V. Hygiène du tuberculeux guéri. Grâce à l'ensemble des
moyens médicamenteux dont nous disposons, grâce surtout à la cure hygiénique, la guérison de la luberculo.se, même avérée, est moins exceptionnelle qu'autrefois.
Tantôt elle est absolument complète, et il ne reste aucun vestige de l'affection pulmonaire, tantôt, malgré un état général et fonctionnel parfait. des signes physiques subsistent, traduisant des lésions pulmonaires durables : la guérison n'est qu'apparente.
Dans les deux cas, le malade reste plus susceptible qu'un sujet normal, qu'une nouvelle infection tuberculeuse survienne ou que, dans le second cas, il y ait réveil de la lésion ancienne.
Aussi faut-il, longtemps après la guérison apparente, laisser le malade en observation, et le soumettre toujours à la cure hygiénique. Il ne doit pas reprendre intégralement ses occupations antérieures et toujours proportionner la tâche à ses forces. La question du mariage est des plus délicates. Possible lorsque la guérison est complète, il devient plus discutable lors de guérison apparente. Le devoir du médecin est de faire attendre le plus longtemps possible, d'éclairer le malade sur les dangers d'une union avant la guérison absolue. Toutefois, après plusieurs années de guérison apparente, le mariage peut être permis, à condition qu'il rende possible la continuation d'une vie calme et hygiénique, le tuberculeux guéri restant le plus souvent un être fragile. PIERRE LEREBOULLET.
PHYSOMÉTRIE. — V. Fœtale (Putréfaction).
PIAN. — Le pian est une maladie spécifique, inoculable et contagieuse, caractérisée par une éruption de tubercules mùriformes dont la structure est celle du papillome. On Ta décrit sous les noms divers, dont les plus usités sont frambœsia en Allemagne et en Hollande el yaws en Angleterre.
L'infection pianique s'étend à toute la zone intertropicale. Elle est très commune dans l'Afrique para-équatoriale, dans les Antilles, les Guyanes, le Brésil; elle ravage toute la Polynésie el cerne de tous côtés l'Indo-Chine française. Dans toutes ces régions, le pian présente même aspect, même évolution.
Symptomatologie. — Les premiers signes apparents sont précédés
Pian.
d un stade d'incubation de durée variable, mais toujours assez long. Ils ne surviennent jamais avant le 15e jour et la période silencieuse peut se prolonger, dit-on, plusieurs mois.
L'invasion s'accompagne de phénomènes généraux plus ou moins accusés. Les uns sont d'ordre banal : tels sont des mouvements fébriles irréguliers, un malaise indéterminé et des troubles digestifs. Les autres ont un cachet manifestement spécifique; ce sont : la céphalée, qui s'exacerbe parfois la
Fig. 297. — Éruption pianique, de forme circinée, simulant la syphilis maligne précoce. (E. Jeanselme, in Pratique Dermatologique.)
nuit, el un pseudo-rhumatisme infectieux, qui se traduit par des douleurs articulaires et ostéocopes plus ou moins accentuées.
Dès le début de cette période, la peau devient rude au loucher et perd son lustre. Des macules prurigineuses, recouvertes d'une fine desquamation furfuracée, apparaissent, disséminées sur tout le corps; elles figurent des cercles, des anneaux ou des dessins irréguliers qui se détachent en clair sur la peau normale. En même temps, les surfaces palmaires el plantaires se doublent d'une couche cornée épaisse et inextensible, qui se crevasse au niveau des plis cutanés.
Alors survient Véruption caractéristique. Parfois, le premier boulon <lc pian reste solitaire pendant plusieurs mois; cet élément, qui indique le poinl de pénétration du virus, occupe d'ordinaire la partie sous-diaphragma tique du corps, en particulier le pied ou le bas de la jambe. Plusieurs semaines ou plusieurs mois après la guérison de ce boulon primitif, un mouvemenl fébrile et des douleurs rhumatoïdes plus ou moins vives annoncenl que l'éruption va se généraliser. Les éléments qui la constituent