‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 4)Chapitre 76 sur 89 · DODD · texte numérisé non relu

DODD

Fig. 330. — Empreinte des balles sur les cibles.

A, balles de plein fouet; B, balles ricochées; C, balles Lebel de plein travers;

D, balles D de plein travers.

culaire, ayant sensiblement les mêmes dimensions que le calibre du projectile.

L'épiderme est noirci par la crasse dont la balle se charge pendant son trajet dans l'âme du fusil. Le séton esl rectiligne, l'hémorragie peu abondante et le trajet peut être considéré comme aseptique.

Les balles, au contraire, qui ricochent, se déforment, s'aplatissent sur le sol, se champignonnent et abordent l'organisme soit obliquement, soit de plein travers, comme le représente la photographie ci-jointe (fig. 550).

« Avec les balles ricochées, la blessure n'affecte pas une forme ronde et régulière; elle est plus ou moins large, à bords déchirés, décrivant un ovale très allongé : on dirait d'un éclat d'obus. » (Delorme.)

En outre, ces balles ricochées ou pirouettantes tourbillonnent dans l'orga-

Plaies de guerre.

nisme et s'y arrêtent. De plus elles contiennent souvent des parcelles de terre, qui provoquent le tétanos, comme l'a constaté Senn, à Santiago de Cuba. Par leur gravité exceptionnelle, ces balles ricochées font croire aux balles empoisonnées (balles dum-dum), comme le signale Nimier à propos des grèves de Saint-Pétersbourg. En un mot, ces plaies sont très graves, parce qu'elles sont infectées.

d) Régions anatomiques atteintes. — La gravité des blessures de guerre dépend surtout de la région analomique atteinte.

Bénignes quand les balles frappent les parties molles, graves quand elles font éclater les segments osseux, elles sont rapidement mortelles quand

Cou et moelle épinière.

Soui-claviére.

Abdomen et ses organes.

Fémorales

Fig. 331. — Blessé vu de faee avec son plasLroi abdominal et sou renflement crânien.

Fig. 332.

Blessé vu de travers.

elles traversent les organes essentiels (crâne, moelle épinière, cœur, aorte, abdomen).

Schématiquement nous avons représenté, sur un homme vu de face (fig. 331) et vu de travers ((ig. 332) les diverses zones de gravité croissante. Les espaces clairs représentent les blessures bénignes (parties molles), les hachures horizontales, les blessures graves (segments osseux), et les espaces sombres, les blessures mortelles (plastron central avec prolongement médullaire el renflement crânien). La figure 333 représente un cavalier dont le plastron abdominal est protégé par la tôte du cheval.

Plaies de guerre.

D'après Bircl

er, voie

i la proportion de ces diverses blessures :

Blessures bénignes 60 pour 100

graves i;,

mortelles 2f>

En som

me

les sétons Iransmusculaires sonl d'une extrême bénignité : on dirait d'un trocart qui transperce les muscles. Les sétons à travers les organes essentiels sont très graves et le plus souvent rapidement mortels.

Seules, les fractures osseuses nous fixeront un instant, car l'éclatement des os des membres arrête les plus beaux élans, sans compromettre la vie. Ce sont surtout les fractures des membres inférieurs, qui constituent la plupart de nos blessés graves, qu'il faut transporter sur des brancards, de la ligne du feu aux lormations sanitaires de l'arrière, dans lesquelles la conservation du membre sera tentée.

La gravité des lésions osseuses varie suivant la région de l'os atteinte (épiphyse ou diaphyse) et suivant la vitesse des projectiles.

Les fractures des épiphyses et des os courts sont généralement des fractures à lésions limitées (fig. 334), d'autant plus limitées que le projectile est doué d'une vitesse plus faible.

Les fractures des diaphyses au contraire sont des fractures à lésions étendues, mullifissuraires et mulli-qui lieuses (Jacob). Les fissures et les esquilles ne sont pas disposées au hasard, mais

suivant les types en X ou Y (fig. 335), si bien décrits par Delorme. Ce type en X apparaît 1res dis- a b c

linctemenl, quand le projectile est

animé d'une faible vitesse (entre

2000 et 2500). Si, au contraire, le

projectile est doué d'une très grande

vitesse (entre 100 et 500 mètres),

les esquilles sont nombreuses, petites, séparées de leur périoste, cl

un certain nombre d'entre elles sont

projetées dans les parties molles el

entraînées vers les orifices de sortie

(fig. 336). Pourtant si on réunit foules ces esquilles, comme l'a fait Jacob,

Cavalier dont le plastron abdominal

est protégé par la tète du cheval.

Fig. 551. — A, B, C, fractures èpiphysaires, en coins, à lésions limitées. (Ferra ton, Toubert.)

Plaques muqueuses.

on peut reconstituer la forme primitive de l'X. Il semble, en outre, que de pareilles lésions ne puissent se réparer et que l'amputation soit le seul trai-

AuducUurs

AdducU

Fig. ôôo. — Fractures diaphysaires en X, en Y.

A, Fracture en X (Delorme); B, fissure symétrique du côté opposé; C, fracture en Y (Delorme); D, action opposée des abducteurs et des adducteurs.

lement qui leur convienne. Il n'en est rien. Elles peuvent guérir dans d'excellentes conditions, pourvu qu'elles ne s'infectent pas.

Malheureusement, écrit Jacob, « cette infection trouve des conditions particulièrement favorisantes dans la comminution de la fracture, dans la

Fig. 336. — Fractures comminutives.

A, B, fractures comminutives à 200 mètres (Jacob); C, fracture de cuisse à courte distance;

D, mode de terminaison après un an de traitement.

communication du foyer fracturaire avec L'extérieur, dans la présence fréquente de corps étrangers donl certains, les débris vestimentaires par exemple, soûl des plus septiques. (^e*t de Vinfection que devra toujours se préoccuper le médecin militaire ; il devra toul mettre en œuvre p'<ur Vempèc/ier

de se réaliser et, si elle s'est réalisée, pour la limiter. ho.\m " i i /

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