POSTÉRIEURE
MASSAGE DE L'ABDOMEN- — En dehors des maladies du tube digestif, le massage abdominal total est souvent pratiqué pour obtenir des effets sur la circulation générale; il est très usité contre l'obésitédes parois abdominales.
Le massage de Vintestin est employé chez les ptosiques, contre la constipation, l'entérite muco-membraneuse ; le massage de V estomac donne de bons résultats dans l'hypopepsie, dans les atonies stomacales.
Le massage de l'abdomen se propose :
1° D'améliorer la circulation de l'abdomen et même la circulation générale : le traitement a surtout une grande influence sur la veine porte;
2° De lonilier les muscles de la paroi et d'augmenter l'énergie du péristaltisme intestinal ;
5° D'activer la sécrétion des glandes de l'abdomen et de faciliter l'absorption intestinale ;
iIJ D'étirer les adhérences, s'il en existe ;
5° Ces manipulations ont en outre une influence directe sur le contenu des intestins : ils déplacent le gaz et les matières et les poussent vers le rectum ; elles ont donc une action des plus heureuses sur la régularisation des selles.
Technique du massage de l'abdomen. — Le sujet est demi-couché sur un plint bas, genoux fléchis et un peu écartés, pieds appuyés sur la planche du plint ou sur un tabouret à la même hauteur que le plint. De cette façon, les muscles abdominaux sont en état de relâchement complet.
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Massage de l'abdomen.
Fig. 378. — Effleurage de la paroi.
Le médecin est assis de côté, à droite du sujet, le visage tourné vers lui. La séance commence par YeffLeurage de la paroi, qui s'exécute circulairement, avec les deux mains simultanément, dans le sens des aiguilles d'une montre; tandis qu'une main commence l'effleurage, l'autre termine le mouvement : la main droite commence le mouvement par la fosse iliaque gauche (fig. 578).
On masse ensuite le gros intestin : pour cela, le médecin place ses deux mains sur le côté gauche de l'abdomen, au niveau de l'anse sigmoïde, une main au-dessus de l'autre, les doigts maintenus en hyperextension comme pour la palpation profonde ; il fait des frictions avec la face palmaiie des deux premières phalanges des trois doigts du milieu; les cercles de friction doivent suivre le sens des aiguilles d'une montre (fig. 379). Ces malaxa tions ont pour but de déplacer les gaz et les matières, de les diriger vers le rectum et d'activer le mouvement péris-
taltique. Le médecin suit ainsi le côlon descendant, jusqu'à l'angle gauche ; il continue immédiatement sur le côlon transverse, en essayant de suivre sa direction. Quand il arrive sur le côlon ascendant, l'opérateur tourne les mains de façon à ce que les doigts soient dirigés en dehors vers l'os iliaquedroit; cette disposition de la main permet une palpation facile. On doit veiller à bien masser les angles du côlon, lieu d'élection des stases stercorales. Cette friction du côlon est répétée 3 à 4 fois.
On passe ensuite à l'intestin grêle; les frictions seront faites également avec les extrémités des doigts. On commence, par exemple, au-dessus de l'ombilic, en décrivant des cercles tout autour de ce point dans le sens des aiguilles d'une montre.
Il existe une autre prise pour le massage de l'intestin grêle : le médecin
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Fig. 579. — Friction du côlon descendant.
Massage de l'abdomen.
Fig. 380. — Grande prise.
place ses deux mains, l'une au-dessus de l'autre, au milieu de l'abdomen, la face palmaire maintenue un peu concave pour bien contenir la masse intestinale ; puis il fait décrire à ses mains un mouvement circulaire surplace: il appuie d'abord avec le talon de la main, puis successivement avec le bord radial, l'extrémité des doigts, le bord cubital, puis de nouveau le talon de la
— v main, sans que la
main, pendant ce mouvement, cesse de garder le contact avec la paroi abdominale.
Pour malaxer l'ensemble de la masse intestinale on a recours à la grande prise pour V abdomen (fig.
580). Le médecin, debout, devant le sujet couché, place ses mains un peu au-dessus de l'os iliaque et, de ce point, il descend vers le pubis en faisant de grandes frictions alternativement avec les deux mains. Ces frictions seront répétées trois ou quatre fois. Après ce mouvement, l'opérateur place de nouveau ses mains au-dessus de l'os iliaque, attire à soi toute la masse intestinale et la presse, pour ainsi dire, entre ses mains qui exécutent un mouvement de va-et-vient alternatif.
On termine par Yeffleurage du côlon; le sujet doit alors baisser, étendre les genoux ; la main gauche du médecin, partant de la fosse iliaque droite, remonte le long
du côlon ascendant ; l'effleurage se fait surtout avec le talon et le bord externe de la main. Arrivé à l'angle du côlon, on tourne la main, en dirigeant les doigts à gauche, et on continue l'effleurage sur le transverse. Sur le côlon descendant on se sert des deux mains (fig. 581); ce mouvement des deux mains n'est pas simultané, mais successif, la main gauche exécute l'effleurage sur le transverse tandis que la main droite exécute l'effleurage sur le côlon descendant, puis la main gauche exécute la même manœuvre sur le
Fig. 381. — Effleurage du côlon.
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côlon descendant: de celte façon les mouvements des deux mains se suivent et se complètent.
Pour que le traitement de l'abdomen soit tout à fait complet, on fera exécuter également au sujet quelques mouvements libres ou avec résistance, pour fortifier les muscles et activer la circulation : en général, les mouvements suivent le massage, ou bien le massage est intercalé entre deux groupes de mouvements; on le fera suivre de quelques exercices de gymnastique respiratoire (V. Gymnastique). p. DESFOSSES.
MASSAGE CHIRURGICAL— Sous ce titre sera faite l'étude : 1° du massage d'après la région anatomique, 2° des indications du massage dans les cas appartenant au domaine de la chirurgie (V. aussi Massage médical in Nouvelle P. M. C. et Kinésithérapie).
MEMBRE SUPERIEUR. — Main. — Les doigts sont massés facilement entre le pouce et l'index seul ou plusieurs doigts réunis, en allant de l'extrémité à la base et en insistant sur les tendons fléchisseurs et extenseurs. Les articulations des doigts seront massées de préférence à la face dorsale, où la synoviale s'épanouit dans les épanchements : les doigts seront donc mis en demi-flexion. On exécute alors des frictions, de l'effleurage quand les jointures sont douloureuses et du pétrissage dans les arthropathies indolores.
A la région palmaire on massera à part l'éminence thénar et l'éminence hypothénar en commençant chaque manœuvre par l'articulation métacarpophalangienne pour s'arrêter à la base du poignet, mais sans omettre de suivre la direction des fibres musculaires qui s'étalent en éventail (au moins pour l'éminence thénar) vers la région palmaire moyenne. La région moyenne exigera de l'effleurage profond pour atteindre les interosseux qui sont recouverts par l'aponévrose palmaire, et plus superficiellement les tendons fléchisseurs dans leurs gaines synoviales. La région palmaire exigera des manœuvres en général assez appuyées, vu l'épaisseur des téguments.
Le massage sera au contraire plus léger à la région dorsale où la peau est beaucoup plus fine, mais où l'on peut en revanche beaucoup mieux atteindre et suivre les tendons et les espaces interosseux.
Poignet et avant-bras. — Au point de vue musculaire, cette région se divise en deux grands groupes : les extenseurs ou muscles épicondyliens en dehors, et les fléchisseurs ou muscles épitrochléens en dedans, séparés l'un de l'autre par un sillon antérieur qui commence à la face palmaire, entre l'éminence thénar et l'éminence hypothénar, passe au poignet au côté interne du tendon du grand palmaire, et au milieu de l'avant-bras, entre le long supinateur en dehors et le grand palmaire en dedans ; cela jusqu'au pli du coude, et par un sillon postérieur (fîg. 382 et 583) qui suit le bord du cubitus depuis le poignet. Ces sillons guideront la main du masseur qui les suivra chacun, soit avec le pouce, soit avec les quatre autres doigts, et pourra ainsi saisir isolément des masses musculaires de fonctions différentes sans préjudice du massage appliqué à chaque muscle en particulier.
L1 articulation du poignet est accessible principalement à la face dorsale, où l'épanchement synovial se produit de préférence ; elle l'est également
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à la face antérieure, où comme à la face dorsale elle n'esl recouverte que par les tendons dos muscles. Elle est donc d'un accès facile, et ses ligaments, dont les latéraux sont le plus souvent déchirés en cas d'entorse, seront facilement atteints. Les affections articulaires du poignet (surtout si elles s'accompagnent d'œdème de la main) nécessitent le plus souvent, au début de chaque séance, des manipulations appliquées à la limite de la région malade, côté central, pour créer une dérivation sanguine et amorcer la résorption.
Coude et bras. — Nous retrouvons ici le sillon antérieur (fig. 382 et 385) intermusculaire de l'avant-bras, qui, en avant, franchit le pli du coude et bifurque en deux branches dont lune passe en dedans le long du biceps, entre ce muscle et le vaste interne pour gagner l'aisselle, et l'autre en dehors entre le biceps et le vaste externe dans l'interstice musculaire correspondant au brachial antérieur, pour arriver au deltoïde. Ces deux sillons séparent encore ici les fléchisseurs (biceps et brachial antérieur) des extenseurs (triceps); ils se rejoignent en haut au point où le grand pectoral vient recouvrir le biceps et n'en forment qu'un seul qui chemine entre le grand pectoral et le deltoïde. Le sillon postérieur (fig. 384 et 585), que nous avons laissé au coude, se divise à ce niveau en deux sillons qui passent chacun d'un côté de l'olécrane et tombent dans les deux sillons déjà décrits.
L' articulation du coude est très accessible en arrière et sur les côtés tandis qu'en avant de nombreux muscles empêchent de l'atteindre. Le gonflement de la synoviale se manifeste au niveau de l'insertion du triceps de chaque côté de son tendon et de chaque côté de l'olécrane, comblant les gouttières que forment l'olécrane avec les condyles.
Il est tout indiqué de pratiquer l'effleurage de l'articulation d'abord suivant les deux gouttières, de chaque côté de l'olécrane, comme si Ton voulait saisir cette saillie osseuse, puis successivement de chaque côté de l'articulation, comme si l'on saisissait en dehors le radius et le condyle humerai externe, en dedans le cubitus et le condyle interne. En cas d'entorse, c'est principalement du côté interne que se fait l'arrachement ligamentaire, non pas que ces ligaments soient plus faibles, mais parce que la chute se fait le plus souvent le bras étant.dans l'abduction.
Épaule. — La région de l'épaule présente à étudier une articulation profonde recouverte et enveloppée par le deltoïde et les muscles, plus profondément situés, qui unissent l'omoplate à l'humérus. Les trois faisceaux du deltoïde sont compris entre le sillon qui sépare le grand pectoral du deltoïde en avant, et les branches de division du sillon qui sépare au bras, côté externe, le biceps du triceps, et dont l'une en arrière suit le bord postérieur du deltoïde, tandis que les deux autres encadrent la portion moyenne du muscle et la séparent des deux autres. En suivant ces trois sillons on pourra masser isolément chacun des faisceaux deltoïdiens. L'atrophie du deltoïde, fréquente dans les affections articulaires de l'épaule, nécessite son massage précoce.
V articulation de l'épaule est peu accessible ; c'est en avant et à la partie interne du moignon de l'épaule qu'il faut rechercher les épanchemenls synoviaux et effectuer le massage. Hoffa recommande pour cela de faire
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placer la main derrière le dos du malade, ce qui détermine la rotation en dedans de la tête humorale. Inversement, en faisant placer la main sur l'épaule du côté sain on atteindra plus facilement la partie postérieure de l'articulation.
II. — MEMBRE INFÉRIEUR. — Pied. — Malgré la similitude de conformation qui existe entre la main et le pied, ce dernier est moins souvent l'objet du massage, sa différenciation fonctionnelle étant moins grande et les muscles plantaires moins facilement accessibles. A la face dorsale on pourra cependant masser les tendons des extenseurs et les espaces interosseux, selon les principes exposés à propos de la main.
Jambe et cou-de-pied. — 11 est commode ici encore de diviser les muscles de la jambe en deux régions, antérieure et poslérieure, séparées par deux sillons, dont i'un, externe (fig. 586 et 387), a son point de départ en arrière de la malléole externe et remonte jusqu'au niveau de la tête du péroné, séparant les péroniers en avant du triceps en arrière, dont l'autre (fig. 388 et 389) suit le tibia depuis la malléole interne jusqu'aux insertions du couturier, du demi-tendineux, du droit interne, séparant le jambier antérieur du soléaire et des jumeaux. On isole ainsi l'un de l'autre deux grands groupes musculaires dont l'un, en avant, comprend les fléchisseurs du pied, et l'autre en arrière les extenseurs. On peut faciliter la tâche du masseur en divisant encore le groupe antérieur, de façon à masser séparément le groupe des péroniers d'une part, et, d'autre part, le groupe que forment le tibial antérieur avec le long extenseur commun des orteils, et en massant aussi séparément le jumeau interne et le jumeau externe. Les tendons de tous ces muscles sont d'ailleurs, sauf œdème, faciles à reconnaître, à atteindre et à suivre.
L'articulation tibio-tar sienne est très accessible, n'étant recouverte que par des tendons; l'épanchement synovial s'y produit en avant, puis latéralement, sous chaque malléole, en arrière de chaque côté du tendon d'Achille. Le massage de l'articulation sera donc fait en avant par des manipulations couvrant la région d'une malléole à l'autre, et en arrière dans l'espace compris entre les malléoles et le tendon d'Achille en remontant chaque fois assez haut à la jambe.
Cuisse et genou. — Reprenons les sillons intermusculaires décrits à la jambe. Le sillon externe, au niveau du genou, chemine entre le biceps crural en arrière et le vaste externe en avant, et remonte ainsi en passant peu à peu à la face postérieure de la cuisse, où il rejoint le sillon du grand fessier (fig. 392 et 393). Le sillon interne au niveau du genou suit le muscle grand couturier entre ce muscle et le vaste interne d'abord, puis le droit antérieur, et arrive ainsi à l'épine iliaque antérieure et supérieure (fig. 590 et 591). Ces deux sillons isolent les extenseurs de la jambe en avant, des fléchisseurs et des adducteurs en arrière et en dedans. On pourra subdiviser la région postérieure en utilisant la division naturelle fournie par le creux poplité, en massant en dehors le biceps crural et en dedans le demi-tendineux, le demi-membraneux et le droit interne.
L'articulation du genou est très accessible au masseur à la partie antérieure,
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