Hygiène des villes
On admel aussi que le drainage du sol des cimetières est une précaution fort utile pour prévenir tous les inconvénients qui résultent d'un terrain humide (formation de gras de cadavres).
La profondeur des fosses réglementée dans tous les pays civilisés, varie de I m.50àc2 mètres, 3 mètres en Russie et dans certaines parties de l'Allemagne.
Le degré de profondeur et de largeur des fosses varie dans les divers pays de l'Europe : Autriche, 0 pieds 2 pouces; Hesse-Darmstadt, de 5 pieds 7 pouces à six pieds 1/2; Munich, 6 pieds 7 pouces; Francfort, 4 pieds 7 pouces ; Stuttgard, 6 pieds 6 pouces, pour les adultes, 5 pieds 4 pouces pour les enfants : Russie de 6 à 10 pieds. L'évoque de Londres prescrit de 4 à 5 pieds. D'après le docteur Sutherland, dans certaines parties de l'Allemagne, la profondeur des fosses irait jusqu'à M pieds.
On appelle concession de terrain, la cession d'un terrain de sépulture pendant un laps de temps donné. Dans certains pays il existe des concessions à perpétuité, qui sont respectées aussi longtemps qu'il existe des membres de la famille pouvant entourer de leurs soins pieux la sépulture des ancêtres. A l'extinction de la famille, le terrain revient (à Paris du moins) au domaine public. Dans d'autres endroits, comme à Genève, la durée d'une concession à perpétuité est limitée à cent ans. Passé ce délai, les sépultures sont rendues à l'usage public. L'exemple, dit-on, aurait été donné par Calvin lui-même, qui défendit formellement que sa sépulture fût marquée par aucun signe extérieur pouvant servir à la distinguer des autres et la soustraire ainsi au sort commun.
Le plus grand nombre des ensevelissements à Paris se fait dans la fosse commune où on laisse les cadavres pendant cinq ans. Ce laps de temps est évidemment trop court, mais il est nécessité par l'exiguïté des cimetières par rapport à l'accroissement de la population.
Il est démontré que lorsque la terre est en quantité insuffisante par rapport à la masse de cadavres qu'elle renferme, les corps subissent une saponification plus ou moins complète. Ce phénomène se produit surtout dans les fosses communes et plus spécialement dans les couches inférieures de cadavres. Il paraît donc certain qu'à un moment donné, le sol des cimetières est saturé et ne peut plus remplir son office. Dans ces conditions, il abandonne à l'atmosphère des émanations nauséabondes et nuisibles, qui peuvent porter un préjudice sérieux A la santé et au bien-être des habitants.
11 est évident qu'une grande partie des inconvénients que nous venons de signaler tiennent à la mauvaise conservation des cercueils. Les bières doivent être construites en vue de l'usage auquel elles doivent servir. Veut-on que le cadavre se décompose rapidement, abandonnant ses éléments à la terre qui l'entoure, il faut l'ensevelir dans une bière en bois léger, à parois minces et placée directement en contact avec la terre. Veut-on, au contraire, le conserver, ou le transporter, il faut l'envelopper d'un ou de deux cercueils, dont le plus extérieur doit être en métal, avec des jointures soigneusement soudées et qui ne laissent échapper aucune vapeur délétère à l'extérieur. La loi française prescrit, en outre, l'introduction dans le cercueil même d'une quantité suffisante de sciure de bois,
Hygiène des villes. 758
pour absorber tous les liquides du cadavre, el de matières désinfectantes destinées à eu neutraliser les émanations. Il vaudrai! mieux, à notre avis, puisqu'on veut conserver les cadavres, pratiquer des injections peu coû: teuses qui serviraient à les préserver de la décomposition putride et qui
s'opposeraient à la plupart des inconvénienls que nous venons de signaler. Conservation ou destruction, tels sont les deux termes auxquels doit tendre toute bonne police hygiénique en matière d'inhumation. Un cadavre qui tombe en poussière a cessé d'être dangereux; réduit à l'état de momie, il est également inoflensif. Ce sont les conditions intermédiaires qu'il sagil surtout d'éviter.
Avant l'ensevelissement ou la destruction des cadavres, les lois ont fixé une durée minima d'attente qui n'est que de 24 heures en France, de 36 heures en Belgique, de 48 heures en Italie et en Suisse, de 3 jours en Allemagne et en Autriche, de 4 jours en Angleterre, en Russie et en Danemark.
Sur les champs de bataille, l'inhumation précipitée des cadavres, qui laisse beaucoup à désirer à tous les points de vue, a souvent laissé près de la surface du sol une immense quantité d'ossements. On s'en est quelquefois servi pour construire des ossuaires, les uns établis dans un esprit de vénération et de pieux souvenir, comme ceux que les Italiens ont élevés à Magenta et à Solférino ; les autres en signe de victoire, comme l'ossuaire de Moral, construit par les Suisses après la défaite de Charles le Téméraire, ou dans un but d'intimidation, comme les pyramides de crânes que les conquérants tartares avaient coutume d'élever aux portes des villes qu'ils avaient prises d'assaut.
ENLÈVEMENT ET TRAITEMENT FINAL DES GADOUES. — On donne le nom de gadoues aux ordures ménagères des habitations, ainsi qu'au produit du balayage des rues.
Dans certaines villes, dont la canalisation très étendue le permet, à Paris, par exemple, les boues des rues sont directement envoyées dans les égouts. On a observé depuis longtemps que la destruction des ordures ménagères à domicile n'ayant pas jusqu'ici donné de résultats pratiques, il était nécessaire de pratiquer l'enlèvement quotidien de ces gadoues après les avoir recueillies dans des récipients métalliques. Nous avons indiqué aussi que les voies publiques devaient être soumises soit la nuit, soit le matin de très bonne heure, à des balayages destinés à collecter les souillures des rues, de façon à ce qu'elles puissent être enlevées en même temps que les ordures ménagères.
Les gadoues contiennent des matières végétales et animales, qui entrent rapidement en fermentation en dégageant des odeurs nauséabondes. Il importe donc de les éloigner rapidement des centres habités.
Le chargement et le déchargement des voitures qui enlèvent les gadoues doivent se faire sans qu'il y ait chute de débris à terre ou dégagement de poussières. Ces voilures doivent être complètement élanches, faciles à nettoyer et couvertes 'de façon à ne pas semer d'ordures autour d'elles en cours de route. La ville de Paris a adopté des modèles automobiles de
759 Hygiène des villes.
voitures d'enlèvement. On s'était contenté jusqu'il présent de couvrir d'une toile, le plus souvent inutile et mal jointe, les tombereaux que tout le monde a vus. Il est vrai qu'on voit encore à Paris, chaque matin, plus de 6000 chiffonniers répandre à terre le contenu des boîtes à ordures, pour y faire leur prélèvement, au mépris de tout principe d'hygiène.
Les chiffonniers ne doivent trier ce qu'il y a dans les boîtes à ordures qu'après en avoir répandu le contenu sur une toile, étendue au préalable sur la chaussée et le trottoir. Ce règlement n'est pas toujours observé. En général, le tri se fait dans les cours des immeubles où le chiffonnier pénètre après arrangement avec le concierge, et c'est lui qui transporte les poubelles sur le trottoir, après avoir prélevé ce qui lui convient.
Ce premier tri des chiffons, fait dans la rue ou dans les cours, est complété par un second tri, fait aux usines de broyage ou d'incinération. Les lombereaux déversent leur contenu sur des toiles sans fin, le long desquelles des chiffonniers attitrés se tiennent et prélèvent ce qui a échappé au premier tri.
A la suite d'abus intolérables, ce tri dans les usines a dû être supprimé en partie.
Le chiffonnage devrait être complètement interdit à Paris comme dans toutes les villes. Rien, si ce n'est une question de sentimentalité, ne devrait s'opposer à cette mesure urgente à Paris. Le rôle du chiffonnier ne peut être que nuisible au point de vue de la salubrité. En dehors du fait de la dissémination des ordures, des germes infectieux, qui est inévitable avec le tri des boîtes à ordures, le manque d'hygiène absolue, la saleté des personnes qui se livrent à cette industrie dépassent toute idée. Et ce manque de soins, cette absence totale de propreté s'étendent à tout ce qui les touche et à tout ce qui les entoure. Il faut avoir visité, à Grenelle, ou sur les glacis des fortifications, une cité de chiffonniers pour savoir jusqu'où la saleté d'un taudis peut atteindre.
On devrait penser après cela que les chiffonniers paient un lourd tribut aux maladies infectieuses. Tout y concourt, puisque chez eux se trouvent réunies le plus grand nombre de chances d'infection : poussières infectieuses, inoculations sous-cutanées, accidentelles ou du fait de la vermine. Il faut reconnaître toutefois que malgré la saleté et le manque absolu d'hygiène des habitants de ces cités de chiffonniers de la Seine, la morbidité et la mortalité ne présentent aucune différence vis-à-vis des autres corps de métiers; on n'y a jamais observé d'épidémies ; même au moment du choléra de 1895 (épidémie de Nanterre). La salubrité relative de ces taudis constitue un paradoxe hygiénique.
Lorsque les récipients d'ordures ménagères sont vidés dans les voitures, il est bon d'adopter un dispositif, une sorte de trémie, par exemple, qui permette de faire cette vidange pour ainsi dire sous cloche, sans qu'il se répande de poussières dans l'atmosphère, ni de débris sur le sol. Ces tombereaux doivent, de plus, être à bascule pour faciliter et hâter le déchargement.
Il serait avantageux que les gadoues puissent être directement transportées aux points où elles seront utilisées; mais cela n'est pas toujours
Hygiène des villes. 760
possible. Il faut, en tout cas, éviter de les emmagasiner sur des terrains réservés à cet effet (voiries d'immondices). Depuis 1851, il n'existe plus de voiries d'immondices à Paris; l'enlèvement de ces produits est confié à des entrepreneurs.
En 1898, environ ^20 tombereaux allaient se décharger dans les champs et dépotoirs du département de la Seine, 90 étaient amenés en Seine-et- Oise et Seine-et-Marne. Des chalands sur la Seine recevaient la décharge d'une centaine de tombereaux. Enfin, le contenu de 100 tombereaux était expédié par le chemin de fer à 50 ou 40 kilomètres de distance. Depuis 1901, les gadoues de la plupart des arrondissements de Paris sont conduites à des usines de broyages, qui sont d'ailleurs destinées à disparaître et céderont la place aux usines d'incinération ou de carbonisation des gadoues. L'incinération n'utilise aucun sous-produit. Certaines usines dites de carbonisation font des briquettes combustibles avec certaines parties de ces gadoues, préalablement desséchées, puis amalgamées avec du brai de goudron ou des pétroles lourds. Les cendres des gadoues peuvent aussi servir à la confection de briques pour la construction. Actuellement, les quatre usines de la ville de Paris n'utilisent aucun sous-produit. Certaines d'entre elles fournissent la chaleur nécessaire pour donner l'énergie électrique au service d'élévation des eaux de la ville.
Les dépôts de gadoues destinés à approvisionner les agriculteurs sont soumis à une réglementation rigoureuse. Ils ne peuvent être établis qu'après autorisation accordée avec l'approbation du Conseil d'hygiène. Leur emplacement ne doit être au voisinage ni des gares, ni des habitations, et leur aménagement est déterminé par l'arrêté d'autorisation. Les dépôts particuliers ne doivent pas être placés à moins de 100 mètres des routes, et chemins et de 200 mètres des habitations à cause de leur odeur nauséabonde.
Utilisation des gadoues à l'état vert, comme engrais, ou après broyage. — La question du traitement final des gadoues est complexe. Les gadoues présentent une certaine valeur comme engrais : il y aura donc intérêt à les céder à l'agriculture dans toutes les agglomérations où leur production n'est pas trop forte pour qu'elles trouvent un écoulement facile. Mais dans les grandes villes la quantité considérable des gadoues ne permet plus de s'en débarrasser en les transportant au loin par suite du prix élevé du transport.
L'utilisation agricole est donc étroitement liée à l'abaissement des tarifs de chemins de fer. De plus, elle^ présente l'inconvénient de nécessiter l'établissement de dépôts d'une salubrité discutable sur certains points, où seront mises en réserve les gadoues soit pour attendre l'époque de leur utilisation, soit pour transformer par la fermentation la gadoue verte ou gadoue fraîche, en gadoue noire ou gadoue putréfiée, plus appréciée par l'agriculture.
Pour faciliter le transport au loin et la vente des gadoues, on a eu l'idée de procéder d'abord à un triage permettant d'enlever les éléments inutilisables (verre, pierres, métaux, silicates, etc.), puis de soumettre les gadoues à un broyage mécanique, qui les réduit à un état de division plus
761 Hygiène des villes.
favorable à une fermentation rapide el, par suite, à un bon rendement comme engrais.
La première usine destinée à utiliser les gadoues par broyage a été élevée à Saint-Ouen, il y a \\ ans environ. Celle usine a été doublée; la seconde, qui appartient à l'industrie privée, incinérant également les gadoues.
Actuellement, la ville de Paris a -4 usines d'incinération de gadoues : Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux, Romainville el Vitry.
Il y a. en outre, un certain nombre d'usines privées à Romainville, à Genlillv et à Courbevoie; d'autres sont en projet, comme celle de Boulogne. La ville prévoit également de nouvelles usines, Ivry, qui doit remplacer Vitry.
Mais les gadoues ne présentent pas partout la même composition, et leur valeur comme engrais diffère sensiblement suivant les pays. En Hollande, par exemple, leur utilisation agricole ne peut se faire, les agriculteurs n'en veulent pas. En Angleterre, elles contiennent assez de charbon pour que leur incinération devienne le mode le plus simple de destruction; c'est d'ailleurs là la solution la plus favorable au point de vue de l'hygiène. Mais l'opération devient trop onéreuse lorsque la composition de la gadoue ne la rend pas autocomburante et qu'il faut y ajouter du charbon pour obtenir l'incinération; tel est le cas pour les gadoues de Berlin et de Copenhague.
La vente des gadoues après broyage a subi quelques vicissitudes depuis une vingtaine d'années. Recherché jadis quand, aux environs de Paris, la betterave était cultivée d'une façon intensive, cet engrais, qui est loin d'être dénué de valeur au point de vue de ses constituants chimiques, et vaudrait 10 francs la tonne au lieu de 0 fr. 50, son prix courant actuel, a été complètement délaissé depuis, et il a fallu créer des usines d'incinération. Celles-ci fonctionnant bien, les gadoues que l'on donnait presque pour rien sont absorbées par les fours; leur vente à l'état vert est devenue une exception.
Il semble donc que les installations d'usines d'incinération ne constituent pas une opération financière trop lourde pour le budget d'une ville.
A Paris, deux groupes d'usines d'incinération couplées fourniront l'énergie électrique au service des eaux potables et à l'évacuation des eaux usées de la ville. Le groupe sud (Ivry) doit servir à élever l'eau potable dans les réservoirs. Le groupe nord (Saint-Ouen, Romainville) donnera la force électrique aux usines qui évacuent les puissances.
L'incinération des gadoues est obtenue au moyen de fours spéciaux Wooldrum, Herbert/, Brechot. Les gadoues se dessèchent progressivenuuil dans ces fours avant d'arriver au contact du foyer où elles brûlent.
Tous ces différents modèles de fours comprennent un fourneau à réverbère avec grille et tôle de dessiccation; pour obtenir une meilleure combustion, l'inventeur y a ajouté le tirage forcé. On a imaginé de faire passer les gaz <l<'s gadoues brûlées sur un second four contenant du coke en combustion; on obtient ainsi une destruction complète de ces gaz.
Tous les autres destructeurs sont à haute température, avec insufflation d'air, tirage forcé, et adjonction de chaudières tubulaires.
Le prix de revient de ee traitement des gadoues serait de •"> fr. 15 la tonne, sans utilisation des sous-produits, et pourrait s'abaisser à I fr. 15 par tonne, si l'on tirait parti des sous-produits.
Dans l'Amérique du Nord, les gadoues contiennent une quantité notable de graisse, qu'il serait avantageux d'extraire. Différents procédés ont été imaginés pour arriver à ce résultat. Le plus connu consiste à traiter les gadoues par la vapeur d'eau sous pression à 4,5 atmosphères, suivant le système Arnold employé à New-York, Philadelphie et Brooklyn. Les gadoues sont soumises à cette action dans des cylindres verticaux à fermelure hermétique (digesteurs). Après condensation de la vapeur, on écoule l'eau qui entraîne toute la matière grasse. Le reste des gadoues est mis sous pression, puis desséché ; ce résidu constitue un engrais très apprécié, qui se conserve indéfiniment en poudre sous un faible volume. La matière grasse est utilisée par les savonneries.
Les tentatives de fusion et de distillation des gadoues n'ont pas donné de résultat pratique. Quant au déversement à la mer, pratiqué dans certaines villes maritimes (Dublin, Liverpool) et à l'enfouissement, encore usité à Rome, ce sont des procédés essentiellement insalubres que l'hygiène ne saurait admettre.
Voici quelles sont les principales dispositions à adopter dans l'établissement d'une usine à incinération des ordures ménagères.
Les voitures qui amènent les gadoues doivent être formées de caisses métalliques se vidant par le fond, avec une capacité d'environ 5 m. c. Le nombre total de ces voitures est variable suivant l'importance de l'établissement. Il faut prévoir une cour assez grande pour recevoir simultanément un grand nombre de voitures et éviter l'encombrement sur la voie publique, les voitures ne ressortant pas une fois chargées, mais venant se ranger dans cette cour.
Les caisses des voitures sont soulevées, placées sur le silo et vidées par le fond dans le silo. Ceux-ci ne doivent pas être trop étendus, 'car cela inciterait à laisser les dépôts s'accumuler.
Les gadoues sont brûlées dans des fours Meldrum ou Herbertz à quatre grilles; on prévoit toujours un four de réserve. La combustion se fait à la température de 200 à 250 degrés.
Les fumées doivent être conduites dans une chambre de combustion, dont la température oscillera entre 1200 à 800 degrés; le dégagement des gaz se fera par une cheminée ayant 35 mètres de hauteur, et absolument sans odeurs. Les klinkers et scories seront utilisés pour la fabrication de briques. Les mâchefers sont éteints dans une cage spéciale et convertis en briques, après mélanges appropriés.
Voyons maintenant quels inconvénients peut présenter une telle usine, et quels sont les moyens prévus pour y remédier.
D'abord le transport. Il doit se faire, avons-nous dit, dans des voitures spéciales entièrement métalliques, contenant environ 5 m. c, et recouvertes par un rideau métallique lorsque la récolte est terminée. Ces voitures pourront toutes être reçues dans la cour de l'usine et, par conséquent, ne causeront aucune gêne sur la voie publique.
705 Hygiène des villes.
L'odeur. La principale cause d'odeur de ces usines est due à l'emmagasinement des gadoues vertes; c'est pour cela que les silos doivent être limilés à la quantité qu'un four peut brûler par jour.
Une deuxième source d'odeur est fournie par les gaz incomplètement brûlés qui s'échappent soit par la cheminée, soit par le foyer au moment du déchargement. Les fours Meldrum donnent une bonne combustion; leur tirage est réglé au moyen d'un ventilateur électrique; enfin, le chargement des fours est automatique; les conditions sont donc réunies pour éviter la production de gaz malodorants.
Les poussières sont plus difficiles à éviter; il s'en produit lors du déchargement des tombereaux, lors du déchargement des fours, et surtout lors du décrassage des grilles; il importe que les locaux où s'effectuent ces opérations soient énergiquement ventilés.
A Courbevoie, les tombereaux qui servent à la collecte déverseront leur contenu dans des bennes qui contiendront chacune au moins un tombereau. Aussitôt pleine, la benne sera embrayée sur un arbre qui la montera dans une chambre entièrement close, située au-dessus des fours; de là les ordures seront poussées dans un chargeur et tomberont dans le four. Cette disposition évite les fosses où l'on déverse les tombereaux, et dans lesquels les ordures fermentent, ainsi que le long trajet que suivent habituellement les ordures à travers l'usine pour se rendre de la fosse au four. De même, tout chiffonnage se trouve supprimé à l'usine.
La chambre où se trouvent déposées les ordures est au-dessus des fours; elle est donc chaude ; elle est traversée par un courant d'air qui commence la dessiccation et enlève les mauvaises odeurs, qui sont brûlées sous les foyers.
Courbevoie emploiera également quatre fours du système du D'Bréchot, qui ne se distinguent des fours Meldrum que par ce fait qu'ils dessèchent les matières, avant de les brûler, sur une voûte réfrac taire placée au-dessus du foyer, et les ordures, arrivant sèches sur la grille, s'y brûlent rapidement et à haute température. Quant au tirage, il est assuré par des injections de vapeur faites en arrière de la voûte réfractaire, de façon à éviter les retours de flamme. Les fumées, attirées grâce à cette injection de vapeur, se rendent dans une chambre de combustion placée à l'arrière des fours, où elles commencent à se détruire; enfin, au sortir de cette chambre, les fumées odorantes débouchent dans un' brûleur spécial maintenu par un feu de coke à une température de 1000 à 1200 degrés, très supérieure à celle qui est nécessaire pour la combustion complète.
Un four analogue est utilisé à l'hôpital du Val-de-Grâce, où toutes les ordures de l'établissement, y compris les pansements, sont ainsi détruites.
Un autre système fonctionne au Val-de-Grâce pour les matières fécales des conlagieux et à la caserne de Courbevoie contenant un millier d'hommes, dont il détruit également les matières fécales, sans avoir donné lieu à aucune plainte.
Les cendres et laitiers peuvent servir au remblayage, mais ne doivent être en aucun cas, broyés dans l'usine.
Hygiène des villes. 70 \
ÉVACUATION DES MATIÈRES USÉES LIQUIDES. — On donne le nom de matières usées liquides, non seulement à Ions les déchois Liquides dune ville (eaux de ménage, eaux de pluie, eaux de lavage, eaux de water-closets^ H urines, eaux résiduaires industrielles), mais encore aux matières solides (jni sont entraînées par les eaux (matières fécales, souillures des rues). Cet ensemble constitue ce ({ne les Anglais appellent le « sewage ». On réserve le nom d'eaux vannes à la totalité des eaux sales, en exceptant les eaux des pluies, les eaux des sources el des cours d'eau qui s'écoulent dans les égouts de l'agglomération.
Nous avons déjà indiqué à propos de l'habitation que les matières usées liquides pouvaient être traitées suivant deux systèmes qui sont deux variantes du tout à l'égout: le premier, système unitaire, consiste à recevoir tons les déchels liquides dans une canalisation d'égout unique ; le second, dit système séparateur, comporte un mode d'évacuation difïerent pour chacun des éléments du sewage; soit qu'il existe une double canalisation d'égoul, la plus grande partie des eaux vannes avec les excréments s'écoulant dans une des canalisations, tandis que l'autre canalisation reçoit les eaux pluviales et les eaux industrielles, en restant distincte de la première, soit qu'il n'existe qu'une seule canalisation pour les eaux pluviales et ménagères, tandis que les excréments sont recueillis, ou dans les fosses fixes, ou dans des tinettes mobiles et enlevés par la vidange.
Système unitaire (Tout à l'égout). — Dans le système unitaire on évacue à l'égout tout ce qui peut être entraîné par les eaux. Il faut, bien entendu, un volume d'eau déjà considérable pour pouvoir véhiculer toutes les matières solides qui constituent les déchets d'une grande ville. En dehors des eaux vannes, on doit encore calculer, compter avec les eaux de pluie dont le volume peut varier considérablement. Pour 1 000 habitants, les excréments représentent environ 470 ou 475 tonnes de matières liquides et de 1 I à 54 tonnes de matières fécales par an. Le volume des eaux vannes évacuées par l'égout doit être égal à celui fourni pour l'alimentation de la ville; on peut compter 150 litres par jour et par habitant, ce qui donne annuellement 54 750 mètres cubes par 1 000 habitants. Pour les eaux de pluie on a indiqué un volume 6 fois plus considérable que celui des eaux vannes, c'est-à-dire, environ 528 500 mètres d'eaux de pluie par an et par 1 000 habitants: cette quantité peul d'ailleurs varier du simple au double.
Le tout à l'égout a été adopté par presque toutes les grandes villes, il est simple et commode au point de vue de la salubrité de l'habitation, puisqu'il débarrasse celle-ci immédiatement de toutes les matières usées; il a quelques inconvénients, sa cherté, la dépense d'eau considérable qu'il nécessite. Au point de vue hygiénique, on peut lui faire ce reproche qu'il n'assure pas de façon efficace l'absence de pollution des rivières et des cours d'eau, puisque, en lemps d'averse considérable, le système du tout à l'égout est débordé el que le Irop plein s'en va directement à la rivière ; il est vrai qu'à ce moment, les malières fécales sont diluées, ce qui en diminue les inconvénients. L'égout de l'habitation se déverse dans l'égout de la rue, les égouts de rues se rendent dans leurs galeries principales qui se déversent elles-
765 Hygiène des villes.
mêmes dans les collecteurs; ceux-ci sont de grands canaux qui amènent toutes les matières usées à leur destination principale.
Il y a trois types principaux de disposition des égouts : perpendiculaire, longitudinale ou radiale, nous n'insisterons pas sur ces dispositions dont L'étude est du ressort de l'ingénieur plutôt que du médecin, nous ne décrirons pas non plus les différents types d'égout, ni leur construction.
Disons .seulement que les égouts sont de deux systèmes différents :
Tantôt ce sont des conduits, simples tuyaux semblables aux canalisations des maisons de section petite (0.4.0 à 0.40 en général) et qui fonctionnent sous pression.
Tantôt, au contraire, ce sont des galeries, des aqueducs assez grands pour permettre le passage de l'homme et où l'eau ne remplit la section qu'en partie et ne se met qu'exceptionnellement en pression. Ce dernier système seul employé à Paris, ne peut l'être dans les localités où la nappe d'eau est très voisine de la surface du sol, comme à Berlin, par exemple, où Tonne dispose pas d'une hauteur suffisante, à défaut d'un drainage général. Le système séparatif d'égouts à petites sections empêche, en outre, le pullulement des rats. Il n'y a pas de frais d'entretien de propreté ni de curage qui sont fort élevés dans les galeries, lorsque celles-ci ne reçoivent que de petites quantités d'eau. Enfin, les usines qui traitent les eaux résiduaires des égouts ont quatre fois plus d'eaux à traiter dans le système unitaire, que dans le système séparatif. Ce chiffre se passe de commentaires et n'est pas un des moindres arguments en faveur du système séparatif à petites sections. Dans certaines villes on est amené, d'ailleurs, à des combinaisons mixtes où s'associent les deux types. A Marseille, 40 pour 100 des égouts ordinaires sont des conduites en grès.
Les égouts du type unitaire doivent être curés à intervalles réguliers, de façon à ne pas être ensablés et obstrués, et à ne pas devenir des foyers d'infection et de mauvaise odeur. On emploie pour cela des procédés mécaniques et des réservoirs de chasse artificielle. Les égouts de Paris, qui sont construits sur le type radial, couvrent 1 100 kilomètres; il s'y écoule environ (300 000 mètres cubes par jour. Les collecteurs des deux rives sont réunis par des siphons passant sous le lit de la Seine. Trois usines élévatoires relèvent les eaux des régions les plus basses.
Quel que soit le système de canalisation adopté (système unitaire ou séparateur), les égouts doivent être nécessairement en communication avec l'air extérieur. Il faut que l'air qui les remplit puisse s'échapper au dehors quand l'eau y afflue et que l'air atmosphérique y rentre à mesure qu'elle s'écoule et tend à laisser un vide derrière elle.
La présence de l'air est la meilleure garantie contre la fermentation putride des matières organiques dont les eaux sont chargées. L'établissement d'une circulation d'air frais, continue, doit toujours être considéré comme indispensable, mais devient plus impérieux quand les égouts doivent être parcourus par des ouvriers.
Quelle que soit la forme adoptée pour les égouts, il est indispensable que ceux-ci soient entretenus en état permanent de propreté au moyen de chasses d'eau. Ces chasses résultent d'évacuations brusques d'eau emma-
Hygiène des villes. 766
gasinée à cel effet dans des réservoirs appropriés dont la décharge peut être obtenue soit par une simple vanne, soit par un siphon à fonctionnement automatique. Tantôt ces eaux proviennent de l'égout même où elles sont retenues momentanément par des vannes; tantôt elles sont fournies par un approvisionnement d'eau de pluie ou de drainage, par une prise en rivière, un emprunt à un canal ou à un bassin à Ilot; tantôt enfin, c'est la distribution d'eau urbaine qui y pourvoit, si elle est assez largement alimentée.
Système séparateur. — Le système séparateur, on le sait, comporte un mode d'évacuation différent : \° pour les eaux résiduaires et les eaux ménagères ; 2° pour les eaux pluviales et les eaux industrielles.
Là où il y a deux canalisations d'égout fonctionne le vrai Separatesystem des Anglais, mais cette double canalisation n'existe que rarement; elle est trop onéreuse; le plus souvent, ainsi que cela se voit dans les petites villes, un seul système d'égout assure l'évacuation des eaux de pluie, des eaux ménagères et des eaux industrielles, les matières fécales étant recueillies dans des fosses fixes ou dans des tinettes mobiles d'où on les extrait à des intervalles plus ou moins espacés.
Le système séparateur à deux canalisations coûte toutefois moins cher que le tout à l'égout; celui-ci, comme on sait, nécessite des égouts à grande section qui sont indispensables pour évacuer à certains moments les masses d'eau que les orages projettent sur la ville, et dont le volume est six fois plus considérable, en moyenne, que celui des eaux vannes. Les eaux de pluie, les eaux de nettoyage des rues peuvent en effet être déversées sans inconvénients à la rivière.
Ces eaux dites de ruissellement sont certainement souillées au point de vue microbien, mais cette cause de contamination des cours d'eau est impossible à éviter, tant que la surface du globe sera habitée; on obtient l'écoulement des eaux de ruissellement à l'aide des canalisations rudimentaires ou à l'aide de simples caniveaux ; quant à la canalisation destinée aux eaux vannes, elle sera formée de tuyaux de grès à petites sections (0 m. 10 à 0 m. 40).
Le système sépara tif est le système que devront adopter les municipalités ne disposant que d'un faible budget. Plus les habitations sont disséminées, c'est-à-dire plus les villes sont petites, et aussi plus la pente des rues sera marquée, plus il y aura avantage à adopter le système diviseur. Quant aux eaux industrielles, on ne devra les déverser aux cours d'eau qu'à condition, ou bien qu'elles soient extrêmement peu souillées (eaux de rinçage de certaines industries) ou bien qu'elles aient subi une épuration suffisante. Elles devront, de plus, être refroidies à une température inférieure à 50°.
Dans le système séparateur ou diviseur, ce qui est synonyme, le mode d'évacuation et d'écoulement des eaux est assuré par différents procédés. Elles peuvent s'écouler par simple gravitation, ou être refoulées dans des réservoirs, puis de ces réservoirs au lieu d'évacuation final, ou encore être aspirées *par des usines éloignées de la ville. Le système Liernur à Trouville, le système Berlier à Paris fonctionnent ainsi par aspiration.
Voici au point de vue des avantages et inconvénients respectifs des
767 Hygiène des villes.
systèmes unitaires et séparateur, quelles sont les conclusions de Macé et Imbeaux :
1" Au point de vue de la protection des cours d'eau, le déversement des eaux pluviales isolées dans le séparatif est tout au moins aussi admissible que celui du mélange qui passe en grande averse par les déversoirs- unitaires : sous ce rapport, la combinaison la plus parfaite est un système mixte consistant à admettre dans le réseau vanné séparatif, le produit des petites pluies ou pluies ordinaires (chambre régulatrice de Richert, déversoir-intercepteur ou collecteur d'interception de Bateman, etc.);
2° Pour l'évacuation proprement dite, l'unitaire reste le plus parfait, en raison de sa simplicité et de sa facilité de nettoyage et d'entretien, partout où les pentes sont suffisantes et où le fonctionnement se fait par la seule gravité. Inversement, le séparatif est plus avantageux, en raison du petit volume du sewage, là où la 'pente fait défaut et où il faut y suppléer soit par l'aspiration (système Liernur, de Levallois-Perret, Chappée), soit par des relèvements mécaniques (pompes, éjecteurs Shone). D'après cela, on pourra avoir avantage à diviser parfois une ville en plusieurs zones et à desservir les plus basses par le séparatif et les autres par l'unitaire (Naples, Zurich, Cologne) ;
3° Le séparatif sera d'autant plus économique que son réseau pluvial pourra rester plus rudimentaire, c'est-à-dire que la ville sera moins exigeante pour couvrir à l'origine d'amont les égouts pluviaux (les caniveaux représentent les parties à ciel ouvert de ce réseau), et qu'elle présentera plus de facilité pour leur débouché rapide dans le fleuve ou la mer;
4° Enfin, le séparatif donne un sewage qui, par son faible volume, sa quantité et sa constance, est beaucoup mieux adapté que celui de l'unitaire à l'extraction des matières utiles et à l'épuration, notamment à l'épuration agricole, chimique ou bactérienne.
Ce dernier point nous ramène à la question du traitement des eaux d'égout.
Traitement final des matières usées liquides. — Les matières fécales solides ou diluées avec l'urine sont, à Paris, jetées directement à l'égout, il faut cependant savoir qu'il existe eneore un très grand nombre de fosses fixes à Paris et le produit de ces vidanges est utilisé dans la banlieue de Paris par les usines à engrais. Ces usines ont, d'ailleurs, l'inconvénient de répandre des odeurs fétides, car la dessiccation des vidanges est précédée de manipulations destinées à retenir l'azote des matières fécales, que l'on traite par l'acide sulfurique, de façon à fixer l'ammoniaque sous forme de sulfate d'ammoniaque.
Que les eaux d'égout contiennent ou non des matières fécales, elles renferment une quantité considérable de bactéries, tant aérobies qu'anaérobies, ces dernières se développant de préférence dans les produits dont la putréfaction peut se faire à l'abri du contact de l'air.
D'après Miquel, un centimètre cube d'eau d'égout contient 8 millions de microbes aérobies, sans compter les anaérobies qui ne se développent pas par les méthodes usitées pour cette numération.
Les bactéries pathogènes qui se développent dans l'intestin : fièvre
Hygiène des villes. 768
typhoïde, dysenterie, choléra, peuvent s'y trouver occasionnellement. Heureusement, la concurrence des microbes banals, ceux de l'eau en particulier, beaucoup plus nombreux e1 plus résistants, empêche le développement de ces bactéries pathogènes. On conçoit que, malgré cette concurrence bienfaisante, l'utilisation de l'engrais humain à l'état frais engrais flamand) constitue une coutume essentiellement insalubre, puisque cel engrais vert employé dans les jardins de culture, peut d'une part s'infiltrer jusqu'à l'eau des puits ou même souiller directement les fruits et les légumes destinés à être consommés à l'état cru.
La pollution des rivières par les matières fécales n'est pas le moindre danger que puisse faire courir un déversement à la pureté de ces eaux ; le développement énorme que l'industrie a pris dans ces derniers temps est une des causes les plus actives de l'altération des eaux d'égout lorsqu'on y verse les eaux résiduaires de ces industries. Cependant ces eaux doivent être évacuées à tout prix.
Le problème est d'autant plus difficile que beaucoup de ces eaux industrielles ne se prêtent pas toujours directement, comme les eaux d'égout, à l'amendement des terrains cultivés. Les eaux d'égout sont fertilisantes, les eaux industrielles sont quelquefois, au contraire, ennemies de toute végétation. Certaines d'entre elles sont tellement acides qu'elles détruisent la plupart des microbes et rendent l'épuration biologique impossible. D'autre part, leur température, quand elle est trop élevée, peut altérer les matériaux de construction et dégager des gaz nauséabonds et de la vapeur d'eau qui incommodent le personnel.
Les industries qui encombrent ou altèrent les cours d'eau peuvent rentrer dans les catégories suivantes :
1° Mines.
' Houillères.
) Lavage des charbons.
) Mines de fer, plomb, cuivre, zinc, arsenic,
( étain, manganèse, baryte, etc.
/ C le fer,
i Usines où se travaille < le nickel, \ (le cuivre.
2» Usines métallurgiques } Coutelleries.
01 i Fils de fer.
i Galvanisation.
/ Usines de maillechort.
I Poterie d'étain.
/ Fabrique de produits chimiques, i Fabriques de couleurs.
) Teintureries.
j Fabriques de papiers peints.
/ Impressions sur étoffes.
I Raffineries de pétrole et huiles minérales. 5° Usines et industries a résidus organiques :
( Lavage.
Travail de laine . < Teinture.
( Peignage.
f De drap.
,, , • \ De couvertures.
Fabriques < ,, „ u
1 ) De flanelles.
V De tapis.
Usines à résidus minéraux.
Hygiène des villes,
Travail de soie
^ Dévidage et nettoyage «les cocons.
i Teintures, etc.
Blanchisseries.
Rouissage du lin et du chanvre.
Distilleries.
Féculeries.
Amidonneries.
Sucreries.
Raffineries.
Papeteries.
Fabriques de colle <,\c gélatine.
Tanneries.
Fabrique d'engrais.
Abattoirs.
Voirie, dépôts de vidanges.
En France, les établissements classés comme insalubres, parce qu'ils souillent les cours d'eau, sont les suivants :
les chlorures (hypochlorites) alcalins
(3e classe).
Usines où on traite les frisons de cocons (2e classe).
Malteries (5e classe).
Confiserie des olives (3e classe).
Préparation de la pâte à papier (2e cl.).
Extraction et lavage du phosphate de chaux (5e classe).
Fabrication d'engrais de matières animales (lre classe).
Rouissage du chanvre et du lin (l,e cl.).
Ràperies de sucre (3e classe).
Fabrication du suif d'os (l,e classe).
Fabrication du sulfate de fer, d'albumine et alun par le lavage des terres pyriteuses et albumineuses grillées (3e classe).
Teintureries (3e classe).
Triperies (3e classe).
Abattoirs publics (lre classe).
Fabriques d'alcool autres que de vin sans rectification (3e classe).
Amidonneries par fermentation (lrecl.).
Amidonneries par séparation du gluten et sans fermentation (2e classe).
Fabriques de colle forte (Ira classe).
Industries travaillant les cornes et sabots avec macération (2e classe).
Blanchisseries des déchets des filatures de lin, chanvre et de jute (2e classe).
Lavage et séchage des éponges (3e cl.).
Féculeries (3e classe).
Filatures de cocons (3e classe).
Fonte des graisses aux acides (2e classe).
Fabrication d'huiles de ressence (2e cl.).
Lavoirs à houille (3e classe).
— à laine (3e classe).
— à minerais (3e classe).
Usines de blanchiment des fils et tissus
de lin, de chanvre et de coton par
Les résidus ont été classés, par Arnould, en encombrants, odoranls ou colorés, résidus acides, résidus toxiques, résidus putrides et résidus infectieux. Lorsque les eaux industrielles ont un caractère chimique marqué, qu'elles soient acides ou alcalines ou même toxiques, on peut toujours les corriger par une réaction contraire, partiellement tout au moins. La chaux est souvent employée et produit des dépôts qu'on retient dans des bassins. Mais, en général, tous ces procédés : clarification par dépôt ou filtration, désinfection sans clarification; traitement électroly tique; précipitation chimique avec clarification, précipitation chimique avec épuration par le sol, ne se sont pas généralisés aux eaux d'égout, ils sont réservés à l'épuration et à la correction des eaux industrielles. Far contre, l'épuration biologique des eaux appliquée aux eaux d'égout semble avoir primé toutes les autres.