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L'insuffisance respiratoire peut prédominer d'un côlé du thorax (adhérences pleurales, scoliose). Elle peut être plus marquée dans le domaine costal, ou inversement dans le domaine diaphragmalique. Celte insuffisance diaphragmatique a été décrite soigneusement par Rosenthal qui en, donne pour caractéristique l'immobilité des dernières côtes, la diminution du murmure vésiculaire aux bases, l'immobilité de la paroi abdominale.
Le mode d'action du diaphragme dans la respiration est discuté en ce moment. La théorie classique, et encore généralement admise, veut qu'il agisse, soit en prenant un point d'appui sur les côtes, et abaissant les viscères, soit en prenant un point d'appui sur les viscères pour soulever les côtes. Dans les deux cas, le diaphragme tend à s'abaisser dans l'inspiration.
Thooris conclut, au contraire, de ses recherches graphiques et radioscopiques, que le diaphragme s'élève dans l'inspiration (principalement quand la pression intra-abdominale est faible), de sorte que, pendant l'inspiration, la paroi abdominale se rétracte. De là découle la méthode de mensuration au niveau de l'ombilic pour la recherche de l'amplitude respiratoire (Thooris), ou mieux celle du périmètre abdomino-costal, sous la dixième côte (Merklen). La question n'est d'ailleurs pas résolue, et, pratiquement, la respiration costale diaphragmatique conserve son importance avec le correctif qu'y apporte l'état de la statique abdominale.
Nous empruntons à de Munter le tableau des principaux cas d'insuffisance respiratoire :
A) Affections des organes principaux de la respiration : tuberculose pulmonaire, bronchite, suites de pneumonie et de pleurésie, athsme nerveux, emphysème pulmonaire.
B) Affections des voies respiratoires supérieures : adénoïdes, affections laryngées, trachéales.
C) Affections siégeant en dehors de l'arbre respiratoire ; Maladies du cœur et des vaisseaux;
Maladies des organes de la cavité abdominale : hypertrophie du, foie, de la rate, dilatation d'estomac, ascite, tumeurs, entéroptose, obésité;
Affections externes : scoliose, cyphose, lordose.
Avant d'envisager le traitement de ces cas particuliers, voyons l'ensemble des exercices classiques de gymnastique respiratoire.
Technique des mouvements respiratoires. — La première condition est que la respiration soit nasale ; on a coutume de recommander d'inspirer par le nez et d'expirer par la bouche; mais il vaut mieux encore que les deux temps de la respiration s'exécutent par la voie nasale. Les exercices se font couché ou debout.
Exercices respiratoires dans le décubitus. — Les Suédois, partisans de la théorie de l'abaissement diaphragmatique dans l'inspiration, font exécuter comme exercice fondamental des mouvements respiratoires comme il suit : les mains à la nuque, la main en extension sur l'avant-bras, les coudes reposant sur le plan de la table, les jambes allongées, talons joints, pointes des pieds écartées à 45°, le sujet exécute' lentement des mouvements d'inspiration et d'expiration, soulevant l'abdomen au 1er temps et l'abaissant au 2e temps. Ce mouvement est destiné à l'éducation respiratoire (fig. 252 et 255).
Gymnastique.
Il est accompagné de mouvements passifs exécutés par un aide qui, placé à la tête du malade et en arrière, saisit le moignon de l'épaule et l'attire à lui dans l'inspiration et l'abaisse dans l'expiration, ou bien, laissant l'expansion thoracique s'exécuter librement pendant l'inspiration, favorise l'expiration maximum en appuyant sur le l borax pendant ce mouvement. L'aide,
Fig. 252. —[Mouvement de respiration diaphragma tique dans le décubitus dorsal. 1er temps, inspiration : la paroi abdominale se soulève (Desfosses).
placé [en avant ou sur un des côtés du malade, peut encore favoriser l'expiration en appliquant les mains sur les fausses côtes de chaque côté du thorax. L'expiration sera également favorisée si l'aide, saisissant les genoux fléchis du sujet, les pousse vers la poitrine en comprimant la masse abdominale.
Les mouvements actifs ne devront pas être oubliés dans le décubitus. Ils
Fig. 253. — Mouvement de respiration diaphragmatique dans le décubitus dorsal 2' temps, expiration : la paroi abdominale s'abaisse, s'aplatit (Desfosses).
sont les mêmes que ceux étudiés dans la station debout (V. Gymnastique suédoise) : mouvement latéral des bras en arrière, l'inspiration ayant lieu quand les bras s'écartent et l'expiration quand les bras se rapprochent du corps.
Dans la station assise on reprendra les exercices actifs prédédents en y
Gymnastique. 670
ajoutant quelques exercices de tôle : extension de la tête en arrière pendant l'inspiration, flexion en avant dans l'expiration.
Dans la station debout les exercices sont ceux décrits à l'article gymnastique suédoise (v. c. m.).
Indications et traitement suivant les maladies. — Quelle èsl maintenant la conduite à tenir en face des principaux cas d'insuffisance
respiratoire?
Tuberculose pulmonaire. — Rosenthal conseille l'intervention constante du médecin. — Application de séances d'essai courtes, de 5 à 10 respirations avec cessation s'il y a une réaction défavorable; l'emploi discret des seuls mouvements passifs, la mobilisation des parties saines du poumon, les parties atteintes étant immobiles : ainsi l'on pratiquera la respiration diaphragmalique quand la lésion est au sommet en maintenant immobile le bras du côté malade, puis on exécutera des mouvements passifs du bras côté sain et beaucoup plus tard du bras du côté malade ; la séparation des exerciees par des périodes de repos; les séances courtes au début : 10 à 20 respirations et plus tard jusqu'à 80; la cure de sanatorium concomitante.
Suites de pneumonie, pleurésie, adénopathie, coqueluche. — Il s'agit ici de faire récupérer au malade toute sa capacité respiratoire réduite par modification du parenchyme pulmonaire ou par des adhérences pleurales. On fait d'abord exécuter de grands mouvements du côté sain, puis de petits mouvements du côté malade en tendant peu à peu vers la synergie bilatérale, en s'inspirant des règles étudiées pour la tuberculose pulmonaire. Les exercices pourront être ici plus intenses et plus variés.
Asthme. — C'est l'expiration qu'il importe d'améliorer. On y parviendra parla compression des parois thoraciques pendant l'expiration, par l'emploi d'inspirations de faible amplitude, le malade réservant tout son effort pour l'expiration, en s'aidant de mouvements tels que la flexion du tronc ou des genoux, par le mouvement de torsion passive du tronc tel que l'emploient les Suédois : deux aides placés latéralement par rapport au malade lui fournissant un point d'appui par deux de leurs mains croisées au milieu de la colonne vertébrale, tandis qu'avec l'autre le moignon de l'épaule est saisi et mobilisé alternativement en demi-rotation de droite à gauche; l'inspiration se fait au repos et l'expiration pendant la torsion. La torsion peut également être exécutée par une seule personne.
On peut favoriser l'effet de ces mouvements en faisant compter le malade à haute voix pendant l'expiration. Ces exercices auront lieu en dehors des accès, chaque jour, pendant 10 à 15 minutes, en augmentant progressivement l'intervalle entre les inspirations.
Affections des voies respiratoires. — (Adénoïdes, polypes, hypertrophie des amygdales.) Ces obstacles mécaniques empêchent le malade de respirer par le nez; on constate chez eux la respiration paradoxale : affaissement inspira toire du thorax. Mais il est encore de faux adénoïdiens qui ne respirent pas par le nez. Rosenthal recherche la perméabilité nasale en faisant respirer les malades exclusivement par le nez; on voit alors au bout de quelques respirations la congestion de la face apparaître, la bouche s'entr'ouvrir pour y remédier, et le malade continuer à respirer suivant le type
Gymnastique.
mixte bucco-nasal. Quand L'obstacle a (Hé enlevé par une intervention convenable, on procède à la rééducation respiratoire par l'emploi de mouvements d'abord passifs, puis actifs, exécutés la bouche fermée.
Foy conseille, pour lutter contre l'insuffisance respiratoire nasale son respirateur nasal à //ression employé dans le service du Dr Lermoyez et son éearteur des ailes du nez qui prend point d'appui à la face interne des ailes du nez sans toucher à la cloison (fig. 254).
Affections du cœur et des vaisseaux. — Les résultats les meilleurs seront obtenus dans la pseudo-hypertrophie du cœur de
croissance, où la cage Ihoracique n'est pas suffisamment développée. On commencera par des mouvements passifs pour éviter l'excitation du cœur chez ces jeunes malades, sujets le plus souvent aux palpitations.
Heitz conseille l'emploi de la gymnastique respiratoire chez les sujets encore jeunes qui ont fait une localisation endo-péricardique d'origine infec-
Fiff.
Eearteur des ailes du nez.
Fig. 255. — Schéma d'un thorax scoliotique (côté droit) (Mencière). — L'axe a, b, dans le thorax normal passait par le sternum, le milieu du corps vertébral et l'apophyse épineuse. La vertèbre a subi un mouvement de rotation à droite, pendant que le diamètre transversal du thorax c d se portait d'arrière en avant et de droite à gauche.
lieuse et qui sont compensés; de même chez les jeunes gens présentant des signes de symphyse.
Chez les malades décompensés les résultats sont moins favorables; cependant chez des aortiques on a pu, en élargissant la cage thoracique, arriver à calmer certaines sensations pénibles d'éréthisme cardiaque. Chez les
Gymnastique.
mitraux arythmi({ues on a moins à attendre ; cependant on pcul obtenir la déplétion du cœur droit et des veines caves. Chez tous ces malades il est indispensable de surveiller le pouls qui ne doit pas trop s'accélérer, de faire des inspirations modérées, par séries de 4 ou 5 et coupées de longs repos. Chez les dilatés du cœur droit, Heitz recommande en outre l'usage exclusif des mouvements passifs.
Affections abdominales. — L'obésité sera combattue par les mouvements diaphragmatiques et les exercices généraux, d'abord passifs, principalement
Fig. 256. — a b, axe antéro-poslérieur du thorax normal (Mencière). — a' &', axe antéro-posténeur du thorax scoliotique ; c rf, axe transversal du thorax normal ; c' d', axe transversal du thorax seoliotique. P P', pression pneumatique exercée par l'auto-modeleur pendant les séances de gymnastique respiratoire, pression entraînant la rotation des vertèbres du thorax en sens inverse de la déformation pathologique.
chez les obèses à cœur gras et hypotendus, puis actifs pour agir sur les combustions et l'état général.
h'entéroptose qui a pour effet d'attirer le diaphragme et les viscères thoraciques en bas, sera combattue, d'abord par l'usage d'une sangle (Glénard) puis par des mouvements respiratoires exécutés dans le déçubitus au début, plus tard dans la station debout avec emploi de mouvements capables de fortifier les muscles abdominaux. (V. ci-dessus Gymnastique pédagogique.)
Affections externes. — • Les malformations thoraciques et vertébrales (rachitisme, scoliose, lordose, cyphose) gênent considérablement rampliation pulmonaire. La gymnastique respiratoire est tout à fait indispensable en
Gymnastique.
pareil cas et doit être commencée de 1res bonne heure chez l'enfant (Mme Nageotte-Wilbouchewitch) d'autant que chez ces sujets la respiration est presque exclusivement diaphragmatique.
C'est aussi le cas des porteurs de corsels orthopédiques qui n'ont jamais l'amplitude respiratoire voulue, de sorte que l'on perd en développement thoracique ce que l'on gagne en correction des déformations, à moins que l'on n'aie le soin d'enlever fréquemment les appareils pour pratiquer des exercices de gymnastique respiratoire.
Mencière a imaginé V auto-modeleur qui aide à réduire les malformations tout en permettant les exercices de gymnastique respiratoire. Pour cela, on prend une empreinte du thorax à traiter, pour obtenir un positif en plâtre. Sur ce positif, on chargera en staff les parties du thorax qui sont déformées et enfoncées
Fig. 257. — Auto-mocleleur à pression pneu matique (vu de dos) (Mencière). — a, à droite la pelote pneumatique ; b, à gauche l'appareil paraît bombé. C'est l'espace vide ménagé dans l'appareil (côté concave de la scolioseï pour permettre au thorax de se développer par la gymnastique respiratoire unie à la pression pneumatique.
vers l'intérieur, et l'on fera au contraire un méplat au niveau des parties qui bombent vers l'extérieur, et l'on remplacera l'épaisseur de plâtre ainsi enlevée par une pelote pneumatique. Sur ce positif ainsi transformé on construit l'appareil modeleur qui peut être en cuir moulé et durci, en feutre poro-plastique ou en plâtre. La plus ou moins grande pression réalisée dans les pelotes pneumatiques permet de redresser plus ou moins les parois thoraciques, qui vien- *£ nent se mouler sur les creux aménagés pour les recevoir lorsqu'elles ont repris
58. -Auto-modeleur à pression pneuma- jÔU f normale. Et c'est muni de
tique (Mencière). On voit la pelote pneumatique et la forme intérieure du modeleur, cet appareil que le malade est soumis
aux différents exercices de gymnastique respiratoire, qui deviennent alors capables d'améliorer l'ampliation thoracique (fig. 255, 256, 257 et 258). PARISET.
Nu* P. M. C. - Suppl. 43
Gymnastique.
Fig. 259. — Redressement du varus (Desfosses).
GYMNASTIQUE MÉDICALE. - - Luxation congénitale de la hanche. La
gymnastique n'intervient ici que pour rendre au malade une marche aussi
voisine que possible de la normale.
Quand l'appareil est enlevé et que la jambe reste naturellement en abduction et en rotation interne, le malade est tout d'abord soumis au repos au lit, un mois environ, pendant lequel on cherche par des frictions et des massages à accroître la vitalité des tissus de la région ankylosée. Pendant tout ce temps le membre inférieur sera maintenu en rotation interne, la jambe fléchie à angle droit sur la cuisse.
On fera suivre le massage de mouvements passifs, puis actifs de la jambe sur la cuisse, puis de la cuisse sur le bassin, en maintenant le bassin immobile.
Quand les muscles auront pris quelque force on fera exécuter les mêmes mouvements en y opposant une résistance.
Exercices de marche. — On ne les commencera que lorsque les muscles auront récupéré une certaine vigueur, et Ton aura soin
de maintenir le membre inférieur en abduction pendant plusieurs semaines, pour éviter tout déplacement de la tête fémorale qui aurait tendance à glisser
en haut. Ducroquet conseille pour cela de surélever simplement la chaussure du côté sain de 2 centimètres.
Avant la marche on procède à des exercices de station debout correcte; on apprend à l'enfant à poser le pied à terre, puis à le soulever en détachant d'abord le talon du sol et non tout d'une pièce. Si le malade est trop lourd ou trop inhabile on le fait soutenir par deux barres parallèles ou deux béquilles.
La marche elle-même sera guidée par une ligne droite figurée sur le sol, et de chaque côté de laquelle le malade devra poser les pieds. On obtiendra
Fig. 260. — Redressement du pied bot par manœuvres modelantes. Corrections de la flexion de l'avant-pied sur l'arrière-pied (Desfosses).
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Fig. 261. — Redressement du pied bot par manœuvre modelantes. Correction de l'équinisme (Desfossès).
Gymnastique.
si Ton peul la marche décomposée en extension de la jambe sur la cuisse et pose du pied à terre.
Chez les enfants an-dessous de G ans il est habituel de voir tous les mouvements être récupérés ; mais au-dessus de cet âge on n'ob lient souvent que des résultats imparfaits avec ankylose partielle.
Pied bot. — C'est du pied bot varus équin, le plus fréquent, qu'il s'agit, et c'est après l'intervention chirurgicale, au sortir du plâtre, que la gymnastique médicale intervient par des exercices passifs et actifs.
Les exercices passifs consistent à redresser le pied en luttant
flexion de la cuisse sur le bassin.
sur
- Redressement modelant de Lorenz pratique un coin de bois (Desfosses, d'après Lorenz).
aussi bien contre le varus que contre l'équinisme par la flexion forcée et le déroulement du pied, répétés fréquemment et de façon à obtenir une hypercorrection (fïg. 259 à 264).
Les exercices actifs porteront sur les muscles qui ont subi une élongation du fait de la déforma-
263. — Redressement modelant de Lorenz sur le bord d'une table (Desfosses).
tion, c'est-à-dire ceux de la région antéro-externe, en faisant exécuter des mouvements de flexion et d'abduction du pied, d'abord simples, puis avec résistance.
L'orthopédie est indispensable pour empêcher la malformation de se reproduire par la marche; elle consiste en une semelle sans talon (pour éviter l'équinisme) et renforcée à la partie externe, et des contreforts empêchant l'incurvation du pied sur son bord interne par trois points plus
Fig. 261. — Redressemenl de l'équinisme. Procédé de Lorenz (Desfosses).
résistants, l'un au milieu du bord externe, l'autre maintenant le talon de pari et d'autre, et le 3e s'appuyant au niveau de la tête du Ier métatarsien,
Gymnastique.
Pied plat. — Le pied plat caractérisé par un affaissement de la voûte plantaire par relâchement <l<\s tondons et des muscles, comporte un traitement orthopédique et gymnastique.
On redresse la voûte du pied par des semelles spéciales, telle la semelle
de Withman, qui comporte une
semelle métallique en dos d'Ane qui se prolonge du côté externe du pied pour empêcher le pied de glisser en dehors.
Ducroquet, trouvant cette semelle insuffisante, propose l'emploi de plaques d'aluminium fixées à des contreforts en cuir incorporés dans la chaussure.
Cette semelle fournit au pied 3 points d'appui : les deux extrémités du bord externe (talon et bord du 5e métatarsien)
interne.
Fig. 265. — Torticolis droit. Mouvements passifs L'enfant est couché. Le chirurgien détermine une rotation de la tête ù droite à une inclinaison à gauche (Desfosses).
et la partie moyenne du bord
La gymnaslique comprend des mouvements passifs destinés à redresser le pied en creusant la voûte plantaire et tendant à créer l'attitude du pied en varus, et des mouvements actifs par lesquels le malade met lui-même son pied en varus, d'abord seul, puis avec résistance opposée par un aide pour fortifier les muscles jambiers.
Torticolis. — La gymnastique intervient soit directement, soit consécutivement à la section du sterno-cléïdo-mastoïdien et à la mise en appareil plâtré pour le redressement de la tête. L'appareil plâtré peut d'ailleurs être porté longtemps et enlevé seulement au moment des exerciees.
Quand cela est possible le torticolis est réduit par des mouve?nents passifs exécutés soit dans le décubitus dorsal, la tête portant à faux et le malade serrant fortement la table des deux mains pour éviter tout déplacement des épaules, et qui consistent en torsion, extension, et inclinaison latérale de la tête (fig. 265), soit dans la position assise : le médecin placé en arrière du malade lui saisit la tête et l'appuie sur sa poitrine en tachant de vaincre la contracture par des mouvements doux aidés d'un massage sédatif du muscle (Dagron).
Quand il s'agit d'un torticolis opéré, on aura recours non seulement aux exercices précédents, mais encore à la suspension, en plaçant, du côté de
Fig. 266. — Torticolis du côté droit.
Exercices de suspension. Disposition à donner à l'appareil. La tète doit être fortement inclinée à gauche (Desfosses).
Gymnastique.
la lésion, une bande roulée entre la tête el la sangle, de façon à placer la
tête en hypercorrection. 11 faut éviter ici toute élévation de l'épaule (fig. 266).
Fig. 267. — Torticolis du côté droit. Mouvements actifs contre résistance exécutés à la bomme. L'enfant penche la tète à gauche. Le chirurgien s'oppose au mouvement (Desfosses).
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Fig. 268.— Le sujet, assis sur un tabouret, s'y cramponne des deux mains de façon à réaliser la fixation des épaules, il exécute un mouvement d'extension de la tête contre la main du chirurgien qui résiste(Desfosses).
Fig. 269. — Torticolis du côté droit. Mouvements actifs contre une résistance. Une des mains du chirurgien maintient l'épaule gauche, l'autre main s'oppose au mouvement d'inclinaison de la tête à gauche que doit exécuter l'enfant (Desfosses).
Les mouvements actifs s'adressent aux muscles antagonistes, ceux du côté sain. On peut dans ce but utiliser la lecture d'un journal en plaçant les lignes du texte parallèlement aux yeux du malade et en les redressant peu à peu, le malade redresse la tête en môme temps (Dagron).
Les mouvements actifs seront encore mieux réalisés dans la position assise : le malade assis saisit solidement de ses deux mains le dossier en arrière pour immobiliser les épaules et exécute des mouvements de flexion et de rotai ion du côté sain et d'extension de la tête avec résistance d'un aide (fig. 208 et 269), ou debout contre la bomme (fig. 267). PARFSET.
HANCHE A RESSORT ou mieux HANCHE A RESSAUT. -- La hanche à ressort
(« Sclmellende ou Schnappende H il fie » des Allemands, « Snepping hip » des Anglais) est une affection curieuse dont le symptôme le plus frappant consiste en un claquement sec et bref, suffisamment intense pour être entendu à distance, et se produisant au niveau de la hanche soit pendant la marche, soit au repos, dans une attitude spéciale du sujet.
Le dénomination de hanche à ressort est mauvaise parce qu'il ne s'agit pas ici d'un mouvement arrêté après avoir été commencé et terminé brusquement après ce temps d'arrêt, comme dans le doigt à ressort, le genou à ressort; il s'agit d'un ressaut et le nom de hanche à ressaut devrait être seul employé.
Depuis le 21 juillet 1859, date d'une discussion mémorable à la Société de Chirurgie entre Morel-Lavallée, Chassaignac, Bouvier, à propos d'un soldat présenté par Maurice Perrin, la hanche à ressort n'avait plus fait en France l'objet d'aucune étude, en dehors d'une très intéressante observation de Ferra ton (Revue cV Orthopédie, 1905), et d'un article de Horand, jusqu'en 1911 où simultanément parurent les revues générales de Rocher (de Bordeaux), d'Albert Mouchet et Paul Maugis, le travail d'Albert Mouchet, lu à la Société de Chirurgie (d'après 8 observations personnelles) et rapporté par Rieffel, enfin, le mémoire de Heully, la thèse de Paul Maugis (').
Après être née en France, la hanche à ressaut nous est revenue grossie de nombreux documents étrangers, surtout allemands.
Il nous paraît qu'on doit admettre, à l'heure actuelle, deux variétés de hanche à ressaut.
1° La hanche à ressaut articulaire, variété la plus rare, la moins caractéristique, consistant dans une subluxation intermittente de la tête fémorale (Kukula, Hohmann, Gaugele, Ch. Nélaton, Albert Mouchet et plus récemment Ombrédanne, Ebner).
2° La hanche à ressaut péri-articulaire, la plus fréquemment observée, la seule vraie, disent avec exagération Rieffel, Kirmisson, le ressaut fessier trochantérien de Ferraton, déjà remarqué par Morel-Lavallée lors de la discussion mémorable de la Société de Chirurgie en 1859 où Perrin présentait
1. Jusqu'en juillet 1911, la bibliographie la plus complète se trouve dans la thèse de Paul Maugis (Paris, juillet 1911), basée sur 59 observations.
Hanche à ressort.
un soldat qu'il croyait atteint de luxation volontaire de la hanche {hanche à ressaut, type Morel-Lavallée-Ferraton.
Ce ressaut est produit par le passage brusque sur le grand Irochanter d'une corde ou d'une bande musculaire ou fibreuse, passage s'effectuant avec un choc, un déclanchement plus ou moins marqué, pendant un mouvement de flexion, d'extension ou de rotation coxo-fémorales, que ce soit le fémur ou le bassin qui représente le point fixe du mouvement. ïl se voit, se sent au palper et s'accompagne d'un « cloc » caractéristique (fig. 270 et 27 J).
Fig. 270. Fig. 271.
Fig. 270 et 271. — Hanches à ressaut (type Morel-Lavallée-Ferraton) pendant le ressaut (Mouchet — Le sujet de la figure -270 produit le ressaut par un mouvement du bassin ; le sujet de la figure 271 produit le ressaut par un mouvement de rotation interne de la jambe gauche. On voit la saillie du bord antérieur du grand fessier pendant le ressaut.
La nature de la corde est discutée : Morel-Lavallée, Ferra ton, Bayer (de Prague), Mouchet, Maugis, etc., admettent que c'est le bord antérieur du muscle grand fessier qui vient sauter sur le trochanter. D'autres (Pupovac, Hohmann, Zur Verth, Rieffel, Kirmisson> Broca), attribuent la production du ressaut à la bandelette de Maissiat (spécialement à son faisceau iléotrochanlérien), dénommée par quelques-uns, « trac tus iléo-tibial ». « Lractus cristo-l'émoralis », « lractus fascio-glutreal. »
Longtemps méconnue, la hanche à ressaut est bien plus fréquente qu'on ne l'a dit jusqu'ici.
Beaucoup plus souvent observée chez les hommes, surtout aux environs de la vingtième année, et chez des hommes musclés, la hanche à ressaut affecte indifféremment le coté droit ou le coté gauche; elle est quelquefois
Hanche à ressort. 080
bilatérale- Les étudiants en médecine et les soldais sont ceux qui présentent le plus souvent des hanches à ressaut; la raison en est dans leur aplilude à développer une prédisposition congénitale, par pur dilettantisme ou dans le but de s'octroyer des congés de convalescence et des renvois anticipés.
IL semble bien en effet qu'on puisse décrire deux variétés de hanche à ressaut péri-articulaire :
1° La variété de hanche à ressaut volontaire, dite encore congénitale. C'est une variété fréquente, peut-être la plus fréquente, dans laquelle une disposition anatomique congénitale encore mal connue favorise le ressaut sur la face externe du grand trochanter d'une bande musculaire ou fibreuse. Cette disposition au ressaut est développée plus ou moins inconsciemment par les sujets qui l'ont remarquée sur eux et s'en étonnent ; ils deviennent des « artistes » en leur genre (Rieffel), et un beau jour, si l'occasion s'en présente, des simulateurs (Mouchet).
La hanche à ressaut devient une sorte de « truc », parfois même de « tic » ou mouvement d'habitude qu'exploitent des militaires désireux de se faire réformer ou des accidentés du travail avides de rente.
Il se peut aussi que, dans un grand nombre de cas, le traumatisme soit seulement l'agent révélateur ou l'agent d'aggravation d'une aptitude naturelle au ressaut trochantérien qui n'avait causé jusque-là aucune gêne fonctionnelle au porteur.
2° La variété de hanche à ressaut traumatique, encore appelée habituelle ou acquise, qui serait consécutive à un traumatisme plus ou moins grave (chute, coup, etc.). Le ressaut se produirait indépendamment de la volonté du patient et s'accompagnerait de douleurs plus ou moins notables, de troubles de la marche, d'une légère claudication, tous accidents pouvant justifier une intervention chirurgicale.
On a invoqué successivement, comme causes de cette hanche à ressaut, des lésions de la bourse séreuse (hématome, épaississement, etc.), des épaississements de la partie antérieure du tendon du grand fessier, des arrachements de l'insertion du grand fessier, etc.
Cette variété de hanche à ressaut traumatique, contestée par Rieffel, est sans doute la plus rare, mais nous croyons qu'elle ne doit pas être rejetée complètement.
Il y aurait donc en résumé : une hanche à ressaut simple truc, pure particularité fonctionnelle, véritable tic chez quelques-uns, et une hanche à ressaut infirmité.
Cette dernière variété, la plus rarement observée d'ailleurs, nécessite seule un traitement. Ce traitement sera médical (balnéation chaude, air chaud, repos, massage) ou chirurgical.
Vopération pratiquée jusqu'ici dans la hanche à ressaut a consisté, soit en une pexie, dont le principe, quelle que soit la technique, a été la fixation du bord antérieur du grand fessier au périoste du grand trochanter ou à l'aponévrose du vaste externe (Bayer, Pupovac, V. Brunn, etc.,), soit en une myotomie à ciel ouvert de la partie antérieure du grand fessier (Vœlcker, Ebner) avec ou sans fixation des lèvres de l'incision au périoste sous-jacent.