Régiment de chasseurs d'Afrique (Dr du Roselle
Pertes globales.
Réf. n- 2.
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Valeur physique.
Réf. n" 2 par :
Faiblesse de constitution.
Tuberculose,
Lésions cardiaques.
Valeur mentale.
Réf. n° 2 par :
Troubles mentaux.
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Fis:. 46.
Causes de l'infériorité des engagés volontaires. — Les appelés ont '21 ans accomplis quand ils arrivent dans le rang; les engagés, au contraire, y sont admis à partir de 18 ans. Malheureusement, ces derniers, qui sont en pleine croissance, se fatiguent, se surmènent plus vite que les premiers~et font souvent de la prématuration. Aussi les engagés doiventils être robustes, bien musclés, bien constitués, en un mot, être au point de vue physique des sujets d'élite.
A 21 ans, la croissance est presque terminée et la robusticité est suffisante pour faire un bon service. A 18 ans, le développement corporel est rarement assez complet pour supporter sans trop de risques les fatigues du métier militaire. A cet âge-là, il existe pour l'organisme trois causes principales de déminéralisation : la croissance, la fatigue des exercices militaires et [l'éveil du sens génésique, qui éprouvent ces jeunes constitutions et les mettent en état de réceptivité morbide. Cette moindre résistance des engagés n'est-elle pas marquée dans la statistique médicale de l'armée par une morbidité notablement plus élevée que celle des appelés et par un chiffre de décès d'un tiers plus fort?
En outre, les engagés volontaires arrivent dans les corps de troupe
1 43 Aptitudes militaires.
lorsque l'instruction des recrues est commencée, souvent même avancée. Ils ont, de ce fait, à fournir un effort qui ne peut être rigoureusement gradué et qui, parfois, est exagéré. « On conçoit d'ailleurs, écrit Du Roselle, qu'il soit bien dificile, sinon impossible, à un chef de corps qui se trouve dans la nécessité d'avoir des éléments aussi homogènes que possible, d'établir une progression d'instruction complète et sans à-coups pour des jeunes gens arrivant dans son régiment presque journellement de façon imprévue et en proportion variable. »
Dans l'absence d'un critérium rigoureux de la robusticité physique, nous recommanderons, pour les engagés volontaires, les données suivantes : 1° exiger un poids minimum de 5 à 7 kilos inférieur au chiffre des centimètres au-dessus du mètre — ne jamais prendre un engagé au-dessous de 54 kilos; — 2° exiger un périmètre thoracique égal à la moitié de là taille, plus 2 centimètres (exemple : T. lm,60, minimum du périmètre 80 -h 2, soit 82 centimètres) — en général, exiger un tour de poitrine de 82 à 84 centimètres pour les petites tailles ;de 84 à 86 pour les tailles moyennes, entre lm,70 et lm,75; de 86 et au delà pour les grandes tailles, supérieures à lm,76; — 3° ne pas engager les candidats présentant de la tachycardie, de l'abaissement de la pointe du cœur ou un passé morbide, qui restreignent leur valeur biologique; ¥ se montrer d'autant plus sévère que l'engagé est plus jeune. En effet, dans une étude antérieure, parue dans le Caducée (La limite d'âge physiologique des engagements volontaires), nous avons démontré qu'à 18 ans la constitution humaine a rarement l'aptitude physique nécessaire au service armé, tandis qu'à partir de 19 ans, elle est plus fréquemment rencontrée. Comme conclusion, nous demandions de fixer à dix-neuf ans la limite d'âge des engagements volontaires, comme cela a déjà lieu pour l'armée coloniale.
Enfin, pour nous assurer de la valeur morale des engagés volontaires, si souvent précaire, il serait bon d'exiger de chaque candidat un certificat médical attestant qu'il est sain de corps et d'esprit, une enquête de la gendarmerie sur les antécédents moraux et intellectuels, et même l'essai d'un enrôlement trimestriel, selon le vœu de Du Roselle.
Il faut que le médecin expert soit exigeant et qu'il ferme la porte à cette catégorie d'individus vauriens dans le civil, qui seront vauriens dans l'armée (Loustalot) et gangrèneront leurs voisins de lit.
Aussi faut-il déconseiller aux parents de pousser leurs enfants indociles à s'engager, sous prétexte que la discipline militaire les matera. C'est là une fâcheuse erreur, car, dans les heurts incessants de leur volonté, ces révoltés s'aigrissent de plus en plus, s'insurgent contre leurs chefs, oublient leur devoir et se mettent en état de rébellion ouverte. Tôt ou tard, ces fortes tètes sont envoyées aux compagnies de discipline (appelées de nos jours sections d'amendement) et sont poussés vers la désertion ou le suicide.
Si donc, les jeunes gens examinés ne sont pas des sujets d'élite, moralement bien trempés, exposez aux parents et aux candidats le danger des engagements prématurés, qui conduisent au surmenage et à la maladie, et montrez-leur l'utilité de se développer, de s'entraîner, de se préparer au métier des armes en acquérant le Brevet d'aptitude militaire.
Aptitudes militaires.
Brevet d'aptitude militaire (B. A. M.). — Ce brevet concède les avantages suivants :
1° Les titulaires du B. A. M. peuvent devancer Vappel en s'engageant pour deux ans à partir de 18 ans ;
2° Ils peuvent choisir leur régiment et sont affectés, par ordre de mérite, soit aux corps stationnés dans la région du domicile, soit aux corps alimentés par les bureaux de recrutement dont ils relèvent ;
5° Passer caporal ou brigadier après quatre mois de service, à condition d'avoir suivi au corps « le peloton d'instruction » et d'avoir bien répondu à l'examen;
4° Être nommé sous-officier au bout de neuf mois.
Programme. — Le programme du B. A. M. consiste :
1° Dans l'infanterie, à effectuer deux marches de 22 kilomètres (sans sac), à 24 heures d'intervalle ; dans la cavalerie, à faire une reprise correcte au manège, aux diverses allures (pas, trot, galop). D'après la circulaire ministérielle du 18 janvier 1912, ces marches seront faites, à partir de 1915, avec un sac pesant 12 kilos. La sélection devient d'autant plus sévère qu'augmente le nombre des postulants.
2° A tirer trois séries de six balles au fusil Lebel ou au mousqueton, à 250 mètres, sur une cible réglementaire.
3° A faire de la gymnastique (mouvements des bras, des jambes et du tronc; courses et sauts; grimper et se rétablir; coups de poing et de pied) (boxe).
Cet examen a lieu tous les ans, dans le courant du mois de juillet. Préalablement, il faut avoir été reconnu « bon » par un médecin militaire au bureau de recrutement.
Aptitudes particulières aux diverses armes. — Toutes les armes ne nécessitent pas des aptitudes identiques, puisque leurs attributions diffèrent.
L'infanterie réclame des hommes vigoureux, ayant du souffle, des membres inférieurs bien équilibrés et des pieds normalement constitués, in pedite robur. « Le fantassin est un pied », disait l'humoristique général Poiloùe de St-Mars.
Fig. 47. — Orteil en marteau.
Fi»\ 48. — Orteils chevauchés.
Les pieds plats, les orteils chevauchés (fig. 48), les orteils en marteau, (fig. 47), les varices des jambes, sont autant de défectuosités physiques incompatibles avec la marche.
Chez les fantassins, l'entraînement doit être tel qu'ils puissent, au bout de six mois, exécuter avec la charge de guerre (27 kilos) les marches dites
Aptitudes militaires.
d'épreuve, qui consistent à parcourir, pondant quatre jours consécutifs, 20, 22, 24 et 26 kilomètres.
Les armes à cheval sont, au contraire, compatibles avec les petites défectuosités indiquées ci-dessus. Le cavalier doit avoir surtout une grande souplesse des reins, un tempérament hardi, nerveux, des membres inférieurs longs et déliés pour bien encadrer le cheval, un poids peu élevé (le poids maximum est de 75 kilos pour les cuirassiers, de 70 kilos pour les dragons et de 65 kilos pour la cavalerie légère), afin de pouvoir sauter à terre et à cheval et de faire la voltige. Le cavalier doit avoir une excellente
Fi<
. 49. — Type abdominal avant culture physique.
Fig. o0. •— Type thoracique après culture physique.
vue pour son service d'exploration : la cavalerie n'esf-elle pas « l'œil de l'armée »?
Conclusions. — En somme, la création du Brevet d'aptitude militaire a pour but :
1° D'engager les jeunes gens à faire de la culture physique, à acquérir une large poitrine, une taille droite, des épaules et des jambes solides, des poumons dilatables, en un mol, passer du type abdominal, si disgracieux (fig. 49), type qui est caractérisé par une poitrine plate, un ventre proéminent, en boule ou en besace, un dos voûté, un front penché vers le sol, une ensellure lombaire très marquée, au type thoracique (fig. 50) si élégant, à la poitrine bombée, aux épaules carrées, au ventre effacé « de levrette », à la tête droite. Cette attitude harmonieuse, correcte, s'obtient en fortifiant les muscles du dos et du ventre :
2° De recruter un excellent corps de sous-officiers et d'officiers de réserve que les jeunes gens instruits doivent ambitionner, car ils représentent le N"« p. m. c. — Suppl. 10
Arthrite blennorraqique (Nouveaux traitements). I ïr>
cerveau de la Dation; 3° de leur faciliter l'accession au grade de sous officier, auquel cas i Is jouissent d'avantages matériels appréciables.
En résumé, il faut que la famille, l'école, la caserne, ces trois grandes éducatrices de la jeunesse, enseignent, par une culture physique rationnelle, à i vivre physiologiquement, à être fort, à résister aux maladies el à les éviter » (Toulouse). Un corps sain et vigoureux doit être l'écrin d'une âme forte et bien Lrempée. « Faites-nous des hommes, l'année en fera des soldats » (général Chanzyj. p. BONNETTE.
ARMÉE. — V. Aptitudes militaires, Bains, Blessuhcs, Croix-Rouge, Hygiène des camps, Hygiène en campagne.
ARTHRITE BLENNORRAGIQUE (NOUVEAUX TRAITEMENTS). — Des travaux récents, résumés dans la monographie de Stephen Chauvet à laquelle je renvoie ceux qui trouveront trop bref cet article, sont venus ajouter des ressources nouvelles à l'arsenal thérapeutique.
NOUVELLES MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES. — 1° Vaccination antigonococcique. — Le vaccin antigonococcique, qui cherche à provoquer une immunité active, assez durable, consiste en une émulsion microbienne, prudemment dosée, et atténuée par la chaleur ou les rayons ultra-violets. On discute pour savoir si les auto-vaccins, préparés par culture du microbe dont le malade est porteur, sont préférables aux hétérovaccins ou stock-vaccins, préparés à l'avance avec un gonocoque quelconque. Les doses à employer, les intervalles entre les injections, les indications de la méthode, les résultats obtenus, les complications possibles sont encore trop imprécis ou contradictoires pour qu'on puisse considérer la méthode comme devant entrer immédiatement dans la pratique. Elle est à l'étude, ne doit pas encore sortir du milieu hospitalier, et ne doit être appliquée, à l'heure actuelle, que par des médecins qui en ont l'expérience.
2° Sérothérapie. — A) Sérum antigonococcique. — C'est probablement le sérum de l'avenir, mais il est encore trop peu connu, trop peu employé pour qu'on puisse en parler.
B) Méthode autosérothérapique. — Elle est basée sur l'idée que les liquides réactionnels sécrétés par l'organisme ont un certain pouvoir de défense contre l'agent causal. Elle consiste à retirer par ponction exploratrice une partie du contenu de l'articulation malade el à en réinjecter sous la peau de 1 à 5 c. c. On n'a observé aucun phénomène réactionnel, quelle qu'ait été la nature du liquide (translucide, ou louche), et bien qu'on ne se soit pas préoccupé de le stériliser; il importe d'ailleurs de signaler que ni la chaleur, ni les rayons ultra-violets au dire de Renaut ne pourraient être utilisés. S'il est nécessaire, on peut faire une ou plusieurs injections à intervalles de 5 à 6 jours.
On observerait, sous leur influencera diminution des épanchements. Les douleurs ne sont pas modifiées.
C) Sérum antiméningococcique. — On peut employer indifféremment le sérum de Plevne ou celui de Dopter, que fournit l'Institut Pasteur. Le siège de l'injection et sa profondeur (sous-cutanée ou intra-musculaire)
1 17 Arthrite blennorragique (Nouveaux traitements).
semblent être indifférents. Il semble qu'on doive faire, aussitôt que possible clans les cas aigus, trois injections de 50 c. c. chacune, espacées de deux jours en deux jours. Dans les cas rebelles, on pourra continuer à faire, tous les deux jours, une injection de 20 c. c. On n'a jamais observé d'accidents sériques. Seules une légère élévation de température et parfois une exacerbation passagère des douleurs traduisent la réaction de l'organisme.
Diminution progressive et relativement rapide des douleurs, résorption des exsudats et disparition des phénomènes phlegmasiques, tels sont les résultats de ce traitement qui semble pratique et sans dangers.
5° Radiumthérapie. — Les rayons du radium, surtout les rayons ar semblent avoir une action modificatrice sur les cultures de gonocoques; on a songé à les utiliser. On les a employés sous trois formes.
A) Appareils radifères à sels collés. — Les résultats sont bons, mais assez longs à obtenir.
B) Boues radio-actives ou actinifères. — On les emploie, soit en bains, soit en pansements locaux, analogues à des pansements humides ou à des cataplasmes. Les résultats, bons, sont encore lents. On peut avoir des érythèmes qui obligent à suspendre le traitement.
C) Injections de sels de radium. — C'est sous cette forme que le radium présente, à mon avis, le maximum de ses avantages. On pratique, au niveau de l'articulation et en variant la technique d'après la forme clinique, une injection de 40 microgrammes de sel de radium (de préférence sulfate de radium insoluble de Jaboin); dans les formes avec épanchement, on vide l'article par une ponction évacuatrice et on injecte le liquide radifère dans l'articulation. Dans les formes phlegmasiques ou pseudo-phlegmoneuses, on injecte le liquide, dans l'épaisseur des tissus enflammés, par des piqûres multiples, selon la technique de Lannelongue pour les injections sclérogènes. Une seule séance d'injection suffit en général. La méthode ne présente aucun inconvénient. La douleur disparaît en 24 ou 48 heures, parfois moins, quelquefois après une période d'exacerbation. Les mouvements deviennent possibles, ce qui évite l'ankylose, même dans les formes les plus aiguës. Les épanchements se résorbent en deux semaines dans les cas aigus, en cinq à six semaines dans les cas chroniques.
4° Hyperhémie. — On peut la réaliser par stase veineuse (méthode de Bier) ou par vaso-dilatation active, aérothermothérapie.
A) Méthode de Bier. — Par une bande de tissu élastique, placée audessus de l'articulation et convenablement serrée, on amène un œdème, non douloureux. Outre ses difficultés d'application, cette méthode n'a semblé donner aux gens non prévenus en sa faveur que des résultats nuls.
B) Aérothermothérapie. — La méthode donne de bons résultats dans les formes subaiguës et chroniques, et peut servir d'adjuvant dans les formes aiguës.
a) Bain d'air chaud. — L'air chaud arrivant sans pression séjourne autour de l'article. Une cage cylindrique et close entoure l'article, fixée par du feutre ignifugé; au plafond, un trou pour le passage d'un thermomètre, deux trous pour le tirage; près du plancher, un trou sur lequel s'adapte un
Ascite. I ix
tube métallique coudé, terminé à son extrémité libre par un entonnoir que recouvre la flamme d'une grosse lampe à alcool; en faisant varier la force et la proximité de La flamme, on obtient une température variable de l'air chauffé. Suivant La résistance el la patience du malade, on peut élever la
température dans la boîte à 70", 80°, MO". La durée de la séance est d'une demi-heure à une heure. En retirant le membre, on l'essuie et on l'entoure d'un pansement ouaté pour éviter un refroidissement brusque.
b)*Douche<T air chaud. — L'air porté à une température variable arrive sous pression et agi! à la fois par la chaleur et par le massage que produit sa projection. Un appareil spécial, qu'on ne peut improviser, est ici nécessaire; il en existe des modèles multiples, à gaz, à alcool, à l'électricité.
Ne pas oublier que ces méthodes d'aérothermothérapie, employées sans attention, peuvent déterminer des brûlures. (V. Air chaud.)
INDICATIONS PRATIQUES. — De cette étude analytique, il résulte que nous n'avons pas encore de moyen thérapeutique nettement spécifique contre le rhumatisme blennorragique : le sérum antiméningococcique ne peut être considéré comme tel.
Du moins, nous avons des agents actifs sur la valeur isolée desquels, dans une forme clinique déterminée, il est parfois difficile de se faire une opinion. Aussi au lieu de cataloguer ces moyens thérapeutiques suivant les formes cliniques, je dirai : contre le rhumatisme blennorragique douloureux et grave par sa ténacité et sa tendance à l'ankylose, employez toujours à la fois le plus grand nombre des moyens actifs que vous aurez à votre disposition; ne choisissez pas un moyen thérapeutique, combinez-les tous: sérothérapie antiméningococcique, auto-sérothérapie, injections de radium, aérothermothérapie; soyez éclectiques pour les cas chroniques, comme pour les cas aigus; dans les cas très aigus, forcez les doses de chaque agent ou rapprochez-en les applications. En agissant ainsi, en combinant les méthodes, vous n'aurez pas la satisfaction scientifique de savoir par quelle méthode vous aurez guéri vos malades, mais vous aurez la joie de les guérir rapidement et probablement tous sans recourir à l'arthrotomie dans les cas suppures, et sans ankylose comme suite tardive. l. CHEVR1ER.
ARTHRODLSE. — V. Tibio-tarsienne.
ARTICULATIONS (RÉSECTIONS). —V. Résections.
ASCITE. — L'étude étiologique, clinique et thérapeutique des ascites s'est enrichie, ces dernières années, d'un certain nombre de travaux qui ont modifié sur quelques points les notions exposées dans l'article de la Nouvelle P. M. C. Je me bornerai à rappeler brièvement leurs principales conclusions en ce qui a trait à l'étiologie et au traitement des ascites.
Étiologie. — L'étiologie des ascites cirrhotiques surtout s'est modifiée. Le rôle de l'hypertension porlale dans leur production, si considérable qu'il soit, est souvent associé à d'autres facteurs susceptibles de provoquer des lésions péritonéales et d'amener par là même l'exsudation séreuse; ce sont notamment la syphilis et la tuberculose.
V influence de la sy phi lis dans nombre de cas a pu être affirmée non
I il) Ascite.
seulement par la réaction de Wassermann dans le sang qui ne signifierait rien d'absolu au point de vue de la nature syphilitique de l'ascite, mais par la réaction de Wassermann dans le liquide d'ascite lui-même (Esmein et Parvu) et il est avéré maintenant que le nombre des cas de cirrhose syphilitique avec ascite est plus fréquent qu'on ne le croyait.
C'est principalement Y influence delà tuberculose qui a été mise en lumière. Déjà, il y a quelques aimées, Trihoulet, Jousset, Blondin avaient insisté sur la nature tuberculeuse de l'ascite de certains cirrhoses hypertrophiques. Allant plus loin Roque et Cordier ont récemment affirmé que toute n^rite survenant au cours d'une cirrhose de Laënnec est de nature tuberculeuse. Elle est même, selon eux, d'origine tuberculeuse et suppose l'existence d'un processus inflammatoire du péritoine pouvant garder un aspect banal, n'avoir ni la physionomie clinique, ni l'aspect anatomique des péritonites tuberculeuses classiques, mais étant malgré tout d'origine et de nature tuberculeuse. On voit la netteté de ces conclusions qu'autorisent leurs observations, dont une seule sur 20 ne leur donna aucun résultat en faveur de la tuberculose, alors que, pour toutes les autres, le faisceau des recherches de laboratoire leur permit d'admettre la nature tuberculeuse de l'ascite. De telles conclusions ont évidemment besoin d'être vérifiées et étendues à un plus grand nombre défaits. Elles soulèvent la question, toujours discutée et jamais résolue, de l'ensemencement secondaire d'une ascite cirrhotique préexistante. Elles doivent toutefois rendre très réservé dans l'emploi de l'aulothérapie asci tique, au sujet de laquelle il a été beaucoup écrit ces dernières années, mais qui semble bien rarement applicable.
Traitement. — Le traitement des ascites reste basé sur l'association au traitement hygiénique et médicamenteux de la paracentèse de l'abdomen, jointe ou non à diverses autres interventions plus importantes.
Le régime varie selon la cause des ascites et on sait combien a été vanté le régime hypochloruré ou déchloruré dans certaines hydropisies d'origine cardiaque ou rénale. Il a donné de beaucoup moins bons résultats dans l'ascite cirrhotique; peut-être même conviendrait-il dans les cas où le rein est perméable, d'instituer un régime hyper chloruré, si l'on en croit un fait récent de Savy et Francillon qui ont vu un cirrhotique à ascite récidivante, guérir en prenant jusqu'à 55 et 40 gr. de sel par jour, mais en éliminant par les urines une quantité égale de chlorures; Y action diurétique du sel marin semble s'être exercée dans ce cas pour activer la disparition de l'ascite.
Peut-être certaines cures, comme la cure d'oignons, mériteraient-elles d'être employées de manière plus courante. Récemment Caries (de Bordeaux), Mongour, Dalché et d'autres ont insisté sur ses avantages. C'est avant tout une cure diurétique, qui n'agit que si le foie n'est pas trop profondément atteint et qui doit être associée au régime lacté ou lacto-végéfarien. Elle semble entraîner, en même temps qu'une diurèse prononcée, une élimination surabondante de chlorures. Mais pour l'employer, mieux vaut utiliser l'oignon cru, la cuisson détruisant certains oxydases et diastases utiles.
Cet oignon cru peut être la base d'un vin d'oignon*, comme celui préconisé par Caries.
Ascite. 150
Oignon unir el cru ordinaire w20() grammes.
Miel blanc liquide 100 —
Vin blanc q. s. soil environ "00 —
(50 gr. d<1 vin contiennent H) gv. d'oignon}.
L'oignon finemenl bâché el tamisé, reste en suspension dans le vin el «loi I être hn avec lui, en agitant le tout.
On peul employer aussi une alcoolature comme celle que Grimberl prépare en Taisant macérer pendant dix joins de la pulpe d'oignons Irais dans son poids d'alcool à 90° et dont chaque cuillerée à cale correspond à 5 gr. d'oignons (trois à cinq cuillerées à café par jour).
Parmi les médicaments qui exercent sur la diurèse et la disparition de ï'ascite une action analogue, Yopoihérapie hépatique a un efTet indiscutable <>t récemment Perrin insistait sur ses effets diurétiques dans les cirrhoses.
Malgré le régime et le traitement, il reste trop souvent (\c> cas d'ascite cirrhotique ou tuberculeuse dans lesquels il faut intervenir par la paracentèse ou d'autres moyens. Dans Ï'ascite cirrhotique notamment, nombre de procédés ont été préconisés au premier rang desquels l'autothéra pie a se i tique.
Autothérapie ascitique. — La médication par le liquide ascitique remonte à 1905, époque où Bayo-Yillaume a proposé l'injection sous-cutanée du liquide ascitique, comme traitement de Ï'ascite. Depuis, Audibert (de Marseille), et toute une série d'observateurs ont publié des résultats encourageants. Allant plus loin, certains chirurgiens comme Ruotte et Lambotte, ont cherché à faire rentrer dans la circulation la totalité du liquide d'ascite. Récemment Castaigne et N. Fiessinger ont fort sagement discuté les résultats des diverses méthodes employées.
On peut: .1° Injecter sous la peau le liquide ascitique. Il suffit de ponctionner avec une seringue de Roux, d'enlever 10 c. c. de liquide ascitique, puis de retirer progressivement l'aiguille pour l'amener sous la peau de l'abdomen et injecter directement le liquide dans le tissu cellulaire sous-cutané. On peut aussi retirer complètement l'aiguille et injecter le liquide sous' la peau de la cuisse. L'injection peut être ainsi répétée tous les deux jours jusqu'à ce que le résultat obtenu soit suffisant ou que l'inutilité des injections soit manifeste. Si parfois on a obtenu une polyurie marquée et la rétrocession de Ï'ascite, il s'en faut que le résultat ait été constant.
2° Injecter par voie intraveineuse et à dose massive le liquide ascitique. Sicard et Galup ont ainsi obtenu la rétrocession de Ï'ascite cirrhotique chez deux malades à la suite de l'injection de 500 à 500 gr. de liquide ascitique dans les veines; l'amélioration s'est dessinée après la cinquième ou sixième injection; mais il est de toute nécessité de s'assurer auparavant de la nature non bacillaire du liquide par l'inoculation au cobaye.
3° Chercher le drainage complet de ï'ascite: a) par la méthode médicale en retirant tous les jours plusieurs centaines de grammes de liquide et en les injectant dans le tissu cellulaire de la cuisse, procédé compliqué et peu recommandable ; b) par les méthodes chirurgicales, qu'on emploie le procédé de Lambotte (il consiste à faire un drainage des deux côtés du péritoine à laide d'un gros fil de soie qui, introduit de chaque côté de l'abdomen, chemine jusqu'à mi-cuisse) ou le procédé de Ruotte (il consiste à suturer direc-
1 ;> 1 Ascîte.
I ornent à une boutonnière du péritoine la lumière d'un vaisseau dont l'autre extrémité- reste en communication avec le système vasculaire ; la saphène interne se prête à ce genre d'opération).
Si ingénieuses que soient ces méthodes, elles sont difficiles à mettre en œuvre, dangereuses, en raison du caractère fréquemment infectieux ou toxique du liquide ascitique et il semble bien que, malgré quelques résultais encourageants de la méthode de Ruolte (abouchement des saphènes internes au péritoine), il faut les rejeter.
AJ autothérapie ascitique ne peut et ne doit être pratiquée, selon nous, que dans des cas rares où l'on s'est assuré avec soin du bon état de la perméabilité rénale et de la nature non tuberculeuse de l'épanchement. Mais les recherches de Roque et Cordier montrent combien peu fréquents sont de tels cas. Si on les rencontre, et si l'ascite y semble récidivante et tenace, on est autorisé à pratiquer soit des injections sous-cutanées de liquide ascitique, soit plus exceptionnellement des injections intra-veineuses, sans insister en cas d'échec après 10 à 15 jours.
D'autres moyens de traitement des ascites cirrhotiques ont été conseillés. Le drainage continu du liquide ascitique hors de l'organisme a été réalisé par laparotomie suivie de drainage abdominal, par laparotomie vaginale suivie de drainage (Villard), par drainage diurne continu de la cavité péritonéale à l'aide d'un appareil spécial (Zadoc Kahn et Vinaver), mais toutes ces méthodes ne sauraient être encouragées.
A plus forte raison nous semble-t-il nécessaire de rejeter les interventions chirurgicales ayant pour but de développer la circulation veineuse collatérale : fistule d'Eck et autres variétés d'anastomose porto-cave , étudiées récemment par de Martel, par Villard et Tavernier, ou opération de Talma qui, après quelques années de vogue, est rentrée dans l'oubli. Toutes exposent trop la vie du malade pour des avantages aléatoires.
De cette rapide revue critique des divers procédés de cure des ascites cirrhotiques résulte que, le plus souvent, la ponction telle qu'elle est pratiquée d'ordinaire (V. Paracentèse de l'abdomen in Nouvelle P. M. C.) est encore le moyen le plus simple et le plus pratique joint à la thérapeutique médicale. On peut y ajouter toutefois dans certains cas l'autothérapie ascitique ou plesmothérapie sous forme d'injections sous-cutanées du liquide ascitique (si les reins sont sains et le liquide non bacillifère). On peut aussi y joindre, dans quelques cas, des injections modificatrices et notamment des injections intra-péritonéales d'eau bouillie chaude qui, faites dans le but de modifier l'irritation péritonéale qui entretient l'ascite chez nombre de cirrhotiques, ont donné à Castaigne et Fiessinger de bons résultats. Après avoir pratiqué la ponction chez leurs malades ils introduisent, par le trocart resté en place, six litres d'eau bouillie à 45°, en ayant soin de faire changer le malade de position, afin que le péritoine soit atteint, dans son ensemble, par l'eau chaude. La sensation qu'éprouve le malade est souvent pénible, mais sans accidents importants. Au bout d'une demi-heure on relire le liquide injecté. Ce traitement, plusieurs fois répété chez le même malade, semble susceptible d'action, en augmentant la perméabilité de la séreuse ; il est indiqué toutes les fois que l'examen physique et cytologique du liquide montre que
Assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables. 1 52
l'irritation péri tonéale joue le principal rôle dans I;» formation de l'ascite el que la perméabilité péritonéale semble très diminuée.
Quanl aux injections d'huile d'olive stérilisée, d'eau iodée, d'adrénaline, de naphtol camphré, moins efficaces et parfois dangereuses, elles ne semblent guère à conseiller.
Un dernier moyen d'action a été recommandé récemment contre certaines ascites et notamment l'ascite tuberculeuse. Je veux parler de ['héliothérapie qui à Leysin, entre les mains de Rollïer, à Lyon, entre celles de Chatin et Chaltol, de Weill et Gardère, de Pic, a donné des résultats démonstratifs/ Le bain de soleil s'est montré d'une efficacité incontestable, même dans les conditions climatériques, défavorables en apparence, delà région lyonnaise. A défaut de la cure solaire, on peut tenter, dans la tuberculose péritonéale ascitique, Temploi de Yair chaud, utilisé avec succès par Mouri quand, mais dont l'action est inconstante (Daussct et Brin) et moins nette que celle du soleil. Air chaud et héliothérapie (v. c. m.) ne paraissent d'ailleurs susceptibles d'action que dans l'ascite tuberculeuse et non dans celle due à d'autres causes comme l'ascite cirrhotique. p. LEREBOULLET.