‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustrée (volume 5)Chapitre 84 sur 299 · INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

INTELLECTUEL

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Encore, remarquent Hutinel et Lesné, « ces chiffres, au point de vue du temps de sommeil, nous paraissent môme être au-dessous de la réalité; et si l'enfant a besoin de plus de sommeil, il faudra le lui donner; il y a à ce sujet un coefficient personnel qu'il ne faut pas négliger. Un enfant qui ne dort pas assez devient anémique, nerveux, irritable ».

L'enfant, tout en étant protégé contre le refroidissement, ne sera pas trop couvert ; comme vêtement, il n'aura qu'une chemise de nuit, et, en plus, pendant la saison froide, une brassière de flanelle ou un jersey.

La chambre doit être bien aérée avant la nuit. Jusqu'à trois ou quatre ans l'enfant peut dormir dans la même chambre que ses parents ou sa bonne. Après cet âge, il faut, autant que possible, l'accoutumer à dormir seul, mais à la condition que la chambre des parents ou de la bonne soit à proximité de la sienne, afin qu'on puisse l'entendre s'il appelle ou a des cauchemars ou des terreurs nocturnes.

Il faut éviter les communautés de lit. Si à la rigueur, dans les milieux peu aisés, on peut tolérer que deux frères ou deux sœurs couchent dans un même lit (pourvu qu'il soit assez vaste) jusque vers cinq ou six ans, on supprimera formellement cette autorisation par la suite, une telle pratique, peu hygiénique d'une part, ne pouvant, d'autre part, que favoriser ou développer les habitudes de masturbation.

L'usage de la veilleuse n'est pas recommandable, tant à cause de l'odeur qu'elle dégage, que du fait que les enfants arrivent à ne plus pouvoir s'en passer et à ne plus pouvoir s'endormir dans l'obscurité.

IV. - CHAMBRE, MEUBLES, JOUETS. — La chambre doit être grande (au moins 25 m. c. pour un enfant), bien aérée. Autant que possible, on la choisira exposée au midi ou au sud-est. On réduira au minimum les tentures et les tapis; on pourra recouvrir le plancher d'un linoléum, facile à laver.

Les meubles seront peu nombreux de manière à ne pas encombrer la chambre. On choisira de préférence des chaises cannées (ce sont les seules qui soient faciles à nettoyer, et qui ne soient pas rapidement perdues si l'enfant les souille d'urine). On tâchera d'avoir des armoires à coins arrondis, les coins anguleux étant une cause fréquente de blessure à l'occasion des chutes.

Pour les enfants qui commencent à se traîner par terre et à marcher, et dont la surveillance devient particulièrement difficile, on se trouvera bien d'avoir un « parc », sorte d'enclos en bois, à claire-voie, démontable ou repliable, entourant une surface de 1 mètre carré environ; la hauteur de

Hygiène de l'enfance (Après le sevrage). 7 1 S

chaque l»<>nl ayant ;i peu près 50 centimètres. L enfant s exerce à inarcher à l'intérieur <lu parc, en s'appuyant sur ses bords, et il ne risque pas de s'échapper ou de se cogner contre un meuble dès que la surveillance se relâche.

Pour les ustensiles de table, il faut se méfier des couverts et des gobelets en étain, l'étain étant souvent allié à une certaine quantité de plomb. On préférera, à défaut de l'argent, les métaux argentés ou l'aluminium.

Les jouets ne doivent pas être recouverts de peintures toxiques ; ils ne seront ni piquants, ni cassants. On ne permettra qu'avec circonspection les petits objets tels que les perles, qui peuvent s'introduire dans les voies naturelles (corps étrangers de l'oreille, du nez, des bronches).

V. — SORTIES, VOYAGES. — L'enfant âgé de plus d'un an doit être sorti tous les jours, matin et soir, quand le temps le permet. Mais « il faudra éviter avec soin, surtout chez les petits encore peu résistants, les réunions d'enfants dans les squares, et aussi les matinées d'enfants qui sont des centres de contagion et tout au moins des prétextes à indigestion. On évitera, dans les grandes villes, les voitures publiques et les omnibus, surtout quand ils passent devant les hôpitaux d'enfants, car ils servent trop souvent au transport d'enfants atteints de maladies contagieuses » (Hutinel et Lesné).

11 faut regretter, à Paris tout au moins, la tenue insuffisante des jardins publics; ils sont, pour la plupart poussiéreux, insuffisamment arrosés; le sable, sur lequel jouent les enfants, n'est jamais renouvelé ; et il y a là des conditions d'hygiène manifestement défectueuses.

Les enfants doivent, tous les ans, être envoyés à la campagne pendant la belle saison. On peut dire que toute campagne, où l'on peut profiter d'un air pur, exerce une bonne influence. Les pays boisés, la montagne ne comportent guère de contre-indications. Quant à la mer, elle est excellente pour les enfants languissants, sans appétit, pour les scrofuleux sans lésions pulmonaires tuberculeuses ; elle n'est pas très recommandable pour" les enfants nerveux et excitables (en ce cas, il faut, tout au moins, interdire l'habitation au bord de la mer et limiter le séjour sur la plage) ; elle est, à quelques exceptions près, mauvaise pour les tuberculeux pulmonaires, poulies cardiaques.

Pour faciliter l'envoi des enfants pauvres à la campagne, il s'est fondé certaines œuvres (colonies de vacances) qui rendent les plus grands services.

Les grands voyages, avec changements fréquents de résidence, sont d'une manière générale, mauvais pour les jeunes enfants. Ce n'est que vers la quinzième année que l'on pourra tirer un bénéfice, au point de vue de l'éducation, des séjours en pays étranger.

VI. — EDUCATION. — Il est inutile de pousser trop rapidement les enfants au travail intellectuel. Il suffit de commencer à leur apprendre à lire vers six ans. « Il n'y aura qu'avantage à s'occuper d'abord de leur développement physique ; ils apprendront plus vite quand ils commenceront plus tard, et rattraperont toujours les petits prodiges qui, à quatre et cinq ans, lisent couramment et récitent des fables » (Hutinel et Lesné).

7 1 9 Hygiène des camps.

Dans ces dernières années, la mode s'est répandue, pour commencer l'éducation des petits enfants de trois à sept ans, de les envoyer dans des « jardins d'enfants », qui n'ont de jardins que le nom, et où Ton cherche à les instruire en les amusant et à développer leur esprit d'observation. Un maître leur parle des objets qui les entourent, des animaux qu'ils voient souvent, etc.; il leur apprend à planter de petits arbres, à construire des maisonnettes, à faire des dessins élémentaires, etc. (méthode Frœbcl). Ce système est excellent surtout pour les milieux populaires, où la mère, travaillant au dehors, ne peut surveiller ses enfants : ceux-ci trouvent alors, dans la journée, un lieu où on les occupe à de petits travaux, qui sont pour eux une distraction, et qui sont proportionnés à leur âge. Mais dans les classes aisées, il nous semble que rien ne peut, pour les petits, remplacer la direction des parents, et une mère intelligente est capable de diriger le développement intellectuel de son enfant. Elle pourra, d'ailleurs, à cet égard, s'inspirer des règles de la méthode Frcebel.

Les garçons seront envoyés en classe vers sept à huit ans. Les filles peuvent continuer plus longtemps leur éducation dans leur famille.

Nous ne pouvons nous étendre longuement sur Yhygiène scolaire pour laquelle de grands progrès ont été réalisés. Tout ce qui a été dit au sujet de la tenue des classes, des dortoirs, des lavabos, etc., peut se résumer à ceci : aération, lumière suffisante, propreté. On surveillera la bonne tenue des enfants lorsqu'ils travaillent à un pupitre et surfout lorsqu'ils écrivent ; les mauvaises attitudes prises dans ces conditions peuvent être l'origine de certaines scolioses.

Mais c'est surtout aux soins de propreté que les éducateurs doivent apporter toute leur attention. Ils se montreront sévères pour tous les élèves dont la figure et les mains ne sont pas soigneusement lavées; les cheveux, les oreilles, les dents devront être attentivement surveillés.

Il est indispensable de donner aux jeunes écoliers, dès les premières classes, les notions élémentaires de l'hygiène qui trop souvent sont ignorées des parents.

On doit aussi leur faire comprendre les dangers de la contagion.

(V. in Nonv. P. M. C, Contagion, Hygiène scolaire, Propreté du corps.)

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