FRANÇOIS MOUTIER
CARBONE (INTOXICATION PAR LE SULFURE DE). — Les intoxications aiguës
sont exceptionnelles. On a constaté une vive brûlure succédant à l'ingestion, puis surviennent des nausées, des vomissements d'odeur sui generis et des selles noirâtres; l'urine est rare, sanguinolente. Une période d'excitation avec volubilité très remarquable est suivie enfin de somnolence avec sueurs et collapsus. L'haleine exhale une odeur alliacée, spécifique. S'il y a survie, la guérison se fait attendre au milieu de symptômes relevant de gastroentérite et de néphrite.
Les intoxications chroniques sont professionnelles et se voient surtout chez les ouvriers du caoutchouc. Une céphalalgie à prédominance frontale en marque le début avec quelques nausées et de la faiblesse musculaire. Il y a dès ce moment quelques troubles digestifs, et un liséré gingival noirâtre; puis peuvent se rencontrer une toux opiniâtre, des épistaxis, de la dermite des extrémités, des troubles génito-urinaires qui semblent surtout relever de l'hystérie ou de la neurasthénie si fréquemment surajoutées. En tout cas, dépendent réellement de l'intoxication spécifique des polynévrites en général fugaces et sans grande atrophie, des crampes, une amblyopie névri tique, et peut-être un tremblement vibratoire très rapide. On peut rencontrer enfin toute une série de troubles mentaux depuis la simple ivresse sulfo-carbonée et l'excitation maniaque, jusqu'à la mélancolie et la démence irrémédiable.
Traitement. — On doit avoir principalement en vue les mesures d'hygiène et de prophylaxie. La plupart des accidents rétrocèdent rapidement par la suppression du toxique, le repos, le grand air de la campagne e t le lai t . . FRA NÇOIS MO U TIER.
CARBONIQUE (ACIDE). — Gaz incolore, de saveur piquante et aigrelette, soluble dans son volume d'eau.
L'acide carbonique est doué d'un certain pouvoir anesthésique local; de là l'emploi de ce gaz pour combattre les vomissements (boissons gazeuses, eau de Seltz, Champagne frappé, potion de Rivière).
Celte dernière, potion gazeuse du Codex, est une préparation qui permet de réaliser au niveau même de l'estomac la production du gaz carbonique. Elle se compose d'une potion alcaline et d'une potion acide.
X" 1. Potion alcaline.
N° 2. Potion acide.
Acide citrique 4 grammes.
Eau distillée 100
Sirop d'acide citrique. 30
Prendre successivement une cuillerée de chacune des 2 potions, en commençant par le n° 1.
Bicarbonate de soude. 3 gr. 50
Eau distillée 100 grammes.
Sirop simple 30 —
Cardio vasculaire (Médication). 1 58
Non seulemenl L'acide carbonique calme les douleurs gastriques el arrête les vomissements, mais encore il augmente la sécrétion salivaire, la sécrétion gastrique cl le péristaltisme intestinal. De là L'emploi de plus en plus fréquenl des eaux gazeuses naturelles el artificielles pour stimuler les l'onctions digestives (V. Lux minérales). Le bicarbonate de soude» lui-même, introduit dans l'estomac, esl redevable d'une partie de sou action à l'acide carbonique dégagé par sa décomposition.
En inhalations, l'acide carbonique est un sédatif très efficace (coqueluche toux des tuberculeux).
L'action analgésique <lc l'acide carbonique est aussi susceptible de généralisation et justifie son emploi dans certaines maladies, telles que le tabès où l'élément douleur est de première importance (V. Bains).
Enfin le gaz acide carbonique est susceptible d'être liquéfié et converti en neige parla détente du liquide. Cette neige carbonique trouve son emploi dans les médications où le froid est utilisé (cryothérapie), pour combattre l'hyperthermie ou une inflammation locale.
La neige carbonique est aussi employée pour le traitement de certaines affections du tégument, telles que les nœvi. E. FEIJSDEL.
CARBONIQUE (ASPHYXIE PAR L'ACIDE). — Il s'agit non d'une intoxication, mais d'une asphyxie, puisque dans toute atmosphère l'augmentation de l'acide carbonique est en général parallèle à la diminution de l'oxygène. Les accidents surviennent dans les lieux confinés ou mal ventilés, dans certaines régions volcaniques (grotte du chien), etc.
Symptômes. — Ce sont ceux de l'asphyxie : angoisse et céphalalgie, verliges, dyspnée violente, palpitations, cyanose. Puis survient une perte de connaissance souvent suivie de convulsions avant la mort.
Traitement. — Le même que pour l'intoxication oxy-carbonée, mais il est beaucoup plus efficace. FRANÇOIS MOUTIER.
CARDIAQUE (EXAMEN D'UN). —V. Cœur.
CARDIAQUE (SYMPHYSE). — Y. Péricardites.
CARDIOSPASME. — V. Œsophage (Dilatation).
CARDIO-VASCULAIRE (MÉDICATION). -- La médication cardio-vasculaire esl tantôt excitante, tantôt calmante et sédative. Les agents modificateurs des maladies visées sont /)/tysi</}(es ou médicamenteux. On se reportera pour plus de détails aux différentes affections étudiées, aux médicaments et à certains litres, tels que Syncope ou Diurétique Médication).
I. - DIÉTÉTIQUE ET AGENTS PHYSIQUES. — Le repos physique et moral, la sobriété sont de première nécessité chez le cardiaque. Sans entrer dans le détail des régimes (v. c. m.) imposés, signalons combien doivent être évités les excès de table, l'ingestion d'alcool, l'usage du tabac. Le malade doit prévenir les digestions laborieuses el fuir toute alimentation provoquant la surcharge vasculaire, prédisposant à la stase veineuse, conduisant à l'obésité. Les liquides seront restreints d'une façon 1res générale, ainsi que le
1 59 Cardio-vasculaire (Médication).
pain, les farineux, Les graisses el les sucres. Une alimentation particulière sera fréquemmenl indiquée, régime lacté exclusif ou mitigé, régime déchloruré (œdèmes), régime décalcifiant (athérome). Ces repas seront fréquents, mais peu abondants. On veillera tout particulièrement au jeu normal des fonctions intestinales; la constipation sera soigneusement évitée.
Nous avons dit que l'on devait recommander au cardiaque un repos physique et moral. Au point de vue physique, repos ne saurai! dire inaclion cependant, et le malade, à moins d'être un asystolique confirmé, un angineux vrai, peut et doit prendre un certain degré d'exercice. Cet exercice sera modéré, le malade étant généralement prévenu contre les dangers des basses températures, du vent, des altitudes élevées (au-dessus de 5 à 000 m.). Chez les cardiaques à lésion bien compensée pourra être prescrite la cure de terrain (marche ascensionnelle de faible dénivellation avec haltes fréquentes). Associée à la réduction des liquides, à l'interdiction des graisses et des hydrates de carbone, à l'augmentation de la ration albuminoïde, cette cure de terrain fait la base de la méthode d'OErtel et s'applique aux cas de faiblesse du cœur avec pléthore vasculaire, stase circulatoire et infiltration œdémateuse généralisée (M. Labbé).En réalité, celle méthode, trop brutale pour les cardiaques proprement dils, semble devoir être réservée pour le traitement des troubles cardiaques chez les obèses.
En effet, et ceci sera dil une fois pour toules, l'usage des agents physiques doit être limité chez les cardiaques, à peu près exclusivement aux malades à lésions bien compensées et aux névropathes à troubles purement fonctionnels; il demeure tout particulièrement dangereux chez les aortiques. La gymnastique suédoise facilite en certains cas le jeu de la circulation périphérique. Un massage prudent peut être utile dans l'hyposyslolie, les névroses cardiaques, chez les cardiaques obèses. On massera les membres pour réduire la slase périphérique, l'abdomen pour dégager le territoire porte, et même la région cardiaque (effleurage et tapotement rylhmés) : cette dernière manœuvre est surtout recommandable dans les névroses cardiaques.
Préciser les cas où Y hydrothérapie sera franchement utile est délicat. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail d'argumentations encore sans conclusions : notons seulement que les grands bains chauds (baignoire ou piscine) conviennent aux troubles cardiaques purement nerveux. Les indications des douches sont restreintes : l'eau provoque en général une pléthore viscérale fort nuisible au jeu d'un cœur affaibli. Cependant, en ayant soin, pour remédier à cette congestion, de commencer par les membres inférieurs, on pourra donner des douches tièdes progressives chez les hypertendus. Certains auteurs ont préconisé les douches locales chez les obèses avec congestion hépatique.
Les applications locales, chaudes ou froides, sont en revanche fréquemment utiles, soit dans l'angine de poitrine (révulsion par In chaleur), soit dans les aorliles et les péricardites aiguës (sac de glace).
Les bains carbo-gazeux, artificiels ou naturels [Royal, Néris, Plombières, Bourbon-Lancy, Bagnols (Lozère.)], ont une action très spéciale, stimulante.
Cardio vasculaire (Médication). 1<>()
Ils seronl indiqués surloul chez les hyposystoliques et les hypotendus, plus parement chez les hypertendus, mais devronl rire interdits aux asystoliques confirmés el aux plél horiques.
\J électricité prétend modifier les symptômes d'hyper ou d'hypotension : son efficacité, c'est-à-dire surtoul la persistance de l'hypotension provoquée. esl du reste loin d'être démontrée aux yeux de tous. Les courants de haute fréquence seraient indiqués chez les hypertendus, le bain statique ou bien les applications locales de haute fréquence chez les hypotendus.
II. — AGENTS médicamenteux. — Les cardiaques soumis au repos et à un pégime approprié bénéficienl en général, dans une très large mesure, de la thérapeutique en usage. Les médicaments employés sont à vrai dire 1res actifs, toxiques même, et leur action doit être surveillée de près, si l'on ne veut s'exposer à de très graves mécomptes. Ces médicaments peuvent être divisés en toniques, stimulants, modérateurs du cœur, en diurétiques, en hypotenseurs.
Toniques du cœur. — De façon générale, les médicaments rangés sous ce titre régularisent le cœur, ralentissent le pouls, élèvent la tension, activent la diurèse. Les uns s'accumulent, comme la digitale; les autres, comme le strophantus, le muguet, le laurier-rose, l'adonis, s'éliminent au contraire rapidement. L'action diurétique est inégale selon la substance considérée : forte pour la digitale, notable pour l'adonis et le laurier-rose, modérée pour le strophantus, nulle pour le muguet, la spartéine, ainsi que pour l'aubépine et le cactus grandiflora, médicaments très accessoires. De toutes ces drogues, de beaucoup la plus importante est la digitale.
Digitale. — La digitale n'est pas à proprement parler un spécifique de l'asyslolic. « Elle est seulement la médication symptomatique des troubles de l'adaptation, au cours des lésions organiques du cœur quelles qu'elles soient et à n'importe quel moment de leur évolution » (Vaquez). Elle sera donc particulièrement indiquée dans la maladie mitrale à la période d'hyposystolie accompagnée de rétention chlorurée, signe toujours présent de l'insuffisance cardiaque (Vaquez et Digne). Elle est également utile à la période terminale, arythmique, du rétrécissement mitral. On peut également l'administrer chez les hypertendus, chez les brightiques, notamment lorsqu'il y a diminution des urines et dilatation cardiaque. L'existence d'une myocardite, primitive ou secondaire, en commande l'emploi : la digitale remédie ainsi au collapsus cardiaque des maladies aiguës, pneumonie el même fièvre typhoïde (Vaquez), des affections pleuro-pulmonaires (pieu résie, granulie), congestions, des bronchites chroniques, de l'emphysème.
La digitale est contre-indiquée dans toute affection cardiaque bien compensée,— dans les maladies de l'aorte (athérome, anévrisme, angine de poitrine) et des vaisseaux (arlério-sclérose), à moins qu'il n'y ait défaillance du myocarde, — chez les hypertendus, les brightiques avec polyurie, dans le rétrécissement mitral, avec les mêmes réserves que pour les maladies des vaisseaux. Son emploi devra être particulièrement surveillé chez le vieillard: il sera formellement proscrit dans l'asystolie à la dernière période, dans la bradycardie et dans les arythmies à rythme couplé.
161 Cardio-vasculaire (Médication).
Pour obtenir de la digitale son maximum de rendement thérapeutique, il convient de maintenir le malade au lit, de le soumettre au régime lacté, de désencombrer, s'il y a lieu, la circulation périphérique (œdèmes, ascite) par des purgatifs et des saignées. « Faut-il donner une forte dose d'emblée ou des doses faibles répétées? D'une façon générale, en présence d'un sujet franchement asyslolique, avec un gros foie, mais sans ictère, sans encombrement bronchique, il vaut mieux donner une forte dose d'emblée et attendre. On ne doit pas oublier que l'effet n'est pas immédiat et que la diurèse exige au moins 48 heures pour s'établir. Au contraire, lorsqu'il y a de l'ictère, une stase pulmonaire importante, des troubles digestifs, il semble préférable de donner des petites doses pendant 4 ou 5 jours » (Vaquez). Rappelons que les signes d'intolérance consistent en troubles intestinaux, excitation cérébrale, tachycardie, puis bradycardie exagérée (40 pulsations et moins par minute), algidilé, lipothymies. On saura également que si l'absorption de la digitale est rapide, son élimination est lente : les doses répétées s'accumulent, d'où la nécessité d'espacer les prises médicamenteuses.
On emploie surtout la digitaline cristallisée, principalement sous forme de soluté alcoolique au millième (Codex 1908). Il y a trois manières de prescrire ce médicament, pour trois indications spéciales (Huchard) : 1° dose massive, anti-asystolique et diurétique. On donne en 24 heures L (cinquante) gouttes de la solution au millième, c'est-à-dire 1 milligr. de digitaline cristallisée ; on peut également répartir celte môme dose sur trois jours, en ordonnant XXV gouttes le premier jour, XV le second, X le troisième (Brissaud). La diurèse s'établit au bout de 50 ou 48 heures, et, si l'on juge l'effet incomplet, on administre XXX à XL gouttes du soluté de digitaline huit à dix jours après la première prise. — 2° Dose sédative, « combat les palpitations, l'éréthisme cardiaque et la dyspnée du rétrécissement mitral, même à sa période de parfaite compensation. On donne V à X gouttes de la solution au millième pendant cinq jours de suite, ou encore un granule d'un quart de milligr. pendant trois ou quatre jours et on recommence toutes les trois ou quatre semaines. » — 5° Dose très faible ou d'entretien cardiotonique, « celle qui n'exerce qu'une action cardiaque et non diurétique, que l'on peut continuer pendant des semaines et des mois, en cessant tous les quinze ou vingt jours pendant une ou deux semaines ». La dose quotidienne est alors de III à IV gouttes de la solution au millième, ou d'un granule de un dixième de milligr. La digitaline ne sera point prescrite au-dessous de l'âge de lc2 ans; son emploi chez la femme et surtout chez le vieillard et l'alcoolique sera surveillé de très près. La digitaline paraît être moins diurétique que les autres préparations de digitale.
On a vanté récemment la digitaline de Cloëtta ou digitalène, qui ne s'accumulerait pas dans l'organisme (solution titrée à trois dixièmes de milligr. de substance active par c. c; 1 c. c. équivaut à 0 gr. 15 de poudre de feuilles de digitale).
La poudre de feuilles de digitale est une excellente préparation. Elle se prend surtout en macération :
N" p. m. c. - II. il
Cardio-vasculaire (Médication). 162
pondit' <!•• feuilles de digitale fraîchement préparée, o gr.20 à 0 gr.80
Eau froide, pour faire macérer \i heures 300 grammes.
Édulcorer .in*'"' un sirop quelconque.
\ prendre en I prises réparties dans les 24 heures. — 0 gr. 40 de poudre (dose habituelle) correspond ;'i 1 milligr. de digitaline.
ou en infusion (formule analogue). Ou administre le médicamenl pendant plusieurs jours de suite, à doses décroissantes (0 gr. 40, 0 gr. 30, 0 gr. c20), ou bien l'on donne d'emblée une dose forte, pour reprendre le traitcmenl 8 à 10 jours plus lard, comme pour la digitaline. On ne donnera jamais la poudre de feuilles de digitale (du moinsà ces doses) en pilules ou en cachets, sous peine de s'exposer à voir les malades présenter de petits signes d'intolérance, des vomissements en général.
Autres préparations de digitale :
extrait fluide. — XX à L gouttes pendant 5 joins.
Teinture au 1/10° (Codex 190X). — Là CC gouttes et pins. Préparation recommandable clic/, l'enfant (IV gouttes par année), et chez l'adulte dans les maladies infectieuses. sirop. — 10 à M) gr., pour l'enfant C2 gr. par année). On peut formuler, pour un enfant 10 ans :
Poudre de digitale 0 gr. v20
Infusion eau bouillante 100 grammes.
Ajouter sirop de digitale l20 —
prendre en 24 heures (Comby).
Associations de digitale. — La digitale doit être administrée seule. On prescrit de moins en moins le vin de Trousseau ou de V Hôtel-Dieu (1 à 3 cuillerées à soupe par jour), où s'associent digitale, scille, genièvre, acétate de potasse. Les associations avec les bromures (névroses cardiaques), le calomel (congestion hépatique), la scammonée (pléthore abdominale), l'ergotine (hémoptysies), peuvent être utilisées cependant.
1° Poudre de scille )
Poudre de scammonée \ âa 0 gr. 05
Poudre de digitale '
Excipient O. S.
Pour une pilule : 3 à 7 par jour (Lancereaux). Médication à faire suivre dans les intervalles du traitement intense (digitale, strophantus) de Pasystolie.
2° Poudre de digitale \
Poudre de scille ;i,i 0 gr. OS
Calomel '
Excipient o. S.
Pour une pilule , 3 par jour. Songer à prévenir la stomatite mercurielle.
Y. aussi L'article Digitale.
Strophantus. — C'est le médicament cardio-tonique le plus proche de la digitale, dont il ne présente pas les effets cumulatifs. C'est un agoni thérapeutique surtout cardiaque et 1res peu cardio-vasculaire : il abaisse cepen dant la pression dans le poumon. 11 es! diurétique, mais plus faiblement que la digitale. 11 est plus toxique el moins maniable que la digitale.
Le strophantus esl de la plus grande utilité chez les cardiaques. On le prescrira en cas d'échec de la digitale, ou bien comme médicamenl d'entrelien entre les prises de digitale. Il esl recommandé chez tous les asystoliques, les myocardiques notamment. Il convient aux mitraux avec congestion pulmonaire ou poussée d'œdème du poumon plutôt qu'aux malades à grands œdèmes périphériques. On peut même le prescrire chez les cardioaortiques hypertendus. — Le strophantus, irritant le rein, est formellement contre-indiqué chez les brightiques; il faut également s'abstenir dans l'aorlite el les crises anguleuses. Des symptômes d'intoxication peuvent survenir
1 6 7) Cardio-vasculaire (Médication) .
lee, ae
chez les prédisposés pour les plus faibles doses : ce sont de la céphal< la douleur et de la gène précordiales, puis des vertiges et de la diarrhée. On a rapporté plusieurs cas de mort subite, mais il semble que l'on doive incriminer l'emploi de doses trop élevées ou l'existence de lésions rénales avancées.
Posologie. — On commence par des doses modérées, progressivement accrues.
a) Teinture au dixième. — III à X gouttes par dose, jusqu'à XXX par 24 heures.
h Extrait de strophantus. — Granules dosés à 1 milligr. Commencer par un granule le premier jour, puis 2 le second jour, etc., jusqu'à concurrence de 4 à 6 par jour. Cette médication peut être poursuivie pendant une dizaine de jour sans inconvénient.
< Strophantine cristallisée ingérée per os. — Granules titrés au dixième de milligr.. I à 3 par jour, pendant 10 à 15 jours.
il ) strophantine cristallisée en injections intra-veineuses (Frankel, 1906). — C'est la médication héroïque dos asystolies désespérées. On injecte 1 demi-milligr. à 1 milligr. en une seule fois, dans une veine du pli du coude. L'injection n'est douloureuse que si une goutte du soluté pénètre dans le tissu cellulaire sous-cutané. On peut pratiquer une nouvelle injection de 1 milligr. plusieurs jours de suite, mais à condition de mettre toujours au moins 24 heures entre deux injections consécutives. L'effet thérapeutique es! exlraordinairement rapide, et ne peut être comparé à celui d'aucun autre cardiotonique. Le jour même, ou le lendemain de l'injection, le cœur et le pouls sont ralentis et régularisés, la tension artérielle s'élève, une diurèse considérable et prolongée s'établit, avec décharge chlorurée énorme; les œdèmes disparaissent et le poids diminue rapidement (Vaquez). Les cas les plus favorables sont les myocardites sans lésions oriflcielles. On a pu déplorer plusieurs cas de mort subite, mais les doses étaient trop fortes (plus de 1 milligr.), le malade était encore sous l'influence de la digitale (ne pas injecter de strophantine moins de 5 jours après la dernière prise de digitale), les reins étaient extrêmement atteints (l'albuminurie du rein cardiaque n'est pas une contre-indication, l'albuminurie du brightique en est une).
Y. aussi l'article Strofiiantis.
Caféine. — Il esl difficile de préeiser les eireonstances où se doit prescrire la caféine. Ce médicament a élé employé un peu au hasard par beaucoup, el ses indications positives, quand on les serre de près, sont singulièrement restreintes. La caféine provoque les mêmes effets que la digitale, mais d'une façon plus rapide, plus brutale, moins intense et moins prolongée aussi. Elle donne un coup de fouet au cœur, sans le soutenir de manière durable. Elle est indiquée dans les défaillances du cœur sans stase (Vaquez), dans l'asystolie avec hypotension lorsque la digitale a échoué, ou dans les intervalles du traitement digilalique, pour prolonger l'action tonique el diurétique de celle-ci. On ne devra jamais prescrire en tout cas la digitale el la caféine simultanément. La caféine est supérieure à la digitale dans la myocardite des maladies infectieuses accompagnées d'embryocardie. Les contreindications de la caféine sont l'hypertension, Férélhisme cardiaque et les palpitations, les maladies rénales. Son emploi doit être tout particulièrement surveillé chez les nerveux, les fébricilants, les gens âgés : facilement apparaissent chez eux les palpitations,'le tremblement, l'insomnie, le délire traduisant l'intoxication eâféiniqûe. Ajoutons que l'on doit à l'heure actuelle préférer à la caféine comme tonique simple l'huile camphrée, notamment dans les maladies fébriles, el, comme diurétique simple, la Ihéobromine (v. c. m.).
Posologie :
Caféine 2 gr. 50
Benzoate de soude ."> grammes.
Eau distillée o. S. p. 10 c. c (Codex).
Stériliser pour injections hypodermiques : <• gr. 2.*> par c. c.; ~> à'6 c. c. par jour. Ne
Cardio-vasculaire (Médication). 1 64
jamais dépasser 2 gr. par 24 heures -mis peine de tétaniser le muscle cardiaque (Hughard). Ces injections sont légèrement douloureuses.
1° Caféine 4 grammes.
Salicylate de soude 3 —
Eau distillée Q. S. p. 10 c. c. (Codex).
Stériliser (0 gr. 40 par c. c). Une excellente pratique, conseillée par Pouchet, e>t de diluer la caféine dans une certaine quantité, 20 à 100 c. c. par exemple, de sérum artificiel. On peut aussi faire prendre à certains malades 1 ou 2 gr. de bromure pour éviter l'excitation nocturne.
20 Caféine j , me>
Benzoate de soude )
Eau distillée Q. S. p. 10 c. c.
0 gr. 10 par c. c. — 1 c. c. par année d'âge, chez l'enfant.