GRENET
BUPHTALMIE. — V. Glaucome.
CACAO. — V. Beurre de Cacao, Café et Caféine, Théorromine.
CACHEXIE. — Il en est de la cachexie comme de tant d'antres termes, tout le monde les comprend, mais la définition n'en reste pas moins difficile et vague. 11 s'agit ici d'un mauvais état (xaxv] e£iç) de l'organisme; mais, de plus, l'expression de cachectique implique une idée de chronicité et de pronostic à peu près fatal. La cause peut en être une infection ou une intoxication continues, la convalescence pénible d'une longue maladie, la misère simple, etc.
Symptômes. — Il est évidemment impossible de dire à quel degré de faiblesse et d'épuisement, de dénutrition ou d'anémie commence l'état de cachexie. Quoi qu'il en soit, ces différents points : asthénie, amaigrissement, appauvrissement du sang, se rangent parmi les principaux caractères qui nous frapperont spécialement.
Le malade est souvent couché, ou se traîne avec peine. La face est pâle, émaciée, de couleur terreuse ou jaunâtre, blafarde parfois, d'apparence cireuse en d'autres cas. Les narines sont amincies, les dents fuligineuses, les cheveux cassants; la maigreur peut être effrayante, et souvent le décharnement du thorax contraste avec le développement d'un abdomen que distend l'ascite, ou l'épaississement de membres inférieurs cedématiés. Les muscles sont flottants, et au niveau des apophyses osseuses saillantes se creusent facilement des ulcérations de profondeur variable. La peau est fréquemment sèche, et la persistance du pli que l'on pince révèle une déshydratation profonde. Sur les parois du thorax et de l'abdomen se détachent souvent, nettement saillantes, les veines superficielles.
Tels sont en somme les grands signes de la cachexie : ce ne sont pas les symptômes uniques rencontrés chez les débilités, loin de là, mais ceux dont nous allons parler maintenant dépendent plutôt de la maladie causale. De cel ordre sont les gangrènes, les œdèmes, le purpura, bien que l'on ait décrit, peut-être à tort, un œdème cachectique, un purpura cachectique. Il u est pas rare de voir s'installer de la diarrhée, voire de la lienterie ou des vomissements incoercibles, à moins que ces troubles ne soient déjà la cause de la cachexie. Les altérations des urines, l'affaiblissement de l'intelligence sont fonction à la fois du ralentissement général des systèmes et de l'influence spéciale de la tuberculose ou de l'intoxication. Enfin, le cachectique est proie facile aux infections de toutes sortes; le muguet est presque constant; de l'ecthyma ulcère la peau; des phlébites se déclarent; lestrepto-
Cachexie. liO
coque, le coli-bacille provoquent aisémenl des accidents Localisés ou septicémiques. Aussi n'y a-l-il point de courbe thermique spéciale aux cachectiques; la température est variable, parfois normale, d'autres fois continue ou rémittente à grandes oscillations. Mais il <\sl assez fréquent de voir L'organisme présenter <lcs réactions affaiblies; et la mort survient dans une asthénie et une torpeur progressives, souvent dans le coma, ou bien au milieu d'accidents méningés, de convulsions et de délire, généralement imputables à L'urémie.
Types cliniques. — 11 y a des états cachectiques, et non pas une cachexie; mais Les caractères différentiels sont empruntés aux maladies causales, en sorte que s'étendre sur la description de types divers serait répéter ce qui trouvera mieux sa place ailleurs, à l'infection ou à l'intoxication incriminées.
\J enfant peut présenter diverses cachexies; il est indiqué de songer surtout à la scrofule, au rachitisme, et tout spécialement à la syphilis héréditaire. On connaît dans ce dernier cas l'aspect précocement sénile, ridé, rabougri pour ainsi dire du faciès, les pleurs faciles et les cris répétés du nourrisson, le dépérissement progressif et rapide qui l'atteint parfois dès les premiers jours de son existence.
Chez le vieillard, le brightisme et les affections cardiaques, l'artériosclérose sont la cause .efficiente de nombre d'états cachectiques; mais il faut insister spécialement ici sur l'évolution chez les cancéreux du syndrome étudié. La cachexie jaune paille, trop souvent rencontrée d'ailleurs chez de nombreux adultes, présente en effet un intérêt diagnostique de premier ordre : rappelons que les infections veineuses (phlegmatia) l'accompagnent avec une prédilection particulière.
Chez Yadulte enfin, la tuberculose, les affections rénales et surrénales, le saturnisme, le paludisme, les maladies de foie au cours desquelles les ponctions répétées peuvent déterminer une cachexie séreuse, le cancer encore, sont parmi les causes ordinaires de la déchéance organique.
Diagnostic. — On reconnaît facilement qu'un individu est cachectique; en trouver la raison peut être plus délicat. On se souviendra que la misère à elle seule peut provoquer une dénutrition profonde, et que tout obstacle à l'alimentation normale, lienterie, vomissements par sténose pylorique, anorexie d'origine mentale, donnera sans infection tuberculeuse, sans intoxication saturnine ou cancéreuse le syndrome le plus effrayant qui se puisse réaliser.
On se gardera seulement de confondre la cachexie avec V anémie simple. C'est une distinction parfois artificielle; les cachectiques sont anémiques, et toute anémie prolongée se traduit par l'habitus de la cachexie. Il est possible de séparer avec plus de précision celle-ci de la sénilité. Tous les vieillards ne sont pas des cachectiques; mais l'affaiblissement des facultés, le ralentissement des échanges, l'émaciation peuvent n'être qu'un simple effet de l'involulion sénile.
Il sera utile enfin de ne point se laisser abuser par certaines particularités mentales; des individus bien qu'épuisés ont encore une gaieté factice, une énergie et une volonté marquées, une idéation active et même entrepre-
Cade (Huile de).
liante; cette euphorie (v. c. m.) ne doit point nous induire en erreur et nous porter à lénifier noire pronostic. Ce dernier est en effet à peu près fatal, bien (pie variable encore avec l'étiologïe invoquée. La thérapeutique est simple : les cachexies étant ce que l'agent causal et le terrain les font, n'ont point de spéeifique. Il n'est de traitement que contre les symptômes, faiblesse, anémie, intoxication générale, et dans les cas trop nombreux où aucune opération ne peut modifier définitivement l'état de l'organisme, ce sont les injections de sérum, les toniques, les méthodes d'alimentation ou de suralimentation, parfois quelque ponction ou quelque intervention palliative qui seront nos seules ressources. FRANÇOIS MOUTIER.
CACHOU. — Extrait préparé avec le bois de Y Acacia Catechu (Légumineuses, Mimosées), le cachou se présente en masses compactes, brunes, à cassure brillante. Le cachou n'a presque pas d'odeur, sa saveur est d'abord astringente, puis sucrée.
C'est un astringent préconisé contre la diarrhée, la blennorragie (à l'intérieur et en injections), la stomatite, et comme désodorisant (pastilles, grains argentés pour fumeurs).
La poudre de cachou se prescrit aux enfants à la close de 10 centigr. par année d'âge; à l'adulte on donne de 1 à 4 gr. de poudre ou 20 à 50 gr. de teinture.
Potion (Diarrhée infantile).
âa 5 grammes.
Teinture de cachou.
Teinture de Colombo
Sous-nitrate de bismuth
Benzonaphtol pulvérisé
Julep gommeux . .
ââ 10
Cachets contre la diarrhée.
Poudre de cachou . . 40 centigr
— de cannelle.
— de muscade Pour un cachet, 5 à 10 par jour.
Bols (Blennorragie).
Poudre de cachou ... 6 grammes.
Térébenthine de Chio. . 4 — Diviser en 10 bols à prendre dans la journée.
1 gramme.
5 à 6 cuillerées par jour, avant les tétées
Gargarisme (Salivation mercurielle, stomatite aphteuse).
Teinture de cachou 10 grammes.
Miel clarifié 20 —
Infusion de sauge Q. S. p. 200 —
CACODYLATES. — V. Arsenic, Fer.
CAPE (HUILE DE). — Huile pyrogénée provenant des vieux troncs du cade (Jurisperus oxycedrus) qui croît dans le midi de la France, en Espagne et dans le Levant. C'est un topique employé dans un certain nombre d'affections cutanées.
Glycérolé cadique faible.
Huile de cade 14 grammes.
Extrait fluide de Panama 5 —
Essence de girofle. . . 1 gramme. Glycérolé d'amidon. . . 86 grammes,
Glycérolé cadique fort.
Huile de cade 40 grammes.
Extrait fluide de Panama 5 —
Essence de girofle. . . 1 gramme. Glycérolé d'amidon . . 50 grammes.
Café, caféine. I 42
Pommade contre le psoriasis (Sabouraud).
Huile de cade 13 grammes.
Huile de bouleau '2
Ichtyol
i âa 1 inanimé.
Resorcine )
;;i,,°1line { ra 15 grammes.
Vaseline )
E. I-EINDEL.
CAFÉ, CAFÉINE. Sous le nom générique de Caféiques, on désigne une série de produits d'origine végétale dont la caractéristique est de contenir, soit de la caféine ou de la théobromine (v. c. m.), soit à la fois ces doux alcaloïdes qui font partie du groupe de la purine. Les principaux caféiques sont le café, le thé, le maté, le guarana, la noix de cola et le cacao.
Le Café est la graine du Goffea arabica, arbrisseau de la famille des Rubiacées. Non torréfié (café vert), il renferme 1 à 1,25 pour 100 de caféine, et une certaine proportion d'acide café-tannique ; la torréfaction transforme ce dernier en une huile aromatique, le caféone.
En infusion chaude, le café favorise la digestion, accélère le pouls, augmente la diurèse, stimule l'idéation et les fonctions motrices, mais détermine l'insomnie, à moins d'accoutumance. Le café est donc surtout un excitant nervin; dénué de valeur alimentaire, il décide l'organisme à utiliser ses réserves.
On s'en servira dans les asthénies de toute nature, digestives, cardiaques, psychiques. A haute dose, il constitue un bon antidote de l'opium, par son tanin qui neutralise les alcaloïdes, et par la caféine qui combat la torpeur.
Le café est contre-indiqué chez les jeunes enfants, chez les nerveux, chez les porteurs de lésions valvulaires.
Les hautes doses de café peuvent provoquer le caféisme aigu, et l'abus prolongé de cette infusion le caféisme chronique.
Le Thé est fourni par le T/iea chinensis (Ternstrémiacées). Les feuilles de cet arbrisseau, rapidement desséchées (thé vert), ou grillées après fermentation (thé noir), contiennent une huile parfumée, 2 à 2,50 pour 100 de caféine, de la théopylline (alcaloïde isomère de la théobromine), etc.
Le Maté, ou thé de Paraguay, provient de Yllex paraguaiensis (Ilicinées). Les feuilles et les sommités de cet arbuste, torréfiées et grossièrement pulvérisées, contiennent une essence et environ 1 pour 100 de caféine.
Guarana. — C'est une pâte desséchée préparée avec les graines de Paullinia sorbilis (Sapindacées), liane grimpante du bassin de l'Amazone.
Les Noix de Cola sont les graines du Sterculia acuminata (Sterculiacées) grand arbre de la côte occidentale d'Afrique.
Les noix de cola fraîches sont de la grosseur d'un marron et leur couleur varie du jaune clair au rouge: desséchées elles contiennent environ 2,55 pour 100 de caféine et un peu de théobromine. La cola jouit d'une faveur d'ailleurs justifiée: les préparations les plus employées sont la poudre, les extraits et le vin de cola.
Café, caféine.
0 gr. 50
0 gr. 05 i chaque
âa 5 grammes.
Cachets.
Poudre de cola
Poudre de noix vomique . .
Pour un cachet. Un cachet repas.
Pilules.
Poudre de noix de ^
cola
Extrait alcoolique de noix de cola. . . . )
Diviser en 50 pilules; 6 à 12 par jour
Vin de cola (Codex).
Noix de cola en poudre demi-fine tamis n° k26
Vin de Malaga. .
Faites macérer dix jours en vase clos. Passez avec expression, filtrez.
60 grammes.
Saccharure granulé de cola
(granulés de cola) (Codex).
Extrait de cola .... 120 grammes.
Sucre glacé 760 —,
Sirop simple 190 —
Elixir de cola (Codex).
Extrait fluide de cola . 50 grammes.
Alcool à 60° 100
Sirop simple 100 —
Vin de Lunel 750 —
Mêlez et filtrez. .
Sirop (Enfants).
Extrait fluide de
cola 5 grammes.
Sirop d'écorces J
d'oranges amères. > àa 50 — Sirop amygdalin . . ) Par cuillerées à café (correspondant chacune à XV gouttes d'extrait).
Cacao. — La graine de cacaoyer (Theobroma cacao, Malvacées), renferme une matière grasse, une petite quantité de caféine, et 1 à 3 pour 100 de théobromine (y. c. m.).
Caféine. — La caféine, le principe actif du café et du thé, est produite industriellement en partant de l'acide urique du guano. La caféine est également connue sous les noms suivants : triméthylxanthine, méthylthéobromine, théine, guaranine, trimé Ihyl-dioxy-purine.
La caféine officinale forme des cristaux effilés, d'un éclat soyeux, solubles dans 75 parties d'eau à 10° et dans 15 parties d'eau bouillante. Elle n'est pas davantage soluble dans l'alcool, mais elle se dissout facilement dans les liquides alcalins et acides, et abondamment dans les solutions aqueuses de bcnzoates ou de salicylates alcalins.
L'action pharmacodynamique de la caféine est neuromyocardiaque et diurétique. L'action neuro-myocardiaque est rapide et puissante, l'action diurétique régulière. Ces deux actions commandent les indications de la caféine.
Son indication dominante sera l'asthénie neuro-myo-cardiaque, quelle qu'en soit la cause : asthénie infectieuse ou post-infectieuse (grippe, fièvre typhoïde, érysipèle, maladies éruptives, etc.), asthénie neuropathique, neurasthénique, asthénie consécutive au surmenage; utile en cas de défaillance organique, la caféine se trouve également indiquée lorsque le muscle cardiaque est tombé au-dessous de sa tâche (asystolie, myocardite).
Diurétique régulier et progressif, la caféine a été longtemps employée chez les malades atteints d'hydropisie cardiaque; mais dans ces cas elle a été supplantée par son homologue la théobromine, beaucoup plus efficace.
L'excitalion neuro-cardiaque, les palpitations, l'éréthisme nerveux, constituent. comme il a élé dit plus haut à propos du café, des contre-indications à son usage. (V. Poisons médicamenteux.)
La caféine s'emploie aux doses moyennes de 10 centigr. par année d'âge chez les enfanls; chez les adultes, par prises fractionnées, on va jusqu'à 2 gr. par jour.
Cal.
ââ 0 gr. 10
0 gr. 20 0 gr. 50 0 gr. 40
Associée à des substances analgésiques et antipyrétiques, elle constitue la base <lo beaucoup de cachets antinévralgiques, antimigraineux.
Dans les grippes algiques, Martinet recommande les cachets suivants :
Caféine
Exalgine
Phénacétine
Bichlorhydrate de quinine
Antipyrine
Pour un cachet. 1 ou 2 dans les 24 heures.
Lorsqu'on veut prescrire la caféine en potion, il faut se rappeler que, très peu solublc dans l'eau, elle le devient suffisamment pour les besoins de la pratique par addition de benzoate ou de salicylate de soude.
Potion (pour enfants).
Caféine
Benzoate de soude
Vanilline
Rhum
Sirop de toi u
Eau
1 gr. 50
0 gr. 05 20 grammes.
0 gr. 15 de caféine par cuiller à soupe. Une à deux par jour suivant l'âge.
Potion (pour adultes).
Sulfate de strychnine 2 centigr.
Caféine )
Benzoate de soude. . > ââ 2 grammes.
Iodure de potassium )
Sirop de polygala 60 —
Eau distillée Q. S. p. 150 c. c.
Deux milligrammes de strychnine, 0 gr. 20 de caféine, de benzoate de soude et d'iodure de potassium par cuiller à soupe, 2 à 3 cuillers à soupe dans les 24 heures (bronchitiques, emphysémateux présentant des phénomènes de défaillance cardiaque).
Les solutés de caféine du Codex suffisent aux indications dans l'administration de la caféine par voie hypodermique.
Soluté n° 1 (Codex).
Caféine 2 gr. 50
Benzoate de sodium 3 gr. 50
Eau distillée bouillie et refroidie, Q. S.
pour obtenir 10 centimètres cubes
de soluté.
Un centimètre cube de ce soluté renferme 25 centigr. de caféine.
Soluté n° 2 (Codex).
Caféine 4 grammes.
Salicylate de sodium .5 — Eau distillée bouillie et refroidie, Q. S. pour obtenir 10 centimètres cubes de soluté.
Un centimètre cube de ce soluté renferme 40 centigr. de caféine.
E. FEINDEL.