‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 5)Chapitre 130 sur 299 · Peau (Thérapeutique dermatologique · texte numérisé non relu

Peau (Thérapeutique dermatologique

Les eaux bicarbonatées sadiques ont pour types Vichy et Vais : employées comme modificateurs généraux de l'état arthritique, elles sont moins étudiées dans leurs effets dermatothérapiques. Les eaux bicarbonatées calciques et mixtes (Alet, Saint-Albari, Lamalou, Pougues, Sail-les-Bains), avec des propriétés analogues, sonl moins irritantes localement et plus adaptées aux traitements des eczémas. Quant aux eaux bicarbonatées sulfatées (Contrexé ville, Yillel, Ussat), elles sonl également appropriées au traitement interne de la goutte plutôt qu'au traitement local des dermatoses.

Les eaux sulfatées calciques (Aulus, Bagnères-de-Bigorre, Gapvern, Louèche) rendent de grands services dans les dermatoses rebelles des arthritiques névropathes. La névropathie est encore heureusement combattue par les eaux indéterminées thermales simple* (Néris, Plombières. Bain. Schlangenbad, Wildbad, Ragatz, Gastein). Les eaux ferrugineuses ne sont pas souvent indiquées dans les maladies de la peau (anémie). Les eaux fèrrocuivreuses de Saint-Ghristau triomphent dans les eczémas, les séborrhéides eczématisées ou impétigineuses, le lichen plan et les lichénifications (douche filiforme), la séborrhée, les acnés et surtout les leucoplasies muqueuses.

Enfin, les eaux de la Bourboule, grâce à leur minéralisation exceptionnelles (chlorurées-bicarbonatées-arsenicales) remplissent des indications multiples, surtout envers les constitutions à la fois arthritiques et lymphatiques : dermatoses sèches kératosiques, dermatites polymorphes douloureuses, lèpre, lichens, prurigos, eczémas, séborrhéides. lichénifications circonscrites (douche filiforme), etc.

Signalons, pour terminer, les bains de boites minérales (Dax, Barbottan, Saint-Amand. Bourbonne), d'ailleurs peu employés en France contre les dermatoses.

Cette énumération schématique est forcément très insuffisante : pour chaque cas. le médecin devra étudier son malade, dont le tempérament, les réactions plus ou moins vives lui serviront de guide. L'effet de la cure ne dépend d'ailleurs pas seulement du choix de la station, et la direction du traitement par un spécialiste compétent entre pour beaucoup dans sa valeur.

II. — LE TRAITEMENT LOCAL DES DERMATOSES. — Malgré tout, les facilités qu'offrent à l'attaque directe les lésions cutanées, ont toujours valu à leur traitement externe et local la première place dans la thérapeutique spéciale. Innombrables sont les moyens dont il dispose. On peut les classer. — faisant abstraction de leurs effets en réalité complexes, — en mécaniques, physiques et chimiques : ce dernier terme s'appliquant, d'ailleurs assez improprement, aux pansements et topiques médicamenteux.

A) Les moyens mécaniques comprennent avant tout ceux qui constituent la chirurgie dermatologique. Nombre de lésions (tumeurs, lupus) sont justiciables du bistouri: d'autres du raclage à la curette, soit superficiel (grattage, rugination) soit plus ou moins profond [curettage proprement dit); les collections (abcès, furoncles) le sont de la ponction ou de Yincision.

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Ces modes d'exérèse ou d'évacuation sont ceux qu'emploie la chirurgie el ne demandent pas de description d'ensemble; les détails spéciaux se trouvent dans les articles consacrés aux affections qui y rassortissent.

Les scarifications ont été l'objet d'un chapitre spécial (v. C. m.. Nouv.

P. M.C., t. VII).

Vépilation est indiquée dans certaines affections du cuir chevelu. Elle se fait le plus souvent avec une pince spéciale (V. Teignes, Nouv. P. M. C,

t. VIII).

Parmi les procédés mécaniques, il faut encore signaler le massage (v. c. m., t. V, — et Massage en Dermatologie, supplém.).

B) Agents physiques. — C'est là une des conquêtes les plus récentes de la thérapeutique; qui prend en dermatologie une place de plus en plus grande et tend à supplanter les vieilles méthodes dans nombre d'affections. Ils mériteraient donc, de ce fait, des développements étendus. Mais justement en raison de leur importance, des instruments et des connaissances qu'ils exigent, ces agents sont devenus eux-mêmes l'objet d'une véritable spécialité. Des notions forcément succinctes et trop incomplètes ne seraient d'aucune utilité. Nous devrons donc nous contenter d'énumérer rapidement les différents moyens en question, avec leurs principales indications; renvoyant d'ailleurs pour le reste aux chapitres où se trouvent plus de

détails.

1° Chaleur. — Même en laissant de côté son emploi purement médical sous forme de topiques (cataplasmes, compresses, etc) ou d'eau chaude, la chaleur trouve en dermatologie des applications sans nombre. La cautérisation ignée y est d'un usage journalier. Elle se pratique le plus souvent à l'aide du galvano-cautère. Le thermo-cautère est utile pour les destructions d'une certaine importance; il comporte d'ailleurs des pointes fines el même très fines (micro-cautère d'Urma) pour les traitements dermatologiques. Signalons le procédé d'Audry pour le chancre mou, consistant à faire agir le thermo-cautère sans contact, par rayonnement, de façon à chauffer ces lésions de plus ou moins près, à les rôtir en quelque sorte pour détruire leur virulence. La cautérisation ignée ne sert pas qu'à détruire directement les lésions : les cautérisations ponctuées font partie de la méthode sclérosante, au même litre que les scarifications.

Les douches d'air surchauffé constituent un procédé plus nouveau de traitement thermique : un chapitre leur est consacré dans ce volume (V. Air chaud en Dermatologie).

c2° Froid. — En dehors de quelques cas exceptionnels, comme les applications de glace conseillées par Kaposi dans l'érysipèle, le charbon, etc., le froid ne servait guère en dermatologie que comme anesthésique : c est un sujet qui a été traité ailleurs. (V. Anesthésie, Nouv. P. M. C, t. I).

Dans ces derniers temps, un nouveau mode d'utilisation des basses températures s'est imposé à l'attention des spécialistes : c'est le crayon a" acide carbonique neigeux. Il est également l'objet d'un chapitre spécial. (\ . Acide

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