‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 5)Chapitre 158 sur 299 · O O 01 II II · texte numérisé non relu

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Fig. 589. — Croquis du Service de santé en campagne.

1 17." Service de santé en campagne.

Père de la chirurgie Française : « Nous pouvons nous battre, Paré est là. »

Pour ce l'aire, le médecin chef du régiment, qui vient de s'engager, désigne sur l'ensemble des éléments donl il dispose (8 médecins, 16 infirmiers, 64 brancardiers par régiment à 4 bataillons) : 1° le personnel qui marchera avec les unités de première ligne; 2° le personnel qui restera avec lui au poste de secours.

Les premiers créeront ces nids, ces refuges, vers lesquels les blessés se transporteront d'instinct; les seconds créeront ces postes de secours qu'il ne faut pas installer trop tôt et qui doivent être bien défilés des vues de l'ennemi pour pouvoir prodiguer les secours d'urgence, refaire de nombreux pansements et effectuer un premier triage rapide et méthodique des blessés. Ces postes seront installés en plein vent ou dans les villages à la partie opposée à l'ennemi.

Les ambulances ont été allégées de façon à pouvoir suivre les troupes dans toutes leurs évolutions et, après le combat, elles s'immobilisent pour continuer leur œuvre d'assistance auprès des blessés recueillis. Pour se transformer en hôpital, l'ambulance s'adjoint une section d'hospitalisation. Il est prévu 2 ambulances par division, soit 1 par brigade; 2 ambulances au train de combat du corps d'armée et 2 autres au groupe des parcs; soit, en tout, 8 ambulances par corps d'armée et 52 en réserve d'armée. Chaque ambulance se compose de 5 médecins, 2 officiers d'administration, 1 pharmacien, 58 infirmiers, 5 fourgons (médicaments, pansements, instruments, vivres, matériel) dont 2 fourgons avec tente Tortoise, 1 voiture pour le personnel non monté. La section d'hospitalisation comprend : 4 infirmiers, \ hommes du train, 5 fourgons. La moitié des ambulances est sans moyens de transport, mais elles utilisent les attelages des formations immobilisées, rendus ainsi disponibles.

Un organe nouveau, le groupe des brancardiers, établit ïa liaison entre le service régimentaire et les ambulances. Il termine la relève des blessés de concert avec les brancardiers des régiments et assure l'évacuation sur les ambulances. Ces dernières évacueront leurs blessés vers les gares de ravitaillement par les trains régimentaires, les sections de ravitaillement, de munitions, les convois administratifs et les voitures de réquisition que le général commandant le corps d'armée pourra mettre momentanément à la disposition du Service de Santé.

Il existe un groupe divisionnaire de brancardiers par division, plus un groupe de brancardiers de corps par corps d'armée. Le groupe divisionnaire de brancardiers est divisible en deux sections. lia la composition suivante : 1 médecin-major monté, 1 médecin aide-major monté, 2 officiers d'administration montés (1 par section), 1 officier du train monté, 4 médecins auxiliaires, 138 brancardiers, G2 hommes du train, voitures médicales, voilures pour blessés à un et deux chevaux, fourgons du service de santé et fourgons à vivres, chariots du parc contenant chacun 15 brouettes portebrancards, fourgon-forge, cuisine roulante.

Le groupe des brancardiers de corps, plus richement doté, comprend en plus une section d'hygiène et de prophylaxie pourvue du personnel et du matériel propres aux examens chimiques et bactériologiques, et aux désin

\ p. m. c. — Slpil. 93

Service de santé en campagne.

feclions, I médecin-major bactériologiste, des ministres des cultes, un peu plus de brancardiers et de voitures. (Cousergue.)

En résumé, d'après le nouveau Règlement, le service de santé de l'avant scia assuré par le personnel régimentaire, les groupes des brancardiers et les ambulances, qui avec leur section d'hospitalisation, sont susceptibles de pouvoir s'immobiliser et se transformer en de véritables hôpitaux de campagne. Et dès qu'une ambulance sera immobilisée, une autre de composi-

Fig. 590. — Service de l'Arrière ou Cordon ombilical des années en campagne : S. M. Station magasin; G. R. Gare régulatrice; II. M. Hôpital militaire: IL Mix. Hospice mixte; H. Civ. Hospice civil; II. A. Hôpital auxiliaire de campagne; H. T. Hôpital temporaire de campagne.

lion identique, tenue en réserve jusqu'au moment du besoin, prendra immédiatement sa place derrière la troupe, qui poursuit sa marche.

Service de l'arrière. — Le service de V avant est au contact des troupes engagées, le service de V arrière est chargé de ravitailler quotidiennement cette masse d'hommes en vivres, munitions, pansements, et de déblayer, au retour des convois, le théâtre de la lutte de tous les impedimenta (blessés, malades, fusils, canons, pièces à réparer, etc.).

Avec ce double courant d'apport et de rejet, le service de l'arrière mérite bien le nom de cordon ombilical de V armée (fig. 590).

Service de santé en campagne.

Zone de f 'avant

Zone de

l'arrière

\ Cœur ou

\gare régulatrice

Autrefois on disait : La guerre nourrit laguerre, et les soldats vivaient de rapines sur le pays. Aujourd'hui les effectifs sont trop considérables et les ressources locales trop vite dévorées, au point que le commandement se

demande s'il ne sera pas forcé de ravitailler, dans cette zone, la population civile elle-même. Aussi a-t-il prévu le ravitaillement par l'arrière, en faisant appel aux ressources de l'intérieur que les chemins de fer transportent rapidement vers le front.

On sait qu'une armée traîne après elle huit jours de vivres pour parer à tous les imprévus, mais ces huit jours doivent être sans cesse recomplétés par des apports nouveaux venus du territoire.

Or, pour nous servir d'une comparaison toute médicale, nous représenterons la zone de l'intérieur comme recouverte d'un immense placenta, qui drainera les ressources du pays et les conduira par le cordon ombilical jusqu'à la zone des armées.

D'après le nouveau Règlement, le réapprovisionnement en matériel sanitaire nest plus assuré par l'hôpital >l't:rncuation, mais par la gare régulatrice. En effet, à la gare régulatrice est constituée une réserve de matériel, qui se réapprovisionne ellemême à la station-magasin, laquelle fait appel aux ressources des magasins <lc l'intérieur. Chaque jour par le train quotidien du corps d'armée, la Commission de la gare régulatrice expédie au point de contact avec l'avant (gare de ravitaillement ou gare origine d'étapes, O.K. ou G. O.K.) une certaine quantité de pansements, de médicaments, de matériel divers, de consommation courante. En résumé, la gare régulatrice est le centre expéditeur ri pour ainsi dire b- cœur du ravitaillement d'un corps d'armée (fig. 591).

Comme formations sanitaires de la zone de l'arrière, nous trouvons

Zone

de

f intérieur

Fig.591. — Croquis du ravitaillement des troupes el de l'évacuation des blessés : A. Petite circulation ou zone des armées; B. Cœur ou ^are régulatrice; C. Grande circulation ou zone de l'intérieur; EE'. Évacuation des blessés; RR'. Ravitaillement des troupes.

Sinusites de la face (Diagnostic et traitement). 1 176

d'abord Vhôpital d 'évacuation* <jui contrôle el prépare toutes les évacualions, arrête les blessés légers qu'il envoie dans le dépôt d'éclopés voisin (mesure excellente pour éviter le coulage des effectifs). Il est susceptible de se diviser en deux sections. Son matériel correspond à celui de deux ambulances et deux sections d hospitalisation réunies. Il contient surtout de nombreux brancards (200), M) supports-brancards et de nombreux appareils de suspension pour aménagement des voitures de réquisition ou des convois administratifs.

Pour chaque corps d'armée, la ligne d'évacuation est tracée d'avance partant de la gare régulatrice [pour aboutir à la gare de répartition. Les évacuations régulières seront faites par les trains quotidiens et les évacuations exceptionnelles, après les batailles, à l'aide des trains facultatifs.

Des paniers spécialisés, des pansements tout faits, des instruments modernisés sont autant d'heureuses innovations.

Enfin, détail très important : tout médecin chef aura l'autorité et les pouvoirs disciplinaires d'un chef de corps de son grade vis-à-vis de tout le personnel de sa formation, y compris les officiers d'administration et du train des équipages.

Cette sage mesure évitera le retour des faits regrettables, constatés en 1870-1871, où Ton l'on vit des médecins qui voulaient « marcher au canon », tandis que les officiers du train refusaient d'atteler n'ayant pas reçu d'ordre de l'intendant, seul maître alors des ambulances.

Grâce à toutes ces heureuses innovations, le service de santé sera à la hauteur de sa tache humanitaire et montrera qu'il a su évoluer et s'adapter à la nouvelle tactique moderne. p. BONNETTE.

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