Ici. des expériences précises, réalisées sur l'animal el sur l'homme, niellent hors de contestation les bons effets des ferments pancréatiques. D'autre part, des expériences récentes <>nt démontré que ces derniers exigent la collaboration d'un ferment duodénal, l'enlérokinase, pour acquérir leur pleine activité, cl nous avons (\cs lors jugé bon d'associer de l'enlérokinase à In pancréatine. Celle association (pancréatokinase) s'esl en elfel montrée avantageuse.
La dose usuelle esl de LJ à .'> capsules après chaque repas, pour des capsules contenant chacune t>0 centigr. d'extrait.
Comme autres indications de l'opothérapie pancréatique, citons le |>-<> riasis, les retards <!•' croissance chez les enfants.
Parathyroïde. Malgré l'extrême petitesse d<«> glandules parathy-
Opothérapie,
roïdes, l'expérimentation, aussi l>i<'n que la pathologie humaine, a démontré les effets convulsivants graves <!<• 1<*hi- insuffisance.
L'opothérapie parathyroïdienne (u2 à r> milligr. d'extrait sec par jour, en 2 ou 3 lois) a été préconisée dans les états spasmodiques el convulsifs, tels que les convulsions des enfants, l'éclampsie, la maladie de Parkinson (Alquier).
Peau. — L'opothérapie par extraits cutanés a paru favoriser la nutrition générale, l'engraissement (Gaudichard).
D'après Faivre, elle s'applique avec succès dans les dermatoses qui impliquent une insuffisance cutanée, et notamment dans les érythrodermies parapsoriasiques ou pemphigoïdes exfoliantes.
Poumon. — L'opothérapie pulmonaire, d'après Brunel. agil Êavorablemenl dans la bronchite chronique el peut améliorer l'état général des tuberculeux. Eli*' a donné à Arnozan de très bons résultats dans les cas de pyothorax ouvert, où elle favorisait la cicatrisation.
Rein. — L'opothérapie rénale est indiquée dans les néphrites avec ou sans urémie manifeste.
Elle a été réalisée soit par injections sous-cutanées (Dieulafoy), soit par ingestion d'extrait sec ou de macération d'organe frais.
Celle dernière méthode est celle de Renaut. Prendre un rein de porc frais el le décortiquer; hacher, laver rapidement à l'eau, pulper au pilon avec du sérum artificiel (-450 c. c.) laisser macérer au frais pendant 3 ou 4 heures, décanter. Le malade absorbe le liquide en 5 ou 4 doses dans les 24 heures (dans du bouillon tiède si l'on veut, mais de température inférieure à 58°). Ne pas administrer ce remède pendant plus de 10 jours consécutifs.
Surrénales. Adrénaline. — L'emploi des produits surrénaux esl fréquent en thérapeutique. L'extrait surrénal total est le meilleur, croyonsnous ; il est préférable, au point de vue opothérapeutique, à l'adrénaline, qui est un de ses constituants, et qui n'offre d'avantages que pour certaines applications locales.
Effets physiologiques. — Lorsqu'on injecte un extrait de capsule surrénale dans le sang, il se produit un phénomène constant, qui est une élévation immédiate et passagère de la pression artérielle, due à une vasoconstriction généralisée. Mais par les voies de pénétration que la thérapeutique utilise (ingestion, injection sous-cutanée), on n'obtient pas ces effets, du moins rapidement ; cela est important à savoir. Il faut donc, pour que l'extrait surrénal agisse nettement comme vaso-constricteur, qu'il soit mis en contact immédiat avec la paroi contractile des vaisseaux.
C'esl ce qui arrive lorsqu'on badigeonne une muqueuse avec cel extrait; celui-ci pénètre, atteint les vaisseaux, les resserre, et provoque une anémie locale 1res intense, tarissant une hémorragie en nappe si elle existe, ou permel tant une incision du tissu sans grande effusion sanguine. Par la suite, l'effet se dissipe et fait place, au contraire, à une vaso-dilalation paralytique, qui peut favoriser une hémorragie secondaire si les petits vaisseaux. redevenus perméables, n'ont pas eu le temps de s'oblitérer par formation de caillots. On reconnaît, en outre, au suc surrénal une action tonique générale.
r)l Opothérapîe.
Les hautes doses produisent des phénomènes parmi lesquels il en est que la thérapeutique cherche non plus à utiliser, mais à éviter : oligurie suivie de polyurie, quelquefois avec glycosurie passagère, symptômes digestifs et respiratoires (dyspnée): les symptômes nerveux (tremblement) sont de bien moindre importance.
L'athérome artériel, observé chez le lapin (Josué), a pour condition nécessaire l'introduction directe dans le sang circulant; l'opothérapie ne réalise donc aucunement les conditions qui pourraient faire craindre un effort de ce genre ; c'est un point qu'il n'est pas sans intérêt de relever.
Injecté en assez grande abondance, dans les veines, expérimentalement, l'extrait surrénal devient franchement toxique, mais l'ingestion opolhérapique ne provoque aucun accident. Quand il s'agit des enfants, les doses seront, en général, à celles de l'adulte sensiblement dans les mêmes rapports que le poids du corps. Il suffit pour cela d'une grossière approximation, étant donnée l'insignifiante toxicité des produits, ou plutôt leur toxicité nulle aux doses usuelles.
L'adrénaline, alcaloïde spécial tiré des capsules surrénales, produit au maximum les effets vaso-constricteurs que nous avons décrits : elle remplace donc très bien, à ce point de vue, L'extrait surrénal total. Sa toxicité est assez forte (0 milligr. 1 à 0 milligr. 2 par kilog. d'animal, en injection intraveineuse). D'après Lépine, un dixième de milligr. pourrait tuer par syncope un chien normal. La toxicité est bien moindre, sachons-le, en injection sous-cutanée. Par la voie gastrique, elle est insignifiante.
Indications et mode d'emploi de l'extrait surrénal et de l'adrénaline dans les hémorragies et les congestions. — Connaissant les effets vaso-constricteurs du produit surrénal, nous comprenons aisément qu'il remplisse ces dernières indications, quand on l'emploie in situ. Dos effets hémostatiques rapides, à distance, semblent avoir été obtenus par l'injection sous-cutanée, mais il n'y faudrait pas compter.
Nous savons, enfin, que l'adrénaline possède, au point de vue vasomoteur, exactement les propriétés de l'extrait capsulaire total; elle peul doue, mais pour les indications particulières dont il s'agit ici, lui être substituée.
Avec la solution d'adrénaline à 1/1000, on obtient, par dilution dans l'eau ou le sérum physiologique, des solutions à 1/2000, 1/5000, 1/10000, qui servent aux badigeonnages et aux injections dans les cavités naturelles (vagin, utérus, vessie).
La pommade à l'adrénaline es! généralement à I looo. Le suppositoire à L'adrénaline, antihémorroïdaire, renferme I î de milligr. d'adrénaline.
En injection sous-cutanée, on emploie I >J c. c. à 1 c. c. de solution à I 1000.
Ce qu'il importe de retenir, c'esl ceci : <>n peul, sans courir de risque, faire absorber I milligr. d'adrénaline; mais il est sage de ne pas dépasser celle dose. Donc, si IOn introduit une solution d'adrénaline dans une cavité où elle, sera absorbée en totalité, on s'arrangera dé manière que la quantité d'adrénaline n'j dépasse pas I milligr. en tout. Il esi clair que l'on peul employer plus de | milligr. au Lotal si les conditions de contact avec des
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surfaces absorbantes ne permettenl qu'une absorption minime ou très lente.
Les hémorragies du tube digestif sonl traitées par ingestion de pondre surrénale ou d'adrénaline si elles siègenl dans l'estomac, el par lavemenl si elles siègenl dans l'intestin.
Dans les hémorroïdes, l'application de tampons imbibés d'adrénaline ou de suppositoires à l'adrénaline, produil de bons résultats.
Contre les hémorragies pulmonaires, on a employé l'adrénaline en injections intra-trachéales, ou en injections intra-pulmonaires directes par Noie intercostale (i/2 milligr. dans 5 c. c. d'eau salée), ou par ingestion.
Contre les métrorragies, injections intra-utérines d'adrénaline à 1/10000 ou 1/20000; badigeonnage du col en cas de cancer ulcéré.
Les hémorragies cancéreuses, en général, se traitent par application locale répétée d'adrénaline.
Sur toutes tes muqueuses, on utilise les applications locales du même produit, ou le saupoudrage avec l'extrait surrénal sec, soit pour tarir des hémorragies, soit pour diminuer la congestion inflammatoire, soit pour pratiquer sans grande perte de sang des opérations diverses. Il est aisé d'imaginer les multiples manières de réaliser l'application directe, suivant qu'il s'agit de conjonctivite, d'épistaxis, de coryza, d'opérations dermatologiques, d'hémorragies vésicales (injections), de congestion prostatique (instillations), etc.
En résumé, l'extrait surrénal et l'adrénaline, employés localement, sont d'excellents agents de décongestion et d'hémostase (pourvu que le vaisseau saignant ne soit pas une artère de trop fort calibre).
Moins certains sont les résultats de même ordre obtenus par ingestion ou par injection sous-cutanée à distance. Cependant on a enregistré des succès, par ces moyens, dans les hémorragies de siège quelconque (pulmonaires, utérines, cutanées, etc.).
Indications et mode d'emploi des extraits surrénaux en dehors des hémorragies et congestions. — Nous disons ici « extraits surrénaux » et non pas « adrénaline ». C'est que la composition de la capsule surrénale est complexe, qu'elle comprend des substances, tout autres que l'adrénaline, dont il n'est pas sans intérêt de pourvoir l'organisme quand on vise, comme nous l'avons dit à propos de l'opothérapie en général, un effet de substitution ou d'auto-restauration. Il est donc rationnel, quand on prétend à suppléer par l'opothérapie au déficit sécrétoire des capsules, d'employer l'extrait surrénal total, qui comprend tout le suc de la glande, y compris l'adrénaline.
Voici, par exemple, comment il convient de procéder dans la maladie d'Addison. Il faut, pour commencer, faire prendre, par ingestion buccale, soit de la surrénale fraîche (une demi-capsule de mouton, puis une capsule, celle-ci pesant 2 gr. 50 à 5 gr.), soit plutôt de la poudre de surrénale (extrait total) à raison de '20 à i() centigr.
Dans les cas seulement où cette manière de faire échoue, on pourrait essayer des injections sous-cutanées : chaque jour 1 à 2 c. c. d'un extrait glycérine (correspondant à 0 gr. 2 de glande par c. c).
Dans la maladie d'Addison, la médication surrénale n'a pas produit de guérisons (sauf exceptions extrêmement rares); quelquefois elle a paru
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plutôt nocive, provoquant des nausées, des vertiges, du tremblement, etc., souvent elle est de nul effet. On doit cependant l'appliquer, parce qu'elle amène fréquemment une amélioration : elle amende surtout l'asthénie, atténue quelquefois beaucoup tous les symptômes. Cela suffît pour quelle soit recommandable, puisque la thérapeutique ne nous offre ici aucun remède efficace.
Mais si le syndrome d'Addison représente le type le plus caractérisé de l'insuffisance surrénale, il existe de celle-ci des expressions atténuées, que Sergent et Bernard ont bien décrites, et qui réclament l'opothérapie spéciale.
L'extrait surrénal paraît être un agent hypersténique, capable de tonifier notamment l'ensemble du système des fibres lisses (vessie, bronche, tube digestif, etc.), mais aussi le système neuro-musculaire en général, comme contribuent à le montrer les bons résultats obtenus dans la neurasthénie (Dufour). On lui doit des succès dans la myasthénie (Claude et Vincent. Sicard).
Dans les maladies infectieuses diverses, et notamment dans la diphtérie (Louis Martin et Darré, Hulinel), on a mis très utilement à profit celle même propriété tonifiante, ainsi qu'une propriété anti-toxique. Le traitement surrénalien a été préconisé chez les tuberculeux, qui présentent, comme on sait, de l'hypotension et de l'asthénie.
On a signalé quelques bons résultats dans le diabète, le goitre exophtalmique.
Résultats remarquables dans l'ostéomalacie, encourageants dans le rachitisme.
Testicule. — L'extrait orchitique, ou extrait tesliculaire, exerce, d'après Brown-Séquard, deux espèces d'influences : il tonifie le système nerveux el stimule la nutrition dans l'ensemble des tissus.
Il a été employé principalement en injections sous-cutanées.
Ou l'a préconisé dans la neurasthénie, dans la débilité sénile, dans la tuberculose [ml immaire, dans les cas à' impuissance.
L'insuffisance testiculaire, qui est au maximum chez les castrats, n'est que relative chez d'autres sujets. Elle se traduit par une atonie générale des tissus, qui répare mal leurs plaies; l'opothérapie y remédie (Barol).
L'extrait orchitique a été aussi recommandé comme tonique du sphincter vésical, contre l'incontinence d'urine.
On l'a utilisé, enfin, pour modérer les croissances trop rapides, qui épuisenl certains enfants.
Thyroïde. — Diverses formes de la médication thyroïdienne. - Les essais de greffes thyroïdiennes ont échoué; on n'a obtenu ainsi que des résultats transitoires, a tir ibuables à la résorption du fragment transplanté.
On a administré la glande fraîche, crue ou très légèremenl el superficiellement cuite; le malade l'ingérait dans (\e^ sandwiches, dans des cachets, dans du bouillon.
On prescrivait un, deux el jusqu'à quatre lobes demi-glandes) de Lhyroïde • le mouton. Ce mode de médical ion a des inconvénients, l'ai effet, un lobe
de thyroïde, donl le poids moyen est de I gr. .Ml, peu! avoir un poids tantôt
Opothérapie. 60
moitié moindre, Lan lot deux ou trois lois pins considérable. Mieux vaut donc prescrire par grammes. Mais encore les thyroïdes, à poids égal <l<- substance, n'ont-elles pas une égale activité.
Pour celle raison, il vaut mieux employer un produit constitué avec le mélange de plusieurs glandes cl dont l'activité, dès lors, sera moyenne el constante. C'esl pourquoi les extraits bien prépaies oui l'avantage.
Les injections de produits thyroïdiens oni été forl peu employées; on y renonça quand il fut' démontré que l'ingestion de glande Lhyroïde en extraits ou en nature produisait des effets identiques ou même supérieurs à ceux des injections.
Les extraits secs paraissent représenter la meilleure forme de médication thyroïdienne; bien préparé, un extrait sec possède une activité parfaite et bien définie.
On a tiré plusieurs substances de la glande thyroïde; la plus importante est la thyroïodine de Baumann, corps protéique iodé très spécial. On l'extrait à des degrés divers de pureté relative, par des procédés variés, et elle forme la base de plusieurs produits commerciaux portant des noms particuliers, tels que l'iodothyroïdine. Celle-ci est un mélange et non pas un produit chimiquement défini et pur, comme on pourrait le croire.
Nous passerons sous silence d'autres substances dont les propriétés physiologiques ne sont pas définies avec certitude. Notons seulement qu'elles jouent probablement un rôle qui leur est propre; ce serait là un argument pour préférer l'extrait thyroïdien total à des extraits partiels, opinion que nous avons formulée au sujet des extraits opothérapiques en général.
Effets physiologiques. — La propriété la plus saillante des produits thyroïdiens est d'activer les échanges nutritifs. Sous leur influence, l'eau, la graisse (chez les obèses surtout), et les matières albuminoïdes de l'organisme, subissent des pertes sensibles, d'où résulte de Y amaigrissement.
Le suc thyroïdien agit sur la croissance; sous son influence, les jeunes myxœdémaleux augmentent de taille rapidement.
A côté de ces effets, que la thérapeutique utilise, il en est d'autres que l'on doit chercher à éviter et qu'on peut qualifier de toxiques.
Intoxication thyroïdienne, thyroïdisme. — Les produits thyroïdiens peuvent engendrer de véritables phénomènes toxiques. Ceux-ci n'ont guère été observés, il est vrai, qu'avec des doses très élevées correspondant, par exemple, à 5 gr. environ (4 lobes) de corps thyroïde frais ingérés chaque jour. Ce sont : 1° des troubles circulatoires, tachycardie, palpitai ions, arythmie; 2° élévation de température; 5° troubles nerveux, céphalalgie, agitation, insomnie, tremblement; 4° plus tard une faiblesse générale, avec sueurs, diarrhée, lipothymies, parésies; 5° troubles urinaires, polyurie, albuminurie, glycosurie.
On remarquera que le syndrome d'intoxication thyroïdienne rappelle la symptomatologie de la maladie de Basedow; cela ressort aussi des recherches expérimentales de Ballet et Enriquez. La tachycardie, l'agitation et l'insomnie sont les phénomènes par lesquels l'intolérance a l'habitude de s'annoncer.
Indications. — Théoriquement et pratiquement, le myxœdème est l'indi-
61 Opothérapie.
cation la plus formelle de la médical ion thyroïdienne : 1res rapidement, les symptômes de la maladie rétrocèdent.
On a obtenu de bons résultats dans le goitre vulgaire, surtout quand il est modérément développé, d'origine récente, et porté par un sujet jeune.
Les résultats sont contradictoires dans le goitre exophtalmique, mais le plus souvent ils sont défavorables.
Ce qui convient ici, c'est le traitement sérothérapique de Ballet et Enriquez, par Y hématoéthyroïdine .
L'obésité, surtout dans la forme pléthorique, a été souvent améliorée par le traitement thyroïdien; celui-ci est contre-4ndiqué, d'après OErtel, chez les sujets âgés, dont le cœur ou les artères sont malades, ou qui présentent de l'albuminurie, de la glycosurie.
Claisse l'associe à la cure du régime, par périodes de u2 à 5 semaines.
On emploie aussi ce traitement contre l'adipose douloureuse (maladie de Dercum).
L'influence du corps thyroïde sur la croissance a conduit à employer avec fruit le traitement thyroïdien dans le nanisme, l'infantilisme, le rachitisme, le retard de consolidation du col des fractures.
La médication thyroïdienne active la sécrétion lactée; on l'a employée pour faire disparaître les règles pendant l'allaitement.
Le cadre de l'insuffisance thyroïdienne ou Iiypothyroïdie tend à s'élargir beaucoup depuis quelques années; par suite, les indications de l'opothérapie thyroïdienne. Hertoghe en Belgique, Léopold Lévi et Henri de Rothschild en France, y ont particulièrement contribué. En dehors du myx(edème franc, dont les symplômes sont des plus caractéristiques, rien n'est plus fréquent, d'après ces auteurs, que l'hypothyroïdisme chronique plus ou moins fruste, dont les « petits signes » ne sont pas assez recherchés, ni même suffisamment connus dr* médecins. Citons la paresse intellectuelle et physique, la langueur, l'assoupissement de l'appétit ou plutôt de tous les appétits, la constipation, les migraines, les métrorragies, les dermatoses, la calvitie cl le grisonnement prématurés, etc.
Les recherches expérimentales ont mis en pleine évidence le rôle important des sécrétions thyroïdiennes dans la lutte contre les infections; les faits cliniques ont concordé, et il en est résulté pour l'opothérapie des indications nouvelles. La médication thyroïdienne sera utilisée avec profit dans les maladies infectieuses. Elle est spécialement recommandable dans le rhumatisme aigu à forme grave ou traînante (Vincent).
Celle même médication, grâce à son action puissante sur la nutrition des t issus, modifie avantageusement les dystrophies générales et locales.
Divers auteurs ne sont pas loin de la considérer comme la médication spécifique de V arthritisme sous toutes ses formes.
Dans les rhumatismes subaigus ci chroniques, l'opothérapie thyroïdienne
donne 1res souveul les meilleurs résultats. En présence de lout rhumatisme
de cause inconnue, il y a intérêt à l'utiliser.
On l'emploie aussi chez les goutteux.
Parmi les tissus sur lesquels l'extrail de la glande thyroïde exerce une action particulièrement manifeste, figure I;» peau : on s'explique ainsi son
Opothérapie. i,.j
efficacité dans la sclérodermie, dans les troubles Lrophiques el vasomoteurs
les extrémités, ainsi que dans diverses dermatoses : érythèmes loxiques el
nfectieux, dermatites desquamatives el bulleuses (Gastou el Bogolepoff),
iczéma séborrhéique (Moussons), (etc.
Parmi ces tissus figurent aussi les tissus de la famille conjonctive; ainsi se comprend l'action de l'opothérapie thyroïdienne contre l'artériosclérose. Léopold Lévi recommande beaucoup l'extrait thyroïdien pour combattre «M surtout prévenir la sénilité; chez le sénile, ce traitement l'ail rétrocéder la sclérose de la peau, contribue à la repousse des cheveux, stimule loutes les fonctions, est capable d'éveiller l'appétit sexuel, améliore l'artériosclérose; bref, le sujet se rajeunit.
La médication thyroïdienne a donné de bons résultats dans le « nervesisme », qui si souvent s'accouple à l'arlhrilisme pour constituer le neuroarthritisme de Charcol.
Elle a été utilisée avec avantage dans les manifestations asthmatiques, el spécialement dans l'asthme des l'oins (Pottier, Heymann).
On s'est loué parfois de son emploi dans certaines psychoses, dans l'épilepsie, cas où peut-être interviennent les propriétés anti loxiques des produits thyroïdiens.
Mode d'application de la médication thyroïdienne. Doses. Précau tions à observer. — On ne peut fixer d'une manière absolue et générale In posologie de la médication thyroïdienne, et cela pour plusieurs raisons :
1° Les produits thyroïdiens sont divers et n'ont pas tous la même activité. Il faut surtout savoir que plusieurs produits, portant parfois le même nom (extrait thyroïdien, thyroïdine), ont chance de n'être pas également actifs s'ils sont de provenance différente. On devra donc, pour la posologie des extraits commerciaux, s'en rapporter aux indications de ceux qui les ont faits ou éprouvés spécialement.
2° Les doses varieront suivant les maladies auxquelles s'adresse la médication : c'est dans le cas de myxœdème que celle-ci, en général, aura besoin d'être la plus intensive.
3° Les doses devront varier, pour une même maladie, suivant les cas. On comprend, en effet, que l'insuffisance thyroïdienne revêle des degrés divers: par conséquent doit aussi varier l'intensité de la médication appropriée.
4° Les doses seront à modifier chez un même malade, suivant l'évolution de l'insuffisance thyroïdienne au cours du traitement. Certains sujets,nolamment les nerveux et arthritiques, sont en état « d'instabilité thyroïdienne » (Léopold Lévi et H. de Rothschild) et passent facilement de l'hypo à l'hyperthyroïdation; ils demandent à être surveillés à cet égard.
5° Enfin il existe ici, au point de vue de la sensibilité au traitement, dedifférences individuelles considérables, que le mot d'idiosyncrasie exprime sans les expliquer.
Si l'on ajoute que la médication dont il s'agit n'est pas anodine, mais peut causer des inconvénients sérieux, on conviendra que le médecin seul devrai! pouvoir la prescrire. C'est à lui, ici surtout, d'instituer le traitement el de le diriger. A défaut d'une surveillance médicale journalière, le malade sera prémuni contre un abus dangereux; on lui aura appris à reconnaître, d'après
65 Opothérapie.
certains symptômes (palpitations, insomnie, état fébrile, douleurs vagues), l'imminence possible d'une période d'intolérance.
Toutefois, il faut le dire, on a fortement exagéré les dangers de la médication. C'est au début de l'opothérapie, quand on utilisait des glandes fraîches, variables dans leur activité, ou des produits mal préparés, que l'on a surtout signalé des troubles toxiques. «J'ai protesté, dit P. Claisse, contre le discrédit causé par divers accidents imputables à des erreurs de technique. En surveillant le cœur et en arrêtant le traitement dès que le chiffre des pulsations approche de cent, on ne court aucun risque. » La plupart des auteurs admettent 1^0 comme chiffre de pulsations à ne pas dépasser. C'est là un critérium très simple, et que le malade, dûment averti, pourra, au besoin facilement utiliser.
Ces réflexions faites, indiquons par un exemple la manière doni le traitement pourra être conduit. Les doses que nous mentionnerons se rapportent à un extrait sec total, tel que 10 centigrammes de cet extrait représentent, comme activité, 50 centigrammes de glande fraîche; d'autres produits thyroïdiens s'administreraient à des doses différentes, suivant leur échelle d'équivalence thérapeutique par rapport à la glande fraîche.
Dans le myœdème, la dose ne doit pas dépasser d'abord 20 centigrammes d'extrait sec par jour pendant quatre ou cinq jours. Ensuite en augmentera avec précaution ces quantités si les effets obtenus sont nuls ou insuffisants. On est allé parfois jusqu'à 50 et même 60 centigrammes par jour, mais en pareil cas, une surveillance très attentive est nécessaire. De toute façon (et ceci peut arriver avec des doses modérées) on suspendra ou restreindra la médication s'il apparaît des symptômes d'intolérance (polyurie, tachycardie, hyperthermie, insomnie, douleurs rhumatoïdes). Une fois qu'une amélioration marquée aura été obtenue, on ne donnera plus que 10 centigrammes par jour, puis 10 centigrammes tous les deux ou trois jours : on talonnera. enfin, de manière à fixer une « ration d'entretien » qui deviendra définitive.
Chez le jeune enfant, les doses seront, bien entendu, plus faibles : jusqu'à 4 fois plus faibles.
Dans les autres cas cliniques, chez les obèses, par exemple, on commencera toujours par une dose assez faible : "20 centigrammes d'extrail chaque jour, ou même moins. Si l'effet est nul, au bout de quelques jours on augmente les quantités; on établit ainsi, par tâtonnement, la dose journalière qui convient au malade. Encore est-il sage de ne pas regarder celte dose comme fixée une fois pour toutes : l'évolution clinique pourra conduire à diminuer, augmenter ou suspendre momentanément le traitement.
Souvent il est utile de donner, pendant un long temps, des doses faibles de 5 centigrammes par joui-) pour maintenir les résultats qu'aura fournis une méthode plus intensive.
Il convient d'ajouter que Léopold Lévi et II. de Rothschild, qui oui beaucoup expérimenté et avec grand succès l'opothérapie thyroïdienne, recoin mandent comme avantageuses, d'une façon générale, des doses wJ ou 3 fois
plus faibles que celles (pic nous \enons de signaler, et que la plupart des
auteurs préconisent. Ils emploient volontiers, môme chez l'adulte, des
Opothérapie. 6 1
cachels de •*> el même de 2 1/2 centigrammes d'extrail sec, à raison d'un à r> cachets par jour.
On l'ail ingérer à la malade '2 à .") cachets, contenant chacun 50 centigr. d'extrail mammaire sec.
Rate. L'extrail de rate a été préconisé contre L'anémie.
Il a donné de bons résultats contre la splénomégalie du paludisme.
On l'a recommandé dans la tuberculose, localisée dans le poumon on ailleurs.
Organes divers. — L'extrait de placenta en ingestion possède la propriété d'exciter la sécrétion lactée (Bouchacourt, Brindeau). 11 est indiqué dans les cas où celle sécrétion s'élablil mal ou devient insuffisante.
Les diverses muqueuses de V appareil respiratoire ont été appliquées à la médication opothérapique par Sardou, soit pour guérir des alï'ections des voies respiratoires (bronchites, laryngites), soit à titre prophylactique et préventif, chez les sujets prédisposés. Sardou fait ingérer 1 à 0 gr. d'extrait sec en cachets, ou il injecte 1 à 6 c. c. d'extrait glycérine (ceci dans les cas relativement aigus ou rebelles).
Le thymus a été préconisé par Blondel dans la chlorose, par d'autres dans le goitre exophtalmique, le goitre simple.
L'extrait prostatique a été signalé comme favorisant la sécrétion spermatique.
D'autres organes et tissus (amygdales, ganglions lymphatiques, etc.) ont reçu des applications opothérapiques mais encore trop restreintes pour que nous ayons ici à les indiquer en détail.
Associations opothérapiques. — Suivant Rénon et Arthur Delille. des associations opothérapiques seront utiles dans certains cas, non seulement pour combattre des insuffisances glandulaires mulliples, simultanées, mais aussi, comme nous l'avons dit, pour éviter, en stimulant un organe par l'extrait correspondant, d'exercer une action inutile ou même nuisible sur d'autres organes que le même extrait est capable d'influencer. S'il y a des associations utiles, il y en a, au contraire, qu'il est bon d'éviter. Citons, d'après les auteurs précédents, quelques exemples de l'un et de l'autre cas.
Ils ont vu parfois deux produits opothérapiques associés produire des résultats particulièrement favorables, que n'entraînait pas toujours au même degré l'administration isolée de l'un d'eux : association thyro-ovarienne dans une maladie de Dercum, dans une sclérodermie et chez une acromégalie; association hypophyso-ovarienne chez un myasthénique. Dans le même esprit, Rénon a employé concurremment l'hypophyse el l'hématoéthyroïdine contre la maladie de Basedow. Ainsi, quand les résultats de la médication uni-glandulaire seront insuffisants ou nuls, on établira un traitement combiné, en se basant sur les symptômes observés. Au bout de trois ou quatre semaines, on reviendra à l' opothérapie uni-glandulaire, définitivement ou pour un temps, suivant les effets obtenus.
Dans les cas précédents, les effets des produits associés se juxtaposent ou s'additionnent; dans d'autres, ce sont des neutralisations réciproques partielles que l'on recherche, en profitant de certains antagonismes connus.
Ainsi, l'opothérapie hypophysaire fend à mettre le corps thyroïdien hypo-
Opothérapie.
fonction ; l'opothérapie thyroïdienne, au contraire, tend à le mettre en hyperfonction. Dès lors, pour atténuer cette tendance à l'hypofonction du corps thyroïde que risque d'engendrer l'opothérapie hypophysaire, on peut associer à l'opothérapie hypophysaire l'opothérapie thyroïdienne (mêmes auteurs).
L'extrait hypophysaire augmente la fonction surrénale; on devra donc, en général, à moins d'indications particulières, éviter d'associer l'opothérapie surrénale à l'opothérapie hypophysaire.
L'extrait ovarien supprime aussi ou atténue l'effet déprimant que l'extrait hypophysaire, administré seul, exerce sur le corps thyroïde (Renon et Delille).
PRINCIPALES INDICATIONS DE L'OPOTHÉRAPIE. — Nous énumérons ciaprès un certain nombre des maladies et états morbides qui sont justiciables de l'opothérapie par les différents extraits.
Addison (maladie d') : surrénal.
Aménorrée : ovarien.
Anémie : de moelle osseuse; splénique.
Appétit (troubles de 1') : thyroïdien.
Artériosclérose : thyroïdien.
Arthritisme : hépatique; thyroïdien.
Asthénie : hypophysaire; surrénal.
Asthme : thyroïdien.
Athérome (Voy. Artériosclérose).
Basedow (maladie de) : hypophysaire; thyroïdien ("??); ovarien.
Bronchites : laryngo-trachéal ; pulmonaire.
Cheveux (chute, calvitie) : thyroïdien.
Chlorose : de moelle osseuse; ovarien; thymique.
Cirrhoses : hépatique.
Cœur (maladies du) : myocardique; hypophysaire.
Constipation : entérique; duodénal; pancréatique; bile; suc gastrique; thyroïdien.
Convulsions : parathyroïdicn.
Croissance lente : thyroïdien.
Diabète : hépatique; pancréatique.
Diarrhée : entérique; duodénal; pancréatique; suc gastrique.
Dysménorrhée : ovarien.
Dyspepsies : gastrique; duodénal; entérique; pancréatique; suc gastrique.
Diphtérie : surrénal.
Éclampsie : parp,thyroïdien.
Échanges ralentis : thyroïdien.
Entérites : entérique; duodénal; pancréatique; sur gastrique.
Fibromes utérins : mammaire.
Foie (cancer, congestion, insuffisance) : hépatique.
Fractures : thyroïdien.
Gastrites (Voy. I >j spepsies i.
Gastroentérites infantiles (Voy. Dyspepsies
Goitre simple : thyroïdien] thymique.
Goitre exophtalmique (Voy. Basedow).
Goutte : hépatique; thyroïdien.
Grossesse (troubles de) : ovarien.
Hémorragies : hépatique; surrénal.
Hémorragies utérines : mammaire.
Hémorroïdes : surrénal.
Hypotension : hypophysaire; surrénal.
Incontinence d'urine : testiculaire; thyroïdien.
Infectieuses (maladies): thyroïdien; hypophysaire.
Infantilisme : thyroïdien.
Intestin (maladies de 1') : entérique ; duodénal; paner éatokinase ; suc gastrique.
Lactation insuffisante : thyroïdien; placentaire; mammaire.
Laryngites : laryngo-trachéal.
Leucocytémie : de moelle osseuse.
Lithiase biliaire : de fiel (bile).
Ménopause (troubles de la) : ovarien.
Métrorragies : mammaire.
Migraines : thyroïdien; ovarien.
Myxœdème : thyroïdien.
Néphrites : rénal.
Nervosisme : thyroïdien.
Neurasthénie : testiculaire; surrénal; nerveux.
Obésité : thyroïdien.
Os (insuffisance) : thyroïdien.
Ostéomalacie : surrénal.
Paludisme : splénique.
Paralysie agitante : parathyroïdien.
Peau (maladies de) : thyroïdien; dermique.
Poumon (maladies) : pulmonaire.
Purpura : hépatique.
Rachitisme : surrénal.
Ralentissement de la nutrition : thyroïdien,
Rhumatis s aigus el chroniques : thyroïdien.
Sénilité : testiculaire; thyroïdien.
Stérilité masculine : orchitique.
Surrénale (insuffisance) : surrénal.
Stérilité : orchitique.
Tuberculose : orchitique] hépatique', sur rénal.
t térine i hémorragie, congestion, fibrome) : mammaire.
HALLIOM el CARRION.
Opsonines. GG
OPSONINES. Les leucocytes vivants <>nl la propriété de s'emparer des microbes qui sonl à leur portée : c'esl l'acte de la phagocytose. Or, d'après Wright, la présence de certaines substances esl sinon indispensable, <lu moins utile pour que les microbes soienl phagocytés.
Ces substances sonl les opsonines. Elles préparent (owovetv, préparer) les microbes à se laisser phagocyter. Elles sonl spécifiques, d'après Wright, à la manière <\c± anli-corps (v. c. m.).
Lorsqu'un sujet est infecté par un microbe déterminé, le staphylocoque pyogène, par exemple, il se défend; la production d'opsonines, par l'organisme, est un des procédés de cette défense. Si co malade se défend bien, nous trouverons dans son sérum une forte proportion d'opsonines. S'il se défend mal, il y a déficit d'opsonines, car les opsonines normales elles-mêmes sont employées aux besoins de la phagocytose, et si elles sont imparfaitement régénérées, leur déficit s'ensuit.
Si l'on constate que le sang (le sérum) d'un sujet atteint d'une affection staphylococcique (furonculose, par exemple) est insuffisamment riche en opsonines capables de favoriser la phagocytose des staphylocoques qui l'infectent, il y a avantage à développer chez lui les opsonines correspondantes. De même, chez un tuberculeux, il peut y avoir avantage à augmenter la production des opsonines qui prédisposent le bacille tuberculeux à se laisser phagocyter.
A cet effet, on peut injecter ce qu'on appelle les vaccins de Wright. Ce sont des émulsions préparées avec les microbes tués préalablement par la chaleur.
Le mieux serait d'employer pour cela des cultures faites en partant des microbes que l'on emprunte aux lésions du malade lui-même. Mais cela est assez compliqué. Pratiquement, on peut se contenter d'employer des vaccins préparés d'avance avec des microbes de l'espèce considérée, vaccins qui sont conservables, que Ton se procure et qu'on utilise dans le besoin.
Mais pour préciser les indications de cette méthode thérapeutique, dans chaque cas, Wright détermine d'abord la richesse du sérum du malade en opsonines, et pour apprécier ensuite le succès des injections, pour savoir à quel moment elles doivent être renouvelées, il pratique de nouvelles déterminations semblables, en série, chez le même sujet. D'autres observateurs ne jugent pas cette complication indispensable, et se contentent d'apprécier les effets des infections d'après leurs résultats cliniques apparents.
De quelle manière établit-on la richesse du sérum d'un malade en opsonines déterminées? Par une méthode ingénieuse, due à Wright, et que nous ne décrirons pas, car elle ne saurait guère être réalisée par le praticien. Contentons-nous de dire que l'on évalue pour cela Y indice opsonique. C'esl le rapport entre le nombre de microbes phagocytés par des leucocytes vivants, in vitro, en présence du sérum du malade, et le nombre de microbes phagocytés dans les mêmes conditions, en présence d'un sérum humain normal. Les fluctuations de l'indice opsonique servent de base à la thérapeutique, suivant la méthode de Wright, quand on se conforme à cette méthode intégralement.
L'emploi des vaccins de Wright a été préconisé notamment dans la tuberculose, l'acné, la furunculose, la gonococcie. (V. Vaccins).
IIALL10X et CARRION.
67 Optiques (Névrite et Atrophie).