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CLASSIFICATION DES CHAMPIGNONS PATHOGÈNES DE VŒÏL ET DE SES ANNEXES

CONIDIOSPORES

HYPHALES

THALLOSPORE*

MICROSIPHONÉS

sporophorés Aspergillus A. fumigatus.

, Sporotrichum . . . S. Beurmanni.

SPOROTRICHES { */ .. .... . ...

Verticilhum V. graphn.

Monilia M. albicans.

(Endomyces) Cryptococcus . . . C. dermatïtis.

, Trichophyton . . T. tonsurans.

ARTHROSPORES \ . , . J *oi 1 • •

/ Achorion A. Schœnleini.

. XT ,. ( N. Dassonvillei.

Nocardia wT ,

L ( N. bovis.

/ r, i • - . ti ■ (G. Israeli. (.ohnistretothnx. \ ,, ,, , . C. toersten.

Cette classification est d'ailleurs purement conventionnelle ; elle n'a aucunement la prétention d'exprimer les affinités naturelles entre les êtres qui y sont désignés, pas plus qu'elle n'est une clef dichotomique pour leur détermination; elle n'a d'autre but que de mettre un peu de clarté dans une question aussi confuse, tout en laissant le champ libre aux nouvelles décou; vertes.

Les Hyphales doivent leur nom à ce qu'elles sont formées d'hyphes, filaments mycéliens cloisonnés; les Gonidiosporés sont caractérisées par leurs spores externes, ou conidies] la reproduction chez les Thallosporées se fait par fragmentation du thalle.

1151 CE il (Mycoses oculaires).

UAspergillw fumîgatus, agent habituel de l'aspergillose pulmonaire, nous intéresse parce qu'il cause parfois une kératomycose aspergillaire ; c'est au môme titre que nous aurons à nous occuper du Vertieillium graphii découvert jadis dans une otomycose et retrouvé par Morax dans un cas d'ulcère de la cornée.

Le Sporotric/ium Beurmanni, qui a été étudié par ailleurs à propos de la sporotrichose (v. c. m.), présente plusieurs localisations oculaires palpébraies, conjonctivales, lacrymales, intra-oculaires et orbitaires dont Morax a bien fixé la symptomalologie.

Les Blastosporés, qui comprennent des champignons 1res proches parents des levures, sont les agents des blastomycoses (v. c. m.) : à coté du Cryptecoccus dermatitis — appelé aussi Zymonéma dermatitis par Gougerot — et qui cause la mycose cutanée de Gilchrist, nous y avons mis Mouilla (Oïdium, Endomyces) albicans auquel est dû le muguet et que l'on a signalé dans quelques cas de conjonctivites.

Les Teignes (v. c. m.) palpébrales dont on ne connaît que de rares observations, sans doute parce que l'attention n'a point été attirée sur ce point, sont provoquées soit par Trichophyton dont Sabouraud nous a appris à connaître les diverses variétés, soit par YAchorion Schoenleini du favus.

Les Microsiphonés à filaments très fins, non cloisonnés, sont autant des bactéries filamenteuses que de vrais champignons : certains auteurs en font des Oospora qui détermineraient des oosporoses(v. c. m.); d'autres y voient des Slreptothrix ; en tout cas, c'est dans ce groupe mal défini que rentrent les agents de l'actinomycose (v. c. m.) qui sont des Discomyces, ou mieux Nocardia bonis et Cohnistreptothrix Israelï), celui des concrétions lacrymales (Cohnistreptothrix Foersteri) et celui de la mycose conjonctivale à Nocardia Dassonrillei.

Traitement des mycoses oculaires. — Ce traitement sera local et général : nous indiquerons parla suite les diverses modalités des traitements locaux; quant au traitement général il s'adressera presque toujours aux iodures (V. Mycoses, Sporotrichose) en s'efforçant d'arriver aux doses élevées de 4 à 8 grammes par jour, dont l'efficacité est merveilleuse.

Cette efficacité du traitement des mycoses oculaires est une des raisons qui militent le plus en faveur de leur recherche : abandonnées à elles-mêmes ou confondues avec d'autres maladies chroniques telles que la syphilis ou la tuberculose, ces maladies conduiraient aux lésions les plus graves, alors qu'une thérapeutique convenable aurait pu amener une guérison rapide.

KERATOMYCOSES. — Nous savons que la plupart des cas publiés, qui sont en petit nombre, sont dus à des Aspergillos dont Y A. fumîgatus est le plus fréquent; toutefois, dans une observation à allure clinique légèrement différente, Morax a mis en évidence Vertieillium graphii.

L'infection de la cornée par ces champignons succède presque toujours à un traumatisme bénin par des matières végétales (fétu de paille, glumelle de céréale) dont on retrouvera parfois plus tard des fragments au niveau de La lésion. C'est d'abord une zone blanchâtre, limitée, qui ne tarde pas à s'ulcérer : on est alors frappé de l'aspect sec du fond de l'ulcère, à contour

Œil (Mycoses oculaires).

nellemcnl indiqué, comme si

on

était en présence d'un corps étranger

Fig. 457. — Kératomycose aspergillaire (Kayser).

un grattage un peu énergique extirpe une concrétion véritable que l'examen microscopique montre formé de filaments mycéliens ramifiés prenant le Gram (fig. 458). Dans le cas où Vertidl/ium était en cause, il y avait bien des filaments dans le frottis (fig. 459), mais on avait affaire à un ulcère recouvert par une fausse membrane humide qui se détacha aisément avec le fil de platine.

Les symptômes subjectifs sont ceux d'une affection cornéenne subaiguë avec réaction oculaire moyenne (injection périkératique, petit hypopyon, parfois légère réaction irienne). On trouve toutefois dans la littérature quelques cas de panophtalmies à A. fumigalus dont la porte d'entrée a peut-être été un ulcère mycosique de la cornée. L'évolution naturelle serait assez lente, mais la guérison est rapide après le traitement qui sera purement local : curettage de l'ulcère après instillation de cocaïne, puis cautérisation avec un collyre au nitrate d'argent à 1 pour 100 ou même au galvanocautère; collyre à l'atropine en cas de participation irienne.

Le pronostic est bénin quanta la conservation du globe qui n'a jamais été atteint, mais grave quanta la vision, parce que l'ulcère, habituellement situé au sommet de la cornée, laisse après lui un leucome central.

Le diagnostic clinique repose sur le caractère de l'ulcère dont la sécheresse fera penser à VA. fumigatus. La fausse membrane et l'humidité de l'ulcère à V . graphii pourrait en imposer pour une infection pneumococcique, tandis que la faible réaction oculaire rappellerait plutôt l'action du diplobacille de Morax : l'examen des frottis entraînera le diagnostic de kératomycose (fig. * 459) ; parfois même le feutrage mycélien montrera in situ des conidiophores permettant une détermination immédiate de YAspergillus (fig. 4H0) (Zade); plus généralement, il faudra recourir à la culture et faire déterminer par un spécialiste ; les milieux de Sabouraud et le liquide de Raulin sont les milieux de choix, mais il faut se méfier des contaminations fréquentes par des Aspergillus saprophytes.

Fig. 458. — Kératite aspergillaire. Feutrage formé par le mvcélium A' Aspergillus fumigatus au niveau de la cornée (Uhthoff et Axenfeld).

LOCALISATIONS OCULAIRES DE LA SPOROTRICHOSE. — La sporotrichose oculaire peut être primitive — ainsi que l'a démontré une infection de labo-

1 loi

Œil (Mycoses oculaires),

ratôire où la porte d'entrée fut la conjonctive apparemment saine — ou secondaire : il ne faut donc jamais négliger L'examen général du sujet que l'on pourrait trouver porteur d'autres lésions de même origine. Ses mani-

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