Bronches (Corps étrangers
parle en mangeant. L'introduction d'un corps étranger par une plaie du conduil trachéo-bronchique est ])lus rare, on a cependant observé, dans un certain "nombre de cas, la chute dans les bronches d'une canule mal soudée; exceptionnellement le projectile d'une arme à feu peut perforer la trachée ou une bronche et s'y arrêter. En raison de lafaçon dont pénètrent les corps étrangers, on comprend facilement qu'ils s'observent plus souvenl chez l'enfant que chez l'adulte. La nature de ces corps esl extrêmement variable, cl il sérail fastidieux d'en l'aire l'énumération ou la classification; on peut cependant établir entre eux une distinction importante suivant qu'ils sont ou ne sont pas susceptibles d'être altérés par les sécrétions de la muqueuse respiratoire ; tandis que les fragments d'os, les noyaux de fruit, les objets en métal sont à peine modifiés parleur séjour dans les voies aériennes, d'autres corps étrangers (morceaux de sucre, pilules, fragments d'un sel, etc.), peuvent cire ramollis, déformés, dissous par l'imbibition ; d'autres, au contraire, en s'imbibant de liquide, augmentent de volume et déterminent des phénomènes d'obstruction de plus en plus intenses, tels sont les légumes secs (haricots, pois, fèves, etc.). La forme des corps étrangers a une grande importance : les uns lisses, réguliers, plus ou moins arrondis, tels que les billes ou les noyaux de fruit, pénètrent profondément dans l'arbre aérien et restent longtemps mobiles, d'autres irréguliers, garnis d'aspérités ou terminés par une extrémité pointue, peuvent pénétrer dans les parois de hi trachée ou des bronches el s'y fixer solidement. Certains corps, notamment les pièces de monnaie, sont aplatis, peu épais cl présentent, au contraire, une grande largeur, (m sorte que, placés de champ, ils n'interceptent que légèrement la lumière du conduil, tandis qu'ils peuvent l'obstruer complètement en changeant de position: pour terminer, mentionnons la possi bilité d'introduction dans les bronches de corps étrangers vivants, tels que des sangsues, des mouches, des lombrics, etc.
Les corps étrangers introduits dans les voies aériennes s'arrêtent plus rarement dans les bronches que dans la trachée; d'après la statistique classique de Bourdillot, sur 166 corps étrangers des voies aériennes, il y en avait 80 arrêtés dans la trachée, il dans les bronches et 35 dans le larynx. Les corps étrangers s'engagent beaucoup plus souvenl dans la bronche droite (pie dans la gauche, ce qui s'explique facilement, car la bronche droite est plus large, plus courte, et continue naturellement la direction delà trachée; les corps volumineux s'arrêtent dans la grosse bronche, les petits corps peu- .«■iil pénétrer plus loin jusque dans les deuxièmes et même troisièmes ramifications bronchiques; tantôt les corps étrangers restent mobiles, tantôt ils soûl lixés, soit primitivement par enclavement dans la paroi, soit secondairement par suite de leur pénétration plus profonde, ou par suite de leur changement de volume.
Symptômes. — Les corps étrangers comprimant la paroi de la bronche cl obstruant plus ou moins complètement h' canal bronchique déterminent des lésions importantes dues aux troubles apportés à la circulation et à l'infection des cavités bronchiques : au début, les accidents consistent seulement en congestion et inflammation, ensuite on peut observer l'ulcération de la paroi bronchique el toute nue série d'accidents infectieux :
Bronches (Corps étrangers). 70
broncho-pneumonie, abcès du poumon, gangrène, etc. \. Trachée (Corps
ÉTRANGERS l>i:> VOIES AERIENNES) .
Pronostic. Le pronoslie «les corps étrangers des bronches abandonnés à eux-mêmes es I exlrêmemenl grave, la morl survient dans plus des deux Liers des cas. Quelquefois le corps étranger peul é Ire expulsé spontanément, avanl d'avoir déterminé drs accidents graves à l'occasion d'un effort de toux; celle heureuse évolution esl beaucoup plus rare dans les corps étrangers des bronches que dans ceux du larynx ou de la trachée; d'ordinaire, le corps peste dans les bronches el détermine <les accidents graves de suppuration el de grangrène pulmonaire; le malade s'affaiblit rapidemenl el perd l'appétit, la respiration esl pénible, la toux devient fréquente el accompagnée d'expectoration muco-purulentc, la fièvre apparaît el présente de grandes oscillations. Dans quelques cas, la suppuration reste limitée el le pus esl expulsé sous formes de vomiques, au milieu desquelles le corps étranger.peul être rejeté; c'est là une évolution rare el qui n'amène pas toujours la disparition des accidents: dans quelques cas exceptionnels le pus peul également se frayer un chemin à travers la paroi thoracique après forma lion d'adhérences pleurales. Dans l'immense majorité des cas, le corps étranger reste dans les voies respiratoires, et le malade succombe ;i des complications pulmonaires soil 1res rapidement, à la suite de broncho-pneumonie el de g&hgrène, soil lentement avec des phénomènes de pneumonie el de pleurésie chronique.
Diagnostic. -- Les commémoratifs font d'ordinaire penser à l'introduction d'un corps étranger, mais les renseignements sont souvent incertains, el parfois, par exemple chez un jeune enfant, ils peuvent manquer complètement, de plus ils ne donnent généralement aucune indication permettant de reconnaître le siège (œsophage, larynx, trachée ou bronche). L'examen radiographique extrêmement important permet un diagnostic complet dans là plupart des cas: la radioscopie esl habituellement préférable à la radiographie : en effet, elle montre plus nettement les contours des corps étrangers qui sont souvent flous sur les radiographies, à cause des mouvements respiratoires : de plus, la radioscopie permet de déterminer plus exactement le siège précis du corps étranger, il suffit pour cela d'examiner le sujet placé successivement de face el de profil au-devant de l'écran radioscopique : dans ces deux positions on marque sur le thorax, avec un crayon dermographique ;i gaine métallique, dont l'ombre apparaît sur l'écran, le point d'entrée et de sortie du rayon perpendiculaire à l'écran et passant par le corps étranger; on détermine ainsi exactement la hauteur du corps étranger dans le thorax, sa situation dans le plan antéro-postérieur, el sou éioignement du plan médian: on peul facilement eu déduire le point de I arbre bronchique où il esl arrêté. La radioscopie permet encore de savoir si le corps étranger esl libre ou enclavé dans la bronche qui le contient : il suffit, tandis que le sujel esl soumis à l'examen radioscopique, de le faire tousser : si le corps étranger est libre, on voit sur l'écran sou ombre monter brusquement jusque dans la région cervicale au moment de la brusque expirai ion, puis redescendre avec la même rapidité pour reprendre sa position primitive. Au contraire, si le corps étranger esl enclavé; son ombre s'élève
77 Bronches (Dilatation).
à peine «l'un ou deux centimètres en même temps que In broncheù laquelle il es! Ii\é.
Traitement. - Le seul traitement rationnel consiste à enlever le corps étranger aussi toi que possible avani qu'il ait pu déterminer des complications broncho-pulmonaires. Il faul proscrire l'emploi des moyens destinés à provoquer le rejet du corps étranger par la toux el réleriiueinenl, tels que les vomitifs, la position verticale, la tèle en bas, aidée de la percussion sur le thorax : on n'obtient presque jamais de succès el on peut provoquer des accidents de suffocation spasmodique. Lorsque le corps étranger a pénétré peu profondémenl dans la bronche, on peu! parfois l'enlever par simple trachéotomie (V. Trachée, Trachéotomie).
Le plus souvent la trachéotomie ne permet pas d'enlever les corps étrangers qui oui pénétré jusque dans les bronches et il faul tenter de l'aire l'extraction avec l'aide du bronchoscope de Killian : l'instrumentation se compose essentiellement dune lampe électrique assez forte, adaptée à un miroir à manche sur lequel s ajuslenl une série de tubes en cuivre nickelés intérieurement : ces tubes ont un calibre qui varie de 1) à li millimètres chez l'homme, de 8 à 10 millimètres chez la femme et l'enfant, et une longueur qui va de ^1) à \h centimètres, suivant qu'il s'agit d'explorer l'extrémité supérieure de la trachée ou les bronches. L'examende la trachée et des bronches peut se faire directement par le larynx, les tubes étant introduits parla bouche : c'est la trachco-bronchoscopie supérieure qui est délicate, et issez difficile à pratiquer; aussi, dans la plupart des cas, il est préférable de faire d'abord la trachéotomie, puis d'introduire les lubes par l'ouverture trachéale : d'est la trachéo-bronchoscopie inférieure qui, beaucoup plus facile que la précédente, convient tout particulièrement aux corps étrangers enclavés dans les petites bronches; la pénétration dans la trachée se fait presque toujours très facilement, la pénétration dans la bronche esl plus délicate, cependant dans la plupart des cas on y arrive assez aisément, surtoutpourla bronche droite, en inclinant l'extrémité supérieure de l'appareil du côté opposé à celui qu'on veut explorer. Dès que Ton aperçoit le corps étranger, le tube est approché le plus près possible, puis on introduit soil un crochet émoussé, soit une pince à mors à inclinaison variable, on saisit le corps étranger el on l'extrait avant de retirer le bronchoscope; pour l'extraction des corps métalliques on se sert, souvent avec avantage d'un aimant assez puissant. L'extraction bronchoscopique des corps étrangers constitue une méthode assez délicate, mais fort peu dangereuse, puisque Killian a pu enlever 15 corps étrangers de la trachée ou des bronches sans un seul accident; la bronchoscopie permet presque toujours l'extraction, sauf dans les cas où le corps étranger a pénétré très avant dans les ramifications bronchiques. Dans ces cas où la bronchoscopie aurait échoué, ou serait autorisé, en raison du mauvais pronostic des corps étrangers abandonnés à eux-mêmes, à tenter l'extraction par bronchotomie transmédiaslinale postérieure, malgré l'extrême gravité de l'opération. PIQUAND.
BRONCHES DILATATION-. (Bronchectasie). - La dilatation des bronches
peut être aiguë el passagère, ou chronique. Dans le premier cas. la dilata-
Bronches (Dilatation).
lion De constitue qu'une des lésions des broncho-pneumonies. Seule la dilatation chronique mérite une description spéciale. Elle peul revêtir trois Lypes principaux ((i,n'. 45) :
1" Dilatation cylindrique, générale, atteignant une ramification bronchique dans toute s;i longueur (forme rare), ou partielle, ne frappant qu'un segment «l'une grosse bronche ou d'une terminaison bronchique (bronchectasie capillaire) : c'est lorsque la dilatation siège sur les extrémités bronchiques que l'on peut observer le type clinique désigné sous le nom de gangrène des extrémités bronchiques dilatées, ou gangrène curable <lu poumon (V. Bronchites fétides) :
c2" Dilatai ion ampullaire (type le plus fréquent). On en décrit deux variétés : tantôt les lésions atteignenl surtout une partie de la circonférence de la bronche, <|ui. i\ ce uiveau, se laisse distendre en un sac, analogue de tous points ;i un sac anévrismal, et communiquant avec le reste de la bronche par un orifice susceptible de s'obstruer (dilatation sacciforme) : tantôt l'ampoule est formée aux dépens de toute la circonférence, et se développe dans
la continuité <le la bronche, qui esl souvent rétrécie au-dessus et au-dessous du segment dilaté (dilatation cîrconférentielle) :
5" Dilatation moniliforme (la plus rare), constituée par une série de renflements se succédant à la manière des grains d'un chapelet.
Toutes les variétés de dilatai ion peuvent être combinées dans le même poumon, et
ni
Fig. i.~>. — Les principaux types <le dilatation des bronches (schén imité de Collet). L dilatation sacciforme; IL dilatation circonfére tielle; III. dilatation moniliforme.
frapper toutes les régions du poumon, mai: el à la partie moyenne.
Pour bien voir les lésions, il tant sectionner, aux ciseaux, les bronches selon leur longueur, en les suivant à partir du hile. Si l'on fait la coupe habituelle du poumon, celui-ci. qui est dur cl crie sous le scalpel (lésions concomitantes de sclérose pulmonaire), apparaît percé de trous (aspect d'une éponge, d'un fromage de gruyère); ces trous qui représentent les cavités bronchiques dilatées, el oui une paroi d'ordinaire assez lisse, parfois ulcérer, peuvent cire attribués par erreur à une caverne par abcès ou gangrène du poumon (mais la paroi de la bronchectasie est nettement organisée), ou à une caverne tuberculeuse (eu ce cas. la paroi serait plus anfractueuse, et caséeuse par places), ou à un pneumothorax interlobaire (faire l'examen attentif de la plèvre).
Outre les lésions de dilatation bronchique el de sclérose pulmonaire,
79 Bronches (Dilatation),
existe al très souvent des altérations pleurales (adhérences, épaississements, parfois épanchement séreux ou purulent).
Suivant l'importance attribuée aux lésions pulmonaires, bronchiques et pleurales, trois théories principales ont été invoquées pour expliquer la bronchectasie. Certains auteurs admettent que le tissu de sclérose pulmonaire (théorie pulmonaire de Corrigan) ou les adhérences pleurales (théorie pleurale de Barth) attirent en divers sens les parois bronchiques. On adopte plutôt aujourd'hui la théorie bronchique, déjà indiquée par Làënnec : les lésions pulmonaires et pleurales sont secondaires aux lésions bronchiques; les altérations de la couche musculo-élas tique et des cartilages, altérations consécutives à une atteinte profonde et durable de la muqueuse, privent la bronche de son élasticité normale, et en permettent la dilatation dès que la pression de l'air dans le poumon devient supérieure à la pression atmosphérique : celle circonstance se réalise à tout instant, cl surtout au moment des efforts de toux, etïorls qui favorisent la production de la bronchectasie, mais ne lui sonl pas indispensables. En déterminant une bronchite chronique par fixation d'un corps étranger dans une bronche, Claisse a reproduit expérimentalement la bronchectasie. Peut-être la lésion bronchique nécessaire n'est-elle pas suffisante, et il faut sans doute attribuer un certain rôle à la sclérose pulmonaire : tant qu'elle reste normale, l'élasticité pulmonaire exercerait sur la bronche malade une pression concentrique suffisante pour en maintenir le calibre (R. Marie et Bourée). Pour qu'il y ait bronchectasie, il faut donc que l'inflammation atteigne les fibres musculaires et élastiques el les <arlilages des bronches : ce fait peut être réalisé par les bronchites chroniques, les broncho-pneumonies (primitives ou secondaires à une maladie infectieuse), la tuberculose : celle-ci alïecle, d'après Grancher, trois ordres de rapports avec la bronchectasie : 1° la bronchectasie apparaît au cours d'une tuberculose en évolution, phtisie fibreuse (et alors la bronchectasie évolue pourson propre compte) ou phtisie ulcéreuse (et la bronchectasie n'est qu'un stade dans la formation de la caverne) : 2° elle esl le reliquat d'une tuberculose éteinte : 5° elle esl primitive, la tuberculose se greffant sur la paroi bronchique malade. Dans quelques cas, la syphilis se. retrouve à l'origine de la dilatation des bronches.
Suivant Thiroloix et Debré, qui s'appuient sur l'anatomie pathologique el sur l'expérimentation, la dilatation des bronches serait consécutive aune infection sanguine par des microbes capables de créer des inflammations chroniques (comme les agents de la tuberculose, de la syphilis, du paludisme) : l'infection sanguine explique, mieux que l'infection bronchique primitive, les dilatations parcellaires. Les microbes détermineraient une péribronchite chronique; celle-ci amènerait d'une part une destruction de l'armature bronchique, et d'autre part une hypergenèse épilhéliale, s'épanouissant après la destruction de l'armature bronchique et aboutissant à la formation de cavités kystiques. L'eclasie résulterait donc d'un processus essentiellement actif, les causes mécaniques (efforts de toux, etc.) ne jouant qu'un rôle secondaire.
La bronchectasie frappe surtout les adultes el les vieillards. Elle esl pourtant plus fréquente chez l'enfant qu'on ne l'admet en général (Hulinel):
Bronches (Dilatation). *<»
c'est alors de l rois à cinq ans qu'on l'observe d'ordinaire ; elle apparaît après des aeeidents bronchitiques prolongés : c'est pourquoi la dilatation des bronches survienl assez souvenl à la suite de la coqueluche, de la rougeole, de la grippe, etc., lorsque ces maladies oui été compliquées de bronchopneumonie. Quelquefois elle esl congénitale, liée à l'hérédo-syphilis (Balzer cl Grandhomme) ou représenlanl une malformation glandulaire par anomalie de développement, de môme ordre que les kystes congénitaux du rein, du foie, cic. (Grawilz, Couvelaire); mais la bronchectasie congénitale n'a qu'un intérôl puremenl analomique.
Symptômes. Les symptômes caractéristiques sont l'expectoration cl les signes stélhoscopiques : ils ne se manifestenl qu'en cas de dilatation assez considérable, les petites broncheclasies se confondant avec toutes les bronchites chroniques.
Signes fonctionnels. Expectoration. - Elle esl 1res abondante, véritable bronchorrhée, pouvanl atteindre 100 gr. d'un seul coup, 500 gr. en 24 heures. Elle se produit surtoul le malin au réveil, cl esl précédée souvenl. mais non toujours, d'une quinte «le toux, à la manière d'une vomique.
Tantôl muqueuse el transparente, tantôt opaque el puriforme, l'expectoration possède une certaine fétidité, bien moins marquée que celle de la gangrène pulmonaire ; c'est une odeur fade, comparée à l'odeur du plâtre irais. Laissée au repos, elle se divise en trois couches (épreuve de Traube): une couche supérieure muqueuse el aérée: une couche moyenne constituée par des mucosités filantes; une couche inférieure puriforme dans laquelle se Irouvenl les bouchons de Dittrich, blanchâtres ou d'un gris brun, gros comme une Lête d'épingle ou comme un pois, de consistance molle, el composés de leucocytes, de débris d'hématies, de cristaux d'acide gras, el de filaments el de spores décrits par Leyden el JalVé sous le nom de leptothrix pulmonalis. L'expectoration con lient les divers microbes de la putréfaction, el souvenl le bacille de Koch, la tuberculose pouvant être une cause ou une conséquence de dilatation des bronches.
L'haleine a la même odeur «pie les crachats.
La /"//./• esl quinteuse, fréquente surtout le matin où elle provoque l'expectoration. Pour éviter la toux cl l'expectoration, les malades se couchent instinctivement sur le côté le moins atteint, afin d'empêcher le contact du liquide avec la muqueuse bronchique.
La dyspnée, modérée au début, s'accentue en même temps que les lésions s'étendent el que la cachexie s'établit.
L'état général reste longtemps satisfaisant : il n'y a pas de lièvre en dehors des complical ions.
Signes physiques. Ce sont, lorsque la dilatation esl assez considérable, des signes cavitaires : rétraction totale ou partielle du thorax du côté malade; vibrations Ihoraciques augmentées (cavité vide) ou diminuées (cavité remplie de liquide) au niveau de la dilatation ; à ce même niveau, matité (cavité pleine, ou cavité vide mais entourée d'une zone épaisse de tissu pulmonaire sclérosé) ou sonorité (cavité vide cl superficielle); cl, à l'auscultation, souille ca\erneu\, gargouillement, etc. (Y. Phtisik).
Ce qu'il importe de bien connaître, c'est la localisation habituelle des
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symptômes cavitaires, qui siègent surtout à la partie moyenne du poumon, el sont d'ordinaire unilatéraux (la bronchectasie étant marquée surtout d'un côté el au voisinage du hilc).
Du fait de la sclérose pulmonaire et des adhérences pleurales, le cœur peut être dévié du côté malade (d'où exlrocardie acquise en cas de bronchectasie droite).
Formes cliniques. — Chez V adulte, la dilatation bronchique a presque toujours une évolution chronique et régulièrement progressive. Lorsque l'ectasie se limite aux extrémités bronchiques, l'expectoration prend souvent, par intermittence, une fétidité horrible, comparable à celle de la gangrène pulmonaire, et résultant soit de la transformation putride de la sécrétion, soit du sphacèle des parois bronchiques (ces deux causes étant souvent réunies) : c'est la gangrène des extrémités bronchiques dilatées, la gangrène curable du poumon, de Lasègue (V. Bronchites fétides).
Chez les enfants au-dessous de 10 ans, l'expectoration manque souvent ; lorsqu'elle existe, elle dégage d'ordinaire une odeur moins marquée que celle de la bronchectasie de l'adulte. Il n'est pas rare de voir, chez l'enfant, se produire des poussées catarrhales passagères et sans gravité ; mais alors l'existence de la fièvre et d'une dyspnée ordinairement modérée, et la constatation simultanée de la matité et du souffle que détermine la dilatation bronchique, peuvent faire croire à une broncho-pneumonie aiguë.
Complications. — La maladie peut être aggravée par des complications mécaniques ou infectieuses.
Les complications mécaniques sont : l'hémoptysie, parfois foudroyante, due à une lésion tuberculeuse, ou à la transformation angiomateuse de la muqueuse (Hanot et Gilbert) ; — Yasystolie par dilatation du cœur droit.
Les complications infectieuses sont très fréquentes :
Gangrène bronchique, annoncée par l'élévation de la température et par l'accentuation de la fétidité de l'haleine et des crachats ; elle est susceptible de rémissions prolongées (V. Bronchites fétides).
Gangrène pulmonaire, déterminant une aggravation rapide et profonde de l'état général; l'haleine et les crachats prennent une odeur horrible; la mort est fatale en quelques jours.
La pleurésie purulente et les broncho^pneumonies aiguës ne sont pas rares au cours des bronchectasies, et se reconnaissent à leurs signes particuliers.
Lorsque l'expectoration diminue, et que l'évacuation des crachats est incomplète, il faut craindre des accidents septicémiques aigus, prenant souvent la forme articulaire, et pouvant s'accompagner de suppurations lointaines [abcès du cerveau) ; plus souvent l'infection générale est lente, et la règle est que le brônehectasique meurt dans l'hecticité, comme un tuberculeux; il n'est pas rare d'ailleurs qu'il succombe à la tuberculose elle-même, affection qui se greffe également sur la dilatation des bronches.
Évolution. Pronostic. — En dehors des complications, les lésions sont bien tolérées pendant des mois el même des années; et les malades gardent une apparence de santé contrastant souvent avec l'abondance de 1 expectoration et l'étendue des signes cavitaires.
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D'ailleurs la guérison peut se produire. L'orifice de communication des dilatations sacciformes s'oblitérant et la cavité se comblant.
Mais, d'ordinaire, la maladie continue à évoluer; la suppuration bronchique ne tarit pas. entraînant à la longue la dégénérescence amyloïde des viscères (gros foie, grosse rate, albuminurie). La dyspnée, modérée au début, augmente du l'ail de l'extension de la sclérose pulmonaire, etc., de la dilatation mécanique du cœur droit. Les doigts prennent l'aspect hippocratique. La fièvre s'allume, à grandes oscillations ; et le malade meurt dans l'hectici té. Mais, lorsqu'elle n'est pas hûtée par une complication, la mort ne survient que plusieurs années après le début apparent de la bronchectasie.
Le pronostic, sérieux en raison de la rareté d'une guérison complète, est donc relativement favorable en raison de la très lente évolution de la maladie.
Diagnostic. — La bronchorréc, les signes cavitaires constatés surtout vers la région moyenne du poumon et, d'ordinaire, prédominant nettement d'un côté, la conservation d'un bon état général, tels sont les principaux éléments du diagnostic.
Il faut songer à quelques causes d'erreur, telles que l'abcès du poumon (succédant souvent à une pneumonie, évolution rapide), le kyste kydatique du poumon, suppuré et ouvert dans les bronches (hémoptysies, recherche des crochets d'échinocoques dans l'expectoration), le pneumothorax partiel, interlobaire. Mais surtout, on doit éviter de confondre la bronchectasie avec la pleurésie purulente ouverte dans les bronches (pleurésie interlobaire) et avec la tuberculose. En cas de pleurésie, l'évolution plus rapide, la vomique nettement purulente (le pus ne se décompose pas en trois couches comme l'expectoration de la bronchectasie, et, dans les cas douteux, les résultats de la ponction exploratrice et de l'examen radioscopique, permettront le diagnostic. Dans la tuberculose pulmonaire, l'état général est plus vite altéré, les signes cavitaires sont bilatéraux et siègent aux sommets; mais la difficulté peut être grande si la bronchectasie est bilatérale et prédomine aux sommets (ce qui, sans être la règle, n'est pas exceptionnel) et surtout si elle s'accompagne de lésions tuberculeuses, que celles-ci soit la cause ou la conséquence de la dilatation bronchique. Dans aucun cas, la recherche du bacille de Koch ne doit être négligée.
Quand l'expectoration devient franchement fétide, le diagnostic se pose avec les divers processus gangreneux (V. Bronchites fétides).
Traitement. — 11 faut soutenir Vétat général par un régime substantiel {viandes grillés ou rôties, œufs, viande crue), et par l'emploi de l'huile de foie de morue et des préparations d'arsenic ou de lécithine.
Contre In bronc/torrée, on agit en donnant les médicaments en ingestion et par la voie respiratoire.
L'administration par la voie respiratoire est réalisée par deux méthodes, qui peuvent être employées simultanément :
1° Les inhalations de vapeurs aromatiques : teinture de benjoin ou d'eucalyptus, essence de térébenthine (20 gr. pour un litre d'eau bouillante);
2° Les injections intra-trac1u>ales : huile cucalyptolée à 5 pour 100 (Mendel).
s :> Bronches (Dilatation).
En ingestion, on prescrira des expectorants (racine de polygala concassée en infusion à 8 pour 1000, deux à trois tasses par jour; — kermès, 10 centigT. par jour en suspension dans un looch ou un julep gornmeux) et des modificateurs de la sécrétion bronchique. Parmi ceux-ci, les plus employés sont : la terpine, à la dose de 50 à 60 centigr.) ; le sirop de térébenthine, associé en général aux sirops de goudron et de baume de Tolu (à parties égales, trois à quatre cuillerées à soupe par jour, — et surtout Y eucalyptus (Bucquoy) et Ylnjposulfite de soude (Lancereaux) :
Hyposulfite de soude 4 grammes.
Sirop d'eucalyptus 50 —
Eau distillée' 100 —
A prendre dans la journée par cuillerées à soupe.
Chacune des complications (hémoptysies, asystolie, gangrène pulmonaire, etc.), nécessite la thérapeutique qui lui est propre. On doit interrompre l'usage de l'hyposulfite de soude en cas d'hémoptysie.