‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustréeChapitre 55 sur 91 · E. DE MASSA RY · texte numérisé non relu

E. DE MASSA RY

CŒUR (RUPTURES TRAUMATIQUES). —Les ruptures du cœur rares peuvent compliquer les fractures de côtes, ou les violentes contusions de la paroi

M 7 Cœur (Ruptures traumatiques).

thoracique survenant clans les écrase mon l s, les tamponnements, les chutes d'un lieu élevé: d'autres l'ois elles succèdent à un traumatisme agissant sur une surface peu étendue, mais avec force dans la région précordiale, par exemple un coup de poing, un coup de pied, le choc d'un limon de voilure.

Les ruptures isolées du péricarde avec intégrité du cœur sont tout à fail exceptionnelles. Les ruptures du cœur, qui s'accompagnent presque toujours de déchirures péricardiques, peuvent siéger en tous les points de l'organe, mais elles occupent de préférence les parlies les moins résistantes, les oreillettes plutôt que les ventricules, le cœur droit plutôt que le gauche; la base des oreillettes et les grosses veines qui y aboutissent sont déchirées avec une fréquence particulière,

La déchirure peut être unique ou multiple, rectiligne ou irrégulière, elle s'accompagne toujours d'une hémorragie abondante : si le péricarde est intact ou peu déchiré, le sang s'y accumule, formant un épanchement qui comprime le cœur et est la cause la plus habituelle de la mort, si le péricarde est largement déchiré le sang s'épanche dans le médiastin et dans la plèvre si celle-ci est également rompue.

A côté de ces ruptures complètes on peut observer des ruptures incomplètes n'intéressant que la partie profonde des parois cardiaques, et des ruptures limitées aux cloisons et surtout aux valvules du cœur : dans ce cas, ce sont presque toujours les valvules aorlique et milrale qui sont déchirées.

Symptômes. — Les ruptures complètes du cœur constituent des lésions extrêmement graves : dans environ un tiers des cas elles amènent la mort immédiate du blessé par arrêt brusque du cœur, dans le reste des cas la mort survient presque constamment au bout d'un intervalle allant de quelques heures à quelques jours, du fait de l'hémorragie interne et surtout de la compression du cœur; on observe alors une dyspnée progressive, l'augmentation de la malilé cardiaque, l'affaiblissement puis la disparition des bruits du cœur.

Dans quelques cas la mort survient brusquement au bout de quelques jours sans avoir été précédée de troubles graves; on admet alors qu'il y avait une déchirure incomplète n'intéressant que la partie profonde de la paroi cardiaque et qui s'est complélée brusquement à l'occasion d'un effort.

La possibilité de la guérison après rupture complète du cœur bien qu'admise par la plupart des auteurs par analogie avec celle des plaies cardiaques n'est pas prouvée.

Los ruptures isolées des valvules se traduisent par une douleur très vive, qui succède au Iraumalisme, et par des signes -physiques et fonctionnels analogues à ceux des insuffisances valvulaires spontanées. Toutefois, le pronostic est plus grave, et l'évolution plus rapide que pour les insuffisances spontanées, parce que le cœur surpris par le Iraumalisme n'a pas le temps d'effecluer son travail de compensai ion.

Traitement. — Les déchirures étendues déterminant une mort à peu près immédiate ne peuvent être l'objet d'aucun traitement. Au contraire, les ruptures limitées qui n'emportent le blessé qu'au bout de quelques heures ou même de quelques jours sonl absolument justiciables d'une intervention analogue à celle des plaies du cœur. Si donc chez un sujet ayant reçu un

Cœur (Syphilis). .'> i*

violent traumatisme à la région précordiale on voit apparaître des troubles graves accompagnés d'augmentation de ta matité cardiaque indiquant la formation d'un hémo-péricarde, il sera absolument indiqué de tailler un lambeau thoracique pour découvrir le péricarde, le vider de son contenu H suturer la déchirure cardiaque; la technique de l'intervention sera exactement la môme que dans le cas de plaie du cœur(v. c. m.). PIQUASD.

CŒUR (SYPHILIS). - Les lésions syphilitiques du cœur seules sont connues: elles ne se traduisenl en clinique par aucun syndrome spécial, c'est-à-dire que le diagnostic en est impossible. On observe bien, dans quelques cas, des troubles cardiaques que l'on rattache soi l à une myocardite, soit à une symphyse du péricarde, mais on ne peul conclure à la syphilis, même si le malade en traitement est dûment syphilitique. La syphilis du cœur esl en effet une rareté, une exception trop grande pour autoriser un diagnostic l»asé uniquement sur la constatation de deux affections, cardiopathie el syphilis, qui le plus souvent ne font que coexister, sans action directe Tune sur l'autre. 11 y a plus de probabilités, pour observer, même chez un syphilitique, une cardiopathie banale, qu'une lésion syphilitique.

Cette absence de symptôme spécial esl profondément regrettable, caî un traitement bien dirigé guérirait des malades qui jusqu'ici meurent, soit en asystolie lente, soit en asystolie aiguë, soit enfin par rupture du cœur.

Il faut cependant savoir que souvent le pouls lent permanent (v. c. m.), ou maladie de Stokes-Adams, esl causé par une gomme siégeant dans le seplnm interventriculaire et lésant le faisceau musculaire de His. Il en élail ainsi dans une observation de Rendu el de Massary, mais à l'époque où celle observation fui publiée, la physiologie du faisceau de His était inconnue et le pouls lent ne fut pas rattaché à sa véritable cause; celle observalion démontre cependant qu'une gomme volumineuse de la cloison inlerventriculaire ne se manifesta que par un pouls extrêmement lent": d'autres observations vinrent, depuis celle époque, confirmer ce fait. D'où celle conclusion que tout pouls lent permanent doit l'aire penser à la syphilis cardiaque et commander ainsi un traitement spécial.

Le plus souvent, malheureusement, ce n'est qu'à l'autopsie (pie l'on peul reconnaître la véritable cause de la mort. Les gommes consignent la seule lésion nettement spécifique. Elles ont leurs caractères habituels : aspect jaunâtre, consistance élastique, délimitation bien nette, multiplicité ou coexistence de gommes miliaires dans le voisinage, constatation de lésions semblables dans les antres organes, etc. La sidérose avec àrtéri tes s'observe également, mais ses caractères sont moins spécifiques.

La syphilis ne se contente pas de frapper le cœur, d'ailleurs 1res exceptionnellement, par des lésions directes. Beaucoup plus souvent elle agit sur le myocarde d'une façon lente el insensible, elle engendre soit une myocardite chronique, soit des artérites banales qui peuvent aboutir à la thrombose avec infarctus suivi de toutes ses conséquences. Ces lésions ne rétro* cèdent pas sous l'influence du traitement spécifique. Elles appartiennent doïic à la catégorie des affections dites par asyphilitiques.

E. DE MASSARY.

549 Cœur (Thrombose cardiaque).

CŒUR (THROMBOSE CARDIAQUE). — Dans toute autopsie il esi constant de trouver dos caillots dans les cavités cardiaques. Il ne faudrait cependant pas

croire, ainsi qu'on le faisait jadis, à la fréquence de la thrombose cardiaque. Les caillots habituels sont les caillots cadavériques et agoniques] seuls sonl dus à une véritable thrombose les caillots anciens.

Os trois sortes de caillots ont des caractères spéciaux. Les caillots cada~ véHques consistent en une masse homogène, molle, ressemblant à de la gelée de groseille; ils sont exclusivement cruoriques; sans consistance, ils n'adhèrent pas aux parois cardiaques.

Les caillots agoniques ont une constitution fibrineuse et eruorique; assez résistants, ils envoient des prolongements entre les piliers du myocarde, et acquièrent ainsi une adhérence légère; ils se prolongent sous forme de rubans dans les vaisseaux de la base.

Les caillots anciens se présentent sous la forme de végétations globuleuses (Laënnec); ces petites masses grisâtres, à surface lisse, sont constituées par de la fibrine pure en dépôts successifs; quelques-unes contiennent un liquide puriforme dû à la désintégration des couches fibrincuses centrales. Le siège de prédilection des végétations globuleuses est dans les auricules et dans la pointe des ventricules; elles adhèrent solidement à la face du cœur, soit par un pédicule rétréci, soit par plusieurs racines qui s'enfoncent dans les anfractuosilés de la paroi. Elles peuvent donc rester intimement soudées à la paroi ou se pédiculiser; dans ce dernier cas, entraînées par le courant sanguin, leurs extrémités s'engagent dans les valvules dont elles gênent brutalement le fonctionnement; enfin quand le pédicule se rompt elles sont entraînées et forment ainsi des embolies, charriées dans la petite circulation si elles partent du cœur droit, dans la grande circulation si leur lieu d'origine est le cœur gauche.

La genèse de ces caillots anciens est encore disculée. Mais en appliquant à l'endocarde ce que nous connaissons de l'endartère et de l'endoveine, il semble vraisemblable qu'une lésion primitive de la séreuse soit nécessaire à la formation des dépôts fibrineux constituant les végétations globuleuses. La thrombose cardiaque ne serait donc, en somme, qu'une complication d'une endocardite; mais pour qu'une végétation globuleuse se forme il ne faul pas une ulcération rapide; c'est donc surtout dans les endocardites atténuées; se disséminant en plaques sur la séreuse cardiaque, (pie les végétations globuleuses, plus ou moins nombreuses, caractérisant la thrombose vraie, doivent prendre naissance. Il faut en plus que le cours du sang soil ralenti et peut-être, en outre, est-il nécessaire qu'il se crée un état particulier de la fibrine ou même une dyscrasie spéciale. Ces différentes conditions sont surtout réalisées dans les maladies lentes et cachectisantes et particulièrement dans la tuberculose et le cancer.

Les symptômes qui révèlent l'existence d'une thrombose cardiaque tiennent non aux Végétations globuleuses elles-mêmes mais à leur siège. De grosses végétations peuvent rester latentes quand elles se cachent dans les auricules, ou dans une anfractuosité d'un ventricule. Par contre, une petite parcelle fibrineuse, engagée dans un appareil valvulaire, rompt subitement l'équilibre circulatoire et engendre des crises de dyspnée, des douleurs pré-

Cœur (Tumeurs). 5&Ô

cordiales angoissantes el même une véritable crise d'angine de poitrine par distension, tandis que le cœur affolé bat violemment el précipitamment sous l'influence de l'excitai ion due à ce véritable corps étranger intra-valvulaire. Pendant celte crise, le pouls est pelil, fréquent, souvent irrégulier; les extrémités se refroidissent, les lèvres se cyanosent, el la mort survient soil par asphyxie, soit plus brutalement par syncope.

La mort rapide n'est cependant pas la conséquence obligée de celle migrai ion de la végétation globuleuse. Après la crise, loul peut rentrer dans l'ordre ; la masse fibrineuse se loge alors dans un diverticule d'une oreillette ou d'un ventricule, ou bien son pédicule s'élanl rompu, elle est envoyée dans la petile ou dans la grande circulation, suivant son lieu d'origine, le cœur droit ou le cœur gauche. Les différents accidents des embolies pulmonaires ou des embolies cérébrales, viscérales ou périphériques succèdent alors aux accidents cardiaques.

Le pronostic reste donc, dans tous les cas reconnus, fort grave. Mais il est permis de se demander si des thromboses cardiaques, conséquences des endocardites atténuées, ne sont pas très fréquentes, loul en restant ignorées.

Le diagnostic, en effet, est impossible tant que la thrombose cardiaque ne fait que créer des petites végétations globuleuses adhérentes, et, d'après ce que nous savons de la thrombose en général, susceptibles de se résorber. Seules se manifestent par des signes cliniques les thromboses à coagulations migratrices. Dans ces cas les douleurs précordiales, les accès de dyspnée peuvent guider le diagnostic; mais, en réalité, la preuve véritable de la thrombose ne sera fournie que par l'apparition d'une embolie.

Le traitement doit tendre à prévenir la thrombose en luttant contre l'endocardite, puis à empêcher le déplacement des caillots par l'immobilisation rigoureuse du malade. Enfin pendant les crises cardiaques, soutenir le myocarde par les injections sous-cutanées d'éther, de caféine, d'huile camphrée, deviendra l'indication primordiale. Les embolies comportent ensuite des indications thérapeutiques spéciales. e. DE MASSARY.

CŒUR (TUMEURS). — Les tumeurs du cœur n'ont pas de description clinique. Elles ne sont toutes découvertes qu'à l'autopsie. Si pendant la maladie prédominent des troubles cardiaques, on les attribue à une myocardile chronique; c'est le cas le plus fréquent. Dans d'autres circonstances les symptômes cardiaques eux-mêmes sonl absents, la mort n'est que la conséquence des progrès de la cachexie.

Les tumeurs que l'on trouve à l'autopsie sonl variables. On connaît quelques cas rares de cancer primitif du cœur sous forme de sarcome primitif à cellules fusiformes* Quant à Yépithélioma il n'exisle naturellement au niveau du cœur que sous forme de cancer secondaire. Les autres tumeurs sont des myxomes. Enfin très exceptionnellement on trouve des kystes InjdatiqUe^

Les tubercules sont également rares; ils coïncident le plus souvent avec la symphyse tuberculeuse du péricarde et avec les lésions tuberculeuses des ganglions périlrachéo-bronehiques. E. DE MASSARY.

551 Cœur et grossesse.

CŒUR ET GROSSESSE. — Action de la grossesse sur le cœur. — \° Sur le

cœur sain. — On a accusé la grossesse d'amener parfois la production d'une endocardite subaiguë qui peut ultérieurement devenir chronique. Cette assertion est très discutée : l'examen des observations montre qu'il s'agit là de cas d'endocardite latente préexistant à la grossesse et aggravée par elle. La grossesse n'a jamais créé une maladie du cœur; elle ne peut que déterminer un trouble fonctionnel ou aggraver une maladie préexistante (Pinard); cependant, il peut se produire chez la femme enceinte des infections générales produisant de l'endocardite.

L'hypertrophie gravidique du cœur elle-même est loin d'être admise par tous; en définitive, la seule modification mécanique que détermine la grossesse sur un cœur sain se réduirait à la dilatation, qui se révèle parla déviation de la pointe vers la gauche et l'augmentation de l'aire de matité précordiale.

2° Sur le cœur malade. — On conçoit l'influence fâcheuse que la grossesse et l'accouchement peuvent avoir sur un cœur malade, le plus souvent par lésions valvulaires. Pendant la grossesse, la masse du sang est augmentée et la circulation est plus ou moins entravée dans les régions sous-diaphragma tiques du corps.

Au moment des efforts du travail, le cœur est soumis à un surmenage considérable, et enfin, au moment de l'accouchement, ilse produit une brusque hypertension dans l'appareil circulatoire. Pour peu que le cœur lésé soit à la limite des efforts nécessités par la compensation, il succombera au surcroît de travail résultant des causes énumérées ci-dessus, et la malade présentera des accidents dits gravido-cardiaques.

Sous leur forme la plus atténuée, ce sont de simples sensations plus ou moins pénibles, palpitations, dyspnée d'effort, crises d'asthme cardiaque ou encore des hémoptysies. A un degré plus marqué, ce sont des attaques d'asyslolie, des crises d'oedème aigu du poumon, légères ou intenses, bénignes ou graves, souvent mortelles. Enfin plus rarement l'embolie et la mort subite.

Différentes causes favorisent l'apparition des accidents gravido-cardiaques : la répétition des grossesses, le surmenage au cours de la grossesse, la coexistence avec la lésion cardiaque de lésions rénales, de lésions pulmonaires, de déformations thoraciques. Quand les femmes ont échappé à ces accidents au cours de leur grossesse, l'accouchement constitue un cap redoutable à franchir pour elles, et c'est alors qu'éclate la grande crise d'asystolie.

Une fois l'accouchement terminé, le danger subsiste encore pendant la délivrance et les instants qui la suivent, c'est souvent alors qu'apparaît l'attaque d'œdème aigu du poumon.

Il faut savoir enfin que, même dans les jours qui suivent l'accouchement, on peut voir des femmes succomber avec les symptômes d'une véritable cachexie gravido-cardiaque .

Action des maladies du cœur sur la grossesse. — Très importante, elle se traduit par des métrorragies, des avortements, des accouchements prématurés, au moment de la délivrance par des hémorragies.

Colchique et Colchicine. 552

Conduite à tenir. — L'aphorisme de Peler : « fille, pas de mariage : femme, pas de grossesse; mère, pas d'allaitement», doit être considéré comme beaucoup trop absolu. Le pronostic dépend de la manière dont la lésion cardiaque est compensée, c'est-à-dire de la façon donl les reins fonctionnent.

Traitement. — Traitement médical. — 11 esl préventif ou cura tif des accidents gravido-cardiaques ; on |>enl le résumer dans la prescription du repos, du régime Lacté, des diurétiques, des toniques du cœur. Il faul surtout surveiller la quantité totale d'urine émise dans les 24 heures (Pinard). La saignée est franchement indiquée s'il survient des accidents d'oedème pulmonaire et d'asphyxie paraissant mettre en péril l'existence de la femme.

Traitement obstétrical. — Quelquefois, il esl nul; mais il n'en esl pas toujours ainsi, et on peut être obligé d'intervenir pendant la grossesse ou le travail.

a) Grossesse. — Outre le traitement médical, s'il survient des accidents paraissant mettre en péril l'existence de la femme, il faul la plupart du temps pratiquer d'abord une saignée, puis recourir à l'avortement ou à l'accouchement provoqué. Il esl inutile de chercher à sauver la vie d'un fœtus fortement compromis par l'état général de sa mère.

b) Travail. — En l'absence d'accidents, ne rien faire : si les accidents apparaissent, accélérer le travail par les moyens habituels, et extraire le fœtus dès que la dilatation est complète. Si la mort survient au cours du travail, il faut pratiquer la césarienne ou l'accouchement forcé par les voies naturelles.

On doit autant que possible éviter de donner du chloroforme pendant le travail, mais sans cependant craindre à l'excès son emploi s'il devient nettement indiqué.

La femme cardiaque peut allaiter quand elle a une affection bien compensée, s'il ne s'est produit aucun accident d'asystolie au cours de la grossesse ou de l'accouchement. g. LEPAGE.

COL UTÉRIN. — V. Accouchement, Utérus, Métrites.

COLA. — V. Café, Caféine.

COLCHIQUE ET COLCHICINE. — Les différentes parties du Colchicum automnale (Liliacées-Colchicées) renferment un alcaloïde, la colchicine; mais les semences en contiennent une proportion plus forte et plus constante que les fleurs et que les bulbes, qui perdent une partie de leur activité sous l'influence de la dessiccation.

Les conventions relatives à l'unification de la formule des médicaments héroïques (Conférence internationale de Bruxelles, 20 sept. 11)0U2) ont fait disparaître du nouveau Codex les fleurs et les bulbes de colchique. Le Codex u!e 1884 mentionnait 7 préparations de colchique : 5 à base de bulbes (vin, vinaigre, alcoolat ure), 1 à base de fleurs (alcoolature), 5 à base de semences (vin, teinture, extrait). Il ne reste plus, dans le Codex de 1908, que deux préparations à base de semences, la teinture (à séparer), et l'extrait (toxique). Le colchique et la colchicine exercent sur le tube digestif une action émélo-calharlique des plus nettes; en outre, et c'est en ceci. que réside son

Cold-cream.

intérêt thérapeutique, le colchique est doué d'une sorte de pouvoir spécifique contre la goutte ou plus exactement contre l'accès de goutte (v. cm.).

La teinture de colchique pourrait suffire à lous les besoins; on peut, suivant la méthode de Lécorché, en faire prendre d'emblée LX gouttes en trois fois dans la journée et diminuer les jours suivants, ou commencer par XX gouttes seulement, dose qu'on augmente progressivement. — Pour l'extrait alcoolique de colchique, les doses maxima sont : 5 centigr. pour une dose, 20 centigr. pour 24 heures.

La colchique forme en outre la base de nombreuses préparations spécialisées : liqueur de Laville, teinture de Cocheux, pilules de Lartigue, poudre de Pistoia, etc.

Quelle que soit la préparation utilisée, le médecin prêtera toujours la plus grande attention au tube digestif; en eas de diarrhée profuse, il convient de suspendre immédiatement l'action du médicament.

Potion.

Mixture antigoutteuse.

Teinture de semences

de colchique

Teinture de racines

d'aconit

Teinture d'extrait d'opium

Résine de gaïac ....

XX à L gouttes dans une tasse d'infusion de sauge édulcorée.

Liqueur de Laville.

Poudre de semen-

10 grammes.

1 gramme,

ces de colchique.

50 grammes.

Poudre de colo-

quinte

Poudre de quin-

quina rouge. . .

Alcool à 95° . . . .

Eau distillée. . .

ââ 100 —

Vin de Xérès . . .

^ar cuillerées à café,

Là

4 par jour dans un

erre d'infusion de fie

>de reine-des-prés.

10 centigr.

5 gramme; 100 " —

Extrait de semences de colchique ....

Teinture de semences de colchique ....

Décocté de gaïac . . .

Sirop de limons. . . .

Cuillerée à soupe d'heure en heure en s'arrètant s'il se produit la moindre manifestation gastro-intestinale.

Poudre de Pistoia.

Poudre de bulbes de

colchique 20 grammes.

Poudre de racines de

brvone 10 —

Poudre de betome . . . 50 —

— de gentiane . . 10 —

— de camomille .10 — Divisez en 50 paquets, 1 ou 2 par jour.

La Colchicine cristallise dans le chloroforme en aiguilles jaunâtres; elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool; elle s'élimine très lentement par les reins; comme elle est d'une toxicité extrême, son accumulation est à redouter.

Elle se prescrit contre l'accès de goutte à la dose de 1/2 à 2 milligr. par joui-,

en granules (très toxique). Le malade doit être étroitement surveillé et, si la

diarrhée survient, l'administration du médicament doit être aussitôt suspendue,

E. FEINDEL.

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