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BLESSURES

B. — Blessure par coup de feu.

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Table externe. Table interne.

Plaie d'entrée (pariétal gauche).

-:£*H^ït If

Table interne. .Table externe.

Plaie de sortie (pariétal droit).

D. — Suicide d'un gaucher par coup de revolver. — Perforation du crâne de part en part.

Blessures (Médecine légale),

Fig. 13. — Blessure suicide par arme à feu (tatouage de poudre).

les poudres noires, brun ou vert, ou jaune citron avec les poudres .1 ou T.

Ce tatouage n'esl pas constant, même dans les blessures à courte distance. On peut le l'aire disparaître par le lavage au savon et à la brosse. C'est ce qui arrive lorsque le blessé a reçu des soins immédiats d'un chirurgien.

Les cheveux ou les poils brûlés se constatent lorsque le coup de feu a été tiré à bout portant; au delà de 5 centimètres les cheveux sont rarement brûlés. Il faut tenir compte des poudres employées.

Les dimensions de la plaie ne sont pas toujours faciles à déterminer exactement, en particulier si la blessure est ovalaire ou si ses bords sont déchiquetés. Le diamètre des blessures régulièrement rondes est un élément important de l'appréciation de la distance à laquelle le coup a été tiré.

•2° Appréciation de la distance à laquelle le coup a été tiré. — On peut admettre comme règle générale, qui certainement offre de nombreuses exceptions, que les blessures faites à longue distance montrent un orifice d'entrée d'un diamètre inférieur au projectile, que le diamètre de l'orifice d'entrée est sensiblement égal au calibre du projectile lorsque le coup de feu a été tiré à courte distance (moins de 50 centimètres).

Les autres éléments d'appréciation sont tirés des caractères des bords de la blessure, brûlés ou décollés à courte distance, et des phénomènes avoisinants, tatouage de poudre, brûlure des poils et des cheveux, brûlures des vêtements. A partir d'une distance de 50 centimètres, tous ces caractères disparaissent, et il est difficile d'apporter une précision dans l'évaluation de la dislance.

5° Direction de la blessure. - - Deux cas sont à considérer, suivant que l'on pratique l'examen d'un blessé ou d'un cadavre. Sur le blessé, les caractères de la plaie d'entrée, l'état du biseautage, arrondi ou en forme de croissant, du parcheminement de la plaie, de la forme de l'ouverture cutanée (plaie ovalaire par tir oblique ou ronde par tir perpendiculaire); enfin la radiographie de la région qui permet de fixer le siège du projectile, sont des éléments concluants d'appréciation.

Sur le cadavre, l'étude des plaies d'entrée et de sortie du projectile au niveau des surfaces osseuses est intéressante. Ainsi au niveau des os du crâne (v. planche, fig. D) la plaie d'entrée ronde ou ovalaire esl régulière, la table externe de l'os a élé emportée nettement; sur la table interne, au contraire, l'orifice de sortie est anfractueux, plus large et plus irrégulier que l'orifice de la table externe.

Les déformations du projectile indiquent aussi s'il a heurté, eu les con-

Blessures (Médecine légale).

tournant, des surfaces osseuses, les particularités du canon de l'arme avec laquelle il a été tiré (cannelures

î Est-ce une blessure suicide, homicide ou accidentelle/ — Pour résoudre ce problème, toujours très délicat, il faul tenir compte du siège de la plaie, de la direction de la blessure, de la distance à laquelle le coup a été tiré, de l'étal <!<*> vêtements et des lieux où le l'ail s'est passé, de l'attitude du cadavre. L'analyse très minutieuse de ces différents points est du ressort de l'experl spécialiste; nous renverrons pour leur élude au Précis de médecine légale.

CARACTÈRES DES BLESSURES SUIVANT LEUR SIEGE. — a) Blessures de \a tête. — S'agit-il d'une blessure produite par un instrument contondant ou tranchant ?

La peau du cuir chevelu éclate sous l'influence des coups par instruments contondants, comme là peau d'orange, et la blessure est linéaire comme une blessure par instrument tranchant. Le diagnostic se fait sur ces trois caractères : contusions tout autour, irrégularité de la section des différents I issus (instrument contondant), extrémités de la blessure en fine queue de rai (instrument tranchant).

Ces blessures s'accompagnent d'une hémorragie importante et déterminent de la commotion cérébrale avec toutes ses conséquences.

b) Blessures du cou. — Rarement accidentelles, elles sont surtout d'origine suicide ou homicide. Elles constituent alors Yégorgement ou la décollation (fig. I i et 15). L'égorgement est constitué par la blessure portant sur

la région antéro-latérale du cou; la décollation est constituée par la blessure portant particulièrement sur la nuque.

Le diagnostic différentiel de ces blessures au point de vue du suicide et de l'homicide est très délicat. Il faut tenir compte de la situation des blessures au-dessus et au-dessous de l'os hyoïde (blessure suicide), de la direction des plaies ; les égorgements suicides ace. La direction des blesbas et d'arrière en avant.

Elles sont nombreuses, les unes superficielles, les autres profondes. 11 esl nécessaire enfin de rechercher les traces de lutte du côté des vêlements, du côté des mains (plaies de défense): la position du corps par rapport aux lâches de sang qui ont, dans la circonstance, une importance considérable.

1 t. — Ki

une

ont lieu généralement debout, devant sures esl de gauche à droite, de haut

Blessures (IVIédecine légale).

Dans regorgement homicide, la direction des plaies est très variable suivant la situation du meurtrier et Tanne dont il s'est servi (fig. 15).

v) Blessures des mains.

— Dans les luttes qui ont précédé un meurtre ou un assassinat, les victimes se font des blessures aux mains en essayant d'écarter l'arme du meurtrier: c'est ce que nous appelons des plaies de défense (fig. 16).

Ces blessures se voient surtout sur la face dorsale de lavant-bras et du poignet, au niveau de la face palmaire de la main ou des doigts qui ont essayé de saisir un instrument tranchant.

Les blessures des ongles sont intéressantes pour le médecin expert. Il peut établir d'après les lois de croissance établies pour les ongles (lois de Beau) la date approximative à laquelle la blessure a été faite. Beau a établi

Fig. 15.

Décollation

Fig. 10. — Plaies de défense sur la main droite de la victime.

h'- deux points suivants : \° la durée de l'accroissement des ongles est la même pour tous les doigts, la même pour tous les orteils. Tous les ongles croissent environ de c2 millimètres par semaine. Aux orteils la croissance est quatre fois moins rapide, c'est-à-dire que les ongles mettent quatre semaines pour croître de "1 millimètres: 2° la durée d'accroissement des ongles, sauf quelques <-a< particuliers, est sensiblement de même à l'étal de santé et de maladie.

'h Blessures de la poitrine. — Il faut insister sur quelques particularités des blessures 'lu cœur. On voit des traumatismes de la région cardiaque

Bleu de méthylène. 24

déterminer des ruptures vah ulaires, particulièrement des valvules aor tiques. Il faut ausculter soigneusement le blessé dont on doit estimer l'incapacité <le travail, el, par L'étude des antécédents et l'évolution des signes cliniques, établir si l'affection cardiaque esl bien d'origine traumatique.

Les blessures du cœur par instrument piquant ou tranchant ne sont pas toujours immédiatement mortelles. Il peut y avoir une survivance assez prolongée pour que le blessé puisse parler et accomplir certains actes. Les plaies des oreillettes sont les plus graves, celles des ventricules le sont moins rapidement : telle esl la règle généralement admise. Les blessures du ventricule droit permettent une survivance plus longue que celle du ventricule gauche.

Les blessures du cœur ont parfois une forme qu'il faut connaître, forme qui est commune à tous les organes animés physiologiquement de mouvements (diaphragme, foie, etc.); au lieu d'être rectilignes comme les blessures de la peau par instrument tranchant, elles affectent la forme d'un accent circonflexe, d'un L; elles sont triangulaires. Ces modifications de la forme de la blessure ne tiennent pas à ce qu'il y a eu deux coups portés ni à ce fait que le meurtrier a retourné son arme dans la plaie ; elles sont la conséquence des mouvements physiologiques de l'organe qui vient ainsi se déchirer sur l'arme fixée momentanément dans la paroi thoracique (Lacassagne).

e) Blessures de l'abdomen. - - Les contusions de la région abdominale amènent un état de schock, des déchirures d'organes sur lesquels il faut attirer l'attention. Un coup de tête ou un coup de poing dans la région épigastrique détermine une mort brusque; l'action du traumatisme sur le plexus solaire et le sympathique abdominal détermine la mort par schock inhibitoire (Brown-Séquard). Si ce schock ne se produit pas, les contusions organiques existent sans qu'on retrouve sur la paroi abdominale les traces apparentes des coups reçus. Ainsi les coups de pied, de genou, dans le ventre déterminent peu d'ecchymoses de la paroi, et cependant entraînent des ruptures de la rate avec hémorragies consécutives, des ruptures de la vessie distendue, des ruptures intestinales multiples qui, si le chirurgien n'intervient pas immédiatement, sont mortelles. J'ai observé sur le cadavre d'un individu qui l'ut étranglé après avoir reçu dans la région épigastrique un coup de tête, une large ecchymose dans l'épiploon gastro-hépalique, la peau ne portait aucune trace de violence.

Les déchirures du foie, des reins, du diaphragme sont surtout consécutives aux écrasements et aux précipitations (v. c. m.) d'un lieu élevé.

Les instruments tranchants, par suite du plissement de la paroi abdominale, entraînent des blessures profondes et graves, quoique le couteau ou le poinçon qui a servi à les produire soit de petites dimensions. A lautopsie on ne peut établir la longueur du trajet parcouru par une arme dans l'abdomen, sans tenir le plus grand compte des modifications physiologiques de la paroi abdominale sous l'effet des traumalismes (rétraction en accordéon, Lacassagne). ETIENNE MARTIN.

BLEU DE MÉTHYLÈNE. (Chlorhydrate de tétrarnéthylthionine). — Le bleu de méthylène, dont la valeur antiseptique n'a pas été précisée, paraît présenter

25 Borax.

un certain intérêt en tant que médicament. En outre, depuis les travaux d'Achard et Castaigne, il est utilisé pour l'étude de la perméabilité rénale (V. Rein).

La dose utilisée pour cet objet est de 5 centigr., c'est-à-dire 1 c. c. d'une solution à 1/20; l'injection se fait en plein muscle. Chez le sujet normal l'élimination du bleu de méthylène par l'urine commence au bout d'une demi-heure et atteint son maximum vers la 4e heure; quelques heures plus tard, l'intensité de l'élimination décroît, et au bout de 40 ou 50 heures l'urine n'apparaît plus teintée de vert. Les variations dans l'élimination du bleu peuvent porter sur le début de l'élimination, sur son rythme, sur sa durée et sa quantité. Il importe d'être averti que l'élimination peut commencer et se faire en partie sous forme d'un leucodérivé. Pour apprécier exactement la quantité totale de substance éliminée, il convient donc de faire la somme du bleu et de son leucodérivé.

La propriété que possède le bleu de méthylène de colorer l'urine est utilisée quelquefois dans le but d'obtenir, chez des hystériques, un effet curatif par suggestion indirecte et médicamenteuse.

Les propriétés bactéricides du bleu le font employer contre l'hématozoaire du paludisme comme succédané et synergique de la quinine, ou lorsque celle-ci est mal tolérée ou contre-indiquée. Il rend des services dans la blennorragie (injections, cachets, capsules), dans les stomatites, dans la dysenterie, etc. C'est également un sédatif de la douleur, efficace dans le tabès et les névralgies (v. c. m.).

Cachets (non irritants pour la vessie).

Bleu de méthylène. ... 5 centigr Poudre de noix muscade. 10 — Lactose pulvérisé .... 20 — Pour un cachet (5 à 7 par jour).

Capsules.

Bleu de méthylène. ... 5 centigr Essence de santal .... 25 — Pour une capsule (blennorragie).

BOIS DE PANAMA. - V. Quillaja.

Suppositoires.

Bleu de méthylène ... 6 centigr.

Extrait de belladone . . 2 — Beurre de cacao .... 3 grammes.

Pour un suppositoire.

Solution (pour injections intra-muscul aires).

Bleu de méthylène

50 centigr. à 1 gramme.

Eau distillée stérilisée. 20 grammes.

Injecter 1 ce.

BOLS. - - Les bols sont des sortes de pilules volumineuses, dont le poids dépasse 0 gr. 40; la consistance des bols, au lieu d'être ferme comme celle des pilules, est ordinairement molle.

Actuellement, c'est surtout en médecine vétérinaire que les bols trouvent leur emploi (bol aloétique du Codex).

BONNIER (SYNDROME DE). — V. Labyrinthiques (Syndromes).

BORAX. - - Le borate de sodium officinal est le sel déposé de la solution aqueuse, à une température inférieure à 00". C'est le sel neutre de l'acide tétraborique, B*07H2, bibasique. Ses cristaux contiennent 10 molécule d'eau, soit 47,12 d'eau pour 100.

Borax.

Le borate de sodium officinal cristallise dans le système clinorhombique, en prismes hexagonaux, terminés par un pointement à trois faces. Sa densité esl 1,7. H « -I incolore e1 inodore. Sa saveur esl légèrement alcaline

Le borate <lc sodium officinal se dissout dans 22 parties d'eau froide et dans 0,5 partie d'eau bouillante. Il esl insoluble dans l'alcool à 90°, et très soluble dans la glycérine.

Le borate de soude esl surtout employé à l'extérieur comme antiseptique faible, en gargarismes ou collutoires, contre les angines, les stomatites, les aphtes, le muguet; en solution, pour lavages ou pansement humide des dermatoses enflammées (eczéma, impétigo, acné), de la lymphangite mammaire (v. c. m.).

À l'intérieur, il esl préconisé contre l'épilepsie (Gowers),la paralysie agitante (Grasset); il esl prescrit, comme alcalin, dans la gravelle urique et les affections des voies urinaires (v. c. m.).

Pour l'usage interne, on prescrit 1 à 6 gr. en cachets ou en potion.

Cachets.

Borax

Benzoate de soude

au 50 cent

IgT

Potion

Borax 10 grammes.

Sirop de groseilles. . . 80 —

Eau distillée 90

(1 gramme par cuiller à soupe).

Potion.

!2 grammes.

Borate de soude .

Benzoate de soude . . 1 gramme.

Sirop de groseilles . . 20 grammes.

Eau 120

A prendre par cuillerée à bouche (antisepsie des voies urinaires).

Lotion boratée.

Borate de soude ... 5 grammes.

Eau 500

(Prurit).

Solution (dermatoses enflammées).

Borate de soude ... 5 grammes.

Salicylate de soude. . 2 —

Eau bouillie 500

Pour pansements humides à la gaze neutre.

Collutoire.

Borate de soude ....

Glycérine

Collutoire.

Borate de soude. . . .

Miel rosat

(Aphtes).

i grammes.

4 grammes.

Gargarisme horaté.

Borate de soude . .

Chlorate de potasse Sirop de mures . . .

Eau

(Pharyngites).

Perborate de soude.

Dudre blanche cristalline soluble dans l'eau; sa

solution à '25 pour 1000 dégage deux fois son volume d'oxygène. Ses indications sont identiques à celle de l'eau oxygénée qu'il permet de préparer extemporanément. Sa solution (effectuée à froid) est employée en lavages et gargarismes, dans les stomatites, les angines; en injections contre la leucorrhée, en pansements sur les plaies atones, les ulcères (v. c. m.).

Il s'emploie en solution à 25 pour I 000 et en poudre.

Boro-borax (Boricine). — Composé cristallin, neutre, obtenu en faisant chauffer avec de l'eau parties égales de borax cl d'acide borique jusqu'à ébullition. 11 est soluble dans 7 parties d'eau.

C'est un antiseptique externe remarquablement toléré par la peau et les

Bothriocéphale.

muqueuses, qui a été préconisé par J. Darier dans le traitement des dermatoses (eczéma, impétigo).

Il s'emploie en solution : 1 à i pour KM), pour pansements, lotions, gargarisme*, injections. E. F.

BORIQUE (ACIDE). — L'acide borique officinal est l'acide borique normal; il est obtenu cristallisé par refroidissement de sa solution saturée à chaud. 11 doit se présenter sous forme de cristaux et non pas sous forme de paillettes. 11 est inodore et presque insipide; sa densité est 1,54.

11 se dissout dans 50 parties d'eau à 15°, dans 14 parties à 40° et dans 5,5 parties à l'ébullition. A la température ordinaire, il est soluble dans 16 parties d'alcool à 90" et dans 5 parties de glycérine; l'addition de glycérine à l'eau augmente, par suite, la solubilité de cet acide.

L'acide borique est un antiseptique faible qui entrave plutôt le développement des bactéries qu'il ne les détruit. Ses effets non irritants, sa faible toxicité en ont généralisé l'emploi comme antiseptique usuel de la conjonctive et des cavités muqueuses (bouche, pharynx, fosses nasales, oreille, vessie, vagin, etc.). Il a été préconisé, à l'intérieur, comme antiseptique des voies urinaires dans les cystites, les pyélites (v. cm.), comme expectorant dans la tuberculose pulmonaire (Gaucher).

Il s'emploie surtout en solution aqueuse à 4 pour 100, et aussi en poudre pour insufflations; en pommade à 10, à c20 pour 100; en glycéré, à 10 pour 100.

Collutoire.

Acide borique 2 grammes.

Miel rosat 10 —

Jus de citron N° 1

Poudre à priser. .

Acide borique porphy-

risé 1 gramme.

Menthol porphyrisé . . 20 centigr.

Poudre de réglisse . . 19 grammes.

Solution boriquée.

Acide borique .... 40 grammes.

Thymol 2 —

Essence de girofle. . V gouttes. Eau distillée bouillie. 1000 grammes.

Solution concentrée.

Acide borique . . .

Borax

Magnésie calcinée.

Eau distillée

bouillie 1000

100 grammes.

*io —

BOSSE SÉRQ-SANGUINE. — V. Accouchement et Nouveau-né (Pathologie)

BOTHRIOCÉPHALE. Description. — Le bothnocephalus latus est

un cestode qui, à Y état adulte, se présente sous la forme d'un long ruban blanchâtre, qui peut atteindre les dimensions colossales de 15 et de 16 mètres: les anneaux, au nombre de 1000 et plus, sont, à l'état de maturité, beaucoup plus larges que longs et mesurent environ 12 millimètres sur i ; leur bord antérieur dépasse de chaque côté le bord postérieur de l'anneau précédent, ce qui donne un aspect denté. Les orifices génitaux sont situés sur la ligue médiane et ventrale; en arrière, se trouve un second orifice destiné à la ponte; comme le ténia, le botriocéphale est hermaphrodite. Les anneaux sont d'autant plus grêles et courts qu'on se rapproche de la tête; celle-ci, montée sur un cou de longueur variable, présente la forme d'une

Bothriocéphale.

amande, mesure de 2 à 5 millimètres de long sur 1 de large ; sur chaque bord elle présente une fente allongée nommée bothridie.

Vœuf, brunâtre et elliptique, esl muni à l'un de ses pôles d'un clapet (fig. 17); il contient un embryon sphérique, portant (> crochets el couver! de cils. La larve ou ptéro-cercoïde présente l'asped d'un petit ver plat; elle esl logée dans le tissu conjonctif de l'hôte intermédiaire, mais ne produirait pas de kystes véritables.

Cycle évolutif. — L'œuf, expulsé avec les matières fécales par ponte ou par éclatement de l'anneau, finit par tomber dans l'eau: après un séjour relativement long et qui peut demander plusieurs mois, il est avalé par un

A- KARMANSKl.

Fig. 17. — OEufs du Bothriocephalus latus. (Letulle.)

poisson dont il envahit le tissu conjonctif, les muscles et divers organes (foie, rate, etc.) : il passe ensuite à l'état larvaire. L'hôte intermédiaire est donc nécessairement un poisson d'eau douce, mais les espèces infectées sont nombreuses : citons la perche, le brochet, la lotte, la fera, l'ombre-chevalier, diverses truites, etc.

Si la chair du poisson crue ou mal cuite est absorbée par l'homme ou par un animal, la larve suivra son développement et parviendra seulement alors à l'état adulte.

Le bothriocéphale vit dans l'intestin grêle, le plus souvent solitaire, pourtant la présence de plusieurs parasites (8 et plus) a été parfois notée.

Symptômes. Étiologie. — Liant donné les mœurs de sa larve, le bothriocéphale est spécialement abondant au bord des lacs, le long des fleuves, des estuaires. Les pays baignés par la Baltique, la Suisse française, le sud de la Bavière, l'Italie du nord, etc., sont les principales régions infectées.

Bothriocéphale.

En Franco, c'est surtout autour du lac du Bourget qu'il a été observé

Los symptômes de l'helminthiase sont assez semblables à ceux déterminés par le ténia (y. c. m.), bien que souvent plus accentués. Ils consistent principalement en des douleurs abdominales accompagnées de diarrhée et de vomissements plus ou moins marqués. Le parasite manifeste sa présence soit sous la forme d'œufs, qu'on doit rechercher dans les matières fécales, soit sous forme de fragments souvent considérables de son corps, expulsés d'un coup par Tanus. Bien que les anneaux soient déformés en général et parfois en état de putréfaction, il est aisé de les reconnaître.

Les troubles les plus remarquables que puisse déterminer le bothriocéphale consistent dans une anémie profonde accompagnée de palpitations, d'oedèmes et d'une cachexie qui peut simuler la cachexie cancéreuse et qui ne se déclare en général qu'au bout de plusieurs mois; souvent le tableau clinique rappelle de très près celui de l'anémie pernicieuse (v. c. m.), car le nombre des globules rouges peut tomber à 1 million et au-dessous, en même temps que la teneur en hémoglobine diminue notablement. Le nombre des globules blancs est variable, souvent au-dessous de la normale. La mononucléose a été notée par certains auteurs, l'éosinophilie est inconstante; enfin on a, en certains cas, signalé l'existence d'une faible réaction myéloïde.

Pronostic. — Le bothriocéphale est tenace; car on l'a vu persister pendant 12 et même 21 ans ; tous les troubles disparaissent généralement après l'expulsion du ver, sans qu'il s'agisse d'une règle absolue, car l'anémie peut suivre son cours et entraîner la mort.

Diagnostic.

Les signes de certitude seront

Fig. 18. — Bothriocephalus latus. (D'après Leuckart.)

Fig. 19. — Anneaux du Bothriocephalus latus. (Nattan-Larrier in Clin, de V Hôtel-Dieu, Pr Dieulafoy.)

fournis par l'examen des matières fécales ou celui des fragments expulsés

Botryomycose.

par l'anus; la forme de la tête et

Fi g. 20.

(Nattan-Larrier P

(V. Ténias); e affaiblis.

des anneaux, la disposition des pores génitaux si lues au milieu de la l'ace ventrale, sont caractéristiques (fig. 18

à L2\): il en esl de même du clapet de l'œuf. L'habitat «lu malade, son mode d'alimentation donneront également

des renseignements utiles sur la nature probable de l'infection. Ces notions trouveront une importante application en cas d'anémie pernicieuse, car l'administration d'un vermifuge, même en l'absence de tout diagnostic précis, pourra sauver la vie du malade.

Traitement. — Dans les régions infectées, on aura soin, à titre prophylactique de s'assurer que le poisson servant à l'alimentation est parfaitement cuit. En cas d'helminthiase, la médicamentation sera la même que celle indiquée à propos des ténias e sera instituée avec beaucoup de prudence chez les sujets

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