A. CLERC
Fig. 21.
in Clinique de l'Hôtel-Dieu Dieulafoy.)
BOTRYOMYCOSE. — Chez certains animaux, le cheval en particulier, se déve-
loppe sur la plaie de castration où restent inclus quelques fragments d'épi-
dydime, une tumeur, ayant la forme d'un champignon, charnue, vasculaire, qui souvent suppure et donne issue à des grains jaunes à peine visibles à l'œil nu. Cette affection paraît due à un parasite spécifique, le botryomyces, ou botryocoque, suivant qu'on le range dans la classe des champignons ou des algues, et dont les cultures donnent de petits éléments arrondis, groupés en grappe de raisin.
Chez l'homme, on a signalé une maladie semblable, due à la pénétralion du parasite par les orifices des glandes sudoripares. Elle se présente en clinique sous l'aspect d'une petite tumeur charnue, pédiculée à surface irrégulière, mamelonnée, ulcérée, saignant au moindre contact, et siégeant de préférence aux extrémités ou à la far
Fis. 22.
Botryomycose de la main fXetulle).
(lèvres, paupières, joues,
Bouche (Cancer du plancher).
doigts, paume de la main, plante du pied). Conséeutive à un traumatisme minime à un frottement répété, elle évolue rapidement, sans douleur, sans réaction, ne dépassant guère le volume d'une framboise. Elle ne donneras d'adénopathie, et ne se généralise pas. On l'extirpe d'un coup de curette profond, et on panse aseptiquement. Quand elle est bien enlevée, avec sa base d'implantation, elle ne récidiveras.
Chez les animaux on observe parfois des métastases à distance, reproduisant au sein des tissus, la texture de la tumeur cutanée.
Histologiquement, on a décrit successivement, sous le nom de botryomycose, un fibro-adénome sudoripare, un fîbro-papillome muqueux vasculaire, un angiome capillaire, un simple bourgeon charnu. Tout aussi controversée esl la spécificité et l'existence même du botryomycès; suivant plusieurs auteurs, on se trouverait en présence d'une variété de staphylocoque doré. - La question demande, pour être résolue, de nouvelles recherches bactériologiques. AMÉDÉE BAUMGARTNER.
BOTULISME. — Y. Alimentaires (Conserves).
BOUCHE (CANCER DU PLANCHER). — La propagation au plancher de la bouche d'un cancer de la langue, du maxillaire inférieur ou de la glande sousmaxillaire est très fréquente. Au contraire le cancer primitif ', qui sera seul envisagé ici, est rare au plancher buccal.
Contrairement à Verneuil; qui regardait la glande sublinguale comme son point de départ habituel, le cancer primitif du plancher est, presque toujours, un épithélioma pavimentevx provenant de la muqueuse. La tumeur, < 1 1 1 i débute dans la région de la glande sublinguale ou au voisinage du frein de la langue, envahit rapidement toute l'épaisseur du plancher, les ganglions sous-mentaux, sous-maxillaires, puis carotidiens, souvent aussi la gencive et le maxillaire ; aussi est-elle inopérable de bonne heure.
Le cancer du plancher s'observe à peu près exclusivement chez l'homme, entre 40 et 60 ans.
Ses premiers stades passent généralement inaperçus, et lorsqu'on examine les malades, ils sont déjà porteurs d'une tumeur ulcérée et saignante, tantôt végétante, tantôt rongeante, ayant tous les caractères objectifs du cancer de l;i langue (v. c. m.). Souvent même les ganglions sont déjà envahis, et toute l'épaisseur du plancher buccal est tranforméeen une masse dure recouverte d'une peau adhérente et violacée ; on a vu la perforation complète du plancher par l'ulcération.
Cette évolution s'accompagne de douleurs atroces, souvent irradiées vers l'oreille, d'immobilisation complète de la langue, due à la rigidité du plancher et à l'adhérence de la tumeur au maxillaire: la parole, la mastication el la déglutition sont à peu près impossibles. L'haleine est très fétide.
La difficulté de l'alimentation, l'écoulement continuel de salive, l'infection par le néoplasme ulcéré amènent bientôt la cachexie, et les malades atteints de cancer du plancher meurent en moins d'un an, emportés par la cachexie, la pneumonie ou une hémorragie. Inutile d'insister sur l'extrême gravité «lu pronostic, encore plus mauvais que dans le cancer de la langue.
Bouche (Coups de feu).
Traitement. Comme dans toute espèce de cancer, c'est, théoriquement du moins, l'ablation large du néoplasme et des ganglions. Mais beaucoup de malades ne consultent que quand ils sont déjà inopérables; Tinter vention est difficile et nécessite souvent une résection partielle du maxillaire inférieur adhérent à la tumeur; la mortalité immédiate est considérable et la récidive rapide est à peu près constante. Aussi beaucoup de chirurgiens s'abstiennent-ils de toute tentative opératoire; il existe cependant quelques rares observations encourageantes (Partsch, Morestin) où Tablalion du néoplasme a été suivie d'une guérison de plusieurs aimées.