I - 8 9 Peste pneumonique
Les drainages multiples dans les péritonites diffuses (drainage abdominovaginal, incisions de Mikulicz) sont abandonnés comme illusoires ; et, aujourd'hui, certains chirurgiens, dans les péritonites au début, si le péritoine peu altéré ne présente pas de perforations, vont même jusqu'à supprimer tout drainage et ferment complètement la cavité périlonéale. Entre ces deux extrêmes, il nous semble qu'il existe un juste milieu.
Le drainage pourrait être supprimé dans les conditions suivantes : suppression complète de la lésion causale pour éviter la réinfection du péritoine; absence de tout foyer nécrobiotique ; liquide rendu peu toxique par un lavage préalable de la cavité avec du sérum; pus peu épais, sans fausses membranes.
Dans tous les autres cas, on doit recourir au drainage, mais celui-ci sera simplifié autant que possible : on mettra à demeure un gros drain debout, dans le cul-de-sac de Douglas. Le malade sera placé en position de Fowler (position assise dans le lit) et la séreuse aura été baignée d'huile camphrée pour éviter la formation d'adhérences. Si ces deux dernières conditions n'étaient pas observées, le drainage serait parfaitement illusoire.
Seule, la présence d'un foyer de nécrose au voisinage de la lésion causale nécessite la mise en place d'une mèche de gaze aseptique, pour isoler ce foyer du reste du péritoine.
De plus, comme le dit si bien Arnaud, dans toute péritonite, il y a un danger intestinal qui est aussi grand que le danger péritonéal. Il faudra lutter contre l'obstruction intestinale : l'arrêt de la circulation des matières s'accompagne de résorption toxique de la plus haute gravité. On cherchera donc, avant tout, à évacuer l'intestin. Des injections de strychnine, d'atropine, pourront réveiller l'atonie intestinale. Les lavages d'estomac sont indiqués contre le vomissement ou l'atonie gastrique. L'iléus mécanique nécessitera parfois un anus artificiel immédiat.
Si l'intervention fait voir que les anses intestinales sont distendues, amincies, il est bien entendu que les moyens précédemment indiqués doivent être rejetés : on aura recours, pour évacuer l'intestin, au début, à une cœcostomie ou une appendicostomie ; si, plus tard, on ne peut combattre la paralysie, à l'établissement d'une fistule grêle bas située.
Enfin, il faudra lutter contre l'intoxication de l'organisme par les traitemonts habituels : un des traitements les plus efficaces est Yinjection intrarectale goutte à goutte, continue, de sérum artificiel (Murphy). On fait ainsi pénétrer dans l'organisme 10 à 12 litres de sérum en 24 heures.
Les toniques cardiaques (éther, caféine, huile camphrée) sont indiqués dans le cas d'hypotension.
Si l'opéré n'a pas de vomissements, on lui donnera des aliments liquides et nourrissants sous un petit volume. Au cas contraire, on ordonnera des injections de sérum glucose {sérum glucose à 5 pour 100).