ATROPHIE ET HYPO
trophie. — Symptômes. — Par définition l'atrophique est un enfant dont le poids reste bien au-dessous de ce qu'il est
en général au même âge Fig. 149 et 150. — L'enfant atrophique (troubles du bilan) à côlé (Variot Traité cV Hi/qiène <lun onfanl normal du même âge. — Feer. Lehrbïtch der ^ ' JJy Kinder IleilUunde.
infantile, 1910). L'accroissement en longueur continue à se faire plus ou moins, alors que le poids reste stationnaire ou même décroît. La diminution de poids n'est pas progressive, du moins d'emblée ; elle est compensée par des périodes courtes «•I irrégulières d'augmentation: en sorte qu'on peut voir un enfant de 7 mois par exemple ne mesurer que 55 centimètres et ne peser que f>500 gr., sou poids de naissance étant de c2500 gr. Un tel enfant ne présente pas même ébauché le faciès simiesque de l'athrepsique. Le visage est simplement la miniature de l'état normal, tantôt asthénique sans grande expression (cas plus grave), tantôt sthénique et expressif. Les membres peuvent n'être que
Pystrophies du premier âge. 'i<>(3
la réduction de ce qu'ils sonl à l'étal normal ; parfois aussi il- sonl grêles el même amaigris. Ce sonl les cas les plus accentués ; il arrive alors «jue la peau esl trop large et se laisse plisser Le venl re esl assez souvent légèrement ballonné, mais ne l'esl pas nécessairemenl s'il n \ a pas suralimentai ion. Les selles sont plus ou moins copieuses suivant la quantité de lail ingérée; elles varienl de la normale aux différents aspects qu'elles présentent dans la gastroentérite. En effet, si la capacité digestive, ou du moins la faculté d'assimilation, esl toujours réduite chez l'atrophique, il n'y a pas nécessairemenl dyspepsie apparente. Il y a parmi ces petits malades <le simple- retardataires d'une corpulence inférieure à la moyenne; la vitalité chez eux n'es! pas nécessairement gravement atteinte (atrophie simple); il y a des dyspeptiques suralimentés ou non (spasmodiques ou ramollis, hypertoniques ou hypotoniques) ; il y a enfin, au 3e degré pour ainsi dire (atrophie cachectique), des petits êtres qui s'acheminent vers la cachexie. Parmi eux on trouve des inanitiés : il s'agit généralement d'enfants au sein, ou bien d'enfants au biberon dys peptiques de longue date, sous l'influence d'une cause d'ailleurs variable : il peut s'agir par exemple de spasmodiques ayant des réactions nerveuses vives et défavorables à une nutrition régulière. Il faut éviter à tout prix dans la pratique l'erreur (souvent commise par les parents), qui consiste à croire (pie l'atrophique est nécessairemenl un inanitié. Au contraire, comme le fait remarquer Lesage (Traité des maladies des Nourrissons, 1911), on voil parmi eux des petits êtres décharnés qui supportent en apparence des doses énormes de lait, sans augmenter de poids le moins du monde ; leurs selles sont lientériques, fétides, savonneuses ou graisseuses, parfois « relativement bien digérées ».
La gastro-entérite chronique prolongée n'entraîne pas nécessairement l'atrophie; mais les trouble* gastro-intestinaux n'en sonl pas moins la cause déterminante la plus fréquente de l'atrophie, qui peut se compliquerde tout le cortège des misères de la gastro-entérite, ou, comme on dit aujourd'hui, de l'intoxication digestive.
Les urines sont souvent riches en azote, en chaux et en phosphates cl dégagent rapidement l'odeur ammoniacale. Les selles sont trop abondantes. L'acide phosphorique vient de la caséine non utilisée. C'est du phosphore résiduel (L. Netter) el non de désassimilalion. En effet, on sait que, chez l'enfant au biberon, l'azote, les sels,el surtout la chaux et le phosphore sont excrétés en excès par défaut d'utilisation. Que d'énergie perdue dans un travail inutile! Il y a fréquemment leucocytose, surtout lymphocy taire (Lenoble). Si la lempéralure est généralement subnormale, il n'est pas rare de conslater de petites poussées subfébriles surtout chez les atrophiques au biberon. ('liez un sujet qui a habituellement 3(1,5, une température de 37,3 peut être anormale el équivaloir à une température de 38° chez un sujet sain. Quoique habiluellemenlrésislanlaux infections exogènes, l'atrophique est un instable au point de vue organique, la fonction calorifique esl souvent déséquilibrée indépendamment du degré de la température centrale; il y aurait tendance à la variabilité dans la déperdition calorifique, avec hyper-rayonnement ou hypo-rayonnement, contrairement à ce qui se passe chez le nourrisson sain, allaité au sein, dont la température de 57° esl remarquablement iixe.
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Pystrophies du premier âge.
Parmi les atrophiques les uns sont immobiles et indifférents à la nourriture; leurs chairs son! molles; leur leinl est terreux ou paie : ils semblenl infectés; les autres s'agitent, crient, sont voraces, el souvent en état de spasme défensif sous l'influence de la plus légère excitation. L'enfant se
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Fig. Loi.— En allanl de gauche à droite et de haut en uns :
•. obèse, rachitique, mongolique. (Lesage, Traité des maladies du nourrisson.)
raidi I pendanl l'examen, la paroi abdominale est tendue el ne se laisse pas déprimer, les cuisses se fléchissent sur le ventre, la tète se renverse en arrière; le tube digestif participe au spasme, soit qu'il y ait spasme du pylore, soit que le gros intestin lui-même soi! rétracté. Ceux-ci se défendent mieux el sont moins sujets aux complications intercurrentes. Leur teint esl souvent rosé el leurs muscles fonl saillie sous la peau.
Dystrophies du premier âge.
Lesage a individualisé ce type de troubles digestifs sous ,1e nom de maladie spasmodique ; il \ aurail même tendance au spasme vasculaire; les temporales peuvenl apparaître sinueuses comme dans l'artério-sclérose.
Formes. — Tantôt il y a défaut d'accroissement à la fois en longueur
el en poids : l'atrophie est totale : tantôt il y a dissociation des deux processus : tandis que le poids reste stationnai re, la taille continue à s'allonger. Dans le premier cas l'atrophie est à la fois pondérale et staturale; dans le second elle est surtout ou uniquement pondérale : la croissance esl dissociée. D'une façon générale, les os comme le système nerveux sont favorisés dans le développement; ils sont souvent en anticipation de croissance [Variot (V. Croissance)].
Bien que l'appréciation de chaque cas particulier soit bien difficile à cause des variétés familiales et individuelles, le tableau suivant pourra servir comme point de repère dans l'évaluation des troubles de la croissance.