‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 5)Chapitre 57 sur 299 · JA · texte numérisé non relu

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Fig. Ki(J. — Etat paranoïde. Graphomanie. Ecrits innombrables, incohérents. Le malade écrit jusque sur les enveloppes dont l'une est reproduite ici.

vent même primitivement) le malade passe au néologisme qui s'épanouit en une véritable floraison. L'arrangement des mois, des phrases est singulier, parfois symétrique (démence paranoïde) souvent loul à fait irrégulier, incohérent. La stéréotypie est 1res précoce, elle se présente sous les aspects les plus divers dont, seuls, des fac-similés peuvent donner l'idée. Les langages complètement inventés de certains aliénés relèveraient de la démence paranoïde (fig. 169).

On sait que l'école de Kraepelin fait rentrer dans la démence paranoïde tous les faits d'écrits stéréotypés et néologiques dont les variétés sont innombrables, chaque malade ayant sa manière. Et il est certain qu'il est parfois difficile de différencier les écrits d'un systématisé chronique mégalomane au sens de Magnan, d'un dément paranoïde de Krsepelin.

Écriture et Écrits des aliénés.

Le maniérisme, la stéréotypie se retrouvent dans les dessins, souvent si curieux, des déments précoces.

Démence sénile. — L'écriture du vieillard devient moins sûre et moins bien formée, puis tremblée; le tremblement sénile, régulier, à petites oscillations se traduit dans l'écriture. La démence se marque dans la teneur des écrits par les oublis, les sautes d'idées, la difficulté de plus en plus grande d'exprimer sa pensée correctement et d'une façon suivie, les inexactitudes de la copie dans les exercices commandés; les incorrections, d'abord corrigées en relisant ou sur la remarque qu'en fait l'observateur, passent inaperçues ; cela finit par l'incohérence plus ou moins complète.

Faiblesse mentale congénitale. Arriérés. — Les idiots n'écrivent pas, les imbéciles inférieurs n'arrivent à tracer que des traits informes; à un degré moins inférieur, ils arrivent à acquérir une écriture conservant les caractères de l'écriture la plus infantile, certains débiles acquièrent au contraire un véritable talent de calligraphe. Plus généralement leurs écrits restent juvéniles, sinon infantiles, comme forme et comme fond. Les fautes sont analogues à celles des illettrés, l'orthographe est phonétique; les lettres sont substituées l'une à l'autre par analogie de consonance et de forme (analogie auditivo-motrice, Rogues de Fursac).

Etats de confusion. — Dans la confusion mentale les malades n'écrivent pas spontanément; dans les cas légers où Ton parvient à obtenir quelque exercice, le malade écrit passivement sur des injonctions répétées, il faut épeler chaque mot, chaque lettre; rapidement le malade s'arrête. Les traits de l'écriture se ressentent de l'état d'inhibition psychique, les lettres sont incomplètes, non fermées, souvent séparées les unes des autres, les mots sont coupés incorrectement; on n'arrive pas à obtenir une réponse par écrit, ni une copie.

Dans les états de confusion post-épileptiques, l'écriture a des caractères un peu spéciaux.

Épilepsie. — Les épileptiques n'ont souvent aucun trouble de l'écriture, sauf celui qui peut être en rapport avec leur niveau intellectuel. Mais, après

Fig. 170. — Epilepsie. Écrit post-paroxysmal. Écriture appuyée. (Rogues de Fursac.) Tendance à la stéréotypie.

Fig. 171. — Épilepsie. Écrit post-paroxysmal. Type impulsif de Rogues de Fursac. Automatisme avec pseudo-stéréolypie.

N1" P. M. C. — Suppl. -S .

155 Écriture et Écrits des aliénés.

les attaques. Roques de Fursac a constaté une modalité tout à fait spéciale consistant en une écriture appuyée (fig. 170). Le malade n'est souvent capable que d'écrire quelques mots, quelques lettres mêmes, en lui faisant suivre un modèle (type passif de Rognes de Fursac) et en insistant beaucoup, souvent sans rien obtenir (type négateur). On retrouve souvent dans ces écrits des caractères de pseudo-stéréotypie, le malade écrivant indéfiniment la même lettre ou le même mot ou une suite incohérente de lettres d'une façon comme automatique (type impulsif) (fig. 171). Si l'écrit obtenu est plus long il y a de ces répétitions de mots ou d'idées que nous proposons qualifier de paligraphie par comparaison avec la paliphrasie des propos des épileptiques délirants (V. Folie épileptioue.) A noter que les lignes prennent fréquemment une direction exagérément descendante (fig. 172).

Délires toxiques. — Alcoolisme aigu. — Les écrits spontanés sont rares, dans les exercices il y a un tremblement, voire même une ataxie véritable commandée par l'état ataxique de la musculature, souvent un véritable gribouillage avec des traits irréguliers, allongés, qui n'en finissent pas, comme on dit.

Alcoolisme subaigu et chronique. — La caractéristique en est le tremblement assez régulier, interrompu par les efforts que fait le malade pour le vaincre ou le cacher, d'où résultent des irrégularités, des crochets (fig. 175). S'il existe de l'affaiblissement intellectuel il est souvent difficile de diffé-

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Fig. 173. — Alcoolisme aigu. Alaxie, spasmodicité, tremblement. Pourrait être confondu avec l'écriture paralytique.

rencier ces écrits de ceux des paralytiques au début (fig. 173), des fautes analogues (oublis, enjambements, surcharges, absence de correction des fautes) s'y retrouvant à un moindre degré, il est vrai, et s'atténuant peu à peu dans les cas favorables chez les malades sevrés d'alcool et qui ne sont pas affaiblis, l'écriture redevient normale; chez les affaiblis, la lenteur de l'exécution décèle la lenteur de l'idéation, les lettres sont bien formées, l'écrit correct dans son ensemble, mais avec des oublis.

Morphinomanie. — Les morphinomanes avérés n'ont aucun trouble de l'écriture, sauf un fin et léger tremblement qu'ils peuvent vaincre passagèrement.

Dans l'état de besoin, l'écriture devient irrégulière, hachée et le tremblement s'exagère jusqu'à l'ataxie ; certains sont dans l'impossibilité d'écrire.

Cocaïnomanie. — Les cocaïnomanes ont un tremblement de petite amplitude s'exagérant dans l'état de besoin, et prenant alors un caractère plu- ou moins irrégulier, surtout quand il existe des secousses cloniques de certains muscles. M. TRÊNEL.

Électrocutîon. î 5 1 1

ECZÉMA. — Brocq, Pau hier, et Ayrignac ont consacré une élude complète (Ann. Dermat., 1911) à une forme particulière d'eczéma papulo-vésiculeux. 11 est caractérisé par de petites papules disséminées, surmontées d'une vésicule nette, ou excoriée et remplacée par unecroûtelle noirâtre. Les vésicules laissent écouler une sérosité citrine semblable à celle des autres eczémas. Généralement, en un point quelconque, on trouve un placard avant l'aspect de l'eczéma vulgaire, mais reposant sur une peau épaissie et excoriée : il est facile de se rendre compte que les éléments primordiaux ont été des papulo-vésicules. L'éruption, très prurigineuse, se fait par poussées; elte est abondante, diffuse, symétrique. Cette forme a donc des rapports étroits avec les prurigos, et représente le trait d'union entre eux et l'eczéma vésiculeux vrai.

Dans tous les cas, les auteurs ont trouvé une diminution notable de la perméabilité rénale; dans 80 pour 100, il y avait augmentation des fermentations intestinales.

On peut tirer de là des données précieuses pour le traitement. Le goudron brut, les vernis au goudron peuvent sécher les éruptions. Mais un régime approprié en empêchera seul le retour. m. SÉE.

ÉCLECTROCOAGULATION. — Y. Dlytiiermie.

ÉLECTROCUTÎON. — On donne le nom d'électrocution aux effets produits sur l'organisme de l'homme ou des animaux par les courants électriques. On entend, au contraire, par fulguration l'action sur les mêmes organismes des décharges d'un condensateur, qu'il s'agisse de la chute de la foudre ou des phénomènes produits par des appareils de physique dans un laboratoire (voir Fulguration).

En Amérique, on a recours à l'électrocution pour exécuter les condamnés à mort. Nous ne dirons que quelques mots de l'électrocution des criminels, mais nous nous étendrons davantage sur les accidents provoqués par les courants électriques (électrocution accidentelle). ,

Des troubles de l'organisme peuvent être produits par trois ordres de courants électriques :

A) Par des courants alternatifs.

B) Par des courants continus.

C) Par des courants de bobines.

Pratiquement les courants alternatifs et les courants continus sont les seuls qui déterminent des accidents très graves chez l'homme. Les courants de bobines ne sont pas très dangereux pour lui. Même avec les grosses bobines, c'est tout au plus si le sujet atteint par le courant éprouve des douleurs vives, comparables à des crampes, avec perte de connaissance momentanée et parésies passagères dans quelques cas; bientôt d'ailleurs tout disparaît ne laissant d'autres traces que des courbatures.

Electrocution des- condamnés. — Voici le dispositif adopté actuellement en Amérique pour l'électrocution des condamnés : le sujet est solidement fixé sur une chaise par des liens. Des électrodes constituées par de larges éponges imbibées d'eau salée sont placées, l'une au sommet de la tête ou sur le front, l'autre sur un mollet.

lui

Électrocution.

On emploie un courant alternatif industriel el on fait passer d'abord un courant à haute tension (1700 à "2000 volts) pendant 7 secondes, puis le voilage est abaisse à 200 ou iOO volts pendant 50 secondes et plus. Après cela on élève de nouveau le voltage à IG00 ou 1800 volts, puis on l'abaisse et on alterne ainsi jusqu'à disparition des mouvements respiratoires.

Prévost et Battelli ont démontré qu'en n'employant que les voltages ('levés les mouvements du cœur ne s'arrêtaient pas, et que, si l'action du courant n'était pas suffisamment prolongée pour produire l'arrêt définitif de la respiration, les mouvements respiratoires pouvaient se rétablir peu à peu et le sujet pouvait revenir à la vie. C'est ce qui explique pourquoi dans les premières électrocutions, où l'on utilisait exclusivement des courants à haute tension, on a vu des électrocutés revenir à la vie. Avec l'abaissement du voltage succédant au courant à haute tension, on obtient au contraire l'arrêt définitif des ventricules en trémulations fibrillaires.

A Y autopsie des sujets électrocutés on ne constate que des brûlures légères aux points d'application des électrodes, sans carbonisation de la peau. L'électrocution n'entraîne donc aucune lésion caractéristique.

Electrocution accidentelle. — Les accidents d'électroculion sont le plus souvent des accidents industriels. Des personnes étrangères à l'industrie peuvent bien être accidentellement électrocutées au contact d'un conducteur électrique, par exemple sur la voie publique en touchant le fil rompu d'un tramway électrique. Mais le plus souvent les sujets atteints sont des ouvriers employés dans les industries où Ton utilise des courants électriques, qu'ils soient électrocutés en faisant des réparations sur un point de l'installation électrique, ou qu'ils louchent par mégarde un conducteur non isolé.

Troubles produits par l'électrocution accidentelle. — Dans bon nombre de cas il y a perte de connaissance immédiate, et si le sujet ne peut être rappelé à la vie, cela peut tenir à ce que l'action du courant a été suffisamment prolongée pour produire l'asphyxie, la respiration spontanée ne se rétablissant pas. De pareilles conditions sont rarement réalisées dans la pratique, le plus souvent la mort est due à la paralysie du cœur, les ventricules s'arrêlant en trémulations fibrillaires (Prévost et Battelli).

Dans d'autres cas, la perte de connaissance n'est que passagère et le sujet se rétablit soit grâce à une intervention appropriée réveillant les mouvements respiratoires interrompus, soit de lui-même sans aucun secours. Pour cela, il faut que le contact n'ait pas été suffisamment prolongé pour déterminer l'asphyxie.

Lorsque le sujet ne perd pas connaissance, il éprouve généralement une forte commotion avec des contractions musculaires très douloureuses, de véritables crampes, et une sensation de conslriction de la poitrine très pénible.

Le passage du courant produit généralement des brûlures plus ou moins intenses aux points du corps qui se sont trouvés en contact avec les conducteurs, ce sont naturellement les mains qui sont le plus souvent atteintes. Lorsque ces brûlures sont superficielles, elles sont généralement peu douloureuses, guérissent rapidement sans tendance à la suppuration. Les bru-

Électrocution. 458

lures profondes, au contraire, donnent lieu à des pertes de substance à l'emporte-pièce; elles peuvent dépasser le derme et carboniser les téguments jusqu'à l'os; c'est ce qui survient fréquemment au niveau des phalanges. (V. Brûlures électriques.)

Ces brûlures profondes jouent un rôle important dans la protection de l'organisme contre l'action des courants électriques, les tégumenls carbonisés présentant une résistance bien supérieure à celle de la peau même quand elle est sèche.

Des troubles nerveux éloignés peuvent être la conséquence d'une électrocution accidentelle. Ce sont des troubles moteurs associés à des troubles sensitifs, souvent de l'hémiplégie avec hémianesthésie ; quelquefois il y a perte des réflexes du côté malade, on observe des contractures ou du tremblement. Ces accidents disparaissent en général assez rapidement.

Au moment d'un court-circuit, il se fait un dégagement d'étincelles dont l'éclat peut être assez vif pour provoquer des éblouissements et parfois une chorio-rétinite.

Facteurs qui interviennent dans la production des accidents. — Ces facteurs se rapportent d'une part au courant électrique (nature, tension, intensité et durée du courant, etc.); de l'autre, à la victime (résistance du sujet, ses tares organiques antérieures à l'accident, etc). Il va de soi que ces facteurs combinent leur influence de façon très variée, suivant les circonstances, et que l'action de chacun d'eux peut être considérablement modifiée par l'intervention des autres facteurs.

Parmi ces facteurs nous ne signalerons que les plus importants : Nature du courant. — Les courants alternatifs sont beaucoup plus dangereux que les courants continus, parce qu'ils diminuent très vite la résistance du corps du sujet traversé et par suite atténuent la perte d'intensité du courant due à cette résistance que lui oppose l'organisme. De plus, leur effet sur le cœur est beaucoup plus marqué. ,

Tension du courant. — La tension en volts peut donner lieu à des acci dents déjà au-dessus de 100 volts; elle peut entraîner la mort à partir de 600 volts.

Intensité du courant. — L'intensité en ampères du courant traversant le corps du sujet devient dangereuse au-dessus de 25 milliampères et peut entraîner la mort au-dessus de GO milliampères.

Durée du passage du courant. — La durée du passage du courant à travers le corps contribue d'autant plus à aggraver les désordres produits que la résistance diminue avec la prolongation de cette durée et que, par suite, l'intensité du courant que supporte l'organisme augmente parallèlement.

Résistance du sujet. — Elle est d'abord en rapport inverse de l'étendue de la surface du corps mise en contact avec la source électrique. En effet, la résistance est bien plus grande et le danger par conséquent moindre si le contact est limité à l'extrémité d'un doigt, par exemple, au lieu de s'étendre à quatre doigts repliés.

Elle est encore en rapport inverse de l'état d'humidité des points du corps, des vêtements ou des chaussures où s'établissent les contacts. L'état d'humidité du sol facilite considérablement le passage du courant, quand

139 Électrocution,

il s'établit un court-circuit avec la terre. Si celte humidité est due à une solution saline ou acide la résistance devient encore plus faible.

Nous avons déjà indiqué que, par contre, la calcination de la peau, sous l'action du passage du courant, créant un contact particulièrement sec, augmentait considérablement le degré de résistance de l'organisme.

Tares individuelles. — 11 faut enfin tenir compte des tares individuelles antérieures à l'accident (alcoolisme, affections du cœur et autres maladies organiques) qui rendent le sujet plus vulnérable.

Secours à donner aux victimes d'un contact accidentel avec des conducteurs électriques ('). — Si la victime est encore en contact avec les conducteurs, il faut la soustraire le plus rapidement possible aux effets du courant en se conformant rigoureusement aux prescriptions ci-dessous indiquées pour ne pas s'exposer personnellement au danger. V humidité rend le sauvetage particulièrement dangereux.

Tension de première catégorie (*). — Écarter immédiatement le conducteur de la victime en prenant la précaution de ne pas se mettre en contact directement ou par l'intermédiaire d'un objet métallique avec le conducteur sous tension.

Tension de deuxième catégorie inférieure à 6000 volts (entre conducteurs). — Tenter de supprimer le courant, s'efforcer de délivrer la victime du contact dangereux.

A) Un fil est tombé sur le sol et touche la victime.

Écartement des fils. — Sans toucher la victime, écarter le fil avec les crochets à manches isolants, prévus par le dernier paragraphe de l'article 13 du décret du 15 juillet 1007 modifié (3); ces crochets ne doivent pas être humides.

Se placer sur le tabouret de bois verni avec pieds terminés par des pièces de porcelaine ou de verre, tabouret prévu par le dernier paragraphe de l'article 15 du décret du 11 juillet modifié (4).

Déplacement et dégagement de la victime. — S'il est plus facile de déplacer la victime que d'écarter les fils, le faire en observant exactement les mêmes précautions.

Dans toutes ces opérations, éviter que le fil ne vienne toucher le visage ou d'autres parties nues du corps.

B) La victime est suspendue.

Supprimer le courant, prévoir la chute du blessé, préparer sur le sol : matelas, bottes de paille, etc.

Tension supérieure à 6000 volts (entre conducteurs). — Supprimer le couranl. — Si Von ne peut supprimer le courant, le sauvetage sera toujours très dangereux.

\. D'après les instructions du Ministère du Travail (Arrêté du 10 août 1912).

2. Tensions de première catégorie : courants alternatifs, moins de 150 volts; courants continus, moins de 600 volts.

3. \ défaut de ces crochets, se servir de bâtons, de cannes ou d'outils à manches isolants, ces objets ne devant pas être humides.

4. A défaut de ce tabouret, construire un tabouret isolant de fortune en disposant sur le sol des planches, sur lesquelles on place des isolateurs ou, à défaut, des objets solide- lie- isolants (bouteilles vides, bols en faïence, etc.), le tout surmonté par de nouvelles planches aussi sèches que possible.

Électrocution. 4M

Isoler le sauveteur à la fois du côté du courant et du côté de la terre : employer les crochets à manches isolants prévus par le dernier paragraphe de l'article IT> du décret du II juillet 1907 modifié (*).

Faire mouler le sauveteur sur le tabouret de bois verni avec pieds terminés par des pièces de porcelaines ou de verre, tabouret prévu par le dernier paragraphe de l'article 12 du décret du 11 juillet 1007 modifié.

Dans tous les cas, prévenir le médecin.

Premiers soins à donner à la victime. — Donner à la victime, dès qu'elle a été soustraite aux effets du courant, les soins ci-après indiqués, même dans le. cas où elle présenterait les apparences de la mort.

Transporter d'abord la victime dans un local aéré où on ne conservera qu'un très petit nombre d'aides, trois ou quatre, toutes les autres personnes étant écartées.

Desserrer les vêtements et s'efforcer, le plus rapidement possible, de rétablir la respiration, en ayant recours à la traction rythmée de la langue et à la respiration artificielle combinées.

Chercher en même temps à ramener la circulation en frictionnant la surface du corps, en flagellant le tronc avec les mains ou avec des serviettes mouillées, en jetant de temps en temps de l'eau froide sur la figure, en faisant respirer de l'ammoniaque ou du vinaigre.

Il n'y a que peu de chose à ajouter à ces instructions si complètes. D'après Battelli, dans le cas où la victime est encore en contact avec les conducteurs, si l'on n'a pas d'outils spéciaux, on peut essayer d'écarter le corps d'un coup de pied; car, d'après lui, le courant qui passe d'une jambe à l'autre, avec des vêtements et des chaussures secs, n'est pas dangereux, même avec les hautes tensions.

Dès que le contact a cessé, il faut, suivant l'expression de d'Arsonval, traiter l'électrocuté comme un noyé. On devra prolonger longtemps les soins (traction rythmée de la langue, et surtout respiration artificielle), car, avec les hautes tensions, c'est généralement une syncope respiratoire qui s'est produite et, si le contact n'a pas duré assez longtemps pour déterminer l'asphyxie définitive, on peut voir la victime revenir à la vie après un état de mort apparente assez long.

Précautions à prendre pour prévenir les accidents d'électrocution. — Les mesures pour assurer la sécurité du public et des travailleurs de l'industrie, partout où il y a des installations électriques pouvant déterminer des accidents, sont réglementées par le décret du 1 1 juillet 1007 et l'arrêté du 21 mars 1908, dont nous reproduisons ci-dessous les parties essentielles.

Décret du 11 juillet 1907

sur la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels

qui mettent en œuvre des courants électriques.

Section I. — Prescriptions générales.

Art. I. — Les installations électriques doivent comporter des dispositifs de sécurité en rapport avec la plus grande tension de régime existant entre les conducteurs et la terre. Suivant cette tension, les installations électriques sont classées en deux catégories.

\. A défaut de ces crochets se servir d'outils à manches très isolants ou munis de poignées en porcelaine ou en verre.

i \ I Électrocution.

Première catégorie.

A) Courant continu. — Installations dans lesquelles la plus grande tension de régime entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas 000 volts.

B) Courant alternatif. — Installations dans lesquelles la plus grande tension efficace entre les conducteurs et la terre ne dépasse pas 150 volts.

Deuxième catégorie.

Installations comportant des tensions respectivement supérieures aux tensions ci-dessus.

Section II. — Installations de machines, appareils et lampes électriques.

Art II. — Les machines électriques sont soumises, en outre des prescriptions générales du décret du 29 novembre 1904 (V. Hygiène industrielle, Annexe) et notamment celles des articles 12, 14 et 15 de ce décret, aux prescriptions spéciales suivantes :

Pour celles qui appartiennent à des installations de la deuxième catégorie, les bâtis et pièces conductrices non parcourues par le courant doivent être reliés électriquement à la terre ou isolés électriquement du sol. Dans ce dernier cas, les machines sont entourées par un plancher de service non glissant, isolé du sol et assez développé pour qu'il ne soit pas possible de toucher à la fois à la machine et à un corps conducteur quelconque relié au sol.

La mise à la terre ou l'isolement électrique est constamment maintenu en bon état.

Les mêmes prescriptions sont applicables aux transformateurs dépendant d'installations de la deuxième catégorie; ces appareils ne doivent être accessibles qu'au personnel qui en a la charge.

Art. III. — Si une machine ou un appareil électrique de la deuxième catégorie se trouve dans un local ayant en même temps une autre destination, la partie du local affectée à cette machine ou à cet appareil, est rendue inaccessible, par un garde-corps ou un dispositif équivalent, à tout autre personnel que celui qui en a la charge; une mention indiquant le danger doit être affichée en évidence.

Art. IV. — Dans les locaux destinés aux accumulateurs, dans les ateliers qui contiennent des corps explosifs et dans ceux où il peut se produire soit des gaz détonnants, soit des poussières inflammables, il est interdit d'établir des machines électriques à découvert, des lampes à incandescence non munies de double enveloppe, des lampes à arc où aucun appareil pouvant donner lieu à des étincelles, sans qu'ils soient pourvus d'une enveloppe de sûreté les isolant de l'atmosphère du local.

La ventilation des locaux destinés aux accumulateurs doit être suffisante pour assurer l'évacuation des gaz dégagés.

Section III. — Tableaux de distribution et locaux.

Art. V. — Pour les tableaux de distribution des courants appartenant à la première catégorie, les conducteurs doivent présenter les isolateurs et les écarteurs propres à éviter tout danger.

Pour les tableaux de distribution portant des appareils et pièces métalliques de la deuxième catégorie, le plancher de service sur la face avant (où se trouvent les poignées de manœuvres et les instruments de lecture) doit être isolé électriquement et établi comme il est dit ci-dessus au sujet des machines.

Quand les pièces métalliques ou appareils de la deuxième catégorie sont établis à découvert sur la face arrière du tableau, un passage entièrement libre de 1 mètre de largeur et de 2 mètres de hauteur au moins est réservé derrière lesdits appareils et pièces métalliques; l'accès de ce passage est défendu par une porte fermant à clef, laquelle ne peut être ouverte que par ordre du chef de service ou par ses préposés à ce désignés; l'entrée en sera interdite à toute autre personne.

Art. VI. — Les passages ménagés par l'accès aux machines et appareils de la deuxième catégorie, placés à découvert ne peuvent avoir moins de 2 mètres de hauteur, leur largeur mesurée entre les machines, conducteurs ou appareils eux-mêmes, aussi bien qu'entre ceux-ci et les parties métalliques de la construction, ne doit pas être inférieure à la première.

Dans tous les locaux, les conducteurs et appareils de la deuxième catégorie doivent, notamment sur les tableaux de distribution, être nettement différenciés des autres par une marque très apparente (une couche de peinture par exemple).

Dans les locaux où le sol et les parois sont très conducteurs, soit par construction, soit par suite de dépôts salins résultant de l'exercice même de l'industrie ou par suite d'humidité, on ne doit jamais établir, à la portée de la main, des conducteurs ou des appareils placés à découvert.

Électrocution. 4 ic2

Art. VIL — Les salles des machines génératrices d'électricité et les sous-stations doivent posséder un éclairage de secours continuant «à fonctionner en cas d'arrêl du courant.

Section IV. — Installation des canalisations.

Art. VIII. — Les canalisations nues appartenant à une installation de la deuxième catégorie doivent être établies hors de la portée de la main sur des isolateurs convenablement espacés et être écartées des masses métalliques telles que piliers ou colonnes, gouttières, tuyaux de descente, etc.

Les canalisations nues appartenant à une installation de la première catégorie établies à l'intérieur, et qui sont à portée de la main doivent être signalées à l'attention par une marque bien apparente; l'abord en est défendu par un dispositif de garde.

Les enveloppes des autres canalisations doivent être convenablement isolantes. Aucun travail n'est entrepris sur des conducteurs de la première catégorie en charge sans que des précautions suffisantes assurent la sécurité de l'opérateur.

Des dispositions doivent être prises pour éviter réchauffement anormal des conducteurs à l'aide de coupe-circuits, plombs fusibles ou autres dispositifs équivalents.

Toute installation reliée à un réseau comportant des lignes aériennes de plus de 500 mètres doit être suffisamment protégée contre les décharges atmosphériques.

Art. IX. — Les colonnes, les supports et en général toutes pièces métalliques de la construction qui risqueraient, par suite d'un accident sur la canalisation, d'être accidentellement soumis à une tension de la deuxième catégorie doivent être convenablement reliés à la terre.

Art. X. — Il est formellement interdit de faire exécuter aucun travail sur les lignes électriques de la deuxième catégorie, sans les avoir au préalable coupées de part et d'autre de la section à réparer. La communication ne peut être rétablie que sur l'ordre exprès du chef de service; ce dernier doit avoir été au préalable avisé par chacun des chefs d'équipe que le travail est terminé et que le personnel ouvrier est réuni au point de ralliement fixé à l'avance.

Pendant toute la durée du travail, la coupure de la ligne doit être maintenue par un dispositif tel que le courant ne puisse être rétabli que sur l'ordre exprès du chef de service.

Dans les cas exceptionnels où la sécurité publique exige qu'un travail soit entrepris sur les. lignes en charge de la deuxième catégorie, il ne doit être procédé que sur l'ordre exprès du chef de service et avec toutes les précautions de sécurité qu'il indiquera.

Art. XI. — Il est interdit de faire exécuter des élagages ou des travaux analogues pouvant mettre directement ou indirectement le personnel en contact avec des conducteurs ou pièces métalliques de la deuxième catégorie, sans avoir pris des précautions suffisantes pour assurer la sécurité du personnel par des mesures efficaces d'isolement (par rapport à la terre).

Art. XII. — Les lignes téléphoniques, télégraphiques ou de signaux particuliers aux établissements ayant des installations électriques et affectées à leur exploitation, qui sont montées, en tout ou en partie de leur longueur, sur les mêmes supports qu'une ligne électrique de la deuxième catégorie, sont soumises aux prescriptions de l'art. VIII, §§ 1 et 6 et à celles des articles X et XI.

Leurs postes de communication, leurs appareils de manœuvres ou d'appel doivent être disposés de telle manière qu'il ne soit possible de les utiliser ou de les manœuvrer qu'en se trouvant dans les meilleures conditions par rapport à la terre, à moins que leurs appareils ne soient disposés de manière à assurer l'isolement de l'opérateur par rapport à la ligne.

Section V. — Affichage, Dérogation, Contrôle.

Art. XIII. — Afficher dans les salles d'installation de la deuxième catégorie:

1° Qu'il est dangereux et formellement interdit de toucher aux pièces métalliques

et conducteurs soumis à une tension de la deuxième catégorie, même avec des gants

en caoutchouc ou de se livrer à des travaux sur les pièces ou conducteurs, même avec

des outils à manche isolant.

2° Des extraits du présent règlement et les instructions sur les soins à donner aux

électrocutés.

L'arrêté du 21 mars 1908 du Ministère des Travaux publics sur les conditions techniques des distributions d'énergie électrique, ajoute aux règle-

\ 13 Électro-Diagnostic.

ments précédents quelques prescriptions, concernant la sécurité publique, au sujet des canalisations électriques aériennes dont les conducteurs doivent être placés à 6 mètres au moins au-dessus du sol des voies publiques dans les parties de la distribution qui longent ces voies; à 8 mètres au moins dans les parties qui les traversent; à 1 mètre au moins des façades et à 1 m. 50 de la toiture ; pour traverser les voies de chemin de fer, à 7 mètres au moins au-dessus du rail le plus haut; sur les cours d'eaux, à une hauteur variable suivant la nature des bateaux qui y passent, mais au minimum à une hauteur de 8 mètres.

Pour les distributions à haute tension, les dispositions suivantes doivent être appliquées :

a) Les poteaux et pylônes sont munis à une hauteur d'au moins 2 mètres au-dessus du sol d'un dispositif spécial pour empêcher, autant que possible, le public d'atteindre les conducteurs.

b) Les mesures nécessaires sont prises pour que dans la traversée et sur les appuis d'angle les conducteurs d'énergie électrique, au cas où ils viendraient à abandonner l'isolateur, soient encore retenus et ne risquent pas de traîner sur le sol ou de créer des contacts dangereux.

c) Chaque support porte l'inscription « Dangereux » en gros caractères, suivie des mots : « Défense absolue de toucher aux fils même tombés à terre. » WURTZ et BOURGES.

ÉLECTRO-DIAGNOSTIC. — MM. Bourguignon et Laugier ont cherché à obtenir une mesure approximative de la vitesse de l'excitabilité musculaire à l'état pathologique et à l'état normal. Ils ont pour cela appliqué à l'homme les procédés que Marcelle Lapique et Jeanne Weill ont employés pour montrer la vitesse de l'excitabilité musculaire en physiologie.

Cette méthode consiste à rechercher séparément le seuil de la contraction avec l'onde induite de fermeture et l'onde induite d'ouverture du courant faradique et à établir ensuite le rapport des quantités correspondantes aux distances trouvées d'après la courbe de variation de la quantité d'électricité de la distance des bobines.

On utilise le rapport en mettant le chiffre de la quantité donnant le seuil de l'onde de fermeture en numérateur. Il y a intérêt à chercher ce rapport qui est beaucoup plus précis que la simple recherche du seuil de l'excitation faradique ordinaire employée en clinique.

MM. Babinski, Delherm et Jarkowski ont pu obtenir, chez un sujet présentant la réaction complète de dégénérescence, l'excitation faradique en faisant traverser le membre par un courant galvanique continu, c'est aux environs du pôle négatif que réapparaissait l'excitabilité faradique. C'est là un phénomène décrit autrefois par les auteurs allemands sous le nom de katelectrotonus ; l'anelectrotonus étant le phénomène inverse, l'excitabililé faradique diminuant aux environs du pôle positif.

Ces faits montrent l'importance thérapeutique de la galvano-faradisation si l'on a soin de bien utiliser le sens du courant galvanique.

Réaction centro-latérale. - MM. Huet et Valobra désignent ainsi la

Éléphantiasis et états éléphantiasiques. 4 \ \

contraction des muscles paralysés lorsqu'on porte l'excitant sur les muscles symétriques du côté sain. Ce fait se produit dans certaines paralysies faciales présentant la D. R. F. ALLARD.

ÉLECTROTHÉRAPIE. — "L'ionisation ou pénétration diadermique des médicaments sous l'action du courant galvanique est de plus en plus utilisée en électrothérapie. L'ion zinc est employé dans le traitement des lymphangites, l'ion magnésium dans le traitement des verrues. Mais c'est surtout la pénétration diadermique des sels radio-actifs qui a suscité d'intéressantes communications. Zimmern, Mme et M. Fabre ont utilisé les boues radioactives dans des cas d'arthrites rhumatismales et bacillaires où ils ont obtenu de réels résultats. Haret se sert pour l'introduction électrolytique du radium de compresses mouillées avec la solution de bromure de radium (10 microgrammes par dose). Ce procédé est préférable à celui des boues, contenant d'autres sels qui sont introduits en même temps par l'ionisation.

Les courants de haute fréquence sont utilisés pour produire la fulguration.

Fulguration. — Ce procédé préconisé et vulgarisé par de Keating- Hart consiste en applications d'étincelles de haute fréquence et de haute tension sur des tissus morbides. Cette application se fait en général de suite après l'opération chirurgicale lorsque les tissus morbides ont été enlevés. L'électrode à fulguration de de Keating-Hart est reliée à l'extrémité supérieure du résonateur Oudin. Elle est constituée par un fil de cuivre entouré d'un tube d'ébonite de forme variée suivant la région à atteindre, un courant d'acide carbonique sous pression circule continuellement entre l'ébonite et le conducteur métallique. Le traitement est appliqué dans les cas de cancers et surtout de cancer du sein. Sur 40 cas de cancers divers, de Keating-Hart cite 24 guérisons apparentes durant depuis sept mois à deux ans. F. ALLARD.

ÉLÉPHANTIASIS ET ÉTATS ÉLÉPHANTIASIQUES (TRAITEMENT CHIRURGI CAL). — Quel que soit le siège d'une éléphantiasis, il faut tout d'abord prévenir les complications septiques en assurant la propreté des téguments, en évitant les causes d'excoriation par les vêtements, les chaussures, traiter les poussées aiguës, comme toute lymphangite, par les pansements humides et les pulvérisations antiseptiques, et engager les malades atteints de fîlariose au début à quitter les régions infectées.

I. — ÉLÉPHANTIASIS ET ÉTATS ÉLÉPHANTIASIQUES DES MEMBRES. — Les deux éléments essentiels du traitement sont le repos avec élévation du membre et la compression par une bande élastique de caoutchouc, surveillée attentivement pour être assez serrée sans devenir douloureuse.

A titre d'adjuvants, il est bon d'employer le massage, d'essayer les injections de fibrolysine qui ont donné de brillants succès, surtout dans les cas d'éléphantiasis tropicale (Castellani), de tenter l'électrisation et l'électrolyse, enfin d'enlever les bourrelets éléphantiasiques particulièrement exubérants.

Le traitement, qui chasse rapidement le liquide d'œdème, mais a peu de prise sur les lésions scléreuses, ne donne qu'une diminution de volume partielle et trop fréquemment temporaire. Des récidives obligent en général à le reprendre par périodes, entre lesquelles le malade peut rarement mener

» i.» Embolies graisseuses.

une existence active. Dans certains cas incurables, la gêne fonctionnelle due au poids du membre et la fréquence des complications septiques obligent le malade à choisir entre le repos permanent et l'amputation.

Une méthode nouvelle paraît susceptible d'améliorer ce pronostic ; sa simplicité permet en tout cas de l'essayer avec des risques insignifiants. Elle a pour but de supprimer la stase lymphatique en pratiquant une dérivation permanente du cours de la lymphe.

Ce résultat peut être atteint par deux moyens. Le premier consiste à établir une sorte de drainage capillaire au moyen de plusieurs fils de soie non résorbables (4 à 5), placés dans le tissu cellulaire sous-cutané et allant de l'extrémité du membre jusqu'à une région saine de sa racine ou de la partie voisine du tronc. C'est la lymphangioplastie de Handley. Elle a donné des améliorations très notables, mais qui paraissent peu constantes, et l'infection par la lymphe encore septique a parfois obligé à retirer les fils.

La deuxième méthode est destinée à dériver la lymphe du tissu cellulaire sous-cutané vers les tissus sous-aponévrotiques. En effet, ceux-ci restent indemnes, même dans les états éléphantiasiques les plus anciens et les plus accentués, et l'aponévrose forme une barrière étanche entre les deux circulations lymphatiques, superficielle et profonde. On peut pratiquer cette dérivation profonde en implantant entre les masses musculaires plusieurs lambeaux taillés aux dépens de l'aponévrose et du tissu cellulaire souscutané (Lanz, Oppel, Rosanow). Plus simplement, on peut exciser l'aponévrose, souvent épaissie, sur plusieurs centimètres de large et sur toute la hauteur d'un segment de membre (Kondoléon)t On laisse la brèche aponévrotique béante, en suturant seulement la peau. Les résultats obtenus semblent faire de ce dernier procédé le traitement de choix (6 améliorations notables sur 0 cas.

II. — ÉLÉPHANTIASIS DES ORGANES GÉNITAUX. — Le seul traitement est l'ablation de la peau et du tissu cellulaire; elle n'est pas suivie de récidive si l'incision porte en peau saine. Très facile aux grandes lèvres, elle est un peu plus compliquée dans certains cas, au niveau du scrotum, par suite de la présence des testicules retenus au fond des bourses, de la situation de la verge enfouie dans la masse éléphanfiasique, et de l'extension des lésions qui oblige quelquefois à recourir à une autoplastie, s'il ne reste pas assez de peau saine pour recouvrir le scrotum.

CH. LENORMANT et A. THIB1ERGE.

EMBOLIES GRAISSEUSES. — Les embolies graisseuses sont constituées par le passage dans le sang de gouttelettes de graisse qui, charriées par le sangveineux, passent dans le cœur droit et l'artère pulmonaire.

Elles s'arrêtent généralement au niveau des capillaires du poumon qu'elles obstruent d'une façon plus ou moins massive, mais peuvent les dépasser pour passer dans les autres viscères.

Les embolies graisseuses succèdent, dans la majorité des cas, à des traumatismes portant sur le squelette, surtout les fractures compliquées d'écrasement osseux. Leur fréquence est diversement appréciée (10 à 50 pour 100

Embolies graisseuses. 446

des cas). On les observe encore à la suite des inflammations aiguës et chroniques des os, des résections et surtout des évidements de foyers ostéomyélitiques. Il faut citer, parmi les causes plus rares, le diabète el l'éclampsie puerpérale. La lipémie diabétique explique pour certains auteurs le coma diabétique par l'arrivée d'embolies graisseuses dans les capillaires du poumon et du cerveau.

Enfin on a rapporté quelques cas d'embolies graisseuses à la suite d'injections d'huile, de sels mercuriels insolubles en suspension dans l'huile. En pratique, il est donc indispensable, quand on injecte de l'huile grise ou du calomel, de s'assurer avant de pousser le piston de la seringue que l'aiguille n'est point dans un vaisseau.

L'embolie graisseuse se révèle à l'examen histologique, dans le sang des capillaires pulmonaires, sous la forme de gouttelettes brillantes disposées en réseau et que colore en noir l'acide osmique. Autour du foyer embolique, on remarque des zones d'œdème pulmonaire, des infarctus expliqués par la congestion collatérale des lobules dont les vaisseaux ne sont pas oblitérés.

En dehors du poumon, les autres organes qui sont le siège d'arrêt habituel des embolies graisseuses sont le rein, le foie et la rate.

Au point de vue clinique il faut distinguer trois formes, — les formes légères, les formes moyennes, les formes graves.

Dans les formes graves, l'embolie débute brusquement par une dyspnée extrême, avec cyanose, sueurs, hypothermie périphérique coïncidant avec une hyperthermie centrale. L'expectoration est tantôt sanguinolente, ce qui indique un infarctus, tantôt formée par un liquide abondant et mousseux lié à de l'œdème pulmonaire. A l'examen physique, on trouve une zone de matité plus ou moins étendue et, à l'auscultation, des râles sonores. Le malade succombe dans les deux ou trois jours, dans le coma ou par asphyxie.

Dans les formes moyennes, les accidents rappellent ceux de la forme précédente. Dyspnée brusque et progressive, quintes de toux, expectoration muco-sanguinolente ; puis les accidents s'atténuent et l'élimination urinaire de la graisse se fait par poussées périodiques jusque vers la cinquième semaine (la lie du 2e au 4e jour, la 2e du 10e au 14e, les suivantes à intervalles de 6 à 10 jours).

Enfin les cas légers, de beaucoup les plus fréquents, restent méconnus en l'absence de tout phénomène pulmonaire, si l'on ne pratique systématiquement l'examen des urines.

La llpurie est en effet le signe pathognomonique de l'embolie graisseuse. Elle précède et annonce les formes graves des accidents pulmonaires. A la surface de l'urine, elle se révèle sous la forme d'une couche blanchâtre et nébuleuse. Une goutte prélevée dans cette couche montre, au microscope, une quantité de globules ronds à contours délicats, colorés en brun foncé par l'addition d'une goutte de solution d'acide osmique à 1 pour 100.

Le pronostic de l'embolie graisseuse varie naturellement avec chaque cas. Il est lié à l'étendue du champ respiratoire obstrué. Les cas mortels sont la faible minorité. La mort survient par faiblesse du myocarde, et c'est pour soutenir celui-là que la thérapeutique devra intervenir.

A MÉDÉE BA UMGAR TNER.

I ! 7 Encéphale (Tumeurs : Traitement chirurgical).

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