‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 5)Chapitre 81 sur 299 · F. RATHERY · texte numérisé non relu

F. RATHERY

HÉMOKONIES. — Les hémokonies (ouua-sang — xovic-poussière) sont des corpuscules réfringents animés de mouvements Browniens, libres au milieu des globules blancs et rouges, et visibles seulement à l'ultramicroscope, car leur taille maxima ne dépasse pas 1 p.. Entrevues autrefois par J.-B. Dumas et Milne- Edwards, elles ont été particulièrement bien étudiées par Muller (1896), par Neumann (1897) et par F. Cottin (1911) à la thèse duquel nous ferons de nombreux emprunts.

N»« P. M. C. — Suppl. «

Hémokonies. 690

a) Technique. — Sans insister sur le dispositif de l'ultramicroscc-pe nous rappellerons que les hémokonies s'observent dans une goutte de sang frais, recueillie sur une lame et disposée en couche aussi mince que possible, à l'aide d'une lamelle appliquée sans trop appuyer, sans trop attendre, ni chauffer, afin d'éviter la coagulation; on peut également ajouter une très faible quantité de solution oxalatée à 2 pour 100.

L'examen portera de préférence sur les points de la préparation où il ne se produira pas de courants.

On peut apprécier assez aisément si les éléments sont abondants ou non : pourtant la numération exacte est délicate; Cottin s'est servi d'un dispositif spécial, pour la description duquel nous renverrons le lecteur à la thèse ci-dessus mentionnée.

Propriétés biologiques et origine. — Bien que certains les considèrent comme de nature albuminoïde, la plupart des hémokonies semblent de nature graisseuse, bien qu'elles ne se colorent pas par l'acide osmique ; un grand nombre provient vraisemblablement des leucocytes ; aussi quelques auteurs pensent-ils qu'elles seraient liées aux processus d'immunité.

b) Variations physiologiques et expérimentales. — Le sang du nouveau-né contient autant d'éléments que celui de la mère. L'alimentation joue un rôle considérable: le jeûne entraîne une diminution progressive; l'alimentation hydrocarbonée et albumineuse n'amène que des variations insignifiantes : en revanche l'injection et l'ingestion de matières grasses (beurre par exemple) provoque assez rapidement une augmentation considérable et durant plusieurs heures, le maximum étant atteint entre 2 et 5 heures. Tous les leucolysants produisent in vitro et in vivo le même résultat que les graisses alimentaires (eau alcoolisée, acides, bases, peptones, etc.); la chaleur agit semblablement : mais l'influence des rayons X est peu marquée.

La section, entre deux ligatures, des canaux pancréatiques chez le chien, n'empêche pas, chez celui-ci, l'augmentation du nombre des hémokonies après un repas graisseux:

c) Variations pathologiques. — Le fait pathologique le plus intéressant consiste en ce que les hémokonies n'augmentent pas de nombre après l'ingestion de '20 à 50 grammes de beurre, étendu sur du pain, véritable repas d'épreuve proposé par Leva. Ce symptôme observé surtout au cours des différentes affections gastro-intestinales, révèle un défaut d'absorption des matières grasses.

Les recherches faites par certains auteurs chez les ictériques offrent un intérêt particulier, Lemierre et Brûlé ont récemment montré que dans l'ictère par rétention totale la lipémie alimentaire, révélée par l'ultramicroscope, faisait défaut, alors que des malades, atteints d'ictère hémolytique ou infectieux, se comportaient d'une façon variable. Les différences tiendraient à une sorte de dissociation des fonctions sécrétoires et excrétoires du foie ; la non-absorption des graisses ne tiendrait pas à la rétention des pigments, mais à la rétention du foie ou bien au défaut de sécrétion des sels biliaires qui ne passeraient plus dans l'intestin.

69 1 Hémoptysies tuberculeuses.

Dans tous les cas, la présence des hémokonies en excès permettrait d'écarter le diagnostic d'ictère par oblitération totale du cholédoque.

Page 1