‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustréeChapitre 15 sur 91 · CM · texte numérisé non relu

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Fig. 49. — Broncho-pneumonie double chez une femme de 66 ans, guérison. Le début fut annoncé non seulement-par l'évolution thermique, mais aussi par l'orthopnée.

A la période d'état, le traitement diffère de celui qu'on emploie chez l'enfant. Les vésicatoires seront proscrits ici comme dans l'enfance. On fera un large usage des ventouses sèches, on usera chez certains des ventouses scarifiées, et, au bout de peu de jours, on fera intervenir les toniques cardiaques : strophantus, digitale, caféine suivant les cas. Le drap mouillé et surtout la compresse thoracique pourront être essayés, à la condition qu'il n'y ait pas à craindre une trop grande réfrigération, absolument comme dans la toute première enfance. p. LONDE

BRONCHORRÉE. — V. Bronchite chronique.

BROWN-SÉQUARD (SYNDROME). — V. Moelle (Compression).

BRULURES. — Les brûlures sont des lésions produites sur nos tissus par la chaleur, les substances caustiques et l'électricité.

Étiologie. — La chaleur peut agir à distance, ou par contact d'un corps aune haute température. Le calorique rayonnant provoque des lésions aiguës ou chroniques. Le « coup de soleil » est le type des premières ; son action est prépondérante quand la lumière solaire est réfléchie par la mer, ou par un glacier ; il peut être produit par le rayonnement de l'arc électrique. Les secondes sont souvent professionnelles ; tels, les érythèmes de la face des ouvriers qui soufflent le verre, des chauffeurs dans les « chambres de chauffe » étroites des navires. — Le corps qui par contact détermine une brûlure peut

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•être à l'état de gaz ; ainsi, la vapeur surchauffée dans les accidents de chaudière, à laquelle s'ajoute l'eau en suspension; ainsi les flammes produites par une explosion; la flamme roussit et carbonise les poils, et respecte ordinairementles endroits serrés dans les pièces d'habillement, comme les jarretières. Les liquides créent des lésions variables suivant la température qu'ils atteignent; l'eau bouillante est moins redoutable que l'huile, dont le point d'ébullilion est supérieur à 100 degrés ; leurs brûlures sont souvent étendues, et les vêtements qui en sont imbibés prolongent leurs effets. Les solides déterminent des lésions profondes, en particulier les métaux portés au rouge et les métaux en fusion qui ont une grande puissance de destruction. Les fils incandescents employés dans les usines électriques font des 'brûlures nettes, profondes, comme par un instrument tranchant ; les désordres fonclionnels sont souvent considérables ; elles guérissent très lentement. Quelques substances sont adhérentes, comme le soufre, le phosphore, le goudron, et continuent à brûler dans la plaie, comme les vêlements, car ils ne peuvent être rapidement enlevés; l'accident est fréquent, chez les enfants dont les robes prennent feu auprès d'un foyer, chez les femmes atteintes par l'explosion d'une lampe à essence. Certaines substances caustiques sont usitées dans un but thérapeutique, tel le nitrate d'argent. Mais les brûlures peuvent résulter d'une erreur d'application : ainsi les pansements faits avec une solution phéniquée trop concentrée. D'autres sont dues à des accidents, comme les brûlures de la face par le « vitriol » ; les plaies sont alors en forme de sillons, de rigoles, creusées par l'écoulement du liquide, ou bien, multiples et petites, elles sont produites par des éclaboussures. L'acide sulfurique, très caustique, donne des escarres noires; l'acide nitrique et l'acide chlorhydrique colorent la peau en jaune. — Enfin Y électricité à haute tension, au-dessus de 500 volts, provoque des brûlures à tous les degrés, lorsqu'elle atteint les tissus soit sous forme de courant, soit par action directe de l'arc voltaïque.

Symptômes. — La symptomatologie des brûlures et leur pronostic dépendent de trois éléments différents : la profondeur des lésions, la région atteinte, l'étendue de la plaie.

I. C'est d'après la profondeur que Dupuytren, dans une division restée classique, a décrit les brûlures (fig. 50). — Le lov degré se traduit par une vive rougeur, momentanément effacée sous la pression du doigt; par une douleur cuisante, mordicante ; par une tuméfaction légère. Cette inflammation disparaît vite, en donnant lieu aune desquamation superficielle. Le coup de soleil en est le type. Si la cauâe se reproduit, les téguments peuvent rester pigmentés et vergetés comme les cuisses des vieilles femmes qui abusent de la chaufferette. —Le 2° degré est caractérisé par les phlyetènes; i<i corps muqueux de Malpighi est atteint par le contact d'une flamme, de I eau bouillante; quelques heures après l'accident, la sérosité s'accumule sous l'épiderme, formant « cloche ». La douleur, très vive au début, s'atténue quand elle apparaît; mais si un frottement intempestif vient arracher l'épiderme protecteur, les papilles du derme sont mises à nu, et les extrémités nerveuses sont douloureusement impressionnées. Autour de la phlyclène, la peau est rouge, douloureuse comme au premier degré, et bien au delà du

Brûlures.

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Epiderme.

point brûlé; quelquefois des traînées lymphangitiqûes témoignent (Tune infection dont la phlyctènè ouverte a été la porté d'entrée. La guérison se fait sans cicatrice visible ; 1'épiderme nouveau gardependânt quelque temps une coloration rosée H une délicatesse qui s'efface à la longue. — Le 3e degré est réalisé par le contact d'un corps métallique porté à une haute température, ou par l'action d'un acide violent qui désorganise le corps muqueux et les papilles. Il se forme des lâches grises, dures, parcheminées, véritables escarres qui se détachent et laissent les couches profondes du derme à nu; autour de la plaie on voit un cercle de peau rouge vif, qui ne s'efface plus sous le doigt : parfois des phlyctènes sanguinolentes précédent la formation des escarres. La douleur à la pression est vive, car les filets nerveux sénsitifs sont intacts. La réparation est lente, et la cicatrice reste indélébile, distinction fondamentale entre les deux premiers degrés et les suivants : dans le 2° degré en effet, la couche basilaire ou génératrice est conservée, l'épidermisalion se fait de la profondeur à la superficie, simultanément dans toute l'étendue de la plaie, tandis qu'à partir du 3e degré cette couche est détruite, et la cicatrisation ne peut se faire que des bords de la plaie vers le centre, en sorte que le tissu de cicatrice sera blanc, luisant, dur et rétractile.

Au 4° degré correspond la destruction de la totalité de la peau. Le corps en ignilion est resté longtemps appliqué, et l'escarre qui en résulte est profonde, jaunâtre, insensible; la douleur, vive au moment de la brûlure, disparaît ensuite, car les filets nerveux sont détruits avec le derme. Au bout de quelques jours la région s'enflamme, les bords de la plaie sont rouges, douloureux, l'escarre est tombée laissant à nu le tissu cellulaire où vont apparaître d'abondants bourgeons charnus. La réparation marche lentement, le tissu rétractile fronce la peau, dont les plis rayonnent à la périphérie : la difformité est plus accentuée que dans le degré précédent. — Dans le 5 degré, les tissus sous-aponévro tiques sont atteints, les muscles et les tendons sont mis à nu par la chute de la partie brûlée ; l'infection y trouve une porte d'entrée facile, et avant l'antisepsie, le phlegmon diffus était à craindre (v. c. m.). La cicatrice, quand elle se fait, unit les différents organes; des blocs de tissu modulaire gênent les mouvements, et rendent précaire la fonction du membre atteint. — Avec le 6° degré la carbonisation a envahi la totalité du membre jusqu'à l'os, qui peut être incinéré. Pour que

Tissu cellulaire sous-cutané -,

Aponévrose...

Muscle

Périoste .

Os

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