V. S. A. 100 pilules: de 10 à 20 par jour
Huile de foie de morue lécithinée.
Lécithine 50 grammes.
Huile de foie de morue 1000
F. S. A. Environ 00 centigr. de lécilliin par cuillerée à soupe.
Nucléines. — On donne le nom de nucléines à des substances qui proviennent du dédoublement des nucléoprotéides, albumines phosphorées particulières, qu'on rencontre principalement dans le noyau des jeunes cellules animales.
Acide anhydrooxyméthylène-diphosphorique. — C'est une matière phosphorée rencontrée par Poste rnack dans un grand nombre de tissus végétaux, et que cel auteur considère comme constituant en grande partie la matière phosphorée de réserve utilisée par les végétaux.
Phosphates alimentaires. - En dehors des phosphates organiques chimiquement assez bien définis qui viennent d'être mentionnés, il reste ;i signaler la richesse en phosphates d'un certain nombre de produits alimentaires usuels. //. fEINOl I ,
PHOSPHORE (INTOXICATION ;iiguë ou chronique.
L'intoxication par le phosphore peut cire
Intoxication aiguë. Gel accident csl généralemenl consécutif à une tentative de suicide, il peul être cependant accidentel, criminel ou thérapeutique absorption i\ trop forte dose d'huile de f<>i<' de morue phosphorée
Phosphore (Intoxication). <>l-
chez L'enfant). Certains cas sonl survenus à la suite de tentatives d'avortemenl <>u d'excitation génésique (phosphure de zinc). I)»' toutes façons, à partir de 20 centigr., la quantité de phosphore ingérée peul déterminer la mort, c'est-à-dire qu'une cinquantaine d'allumettes à base de phosphore rouge seraient suffisantes pour entraîner une issue fatale. Les symptômes consécutifs à l'ingestion d'une macération d'allumel tes dans L'huile ou le lait, <-as le plus ordinaire, ue soûl jamais immédiats. Le seul signe précoce est Le -oui alliacé dont se plaignent les malades; l'haleine présente égalemenl une odeur spéciale. Au bout de quelques heures surviennent des vomissements de matières phosphorescentes, visibles dans l'obscurité ; ce sont des glaires sanguinolentes, souvent régurgitées sans effort. Les douleurs commencent à être des plus violentes; en même temps l'abdomen se tend et une diarrhée, parfois lumineuse, se manifeste, tandis qu'en d'autres Cas existe une constipation absolue.
Vers la fin du premier jour, quelquefois un peu plus lard, survient une rémission de durée variable; mais pendant ce temps, l'haleine, l'urine, les matières gardent leur odeur particulière. Du reste, cette évolution schématique n'a rien d'absolu; l'arrêt des symptômes peut être beaucoup plus tardif ou ne pas exister du tout. Vers le quatrième jour le plus souvent, le l'oie augmente de volume, et l'ictère se déclare, souvent peu intense. Son apparition est d'un fâcheux pronostic, quoique non forcément fatal. Les matières ne sont pas décolorées. En même temps réapparaît la gastroentérite du début. Le foie, douloureux, déborde les fausses côtes; la rate est également un peu grosse. Il y a de la fièvre, parfois de l'hypothermie. Le pouls, d'abord accéléré, tombe à 60, 40, tant par suite de la vaso-dilalation existante qu'en raison de la faiblesse du myocarde graisseux. Il n'est point rare de rencontrer des hémorragies, mais elles n'ont ni la précocité, ni l'intensité de celles que l'on observe dans l'ictère grave primitif. Les règles sont avancées. Dans le sang diminuent tout à fait l'hémoglobine el les hématies.
La respiration est pénible, anxieuse; les urines, peu abondantes, renferment de l'albumine; le taux de l'urée baisse jusqu'au voisinage de zéro. Enfin les troubles nerveux sonl nombreux : fourmillement, hyperesthésie, crampes. Il y a du myosis; l'intelligence est intacte, du moins au début. Peu à peu se produit un affaissement de toutes les facultés; la peau ésl insensible, les pupilles, d'abord contractées, se dilatent; on note des convulsions, plus souvent des paralysies motrices, et la mort survient dans le coma, ou par syncope. Il existe parfois dans les cas graves une loquacité extraordinaire; cette excitation pourrait aller jusqu'à la manie aiguë.
Il peut y avoir des rémissions, et la mort ne survient qu'au bout de i el 8 mois. On l'a vue au contraire succéder rapidement à un sommeil paisible de quelques heures, sommeil immédiatement consécutif à l'empoisonnement. En tout cas, la guérison spontanée, sans être exceptionnelle, est rare.
Diagnostic. — En l'absence de commémoralifs se baser sur l'odeur et la luminosité des déjections. On n'oubliera pas l'allure un peu trop schématique des; descriptions scindées en temps gastro-intestinal, période de rémission, temps hépatique, troubles nerveux, collapsus et mort. L'ictère
015 Photothérapie.
grave primitif présente d'emblée et avec une gravité spéciale de nombreuses hémorragies ; de plus, le foie est plus atrophié et cela de façon plus précoce. Dans les deux cas, à l'autopsie se rencontre une stéatose généralisée des viscères. — Dans la forme dite syncopale, où la mort survient par collapsus au cours d'une santé quelquefois parfaite en apparence,. le diagnostic peut être absolument en défaut si l'on se trouve ignorer les anamnestiques.
Si Ton enferme en un flacon, maintenu à 40° de préférence, des matières suspectes, et que Ton suspende au bouchon deux morceaux de papier à filtre, l'un imbibé de nitrate d'argent, l'autre d'acétate de plomb, si le premier seul noircit au bout de quelques heures, la présence du phosphore est avérée; si tous les deux noircissaient, la réduction serait œuvre d'acide suif hydrique (procédé de Scherer).
Traitement. — Lavage de l'estomac et vomitif. On peut pour laver l'estomac employer une solution de permanganate au 10/1000e ou de sulfate de cuivre au 1000e. L'antidote spécifique est Yessence de térébenthine : \ à G gr. en capsules, ou G0 à 100 gr. de sirop par 24 heures. Ce traitement doit être prolongé. On emploiera des purgatifs salins et non huileux, l'huile de ricin pouvant dissoudre le phosphore et en faciliter l'absorption; enfin, on se gardera de donner des alcalis qui formeraient de l'hydrogène phosphore. De même que les huiles, seront rigoureusement proscrits le lait et les substances grasses.
Intoxication chronique. — Les intoxications professionnelles sont de plus en plus rares depuis la substitution au phosphore rouge du sesquisulfure de phosphore dans la fabrication des allumettes. La misère et l'alcoolisme favorisaient singulièrement les accidents. Le système osseux est spécialement atteint par l'effet d'une déminéralisation intense entraînant de la nécrose et des fractures à lente consolidation (V. Nécrose phosphorée). 11 existe en outre quelques troubles généraux : bronchite, entérite, néphrite, etc. La mort survient par tuberculose, septicémie, broncho-pneumonie ou toute autre maladie intercurrente. On observe parfois une cachexie p/iosphorée sans lésions osseuses, caractérisée par de la lividité de la face, de l'anorexie, de l'amaigrissement, parfois de la fièvre hectique et presque constamment par de la diarrhée et de la myosalgie. La dégénération amyloïde des viscères a été également signalée (Lcwin). — K.Chaumier a étudié une • polynévrite phosphorique d'origine médicamenteuse.
Le traitement, en dehors de la cessation du travail dangereux ou de la médication nocive, en dehors du traitement térébenthine, est surtout prophylactique : ventilation, vêtements, bains, repas en dehors de l'atelier, entretien de la dentition. FRANÇOIS moutii:r.
PHOTOTHÉRAPIE. La photothérapie a pour objet d'utiliser surtout l'action • les payons lumineux et chimiques.
La photothermothérapie, qui fait l'objet d'un autre chapitre, utilise surtout les rayons lumineux calorifiques.
La photothérapie est divisée en photothérapie positive cl négative, Dans la première, on juti lise l'action de certaines radiations. Dans la seconde , on supprime l'action malfaisante d'autres radiations.
Photothermothérapie. 6 1 \
La photothérapie positive a pour but de concentrer sur la région à traiter diverses radiations du spectre (radiations lumineuses diversement colorées ou radiations chimiques).
Les <!(mi\ principales indications sont les affections cutanées H les manifestations douloureuses (névralgies, névrites).
Dans /'■ traitement des affections cutanées le lupus tuberculeux plus particulièrement) on utilise soit la lumière solaire, soi I le plus souvent la Lumière <le lampes à arc 1res puissantes. Les rayons émis par ces lampes sonl recueil lis par une système optique en cristal de roche qui donne un faisceau convergent, au foyer duquel on place la région de la peau à traiter. Pour éviter la brûlure, on établit autour du système optique un courant d'eau distillée (jui refroidit les rayons; de plus, on applique au niveau de la peau des cellules à parois de cristal où se fait également une circulation d'eau; ces cellules, tenues par l'opérateur, servent également à comprimer la peau pour en chasser le sang et éviter l'absorption par l'hémoglobine d'une trop grande quantité de rayons chimiques.
Nous mentionnerons sans les décrire les divers appareils imaginés pour remplir le but que nous venons d'exposer : ce sont l'appareil de Niels R. Finsen, l'appareil de Lortet et Genoud, l'appareil de Marie; par des dispositifs différents, ils arrivent tous au même but.
Par la photothérapie, il est possible de guérir le lupus tuberculeux sans douleurs et avec de très belles cicatrices. Mais le traitement est long et dispendieux, car dans une séance d'une heure on ne peut soigner qu'une surface très réduite (1 centimètre carré au maximum).
Dans le traitement des affections douloureuses, névralgies rebelles,- douleurs fulgurantes des tabétiques, gastralgies, etc., on projette, à l'aide d'une lampe à arc munie d'un réflecteur parabolique, des rayons lumineux qui traversent des écrans bleus. Pour intercepter les rayons calorifiques, on place entre la source et l'écran coloré une cuve à faces parallèles où on établit une circulation d'eau. De cette façon, le corps reçoit des rayons bleus, violets et ultra-violets, et cette association produit un effet sédatif des plus remarquables.
On peut aussi employer un bain général de lumière bleue en plaçant le malade dans de grandes caisses d'où émerge la tête, et dont les parois intérieures sont garnies de lampes à incandescence à verre bleu.
Photothérapie négative. — Elle a surtout été appliquée au traitement de la variole; la méthode consiste à placer continuellement le malade dans une chambre où ne pénètrent que des rayons rouges, on exclut ainsi les radialions du spectre qui ont une action funeste sur les pustules de variole, et sont la cause des cicatrices qui défigurent le malade. v\ ALLARV.
PHOTOTHERMOTHÉRAPIE. — Au lieu d'éliminer les rayons calorifiques, comme dans la photothérapie, on cherche ici à les utiliser: on applique sur une partie ou sur la totalité du corps humain les rayons calorifiques du spectre. Le soleil est par excellence la source de chaleur lumineuse, mais cette source n'est ni assez constante, ni assez facile à discipliner, ce qui fait préférer les sources fournies par l'énergie électrique : lampes à incandes"
015 Phrénique (Névralgie).
cence ordinaires ou spéciales (lampes Dowsing), lampe* rouges, lampes à arc de charbon.
Ces applications peuvent être générales ou locales.
Générales, dans des boîtes qui renferment tout le corps et d'où émerge la lète; ces boîtes portent sur leurs parois intérieures des lampes à incandescence au nombre d'une cinquantaine, ou encore sur un lit entouré de réflecteurs contenant des lampes spéciales Dowsing (lampes dont le filament esl calculé de façon à donner surtout des rayons calorifiques).
Les appareils locaux sont constitués par des boites de forme différente suivant la région à traiter ou de réflecteurs qui projettent sur une partie du corps le rayonnement d'une lampe à incandescence ou à arc.
Les applications de chaleur lumineuse sont indiquées dans un grand nombre d'affections que l'on peut grouper sous trois chefs principaux.
1° Les cas oit il s'agit de provoquer une action diaphorétique puissante et une suractivité des combustions orgayiiques (traitement général des obèses. des goutteux, des arthritiques, des intoxiqués, etc.).
2° Comme' sédatif de la douleur (douleurs consécutives aux traumatisme», douleurs rhumatismales et goutteuses, névralgies, etc.).
5° Pour faciliter la résorption des exsudats et V élimination des produits de déchets qui s accumulent en certains points de Vorganisme (empâtement des gaines tendineuses, des articulations, des ligaments péri-articulaires, dépôts tophacés des goutteux, épanehemenls de synovie, œdèmes, extravasations sanguines). F. ALLARD.
PHRÉNIQUE (NÉVRALGIE). -- Bien que pouvant être, comme toutes les névralgies (v. c. m.) en général, sous la dépendance d'un état général, la névralgie du nerf phrénique ou névralgie diaphragmalique, dans l'immense majorité des cas, reconnaît une cause locale et est symplomatique d'une affection du cœur, de l'aorte, du foie ou de la rate, du péricarde, de la plèvre ou du péritoine sous-diaphragmatique.
Symptomatologie. — Le principal symptôme est une douleur, vive et angoissante, exaspérée par les mouvements du diaphragme, la toux, les sanglots, sur le trajet du nerf (attaches du diaphragme, région rétro-sternalc, base du cou), avec irradiations pendant les paroxysmes, dans la région clatrïculaire, la fosse sus-épineuse, les parties latérales du cou (plexus cervical superficiel), dans le inoignon de l'épaule, la face interne du bras, le coude cl le petit doigt (plexus brachial), dans Thypocondre droit el la région précordiale.
Entre les crises, plusieurs points sont particulièremenl douloureux à la pression (fig. 268) : un point cervicalt sur la partie latérale du cou, en a va ni du scalène antérieur, en dehors du bord postérieur du sterno-cléido-mastoïdien; un point sternal, au niveau de La 2e ou 3e articulation chondro-sternale ; des points costaux ou diaphragmatiques aux insertions du diaphragme sur l<>- 7", 8e, !)" et M)" côtes; un point apophysaire^ au niveau des ,V el i vertèbres cen i cal es.
Les mouvements respiratoires, les mouvements d'inspiration notamment, -oui pénibles el difficiles, surtout pendant les paroxysmes, où le malade, le
Phtiriase.
point ceri/ical
2t#j ' 0 -\- -point sternal
points d/aphragmatiqi.
'oints douloureux dans la névralgie phrénique
faciès grippé, assis le corps penché en avant, cherche à immobiliser sa paroi thoracique. Les quintes de toux, le hoquet, la dysphagie son! fréquem-
menl signalés,
La durée, le pronostic dépendent <!<■ l'affection causale.
Diagnostic. Le diagnostic esl généralement facile. La localisation des points douloureux permettra d'éliminer la névralgie intercostale, la pleure* (hjnic, la gastralgie. Le rhumatisme du diaphragme serait bilatéral et ne présente rail que des points costaux, h'angine de poitrine, pendant la crise, s'accompagne dune sensation de constriction thoracique toute spéciale, les points douloureux manquent à la pression : d'ailleurs, plusieurs symptômes de L'angine de poitrine ont été rapportés à la participation du nerf phrénique.
Plus important sera le diagnostic étiologique; presque toujours, il s'agira d'une affection de voisinage (V. Pleurésie diaphragmatioue, Péricardite). Traitement. — Le traitement devra surtout s'adresser à l'affection causale. La douleur sera combattue par les moyens habituels (V. Névralgies); quand elle est très intense, l'injection de morphine est souvent le seul moyen de donner un peu de repos au malade. BRÉCY et BAVER.
PHTIRIASE. — On donne le nom de phtiriase à l'ensemble des lésions cutanées produites par les poux, parasites de l'homme (V. Parasites.)
Les poux sont des hémiptères, du sous-ordre des aptères, qui est caractérisé par l'absence d'ailes et de métamorphoses. Ils ont une tête ovale et possèdent trois paires de pattes comme tous les insectes. Leur tête esl armée de mandibules au moyen desquelles ils mordent la peau, et d'un rostre médian qu'ils enfoncent dans la plaie pour sucer le sang dont ils se nourrissent.
Les aptères comprennent deux familles : les ricinidés, parasites des animaux, et les pédiculidés, dont deux genres seulement, pediculus et phtirius, vivent sur l'homme.
Le genre pediculus est représenté par deux espèces : pediculus capitis ou pou de tête, et pediculus corporis ou pou de corps. Le genre phtirius ne comprend qu'une seule espèce : phtirius pubis.
A ces trois espèces, correspondent trois tableaux cliniques distincts.
I. Pou de tête. — Le pou de tête (pediculus capitis) a pour habitat exclu-
G17 Phtiriase.
sif la chevelure de l'homme el surtout de l'enfant, Il est d'un gris cendré et mesure 1 à 2 millimètres de longueur, 1/2 à 1 millimètre de largeur. La femelle dépose ses œufs sur les cheveux ; ces œufs, très adhérents aux poils, nombreux et disposés en chapelet, sont connus sous le nom de lentes.
Les poux de tête, qui sont toujours d'origine externe et transmis par contagion, s'observent presque exclusivement chez les enfants des deux sexes; ils atteignent surtout les enfants mal tenus, et ceux qui vivent en commun dans les familles nombreuses ou les écoles primaires.
Chez l'adulte, ils ne vivent guère que sur les individus malpropres et misérables, ou sur les convalescents de maladies graves et les phtisiques jeunes.
Ils sont d'autant plus abondants que la chevelure est plus longue; aussi sont-ils plus fréquents chez la femme que chez l'homme. Ils envahissent parfois la barbe.
Les poux de tête irritent par leur piqûre les follicules pileux et causent des démangeaisons intolérables. Le parasité se gratte et s'excorie. Quand les poux sont peu nombreux, les écorchures sont discrètes et siègent surtout à la région occipitale et à la base du cou.
Mais si les parasites persistent et se multiplient, ils donnent naissance à des éruptions vésiculeuses, eczématiformes chez les eczémateux.
Dans d'autres cas, ils provoquent des éneptions pustuleuses, surtout chez les enfants lymphatiques; ces éruptions pustuleuses prennent très fréquemment les caractères de l'impétigo. Les pustules, en se desséchant, forment des croûtes épaisses, abondantes, collées et adhérentes aux cheveux et qui s'étendent parfois à tout le cuir chevelu : c'est X impétigo granulata. Sous la croûte se trouve une nappe de sérosité purulente, fétide, dans laquelle macère le cuir chevelu érodé, mais non ulcéré; les poux y fourmillent.
Chez les enfants lymphatiques et débiles, la suppuration peut s'étendre au tissu cellulaire : il se forme de véritables abcès du cuir chevelu.
Ces lésions retentissent sur le système lymphatique et donnent lieu à des engorgements ganglionnaires cervicaux, et même à des adénites suppurées.
Enfin, chez certains sujets, un flux séborrhéique visqueux et fétide, agglutine cheveux et croûtes d'impétigo : c'est Implique /><>lonaise.
Pronostic. — Le pronostic des phtiriases n'est pas grave. L'irritation cutanée peut déterminer, chez les sujets prédisposés, un eczéma capitis persistant. Dans les phtiriases intenses, la suppuration abondante, la résorption des produits putrides par le cuir chevelu érodé, allèrent Tétai général : les enfants pâlissent, perdenl l'appétit, se cachectisent; on a cité des cas d'impétigo pédiculaire mortels.
Diagnostic. — Il faut songer à la phtiriase dans Ions les cas d'impétigo du cuir chevelu, surtout quand l'éruption prédomine à l'occiput. 11 faut y songer aussi chez les jeunes femmes atteintes de prurit de la nuque et du dos. Dans tous les cas. la découverte des poux ou des lentes, plus faciles à trouver, Qxe le diagnostic,
Ou ne peut confondre avec les Lentes que les petits grains épithéliaux nacrés qui garnissenl les cheveux dans certaines formes d'eetéma séborrhéique] mais ceux-ci n'adhèreni pas aux cheveux cl n'onl pas la forme des lentes.
Phtiriase. lilx
Traitement. L'impétigo pédiculaire, comme les poux eux-mêmes, disparaîl sous l'action <!u traitement parasiticide.
Chez l'enfanl el chez l'homme, on fait d'abord couper les cheveux; puis on savonne soigneusement la tête, soil avec une décoction de bois d<- Panama, soil avec du savon de goudron ou <lu savon phéniqué; on l'ail ensuite des lotions avec de l'alcool camphré ou <lu sublimé à 1 pour 500 ou I pour ,">()().
11 faut respecter la chevelure de la femme. On prescril à celle-ci, comme à l'homme, les savonnages et les lotions à l'alcool camphré ou au sublime. Les médecins danois ont préconisé des lotions avec une solution de sublimé clans du vinaigre (sublimé l gr., vinaigre 500 gr.). On peut encore faire saupoudrer la tête avec de la poudre de staphisaigre, de pyrèthre ou avec du soufre pulvérisé.
Dubreuilh préfère aux poudres, qui pénètrent mal et aux lotions aqueuses qui ne mouillent pas les cheveux, les pommades au soufre, au baume du Pérou, au précipité blanc, au naphtol :
Axonge 50 grammes.
Précipité blanc 2
Naphtol p 2 —
Ces substances tuent les lentes, mais ne les détachent pas; on ne peul s'en débarrasser qu'en dissolvant leur enveloppe de chitine avec du vinaigre chaud; puis on peigne avec un peigne très fin en acier.
II. Pou du corps. — Les poux du corps ou mieux des vêtements, un peu plus grands que les poux de tête (3 millimètres de longueur, 1 millimètre de largeur), d'un blanc jaunâtre, habitent, non la peau elle-même, mais les vêtements qui sont en contact avec elle. C'est aussi dans les vêtements que la femelle pond ses œufs, qui apparaissent sous forme de petits points gris foncé.
La seule cause de la phtiriase du corps est la contagion, qui s'exerce par l'intermédiaire des lits, des sièges, des vêtements; les médecins y sont exposés par l'auscultation des malades. L'encombrement, la promiscuité, la misère, la malpropreté, l'âge avancé et les maladies y prédisposent.
Symptômes. — Les poux des vêtements piquent la peau des malades pour sucer leur sang; quand on déshabille rapidement un malade, on en surprend quelquefois sur les téguments.
Les régions le plus fréquemment piquées sont la partie supérieure du dos, le ventre, la ceinture, la poitrine et les segments supérieurs des membres. Le point piqué s'entoure presque toujours d'une papule d'apparence ortiée, plus ou moins large, et devient le siège d'un vif prurit. Le sujet se gratte, excorie le sommet de ses papules, enlève même parfois de petits lambeaux épidermiques [prurigo pédiculaire); les excoriations, puncliformes ou linéaires, se recouvrent de sang desséché; elles laissent persister des cicatrices blanches. Dans certains cas, il se produit des lésions eczématiformes et inflammatoires, des lymphangites, des furoncles, des abcès et surtout de l'ecthyma.
Dans les phtiriases invétérées, la peau s'épaissit, prend une consistance lichénoïde. Parfois, une pigmentation anomale s'y développe, plus ou
619 Phtirîase.
moins généralisée, constituant la maladie des vagabonds; le venin inoculé par les poux semble jouer dans cette mélanodermie un rôle plus important que le grattage.
Les phtiriases anciennes peuvent altérer la santé générale : le prurit amène l'insomnie, le malade perd l'appétit, se cachectise.
Diagnostic. — La présence des poux dans les vêtements dénonce la phtiriase. Mais quand les poux sont rares, quand les malades ont changé de linge, l'existence de papules et d'excoriations peut faire porter différents diagnostics.
La gale respecte toujours le dos, siège préféré de la phtiriase; elle atteint de préférence la verge et les mains, que les poux épargnent d'ordinaire.
L'urticaire chronique est caractérisée par des élevures fugaces sans localisations provoquées par le grattage. La phtiriase du corps peut d'ailleurs se manifester par une véritable urticaire chronique.
Le prurit hivernal, fréquent chez les adultes jeunes, n'apparaît qu'en hiver par le froid vif et sec, et se localise surtout aux membres.
Les prurits toxiques et senties sont d'un diagnostic plus difficile. L'analyse des urines révèle souvent l'origine des prurits albuminuriques et diabétiques, l'ictère, la cause des prurits hépatiques. Mais il n'est pas facile de trouver la raison de certains prurits autotoxiques, parmi lesquels le prurit sénile. D'une façon générale, il ne faut faire le diagnostic du prurit sénile qu'après avoir sûrement éliminé la phtiriase.
Traitement. — Les poux habitant les vêtements, ce sont les vêtements qu'il faut désinfecter. Le linge sera lessivé, les vêtements de laine passés à l'éluve ou brûlés. Quelquefois des lentes restent collées aux poils follets. On peut toujours sans inconvénients donner quelques bains de sublimé ou appliquer une pommade parasiticide au soufre, au naphtol, au précipité blanc.
Aux sujets sales ou misérables, atteints de phtiriase invétérée, on prescrit les fumigations cinabrées en usage dans les hôpitaux, des bains sulfureux, des lotions avec une solution de sublimé au millième, une solution phéniquée ou chloralée au centième.
Quand les poux sont très abondants, il faut saupoudrer toute la surface cutanée avec une poudre parasiticide, la poudre de staphisaigre par exemple.
Les lésions eczématiformes, les démangeaisons, nécessitent les traitements ordinaires (V. les art. Eczéma, Prurits).
III. Pou du pubis. — Les poux du pubis ou morpions sont d'un gris clair, arrondis, de 2 millimètres de long sur I millimètre et demi de large; ils ont trois paires <1<- pattes, terminées par une sorte de griffe qui s'implante dans la peau. Ils vivent appliqués, en quelque sorte cramponnés à la peau, à la base de^ poils: ils y adhèrent fortement cl sont 1res difficiles à détacher.
Symptômes. Les morpions habitent généralement la région
pubienne chez les adultes des deux sexes. Chez les hommes velus, ils se répandent sur tous les points du corps munis de poils, ventre, poitrine,
aisselles, en général cuisses et jambes, moins souvent sourcils, cils et barbe très rarement : ils n'atteignent jamais le cuir chevelu.
Phtisie aiguë. 620
Ce soul les plus vénériens des poux; la contamination en dehors des rap ports sexuels esi 1res douteuse, el iiu moins exceptionnelle.
Les symptômes <pi ils occasionnent consistent surtout en «les démangeaisons, souvent très vives, parfois très atténuées; elles s'accompagnent d'une éruption de petites papules miliaires et de lésions de grattage généralement
sèches.
Les poux <lu |>ul)is déterminent aussi une lésion spéciale ;!es taches bhvfis ou tachés ombrées, macules arrondies, gris bleuâtre, qui siègent surtout sur le ventre, les lianes et la partie supérieure des cuisses. On les observe d'ordinaire chez les fébricitants, surtout chez les ty phi que s. Elles résultent de l'inoculation de la salive venimeuse du parasite (I)uguel).
Les morpions fixés à la base des cils déterminent aux paupières une blépharite rebelle.
Diagnostic. — Le diagnostic de la phtiriase pubienne est généralement facile : il résulte de la constatation des parasites collés à la base des poils, et des lentes, adhérentes aux poils et plus haut situées.
Traitement. — Le traitement populaire des poux du pubis consiste en frictions avec de l'onguent gris; on pratique l'onction le soir et Ton savonne le lendemain matin. L'onguent gris a le double inconvénient de salir le linge et d'occasionner parfois des éruptions hydrargyriques.
On peut le remplacer par la pommade suivante :
Axonge 20 grammes.
Précipité blanc 2 —
Naphtol p 1 gramme.
ou par une pommade au pétrole et au baume du Pérou (Brocq) :
Pétrole ) ~ a*
,. , T., c aa 15 grammes.
Baume du Pérou )
Huile de laurier 1 gramme.
On emploie très souvent des lotions avec une solution de sublimé à 1 pour 500 et même 1 pour 200, soit dans l'alcool pur, soit dans l'alcool étendu d'eau, lotions qu'on fait suivre d'un lavage à l'eau tiède pour éviter l'irritation cutanée qui peut en résulter. On renouvelle, si besoin est, la lotion deux ou trois jours de suite.
Les lotions avec une solution vinaigrée de sublimé (à 1 pour 500), les applications de pommade au naphtol (à 10 pour 100), les lotions de chloroforme, d'éther, sont moins efficaces que les lotions au sublimé.