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CARBONIQUE SOLIDE

5° Lumière. — Les médications fondées sur l'emploi de la lumière sont multiples. Nous ne ferons que signaler les bains de lumière colorée :

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lumière rouge dans la variole, dans certains eczémas (\V. Winternitz), lumière verte dans certains prurits rebelles (?) etc. La véritable photothérapie dermatologique est celle qui conslitne la méthode de Finsen, et c'esl dans le lupus qu'elle trouve sa principale application. (V. Photothérapie, Nouv. P. M. C, t. VI. — Lupus, ibid., t. V).

A côté des grands appareils à arc, dérivés de celui de Finsen et qui exigent une intensité électrique considérable (20 ampères pour le Finsen- Reyn), il existe de petits appareils beaucoup plus maniables, où la source lumineuse est une lampe en quartz à vapeurs de mercure (lampe de Kromayer) dont le rayonnement est extrêmement riche en rayons chimiques : ils ne nécessitent que i ampères, irradient une surface plus considérable et permettent, moyennant des dispositifs spéciaux, d'atteindre les muqueuses des cavités. Pour obtenir une action en profondeur, on applique la fenêtre de la lampe sur la peau comme le compresseur de Finsen : on traite ainsi le lupus (1/4 à 5/4 d'heure), le lupus érythémateux (1 minute à 1/2 heure), le cancroïde (1/2 heure à 1 heure), les naevi vasculaires (kl.), les télangiectasies diverses (5 minutes à 1/2 heure), l'acné, les ulcères (id.). En écartant la lampe à 10 centimètres ou plus, pour n'avoir qu'une action superficielle, on peut faire des séances de 5 à 15 minutes, sur les alopécies, pityriasis, prurits, vitiligos, eczémas, furoncles, lupus érythémateux, folliculites, ulcères. Des compresseurs spéciaux permettent d'irradier les muqueuses nasale, buccale, vaginale, rectale. Ces appareils sont extrêmement intéressants, mais il n'est pas encore prouvé que, dans le cas particulier du lupus tuberculeux, leur action soit aussi sûre que celle du Finsen.

4° Électricité. — Presque tous les modes d'électrisation trouvent leur emploi en dermatologie. Pourtant, les courants faradiques et sinusoïdaux ne sont guère usités que sous forme de bains hydroélectriques : le bain électrique à courant alternatif sinusoïdal calme souvent le prurit (prurits essentiels, eczémas prurigineux, urticaires chroniques, etc.) alors que les autres moyens ont échoué (Brocq).

Les courants galvaniques proprement dits ne servent guère que par leur action sur le système nerveux, comme dans certains cas de vitiligo, de sclérodermie. En revanche, leur action chimique est très fréquemment mise à profit {Électrolyse). L'électrolyse est dite bipolaire lorsque l'on plonge en même temps dans les tissus morbides des aiguilles reliées au pôle positif et des aiguilles reliées au pôle négatif. On peut agir, suivant les régions, avec des courants de c2 à 10 milliampères. L'action du pôle négatif étant plus rapide et plus destructrice, Brocq conseille d'introduire d'abord l'aiguille positive, qu'on laisse en place, tandis qu'avec l'autre on fait autour d'elle une série de piqûres disposées en cercle. Lorsque l'aiguille positive a suffisamment agi, on la replace plus loin et l'on recommence de même. Il faut toujours avoir soin d'espacer les piqûres suffisamment pour ne pas déterminer de1 grandes eschares.

Dans l'électrolyse unipolaire, un seul pôle agit directement sur les points traités; l'autre électrode, dite indifférente, est représentée par une large plaque ûxée sur la peau ;i une certaine distance, ou par une poignée que tienl l'opéré. La façon de procéder a été décrite à propos du traitemenl

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de l'hypertrichose (V. Poils : hypertrichose, Nouv. P. M. C, t. VI) qui est l'application la plus fréquente de l'électrolyse. G'esl le pôle négatif qu 'on Tait agir dans ce cas : il en est ainsi chaque fois que l'on recherche une action destructive, ce pôle déterminant une eschare molle el volumineuse. Il est prudent alors, si Ton no veut causer des cicatrices inesthétiques, d'employer des courants d'intensité très minimes (1 à 5 milliampères pendant quelques secondes, suivant la grosseur des poils, par exemple). Brocq croit prudent (\^ né dépasser en aucun cas 10 milliampères. Le pôle positif, au contraire, ne détermine qu'une eschare petite et sèche. Ses effets coagulants sont recherchés, par exemple, dans le traitement des tumeurs érectiles. On peut, avec lui, faire monter graduellement l'intensité jusqu'à 20 ou 30 milliampères; le temps de passage du courant varie suivant l'importance des lésions, — 2 à 5 minutes pour de petits nsevi, 5 à 10 pour de grands angiomes, — mais aussi suivant l'intensité employée, un courant faible produisant le même effet qu'un plus fort s'il agit plus longtemps.

Les indications de ces divers modes d'électrolyse sont les suivantes, d'après Brocq : Yélectrolyse bipolaire a été surtout recommandée dans les nœvi vasculaires ; elle serait supérieure aux autres procédés, dans les naevi vasculaires plans ou légèrement turgescents, dans les naevi profonds; on peut l'employer dans les nœvi stellaires, puis dans les télangïectasies, les chéloïdes, les sclérodermies en plaques. — L'électrolyse unipolaire négative est la méthode de choix pour la destruction des poils; elle l'est aussi dans les petits nœvi stellaires, les télangiectasies, les angiokéra tomes, les nœvi pileux ou hyperlrophiques; elle est à recommander dans les nœvi pigmentaires, les acnés hyperlrophiques, les hidradénomes, les verrues, la kératose pilaire; puis dans les sclérodermies circonscrites et les kéloïdes. - L'électrolyse unipolaire positive est employée surtout dans les naevi vasculaires, particulièrement s'ils ont tendance à devenir des tumeurs érectiles.

Signalons pour mémoire la scarification électroly tique de Vasticar (V. Scarifications, Nouv. P. M. C, t. VII); Yélectrolyse médicamenteuse (Foveau de Çourmelles, G. Gautier) pratiquée à l'aide d'aiguilles positives oxydables, ou après injection d'une solution que le courant décompose ; enfin la cataphorèse ou introduction dans les tissus, grâce au courant, de principes médicamenteux dont une solution imbibe l'électrode positive.

L'électricité statique (Franklinisation) (V. Électrothérapie, Nouv. P. M. C, t. III) a perdu un peu de son importance en dermatologie depuis l'avènement de la radiothérapie. Sous forme de bains statiques et d'effluves, elle a donné des résultats dans les prurits, avec ou sans lichénisation, dans l'urticaire nerveuse, dans certains eczémas prurigineux arthritiques à poussées brusques (Brocq). Fleig a obtenu de l'effluvation des résultats intéressants, dans les plaies chroniques, ulcères variqueux, tuberculoses cutanées, brûlures, ainsi que dans les radiodermites aiguës ou chroniques.

Les courants de haute fréquence (v. ubi supr.)., appliqués sous forme ai autoconduction dans le grand solénoïde de d'Arsonval, agissent surtout comme modificateurs des échanges : d'où leur succès dans certains prurits généralisés, avec ou sans lésions visibles. L'effluvation mono- ou bipolaire,

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avec ou sans production d'étincelles, a une action locale révulsive el analgésiante. Elle est indiquée clans les prurits localisés, les prurigos, les névrodermites circonscrites avec lichénification ou eczématisation, dans le lichen plan; dans certains eczémas; puis dans le zona. Elle accélère la réparation des plaies a loues, des ulcères de diverses natures, des maux perforants, des onvxis. On l'emploie encore contre la pelade, l'acroasphyxie, la sclérodermie. Enfin elle constitue une méthode de choix pour le traitement du lupus érythémateux, plus particulièrement de ses formes superficielles Y. Lupus érythémateux. Nouv. P. M. C, t. V).

5° Rayons X . — Les rayons de Rôntgen prennent dans la thérapeutique cutanée une place sans cesse croissante. On trouvera aux articles Radio- Diagnostic et Radiothérapie les notions générales les concernant: leur application particulière aux diverses espèces morbides a été étudiée avec celles-ci (Voir notamment : Peau : tumeurs, ibkl. t. VI ; Lupus et Lupus érythémateux, t. V: Teignes, t. VIII, etc.). On peut dire qu'on les emploie actuellement, avec plus ou moins de succès, contre toutes les dermatoses. Rappelons donc seulement leurs principales indications : au premier rang, les tumeurs malignes et en particulier l'épi théliome, puis le mycosis fongoïde, la leucémie, les sarcomes, lympho-sarcomes et lymphadénomes ; ensuite les tuberculoses cutanées, tuberculose verruqueuse, lupus, lupus érythémateux; les kératomes séniles, les verrues, les chéloïdes, les nsevi, les lymphangiomes; les teignes, une des applications très importantes; le sycosis, l'acné rebelle; certains eczémas et psoriasis rebelles, le lichen plan, le lichen simplex et toutes les formes de prurit.

6° Radium. — Le radium, lui aussi, est employé contre des affections de plus en plus nombreuses : citons le cancer, les chéloïdes et les cicatrices vicieuses; les naevi, pour lesquels il constitue un traitement de choix; la tuberculose cutanée et muqueuse; le prurit (V. Radiumthérapie, Nouv. P. M. C, t. VII; N.uvus, ibid, t. V; Peau : Tumeurs, ibid, t. VI; etc.).

C) Agents médicamenteux. — En dépit du rôle grandissant dévolu aux méthodes qui viennent d'être exposées, les agents médicamenteux proprement dits, pansements et topiques divers, restent l'arme ordinaire du dermatologïste, celle que le praticien est chaque jour appelé à manier lui-même et qu'il doit par suite connaître à fond. Si nous ne les désignons pas, par opposition aux deux classes précédentes, sous le nom de moyens chimiques qu'ils méritent jusqu'à un certain point, c'est qu'un pareil terme, totalement inexact pour nombre d'entre eux, le serait en partie pour les autres. en ce qu'il exprimerait d'une façon par trop incomplète leur mode d'action sur la peau. Celui-ci dépend évidemment, pour une grande part, de propriétés chimiques ; mais, sans parler d'un élément mécanique (protection, compression, etc.), qui se comprend par lui-même, les qualités physiques des substances employées ne sont pas sans l'influencer notablement. De tous ces éléments, d'ailleurs, la valeur relative varie, suivant l'espèce, dans la mesure la plus large.

1° L'importance de Y état physique des topiques, c'est-à-dire, en somme, de leur forme pharmaceutique et du choix de leurs excipients, n été particulièrement mise en évidence par les travaux d'Unna et de son école. « Pour lui,

le fait fondamental consiste ep ceci : certains excipients H certaines formes pharmaceutiques permettent à la perspiration ou à l'éyaporation cutanée de se faire autant qu'à l'état normal et la favorisent même dans une certaine mesure; d'autres s'y opposent el apportenl à celte fonction un obstacle plus ou moins insurmontable, (/est par le mécanisme de l'évaporation cutanée que se fait la déperdition du calorique à la surface des téguments et il est évident que les modifications de cette évaporation doivent retentir sur la température locale. La grande majorité des affections cutanées étant inflammatoires, les applications imperméables, faites sur des surfaces dont la température locale est accrue, ont pour effet de les échauffer; celles au contraire qui stimulent l'évaporation, rafraîchissent la surface et calment l'inflammation. En revanche, les premières ont une action pénétrante el profondément modificatrice; tandis que l'effet des secondes est exclusivement superficiel et palliatif (Darier, préface de la traduction de Leistikow).

2° Pour ce qui est de Y action chimique, il est à peine besoin d'indiquer qu'en elle réside la caractéristique principale de chaque substance médicamenteuse particulière. A peu près nulle parfois (corps inertes), ou saisissable seulement par sa résultante physiologique (anest/iésiques, antiprurigineux), ou encore s'adressant moins à la peau qu'à ses hôtes palhogènes (parasiticides, antiseptiques), elle peut au contraire se montrer assez brutale pour désorganiser immédiatement les tissus (caustiques) : ainsi se comportent les bases ou acides forts, certains sels métalliques, des substances organiques, et l'on trouve dans le nombre des réducteurs, aussi bien que des oxydants (acide nitrique), des déshydratants (acide sulfurique), etc., etc. C'est dire que l'intensité de la réaclion prime ici sa nature. Dilués, les mêmes corps, ainsi que d'autres moins énergiques, modifient la peau chacun à sa façon; s'attaquant d'abord à l'épiderme corné, que certains ramollissent ou expolient d'une façon plus -marquée (kératoly tiques) , contrairement à d'autres qui au contraire favorisent sa formation (kératojilastiques); déterminant dans les couches sous-jacentes des réactions inflammatoires {irrita iits) dont les effets visibles vont de la simple vaso-dilatation (rubéfiants) à l'exsudation qui soulève l'épiderme (vésicants) et même à l'escharification : le temps de contact entrant aussi en ligne de compte; il en est qui coagulent l'albumine, notamment sur les surfaces suintantes (desséchants), resserrent les vaisseaux et rétractent les tissus {astringents). Bien entendu, toutes ces propriétés, rarement isolées, se combinent en mille proportions et devraient être étudiées à part pour chaque substance. 11 s'en faut de beaucoup que celle étude ait été poussée à fond; dans la plupart des cas, ce qu'on sait des effets de tel ou tel médicament est purement empirique.

Un grand nombre des médicaments employés comme modificateurs de la peau, présentent à des degrés divers un même caractère chimique ; ce sont des corps avides d'oxygène. Ces réducteurs, d'après Unna, — car c'est encore à lui que l'on doit ces notions, — agiraient par soustraction d'oxygène à la couche cornée, favorisant ainsi la kéralinisation, — jusqu'au moment où cette couche se « clive » en deux feuillets, — déterminant dans le derme un rétrécissement des vaisseaux et une rétraction des cellules,

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d'où décongestion el sédation dos symptômes inflammatoires. Ainsi, leur action chimique expliquerait toutes leurs propriétés. En fait, à faible dose, ils sont kératoplastiques, antiseptiques, décongestionnants, antiprurigineux; leur action s'exagère-t-elle, ils deviennent exfoliants et très irritants. Au groupe des réducteurs forts appartiennent l'acide chrysophanique. l'acide pyrogallique, la résorcine, les goudrons; à celui des réducteurs faibles, i'ichtyol, le thiol, le luménol, le soufre et les sels de mercure.

Formes médicamenteuses usitées en dermatologie. Excipients. — 1° Topiques liquides. — Parmi les nombreux liquides utilisés en dermatologie, soit pour eux-mêmes, soit pour les substances dont ils sont le véhicule, l'eau est sans contredit le plus précieux. Elle permet à elle seule d'obtenir les effets les plus variés. Comme agent de détersion, il serait oiseux de rappeler son emploi quotidien : elle dissout, ramollit ou entraîne les résidus de la sueur, les croûtes, les impuretés diverses el empêche les sécrétions de se concréter. Laissée un temps suffisant en contact avec l'épidémie corné, elle le macère, gonfle ses cellules, augmente sa perméabilité. Par son évaporation, elle a un effet rafraîchissant el décongestionnant, indépendamment de sa température propre. Celle-ci règle son action vaso-motrice : dilatant les vaisseaux si elle est tiède ou modérément chaude, elle les contracte lorsqu'elle est froide ou très chaude. L'eau brûlante est un des meilleurs vaso-constricteurs connus; elle est de plus un antiprurigineux de premier ordre.

Il est utile, pour la plupart des usages médicaux, que l'eau soit filtrée el stérilisée par un moyen quelconque : l'ébullition en est un simple et efficace; suffisamment prolongée, elle précipite en outre des sels calcaires irritants. Désire-t-on un liquide moins offensant encore, on a recours à l'eau de pluie bouillie, à certaines eaux minérales douces (Plombières, Schlangenbad, Néris), à la solution physiologique de sel marin (autour de 7 ou X pour 1000), aux infusions ou décoctions de plantes émollientes (sureau, guimauve, graine de lin, pavot, son, amidon, etc.).

L'eau dissout un nombre considérable de substances actives, dont nous ne saurions songer à donner même un aperçu. Elle permet de les faire agir sous une forme très simple et dont on peut à volonté graduer l'activité. Parmi celles qui ne sont pas solubles, beaucoup peuvent encore être émulsionnées ou mises en suspension dans l'eau, et servir alors comme de véritables solutions : tels les goudrons, moyennant l'addition de savon noir, de saponine ou de préparations de quillaya. Dans ces dernières années, grâce à un excipient spécial qu'il a dénommé opalol, Calliat est parvenu à maintenir en dissolution dans des préparations aqueuses les divers goudrons (coaltar, goudron végétal, huile de cade), I'ichtyol, les baumes ou résines. Le type de corps insoluble en suspension dans l'eau est fourni par la lotion soufrée (Y. Séborrhée, Nouv. P. M. C, t. VII) : elle laisse sur la peau, en s'évaporant, une légère couche de soufre, et agit en fin de compte à la façon d'une poudre, mais plus adhésive. plus pénétrante et appliquée avec plus de précision.

Les liquides volatils, grâce à la perméabilité di' 1 épidémie pour les vapeurs, mais surtout à leur pouvoir dissolvant vis-à-vis de la graisse épi-

V" I». M. C. - S. pim. 7s

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dermique, donnenl des préparations beaucoup plus pénétrantes que les solutions aqueuses et d'un pouvoir détersif 1res grand. Malheureusement leurs propriétés irritantes en restreignent l'emploi.

Le plus important est, sans contredit, V alcool élhylique; soit sous forme d'alcool fort (95 ou 90°) ou faible (60°), soit sous celle d'eau-de-vic, d'eau de Cologne, etc. Excitant, antiseptique, il est miscible en toutes proportions à l'eau, à l'éther et aux autres liquides volatils, à la glycérine. Il dissout un nombre énorme de substances : citons seulement l'iode, le brome, les acides, les alcalis minéraux et organiques, divers sels, les matières grasses et résineuses, les huiles volatiles. Aussi est-il la base de préparations multiples.

Beaucoup meilleur dissolvant pour les graisses, ïét/ter sulfurtqwe est plus volatil el plus inflammable. L'acétone, commode par sa miscibilité à tous les liquides, rend les mêmes services. L'éther de pétrole, très inflammable lui aussi, dégraisse très bien les cheveux sans les délustrer. Le i<>t m chlorure de carbone est également un bon dégraissant. Signalons encore le chloroforme, la benzine, le sulfure de carbone précieux par sa propriété de dissoudre le soufre, mais irritant et d'une combustibilité dangereuse.

Nombre d'autres liquides sont encore employés : le pétrole, le xylol. antiparasilicides; les liquides épais, onctueux. — huiles, glycérine, — que nous retrouverons à propos des corps gras. Rappelons enfin que certains solides, par leur mélange, donnent des mixtures liquides (salol, naphtol el phénol camphrés).

Mode d'emploi des médicaments liquides. — De tous les modes d'emploi des liquides, le plus banal est la lotion, au moyen de tampons d'ouate imbibés et ne servant qu'une fois. Sur les surfaces dénudées ou enflammées, il est nécessaire de procéder très doucement, en tamponnant sans frotter. Dans d'autres cas, au contraire, on exerce une friction plus ou moins rude, faite même à la brosse. Le premier but visé est en général la détersion des surfaces lavées. Suivant les cas, l'eau simple y suffit, ou bien on l'additionne de substances qui dissolvent ou saponifient les graisses (savons, alcalins, préparations de quillaya, mixture de Jackson : 5 jaunes d'oeufs battus dans 500 gr. d'eau de chaux) ou même on la remplace par des liquides dégraissants (alcool, éther, etc.), purs, mêlés entre eux ou étendus d'eau.

La température de la lotion, nous l'avons vu, a aussi son importance ; tempérées, les lotions aqueuses ont. par leur évaporation, un effet rafraîchissant et décongestionnant.

Enfin, la lotion peut être additionnée de substances médicamenteuses actives, sans rien perdre de ses qualités physiques, auxquelles elle doit d'être un mode d'administration peu offensant pour les téguments, mais aussi d'une énergie moindre que certains autres. Les lotions faites à grande eau, visant surtout l'effet détersif, comportent le plus souvent des doses faibles ou médiocres, que l'on force plutôt lorsque l'on opère sur des surfaces restreintes et avec peu de liquide. Suivant la nature, l'étendue et le siège des lésions traitées, les chiffres à indiquer varient de tout au tout : on ne peut donc donner que des indications générales à réviser pour chaque cas particulier. Par leur nature même, les lotions aqueuses se prêtent aux

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applications émollientes et calmantes. On emploie ainsi, banalement, les infusions et décoctions indiquées pins haut; celles de camomille, de racine d'aunée, de quinquina, décorée de chêne, de feuille de noyer, ont en outre un effet pins on moins astringent, qu'on obtient encore avec du tanin en nature (5 pour 100), un peu d'eau blanche, de la liqueur de Burord (apétate d'alumine (10 ou 20 pour 100); on augmente l'effet rafraîchissant et dégraissant au moyen des alcalins (bicarbonate de soude, 1 à 5 gr. par litre: carbonate de soude, carbonate de potasse, plus irritant et kératoly tique; eau de chaux): contre les lésions infectées, on emploie toute la gamme des antiseptiques, forts ou faibles, suivant les cas (acide borique, boricine, phénol, résorcine, eau oxygénée, solution iodo-iodurée, mercuriaux, micridine, formol, lusoforme, aniodol, eau d'Alibour, liqueur de Labarraque, etc.) et dont on a d'ailleurs souvent abusé. La plupart de ces additions, surtout à l'eau brûlante, sont aussi utiles contre le prurit, mais surtout l'acide phénique (1 à 5 pour 100), le vinaigre, l'hydrate de chloral (2 à 4 pour 100), l'infusion de feuilles de coca (10 à 20 gr.), la macération de guaco (nisaméline) (10 à 20 pour 100), etc. Signalons encore les lotions décolorantes : vinaigre, jus de citron, acide chlorhydrique très étendu (10 à 15 pour 1000). sublimé, lait antéphélique :

Sublimé corrosif 3 grammes.

Oxyde de plomb hydraté 50 —

Eau saturée de camphre Q. S. pour 1 litre.

S'emploie étendu d'eau. (Cerbelai d.)

Les lotions se prêtent moins à la mise en œuvre des réducteurs; on y incorpore pourtant les goudrons émulsionnés (coaltar saponiné), les sulfureux, l'ichtyol. Des lotions comme les suivantes servent surtout pour le cuir chevelu :

Teinture de quillava 20 grammes.

Huile de cade 2 —

Eau chaude 75

(Sabouraud.)

Sulfure de potasse 1 gramme.

Eau distillée 500 grammes.

Teinture de benjoin 1 gramme.

(Sabouraud.)

D'une façon générale, pour agir sur le cuir chevelu, il est préférable d'employer les solvants des graisses (alcool, éther, etc.) (V. Alopécies. Xfjuv. P. M. ('.. t. I).

Enfin, les lotions parasiticides sont classiques (V. Phtiriase, ibid., t. VI).

Les solutions fortes, les médicaments très actifs, s'appliquent plutôt en attouchements ou en badigeonnages portant sur des surfaces bien limitées. On les fait soit au pinceau, soit avec de petits tampons d'ouate montés sur bâtonnets et qui oui l'avantage de ne servir qu'une fois. Ainsi s'emploient, par exemple, des andsrptiqtcex forts : teinture d'iode 4C\C\ p. e.), glycérine phéniquée (1/50), acétone iodé (1 à 3/10), naphtol camphré (2/1), phénol camphré ââ p. e.), salol camphré (3/2) :

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Mixture composée, pour ulcérations tuberculeuses :

'"'.""'V i âa 2 grammes.

Gaïacol )

[odoforme 5 —

Nfaphtol camphré 20

Kl lier offîc

Huile stérilisée )

(Darier.)

des décapants ou kératolytiques comme la mixture exfoliante de Darier :

Teinture de savon de potasse au 1/5 40 grammes.

Résorcine ) » JA

v • • -v • > aa 10 —

bouire précipite .....)

des réducteurs :

Ichtyol 6 grammes.

Alcool à 90° J ââ 30

Éther sulfurique )

des excitants et rubéfiants (V. Pelade, Nouv. P. M. C, t. VI); enfin des caustiques : acide nitrique, acide chromique (1 pour 5), acide lactique, phénol pur liquéfié par la chaleur, chlorure de zinc, nitrate d'argent fort, nitrate acide de mercure, etc.

Les pulvérisations sont un excellent moyen de détersion et de désinfection; leur effet antiphlogistique est souvent précieux. On les fait soit au moyen de pulvérisateurs à main, assez peu pratiques pour une séance prolongée, soit au moyen de pulvérisateurs à vapeur que l'on trouve actuellement dans le commerce à des prix très modérés. Les séances durent de dix à vingt minutes. Le liquide doit être tiède : c'est, selon les cas, de l'eau pure, ou l'une des infusions ou décoctions citées plus haut, ou une solution faiblement antiseptique ou astringente.

Les bains ont été étudiés ailleurs (V. Bains, Bains médicinaux, Nouv. P. M. C, t. I). D'un usage banal en dermatologie, ils ne sont pas sans inconvénients lorsqu'on les applique mal à propos. « Dans mainte occasion, dit Darier, nous avons pu constater que des bains tièdes, même bien donnés, ce qui n'est pas toujours le cas, avaient fait plus de mal que de bien. Ils sont dangereux dans la furonculose, l'impétigo, l'ecthyma, les staphylococcies et les lésions auto-inoculables en général; ils sont nuisibles dans beaucoup d'eczémas, de dermites suintantes; ils le sont surtout dans un grand nombre d'éruptions chez les enfants, où l'on peut voir la suppression du bain banal et son remplacement par des lotions aseptiquement faites, suffire à amener la guérison de dermopathies interminables. » Pourtant les bains au sulfate de zinc (V. Folliculites, Nouv. P. M. C, t. III) désinfectent remarquablement certaines peaux. Aux bains médicamenteux indiqués dans l'article cité, nous en ajouterons seulement quelques-uns. Les bains de goudrons sont conseillés par Lassar : il fait prendre un bain d'une demi-heure à plusieurs heures, après avoir enduit le malade d'une mixture à l'huile de cade ou de bouleau, que Leistikow remplace par :

Coaltar 5 parties.

Alcool à 95° 2 —

Éther suif. 1 partie.

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Le bain cadique de Balzer se prépare ainsi : on délave un jaune d'oeuf au mortier, on y ajoute lentement 50 gr. d'huile de rade, quantité suffisante d'extrait de quillaya et 250 gr. d'eau distillée; le mélange est mis dans le bain (psoriasis). Ch. du Bois et Oltramare ont employé des bains courts- ou prolongés, contenant de 250 à 500 gr. d'ichtyol. Les bains vinaigrés (1 i ou 1/2 litre p. 5 1. d'eau) s'emploient surtout comme bains locaux; de même les bains tanniques (250 à 1000 gr. de décoction d'écorce de chêne pour 5 ou 10 1.), les bains d'encre d'Unna (5 parties de tannin pour 2 de sulfate de protoxyde de fer). Les bains prolongés sont utiles dans certains cas : à Louèche, les psoriasiques restent dans l'eau minérale plusieurs heures par jour. Comme bains locaux antiphlogistiques et désinfectants, les bains prolongés simples ou légèrement antiseptiques sont de pratique courante. Dans les grandes dermatoses huileuses ou exfoliatives, Hebra a préconisé le bain continu, prolongé pendant des semaines, grâce à une installation spéciale.

Les douches appartiennent plutôt à la médication générale; la douche locale s'emploie pourtant dans les stations thermales. Veyrières a récemment préconisé la douche filiforme qu'il donne avec l'eau de la Bourboule, chaude (45°), et à haute pression (5 atmosphères). — On peut faire varier celle-ci et la température. Le jet, de diamètre allant de 1/4 de mm. à 1 mm. est dirigé perpendiculairement sur le point à traiter, pendant un temps plus ou moins long. Des résultats remarquables ont été obtenus, notamment dans les télangectasies (couperose, kératose pilaire), les prurits localisés et les névrodermites, certains léchiens, une sclérodermie en plaque, des lupus érythémateux torpides, du psoriasis léchémifiés et parapsoriasis. Les bains et douches de vapeur n'ont que des applications limitées, comme décapants (V. Hydrothérapie, Nouv. P. M. C, t. IV, et Thermothérapie, ibid., t. VIII).

Beaucoup plus importants sont les différents modes (ï enveloppement humide, qui représentent jusqu'à un certain point des formes de bains locaux.

U occlusion caoutchoutée directe, imaginée par Colson (de Beauvais), vulgarisée par Besnier, Tenneson et l'École de Saint-Louis, réalise l'imbibition cutanée en retenant les sécrétions. On la pratique au moyen de feuilles de caoutchouc minces, ou de toiles imperméables, taillées exactement sur le patron des lésions; elles doivent être tenues dans un état d'extrême propreté; on les renouvelle dès qu'il s'est produit au-dessous d'elles un suintement abondant et que le prurit renaît : il faut alors laver rapidement la région traitée et la recouvrir immédiatement, sans lui laisser le temps de sécher, d'une autre feuille propre et sèche. Appliqué correctement et bien surveillé, ce procédé donne d'excellents résultats dans certains eczéma-: mais il est dangereux s'il y a suppuration ou infection, si les soins nécessaires ne sont pas pris. On lui préfère aujourd'hui le pansement humide ou plus exactement pansement moite, plus facile à tenir propre, et à qui ses propriétés détersives et antiphlogistiques ont donné un rôle de tout premier ordre dans le traitement des maladies de la peau. Il s'exécute au moyen de morceaux de lint, ou de tarlatane préalablement bouillie pour la débarrasser

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de l'apprêt; on les plie en s ou II» doubles, <il on les I rompe dans l'eau bouillie ou dans une infusion émolliente dont elles s'imbibent; on les exprime alors fortement, de façon qu'elles soient moites plutôt que ruisselantes, pour les appliquer sur les parties malades; on les recouvre enfin d'un taffetas chiffon ou d'un tissu imperméable quelconque, le tout maintenu avec une bande. Il peut être utile d'interposer un peu d'ouate hydrophile stérile sèche entre l'imperméable et les compresses, pour diminuer l'humidité de celles-ci et la macération cutanée; ou de pratiquer par-dessus l'imperméable un pansement ouaté protecteur. L'imperméable ne doit dépasser que très peu les compresses, et celles-ci les lésions, qui parfois gagnerait toute la surface recouverte en trop; on évite un tel inconvénient en interposant de la pâte de zinc entre le pansement et les points sains du pourtour. Le pansement est renouvelé au moins deux fois par jour, en ayant soin, comme pour les enveloppements caoutchoutés, de ne point laisser aux lésions le temps de se dessécher pendant le changement. Il doit êlre fait, naturellement, avec les précautions les plus strictes de propreté et d'asepsie. On peut ajouter à l'eau du pansement un peu d'acide borique, de boricine ou d'un autre antiseptique doux; les antiseptiques forts ne doivent être employés qu'avec une extrême prudence et à très petite dose, car le fait d'être occlus sous un imperméable les rend facilement irritants, parfois toxiques. Combien de gangrènes ont été causées par l'acide phénique appliqué incorrectemenl en pansements! Rappelons à ce propos que les compresses imbibées de solution picriquée forte, préconisées par Thierry pour panser les brûlures, ne doivent pas être recouvertes •de tissu imperméable : elles doivent laisser la solution s'évaporer, et réaliser en fin dé compte un pansement sec; c'est la méconnaissance de ce principe qui a causé bien des accidents, à tort imputés à la méthode. L'effet rafraîchissant est plus sûr encore avec les compresses humides renouvelées ou maintenues telles sans un imperméable qui s'oppose à l'évaporation; celle-ci est favorisée par l'addition de 10 pour 100 d'alcool.

Les pansements humides ont dans presque tous les cas remplacé les cataplasmes. Ceux-ci, pourtant, ont été décriés à l'excès; préparés aseptiquement, ils ont un effet émollient supérieur à celui de simples compresses, et rendent des services sur les peaux exceptionnellement irritables. On se sert de cataplasmes de fécule ou d'amidon, appliqués froids ou à peine tièdes {la farine de graine de lin rancit trop facilement), — ou encore des cataplasmes tout préparés à l'amidon, à la fécule, à la gomme adragante, à la graine de lin inaltérable, que l'on trouve dans le commerce (ouataplasme, etc.) et qu'on n'a qu'à ramollir dans l'eau (V. Cataplasmes, Nouv. P. M. C, t. II).

Le pansement antiphlogistîque à l'alcool (compresses imbibées d'alcool à 1)5°, recouvertes d'ouate et d'un imperméable), renouvelé d'Ambroise Paré, donne des effets très remarquables dans les lymphangites, furoncles, phlegmons non encore ouverts.

L2° Topiques solides. — Les poudres. — A moins d'être réduits en poudre fine, les corps solides se prêtent peu au rôle de topiques. Quelques-uns servent pourtant, soit sous forme de gros cristaux (alun, sulfate de cuivre), soit

1 259 Peau (Thérapeutique dermatologique).

plutôt sous forme de croyons coulés (nitrate d'argent, etc., V. Crayons, \<>>n\ /). M. C, t. II), à pratiquer des attouchements sur des surfaces à modifier, ou (iodoforme, etc.) à être introduits dans des trajets fistuleux. Depuis Corradi, dont la méthode a été vulgarisée par Besnier, les dermatologistes corroborent les cautérisations au nitrate d'argent eu passant immédiatement après celles-ci, sur les points à traiter, un crayon de zinc métallique qui détermine la précipitation d'argent noirâtre et la formation d'un peu d'acide nitrique. Signalons encore, pour mémoire, l'application de plaques de zinc métallique sur les ulcères de jambe, proposée par Duballen (d'Angieourt).

Les poudres, au contraire, sont d'un usage courant en dermatologie, particulièrement celles qui n'ont que peu ou pas d'action chimique sur la peau. C'est qu'elles ont une action physique remarquable : « Déjà sur une peau normale, les poudres déterminent, comme Unna l'a montré, une sorte de succion; elles enlèvent en effet à la couche cornée, par attraction capillaire, une partie de sa matière grasse.... Le courant secrétaire qui provient de la profondeur delà peau... s'accélère, et il en résulte un accroissement notable de la perspiration cutanée. La peau s'en trouve rafraîchie, le calibre des vaisseaux se rétrécit, il y a par conséquent anémie cutanée.... Sur la peau hyperémiée, l'effet décongestionnant des poudres est des plus évidents.... Une couche de poudre protège, en outre, la peau contre les irritations extérieures » (Leistikow). Ainsi s'explique l'effet manifestement calmant des poudres inertes, que certaines lésions hyperémiées supportent à l'exclusion de tous les autres topiques, et aussi leur effet antiprurigineux; enfin le fait que, pour nombre de topiques actifs, l'application sous cette forme est la moins offensante. Et l'effet calmant est d'autant plus accentué que la poudre choisie est plus absorbante.

Un grand nombre de médicaments actifs servent sous forme de poudre pour leurs propriétés parasiticides : staphysaigre, pyrèthre, soufre; — antiseptiques : iodoforme et ses succédanés, iodol, aristol, europhène, diiodoforme, xéroforme, dermatol, airol; — réductrices : soufre, résorcine, calomel; — kératoplastiques et cicatrisantes : ectogan (peroxyde de zinc), thiol; — astringentes : tannin, tannoforme, alun, — caustiques : sabine; — anesthésiantes ou calmantes : menthol, camphre, etc., etc. Ce ne sont pas ces poudres qui nous intéressent le plus ici, mais plutôt celles qui agissent par leurs propriétés physiques et méritent plus ou moins le nom de poudres inertes. Les précédentes peuvent d'ailleurs leur être associées en proportions plus ou moins fortes.

Il en est qui proviennent du règne animal, mais elles ne sont guère employées : poudre de coquillages préparée, poudre d'os de seiche (bonne pour polir les ongles), poudre d'yeux d'écrevisses. — Les poudres végétales, au contraire, sont d'un usage très répandu : amidon de blé, amidon de riz, fécule de pomme de terre, arrow-root, farine de pois, iris, lycopode. — Les poudres minérales de talc, d'oxyde de zinc, de carbonate de chaux (craie préparée), de silice (terre d'infusoire), de kaolin (bol blanc), de bol d'Arménie (bol rouge), de carbonate de magnésie, de sous-nitrate et de carbonate de bismuth, etc., etc., sont également très employé»-.

Peau (Thérapeutique dermatologique). 12 iO

Les poudres végétales son! plus douces à la peau; mais elles gonflent à L'humidité et fermentent. Aussi, dans les plis et les régions humides, doit-on employer les poudres minérales, plus siccatives. Parmi les premières, c'est l'amidon qui est certainement de l'usage le plus banal; parmi les secondes, le talc, fin et onctueux, puis l'oxyde de zinc, un peu astringent et desséchant, le carbonate de magnésie, remarquablement absorbant. Une mention spéciale est due à la terre d'infusoires (terre fossile, Kieselguhr des Allemands, ceyssatite ou randanite d'Auvergne), moins connue : c'est une terre de Silice très pure, formée presque exclusivement de carapaces de diatomées : cette structure lui confère une porosité très grande el une puissance absorbante que n'égale celle d'aucune autre poudre. On l'emploie moins souvent en nature que dans la confection des pâtes (V. plus loin).

Les diverses poudres se mêlent facilement entre elles : c'est ainsi qu'on combine souvent, en des poudres composées, oxyde de zinc et amidon, oxyde de zinc et talc, oxyde de zinc, talc et amidon, etc. On leur incorpore encore des substances actives, antiseptiques, antiprurigineuses ou autres, — ou des colorants destinés à leur donner la couleur de la peau. Voici deux formules que cite Darier :

Poudre cuticolore (Unna).

Amidon de riz 10 grammes.

Oxyde de zinc 25 —

Carbonate de magnésie. 20 —

Bol blanc. ....... 12 gr. 50

Bol d'Arménie 2 gr. 50

Sur la façon d'employer les poudres, nous avons peu à ajouter. On en saupoudre la peau largement, au moyen de la houppe ou de tampons de coton. Il est utile de panser par-dessus avec du tint. Parfois on couche le malade entre deux draps largement recouverts de poudre; ou l'on fixe sur les régions à soigner des sachets de mousseline remplis de poudre [sachets de poudre de Unna). Dans nombre de cas, le poudrage se fait par dessus une onction de pommade.

5° Topiques adhérents, de consistance molle. — Les topiques dont il va être question servent à faire des onctions. Qu'ils soient presque solides ou confinant à l'état liquide, ils peuvent être étalés sur la peau et, contrairement aux liquides qui coulent ou s'évaporenl, y adhèrent en couche mince ou épaisse. Ils se prêtent donc aux applications durables, et c'est ce qui explique leur vogue, sur laquelle il sera inutile d'insister quand nous aurons dit que le type en est fourni par les pommades. Tous d'ailleurs ont pour excipients des graisses, ou des corps plus ou moins analogues aux graisses, au moins par leurs propriétés physiques. C'est pourquoi leur action sur la peau présente un certain nombre de points communs.

Les graisses, appliquées sur la peau, y constituent d'abord un revêtement protecteur contre les irritations extérieures. Elles dissolvent les acides gras des sécrétions, font disparaître les squames et les croûtes. Enfin, miscibles

Poudre

comp

isée.

Talc de Venise .

Carbonate de

chaux

Carbonate de

> âa

40 grammes.

magnésie. . . \ Oxyde de zinc. .

Ichtyol ou goiné-

nol

ou 2 grammes.

1 2 \ I Peau (Thérapeutique dermatologique).

aux graisses de la couche cornée, elles pénètrent plus ou moins celle-ci el lui donnent de la souplesse. Jusque-là, leur rôle est tout de douceur. 11 explique les bienfaits du pansement gras, simple onction de graisse pure (vaseline et lanoline, ou mieux àxonge fraîche) avec ou sans enveloppement, dans les cas de sécheresse anormale de la peau (ichtyose) et dans certaines dermatoses graves généralisées (mycosis, érylhrodermies). — Mais, en même temps qu'elles protègent la peau, les graisses diminuent l'évaporation cutanée el, gonflant les cellules épidermiques quelles imprègnent, s'opposent au courant centrifuge des excrétions. Par là elles ont un effet échauffant et congestionnant, plus marqué encore sur une peau déjà hypérémiée, el qui esl en raison directe de leur imperméabilité: dans certains cas, il peut aller jusqu'à l'œdème et l'inflammation. Nous verrons qu'on a cherché à y remédier, sans perdre les autres avantages, par l'incorporation d'eau ou de poudres absorbantes. — Cette occlusion n'a d'ailleurs pas que des inconvénients. Elle augmente le pouvoir de résorption de la peau et favorise donc l'action en profondeur des médicaments incorporés aux topiques gras, ainsi que la résolution des exsudats.

Ce qui est vrai pour les graisses l'est plus ou moins pour les autres corps que nous allons étudier, et que l'on utilise de la même façon.

a) Les graisses et les topiques gras. — Les graisses proprement dites sont des triglycérides ou mélanges d'éthers delà glycérine formés aux dépens des acides palmitique, stéarique et oléique. La tripalmitine domine dans celles qui sont solides à la température ordinaire, la trioléine dans les graisses liquides ou huiles. D'une façon générale, ces substances sont saponifiables, c'est-à-dire donnent, en présence des bases, de la glycérine et des sels d'acides gras ; elles ne peuvent incorporer d'eau qu'en très faible proportion; enfin elles rancissent plus ou moins à l'air.

La plupart des graisses solides sont d'origine animale. La plus importante, de beaucoup, est l'axonge, graisse assez fluide que l'on tire de la panne du porc (épiploon). Longtemps elle a constitué l'excipient de la plupart des pommades. Pure et fraîche, elle est la moins irritante de toutes les graisses, et certaines dermatoses n'en supportent aucune autre. Malheureusement elle rancit très vite, et devient alors nocive pour la peau : il faut la préparer au moment de l'usage, et la renouveler tous les 3 ou 5 jours. Pour obviera cet inconvénient, que diminuent certains procédés de préparation (longue ébullition dans l'eau, etc.), on ajoute souvent 5 grammes de teinture de benjoin par kilogramme de graisse; mais cette axonge benzoïnée, si elle se conserve mieux, n'a plus l'innocuité de l'axonge fraîche. La graisse de rognons de veau est le meilleur succédané de l'axonge. La moelle de heu/' fait partie de nombreuses pommades pour le cuir chevelu. Le suif de mouton benzoïné sert dans la fabrication des mousselines-pommades d'Unna. Enfin le spermaceti(V. Blanc de baleine, Nouv. P. M. C, t. 1). qui ne rancit pas. se prête à la confection de crèmes rafraîchissantes (coldcream).

La seule graisse solide végétale est le beurre de cacao (v. c. m., ibid.) qui sert notamment à augmenter la consistance des pommades destinées au visage ou au cuir chevelu.

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1 2 S£

Les graisse* liquidée sont les huiles. Le règne animal fournit surtout ['huile de foie de morue assez fréquemment prescrite comme topique, notamment clans les prurigos. L'huile de cacha h, i {ni . physeteris), <|iii se sépare dans l'expression du blanc de haleine, aurait d'après LeisLikow des propriétés de pénétration particulières; elle est formée d'oléine presque pure.

Les huiles végétales sont légion : huile d'olives, huile d'amandes douces. huile de lin, huile d'œillette, huile de palme, huile de ricin. \J huile de croton, révulsif intense, ne peut être considérée comme un excipient. Les huiles sont utilisées notamment pour diminuer la consistance de pommades trop épaisses. L'huile d'amandes douces mêlée à parties égales avec de l'eau de chaux constitue le Uniment oléo-calcaire du Codex. L'huile de zinc de Lassai contient 60 gr. d'oxyde de zinc pour 40 d'huile d'olives.

Les graisses de laine, extraites du suint du mouton, diffèrent des précédentes par leur composition (éthersde la cholestérine) et leurs propriétés : peu altérables, ne se saponifiant pas en présence des alcalis, elles se laissent incorporer des quantités d'eau très notables tout en restant miscibles en toutes proportions aux autres graisses, à la vaseline et à la glycérine. La graisse de laine brute ou œsipus, très visqueuse et adhérente, trop peu fluide pour être employée sans mélange d'huile, a une odeur désagréable. Unna, Leistikow vantent la façon dont elle est tolérée. La lanoline est la variété la plus employée en France. De couleur jaunâtre, visqueuse, elle est inodore quand elle est bien préparée; elle fond à 42°, est insoluble dans l'alcool, soluble dans l'éther. la benzine, le chloroforme. L'adeps lanœ ou alapurine est très analogue à la lanoline et d'un prix un peu moins élevé; la lainine, Y anaspaline anglaise, la lanaïne, la lanésine sont des produits très similaires, plus ou moins purifiés, — chaque fabrique donne au sien un nom différent, — la suintine est une variété de deuxième choix.

Anhydres, ces graisses sont trop consistantes; aussi y introduit-on 25 à r>0 pour 100 d'eau distillée (le Codex français de 1008 appelle lanoléine la graisse de laine hydratée). Mais elles peuvent en absorber des quantités beaucoup plus considérables : suivant la provenance et la qualité. 100 parties absorbent 70 à 570 parties d'eau. Mélangées à la vaseline ou à Faxonge dans la proportion de 1 à 2, elles en absorbent encore davantage ; c'est ainsi que Darier (à qui nous empruntons ces chiffres) a pu faire préparer et conserver pendant plus de trois mois le mélange

Lanoline anhydre 5 grammes.

Vaseline '. . 10 —

Eau de chaux 50 —

qui exige d'ailleurs une trituration de trois heures. Nous reviendrons sur ces faits à propos des crèmes.

On désigne improprement sous le nom de graisses minérales des hydrocarbures ayant l'apparence onctueuse des graisses, mais qui n'ont avec elles aucun rapport au point de vue chimique : ce sont des mélanges d'huiles lourdes et de paraffine, provenant du résidu de la distillation des pétroles a" Amérique. Ils ne sont aucunement miscibles à l'eau, ne sont pas saponifiables, et ne s'altèrent pas à l'air.

La vaseline (v. c. ni.. Nouv. P. M. C, t. VIII) pétroiéine du Codex esl une substance demi-fluide, incolore, neutre, inoxydable. Il en existe deux variétés : l'une blanche, la plus pure: L'autre blonde, souvent moins irritante et à laquelle certains agents médicamenteux s'incorporent plus facilement. On peut augmenter sa consistance, un peu trop molle, en y ajoutant jusqu'à 10 pour 100 de paraffine (c'est le maximum) ou 5 à 10 de cire; elle est miscible aux graisses en toutes proportions. Les vaselines du commerce sont très souvent impures et par suite irritantes. La vaseline liquide ou huile de vaseline (pétrovaseline) est de la vaseline privée de ses 2ô pour 100 de paraffine; incolore, inodore, neutre, elle est peu employée en dermatologie.

Sous le nom de vasogènes (vaselines oxygénés) on a préconisé en Allemagne des hydrocarbures oxygénées liquides, capables de dissoudre nombre de médicaments insolubles dans l'eau, et de donner ensuite avec l'eau des solutions ou des émulsions. Ils faciliteraient ainsi une résorption rapide des produits incorporés, iode, créosote, ichtyol, goudron, mercure, etc. Le vasenol de Kôpp est une préparation analogue de vaseline, devenue, contrairement à la vaseline ordinaire, susceptible d'absorber une proportion d'eau considérable; le produit présenté, de consistance molle comme une pommade, contient 25 pour 100 d'eau, mais il est susceptible d'en prendre plusieurs fois son poids. Il existe un vasenol liquide, composé d'huile de vaseline avec 55,5 pour 100 d'eau, et une poudre de vasenol faite de poudres inertes et de 10 pour 100 de vasenol.

A tous ces corps onctueux, il faut ajouter un certain nombre de graisses composées, destinées, dans l'esprit de leurs auteurs, à réunir lés avantages des diverses graisses naturelles sans en avoir les inconvénients. Telle la molline allemande, la myronine et surtout la résorbine (Ledermann). C'est une émulsion grasse dont la formule est secrète; d'après Leishkow, elle est préparée avec de l'huile d'amandes, de la cire, de l'eau et une petite quantité d'un excipient inerte (col'le forte et eau de savon); elle possède des qualités rafraîchissantes, anliphlogistiques et antiprurigineuses précieuses, mais on a exagéré sa facilité de résorption. Les pharmaciens français fabriquent des produits sensiblement analogues : telle Yaleptine de \ igier :

Lainine anhydre 2000 grammes.

Huile d'amandes douces benzoïnée 6000

Blanc de baleine 1500 —

Cire blanche 1100

Eau distillée stérilisée 5000

Baume du Pérou 100

Gélatine blanche * 200 —

Yadiptine de Cavaillès ;

Cire blanche 2.') grammes.

Paraffine 2:>

Huile de vaseline i00

Lanoline anhydre 250 —

Eau de roses 50

Eau de laurier-cerise 50 —

Les cires, considérées longtemps comme des graisses, s'en distinguent par leur constitution chimique. La cire d'abeilles, seule employée en dermatologie, est jaune, — c'est lu cire naturelle, qui fond a 62°, — ou blanche

Peau (Thérapeutique dermatologique). I24i

lorsqu'elle est décolorée : celle-ci esl molle à 55°, fond à 70. Elle est soluble en toutes proportions dans les huiles, graisses el essences. L'alcool bouillant la sépare en acide cérotique, soluble et myricine ou palmitate de myricile. insoluble.

Les pommades. — Les pommades proprement dites sont des topiques mous, composés de graisses en nature ou associées entre elles, auxquelles on incorpore une ou plusieurs substances médicamenteuses. Leurs excipients sont donc les corps gras qui viennent d'être étudiés. L'axonge fraîche ou benzoïnée faisait autrefois la base de nombreuses pommades; on la remplace actuellement dans beaucoup d'entre elles par la vaseline. Les graisses de laine ne s'emploient guère que mêlées à des huiles ou à des graisses plus iluides : ainsi, on associe souvent une partie de lanoline avec deux parties de vaseline, ou avec une ou deux parties d'huile d'olives, d'huile d'amandes douces. Quant aux substances actives, ce sont des médicaments quelconques, le plus souvent solides, que l'on réduit en poudre impalpable et que l'on triture avec l'excipient jusqu'à formation d'un mélange homogène. Certaines sont d'abord dissoutes dans une petite quantité de véhicule (eau, alcool, glycérine) que l'on incorpore ensuite à l'excipient. Parfois enfin il y a réaction chimique entre les produits incorporés, ou entre eux et l'excipient.

Les propriétés physiques des pommades sont celles des graisses qui les composent. La quantité des substances solides incorporées n'est pas telle, en effet, qu'elle puisse y introduire des modifications. 11 en résulte que les pommades ne conviennent pas aux lésions irritables, congestives, inflammatoires, et qu'appliquées mal à propos, elles peuvent occasionner des poussées nuisibles. En revanche, elles constituent un mode de traitement très actif, favorisant la pénétration et l'absorption des médicaments. Elles conviennent donc aux lésions un peu torpides, à celles dont un traitement antérieur plus calmant (lotions, poudres, pâtes, etc.) a diminué l'aptitude à réagir d'une façon excessive. C'est dire qu'elles sont très appropriées à Y utilisation des médicaments actifs, des réducteurs, par exemple (goudrons, soufre, mercuriaux, résorcine, pyrogallol, chrysarobine et autres), ou des kératoly tiques (acide acétique, acide salicylique, savon noir), des antiseptiques, des calmants ou anesthésiques (opium, belladone, cocaïne, stovaïne), des antiprurigineux (camphre, menthol, phénol, chloral), des excitants (baumes, teintures), voire dans quelques cas des caustiques; quant aux pommades parasiticides (soufre, naphtol, baume du Pérou), certaines sont classiques, comme celle d'Helmerich. Nous n'avons pas à nous étendre sur ce sujet, ce serait refaire toute la thérapeutique; non plus à citer des exemples, que l'on trouvera dans tous les chapitres de la Nouv. P. M. C. consacrés à des dermatoses (V. notamment Eczéma, t. III. — Psoriasis, t. VII, etc.). L'article Pommades (t. VI) énumère celles qui figurent au Codex. Quant aux doses, elles- varient, pour chaque substance, suivant les cas particuliers, c'est-à-dire suivant la maladie traitée et l'individu : il faut seulement se souvenir que, incorporée à une pommade, une dose relativement faible peut avoir des effets plus irritants qu'une dose supérieure utilisée autrement. A ce propos, le temps d'application a, lui aussi, une importance majeure.

1 2 15 Peau (Thérapeutique dermatologique).

connue depuis longtemps, mais qu'ont bien mise en relief Leredde et Pautrier. Le plus souvent, lorsqu'on juge le moment venu de prescrire une pommade active, on la formule à dose relativement faible, pour la laisser appliquée en permanence. 11 est une autre façon de procéder, qui consiste à formuler d'emblée des doses fortes, voire très fortes, mais à ne laisser d'abord la pommade en place que pendant un temps restreint, une heure par jour, que Ton augmente ensuite suivant l'effet produit; dans l'intervalle on remplace la pommade forte par des topiques calmants (pâte de zinc, etc.). Celle méthode d'applications interrompues est de rigueur, notamment, pour les préparations exfoliantes comme la pale résorcinée de Unna ou la pommade soufrée forte de Brocq (V. Acné, Nouv. P. M. C, t. 1 .

Ceci dit, le mode d'application des pommades est fort simple. On les étale sur la peau parfois avec un tampon de gaze ou de linge aseptique, le plus souvent et le plus simplement avec le doigt préalablement nettoyé.

Les tubes de pommades, semblables à ceux de couleur à l'huile, facilitent le transport des pommades, leur maniement aseptique et leurs applications fréquentes. Ils sont plus usités chez nous que les bâtons de pommade pour lesquels Unna donne la formule générale :

Cire jaune ) ~ ,.

, i. \ aa i.) «ranimes.

Lanoline )

Huile d'olives 55 —

Principe actif O.S.

On peut encore employer :

Beurre de cacao 75 grammes.

Paraffine 15

Huile d'olives 10 —

Principe actif O. S.

(Audry.)

Ces bâtons sont employés depuis longtemps pour les lèvres, le cuir chevelu.

La pommade appliquée, en couche plus ou moins épaisse, on peut se contenter de la laisser telle quelle, particulièrement sur les parties couvertes. Souvent, pour avoir un revêtement plus protecteur en même temps que moins imperméable, on poudre abondamment par-dessus avec une poudre inerte (amidon, lycopode, etc., poudres minérales dans les plis . Sur les parties soumises à des frottements ou que l'on désire protéger d'une façon plus effective, on fait par-dessus la pommade un enveloppe m e ut avec de la toile fine ou de la gaze, recouverte au besoin d'une couche d'ouate et maintenue par une bande. L'action est encore renforcée si Ton ajoute un imperméable; parfois on le met directement sur la pommade (il faut se souvenir que le caoutchouc, — gants, bonnets, etc., — est rapidement mis hors dusage par les graisses, el employer plutôt des taffetas peu coûteux .

Luc autre façon de faire l'application est d'étaler la pommade sur des compresses, que l'on applique ensuite sur les régions malades. Unna a la il faire des mousselines-pommades, constituées par un tissu de fine mousseline recouverl d'une mince couche (\c pommade (l'excipient est une

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1 2 46

masse de rire cl lanoline avec ou sans vaseline) : on les coupe à la grandeur voulue et on les «Haie sur la région à traiter, en pressant et frottant Légèrement; on recouvre avec une feuille d'ouate ou de gutta laminée, et on fixe avec une bande. Ces préparations, susceptibles de recevoir des médicaments 1res actifs, seraient alors moins irritantes que les pommades appliquées sous une autre forme.

Les crèmes. — L'effet échauffant et congestionnant des pommades étant dû à leur imperméabilité, une des façons d'y remédier consiste dans l'incorporation d'une quantité suffisante d'eau. On obtient ainsi des topiques qui sont tolérés dans des cas où ne le sont pas les pommades ordinaires, et ont même un pouvoir rafraîchissant et calmant plus ou moins considérable: ilproduisent une sensation marquée de réfrigération.

Ces topiques sont les crèmes. Les graisses de laine en sont généralement un composant essentiel. Nous avons vu plus haut quelle quantité d'eau ces graisses sont susceptibles d'absorber, quantité encore augmentée lorsqu'on les associe à la vaseline. Dans la pratique, on ne va guère jusqu'au maximum indiqué par Darier, qui, entre autres inconvénients, aurait celui de rendre la fabrication extrêmement laborieuse. Une formule courante est la suivante :

Vaseline 10 grammes.

Lanoline . . 5 —

Eau distillée 15 à 20

Pour les crèmes destinées à être conservées un certain temps, il est utile, d'après Darier, de remplacer l'eau distillée par de l'eau de chaux, sans quoi le produit tend à devenir spongieux. A côté de ces crèmes simples, on peut en confectionner de légèrement astringentes, en employant comme liquide l'eau blanche, des solutions de sous-acétate de plomb et d'acétate d'alumine, de l'eau oxygénée, etc. Mais les crèmes, d'une façon générale, ne se prêtent pas à l'incorporation de médicaments actifs.

On peut rapprocher des crèmes, vu leur teneur en eau, certains topiques de l'ancienne pharmacopée, comme le cérat de Galien, le cold-cream (v. c. m., Nour. P. M. C. t. II), la pommade de concombres, laquelle contient 45 pour 100 de suc de concombre. Tous ces produits ont le défaut de rancir rapidement. Enfin, parmi les excipients nouveaux indiqués plus haut, un grand nombre sont riches en eau ou susceptibles d'en absorber, et présentent par suite plus ou moins complètement les propriétés des crèmes (vasogènes, vasenol, résorbine. aleptine, adïptine, etc.).

Les pâtes. — On nomme pâtes, en dermatologie car ce mot a une signification autre en pharmacie), des topiques de consistance plus épaisse que celle des pommades, et qui résultent du mélange de graisses, d'huiles ou de glycérine avec une quantité suffisante de poudre. C'est cette teneur en poudre qui donne aux pâtes leur porosité et le pouvoir d'attraction capillaire grâce auxquels elles absorbent les sécrétions de la peau et ne s'opposent pas, comme font les pommades, à la perspiration aqueuse. Par leur graisse, d'autre part, elles entretiennent mieux que les poudres la souplesse de la peau, à laquelle elles forment une couche de revêtement sèche et adhérente. Ainsi s'expliquent leurs précieuses qualités, bien mises en lumière par Lassar et par Lnna, et qui permettent de les employer avec

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succès dans des cas où les pommades ne seraient pas supportées. En revanche, précisément en raison de cette perméabilité <|ui ne leur permet pas une imbibition aussi complète de la couche cornée, elles ne font pas sentir leurs effets aussi profondément que les pommades, et les médicaments qUe

Ton y incorpore n'agissent qu'en surface. 11 est facile, après ces explications, de comprendre les indications des pales : elles permettent de transformer des Lésions enflammées, congestionnées, suintantes, incapables de supporter des applications actives, en lésions moins aiguës et sur lesquelles on pourra ensuite agir plus énergiquemenl par les pommades. Quant à leur mode d'applications, il est sensiblement le môme que celui des pommades. On peut également poudrer par-dessus pour augmenter encore leur pouvoir décongestionnant. En général, lorsqu'on veut les enlever, il faut les délayer, avant d'essuyer, avec une graisse plus fluide vaseline) ou une huile.

Les graisses qui entrent dans la composition des pâtes sont les mêmes que pour les pommades. Quant aux poudres, ce sont celles énumérées plus haut. Au premier rang parmi celles-ci se trouve la terre d'infusoires, dont nous avons indiqué déjà les qualités absorbantes, et qui de plus a beaucoup de « corps » et « couvre » très bien: en l'incorporant à une pommade quelconque dans la proportion, relativement très faible, de 10 pour 100, on obtient une pâte excellente (Leistikow).

Voici quelques exemples de pâtes simples souvent employées :

Oxyde de zinc 10 grammes.

Terre fossile 2 —

Axonge benzoïnée . . . 2<s —

(Unna.)

Oxyde de zinc 20 grammes.

Huile d'amandes douces 10

(Besmku.)

Oxyde de zinc Amidon. . . .

> aa p. e.

Lanoline ( l

Vaseline )

(Lassaim

Oxyde de zinc. . . .'» grammes.

Kaolin 15 —

Vaseline 30 à 40

(Malcolm Morris.)

On obtient d'excellentes pâtes en mêlant deux ou trois parties de bol blanc (kaolin pur) avec une partie d'huile d'olives ou d'amandes. On peut remplacer le bol blanc par du jaune, ou le mêler de bol rouge (bol d'Arménie) pour donner à la pâte la couleur de la peau.

A coté de ces pâtes dures il en existe d'autres, dites pâtes molles, où la partie grasse est représentée par une huile, et auxquelles on peut incorporer une certaine quantité d'eau qui les rapproche des crèmes :

Craie préparée

( )w de de zinc.

Huile de lin • .

Eau de chaux .

.) grammes.

(Unna.)

( )w de de zinc ... lo gramme:

Ceyséatite ) ~

Adcps lana- S

Huile d'olive .... 10

Eau distillée .... 20

i Leistikow.)

Aux préparations précédentes, on peut incorporer des substances actives pour en l'aire des pâles ii,r</icamenli>u*<'S. Lorsque ces substances >oiil solide-, il faut évidemment, si l'on ne veut pas changer la consistance du mélange, retrancher une quantité équivalente de pondre. Si. par exemple.

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à la pâte d'Unna, on ajoute i grammes de soufre, on retranchera autant d'oxyde de zinc, ce qui donne la formule :

Oxyde <le /.in<- 6 grammes.

Soufre précipité * i

Terre fossile 2

Axonge benzoïnée 28

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