ROBERT MONOD
GROSSESSE (VOMISSEMENTS). — V. Vomissements.
GROSSESSE (AUTO-INTOXICATION). — V. Accès éclamptioues.
GUI. — Le Gui, Viscum Album (Loranthacées), 'tombé en désuétude après avoir joui autrefois d'une grande réputation, vient de reconquérir une place dans l'arsenal pharmaceutique. Les feuilles et les jeunes tiges sont seulement utilisées en thérapeutique.
Composition chimique. — Assez obscure, on en a extrait une substance gluante appelée viscine, un alcaloïde, unesaponine, plusieurs inosites.
Propriétés thérapeutiques. — René Gaultier, après une étude approfondie, préconise l'emploi de l'extrait éthéré ou mieux de Y extrait aqueux comme hypotenseur. Il a été utilisé, dans ce but, dans le traitement de certaines Jiémoptysies tuberculeuses qui dépendent d'une hypertension passagère. On l'a également conseillé dans les hémorragies intestinales de la fièvre typhoïde, où l'ergotine semble avoir quelquefois échoué; dans les hémorragies cérébrales, les métrorragies, Yépistaxis. Son emploi a été aussi jugé efficace dans le traitement de Y artériosclérose, de Y albuminurie brightique et de Y albuminurie gravidique.
665 Gymnastique.
Ce médicament, plutôt symptomatique qu'étiologique, pourra vraisemblablement dans l'avenir recevoir des indications thérapeutiques plus étendues.
Formes. Posologie.
Poudre de plante sèche.
2 à 10 grammes par jour.
En pilules de 0 gr. 10. 0 à 8 pilules par jour et plus. Pour les enfants, Deguy conseille la teinture au I/o, ou Vénergétèné.
De " à 5 ans XX gouttes à XXX gouttes.
De 5 à 12 ans XXX gouttes à 1 gramme.
Vénergétèné se donne à la dose de 3 ;'i 4 gouttes dans de l'eau sucrée.
Extrait aqueux.
De 0 gr. 20 à 0 gr. 30 et plus.
Sous forme de pilules ou de potion.
Sirop.
Extrait aqueux de viscum album \ gramme.
Eau distillée bouillante 10
Sirop de sucre . . , 900 —
20 grammes correspondent à 0 gr. 02 d'extrait aqueux. De 10 à 15 cuillerées à potage par 24 heures (2 cuillerées à la fois).
Solution physiologique de l'extrait aqueux.
Feuilles sèches de viscum album 10 grammes.
Eau distillée bouillante 200 —
XaCl pur 0 gr. 35
Contuser les feuilles dans un mortier et pulvériser grossièrement. Faire infuser 12 heures dans le tiers de l'eau, puis répéter trois fois cette opération. Exprimer chaque fois le liquide obtenu. Réunir les trois liqueurs et évaporer au bain-marie jusqu'à obtention de 50 c. c; faire dissoudre NaGl, filtrer de nouveau et stériliser à 120° pendant 20 minutes à l'autoclave.
Cette solution représente le J/5 de son volume de plantes primitives et renferme les principes actifs de 0 gr. 20 de viscum album.
1 cm5 en injection sous-cutanée dans les 24 heures en deux piqûres. Cette dose suffit, mais peut être dépassée (Gaultier).
PAUL DESCQJgPS.
GYMNASTIQUE PÉDAGOGIQUE. — La gymnastique pédagogique est l'ensemble des mouvements employés pour réaliser un heureux développement du corps. Deux principales méthodes prétendent réaliser ce programme, ce sont la gymnastique française et la gymnastique suédoise.
La gymnastique française, telle qu'elle a été longtemps appliquée à l'école et à la caserne, comporte surtout des mouvements d'effort exécutés principalement aux agrès (barres parallèles, barre fixe, trapèze, anneaux) el destinés à provoquer un développement musculaire accentué.
La gymnastique suédoise cherche à développer l'amplitude des mouvements plutôt que leur énergie; elle ne comporte pas d'efforts, et les agrès qu elle* emploie sont le banc, la homme et l'espalier, qui ne permettent pas la suspension du corps entier et sa mobilisation par la seule contraction des muscles du tronc. La gymnastique suédoise tend à remplacer de plus en
Gymnastique.
plus la gymnastique française. Il semble cependant que l'association de ces
deux méthodes, faite avec discernement, produise les meilleurs résultats.
Gymnastique suédoise. — La gymnastique suédoise comporte deux catégories principales d'exercices : 1° les exercices du plancher; 2° les exercices aux agrès.
Exercices du plancher. — On fait mettre les sujets en ligne, et à des dislances convenables, pour qu'ils exécutent tous les mouvements sans se gêner les uns les autres. Pour cela, tous les manuels de gymnastique donnent les indications nécessaires.
Au début de chaque exercice, l'élève prend la position fondamentale (fig. 257) : tête droite, épaules rejetées en arrière, abdomen effacé, jarrets tendus, talons réunis, pointe des pieds ouverte, bras tombant naturellement. Puis, pour chaque série de mouvements, les élèves prennent diverses positions de départ, qui sont :
1° Mains aux hanches (fig. 238 et 259) : paume des mains sur les hanches, pouce en arrière, les 4 doigls réunis en avant, les épaules et les coudes
Fig. 237.
Fia-. 258 et 239.
Fig. 240 et 241.
rejetés en arrière. C'est dans cette position que s'exécutent les mouvements d'élévation latérale de la jambe tendue, la flexion des extrémités inférieures, les genoux écartés, les mouvements de flexion et d'extension du tronc, la circumduction du tronc, les mouvements de flexion, extension, torsion et circumduction de la tête.
2° Mains à la nuque (fig. 240 et 241) : mains appuyées contre la nuque, paumes en avant, coudes rejetés en arrière, tête droite, pour exécuter des mouvements de torsion du tronc à droite et à gauche.
5° Mains aux épaules (fig. 212) : mains et avant-bras fléchis, coudes abaissés, les doigts joints touchant le sommet des épaules qui sont rejetées en arrière, pour le mouvement d'extension verticale des bras.
4° Mains à la poitrine (fig. 245) : avant-bras fléchis, coudes élevés latéralement à la hauteur des épaules, le plus en arrière possible, mains étendues, doigts réunis, paumes dirigées vers le sol pour le mouvement d'extension horizontale des bras.
On utilise ces positions et mouvements dans Tordre suivant : 1° mouvements des bras; 2° mouvements des jambes; 5° mouvements combinés des bras et des jambes; 4° mouvements du tronc; 5° mouvements de la tête; 6° mouvements respiratoires. Ces derniers méritent une étude plus approfondie.
Gymnastique.
Exercices respiratoires. — Ils se réduisent à trois mouvements essentiels : 1° Premier mouvement. — 1er temps : on élève les bras latéralement el
horizontalement en même temps qu'on s'élève légèrement sur la pointe des pieds, el pendant tout ce mouvement, on exécute une inspiration profonde.
Fig. 243
Fiiï. 244.
Fig. 245.
Fig. 246.
Fig. 247.
Au 2ft temps, on revient à la position de départ en faisant le mouvement d'expiration (fig. 244).
2° Deuxième mouvement. — Ier temps : on élève les bras latéralement et verticalement suivant un arc de cercle en même temps qu'on s'élève sur la pointe des pieds et qu'on fait un mouvement profond d'inspiration; au 2e temps, on revient à la position initiale en faisant l'expiration (fig. 245).
5° Troisième mouvement. — Position de départ : tronc fléchi vers le sol, mais sans effort, les mains tombantes. 1er temps : on fait une extension
Fig. 248. — Mouvement <le flexion et d'extension du tronc, pieds fixés (Desfosses).
aussi étendue que possible du tronc en arrière en même temps que les bras s'élèvent verticalement et que l'on exécute un mouvement d'inspiration profonde; 2e temps : on abaisse progressivement les bras suivant un arc de cercle en faisant l'expiration (fig. 240, 247).
Ne pas oublier que tous ces mouvements s'exécutent en suivant un rythme très lent et sans aucune saccade.
Exercices aux agrès. — Les agrès utilisés sont : le banc, la bomme et l'espalier.
Le banc est un banc ordinaire, qui serf principalemenl aux mouvements d'extension du rachis. On les exécute : 1° assis : un aide main-
Gymnastique.
lenanl les pieds fixés à terre, l<i sujet l*;iil i\<>* mouvements d'extension en arrière, les bras restant élevés. Les muselés abdominaux se contractent dans ce mouvement pour empêcher la chute du corps en arrière (fig. 248); 2° couché : les cuisses portant sur le banc par leur l'ace antérieure et les pieds étant fixés, la pointe au sol, par un aide ou par un des barreaux de
Fig'. 249. — Autre mode, d'extension : le sujet, les cuisses appuyées sur un banc, les mains aux hanches, les pieds arc-boutés à un obstacle, relève la tète et le tronc ; ce mouvement nécessite une contraction énergique des muscles spinaux (Desfosses).
l'espalier; ce mouvement provoque la contraction des muscles lombaires (fig. 249).
La homme est constituée par deux montants verticaux réunis par une traverse horizontale capitonnée et dont la hauteur au-dessus du sol est modifiable. On l'utilise en s'appuyant en arrière, au niveau du sacrum, à la barre transversale et en exécutant sur ce point d'appui des mouvements d'extension du tronc, les bras élevés (fig. 250). Les muscles abdominaux
entrent alors en jeu comme modérateurs. On peut aussi, placé face à la barre, passer une jambe repliée sur elle, et, les mains aux hanches, exécuter "également un mouvement d'extension.
V espalier n'est autre chose qu'une large échelle verticale. On remploie pour l'extension en se plaçant, le dos devant, à 00 centimètres de distance, puis en étendant les bras verticalement et fléchissant le tronc en arrière jusqu'à ce qu'on puisse saisir un des barreaux avec les deux mains (fig. 251). On s'élève alors sur la pointe des pieds en tendant les bras pour revenir au point de départ. PAR1SET.
JiA^
Fig. '250.
Fig. 251.
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GYMNASTIQUE RESPIRATOIRE. — La gymnastique respiratoire présente un double intérêt comme agent hygiénique et éducateur et comme agent thérapeutique. 11 est peu de gens qui sachent respirer, c'est-à-dire qui sachent ventiler leurs poumons selon leur capacité ; en outre, un assez grand nombre de sujets respirent mal du t'ait d'une affection de l'appareil respiratoire (naso-pharyngiens, tuberculeux, asthmatiques, bronchitiques, scoliotiques).
Il importe donc d'établir avant tout la cause de l'insuffisance respiratoire. Pour cela, il est d'usage courant de mesurer le périmètre thoracique et l'amplitude respiratoire. La mesure du périmètre thoracique se l'ait à la fin d'une inspiration profonde et à la fin d'une expiration profonde. Mme Nageolte-Wilbouchevilch pratique cette mesure avec un ruban métrique passé horizontalement sous les aisselles, le plus haut possible, pour obtenir la respiration axillaire et horizontalement encore au niveau de l'appendice xyphoïde, ce qui donne la respiration xyphoïdienne.
On peut aussi mesurer le périmètre fhoracique en faisant passer le ruban métrique en avant, à 1 centimètre au-dessus du mamelon et en arrière sur la pointe des omoplates, c'est le périmètre sub-omo-sus-mammaire.
Rosenthal emploie le centimètre symétrique, qui se compose de deux moitiés, graduées chacune à partir du centre. On applique le milieu du ruban en arrière sur l'épine dorsale, on ramène les deux bouts en avant, et Ton obtient un chiffre pour chaque moitié thoracique.
Quelle que soit la méthode employée, la différence entre les chiffres du périmètre thoracique correspondant respectivement à l'inspiration et à l'expiration, exprime l'amplitude respiratoire. Elle diffère beaucoup chez les sujets non exercés et chez les sujets exercés. L'enfant non exercé donne une moyenne de u2 centimètres, et l'enfant exercé une moyenne de \ centimètres; l'adulte non exercé une moyenne de i centimètres, et l'adulte exercé une moyenne de 6 centimètres et plus. Il n'y a d'ailleurs aucun parallélisme entre l'amplitude respiratoire et le périmètre thoracique.
Le spiromètre permet de mesurer le volume d'air expiré et de calculer le degré de ventilation pulmonaire; mais cette méthode ressort plutôt du laboratoire que de la pratique courante.
Maurel vient d'indiquer une nouvelle base d'appréciation de la capacité respiratoire par la mesure de la surface de section transversale du thorax. Au moyen d'une lame de plomb, le stéthographe, il modèle l'hémithorax de chaque côté et le porte sur un papier quadrillé divisé en centimètres, ce qui lui permet de calculer la surface de section. Pensant alors qu'il pourrait y avoir un rapport entre la section thoracique et la surface cutanée, il s est livré à des recherches dans ce sens, qui lui ont permis de conclure que le rapport de ces deux valeurs était, à l'état normal, de 4 centimètres <;niés de section thoracique pour 1 décimètre carré de surface cutanée. (Le calcul de la surface cutanée se fait, connaissant le poids du malade, en élevant ce poids au carré, en en prenant la racine cubique et en multipliant le résultat par la constante 7,35.)
Insuffisance respiratoire. — Il y a insuffisance respiratoire quand l'amplitude respiratoire est au-dessous des chiffres moyens donnés plus haut : '2 centimètres pour les enfants, 5 centimètres pour les adultes.
Gymnastique.