A. SCHWARTZ
BULBAIRES (SYNDROMES). Les symptômes qui traduisent la souffrance
du bulbe sont déterminés par la topographie plus que par la nature des altérations : qu'il s'agisse de troubles fonctionnels et passagers ou de lésions organiques et indélébiles, les accidents peuvent être de môme ordre, différant plus par leur durée et leur caractère de gravité que par leur expression clinique : ce sont surtout des symptômes de localisation. La connaissance succincte de l'anatomie et de la physiologie du bulbe peut donc expliquer comment ils se manifestent et comment ils se groupent pour constituer des syndromes, dont quelques-uns sont assez bien définis.
Notions anatomiques. — Dans le bulbe existent des centres moteurs et sensitifs, des fi-
Funiculus teres
Lochs cœruleus
Emin. teres
Foss. antér.
Petl. celui!
Strie* acousl.
(Barbes)
Aile bl. ert.
bres motrices et sen- -ilives, des fibres cérébelleuses.
Les centres bulbaires affectent des rapports importants, surtout avec le plancher du 4e ventricule.
Les figures 51 et 5'2 empruntées à Charpy (T rai té (TAnatomie de Poirier) suffiront à rappeler les principaux détails anatomiques relatifs à la topographie du 4e ventricule, dont la moitié inférieure appartient au bulbe, et la moitié supérieure à la protubérance.
Les noyaux des nerfs affectent, dans leur ensemble, la disposition suivante :
ils se groupent en
deux colonnes, une médiane pour les nerfs moteurs, une latérale pour les nerfs sensitifs; la même disposition se poursuit dans la protubérance.
Le noyau de l'hypoglosse, situé très près de la ligne médiane, et sados-
Lcrps nslif.
Tige du
laiamus •>
Aile bl. int.
Aile grise
Plancher du 4* ventricule. — Topographie d'après nature (D'après Charpy.)
Bulbaires (Syndromes),
sant en certains points au aoyau <lu côté opposé, correspond à Vàile blanche interne', les fibres sensitives du pneumogastrique et du glosso-pharyngien aboutissent au noyau de Voile grise et au faisceau solitaire, celui-ci occupanl la partie postéro-latérale du bulbe sur toute sa hauteur; les fibres mo-
I îices du spinal bulbaire, du pneumogastrique el du glosso-pharyngien, viennent du noyau ambigu, situé profondément, en arrière de l'olive, en avant du noyau de l'aile grise.
Au-dessus du noyau ambigu, affleurant en bas le bord supérieur de l'olive bulbaire. se trouve le noyau du facial : il est situé presque tout entier dans la protubérance; mais, par son extrémité inférieure, il correspond au sillon bulbo-protubérantiel, el même pénètre; légèrement dans la partie la plus élevée du bulbe.
A la branche veslibulaire du nerf acoustique, appartiennent deux noyaux; l'un, principal ou triangulaire, longe dans le bulbe la face externe du noyau de l'hypoglosse, passe par-dessus le sommet de l'aile grise, et se prolonge dans la protubérance; et l'autre, noyau de Deiters, dont peut-être dépend en partie le nerf cochléaire, et qui semble surtout être en rapport avec les canaux semi-circulaires et constituer un centre labyrinthique, est situé en dehors du
Hypoglosse
Nerfs cervicaux
précédent, sous le plancher du 4e venir
Fig. 52. — Noyaux d'origine des nerfs crâniens moteurs. Schéma (d'après Charpy).
cule ; il présente des connexions importantes avec le cervelet. Le nerf intermédiaire de Wrisberg, dont la corde du tympan est, au point de vue physiologique, le prolongement, aboutit au faisceau solitaire. Quant au noyau moteur du trijumeau, aux noyaux des nerfs moteurs de l'œil, ils sont situés dans la protubérance.
De ces noyaux, les uns (hypoglosse, noyaux sensitifs des nerfs mixtes) sont superficiels; les autres (noyaux moteurs des nerfs mixtes) sont profonds, situés à plusieurs millimètres du plancher du 4e ventricule, et ne peuvent être atteints par une lésion superficielle.
Les figures 55 et 54 montrent les rapports que ces noyaux affectent les uns avec les autres, et avec les diverses formations bulbaires.
Il est évident dès maintenant qu'une lésion touchant l'un de ces noyaux doit déterminer des troubles moteurs, sensitifs ou sensoriels, et en particulier entraîner, si elle porte sur l'origine du pneumogastrique et du spinal bulbaire, des symptômes cardiaques, respiratoires et gastriques, qui comptent parmi les phénomènes les plus importants des syndromes bulbaires.
Les divers noyaux bulbaires et protubérantiels, moteurs et sensitifs, sont unis, transversalement et longitudinalement, par des fibres cT association,
Bulbaires (Syndromes)
dont les principales sont représentées par le faisceau longitudinal postérieur. Os connexions onl leur importance : elles expliquent que les lésions stric-
X (a. dorsal).
N. arcif.
l'ijr.