V. Le rapatriement des lépreux étrangers
Il faudrait ajouter, comme le proposa un projet de loi présenté, le 22 juin 1902, au Sénat de Washington et d'ailleurs rejeté : « Défense aux lépreux de résider dans les hôtels, de manger dans les restaurants, de laver leurs vêtements en même temps que ceux des individus sains et dans les lavoirs publics. Il leur est enjoint de ne se servir que de leurs ustensiles de table personnels et de les laver eux-mêmes, de dormir seuls, à moins qu'ils ne soient mariés, de s'abstenir de tout contact corporel, d'embrasser par exemple les membres de leur famille.... Interdiction à toute compagnie de navigation ou de chemins de fer de transporter des lépreux.... Stricte surveillance pendant une période de 7 ans, des émigrants de familles notoirement lépreuses. — Renvoi des lépreux étrangers dans leur pays d'origine. »
La loi danoise prescrit : « le recensement des lépreux, la notification du déplacement de tout lépreux, l'interdiction de nourrir des enfants, et de faire la cuisine, la désinfection obligatoire : « les enfants de parents lépreux soutenus par l'assistance publique, seront transportés dans d'autres maisons » (donc séparés de leurs parents).
La loi japonaise ajoute « la défense de fréquenter les lieux publics : théâtres, salon de coiffure, bains ; l'interdiction de certains métiers, la défense d'habiter la maison d'un lépreux, d'utiliser ses meubles, ses bardes, de les vendre».
Les merveilleux résultats obtenus en Norvège prouvent ce que peut faire une prophylaxie intelligente. De 2598 en d 856, le nombre des lépreux est tombé à 245 en 1902. Dans les années 1857 à 1861 on avait compté 1148 cas nouveaux: de 1890 à 1900 on n'enregistra que 7 cas nouveaux!
H.GOUGEROT.
N1" P. M. C. — Si ppl. 62
Lëpoodes. 078
LEUCOPLASIE. Étiologie. — La recherche de la réaction de Wassermann chez les malades atteints de leucoplasie n'a l'ail que confirmer la nature syphilitique de l'affection : 1res contestée jusqu'ici en Allemagne, cette étiologie est admise par l'école de Breslau depuis qu'on a constaté une réaction positive chez un grand nombre des sujets atteints.
Traitement. — Le salvarsan a donné aux divers auteurs des résultats variables. Lacapère affirme que les cas récents peuvent être guéri-, les autres arrêtés dans leur marche, et même les plus invétérés soulagé- au point de vue de la douleur et rendus moins aptes à se transformer en épi théliome, à la condition toutefois que cette transformation ne soit pas déjà commencée.
Au traitement local ont été employés divers moyens physiques : nous avons signalé déjà les rayons X, le radium (V. Leucoplasie, in JSouv. . P. M. C), Ravaut s'est servi du jet d'air chaud (v. c. m.) pour produire une sorte de clivage des placards.
Constantin (de Toulouse) considère Y étincelle de liante fréquence^ et plus particulièrement l'étincelle de résonance directe, comme plus efficace que tout autre moyen : le résonateur étant réglé pour donner une étincelle de 50 à 40 millimètres à l'air libre, on projette pendant quelques secondes une pluie de petites étincelles sur la lésion préalablement anesthésiée : on cesse quand, de blanc nacré, elle est devenue d'un blanc terne ; le lendemain se forme une petite escarre, éliminée en 5 ou 4 jours; en une quinzaine de jours, il devient difficile de retrouver la place.
L'action favorable des eaux de Saint-Ghristau sur la leucokératose buccale a donné à Averinos l'idée d'employer la solution de sulfate de cuivre :
Sulfate de cuivre 2 gr.
Eau distillée
ââ 10 ffr Glycérine neutre )
On cautérise les plaques avec cette solution tous les jours, pendant vingt jours, après un bain de bouche à l'eau de guimauve. Le traitement est repris après un repos de dix jours. Il est bon de tâter d'abord la susceptibilité de la muqueuse en employant la solution dédoublée. M. SÉE.
LIPOIDES. — Les substances dites lipoïdes n'appartiennent pas à une famille chimiquement définie ; ce qui les rapproche, ce sont certaines propriétés physiques et physiologiques. Par leurs propriétés physiques, elles ressemblent aux matières grasses, et de là vient leur nom de lipoïde. C'est ainsi qu'elles sont solubles dans les solvants habituels des graisses : (éther, chloroforme, alcool, acétone), etc., et qu'elles sont au contraire insolubles dans l'eau, où elles ne font que s'émulsionner ou former ces fausses solutions qui caractérisent l'état colloïdal (V. Colloïdes).
Parmi les lipoïdes les plus importants, citons la lécithine, la cholestérine.
On a trouvé des lipoïdes dans toutes les cellules, dans toutes les humeurs. Leur rôle physiologique est certainement considérable, bien qu'il soit resté longtemps inconnu. Montrons-le par quelques exemples.
Les narcotiques (éther, chloroforme) sont des solvants des lipoïdes; or, le système nerveux est particulièrement riche en lipoïdes, et différents faits
t>7«<> Lymphangiectasies.
tendent à prouver que c'esl L'attaque de ces Lipoïdes par l'anesthésique qui engendre la narcose.
La cholestérine el la lécilhine ont montré des propriétés remarquables dans l'étude expérimentale de l'action des venins, des toxines, des anticorps lois que les liémolysines, etc. Il semble bien que ces lipoïdes, ainsi qu'un grand nombre d'au 1res, aient un rôle important dans les phénomènes de L'immunité.
Les lipoïdes des globules rouges ont été beaucoup étudiés, et Iscovesco les a introduits dans la médication des anémies.
H. Iscovesco a isolé, de divers organes doués de sécrétion interne, des lipoïdes auxquels il a reconnu expérimentalement et cliniquemenl des propriétés spécifiques, el qui ont été introduits dans la thérapeutique. Ce sont des « homostimulines » (H. Iscovesco), c'est-à-dire des produits qui stimulent les organes d'où ils sont tirés.
C'est ainsi que sont entrés actuellement dans la pratique les lipoïdes tirés de l'ovaire, du corps jaune, du testicule, du rein, du globule rouge.
CARRION et HALLION.
LITHIASE BILIAIRE. — V. Biliaire.
LITHIASE RÉNALE. — V. Rein.
LUMIÈRE. — V. Bains, Héliothérapie.
LYMPHANGIECTASIES. — On appelle ainsi toute dilatation variqueuse des vaisseaux lymphatiques, quelle que soit la cause de cette dilatation. Lorsque l'ectasie atteint les lymphatiques ganglionnaires, on dit qu'il y a adéno-lymphocèle] lorsque la dilatation frappe les troncs lymphatiques ou les réseaux lymphatiques, on a les lymphangiectasies tronculaires ou réticulaires.
Étiologie et pathogénie. — La dilatation lymphatique, Yectasie, n'est que l'aboutissant de deux processus également nécessaires, mais qui peuvent débuter l'un ou l'autre ou s'associer, à savoir Y obstruction des vaisseaux et leur inflammation. L'obstruction peut être extérieure au vaisseau, exo-vasculaire : compression de voisinage, néoplasmes, cicatrices, — ou endo-vasculaire : éléments microbiens, néoplasiques, parasitaires; la cause la plus importante est la ftlaire du sang et de la lymp/te qui peut exister dans les vaisseaux sous deux formes, la forme embryonnaire ou microfilaire, et la forme adulte ou macro-filaire ; c'est la micro-filaire qui est la cause principale des lymphangiectasies filariennes.
Contrairement à ce que l'on a cru pendant longtemps, les lymphangiectasies peuvent être dues aussi à des éléments microbiens, staphylocoques, -Ireptocoques, bacille de la tuberculose.
Mais l'obstruction seule ne suffit pas à déterminer la lymphangiectasie, et l'infection est nécessaire, soit qu'elle succède à l'obstruction comme dans la (ilariose, soit qu'elle la précède.
Quoi qu'il en soit, de l'association de ces deux éléments va résulter la dilatation des vaisseaux lymphatiques, donnant naissance aux divers aspects morphologiques que nous avons énoncés, et dont l'éléphantiasis n'est
Lymphangiectasies. 980
qu'une modalité anatomo-clinique duc à de l'œdème péri-vasculaire avec hyperplasie conjonctive.
D'après les notions qui précèdent, on conçoit que la lymphangiectasie soit plus fréquente dans les pays tropicaux (filariose). Notons qu'il existe aussi des lymphangiectasies congénitales.
Symptômes. — Les divers aspects cliniques de la lymphangiectasie sont : 1° Y adéno-lymphocèle, surtout fréquente à l'aine, masse plus ou moins grosse, irrégulière, bosselée, molle, dépressible, augmentant sous l'effort et s'accompagnant de dilatations lymphatiques du membre inférieur.
2° Les varices tronculaires, superficielles ou profondes, se présentant sous forme de cordons ou de paquets;
5° Les varices réticulaires, petites vésicules plus ou moins confluentes, qui se gonflent par compression périphérique, s'affaissent par la pression directe et qui peuvent se rompre, donnant une lymphorragie plus ou moins intense; elles peuvent occuper les muqueuses.
Nous avons vu que l'éléphantiasis n'était qu'un aboutissant de la lymphangiectasie.
La complication la plus grave des lymphangiectasies est la lymphangite diffuse.
Le diagnostic des diverses formes de lymphangiectasie est en général facile.
Le traitement consiste à relever l'état général du malade. En cas de lymphangiectasie fîlarienne, la plus fréquente, le malade devra quitter les pays chauds.
Au point de vue local, on a appliqué la compression, l'électrolyse ; l'excision est le traitement de choix. a. SCHWARTZ.
MACHOIRE A CLIGNEMENT. — On donne le nom de « mâchoire à clignement » (Jaw-winking des Anglais) à une variété singulière de mouvements associés du visage, caractérisée par l'ouverture synergique d'une des paupières en même temps que s'abaisse la mâchoire inférieure, notamment dans les mouvements de mastication.
Ce phénomène, signalé pour la première fois en 1887) par Marcus Gunn, a été confirmé depuis lors par une quarantaine d'observations similaires (notamment de Sinclair, Wilbrand et Saenger, Souques, Cantonnet et la thèse de Pontico).
La mâchoire à clignement paraît plus fréquente chez l'homme que chez la femme ; dans la majorité des cas le phénomène est unilatéral et se produit du côté gauche; il existe presque toujours un certain degré de ptosis de la paupière supérieure à l'état de repos ; l'élévation volontaire de cette paupière est impossible ou très faible, sauf si la bouche vient à s'ouvrir ; enfin le phénomène est d'autant plus net que le regard est dirigé en bas. Le plussouventil s'agit d'une disposition congénitale. On ne constate généralement pas de troubles de la vision; mais il est assez fréquent d'observer quelques incorrections parétiques des muscles moteurs de l'œil.
Le clignement se produit surtout à l'occasion des mouvements de mastication ou de diduction. On l'a vu quelquefois survenir aussi pendant la parole à haute voix ou la déglutition.
La mâchoire à clignement est une infirmité chronique à peu près incurable.
« L'interprétation de ce singulier mouvement associé, ditSouques, a exercé la sagacité des auteurs. La plupart invoquent une anomalie d'innervation du releveur de la paupière et rejettent l'admission d'une simple synergie physiologique. Si cette synergie était admissible, en effet, on ne voit pas pourquoi le phénomène d'élévation palpébrale resterait unilatéral. Au contraire, la théorie qui fait innerver, totalement ou partiellement, dans ces cas anormaux, le releveur de la paupière par des filets venus du noyau de la 5e paire, parait satisfaisante pour les cas où il y a ptosis partiel ou total. Le noyau de la 3e paire serait partiellement atrophié et ne fournirait plus les filets du reieveur de la paupière. » UENRY MEIGE.
MÂCHOIRE (TRAITEMENT DE L'ANKYLOSE TEMPORO-MAXILLAIRE). — La dilatation méthodique à V ouvre-bout- he doit être essayée. Elle demande beaucoup de persévérance et ne donne, en dehors des cas légers, que de faibles chances de succès : l'échec, à peu près certain dans l'ankylose
mâchoire (Traitement de l'ankylose).
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Section du. < condyle