G RE NE T
BULBE (PARALYSIE BULBAIRE ASTHÉNIQUE). — V. Myasthénie.
BULBE (PARALYSIE BULBAIRE PROGRESSIVE). — V. Paralysie lvbio-glossolaryngée.
BULBE (RAMOLLISSEMENT). — Le ramollissement du bulbe est consécutif à l'oblitération de l'artère vertébrale ou de ses branches, des artères spinales antérieures, de la cérébelleuse inférieure ou du tronc basilaire. L'oblitération résulte soit d'une artérite syphilitique, soit de l'athérome, ou bien encore elle est le fait d'une embolie, chez les cardiaques.
Les symptômes sont en rapport avec le siège du foyer de ramollissement, ou avec la soudaineté de l'oblitération artérielle. Quelquefois le début est brusque, la mort survient rapidement au milieu de troubles cardio-pulmouaires : ces faits s'observent surtout en cas d'embolie de la vertébrale.
D'ordinaire il existe des prodromes : pâleur, nausées, vertiges, somnolence, tendance à la syncope; l'ictus avec perte de connaissance n'est pas très fréquent ici. Puis s'établissent des signes de paralysie bulbaire, et l'on observe des syndromes variables suivant les régions atteintes : les troubles de la déglutition, le syndrome labio-glosso-laryngé sont habituels. Très souvent le foyer de ramollissement est unilatéral, aussi notera-t-on des hémiplégies, des hémianesthésics siégeant du côté opposé à la lésion, tandis que les -y n q) tomes se produisant dans le domaine des nerfs crâniens siègent du < ùlé de la lésion. Les phénomènes cérébelleux (asynergïe, latéropulsion, vertige, etc.) ne sont pas rares; le syndrome oculaire sympathique (myosis, rétraction du globe oculaire, diminution de la fente palpébrale) est plus exceptionnel. Pour l'étude détaillée des différents troubles ressortissant aux lésions bulbaires, nous renvoyons à l'article Bulbaires (Syndromes).
Le principal élément du diagnostic est l'évolution relativement lente des accidents : c'est par là que le ramollissement se distingue de l'hémorragie. La connaissance d'une syphilis antérieure, l'athérome, sont aussi des éléments plaidant en faveur du ramollissement.
Chez les syphilitiques, le traitement mercuriel intensif peut donner des résultats satisfaisants. Chez les artério-scléreux, la médication iodurée, jointe à une bonne hygiène générale et alimentaire, amène quelquefois une légère amélioration. Dans tous les cas, en raison de la fréquence des troubles de la déglutition, il faut avoir soin de recommander au malade de
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manger lentement; il faut le nourrir au besoin avec la sonde œsophagienne afin d'éviter le passage des aliments dans les voies aériennes, et, par suite, les broncho-pneumonies <le déglutition. h. GRENET.
BULBE (TUMEURS). - Les tumeurs du bulbe sont rares : le plus souvent il s'agit de tumeurs bulbo-protubérantielles. On a signalé surtout : lesgliomes et les glio-sarcomes, les tubercules, les gommes syphilitiques, les cysticerques du i1' ventricule, les tumeurs des plexus choroïdes.
Les symptômes sont (Tune part des signes généraux de compression encéphalique, et d'autre part des signes de localisation bulbaire.
Les signes de compression encéphalique, d'hypertension crânienne, céphalée, vomissements, œdème de la papille, hypertension du liquide céphalo-rachidien, sont fréquents, mais non constants. Lorsqu'ils existent, ils permettent de soupçonner l'existence d'une tumeur intra-crânienne, dont le siège bulbaire est indiqué par les signes de localisation.
Ceux-ci sont des plus variables selon la région atteinte [V. Bulbaires (Syndromes)]; il faut signaler surtout : la polyurie avec ou sans glycosurie, les troubles cardiaques et respiratoires, le syndrome labio-glosso-laryngé, les paralysies des membres, les vertiges, l'angoisse. Ces différents troubles peuvent exister isolément; le plus souvent ils s'associent d'une manière plus ou moins complexe.
Le pronostic est toujours très grave : la mort par arrêt du cœur ou de la respiration est la règle, parfois au bout d'un temps très long. Des tumeurs du plancher du 4e ventricule ont pu rester latentes pendant plusieurs années.
Le diagnostic est relativement facile si, aux signes bulbaires, s'associent des signes de compression encéphalique : ceux-ci révèlent la tumeur; ceuxlà permettent de la localiser. Mais l'hypertension crânienne n'est pas constante. L'unilatéralité fréquente des troubles paralytiques, l'existence habituelle des troubles sensitifs, distinguent les tumeurs du bulbe de la paralysie labio-glosso-laryngée, de la paralysie bulbaire asthénique. La paralysie pseudo-bulbaire procède par ictus successifs, s'accompagne de rire ou de pleurer». spasmodique, et d'une déchéance intellectuelle toujours manifeste. Certains cas de sclérose en plaques à localisation bulbaire soulèvent de grandes difficultés : l'étude attentive de tous les symptômes, la recherche du tremblement, du nystagmus, l'évolution de la maladie, finissent, en général, par faire poser le diagnostic. Quant à l'hémorragie et au ramollissement du bulbe, ils ont d'ordinaire une marche plus rapide que les tumeurs bulbaires. Les compressions du bulbe ne sont reconnues que s'il existe des signes de mal de Pott sous-occipital, leur symptomatologie étant semblable à celles des tumeurs.
Quant à la nature de la tumeur, on ne peut que la soupçonner si le malade est syphilitique ou tuberculeux.
Les gommes syphilitiques sont seules accessibles à la thérapeutique, les injections mercuriclles (calomel) pouvant amener alors une guérison rapide.