‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 5)Chapitre 132 sur 299 · I WA.I · texte numérisé non relu

I WA.I

Si Ton veut incorporer à une pâle des médicaments en solution aqueuse, il convient généralement d'employer une graisse de laine, capable de les absorber, ou encore de la glycérine.

Les cérats. — Les cérats sont des topiques mous, dont les principaux éléments sont la cire et l'huile : une partie de cire blanche pour trois d'huile d'amande douce dans le cérat simple ou cérat sans eau (Y. Cébat, Nottv. P. M. C, t. II). Le cérat de Galien (cérat ordinaire), avec quatre parties d'huile pour une de cire, contient trois parties d'eau : il mérite donc le nom de crème. Le cold-cream. dont nous avons également parlé à propos des crèmes, peut aussi être considérée comme un cérat. Ces préparations ont l'inconvénient de rancir très rapidement.

Les onguents. — Le mot onguent, en Allemagne, désigne toutes les pommades. En France, on l'applique spécialement à des préparations composées d'un corps gras et d'une matière résineuse; elles ont une consistance plus ferme que les pommades et se conservent longtemps. On ne se sert plus guère que de Yonguent Styrax (codex), généralement étendu de deux parties d'huile (gale, certains eczémas et folliculites).

Les emplâtres. — Pommades à base d'emplâtres. — Les emplâtres sont des topiques solides qui, par une légère chaleur, se ramollissent sans couler et contractent une certaine adhérence avec les téguments (Brocq). Les emplâtres résineux ne diffèrent des onguents que par une plus forte proportion de résines; les emplâtres à base de plomb ou de zinc, combinaisons des oxydes de ces métaux avec les acides gras, sont de véritables savons (V. Emplâtres, Nouv. P. M. C, t. III). UempVttre simple a pour formules :

Litharge pulvérisée 1000 grammes.

Axonge 1000

Huile d'olive 1000

On a proposé de remplacer la litharge par de l'oxyde de zinc.

L'emplâtre simple sert à préparer V emplâtre diachylon gommé (Y. Sparadraps, ibid., t. VII), Vemplâtre de Vigo cum mercurio (V. Emplâtres, loc. cit.) et un grand nombre d'autres : tous ces produits sont employés surtout sous forme de sparadraps^ et comme tels nous les retrouverons plus loin: nous y verrons d'ailleurs que les anciens emplâtres du Codex ont été remplacés presque universellement par des préparations nouvelles, caoutchoutées ou autres.

Mais on se sert aussi de l'emplâtre simple comme excipient de pommades : celles-ci sont de consistance très ferme, à moins qu'on ne les étende d'huile; elles oblitèrent très complètement la peau et conviennent donc aux lésions

1 2 19 Peau (Thérapeutique dermatologique)

ineiennes, peu irritables et passibles de traitements énergiques. Te] est 1

lluilo dé cade

meiange :

Emplâtre simple $ *"' P; (>-

(Hebra, Veyrières.)

De mémo, Mielck a donné une formule de [pommade mercurielle à base d'emplâtre.

b) La glycérine et les glycérolés. — Produit du dédoublement des corps gras sous l'influence des alcalis ou de la vapeur d'eau surchauffée (saponification), la glycérine n'est pas elle-même un corps gras, mais un alcool triatomique C3H803 (V. Glycérine, Nouv. P. M. C, t. IV). Soluble en toutes proportions dans l'eau et l'alcool, elle peut être associée à ces liquides pour en modérer Févaporâtion. La glycérine pure anhydre est extraordinaire menl hygroscopique; en applications sur la peau, elle attire l'eau avidement et exerce un effet très irritant. Etendue d'eau, elle a des propriétés thérapeutiques analogues à celles des corps gras. Appliquée sur la peau intacte, elle la rend, du moins momentanément, molle et onctueuse ; mais son usage prolongé, qu'elle soit pure ou incorporée à d'autres préparations, finit par entraîner, surtout sur les peaux fines, un état de sécheresse et de rugosité.

La glycérine sert à composer des glycérés ou glycérolés (v. c. m., ibid), dont le plus connu est le glycérolê d'amidon. Sa consistance de gelée, son onctuosité le rapprochent des pommades; mais, loin d'avoir leur imperméabilité, il accélère au contraire la perspiration cutanée et l'évâporation : c'est donc un topique rafraîchissant et d'action superficielle. Il faut, lorsqu'on le prescrit, formuler glycérolê à la glycérine neutre (c'est-à-dire à 50°), pour éviter l'emploi d'une glycérine à 28° acide.

On peut incorporer au glycérolê presque tous les agents médicamenteux (sauf les oxydants énergiques) : les goudrons, les baumes non miscibles à l'eau doivent être additionnés de savon noir ou d'extrait de Panama. Ainsi sont constitués les glycérolés cadiques de Vidal, aujourd'hui classiques (V. Psoriasis, Nouv. P. M. C, t. VII), comme le glycérolê tartrique du même (V. Lichen, ibid., t. V). Enfin, additionnés de poudres, telles que le kaolin ou la magnésie, le glycérolê d'amidon constitue d'excellentes pâtes, peu irritantes et faciles à enlever avec de l'eau; on peut aussi leur incorporer des médicaments : Darier a préconisé notamment la pâle glycérinée à l'ichiyol (5 à 15 pour 100).

Signalons pour mémoire le glycérolê d'argile, préparé par Vigier en 1874 et repris depuis en Allemagne :

Argile sèche en poudre 7.*) grammes.

Eau distillée 25

Glycérine pure 50

c) Les savons. — Pommades à base de savons. — Les savons sont des combinaisons des acides gras (stéarique, palmitique, oléique) avec les oxydes métalliques (potasse, soude). Leur emploi comme décapants et. dégraissants est trop banal pour qu'il soit nécessaire d'insister sur son compte.

Nu« I». M. C. — Suppl. 79

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Les savons de potasse sonl des savons mous, parce qu'ils ne sèchent pas, — colorés par des oxydes ou dos tinctoriaux divers (savon vert, savon non-). [ls constituent des décapants merveilleux; mais comme ils sont faits avec des huiles de qualité inférieure (œillette, colza, lin), et que surtout ils contiennent un excès notable d'alcali, ils sont fortement offensifs pour la peau. Ils ne conviennent donc qu'aux lésions sur lesquelles on veut agir avec une certaine brutalité : on peut d'ailleurs graduer leur action, suivant le temps el le mode d'application (savonnage simple, onction, couche épaisse sur un tissu, application sous imperméable. V. Acné, Noue. P. M. C, t. I). On les combine au besoin avec l'alcool, le soufre, le goudron,%par parties égales par exemple, en ajoutant ou non un tiers ou un quart de vaseline pour atténuer l'effet irritant. On obtient ainsi des topiques d'une grande énergie (lupus, séborrhée, acné, psoriasis). L'esprit de savon de potasse de Hebra :

Savon noir 100 grammes.

Alcool à 95° 50

Lssence de lavande 0 gr. 50

est excellent pour décaper les téguments et favoriser l'action des topiques.

Il existe des savons mous d'une fabrication plus soignée, faits avec de l'axonge blanche ou de l'huile de coco ; les parfumeurs les vendent souvent sous le nom de crèmes. Très faiblement alcalins, ils sont beaucoup moins irritants.

Les savons liquides peuvent être préparés par un mélange de savon de potasse, de glycérine et d'eau.

Les savons de soude sont des savons durs. Le savon de Marseille en est le meilleur type : neutre, doux à la peau, il est excellent pour l'usage journalier. La plupart des savons de toilette sont des savons de soucie faits avec des matières choisies et diversement aromatisés. Les savons transparents sont des savons bien desséchés qui ont été dissous à chaud dans l'alcool fort. Signalons encore les poudres de savon, le savon à la pierre ponce.

On fabrique un grand nombre de savons durs médicamenteux (goudron, borax, naphtol, ichtyol, résorcine, acide salicylique, acide borique, huile de foie de morue, croton, sublimé, panama, pétrole, soufre, créoline, etc.). Ils constituent un mode de traitement propre et commode, qui théoriquement (Unna) favoriserait grandement la pénétration des médicaments : en réalité, lorsqu'on se borne à de simples savonnages, l'action des médicaments incorporés n'est pas extrêmement énergique.

C'est pour obvier à l'effet kératolytique et irritant des savons ordinaires qu'Unna a formulé son savon fondamental avec excès de graisse, parfaitement neutre et supporté par les peaux sensibles :

Graisse de bœuf très pure 59 gr. 50

Huile d'olive 7 gr. 40

LessiVe de soude à 38° Beaumé 22 gr. 20

Lessive de potasse. . H gr. 10

Ce savon lui sert pour base de fous les savons médicamenteux : savon salicylé à 5 pour 95, au tannate de soude à 10 pour 90, au tanna te de zinc à 3 pour 97, au goudron à 5 pour 100, etc. 11 y ajoute aussi de la poudre de marbre pour remplacer le savon ponce ordinaire.

1 >;> I Peau (Thérapeutique dermatologique).

Les savons sont la base de divers excipients dermatologiques.

Le glycérolé de savon de Ilébra renferme HO à 95 parties de glycérine parfaitement neutre pour 20 à 5 pour 100 de savon de noix de coco parfaitement pur. Il se fluidifie à la température du corps, est soluble dans l'eau, se conserve longtemps, et peut dissoudre ou tenir en suspension un grand nombre de médicaments : aeide salicyliqué, oxyde de zinc, soufre, icbtyol, etc.

Les pommades de savon (Oberlànder, Mielc) ont pour excipient un savon l'ait avec de l'axonge au lieu d'huile et rendu légèrement surgras par l'addition d'un excès de 5 pour 100 d'axonge. On peut y incorporer le goudron, le soufre, l'oxyde de zinc, l'iodure de potassium, le mercure. Ainsi, en éteignant six parties d'hydrargyre dans une d'onguent gris, et en triturant ensuite avec douze parties de savon d'axonge, on obtient une pommade de savon mercurielle, plus propre que l'onguent gris et pénétrant mieux les peaux grasses. Dans toutes ces pommades, le pouvoir kératoly tique du savon rend plus mordante l'action du médicament incorporé, malgré leur perméabilité qui leur conserve des qualités rafraîchissantes.

1° Topiques siccatifs et occlusifs. — Il nous reste à considérer des topiques, très différents d'ailleurs les uns des autres, mais qui tous constituent à la peau, une fois appliqués, un revêtement solide, adhérent, et plus ou moins occlusif : les uns y séchant à la façon d'une couche d'enduit ou de vernis, les autres faits de tissus collés par une substance agglutinative. Ce sont, d'une part, les colles ou gélatines, — les vernis, soit solubles à l'eau, soit insolubles; — d'autre part, les sparadraps ou emplâtres.

La gélatine et les colles. — Pick, Unna ont eu l'idée de se servir de la gélatine pour constituer à la peau un enduit protecteur : on l'associe à la glycérine, avec une certaine quantité d'oxyde de zinc. Ces colles de zinc sont aujourd'hui d'un emploi courant. Parmi d'assez nombreuses formules, Hodara, élève d'Unna, donne les suivantes :

1° Gélatine ) ~ *o *,*

(ilycenne )

Oxyde tte zinc. . . 20 grammes.

Eau 55

2° Gélatine 15 grammes.

Glycérine 10

Oxyde de zinc 25

Eau , . . . 50

Colle dure, fondant à 38° et plus rétractile.)

(Colle molle, fondant à 57°,7.)

La formule suivante est celle de l'hôpital Saint-Louis, généralement employée en France :

Grenétine (gélatine pure) i . gat.

Gélatine. . ( aa 1*> grammes.

Glycérine i Art

Eali \ aa 300

Oxyde de zinc 100

La gélatine et la grenétine, gonflées au préalable dans l'eau et soigneusement hydratées, sont mises à fondre au bain-marie; on y ajoute ensuite l'oxyde de zinc délayé dans la glycérine et on les coule en plaquettes. On trouve actuellement ces colles toutes préparées dans le commerce. Il suffit, pour les employer, de les fondre au bain-marie ; on laisse refroidir assez pour ne point brûler, et on applique au pinceau sur la peau, préalablement nettoyée <d séchée. Au moment do la prise, on saupoudre avec des llocons

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d'ouate donl une partie adhère à la colle et l'on a ainsi un revêtement souple, adhérent, qui peut rester en place jusqu'à une semaine s'il ;• été bien l'ail. 11 s'enlève facilement avec de l'eau tiède.

Au besoin, on fixe la colle avec des bandes de mousseline. On fabrique des colles de zinc montées sur bandes de tarlatane, et qu'il suffit de passer dans l'eau chaude pour les appliquer. La gélatine est d'ailleurs un excellent moyen de fixation des bandes, emplâtres, petits pansements, etc.

La colle de zinc esl perméable à la perspiration cutanée, la faciliterai! même d'après Leistikow ; elle comprime légèrement les tissus ; elle est donc un agent décongestionnant et antiphlogistique. Elle est surtout un antiprurigineux remarquable, et comme elle réussit dans les prurigos, prurits, lichénisalions, elle donne des résultats médiocres dans les lésions suintantes.

On peut incorporer à la gélatine divers médicaments (céruse, iodure de plomb, précipité blanc, soufre, iodoforme, chrysarobine : de 5 à 10 pour 100 à la gélatine molle; résorcine, créosote : 5 pour 100; acide phénique, acide salicylique, ichtyol, à la gélatine dure seulement : ces médicaments s'opposent à la dessiccation. Le tannin, l'acide pyrogallique, l'oxyde de mercure rendent la gélatine insoluble et sont incompatibles). C'est un assez mauvais procédé : il vaut mieux les appliquer préalablement sous forme de badigeonnage, sous la couche de colle.

Les vernis solubles à ïeau. — Très employés en Allemagne, les vernis solubles à Teau sont peu connus en France. Ce sont « des topiques aqueux facilement applicables en couche mince sur la peau, se desséchant rapidement en formant un enduit lisse, peu épais, à peine visible, qui s'enlève aisément par un lavage à l'eau. Par suite de leur miscibilité à l'eau, ces vernis ne font pas obstacle à l'exhalation cutanée, qu'ils accélèrent au contraire dans une certaine mesure.

« Il est rare qu'on les emploie sans addition d'une substance active....

« Nous possédons toute une série de vernis au silicate de potasse, à la dextrine, à l'albumine....

« Elliott a préparé un vernis à la bassorine... mucilage végétal qu'on trouve dans certaines gommes, dans le salep par exemple. Ce vernis se compose de bassorine, de dextrine et de glycérine.

« Le Uniment de Pick est formé de glycérine, de gomme adraganle et d'eau.... Ce vernis sèche très difficilement. » (Leistikow, trad. Darier.)

Les deux produits les plus connus sont Y onguent de caséine et le gélanthe.

L'onguent de caséine se compose d'un caséinate alcalin, de glycérine, de vaseline et d'eau.

Caséine I i- parties.

Alcalis (potasse 0,35, soude 0,03) 0,13 —

Glycérine 7 —

Vaseline 21

Antiseptiques (phénol et ox. de Zn âa p. e.) 1 —

Eau Ô6.47 —

« 11 constitue une émulsion blanche, homogène, épaisse, visqueuse, qui peut être chauffée sans que la graisse s'en sépare. Appliqué sur la peau, il forme déjà au bout de 1 ou u2 minutes une couche sèche, élastique, assez poreuse pour permettre la perspiration cutanée, qu'il augmente même un

I 2 5 3 Peau (Thérapeutique dermatologique).

peu, il a l'avantage de renfermer de la graisse... |I1J, tient donc le milieu entre les pommades grasses, d'une part, et les pâtes ou poudres, d'autre

pari.

« Sa réaction est neutre ou fortement alcaline. On peut y mêler toutes les substances qui ne coagulent pas la caséine » el notamment l'icblyol, (qui l'épaissit et oblige à diminuer la quantité de caséine), la résorcine et l'acide pyrogallique (qui le liquéfient au contraire), les poudres d'oxyde de zinc, iodoforme. acide chrysophanique, soufre, etc. (avec lesquelles on ajoute quantité égale de vaseline). Le goudron peut y être incorporé à la dose de 20 pour 100, en ajoutant 5 pour 100 de savon noir pour neutraliser l'acidité.

Le gélanthe se compose essentiellement de gomme adragante, de gélatine el d'eau (avec 5 pour 100 de glycérine, un peu d'eau de roses et du thymol). Sa préparation est assez compliquée. « Ce vernis offre après application, comme l'onguent de caséine, un enduit sec et lisse. Il a les mêmes propriétés physiques. Cependant, si on n'y ajoute pas de la graisse, il est impossible d'avoir avec lui une action en profondeur. Ce gélanthe est en lui-même un topique absolument indifférent. Il ne devient actif que par l'addition d'autres substances, qu'on peut d'ailleurs lui incorporer en forte proportion » (Leistikow), jusqu'à 10 pour 100 de graisse, 20 de glycérine. 50 d'ichtyol, de tuménol, de thiol, 40 d'acide salicylique, de résorcine, d'acide pyrogallique, 5 d'acide phénique, 1 de sublimé. Il se conserve indéfiniment, mis à l'abri de la dessiccation.

Tous ces vernis s'appliquent très simplement : on les étend, sur la peau en frictionnant un peu et on laisse sécher.

Les vernis insolubles. — Les vernis non solubles à F eau sont des topiques qui « laissent par évaporation une pellicule mince, souple, non friable, qu'on ne peut pas détacher par un lavage à l'eau, mais qu'on enlève facilement avec de l'alcool, de l'éther, de la benzine ou encore mécaniquement. Ces vernis protègent la peau contre l'air et les irritants extérieurs, ils exercent en outre une véritable compression mécanique... ce qui permet de les classer parmi les agents décongestionnants et antiphlogistiques.

« Unna a montré que si on compare ces vernis au point de vue de leur perméabilité à la vapeur d'eau, il faut en distinguer deux catégories nettement différentes. Le caoutchouc et la gutla-percha, aussi bien que le collodion, ne sont pas mouillés par l'eau à l'état liquide et lui opposent une barrière infranchissable : au contraire, ces corps se comportent de manière très dissemblable vis-à-vis de la vapeur d'eau.

« En effet, le caoutchouc et la gutta-percha sont imperméables aussi pour la vapeur d'eau et par conséquent pour la perspiration cutanée ; une pellicule de collodion, au contraire, loin de s'opposer à cette perspiration, la favorise plutôt; elle agit donc comme un revêtement de colle » (Leistikow). Néanmoins, les collodions sont parfois irritants el, sur une peau mal désinfectée, peuvent favoriser la production de pyodermites. On ne doit jamais appliquer les vernis insolubles sur une surface excoriée ou suintante.

De tous ces vernis, le collodion est le plus banalement connu (v. c. m.,

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1 2 » i

Vôuv. I*. M. C, I. II). On l'emploie soûl ou dilué avec de l'alcool el de l'éther, ou associé à l'huile de ricin (v. ibhl). au baume du Canada, à l'emplâtre simple. On lui incorpore de nombreux médicaments, acide salicylique, sublimé, acide pyrogallique, acide ehrysophanique, ichtyol, etc. Le collodion peut être rendu plus souple et moins rétractile par l'addition d'acétone. On obtient ainsi des pellicules, moins irritantes et susceptibles de servir de véhicules aux mêmes substances actives :

Fulmicoton 6 grammes.

Acétone ) ,n

Ether alcoolise \

Huile de ricin 8

(Pellicule adhésive de Vicier.)

Le fllmogène de Schiff est une préparation analogue, consistant en une solution de celloïdine dans l'acétone, avec addition d'un peu d'huile.

La traumaticine est une solution de gutta-percha dans du chloroforme (1 pour 10). Elle forme un enduit moins rétractile que le collodion et moins irritant. On lui incorpore aussi divers médicaments, notamment l'acide pyrogallique et l'acide chrysophanique : cette dernière préparation (1 pour 10) est employée couramment dans le traitement du psoriasis. Peutêtre agit-on plus énergiquement en badigeonnant préalablement les plaques avec une solution du médicament, que l'on recouvre, après dessiccation, de traumaticine simple.

Signalons encore le vernis de gaïac :

Résine de gaïac 10 grammes.

Alcool 50

(Leistikow) et le vernis de gomme-laque :

Gomme laque 5 grammes.

Huile de ricin 1

Alcool absolu 15

(Leistikow.)

Les emplâtres et sparadraps. — Il a été question plus haut des emplâtres comme excipients de pommades. Mais leur usage beaucoup plus ordinaire est de servir à la confection des sparadraps ou épithèmes, communément appelés eux-mêmes emplâtres : ce sont des tissus enduits sur une de leurs faces, moins souvent sur les deux, d'une couche plus ou moins épaisse de masse emplastique susceptible d'adhérer fortement à la peau.

Les anciens emplâtres du Codex contiennent de la litharge et del'axonge (emplâtre simple, voir plus haut) avec des substances diverses et le plus souvent des résines variées. Tels sont le diachylon, l'emplâtre de Vigo, déjà cités. Le sparadrap ou emplâtre rouge de Vidal a pour formule :

Minium 2 gr. 50

Cinabre 1 gr. 50

Emplâtre diachylon 20 grammes.

Celui à l'huile de foie de morue :

Emplâtre simple à l'huile de foie de morue 600 grammes.

Cire jaune 250 —

Huile de foie de morue 550 —

(Vidal.)

1 2 55 Peau (Thérapeutique dermatologique).

Mais les emplâtres classiques sont altérables, deviennent secs et cassants, irritent les téguments. Aussi sont-ils aujourd'hui à peu près délaissés en faveur de préparations nouvelles. Telles sont les mousselines-emplâtres d'Unna. Elles consistent en un tissu de mousseline, rendu imperméable par une couche de gutla-percha aussi mince que possible; sur cette couche est étalée la quantité voulue du médicament actif, associée à un excipient aussi peu abondant que possible, mais suffisant pour donner du corps à la masse et la rendre agglutinative : l'excipient se compose d'adeps lame iwoc une petite quantité de caoutchouc. Le dosage du médicament est réglé par la quantité étalée sur 1 mètre de bande (de !20 cm. de large). D'après Leistikow, les produits obtenus ainsi ont deux avantages : l'un qui tient au tissu, absolument imperméable et complètement plastique, l'autre qui tient à la masse, laquelle est dépourvue de toute résine et n'est, par conséquent, pas irritante.

Les mêmes qualités caractérisent les emplâtres et épithèmes modernes devenus courants en France. Ils ont des excipients composés, d'une façon générale, de vaseline ou de lanoline caoutchoutée, avec un peu de cire, d'ordinaire à l'exclusion des résines irritantes, — mais variant infiniment suivant les fabricants : vaseline, cire ou résine et caoutchouc (Cavaillès), — gomme dammar, lainine, poudre d'iris et caoutchouc (Vigier), — produits divers avec ou sans caoutchouc" (Debuchy), etc., etc. Les emplâtres de l'hôpital Saint-Louis sont fabriqués suivant les mêmes indications; ainsi le sparadrap à l'oxyde de zinc a pour formule :

Emplâtre simple 720 grammes.

Cire jaune 400 —

Lanoline caoutchoutée 1800

Oxyde de zinc 600

On trouve couramment dans le commerce les emplâtres à l'oxyde de zinc au l/10e, à l'oxyde de zinc et à l'acide borique au l/10e, à l'oxyde de zinc et à l'acide salicylique au 1/50', à l'oxyde de zinc et à l'essence de menthe, à l'huile de foie de morue pure ou avec 1/20° de naphtol ou l/100c d'acide phénique, à l'huile de cade au 1/10°, à l'acide salicylique au 1/1 0e, ou au 4 /20e, au savon noir, à l'acide borique au 1 /10e, à l'acide pyrogallique au 1/10'* ou au l/20e, à la résorcine et à la créosote, ou à Tichtyol, ou à la créosote et aux acides pyrogallique et salicylique, à l'iodoforme au 1/101 ainsi que le Yigo et l'emplâtre rouge de Vidal. Ces emplâtres, faits sur des tissus très souples de lin, decoton ou même de soie, que l'on peut choisir de la couleur de la peau, se moulent bien sur les parties et sont adhésifs, non irritants, parfaitement occlusifs et inaltérables. On fabrique des emplâtres fenêtres pour les cas où on désire une occlusion moins complète.

Quelle que soit leur composition, les emplâtres réalisent l'occlusion la plus complète de la peau, où se produisent une sorte de macération et un œdème des parties sous-jacentes qui favorisent la résorption des médicaments. Aussi sont-ils, de tous les modes d'application, ceux qui en permettent l'action la plus profonde. C'est dire qu'on ne doit pas les appliquer sur des lésions suintantes, enflammées, irritables; ils conviennent, au contraire, aux lésions anciennes, profondes ou hyperkératosiques, torpides.

PRINCIPAUX MÉDICAMENTS USITÉS EN DERMATOLOGIE. — Acide acétique (y. c. m., t. I). — Acide acétique cristallisable ou glacial, liquide incolore cristallisant par le refroidissement en lamelles fusibles à 10°. — Acide acétique dilué, 10 pour 100 du précédent. Le vinaigre de vin contient environ 7 à 8 pour 100 d'acide acétique ; dans les vinaigres pharmaceutiques. on en ajoute souvent 2 pour 100. — On emploie encore le vinaigre de bois ou acide pyroliqueux, le vinaigre aromatique.

L'acide acétique est caustique, on s'en sert notamment contre l<\s verrues. A des titres divers, il sert de kératoly tique (acné, pigmentations, etc.). On en fait des pommades plus ou moins fortes, de 1/3 à 1/5, 10 pour 100 dans la pâte d'Unna :

Acide acétique 10 grammes.

Soufre précipité .... '20

Glycérine 50

Petites verrues, verrues planes (Kaposi).

Acide acétique 5 grammes.

Terre fossile Kl

Mélanger au mortier et ajouter :

Lanoline pure 25 grammes.

Vaseline 10

Pâte acétique stlicieuse (Unna, Leistikow).

Solutions fortes, voire acide pur pour révulsion sur les plaques peladiques.

Acétates, voir Alumine, plomb, zinc.

Airol (v. c. m., t. I).

Alcool éthylique, voir plus haut (topiques liquides) et t. 1, Alcool.

Alumine, oxyde d'aluminium. — Astringent, peu usité (fait partie de quelques liniments).

Acétate d'alumine. Solution de Burovv :

Alun 5 grammes.

Acétate de plomb 25

Eau ordinaire 500

Agiter avant l'usage pour mettre en suspension le précipité de sulfate de plomb.

Diluée à 10 ou 20 pour 100, s'emploie en lotions pour assécher les surfaces dans les dermatoses inflammatoires aiguës.

Acéto-tartrate d'alumine. Asol antiseptique, astringent, soluble dans son poids d'eau. — Solutions, 1/2 à 5 pour 100.

Borostannate, Cutol, ici., poudre ou pommade à 10 et 20 pour 100.

Borotartrate, boral, id., pommades à 10 pour 100.

Sulfate, très soluble, astringent. Solutions de 1 à 10 pour 100.

Sulfonaphtolate. V. Alumnol.

Alumnol, sulfonaphtolate d'alumine. — Poudre blanchâtre soluble dans l'eau, dans l'alcool chaud, la glycérine, insoluble dans l'éther. Légèrement antiseptique; astringent, dessiccalif, vaso-constricteur, réducteur. Solution, 1 à o pour 100 en compresses (légèrement irritant à 5 pour 100, non caustique à 10) ; 10 à 20 pour 100 dans poudres, 5 à 20 dans pommades; vernis, etc.

Alun, sulfate double d'alumine et de potasse (v. c. m., t. I). — Astringent puissant, cathérélique sur les muqueuses et les surfaces ulcérées ; coagule l'albumine sur les surfaces suintantes. Solution, 1 à 2 pour 100, pour

1 2 5 7 Peau (Thérapeutique dermatologique).

lotions, injections vaginales. Attouchements avec un cristal, sur les bourgeons exubérants.

Alun calciné en poudre, caustique faible. Alun calciné et poudre de Sabine, àa p. e., contre les végétations vénériennes.

Ammoniaque liquide (v. c. m., t. I). — Stimulant, dans frictions pour le cuir chevelu. V. Alopécies, t. I.

Chlorhydrate d'ammoniaque (v. c. m., t. I).

Antimoine {Chlorure). — Le protochlorure, trichlorure d'antimoine. (V. Antimoine, t. 1), beurre d'antimoine, est un caustique violent sur la peau dénudée. Dissous dans une petite quantité d'eau, il sert à cautériser les plaies venimeuses ; il faut le manier avec précaution, son action, comme celle de la potasse caustique, s'étendant facilement sur les côtés. Avec plus d'eau, il se décompose. Unna l'emploie dans le lupus, soit par xylopuncture, soit en pommades, emplâtres, etc. Son action serait plus durable que celle d'autres caustiques.

Trichlorure d'antimoine I ~ ^

....... aa w2 grammes.

Acide galicyhque \

Créosote de hêtre I ~ '

Extrait de chanvre indien )

Lanoléine 8

Appliquer une couche sur te placard, recouvrir d'emplâtre à l'oxyde de zinc et

laisser quelques heures, deux fois par semaine (Unna in Darier).

Anthrarobine. — Produit extrait de l'alizarine, poudre blanc jaunâtre, insoluble dans l'eau, soluble dans 10 parties d'alcool, de glycérine à 100°, de solution aqueuse de borax. Triturée dans l'huile, elle peut être mêlée aux graisses pour faire des pommades.

Agent réducteur puissant, surtout après une friction au savon noir; moins pourtant que la résorcine à haute close ou la chrysarobine à dose faible (Lestikow).

Solution alcoolique, pommades (10 à 20 p. 100).

Argent (v. c. m., t. I). — Nitrate d'argent, médicament très important en dermatologie : antiseptique puissant, modificateur et caustique, pelliculigène. S'emploie en substance (cristaux ou crayons), en solution aqueuse, plus rarement en solution alcoolique ou en pommade (V. loc. cit.).

On corrobore quelquefois la cautérisation par le passage du crayon de zinc (V. plus haut, médicaments solides). Sur les plaques muqueuses, Jullien passe d'abord de l'acide chromique à 2 p. 100, puis le crayon de nitrate : il se forme un chromate d'un beau rouge pourpre.

Protéinate d'argent, protargol. — Soluble dans c2 parties d'eau, ne précipite pas l'albumine : donc, non pelliculigène. Lotions, badigeonnages (solution glycérinée), pommade à 10 pour 100, crayons à 5 pour 100. Moins irritant que le nitrate, mais moins actif.

Aristol (v. c. m., t. I). — Antiseptique, succédané de l'iodoforme. Réducteur, fortement d'après certains auteurs, faiblement d'après Leitikow. Dermato-plaslique, excite fortement le bourgeonnement des plaies lorpides. (Darier Ta vu, sur un herpès, causer une induration pouvant faire errer le diagnostic.) Poudre, pommade 110.

Arsenic et Arsenicaux (v. c. m., t. I). — Acide arsénieux, arsenic blanc

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1 2 5 s

C'esl presque le seul composé arsenical utilisé dans les traitements externes ei uniquemenl comme caustique. On l'emploie sous forme de solutions, pommades, pâles.

La liqueur de Fowler (arsénite de potasse) (V. loc. cit.), appliquée localement, est un caustique superficiel. — Le caustique de Czerny et Trunecek (Y. Peau : tumeurs épithéliomas, — t. IV) est une solution hydro-alcoolique d'acide arsénieux. En pommade, on met I d'acide pour 8 d'axonge; souvent on l'associe à l'onguent' gris (Leistikow). — Les pâtes arsenicales sont légions : le caustique classique du frère Corne se prépare en délayant dans un peu d'eau une poudre composée de 1 gramme d'acide arsénieux, 5 de cinabre, 2 d'épongé calcinée. — Lu pâte de Hebra se formule :

Acide arsénieux 0 itv. ■"•'»

Cinabre 10 ^r. 50

Pommade émolliente. . 7 g\\ 50

(La « pommade émolliente » est un cold-cream.) Cette pâte est un caustique énergique et douloureux, qui a le défaut d'être inégal dans ses effets; elle n'entame pas la peau normale. On peut l'associer à 2 pour 100 avec l'onguent gris ou le savon mercuriel (Zeissl).

Oléate d arsenic. — S'emploie en pommade à 1 partie pour A ou 9 de graisse : caustique sur la peau dénudée, n'attaque pas l'épiderme intact.

Sulfure d'arsenic. — h'orpiment (sulfure jaune d'arsenic) a été employé comme épilatoire : épilatoire de Plenck, en délayant une poudre de 4 grammes de sulfure, 40 d'amidon, 00 de chaux vive. Il est assez analogue au « rusma » des Turcs.

Baryum (Sulfure). — Mêlé à de la farine et de l'eau sous forme de pâte, il dégage de l'hydrogène sulfuré et produit des polysulfures : c'est un excellent dépilatoire (Leistikow).

Baume du Pérou, V. Baumes, t. I.

Baumes du Commandeur, id.

Baume de Fioravanti, id.

Baume Nerval, id.

Baume Tranquille, id.

Baume de Styrax (Styrax liquide). — Résine tirée du liquidambar orientalis. Sert pour le traitement de la gale : 2 parties pour une d'huile, ou associée au baume du Pérou, avec ou sans naphtol. — Onguent Styrax du Codex, étendu de 2 parties d'huile, contre la gale.

Belladone (Extrait) (v. c. m., t. I). — Bon sédatif, agit même sur la peau intacte (Leistikow). Pommade, 3 à 15 pour 100.

Benjoin (v. c. m., t. I). — Balsamique, excitant, antiseptique et désinfectant doux. Teinture alcoolique à I pour 5, sert à conserver les corps gras (axonge benzoïnêe,.^ gr. p. 1 kg); peut servir d'excipient à divers médicaments ; forme en séchant une sorte de vernis ; se précipite au contact de Teau. Elle entre dans la composition de pommades (10 à 20 pour 100) contre les crevasses et les engelures, de divers cosmétiques :

Teinture de benjoin 10 grammes.

Eau de roses, ou de melillot ou lait d'amandes 400 " —

Agiter ( tait virginal)

Peau (Thérapeutique dermatologique),

de vernis antiseptiques, adhérant sur la peau et les muqueuses

laque puri-

Késine copal dur

Benjoin

Baume de Tolu .

Éther officinal . .

Essence de thym Naphtol y. . . . .

ÔO

(Adhésol.)

Oolllllie

fiée 270 grammes.

Benjoin purifiant ... 10 —

Baume de Tolu puri-

Qé . 10

Acide phénique cristallisé 100

Essence «le cannelle de

Chine <>

Saccharine 0

Alcool à 90°. Q. s. pour. 1 litre.

(Stérésol.)

Bismuth (v. c. m., t. I).

Carbonate de bismuth (Sous-carbonate). — Mêmes emplois que le sousnitrate.

Iodure de bismuth. — Précipité lourd, rouge brique : s'emploie comme succédané de l'iédoforme.

Oxyoidogallate de bismuth, V. Airol.

Sous-gallate de bismuth, Y. Dermatol.

Sous-nitrate de bismuth (Azotate basique). — Décolorant, désinfectant doux, dessiccatif. Poudres, seul ou associé à d'autres poudres inertes (talc, oxyde de zinc, amidon, etc.) ou actives. Pâtes, pommades (v. loc. cit.). Fait partie de nombreux cosmétiques (blanc de fard).

Oxychlorure de bismuth. — Masque le pigment cutané, excellent fard. Pommades, savons, poudres (5 et 10 pour 100) (Unna)-

Salicylate de bismuth employé contre Thyperidrose (V. loc. cit.)

Bleu de méthylène (v. c. m., t. II). — Antiseptique, employé dans les plaies atones, les chancres mous, les impétigos et folliculites. Semble particulièrement efficace contre l'association fuso-spirillaire (angine de A incent, etc.). Dans la stomatite mercurielle, on porte directement, avec une baguette garnie de coton, le bleu en poudre sur les points exulcérés, puis on rince énergiquement (employer du bleu très pur, et s'assurer d'abord qu'il n'y a pas d'albuminurie). — Dans les eczémas, la période très aiguë passée, Brocq se sert non des solutions fortes ( 1/ 100 à 1/25), souvent irritantes et exposant à des intoxications, mais de solutions entre 1/500 et 1 250, en badigeonnages. Sur les placards nummulaires rebelles, les eczémas séborrhéiques des plis, le bleu a une influence modificatrice et dessiccative remarquable. — Sur les folliculites, badigeonnages plus forts, pommades supportées par des pyodernites que les autres irritent :

Bleu de méthylène.

Eau distillée. . . .

Incorporer à :

Lanoline anhydre. .

Verser dans un mortier

Oxyde de zinc . . .

Sous-nitrate de bisn El ajouter :

Vaseline

2 grammes.

iiï li

(Thorel, du

Borique (Acide) (v. c. m., t. 11). — Antiseptique doux, légèremenl kératoplastique. Employé en lotions, pulvérisations, pansements humides, poudres, pommades, glycérolés, etc. — Si anodin qu'il soit, il peut irriter certaines peaux particulièrement délicates. Brocq l'emploie alors, dans les

solutions, avec parties égales de borax et de bicarbonate de soude. Darier leur substitue le boro-borate de soude (boro-borax, boricine, v. c. m., ibid.). Celui-ci est beaucoup plus soluble, l'eau froide en dissout 16 pour 100 au lieu de 4.

Borate de soude, borax (v. c. m., L. II). — Alcalin très doux, légèrement astringent, un peu kératolytique. Saponifie les graisses de la peau et empêche l'oblitération des pores. Antiseptique faible.

Solutions aqueuses (l à 40 gr. par litre), poudres, pales, pommades.

Perborate de soude (v. c. m., ibid.).

Camphre (v. c. m., t. II). — Très kératoplastique, analgésiant. Sur les plaies, irritant, stimulant et antiputride, transforme les ulcérations torpides en surfaces bourgeonnantes. Action contre le lupus (Unna). Poudres, solutions huileuses, huileuses éthérées, pâtes, pommades, mousseline, pommades au camphre ou au chloral et au camphre (Leistikow). L'alcool camphré (10 pour 100) pur ou dilué, en lotions, fomentations, pansements occlusifs, etc., est antiprurgineux, décongestionnant; antiseptique et cicatrisant.

Le camphre, trituré avec le phénol et divers corps analogues, donne des mélanges liquides, sirupeux, puissamment antiseptiques tout en étant relativement peu toxiques et peu irritants : Phénol camphré (parties égales), sans la causticité du phénol pur; Naphtol camphré (2 parties de camphre pour 1 de naphtol p) (v. c. m., t. V); Salol camphré (2 de camphre pour ô de salol), etc.

Cantharides. — Teinture à 1/10, irritant local, allant jusqu'à la vésication (V. Vésicatoires, t. VIII). Vésicatoire liquide de Bidet (cantharides 1000 gr., chloroforme Q. S. pour 1000 gr.de produit, cire 5 gr.), pur ou plus ou moins étendu de chloroforme, sert à exciter les plaques peladiques. — Frictions excitantes pour tout le cuir chevelu (5 à 20 pour 100). Pommades (Pommade de Dupuytren), etc.

Capsicum annuum {Piment rouge). — Teinture alcoolique, rubéfiante et révulsive, comme la précédente, 10 pour 100 dans frictions pour le cuir chevelu. Pommades. Crayon révulsif.

Carbone. — Sulfure de carbone, liquide incolore, mobile, peu odorant (l'odeur infecte qu'il présente souvent tient à des impuretés), bouillant à 46° ; très peu soluble dans l'eau ; dissout l'iode, le phosphore, le caoutchouc, et surtout le soufre (57 pour 100 à 15") et les graisses. Extrêmement inflammable — plus que l'éther; — ses vapeurs, qui forment avec l'air un mélange explosif, sont lourdes et se répandent en coulant pour ainsi dire à faible hauteur, d'où danger de son emploi.

Antiseptique, désinfectant, révulsif, de contact cuisant sur la peau; très bon dégraissant, peut servir de véhicule au soufre pour constituer des lotions extrêmement actives (séborrhée).

Acide carbonique solide (v. c. m.). (Supplément.)

I 26 1 Peau (Thérapeutique dermatologique).

Cévadille, iVuil du veratrum officinale:eiï infusion dans du vinaigre, serl à détruire les pous de tête (Leistikow).

Chaux [oocyde de calcium) (v. c. m., t. II).

Chaux vive. — Caustique énergique. Caustique de Vienne, caustique de Filhos. (V. loç. cit.)

Eau de chaux (/'/.). Alcaline, dégraissante, rafraîchissante et antiphlogistiqué; légèrement kératoly tique. Employée dans les lotions, dans la confection du Uniment oléocalcaire et des crèmes rafraîchissantes à la lanoline (voir plus haut, crèmes et pâtes).

Carbonate de chaux, craie préparée (id.). — Absorbant doux : poudres, pâles (fait partie de l&pâte molle d'Unna). (V. plus haut.)

Chlorure de calcium. — N'est pas employé pur, à cause de son énorme avidité pour l'eau; solution à 5 ou 10 pour 100; eau mère de Kreuznach. En pansements humides occlusifs, pénétrant dans la couche cornée, il enlèverait de l'eau aux couches sous-jacentes, d'où affaissement du corps papillaire; puis, s'il envahit le derme, il causerait un gonflement œdémateux pouvant aboutir à la nécrose (Lier). On obtient l'effet desséchant superficiel par les bains frais courts, les pâtes peu grasses; le gonflement et le ramollissement plus profonds avec les bains chauds, les pansements occlusifs, les pommades de lanoline (Leistikow).

Iodure de chaux. — Antiscrofuleux, entre dans des pommades.

Permanganate de chaux, Y. Manganèse.

Sulfure de calcium, V. Soufre.

Chlorhydrique (Acide) (v. c. m., t. II). — Rarement employé à l'état pur (caustique fort). Un peu plus souvent dilué, comme kératoly tique et dessiccatif, en bains de pieds ou sous forme de pommade (Leistikow).

Chromique (Acide) (v. c. m., t. II). — Caustique énergique, attaquant la peau saine : Unna le classe dans les caustiques oxygénés. — Les solutions étendues ne sont pas caustiques, mais durcissent et dessèchent les tissus (Hyperidrose. etc. V. loc. cit.).

Chrysarobine, acide chrysophanique (v. c. m., t. 11). — La eltrysarobine est le principe actif de la poudre de Goa, de pureté et d'activité inégales; Yacide chrtjsop/iani</ue, produit de son oxydation à l'air, est un corps défini, mais contient généralement de la chrysarobine non oxydée. Les deux corps sont donc pratiquement équivalents (Darier). Ils sont insolubles dans l'eau, l'alcool, les matières grasses ; solubles clans le chloroforme, la benzine, les solutions alcalines. La chrysarobine est un réducteur extrêmement énergique, kératoplastique. et fortement irritant à haute dose ; on ne doit pas l'appliquer sur la peau excoriée. Elle teint les cheveux en roux; il ne faut d'ailleurs l'employer sur la tête qu'avec des précautions spéciales, car elle détermine des conjonctivites sérieuses; aux parties génitales, dans les plis où la sueur devient alcaline, son usage doit également être très prudent. Elle peut produire un érythème e/rrysophaaique intense ; cet érythème modéré, autour des points traités, qui parfois sont décolorés, est, au contraire, à rechercher dans certaines affections (psoriasis).

La chrysarobine s'emploie à la dose de 2,50 et même 10 ou 20 pour 100 sous forme de pâtes, pommades, crayons, emplâtres, vernis insolubles ou

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1 2 » > 2

solubles : solution chloroformique à l/8e ou 1/10' pour badigeonner les plaques de psoriasis décapées, que l'on recouvre ensuite; de traumaticine.— ou traumaticine chrysophanique à l/10e. Pommade :

Vaseline 30 grammes.

Oxyde de ZU1C 3

Chrysarobine 0 gr. 50

I Sabouraud.)

Contre la Iriehophytie inguinale.

< !raypn de pommade :

Chrysarobine 3 gr. 50

Paraffine > ~ o

. aa 2 st. .»(>

Beurre de cacao )

Vaseline 1 gr. 50

Pelade, teignes. (Galewsky, Hallopeau.i

Créosote (v. c. m., t. II). — Insoluble dans l'eau, soluble dans lalcool, l'éther, la glycérine. Appliquée sur la peau, produit une cuisson vive et à la longue une brûlure. Sur la peau dépouillée de son épidémie, elle a un pouvoir analgésiant énergique : c'est pourquoi on l'incorpore aux emplâtres salicylés forts (Leistikow). Elle est antiprurigineuse, astringente, antiseplique ; elle détruit le tissu lupique. Pommades, emplâtres, etc.

Cuivre, sulfate de cuivre (v. c. m., t. II). — Antiseptique, astringent. La formule de Veau cV Alïbouv a été donnée à l'article Impétigo (t. IV).

Dermatol (Sous gallate de bismuth) (v. c. m., t. II). — Succédané de riodoforme.

Diiodoforme (Ethylène période). — Corps jaune insoluble, inodore, succédané de riodoforme, s'emploie de même.

Eau oxygénée, bioxyde d'hydrogène (V. Asepsie et Antisepsie, t. I. Oxygène, t. VI). — L'eau oxygénée H202, à son maximum de concentration, est un liquide sirupeux de densité 1,452, encore liquide à — 30°, se décomposant déjà sensiblement à -4-20°. Elle contient un volume d'oxygène égal à 475 fois le sien. Elle est miscible à l'eau en toutes proportions, et se décompose à une température d'autant moins basse qu'elle est moins concentrée : étendue d'eau de façon à ne contenir que 10 fois son volume d'oxygène, elle résiste à 00° ; les acides minéraux augmentent sa stabilité. C'est le volume de l'oxygène dégagé dans la décomposition, comparé au volume de la dilution, qui mesure sa richesse. Ueau oxygénée officinale doit dégager 12 volumes. C'est un oxydant énergique, d'où ses propriétés antiseptiques, décolorantes et dermoplastiques. L'eau oxygénée du commerce étant souvent acide, on la rend moins irritante en la neutralisant avec du borate de soude. — Pour le lavage des plaies on se sert de solutions étendues à 2 ou ô volumes, jusqu'à 10 dans quelques ulcères chroniques. Contre les pigmentations anorma, lotions, pommades auxquelles on peut ajouter de la résorcine, du sublimé, etc. Le meilleur excipient est la lanoline :

Lanoline 5 grammes.

Vaseline . 10

Eau oxygénée 20 à 40 —

( Leistikow. j

Europhène (y. c. m., t. III). — Dessicatif énergique, un des meilleurs

succédanés de riodoforme.

1 2 6 r> Peau (Thérapeutique dermatologique).

Ether sulfurique. V. plus haut (Topiques liquides).

Fer, v. c. m., t. III.

Sous-carbonate de fer. — Nom impropre donné au sesquioxyde de fer hydraté mêlé d'un peu de sous-carbonale de sesquioxyde (Safran de mars apéritif) : poudre rouge employée dans le traitement des ulcères de-jambe.

Perchlorure de fer. — Soluble dans 2 parlies d'eau ; solution officinale à 26 pour 100. Astringent, même caustique : n'attaque la peau saine qu'après une application prolongée. Coagulant, hémostatique classique, auquel on préfère aujourd'hui l'antipyrine, la gélatine, etc. On emploie la solution de I à 20 pour 100..

Tartrale ferrico-potassique. — La solution à 40 pour 100 a été employée pour panser les chancres phagédéniques et en modifier la surface.

Formol, aldéhyde formique, formaldéhyde, forma Une. — Gaz soluble dans l'eau et l'alcool; solution commerciale à 40 pour 100. — Antiseptique puissant ; dessiccatif et kératoplastique, diminue les sécrétions, notamment la sueur. Solutions pour pansements, de 1 pour 4000 à 1 pour 1000, cette dernière est déjà irritante. — 1/2 à 2 pour 100 dans les frictions pour le cuir chevelu. — Savons (Umia), pommades.

Gallocétophénol. — Trioxybenzol voisin de l'acide pyrogallique, poudre jaunâtre peu soluble dans l'eau froide, soluble dans l'eau chaude, l'alcool, l'éther, la glycérine, ou par l'addition d'acétate de soude. Réducteur, moins énergique que le pyrogallol.

Gallanol. — Dérivé de l'acide gallique ; sel grisâtre soluble dans l'alcool, le chloroforme, la traumaticine. Réducteur, non toxique, ne salit pas la peau. Vernis, pommades : 5 à 10 pour 100.

Qallabromol, acide dibromogalliqiie. — Poudre d'un blanc jaunâtre, soluble dans l'eau surtout froide, l'alcool, l'éther. Dessiccatif, antiphlogistique : pansements humides occlusifs à I ou 2 pour 100; poudres, pâtes, pommades, de 1/2 à 5 pour 100.

Goudrons. — On emploie en dermatologie : 1° le coaltar, goudron minéral tiré de la houille ; 2° le goudron végétal proprement dit, qui vient du pin maritime (nous signalerons seulement les goudrons analogues tirés d'autres conifères, du hêtre et même du chêne); 5° le goudron ou huile de bouleau; \n enfin et surtout le goudron de genévrier ou huile de cade.

Tous ces goudrons sont des agents fortement réducteurs, agissant suivant le schéma indiqué plus haut (V. Action* chimiques des médicaments) et par suite puissamment kératolytiques, décongestionnants et résolutifs, antiprurigineux, mais aussi capables d'effets irritants.

Peu ou point solubles dans l'eau, à laquelle ils abandonnent pourtant quelques éléments (eau de goudron), les goudrons peuvent y être émulsionnés au moyen de savon noir, de saponine ou préparations de quillaya, ou dissous moyennant divers artifices, dans les opahds par exemple (V. plus haut, Topiques liquides); on les utilise ainsi en lotions, compresses, pansements, bains, etc.; ils sont plus ou moins complètement solubles dans l'alcool, l'éther, l'acétone, la benzine, les huiles fixes et volatiles, et miscibles aux graisses : d'où leur incorporation dans toutes les pommades, les pâles. savons, vernis solubles et insolubles, emplâtres, ete.

Peau (Thérapeutique dermatologique),

Coaltar (v. c. m., t. Il), goudron de houille. — Presque abandonné pour sa consistance, sa couleur noire, son odeur, le coaltar est quelque peu rentré en laveur. Si Sabouraud ne lui accorde qu'une activité médiocre, Leistikow le considère comme puissant réducteur, pénétrant et d'action antiprurigineuse particulièrement durable : il emploie la teinture, plus maniable.

Coaltar

Alcool à (.».V • • Ether sulfurique

30 gramm 20 ' H) (Leistikow

Coaltar 10 grammes.

Benzol 20

Alcool 70

(FlSCHL.)

Sans parler des autres préparations indiquées ci-dessus, Leistikow considère comme le meilleur excipient l'onguent de caséine, en le mélangeant à une solution dans l'étheret le benzol (10, 20, 50 pour 100). — En France, la préparation classique est le coaltar saponiné (Y. loc. cit.).

Teinture de saponiné 120 grammes.

Coaltar 5

(Le Beuf, Codex.)

C'est le seul goudron saponifié que l'on trouve couramment dans le commerce ; d'où son emploi en lotions : l cuillerée à soupe par litre dans l'eau de lavage, ou lotions plus concentrées, 25 pour 100 par exemple, actives, mais irritantes — ou accessoirement dans des lotions complexes (V. Alopécies, t. I). — Plus récemment, on l'a, avec succès, employé pur en badigeonnage dans l'eczéma (v. c. m., t. III).

Goudron végétal proprement dit (v. c. m., t. IV), goudron de pin de Norvège ou des Landes. — Demi-liquide, il est moins employé en France que l'huile de cade ; il est moins odorant qu'elle, d'où certains emplois (au visage par exemple). Il se prête, en toutes proportions, à toutes les préparations indiquées plus haut.

Cérat soufré 40 grammes.

Goudron purifié .... 2

Calomel 1

Acné du visage (Sabouraud).

Goudron o à

Savon d'axonge. .

20 grammes.

(Leistikow. i

Huile de bouleau. — Succédané de l'huile de cade, mais beaucoup moins employée que celle-ci, l'huile de bouleau lui est souvent associée, en petite quantité, pour en masquer l'odeur par son parfum de cuir de Russie :

Huile de bouleau brune 2 grammes.

Huile de cade 15

Beurre de cacao 17

Axonge 10

(Sabouhaud.)

Huile de cade (V. Cade, t. II), huile de cade vraie, pour la distinguer de Y huile de cade des vétérinaires, qui est le liquide surnageant sur le goudron de bois dans les réservoirs où on le recueille. L'huile de cade est, de beaucoup, le goudron le plus employé en dermatologie, en France du moins. Non seulement c'est le remède classique du psoriasis, mais on la prescrit dans toutes les affections squameuses, les eczémas (la période aiguë passée), les affections du cuir chevelu, etc., etc. Toutes les formes pharmaceutiques lui sont applicables et on la dose en toutes proportions, depuis les topiques

1265 Peau (Thérapeutique dermatologique).

Huile de cade. . . 15 grammes

Lanoline 15 à 30

1res faibles (glycéré à 1/30, Besnier) jusqu'à l'huile pure en badigeonnâmes. Il nous suffira donc de donner quelques exemples :

Huile de cade 100 grammes.

DécoctioD de quillaya 30

Jaune d'oeuf n° 1

Eau distillée. Q. S. pour 250 grammes.

Pour un bain: ou une cuillerée à soupe par litre pour lotions (Sabouhaud).

Huile de cade. • • • ;

Beurre de cacao . . y Sa 10 grammes

Vaseline

(Id.).

mélanges auxquels on peut adjoindre acide pyrogallique, acide salicylique, résorcine, mercuriâux, etc., etc. (V. encore Alopécies, loc. cit.)

Citons encore les glycérolés cadiques de Vidal (V. loc. cit. et Psoriasis, t. VII). Dans les glycérolés, comme dans les préparations aqueuses, l'huile doit être émulsionnée au moyen de savon ou de quillaya.

L'huile de cade étant désagréable par son parfum, on a cherché à la désodoriser : en extrayant, par exemple, les principes odorants par distillation à basse température. On obtient ainsi des poix encore actives, bien qu'un peu moins, conslituant avec la vaseline des pommades plus poisseuses. Traitée par la potasse, elle donne une poix peu odorante (junipérine d'Adiran, oxycêdrine de Cavaillès).

Hydroquinone. — Isomère de la résorcine ; réducteur très énergique, peut remplacer l'acide pyrogallique, avec l'avantage d'un pouvoir tinctorial moindre (Sabouraud).

Hydroxylamine (Chlorhydrate d'). — (Eichhoff, Blaschko). Réducteur fort. Solution aqueuse faible, pommade à la lanoline (I ou 2 pour 100) dans le psoriasis.

Ichtyol ( Sut foichtyolate d'ammonium) (v. c. m., t. IV). — Réducteur énergique, peut-être en partie par le soufre qu'il contient; décongestionnant, kératoplastique, antiseptique; dissipe rapidement la pigmentation produite par les autres réducteurs (Leistikow). S'émulsionne dans l'eau, soluble en partie dans lalcool ou l'éther, totalement dans le mélange des deux, miscible à toutes les graisses : s'emploie pur, en émulsions aqueuses (lavages, pulvérisations, pansement, en solutions alcooliques :

Ichtyol 5 grammes.

Alcool J~ ka

T-,., > aa oO

Ether )

Pour badigeonner la figure (séborrhée). (Sabouraud).

en pommades (10 ou 20 pour 100), pâtes, crayons, savons, vernis, emplâtres, etc.

Iode et Iodiques (v. c. m., t. IV).

Iode (Iode métallique). — La forme pharmaceutique la plus usitée est la teinture d'iode, à 1/10 (Codex 1908), en badigeonnages : révulsion, employée comme résolutif, — antiseptique énergique (désinfection chirurgicale), antiparasitaire, élimine de plus les parasites avec l'épiderme desquamé : épidermomycoses (pityriasis versicolor, érythrasma, etc.); il faut faire des frictions rudes; mais étendre, de préférence, d'alcool ou d'eau de Cologne (4/5 à 1/20

N«« I\ .M. C. — Suppl. 80

de teinture suivant les affections et les régions), car la teinture d'iode est très irritante el peul déterminer des dermites. — Touche au pinceau sur les furoncles naissants: Yacétone iodé est préférable (2 pour 5). — Solution iodoiodurée de Lugol :

Iode 1 gramme.

[odure de potassium k2 grammes.

Eau 200

Iji badigeonnages, ou étendue, en lotions.

Pommades iodées (1 à 5 pour 100), dans un but résolutif. Vasogène iodé (3 à 7 pour 100), mieux absorbé (Leistikow) (adénites, névralgies spécifiques, etc.).

Iodure de plomb. -- Résolutif, astringent : pommade à 1/10, emplâtres. (Dermatoses chroniques).

Iodure de potassium. — Pommades résolutives (1/10), glycéré.

Iodoforme (v. c. m., t. IV). — Dessiccatif, kératoplastique de premier ordre.

Iodol. — Poudre gris brunâtre, sans odeur, soluble dans l'éther. Succédané de Tiodoforme.

Lactique (Acide) (v. c. m., t. V). — Caustique faible qu'Unna rapproche de l'acide acétique; employé en nature, il détruit les tissus morbides en respectant les tissus sains (attaque pourtant la couche cornée, d'après Unna) ; solutions aqueuses, pâtes, pommades (ulcérations, tuberculeuses particulièrement).

Lénigallol (Triacftate de pyrogallol). — Poudre blanche, insoluble dans l'eau. Succédané du pyrogallol : pommade (10 à 30 pour 100 contre psoriasis), colles, etc.

Losophane (Tri-iodo-crésol). Soluble dans l'éther, plus difficilement dans l'alcool et les huiles grasses à 60"; renferme 60 pour 100 d'iode. Solution alcoolique à 1 pour 100, pommades à o pour 100, contre les dermatomycoses, les dermatoses très infiltrées ; n'irrite pas la peau (Leistikow).

Menthol (V. Menthe poivrée et menthol, t. V). — Antiprurigineux par excellence. Il s'emploie dans des poudres (1 à 6 pour 100), — en solution à 5 et même 10 pour 100 dans l'huile ou dans l'alcool, — en pâtes et pommades, "2 et jusqu'à 10 pour 100 d'après Leistikow, en général 1 pour 100, — dans l'onguent de caséine, 5 à 10 pour 100 (Leistikow).

Mercure et Mercuriaux (V. Mercure et ses composés, t. V).

Mercure métallique. — Pour les usages externes, le mercure s'emploie sous forme de pommade mercurielle, forte (onguent napolitain) à l/l et faible {onguent gris) à 1/8 : celui-ci servant comme parasiticide, le premier comme résolutif. Le mercure fait encore partie de Y emplâtre de Vigo (V. Emplâtres, t. III). Un grand nombre de produits ont été proposés pour remplacer l'onguent mercuriel : résorcine mercurielle (55 et 50 pour 100), vasogènes ou vasenols, pommades de savon mercuriels, etc. (V. plus haut).

Les oxydes et sels mercuriels sont d'un emploi banal en dermatologie, soit seuls, soit plus souvent encore comme addition à d'autres médicaments actifs (goudron, soufre, etc.). D'une façon générale — et sans parler de leur

1267 Peau (Thérapeutique dermatologique),

action spécifique contre les lésions syphilitiques — ce sont des réducteurs faibles, résolutifs, plus ou moins caustiques, cathéréliques ou astringents, parasiticides et antiprurigineux.

Oxydes de mercure. — On ne se sert guère que du bioxyde — soit préparé par voie sèche, oxyde rouge, précipité rouge, — soit par voie hutnide, oxyde jaune, précipité jaune ; tous deux très peu solubles dans l'eau. Celui-ci est plus usité par les dermatologistes, on l'ajoute à nombre de pommades complexes (soufre, goudrons, etc.) pour en renforcer l'action; il serait plus doux et plus constant dans ses effets: pommades et pâtes (l pour 100 à I pour 15), crayons, emplâtres. L'oxyde rouge est plus corrosif (Leistikow), s'emploie sous forme concentrée pour cautériser les ulcères de mauvaise nature, les verrues, — en poudre à 5 pour 100, — plus souvent en pommades, comme le précédent. D'après Sabouraud, il serait le mieux toléré à doses massives, et certaines pommades spécialisées vendues comme anodines en contiennent jusqu'à 10 pour 100. Les oxydes jaunes et rouges sont très en vogue pour les affections des paupières. Le bioxyde de mercure en suspension fait la base de l'eau phagédénique : (Verser, dans 120 grammes d'eau de chaux, 40 centigrammes de sublimé dissous dans une petite quantité d'eau distillée.)

Calomel, protochlorure de mercure. — On emploie le calomel à la vapeur, généralement préféré, et le précipité blanc. Il est insoluble dans l'eau, l'alcool, les corps gras. Poudre très fine, sur les ulcérations spécifiques; appliqué sur la peau dépouillée de son épiderme, il se transforme partiellement en sublimé, est dessiccatif, antiparasitaire, résolutif. Unna a fait construire un appareil pour projeter des vapeurs de calomel sur la peau. Le plus souvent, pommade (2 à 25 pour 100), pâtes, glycéré :

Glycéré d'amidon 88 grammes.

Calomel 12

(Hôpital Saint-Louis).

emplâtres, etc.

Sublimé, bichlorure de mercure. — Soluble, très toxique. N'attaque pas immédiatement la peau intacte, mais cautérise énergiquement la peau dépouillée de son épiderme, en se combinant aux albuminoïdes. En solutions étendues, employé surtout comme antiseptique; astringent, dessiccatif, résolutif. La solution courante à 1 pour 1000 {liqueur de Van Swieten) sert pour les lotions; elle est trop forte pour les pansements (dermites suppuratives, etc.) : l'étendre de 1, 2, voire 10 fois autant d'eau. — Pour lotions antiprurigineuses, antiparasitaires, solutions à 1/500, 1/300 au plus (Darier). Solution parasiticide, 1 gramme de sublimé pour 300 de vinaigre. On prépare encore des solutions aqueuses, alcooliques, éthéro-alcooliques, des pommades, pâtes, bâtons de pommades, liniments huileux, savons, vernis, emplâtres : ainsi, comme escharotiques (hyperkératoses, etc.), on peut employer des pommades ou mieux du collodion à 1/100 et même 1/50 (Darier). Se mettre toujours en garde contre les accidents locaux ou généraux d'intoxication. Cyanure el oxycyanure de mercure, biiodure de mercure, employés comme le sublimé pour la préparation de solutions antiseptiques. Pommade au cyanure à I p. 500.

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1268

Nitrates de mercure. -- Le nitrate mercureux, protonitrate, azotate de protoxyde de mercure, est soluble dans une petite quantité d'eau; mais dans une plus grande quantité il se partage en azotate acide et en sous-azotate jaune, insoluble {azotate basique, turbith vitreux). Le nitrate mercureux dissous est la liqueur de Belloste, très caustique, employée en solution aqueuse à 5 pour 100 ou en pommade à 5 ou 10 pour 100 contre les pigmentations anormales. Le turbith nitreux s'applique en pommade (I à 4 pour 100).

Le nitrate mercurique, deuto-nitrate, nitrate acide de mercure n'est guère utilisé qu'en solution. Le produit pharmaceutique est une solution con louant divers azotates avec un excès d'acide azotique. C'est un caustique violent, douloureux (ulcérations syphilitiques rebelles). On en fait des pommades avec vingt à trente gouttes pour 7)0 grammes d'excipient. L'onguent cîtrin, abandonné, doit ses propriétés anliherpétiques à un mélange d'azotates mercureux et mercurique.

Sozoidolate de mercure. V. plus bas (Sozoiodol).

Sulfures de mercure. — Le bisulfure rouge (cinabre) nous intéresse seul. Il a été très employé en fumigations contre la syphilis : les fumigations sont encore utilisées comme parasiticides (phtiriase du corps). Il doit être seul formulé dans les pommades qui renferment du soufre, car les autres mercuriaux donneraient avec ce corps un sulfure noir, produisant des colorations déplaisantes. On additionne de 1 pour 100 de cinabre, pour leur donner la couleur de la peau, les pommades ou pâtes destinées au visage. — Emplâtre rouge de Vidal. V. plus haut.

Turbith minéral, sulfate de mercure : pommades, 1 pour 20 à 50. Naphtalan. — Substance noire verdâtre, de consistance huileuse, épaisse comme de la vaseline, extraite desnaphtes du Caucase. Insoluble dansl'eau, la glycérine, l'alcool, soluble dans l'éther, les corps gras, le chloroforme. Succédané des goudrons, de l'ichtyol : antiseptique, antiparasitaire, antiphlogistique ; action insuffisante contre le psoriasis. Peut servir d'excipient pour les substances médicamenteuses; solutions huileuses à 2 pour 100, pommade 5 à 10 pour 100.

Naphtol (v. c. m., t. V). — Le naphtol a, peu employé jusqu'ici, est aussi antiseptique et moins toxique que le naphtol [i : aussi commence-t-on à le lui préférer. Le naphtol, outre son pouvoir antiseptique et antiparasitaire, a des propriétés réductrices et astringentes. Naphtol camphré. V. plus haut (camphre).

Nitrique (Acide). — L'acide nitrique fumant est un caustique énergique, douloureux, qui détruit tous les tissus et doit être manié avec précaution. On s'en sert pour détruire les verrues (en les touchant à l'aide d'une allumette taillée en pointe et garnie de très peu de coton). L'acide très dilué (solutions, pommades) modifie les plaies de mauvais aspect.

Nosophène (Tetra-iodo-phénol-phtaléine). — Antiseptique, non toxique.

Fortement dessiccalif et dermatoplastique : associé à l'iodoforme, détermine

une rapide épidermisation des ulcérations (Ruge, Leistikow). S'emploie en

poudre .

Oléique (Acide) et oléates. — L'acide oléique, liquide incolore et inodore,

1269 Peau (Thérapeutique dermatologique).

donne avec les bases des oléates que l'on obtient en partant de l'oléate de soude (solution à 1/8) (Shoemaker) : ce sont de véritables savons. Ils sont solubles dans les excipients gras, ce qui permettrait leur pénétration dans les orifices cutanés. Ainsi, la pommade (ïoléate mercurique et celle, plus énergique ftoléate mercureux, remplaceraient avec avantage l'onguent gris comme parasiticide ou fondant. La pommade i'olêate d'arsenic (1 pour 4 ou (J de graisse) est un caustique électif n'attaquant pas la peau saine. Celle d'oléale de bismuth est antiphlogis tique et antiparasitaire. La pommade d'oléate d'argent (oléale d'argent et acide olëique, ââ, p. e. — I à 15 pour 100) forme aux érosions un revêtement protecteur, calme les douleurs et les démangeaisons. La pommade à'oléate de plomb (ââ, p. e.) est décongestionnante, légèrement astringente, calmante. La pommade d'oléate d'étain (2 à 12 pour 100) est utile dans le traitement des affections des ongles. Celle cYoléate de zinc (1 pour 4) est un bon succédané de la pommade à l'oxyde de zinc.

Permanganate de potasse (V. Manganèse, etc., t. V). — Oxydant énergique, détruit les matières organiques ; désodorisant et désinfectant, antiseptique (mais discuté comme tel). Déterge les plaies, provoque le bourgeonnement actif. On l'emploie en solutions diversement concentrées : 1 à 5 pour 1000 pour lotions (déjà quelquefois douloureuses), 1 pour 1000 pour pansements. Solutions caustiques (cancers, ulcères, eczémas, etc.), 5 ou 10 pour 100, quelquefois permanganate en poudre. Poudre à 1 pour 100.

Phénol (v. c. m., t. VI), acide phénique. — Outre ses emplois chirurgicaux comme antiseptique, l'acide phénique est employé comme caustique, anesthésique et antiprurigineux. Concentré, il détermine une escharre épidermique qui a l'aspect de la gangrène sèche : phénol pur, solutions alcooliques, éthérées, collodion ou pellicules, 20 à 50 pour 100. Solution alcoolique à 10 pour 100, en badigeons sur les plaques de pelade. Lotions aqueuses, antiseptiques ou antiprurigineuses (1 à 5 pour 100), poudres, pommades ou mieux pâtes (1 à 10 pour 100), (choisir un excipient très consistant, l'acide phénique ayant des propriétés liquéfiantes). Huile phéniquée, 1 pour 100. Glycérine phéniquée, beaucoup moins irritante que les solutions aqueuses.

Picrique (Acide) (v. c. m., t. VI). — Analgésique, antiprurigineux, antiseptique, remarquablement kératoplastique. Pansement des brûlures (Thiérv), compresses imbibées de solution aqueuse saturée, sans imperméable. Badigeonnages à la solution saturée, dans l'eczéma (Gaucher). — Collodion. colles, taffetas, emplâtres. Cause parfois des poussées irritatives.

Plomb (v. c. m., t. VI.).

Litharge, protoxyde de plomb. — Sert de base à la plupart des emplâtres du Codex, par double décomposition en présence des corps gras et formation de savon de plomb. Astringente, anliphlogistique et desséchante.

Minium, sesquioxyde de plomb. — Poudre d'un rouge intense, insoluble. Siccatif. Emplâtre rouge de Vidal (V. plus haut). Pommade à I pour 10.

Acétates de plomb. — L'acétate neutre, sel de Saturne, s'emploie comme topique astringent : pommades (fait partie de la pommade de Dupuytren), lotions contre les éphélides, etc. — Le sous-acétate de plomb, sel blanc

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1270

cristallisé, ne s'emploie que sous la forme de solution (sous-acétate Liquide, extrait de Saturne). A l'état concentré, il détermine sur la peau une escharre solide (Leistikow) ; dilué, il est 1res décongestionnant, astringent, desséchant. On remploie sous forme à" eau blanche, d'eau de Goulard (V . toc. cit.), en compresses, bains, lotions, pommades ou crèmes à la lanoline.

Céruse, carbonate de plomb . — Siccative, résolutive : pommades à 10 et 20 pour 100. Emplâtre de céruse, n'est plus employé.

Iodure de plomb. — Réunirait, d'après Leistikow, les propriétés de l'iode et du plomb : astringent, résolutif (dermatoses chroniques). Pommade à 1 pour 10, emplâtres.

Potasse, oxyde de potassium, potasse caustique. — Caustique très énergique. Potasse caustique en crayons. Caustique de Filhos, mélange de 100 grammes dépotasse à la chaux et de 20 grammes de chaux vive : fondre en crayons. — Pâte de Vienne, en délayant dans l'alcool une poudre composée de 5 parties de potasse et 6 de chaux vive.

Carbonate de potasse, poudre blanc grisâtre, déliquescente, caustique, soluble dans son poids d'eau, insoluble dans l'alcool, alcaline. — Solution aqueuse à 5 ou 10 pour 100; dessiccatif, résolutif, saponifie les graisses; à doses fortes, irritant. Pommades contre les pigmentations cutanées.

Pyrogallol, acide pyrogallique (v. c. m., t. VIII). — Réducteur très énergique; peut provoquer une inflammation intense, ou des phénomènes d'intoxication : d'après Unna on les éviterait en donnant à l'intérieur, dès le début du traitement, de l'acide chlorhydrique dilué. Sous l'influence des savons, des alcalis, et même de l'oxygène de l'air, l'acide pyrogallique noircit et tache la peau, — les acides empêchent cette coloration; — à la longue, il roussit les cheveux. Malgré ses inconvénients, c'est un médicament précieux et très puissant. Il se prescrit en solutions alcooliques (5 à 40 pour 100), pommades (2 à 10 pour 100), pâtes, vernis solubles et insolubles, emplâtres, etc., — dans toutes les dermatoses où l'on veut agir énergiquement, pourvu qu'elles ne soient pas trop étendues : psoriasis, séborrhée (comme adjonction aux pommades ou lotions), — lupus érythémateux, etc.

Résorcine (v. c. m., t. VII). — Très soluble dans l'eau, encore plus dans l'alcool, la glycérine, l'éther. Antiseptique, peu irritante et non toxique. Réducteur fort, kératoplastique à faible dose, astringente, siccative; à forte dose, provoque l'exfoliation de la couche cornée et parfois des phénomènes inflammatoires intenses. Solutions aqueuses (1 à 2 pour 100) pour lotions, pulvérisations, pommades, pâtes, vernis solubles ou non, emplâtres. Le traitement exfoliant se fait avec la mousseline-emplâtre d'Unna ou la pâte exfoliante :

Résorcine pure ) . ,„

r»** j • i- • i<TT > aa 10 grammes.

Pâte de zinc ordinaire d Unna )

Darier badigeonne trois soirs de suite avec :

Teinture de savon de potasse au 1/5 40

Résorcine I Sk-10

Soufre précipité \

puis applique des topiques émollients (V. Acné, t. I).

1271 Peau (Thérapeutique dermatologique).

Rétinol. - Hydrocarbure liquide provenant de la distillation de la colophane {Huile de résine). Dissout un grand nombre de substances actives (phosphore, naphtol, huile de cade, etc.) et peut leur servir de véhicule.

Sabine. — Sommités des rameaux du Juniper us sabina. — Poudre, escharotique (V. plus haut, alun).

Salicylique (Acide) (v. c. m., t. VII). — Antiseptique énergique; c'est le kératolytique par excellence : il détache la couche cornée normale ou épaissie, sous forme d'une membrane cohérente blanchâtre. Le clivage se l'ait d'autant plus profondément que l'application est plus forte et le tissu plus épaissi, mais toujours dans la couche cornée. En même temps se produit une néoformation active dans la couche de Malpighi, méritant le nom d'effet kératoplastique (Malpighi). Les parasites sont éliminés de cette façon, et le médicament renforce l'action des réducteurs auxquels il est associé. Aussi l'adjoint-on souvent, dans les préparations complexes, au soufre, aux goudrons, aux mercuriaux, etc. — Il entre dans des poudres (5 à 6 pour 100, hyperidrose, etc.), des solutions aqueuses, des pommades ou pâtes (de 1/2 à 10 pour 100), des vernis, des emplâtres, où il est seul ou associé à l'oxyde de zinc, au cannabis, au savon, à la créosote, aux divers réducteurs.

Sapolan. — Sous-produit de la distillation du naphte rouge de Galicie : à 2 parties 1/2 de ce produit, on ajoute \ 1/2 de lanoline, plus 5 ou 4 pour 100 de savon anhydre. Il en résulte un onguent brun foncé, d'odeur légèrement ichtyolique, qui a des propriétés réductrices comparables à celles des goudrons et n'est pas irritant. On peut l'utiliser tel quel. Mais il peut absorber les liquides aqueux (par exemple, sapolan, eau blanche ââ, p. e.) et constituer des crèmes. Enfin il sert d'excipient à tous les médicaments actifs, ichtyol, résorcine, goudrons, soufre, etc., etc. On peut ainsi composer des pommades (nettoyables à l'eau chaude), des pâtes, des emplâtres contre les eczémas, lichens, etc. Le sapolan est un antiprurigineux remarquable.

Soufre et sulfureux (v. c. m., t. VII). — On emploie en dermatologie le soufre précipité et le soufre sublimé. Le premier est généralement préféré et considéré comme le plus actif; Unna, Leistikow rejettent la fleur de soufre, même sublimée et lavée, comme contenant des impuretés et n'étant pas assez fine; Sabouraud considère les deux produits comme équivalents. — Le soufre est insoluble dans l'eau ; il l'est, pratiquement, dans l'alcool et l'éther, qui en dissolvent pourtant une quantité minime ; il est soluble dans le sulfure de carbone. — On l'utilise d'abord pour son action parasiticide, qui s'exerce à l'encontre des cryptogames aussi bien que des épizoaires ; ensuite pour son action « antiherpétique » et antiséborrhéique. C'est un réducteur et un kératoplastique efficace ; mais les fortes doses longtemps répétées deviennent kératolytiques et irritantes, sans doute, d'après Unna, à cause de la formation d'hydrogène sulfuré. Le soufre est, pour ainsi dire, le spécifique des séborrhées ; c'est un agent puissant et précieux ; mais il faut savoir que certaines peaux (surtout fines, chez les blonds, roux ou châtains dorés) le supportent mal, même à petites doses.

Peau (Thérapeutique dermatologique).

Le soufre s'applique quelquefois en poudre, soit seul, soit mélangé à d'autres poudres (V. loc. cit.) :

Farine d'avoine légèrement torréfiée .... 35 grammes.

Soufre précipité. . . . 15 Pour les cheveux blonds (séborrhée, pity riasis gras).

Charbon végétal Poudre d'écorce

bourdaine . . .

Soufre précipité.

de

15 grammes.

Pour les cheveux bruns (Sabouraud).

le plus souvent en lotions ou pommades. Les lotions, nous l'avons vu, agissent d'ailleurs par la poudre qu'elles déposent (V. plus haut, topiques liquides, et Séborrhée, t. VII) ; il faut délayer d'abord le soufre dans l'alcool, sans quoi l'eau ne le mouillerait pas. On rend la lotion plus mordante en augmentant la quantité d'alcool, ou en ajoutant des liquides dégraissants (éther, etc.). On peut ajouter de la glycérine, des substances médicamenteuses (acide salicylique, acide pyrogallique, etc.). Les mixtures sans eau sont plus actives encore, voire cuisantes :

Alcool à 90° ... .

Soufre précipité-. .

Acide pyrogallique.

100 grammes.

Acétone 100 grammes.

Soufre précipité. . . . 10

Huile de cade 15

(Sabouraud).

(préparations très énergiques pour le cuir chevelu). — Le sulfure de carbone saturé de soufre est une préparation d'effet encore plus énergique, mais cuisante et trop inflammable. — Les pommades sont, à doses égales, notablement plus offensantes que les lotions. La formule du Codex, 10 pour 100, est beaucoup trop forte pour la plupart des cas ; on formule souvent 5 pour 100 ; certains téguments, même séborrhéiques, ne supporteront pas une vaseline soufrée à 1 pour 100, alors que d'autres sont améliorés par une pommade à 25 pour 100 (Sabouraud). Les pâtes, à doses égales, sont bien moins irritantes que les pommades. On y associe souvent au soufre d'autres réducteurs (goudrons, acide pyrogallique, résorcine, cinabre), des kératolyliques (savon noir, acide salicylique), etc. Nous avons donné, ailleurs, des formules de pommades fortes, destinées à rester appliquées peu de temps et à produire un effet exfoliant (V. Acné, t. I). — Le cérat soufré à 20 pour 100 est mieux toléré qu'une pommade d'axonge ou de vaseline à 5 pour 100 (Sabouraud) ; le glycérolé soufré également, mais la formule de Hardy (10 pour 40) est trop forte (Sabouraud). — Le soufre s'emploie encore sous forme de colles, de vernis, d'emplâtres, de savons, etc. — Comme parasiticide, il est l'agent actif de la pommade d'Helmerich et de ses modifications (V. Gale, t. III).

Dans ces derniers temps on a préparé du soufre colloïdal (sulfidal) sous forme de paillettes ou de poudre (contenant environ 80 pour 100 de soufre et 20 de substances albuminoïdes), soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, l'éther, donnant avec la glycérine une émulsion blanche. Les solutions (ou pseudo-solutions) aqueuses sont lactescentes, de réaction neutre ; elles doivent être employées fraîches (2 à 10 pour 100). Le sulfidal (préalablement délayé dans l'eau) s'incorpore aux pommades, savons, etc.

Sulfures alcalins. — Les sulfures alcalins dégagent sans cesse de l'hydrogène sulfuré, auquel ils doivent leur odeur et une partie de leurs propriétés.

1 2 7 5 Peau (Thérapeutique dermatologique).

Ils sont parasiticides, kéralolytiques, déshydratants et résolutifs ; ils exercent sur la peau une action irritante parfois intense.

Le trisulfure de potassium est de beaucoup le plus employé ; plus exactement, on se sert d'un trisulfure de potassium impur, mélange de trisulfure et d'hyposulfîte de potassium, en morceaux jaune verdatre solubles* dans l'eau, et qui constituent le sulfure de potasse, trisulfure ou polysulfure de potassium solide, foie de soufre. Le sulfure dépotasse liquide est la solution (saturée) d'une partie de sulfure solide dans deux parties d'eau. Le trisulfure de potassium sert à préparer les bains sulfureux (V. Bains, t. I) ; il compose aussi des lotions : XX à LX gouttes de polysulfure liquide pour un tiers de verre d'eau chaude, ou :

Sulfure de potasse ) ~ , n„nmrna

„, . , *\ . . } aa 1 gramme.

Teinture de benjoin )

Eau distillée 100 grammes.

(VlGIER.)

La lotion à 1 pour 50 du Codex est trop forte (Sabouraud-). On peut encore formuler des glycérés (0 gr. 50 à 1 gramme pour 50), des pommades (10 à 20 pour 100).

Les sulfures de sodium s'emploient de même, aux mêmes doses. Le monosulfure sert à préparer des eaux sulfureuses artificielles, et le bain de Barèges artificiel du Codex (V. Bains médicamenteux, t. I). — Le polysulfure entre aussi dans des bains sulfureux. Il existe un sulfhydrate de sulfure non défini, employé comme dépilatoire :

Monosulfure de sodium i grammes.

Chaux vive en poudre 10

Amidon 10

Délayer dans l'eau pour avoir une pâte molle.

Le sulfure de calcium, insoluble, a été employé en pommade, comme antipsorique, antiherpétique. Il constitue la solution de Vleminckx (V. Gale,. t. III).

Sozoiodol, acide diiodo-para-p/iénolsul fonique . — Corps blanc cristallisé, solubledans l'eau (54 pour 100 d'iode, 20 de phénol et 7 de soufre), antiseptique, succédané de l'iodoforme : poudre, pommade (5 à 20 pour 100), solutions (2 à 5 pour 100). — Ses sels, notamment ceux de mercure et de zinc, sont préconisés par Witthauer contre les dermatoses, et assèchent les ulcérations : Sozoiodolate de sodium, soluble : poudre et pommade (5 à 10 pour 100), solution (2 à 5 pour 100) ; de potassium, peu soluble : poudre et pommade (5 à 10 pour 100); — de mercure, peu soluble, antisyphilitique médiocre : poudre (10 pour 100) et pommade (1 pour 100 d'après Witthauer,. 5 à 10 d'après d'autres); - - de zinc, poudre, pommade (mêmes doses), injections vaginales (5 à 20 pour 1000).

Sulfurique (Acide) (v. c. m., t. VIII). — Caustique violent, très douloureux, n'est guère usité. Ricord cautérisait les chancres mous avec sa pâte sulfo-carbonique :

Acide sulfurique O. S.

Poudre de charbon Q. S. pour l'aire une pâte.

Très dilué, est astringent, hémostatique.

Peau (Thérapeutique dermatologique). 1 274

Tanin, acide tannique (v. c. m., t. VIII). — Astringent énergique, antiphlogistique, desséchant. Poudre, pommade, savon.

Tannoforme (v. c. m., t. VIII). — Action dessiccative sur la peau intacte ou dépouillée de son épiderme, bon dermatoplastique : poudre en nature, ou mélangée à d'autres.

Tartrique (Acide) (v. c. m., t. VIII). — Très astringent; très étendu, kératoplastique ; antiprurigineux. Pommades. Glycérolé tartrique de Vidal (1/20), (lichen, etc.).

Thigénol. — Sel sodique d'acides de la série grasse, contenant 10 pour 100 de soufre; soluble dans l'eau, l'alcool, la glycérine. Liquide brun rougeâtre, de propriétés analogues à celles de l'ichtyol. Solution glycérinée à I/o et 1/2, pommade 1/50, collodion 1/5, etc.

Thioforme, dithiosalicylate de bismuth, — Poudre amorphe brun jaunâtre, réductrice, faiblement kératoplastique. Succédané de l'iodoforme pour le pansement des plaies suppurantes. Poudre, pommade à 5 ou 10 pour 100. •

Thiol, ichtyol artificiel préparé par combinaison du soufre avec certains hydrocarbures. Pelites paillettes brun noirâtre qui, pulvérisées, constituent le thiol sec, le thiol liquide est la solution aqueuse à 40 pour 100. Il est faiblement réducteur, vaso-constructeur et décongestionnant, et possède un pouvoir kératoplastique remarquable qui le rend précieux pour les pansements : poudre, associée aux poudres antiseptiques — et surtout thiol liquide en badigeonnages : il fait en séchant comme un vernis. — Pommades.

Thymol (v. c. m., t. VIII). — Désinfection des plaies et ulcérations : solutions alcooliques diluées avec de l'eau, pommade à 5 pour 100.

Trichloracétique (Acide). — Caustique très maniable, qui détruit les tissus normaux et pathologiques sans être trop pénétrant (Leistikow). On l'applique en solution concentrée avec une baguette de verre, ou en collodion à I pour 10.

Tuménol. — Dérivé des huiles minérales provenant de la distillation des schistes ; succédané de l'ichtyol : réducteur doux, kératoplastique, dessiccatif plus antiprurigineux que l'ichtyol, non irritant; mêmes emplois que l'ichtyol : solution aqueuse (pansements), glycérinée, hydro-éthéro-alcoolique, pâtes, pommades, vernis (onguent de caséine à 5 ou 10 pour 100), emplâtres.

Xéroforme, tribromophénate de bismuth. Fortement antiseptique, ni irritant, ni caustique, kératoplastique et analgésique : pansement des plaies. Poudre, pommade à 1/10.

Zinc (v. c. m., t. VIII). — Nous avons signalé plus haut (V. topiques solides) quelques emplois du zinc métallique en poudre, crayons, etc.

Oxyde de zinc (V. ibid.) — Employé comme isolant : légèrement astringent, siccatif, non irritant. On a vu plus haut (Formes pharmaceutiques) ses usages dans les divers excipients, poudres, pommades, pâtes, colles, etc. — La tul/iie est un oxyde de zinc impur, renfermant de l'arsenic et qu'on emploie comme cathérétique.

Peroxyde de zinc, ectogan. — Poudre jaunâtre (le produit livré renferme

1275 Pelade.

55 à 05 pour 100 de peroxyde) insoluble dans l'eau ; en présence des acides, dégage jusqu'à 2 pour 100 d'oxygène : antiseptique, cicatrisant, utilisé pour le pansement des plaies. Poudre, pommade, gaze ; suspension dans l'eau, avec p. e. d'acide tartrique.

Acétate de zinc, astringent et antiphlogistique en solution étendue. — Solution à 4 pour 100 contre les taches pigmentaires.

Chlorure de zinc (V. loc. cit.), beurre de zinc, sel blanc, déliquescent, très avide d'eau. Caustique très énergique, traversant lentement la couche cornée, se combinant immédiatement avec les albuminoïdes du derme dénudé. Pur, il s'y liquéfie immédiatement en un liquide huileux et agit en pleine concentration. On l'emploie plutôt en solution (1/10), sur chancres mous (v. c. m., t. II). Pâte de Balzer (V. ibid.). — Pâte de Canquoin :

Chlorure de zinc 52 grammes.

Oxyde de zinc 8

Farine de blé séchée à 100° 24

Eau distillée 4

Antiseptique, en solutions plus étendues : 1 pour J00 pour lotions (0,10 à 0,50 pour 1000 pour injections uré fraies).

Oléate de zinc. V. Acide oléique.

Sozoiodolate de zinc. Y. Sozoiodol.

Sulfate de zincÇV. loc. cit.), vitriol blanc, couperose blanche. — Astringent, antiseptique. Solutions, eau d'Alrbour (V. Impétigo, t. IV). Bains sulfatés (Sabouraud) (V. Folliculites, t. III.)

Sulphophénate de zinc. — Astringent et antiseptique; réunirait les propriétés de l'acide phénique et du sulfate de zinc (Leistikow) : pommades et pâtes (l pour 100) contre les affections pustuleuses superficielles de la peau.

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