PIERRE WIART
CARPE LUXATIONS DES OS . — La rareté de ces luxations, celle- du semilunaire mises à part, leur enlève tout intérêt pratique; aussi n'insisteronsdous p;i- sur elles. Les os du carpe peuvent se luxer isolément; mais. d'autre part, les os de la deuxième rangée peuvent se luxer en bloc s
\ de la première luxations médio-carpiennes . Ces luxations succèdent à des violences considérables et s'accompagnent de plaies dan- bon nombre s On a observé des lions ù s du scaphoïde en avant et en arrière, du
li-lunaire en avant et en arrière, du grand os <'ii arrière. Une saillie osseuse anormale sur l'une des - gnet indique le déplacement;
aujourd'hui la radiographie donne des notions précises sur la lésion. Elle a même permis de reconnaître la fréquence assez grande de la luxation du semi-lunaire m avant : cette lésion a a. -qui- de ce chef une importance suffisante pour mériter d'être l'objet d'un article spécial [V. Semi-lunaire Luxation
Si la réduction n'esl pas possible par la pression, seule ou combinée a des tractions -m- les doigts, l'extirpation de l'os luxé aous-parail indiquée. Quant aux Ittxai s s, exceptionnelles elles aussi, on <'ii a
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vu en arrière el en avant. Dans le premier cas on constatai I sur la face dorsale, un peu au-dessous des apophyses styloïdes, une saillie osseuse transversale, haute de plus de 1 centimètre; en avant était une saillie plus marquée avec une dépression au-devant el au-dessous d'elle. Les doigts élaient en flexion. Dans la luxation en avant, la déformation est analogue à celle de la luxation dos quatre derniers métacarpiens, dont il est difficile de la différencier.
On la réduit facilement par la flexion forcée du poignet. a. LABEY.
CARPHOLOGIE. — Cette expression vient de xàp<poç, flocon, et Xéya>, je ramasse. On l'applique aux gestes de ces malades dont les mains mi-fermées tiraiïlen perpétuellement les draps, cherchent en l'air quelque objet illusoire, ou sur la laine des couvertures découvrent et épluchent méliculeusement d'invisibles insectes. On donne plus spécialement le nom de crocidisme à ce dernier ensemble symptomatique.
Les gestes sont inconscients, automatiques, stéréotypés; une forte excitation peut les suspendre cependant. On les rencontre au cours des toxiinfec lions graves chez des malades qui marmottent généralement sans cesse entre leurs dents; il n'est personne qui ne les ait maintes fois observés chez quelque typhique profondément atteint. C'est dire que la carphologie a une certaine valeur pronostique, surtout lorsqu'elle s'observe avec du délire prononcé, des soubresauts tendineux, de l'albuminurie, une langue pro fond é m en t des s é c h é e .
Les processus fébriles ne sont pas seuls à déterminer cette stéréotypie. On voit souvent les cérébromalaciques, hémiplégiques ou non, rouler leurs draps sans cesse, et se découvrir complètement sitôt qu'on les couche correctement. Ces gestes automatiques sont du reste habituels dans tous les états de confusion et de déchéance mentales, témoin le barbouillage des galeux, des paralytiques généraux, des idiols. F. MOUTIER.
CARPUS CURVUS- — V. Radius curvus.
CARRAGAHEEN. — Le carragaheen, mousse perlée, mousse d'Irlande (thalie du Fucus ou Chondrus crispus, Algues) est quelquefois employé comme pectoral à cause de son principe mucilagineux; il sert aussi à faire des gelées analeptiques de faible valeur nutritive. Il est utilisé en pharmacie pour préparer l'émulsion d'huile de foie de morue (v. c. m.).
Tisane de Carragaheen (Codex).
('.<•) rragaheen mondé 5 grammes.
Eau. Q. S,
Lave/, le carragaheen à l'eau froide; faites-le bouillir pendant dix minutes dans la quantité d'eau nécessaire pour obtenir environ un litre de tisane. Passez.
CARREAU- — Le carreau est la tuberculose des ganglions mésenlériques : telle est la définition médicale de ce mol, qui n'est, dit Grisolle, « qu'une expression métaphorique employée pour exprimer la dureté, la résistance, le grand nombre des tumeurs mésentériques. 11 ne doit pas s'appliquer à la tuberculose peu étendue des ganglions mésentériques, mais aux cas seule-
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menl où colle altération, étant considérable, devient prédominante sur loutes les autres. »
Le pins souvent, la tuberculose des ganglions mésentériques es! liée à la tuberculose de l'intestin ou du péritoine, et ne possède pas alors de signes <pii lui soient propres. Nous n'avons à envisager que les cas où elle est primitive, ou, du moins, dépend de lésions intestinales minimes. C'est une maladie de l'enfance; elle est rare, et frappe surtout les sujets âgés de cinq à dix ans, d'après Rilliet et Barthez.
On a donné, comme symptômes de cette affection : l'augmentation de volume du ventre (mais Guersant a montré que le ventre n'est ordinairement pas tuméfié dans la tuberculose des ganglions mésentériques, et l'est souvent dans nombre d'autres affections infantiles); — l'existence de tumeurs accessibles à la palpalion (mais Marfan a insisté sur ce fait, que les ganglions ne sont pour ainsi dire jamais accessibles à la palpalion, et que, alors qu'on croit les sentir, il s'agit le plus souvent de scybales ou de gâteaux de péritonite tuberculeuse); — la tuméfaction des veines souscutanées de l'abdomen et des ganglions inguinaux (mais ce sont là des symptômes communs à trop de maladies pour que, considérés isolément, ils aient quelque valeur); — la tuméfaction des ganglions sous-cutanés de l'abdomen (mais, suivant la remarque de Marfan, l'existence de ganglions lymphatiques sous la peau de l'abdomen est encore à démontrer). Restent les signes fonctionnels et généraux : l'augmentation de l'appétit, les alternatives de constipation et de diarrhée, la sécheresse de la peau, la fièvre hectique : si de tels symptômes peuvent faire soupçonner la tuberculose, on admettra aisément qu'ils ne permettent guère d'en reconnaître la localisation mésentérique. De telle sorte que, d'une part, la tuberculose primitive des ganglions mésentériques est une maladie rare, et que, d'autre part, le diagnostic en est si difficile qu'on peut le considérer comme ordinairement impossible. Si par hasard on a quelque raison de soupçonner celte affection, on lui appliquera le traitement ordinaire des adénites tuberculeuses : sirop iodo-tannique, huile de foie de morue, préparations arsenicales, séjour au bord de la mer ou à la campagne, bonne alimentation.
Tel esl le carreau, au sens médical du mot : mais il faut savoir que ce terme est surtout une expression populaire, servant à désigner indistinctement tons les gros ventres des enfants, qu'il s'agisse de rachitisme, de gastro-entérite chronique, de péritonite tuberculeuse; et, ainsi compris, le carreau devient aussi fréquent que la tuberculose primitive des ganglions mésentériques esl rare (V. Péritonite tuberculeuse de l'enfance).