‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustréeChapitre 58 sur 91 · MATIQUES · texte numérisé non relu

MATIQUES

COMPRESSION DE LA MOELLE. — V. Moelle (Compression).

CONDURANGO. — Celte écorce (Gonolobus Conduranzo, Asclépiadacées) se présente en fragments 1res irréguliers; son odeur rappelle à la fois celle du poivre el celle de la cannelle; sa saveur est acre et amère.

Le condurango est utilisé sous forme d'extrait fluide (2 à \ gr.) comme tonique amer et sédatif de la douleur (dyspepsies atoniques douloureuses, cancer gastrique).

Potion antigastralgique.

Extrait fluide de

condurango ... 6 grammes.

Teinture de belladone ....... 2

Teinture de coca. . 10 —

Eau distillée de laurier-cerise .... 20

Sirop de framboises. \ ™

Eau distillée 4 cuillerées à soupe par jour

Potion tonique eupeptique.

Extrait fluide de condu-

rango 8 grammes.

Teinture de noix vo-

mique 3 —

Infusion de quassia . . 90 — Sirop d'écorces d'oranges amères 80 —

Une cuillerée à soupe 1/2 heure avant le repas.

CONE TERMINAL. — V. Moelle (Compression), Queue de cheval.

CONFUSION MENTALE. — Cette dénomination tout à fait expressive (Delasiauve, Chaslin) désigne une affection mentale aiguë bien définie, dont le symptôme primordial est un état de confusion dans les idées, de désorientation, qui transparaît dans le faciès, l'allure, les actes du malade.

Elle affecte surtout les sujets jeunes, et les femmes. Etiologiquement, on la rapporte à des intoxications, auto-intoxications, infections diverses, processus mal définis. Elle se montre avec une fréquence relative à la suite des accouchements.

Le début en est aigu ou subaigu. Les prodromes, vagues, sont ceux communs à la plupart des affections mentales aiguës. Un malaise indéfinissable, de l'insomnie, des rêves pénibles, de la fatigue générale, de l'inappétence, quelques troubles digestifs. Cela dure quelques jours, puis on constate que le malade prend un air absent; il paraît comme s'éveiller en sursaut quand on l'interpelle. Peu à peu, ses idées s'obnubilent, ses propos deviennent incohérents; il a peine à suivre la conversation, il perd le fil de ses idées: il s'agite avec un certain automatisme, sans violence, méconnaît son entourage, enfin se montre tout à fait « perdu ».

A la période d'état, le malade tombe dans un état de profonde hébétude, tourne un visage interrogateur ou plutôt effaré, ou tout à fait atone vers son interlocuteur. Il fait un effort pour saisir le sens de l'interrogatoire, fronce les sourcils, puis demeure dans cette attitude méditative et morne à la fois. Il faut le pousser pour qu'il réponde; ses réponses sont monosyllabiques, incohérentes; ou bien il acquiesce d'une inclinaison de tête à ce qu'on lui dit : ou bien enfin ne réagit en aucune façon à l'interpellation,

Confusion mentale.

Fig. 124.

Faciès atone de la confusion mentale.

s'effarant seulement si on le brusque quelque peu ou qu'on élève la voix (fig. 124), ou bien encore il a de la mussitation, marmottant indistinctement à voix basse.

Dans la confusion profonde il y a absence de toute réaction à quelque excitation que ce soit, si ce n'est des mouvements réflexes de fuite ou de défense aux impressions douloureuses ellesmêmes très atténuées. Ces réactions peuvent manquer dans les cas de complète stupeur.

On peut distinguer 5 formes : une forme simple, une forme stuporeuse, une forme hallucinatoire. Nous avons pris comme type la première.

La forme stuporeuse se caractérise par des symptômes semblables, mais plus accentués, et qui se cachent bientôt sous le masque de la stupeur la plus profonde. En réalité, c'est à la confusion mentale, plus souvent qu'à la mélancolie, qu'appartiennent le plus grand nombre des faits autrefois décrits comme mélancolie avec stupeur. Le malade est immobile avec tous les signes du négativisme passif (v. c. m.), sans réaction aucune aux excitants extérieurs, parfois avec des tendances cata toniques (V. Catatonie). Il reste dans je mutisme absolu ou marmottant quelques syllabes incompréhensibles: il demeure affaissé dans quelque coin, ou immobile, recroquevillé dans son lit, avec parfois des raptus plutôt inconscients qu'impulsifs. Certains errent sans but, suivant le mur, par exemple, se heurtant aux moindres obstacles qu'ils paraissent ne- point voir.

La forme hallucinatoire participe des caractères des formes précédentes, mais l'élément sensoriel qui s'ajoute, lui donne une allure particulière. Il est difficile de connaître les hallucinations du confus, car l'amnésie consécutive est la règle. L'aspect est anxieux; le malade paraît sous l'influence d'une foule d'hallucinations de la vue et de l'ouïe de nature terrifiante, au point parfois de produire une inhibition complète et de donner au malade le faciès de la stupeur anxieuse type. Il est difficile de démêler ce qui est hallucinations vraies ou illusions; celles-ci peuvent être en réalité prédominantes. Les personnages qui entourent le malade prennent l'aspect d'ennemis, de bourreaux, de sauvages; les moindres bruits sont des cris, des memaces, des injures; le malade vit dans une fantasmagorie horrible, dans un cauchemar perpétuel. A la période de déclin, quand le malade se réveille peu à peu, il parvient à rendre compte jusqu'à un certain point de ses impressions et à les manifester plus ou moins clairement. On constate, dans certains cas, un véritable état onirique.

Des signes physiques généraux accompagnent d'une façon constante les troubles mentaux : état saburral des voies digesfives, constipation, inappétence absolue, amaigrissement rapide, faiblesse cardiaque, sèche-

Confusion mentale. 582

resse de la peau, légère élévation vespérale de la température ou au contraire hypothermie, albuminurie peu abondante, oligurie, céphalée. Il n'y a pas habituellement de troubles oculaires cl réflexes bien marqués. Les signes somatiques vont de pair ;i\c<- l'état mental, et l'amélioration physique se manifeste parallèlement à l'amélioration psychique.

L'épuisement physique peut être considérable, et les Allemands décrivent à part les états d'épuisement.

Nous avons donné, pour la simplicité de la description, la confusion mentale comme une maladie spéciale. On a tendance à la considérer comme un syndrome commun à des intoxications et infections diverses: nous avons cité comme exemple la confusion post-puerpérale. Il n'en est pas moins vrai que, dans un grand nombre de cas qui se superposent de façon très exacte au point de vue clinique, la cause étiologique reste insoupçonnée, et l'on est en droit de voir là une affection spéciale. Il faut ajouter que le syndrome confusionnel se retrouve au début ou au cours de l'alcoolisme, de la paralysie générale, de la démence précoce, de la folie périodique, de l'épilepsie.

La marche de la confusion mentale est aiguë ou subaiguë suivant l'intensité des symptômes; la durée est assez variable, elle est au minimum de 4 à 6 semaines, elle peut dépasser 5 mois. La terminaison est habituellement la guérison dans la confusion primitive; dans la confusion symptomatique, le pronostic dépend surtout de la cause, et aussi de la validité mentale antérieure du malade. La confusion puerpérale aurait une tendance au passage à la chronicité.

Le pronostic est habituellement bénin dans les cas primitifs, même au point de vue de l'intégrité mentale future. Des récidives ont été observées. La confusion mentale peut passer à l'état chronique, les malades restent pendant des années désorientés, incohérents ou stupides; il est à croire qu'il s'agit alors, en réalité, de démence précoce à début confusionnel.

Le diagnostic symptomatique est facile en raison de l'aspect extérieur et de l'allure des malades; on ne peut guère confondre la confusion hallucinatoire qu'avec la mélancolie anxieuse; dans celle-ci, les réactions sont plus violentes, plus en rapport avec le délire, lequel s'extériorise beaucoup mieux que dans la confusion; le masque atone du confus ne prend que rarement l'aspect terrifié du mélancolique. Le confus agité ne ressemble pas, dans son automatisme, au maniaque dont l'exubérance suffît à donner le diagnostic. La démence précoce débute très fréquemment par un état de confusion mentale qui cèle l'affaiblissement intellectuel; il en est de même de la paralysie générale commençante. Des accès d'épilepsie psychique revêtent aussi l'aspect de la confusion. Les cas très aigus de confusion se rapprochent du délire aigu (v. c. m.). Parmi les maladies infectieuses, c'est la fièvre typhoïde, la grippe, la variole, l'infection puerpérale qui donnent naissance à des états délirants prenant la forme de la confusion; parmi les intoxications, c'est l'alcoolisme.

Cette énumération montre combien, avec un diagnostic symptomatique facile, il faut se montrer réservé dans le diagnostic causal et le pronostic.

Le traitement consiste immédiatement en Yalitement; on doit traiter la confusion, plus peut-être que toute affection mentale, Comme une ma-

58o Conjonctive (Affections diverses).

ladie somatique. Le traitement se réduit par ailleurs à des préceptes d'hygiène el à la balnéation plutôt mitigée que froide; souvent, les lotions sont suffisantes (se méfier de l'hypothermie). La diète lactée est de rigueur au moins au début. Les excitants divers, à l'exclusion de l'alcool, peuvent être employés suivant les indications de chaque cas; on évitera les hypnotiques à l'action desquels les malades sont assez rebelles et qui sont susceptibles de donner lieu à des états de dépression physique que l'absence de réactivité rend dangereux; dans l'insomnie rebelle et l'agitation incoercible, si les bains tièdes, les lotions ou les enveloppements humides sont sans effet, on recourra soit au trional, soit à l'hyoscine en injections sous-cutanées aux doses habituelles, mais avec prudence en raison de leur toxicité et de l'action de celle-ci sur la nutrition.

Point important, la confusion mentale ne demande pas absolument le placement dans un asile d'aliénés; elle peut, dans les cas bénins, être traitée à domicile. M. TRÉNEL.

CONGESTION CÉRÉBRALE, RÉNALE, ETC. — V. Cerveau, Rein, Poumon, Foie.

CONJONCTIVE (AFFECTIONS DIVERSES). — I. — CONJONCTIVITE IMPÉTIGI- NEUSE. — Étiologie. — Les synonymes de conjonctivite eczémateuse, scrofuleuse, lymphatique, exanthémateuse, phlycténulaire, pustuleuse, d'herpès conjonctival, témoignent de la préoccupation qu'ont eue les ailleurs de rattacher cette affection oculaire à l'état diathésiqué que présentent habituellement les malades, ou à l'aspect anatomique de la lésion. Il est vrai que le plus souvent ces malades ont la physionomie clinique de cet état mal défini qu'on appelle la scrofule, et que nous retrouvons chez eux 1 étiologie habituelle de cette diathèse ou de la tuberculose. Il s'agit habituellement d'enfants, surtout d'enfants atteints d'impétigo de la face, de rhinite dite impétigineuse, ou affaiblis par des maladies générales, d'enfants appartenant à la classe pauvre et dont l'hygiène est défectueuse, en général, d'enfants malpropres, souvent atteints de phtiriase. On a trouvé quelquefois le staphylocoque dans la sécrétion, mais il s'agit peut-être d'une infection secondaire évoluant facilement sur un terrain préparé. Nous Ignorons la cause réelle de l'affection. Cette maladie est extrêmement fréquente.

Description. — La lésion conjonctivale est caractérisée par une petite saillie, une efflorescence, un petit bouton, à surface rouge, brillante dans les premiers jours, mais qui bientôt s'ulcère, s'affaisse, se cicatrise, puis se recouvre d'épi thélium. Tout autour de ce boulon la conjonctive est hyperéiniée. injectée. C'est une lésion bien localisée. L'évolution de ce boulon dure de huit à quinze jours; la guérison se fait spontanément. Le siège habituel est au niveau du limbe ou un peu en dehors. Le bouton est petit comme un grain de millet, il peut aller jusqu'à la grosseur d'une lentille. Le nombre esl variable, parfois tout le limbe est pris, les petits boutons forment comme un collier autour de la cornée. Lorsque ces boutons sont nombreux, tes cercles d'hyperémie se touchent et donnent à la conjonctive bulbaire un aspecl congestionné et parfois chémotique. Il y a un peu de larmoiement, de pho-

Conjonctive (Affections diverses). 58 \

tophobic et de blépharospasme ; peu ou pas d'agglutinement des paupières le matin au réveil.

Habituellement un bouton est à peine guéri qu'un autre survient soil sur le même œil, soit sur l'autre, et cela parfois avec une désespérante ténacité. L'allure de la maladie n'est pas toujours bénigne; si l'onmel à pari la fréquence des récidives qui dans certains cas troublent le repos de L'enfant, il peut arriver que l'injection de la conjonctive bulbaire soit très marquée qu'elle atteigne la conjonctive palpébrale, qu'elle se complique de sécrétion notable et même d'un exsudât pseudo-membraneux, diphtéroïde.

Lorsque la phlyetène se développe sur la cornée le tableau change et devient encore plus sérieux. Les enfants atteints de kératite impétigineuse recherchent l'obscurité, ferment obstinément les paupières, fuient la lumière, se cachent la figure dans leurs mains. Parfois à la photophobie s'ajoute la douleur provoquée plus souvent par une lésion superficielle qui atteint les nerfs de la cornée que par une lésion profonde. Les petits malades ne se prêtent pas facilement à l'examen. On devra pour le pratiquer instiller un collyre à la cocaïne, et si l'on ne peut, dans une demi-obscurité, parvenir par la douceur à se rendre compte de l'état de la cornée, on fera maintenir l'enfant pendant qu'on écartera les paupières avec les doigts ou avec des élévateurs palpébraux. En l'absence de ces derniers on pourra se servir d'épingles à cheveux de femme que l'on forme en crochets et qu'on flambe. Les paupières écartées laisseront s'échapper un flot de larmes. Habituellement, on constatera une phlyetène au centre de la cornée, une petite infiltration grisâtre plus ou moins ulcérée et qu'une goutte de fluorescine mettra bien en évidence. Non seulement tout le limbe peut être pris, mais la surface cornéenne est parfois entièrement parsemée de ces petites élevures. Souvent cette kératite se complique de blépharite, d'eczéma palpébral, d'excoriation à l'angle externe et de blépharophimosis. L'ectropion palpébral peut survenir (V. la fig. 130, page 609, dans l'art. Conjonctivites).

Ici encore on peut assister aux récidives nombreuses, traînantes pendant des mois et des années. Et si une phlyetène bien superficielle, soignée à temps peut disparaître sans laisser de taie, il y a à craindre que dans cette longue série de phlyclènes qui apparaissent à des intervalles indéterminés, quelques-unes ne soient profondes et n'entament les lames cornéennes, et c'est, en effet, ce qui arrive souvent, aussi lorsque le calme renaît, la guérison est-elle acquise au prix de nombreuses taies qui réduisent plus ou moins la vision et pour toujours, car jusqu'à présent les taies résistent à tout traitement; c'est du tissu cicatriciel indélébile. Les complications iriennes sont exceptionnelles.

Les déformations apportées par les taies non seulement diminuent l'acuité visuelle, mais déforment la cornée qui devient toujours irrégulièrement astigmate, myopique et parfois staphylomateuse. Le strabisme peut être la conséquence de ces taies.

Les rechutes fréquentes qui durent très longtemps, enlèvent le repos aux malades, les privent de sommeil, de distraction, apportent une entrave sérieuse aux études et comportent déjà un grave pronostic, mais ce dernier peut s'assombrir encore davantage lorsque la cornée s'opacifie dans toute

585 Conjonctive (Affections diverses).

son étendue et dans toute sa profondeur, s'infiltre en totalité, se recouvre d'un tissu nouveau, vasculaire, d'un pannus dit impétigineux. La cornée court alors les plus grands risques de rester opaque et même de se perforer. En cas de perforation, le moins qui puisse arriver est un leucome adhérent.

Les éléments éruptifs siègent sur la conjonctive ou sur la cornée ou simultanément ou alternativement sur ces deux membranes. Le bouton est formé de cellules rondes, embryonnaires. Dans la cornée, les leucocytes suivent le trajet d'un filet nerveux, s'accumulent sous l'épi thélium,; ce dernier s'exfolie et se répare. Le nom de phlyctène ne convient donc pas à cette néoformation constituée par un amas sous-épi thélial d'éléments cellulaires (polynucléaires, éléments épithélioïdes et quelques cellules géantes), aussi doit-on préférer le nom de conjonctivite impétigïneuse à celui de conjonctivite phlycténulaire.

Diagnostic. — L'âge des malades, leur constitution, les complications impétigineuses de la face autorisent dans la généralité des cas à faire le diagnostic, mais il faut savoir que ces néoformations sont communes à la conjonctivite impétigïneuse et à d'autres conjonctivites aiguës et subaiguës - aussi pour avoir une certitude, devra-t-on s'assurer par l'examen microscopique que le bacille de Wecks et le diplobacille ne sont pas en cause. Grâce aux symptômes généraux, aux lésions cutanées et aux complications, on évitera toute confusion avec les manifestations conjonctivales de la variole, de la varicelle, de l'érythème polymorphe et de l'acné rosacé, avec la kératite à forme phlycténulaire dans lïnfluenza et dans l'infection endogène gonococcique. Le pannus trachomateux se développe surtout dans la moitié supérieure de la cornée, il est recouvert de vaisseaux qui se dirigent de haut en bas et parallèlement; le pannus impétigineux se développe sur n'importe quel point de la cornée, les vaisseaux ont une direction indéterminée, souvent arborescente. Une efflorescence très large, tenace, peut en imposer pour une kératite interstitielle hérédo-syphilitique.

Pronostic. — S'il n'est pas toujours grave, il est du moins toujours sérieux, car cette affection dénote un état général mauvais, tourmente les malades pendant de longs mois; sinon pendant des années, et il est rare qu'après de fréquentes récidives il ne subsiste pas des taies cornéennes.

Lorsque les éléments éruptifs se cantonnent sur la conjonctive le pronostic esl relativement bénin pour l'œil.

Traitement. -- On doit s'attacher à traiter cette affection de bonne heure; on évitera souvent ainsi des ulcérations cornéennes profondes et des perforations. Dans la simple conjonctivite, sans kératite, on fera des lotions oculaires avec la solution boratée :

Borate de sonde 1 gramme.

Eau de lavande '20 grammes.

Kau distillée et filtrée 80 —

cl une fois par jour on introduira entre les paupières un peu de la pommade suivante :

Précipité blanc 0,50 à 1 gramme.

Vaseline 8 grammes.

Lanoline 2

Conjonctive (Affections diverses). 586

S'il v ;i douleur, blépharospasme el kératite Impétigineuse, on instillera matin el soir quelques gouttes d'un collyre à l'atropine :

Sulfate neutre d'atropine 0,05 à 0,10 centigrammes.

Eau distillée et filtrée 10 grammes.

H dans la journée on se servira de l'une ou de l'autre pommade suivante, qu'on pourra alterner suivant les indications :

1° Oxyde jaune hydraté d'hydrargyre pur fraîchement

préparé el porphyrisé 0,25 à 0,50 centigr.

Vaseline 8 grammes.

Lanoline 2

2° Chlorhydrate de cocaïne 0,30 centigr.

Iodoforme précipité par l'éther 0,00 —

Vaseline ou lanoline 8 grammes.

Lanoline 2 —

5° Iodol 1 gramme.

Vaseline 8 grammes.

Lanoline 2 —

Ces pommades sont introduites dans l'œil à l'aide d'une petite spatule en verre et non d'un pinceau. La spatule sera essuyée chaque fois avec de l'ouate imbibée d'alcool ou d'éther.

Les lotions chaudes avec la solution boratée à 1 pour 100 seront renouvelées plusieurs fois par jour.

Les lunettes bleutées ou fumées calmeront la photophobie.

L'impétigo de la face et les lésions nasales seront l'objet de soins tout particuliers. Pendant que Ton maintient l'enfant soit pour instiller le collyre, soit pour appliquer la pommade, on cautérise la muqueuse nasale avec un tampon d'ouate imbibé d'une solution de nitrate d'argent à 2 pour 100. On ajoutera des pulvérisations nasales avec de l'eau distillée tiède additionnée de quelques gouttes d'une solution d'alcool mentholé à 1 gr. pour 20 gr, ou avec de l'eau oxygénée à 12 volumes, étendue de 10 fois son volume d'eau bouillie.

Le soir on enduira les narines de la pommade suivante :

Acide borique 2 grammes.

Menthol 50 centigrammes.

Vaseline 8 grammes.

Lanoline 2 —

El dans la journée priser la poudre suivante :

Acide borique ) .*

, ' > aa 15 grammes.

Camphre S

Salol 5

Menthol 50 centigrammes.

Enfin on instituera le traitement général (V. Scrofule, Tuberculose, Impétigo) et l'on fera disparaître la phtiriase.

II. — CONJONCTIVITE FOLLICULAIRE. — Catarrhe folliculaire. — On désigne sous ce nom diverses affections de nature inconnue, de symptômes variables selon l'âge des malades, et qui ont pour caractère commun une lésion caractérisée anatomiquement par le développement de follicules. Et

5 8 7 Conjonctive (Affections diverses).

encore l'étude anatomo-palhologique du follicule ne montre pas une néoformation typique qui puisse être différenciée dans tous les cas. Il s'agit d'une formal ion nodulaire située dans la couche adénoïde de la conjonctive, composée de fibrilles conjonctives retenant dans ses mailles des cellules lymphoïdes, du tissti adénoïde. C'est une sorte d'inflammation proliférai ive semblable à celle du trachome, mais qu'on ne saurait identifier à celte dernière dont ces affections sont dissemblables. Ce follicule est la caractéristique de l'affection.

Actuellement on ne peut donc classifîer les divers groupes de conjonctivite folliculaire que d'après l'âge des sujets et l'évolution. On n'a aucune indication étiologique de nature parasitaire ou microbienne.

Chez les enfants et les adolescents on rencontre fréquemment une variété de conjonctivite folliculaire caractérisée par la présence sur la conjonctivite de follicules inférieures, apparaissant insidieusement, ne donnant lieu à aucun trouble visuel, à aucun symptôme subjectif, à marche très lente, durant des mois et finissant toujours par disparaître à la longue sans avoir compromis l'intégrité des tissus de la conjonctive et de la cornée. Les follicules sont nombreux; ils apparaissent sous la forme de petites granulations, de nodules ronds, pâles, blanc rosés, translucides, épars, isolés ou nombreux et rangés en file, comme des grains de chapelets, souvent disposés en lignes, en sillons, parallèles au rebord palpébral. Le follicule soulève la conjonctive qui garde sa coloration normale, n'est ni hyperémiée, ni congestionnée, ni enflammée comme s'il s'agissait d'une lésion de nature inflammatoire. Ces formations nodulaires sont situées dans le cul-de-sac conjonctival, de préférence sur la conjonctive tarsienne inférieure, très rarement sur la conjonctive tarsienne supérieure, bulbaire ou sur le repli semilunaire. Il y a très peu ou pas de sécrétion.

Les symptômes subjectifs sont peu marqués. L'affection passe le plus souvent inaperçue ; rarement les malades se plaignent de photophobie, de démangeaisons ou de clignement et c'estdans un examen fortuit que l'affection est reconnue la plupart du temps. Cette affection est longue, elle dure des mois, mais disparaît toujours avec ou sans traitement et sans laisser de traces, contrairement au trachome qui se termine pardes lésions régressives et une cicalrisation rétractile.

Le pronostic est donc bénin et il n'y a guère à insister sur le traitement. La conjonctivite folliculaire est fréquente dans les écoles, les pensionnats mais on conçoit qu'en raison de sa bénignité, de sa guérison certaine, et de notre ignorance sur sa pathogénie il ne faut pas, par raison de prophylaxie, éloigner les enfants des écoles. On se bornera comme traitement à des collyres borates ou boriques, à la pommade à l'icthyol (I à 15 pour 100). On recommandera le séjour dans un air frais et pur, et les fortifiants.

Bien différente de cette variété est la conjonctivite aiguë avec follicules. Elle est rare, atteint les adultes, s'accompagne de symptômes de gêne, d'irritation, d'injection de la conjonctive. Les follicules ne sont plus en général limités à la paupière inférieure, on les voit aussi à la paupière supérieure, comme dans le trachome. Il s'agit le plus souvent de conjonctivite à allure aiguë, mais parfois l'affection peut traîner des mois et même des années, ce qui autorise à admettre une forme chronique.

Conjonctive (Affections diverses). ^XX

La conjonctivite diplobacillaire ou pneumococcique peu! revêtir la forme folliculaire, mais alors on constate dans la sécrétion le diplobacille ou le pneumocoque. Dans la conjonctivite aiguë folliculaire on ne constate aucun élément parasitaire ou microbien spécial.

Le t rai te m en! consistera en instillations de collyre au sulfate de cuivre (à 0,25 pour 10), de nitrate d'argent (0,10 pour 100), de cautérisation avec le crayon de sulfate de cuivre (à 50 pour 100) précédée d'une instillation de collyre d'adrénaline à I p. 1000 afin d'atténuer la douleur; de sulfate de zinc à 1 pour 40 ; en applications de compresses oxycyanurées (0,10 pour 1000).

Les instillations de collyres, notamment ceux déserine et d'atropine plus ou moins longtemps continués peuvent déterminer une conjonctivite avec follicules, mais il s'agit alors de lésions artificielles spéciales.

III. — CONJONCTIVITE GRANULEUSE. — Trachome. — Affection de nature infectieuse, probablement microbienne, plus fréquent chez les enfants et les adolescents que chez les adultes, très répandu dans certains pays et notamment en Egypte. La contagion paraît se faire non par l'air, mais directement par les mains, les linges, lavages. Toutes les irritations, la malpropreté, les poussières, les conditions anti-hygiéniques semblent le favoriser.

La conjonctive du tarse et des culs-de-sac est rouge, épaisse, rugueuse, hypertrophiée. Celle du tarse surtout est comme veloutée, recouverte de papilles, de petites élevures (hypertrophie papillaire). Entre ces excroissances papillomateuses apparaissent, à moins qu'elles ne soient cachées par elles, des granulations trachomateuses, grises, translucides, d'aspect gélatiniforme. On les a comparées à du frai de grenouille ou à des grains de sagou bouilli. Ces granulations siègent surtout dans les culs-de-sac. La conjonctive bulbaire est indemne, seulement injectée dans les cas graves. Soit parce qu'il est sensible à la lumière, soit parce que la paupière supérieure est recouverte de granulations, l'œil est moins ouvert que normalement.

La sécrétion est minime et lorsqu'elle prend une certaine importance elle est le fait d'infection surajoutée, le trachome ne revêtant jamais la forme d'ophtalmie purulente.

Les lésions de la cornée constituent la principale complication du trachome ; cette membrane s'altère en haut, elle devient intégrale, grisâtre, vasculaire. Ce pannus trac/iomateux reste ordinairement limité au segment supérieur de la cornée, mais dans les cas graves il progresse et envahit toute la cornée et se complique souvent d'iritis. Le pannus, lorsqu'il est superficiel, est susceptible de disparaître sans laisser de traces ; il n'en est pas de même lorsqu'il est profond et la vision est désormais compromise. Il en est ainsi en cas d'ulcérations de la cornée, ces ulcérations provenant soit du processus trachomateux (kératite trachomateuse), soit d'infections superposées.

Le trachome peut s'étendre aux voies et aux glandes lacrymales.

Cette forme de trachome liée aux complications cornéennes est de longue durée; pendant des années le malade souffrent de leurs granulations et parfois violemment lorsque les lésions cornéennes s'accompagnent de photophobie. Pendant cette longue période s'accomplit la cicatrisation de la

589 Conjonctive (Affections diverses).

conjonctive : c'est la terminaison du processus trachomateux. Et le plus souvent celle cicatrisation laisse après elle une déformation des paupières avec entropion de la paupière supérieure consécutive à la rétraction cicatricielle du tarse, de l'ectropion de la paupière inférieure par interposition entre la paupière et le globe oculaire de la conjonctive épaissie, un symblépharon postérieur dû à l'effacement des plis du cul-de-sac conjonctival par rétraction cicatricielle, et enfin le xérosis conjonctival qui détermine l'épidermisation et la sécheresse des tissus.

Le pronostic est très grave, car les complications cornéennes, très sérieuses par elles-mêmes et entretenues souvent encore par l'entropion, ne laissent qu'une vision très abaissée lorsqu'elles ne conduisent pas à la cécité les malheureux trachomateux, après les avoir tourmentés pendant de longues années.

Dans certains cas, la guérison s'effectue sans laisser de traces profondes, il s'agit alors de formes bénignes, ou de cas heureusement modifiés par le traitement, mais on ne peut guère compter sur celte terminaison favorable, car ce n'est pas la marche habituelle du trachome qui, au contraire, est une des causes principales de la cécité.

Traitement. — Il n'y a pas d'affection oculaire à laquelle la thérapeutique ait payé un aussi large tribut, et malgré tous les efforts les résultats sont plutôt médiocres. Le trachome et le décollement de la rétine sont l'opprobre de l'ophtalmologie.

Les cautérisations avec le nitrate d'argent et le sulfate de cuivre constituent la base du traitement.

Lorsque les symptômes ont un caractère aigu on cautérisera avec le nitrate d'argent :

Nitrate d'argent 20 centigrammes.

Eau stérilisée et filtrée 10 grammes.

Pendant les périodes de calme on modifiera l'hypertrophie conjonctivale par les cautérisations au sulfate de cuivre :

Glycérine 10 grammes.

Sulfate de cuivre 50 centigrammes.

Ces cautérisations seront continuées longtemps.

On fera en outre des lotions journalières avec la solution à l'oxycyanure de mercure :

Oxycyanure de mercure 10 centigrammes.

Eau stérilisée et filtrée 500 grammes.

Dans les cas chroniques avec tendance à l'envahissement de la cornée, on interviendra chirurgicalement par les scarifications, le. brossage, le curettage et l'expression du tissu trachomateux. Dans le cas de pannus rebelle et total, lorsque le trachome est désentlammé, desséché, on appliquera la poudre de jéquirity pendant deux à trois minutes. Le réaction consécutive prend une allure grave, mais la cornée se dépouille et devient transparente.

Dans les cas d'ulcérations de la cornée avec pholophobie intense et blépharospasme on cautérisera les ulcérations au thermo-cautère et on fera de

Conjonctive (Affections diverses). 590

grands lavages oculaires avec les deux solutions suivantes chaudes qu'on alternera :

1° Permanganate de potasse 20 centigrammes.

Eau stérilisée e1 filtrée 1 litre.

kJ" Borate de soude 10 grammes.

Acide salicylique 1 gr 50

Eau stérilisée et filtrée 1 litre.

De plus, on soumettra les malades aux meilleures conditions hygiéniques.

IV. -- CONJONCTIVITE PRINTANIÈRE. — Catarrhe printanier. — Affection peu fréquente qui atteint le plus souvent les entants de o à 10 ans et dont l'étiologie est actuellement bien obscure. Après des phénomènes d'hyperémie et de vascularisation apparaissent, sur les conjonctives palpébrale et bulbaire, des végétations lardacées, aplaties, en pavage (fig. 125),

Fig. 125.

Conjonctivite printanière (Péchin).

souvent péricornéennes ou au niveau des tarses. La conjonctive peut être simplement épaissie et présenter une teinte laiteuse, opaline (fig. 126). Une forme habituelle consiste dans la présence d'éruptions phlyeténoïdes sur le limbe conjonctival et d'un bourrelet proéminent plus ou moins large, rouge pâle, d'aspect gélatiniforme plus accentué dans l'espace interpalpébral. La sécrétion est insignifiante ou nulle et les malades ne se plaignent que d'une sensation de piqûres ou de brûlures dans les yeux. Les paupières supérieures sont un peu abaissées (faux plosis).

Dans les formes anormales, les végétations peuvent devenir énormes ; c'est la forme végétante, papillomateuse.

La cornée reste intacte généralement, mais peut présenter un pannus vasculaire à la partie supérieure, formant un croissant.

Conjonctive (Affections diverses).

Celte affection récidive souvent au printemps, s'atténue pendant le froid et disparaît à la longue et spontanément (fîg. 127).

Traitement. — Tous les traitements locaux employés jusqu'à ce jour ont

Fig. 126. — Conjonctivite printanière (Péchin). Malade de la figure 125. Guérison spontanée au bout de 3 ans.

Fig. 127. — Conjonctivite printanière (Péchin).

eu peu de succès. Les lotions boriquées ou boratées, l'excision des végétations et la cautérisation au thermo-cautère sont indiquées.

Matin et soir on instillera quelques gouttes du collyre suivant :

Sulfate de zinc 20 centigrammes.

Solution d'adrénaline à 1 p. 1000 5 grammes.

Eau stérilisée et filtrée 15

On placera les malades dans les meilleures conditions d'hygiène.

Conjonctive (Affections diverses). 592

V. - PEMPHIGUS DE LA CONJONCTIVE, de la cornée, des paupières. — Le pemphigus oculaire esl la manifestation dans l'œil et ses annexes d'une affection caractérisée par une éruption huileuse et dont La nature et l'étiologie nous sont encore actuellement inconnues, mais se rattachant plus particulièrement à la forme <le pemphigus chronique, pemphigus vrai.

La nature du pemphigus esl Ignorée el il esl impossible actuellement de dire s'il s'agil d'infection ou d'un trouble nerveux, et, en particulier pour l'œil, d'une altération trophique de la conjonctive et de la cornée résultant d'une lésion de la branche ophtalmique du Irijumeau et de ses ganglions.

Le pemphigus dit hystérique est loin d'être prouvé: lorsqu'on a pu surveiller les malades on a acquis la certitude que dans la plupart des cas il s'agissait de simulation et que les sujets avaient créé eux-mêmes les lésions.

Affection rare, survenant vers l'âge de 50 ans. Il s'agit en général de personnes débilitées, affaiblies, amaigries, dont l'état général est mauvais, en convalescence d'affections de nature infectieuse.

Les bulles de pemphigus se développent subitement et soulèvent l'épit hélium conjonctival ou cornéen. Le développement rapide peut s'accompagner de rougeur, de larmoiement et de douleurs comme s'il s'agissait d'un traumatisme. Ces bulles sont arrondies ou ovalaires, forment des saillies transparentes ou jaunâtres, dépressibles, fluctuantes. La bulle crève et l'ulcération qui lui succède se répare et guérit en laissant une cicatrice blanche plus ou moins étoilée qui se rétrécit et tire sur la muqueuse voisine.

Les bulles se reproduisent par poussées à des intervalles plus ou moins longs, de telle sorte que la conjonctive devient cicatricielle, xérolique; les culs-de-sac se rétrécissent progressivement, disparaissent et les paupières sont immobilisées sur le globe par un symblaphéron.

La cornée est souvent atteinte primitivement par les bulles de pemphigus; elle peut l'être en dernier lieu lorsque le xérosis est total.

Le diagnostic est facile lorsqu'on voit les bulles se former ou que les malades en présentent sur d'autres régions; mais dans le pemphigus primaire de la conjonctive et surtout lorsque le symblaphéron est très avancé le diagnostic est difficile. Les bulles sont d'ailleurs très éphémères et souvent on ne constate que les ulcérations.

On soulagera les malades par des lotions aseptiques, afin d'empêcher une infection secondaire et l'on appliquera la pommade cocaïnée et iodoformée.

VI. — CONJONCTIVITE MORBILLEUSE. — La blépharo-conjonctivite morbilleuse est constante. Elle apparaît généralement avant l'éruption cutanée; elle l'accompagne ou la suit. N'apparaît jamais avant les symptômes généraux. Sa durée est habituellement courte, de quelques jours, mais elle peut se prolonger pendant 15 jours à 5 semaines.

Il s'agit le plus souvent d'un catarrhe aigu, avec sensation de gêne et photophobie. Le bord des paupières est rouge, érylhémateux, les conjonctives bulbaire et palpébrale injectées. La sécrétion d'ailleurs très légère ne renferme aucun microbe spécifique.

Il est exceptionnel que la conjonctivite revête un caractère blennorréique ou diphtérique et que la cornée soit atteinte.

595 Conjonctive (Affections diverses).

Mais à cela ne se bornent pas les accidents oculaires dans la rougeole. Pour ne parler que des complications blépharo-kérato-conjohctivales on doil signaler toutes les conjonctivites phlycténulaires, la conjonctivite staphylococcique, les abcès palpébraux, la suppurai ion des glandes de Meibomius. Ces complications sont tardives, s'observent au décours de la rougeole comme on les voit survenir aussi à la suite d'autres fièvres empli ves. Ces complications sont dues à des infections secondaires.

Le pronostic de la blépharo-eonjorictivite morbilleuse proprement dite n'est pas grave. Il n'en est pas de même des complications; c'est à celles-ci que la vision doit d'être souvent diminuée par les taies qu'elles laissent comme reliquats.

Traitement. — Il consiste dans l'asepsie des bords palpébraux, de la conjonctivite et des fosses nasales.

VII. — CONJONCTIVITE VARIOLEUSE. -- La variole peut déterminer des lésions vésiculeuses sur la conjonctive et la cornée. C'est l'ophtalmie variolique primitive.

Au décours de la variole des infections secondaires peuvent survenir et les affections oculaires primitives se compliquent. C'est l'ophtalmie posl-varioliquc qui se développe par infection secondaire et qui détermine des lésions cornéennes, des ulcères serpigineux. Ces lésions secondaires sont tardives.

Le pronostic est toujours sérieux; autrefois l'ophtalmie variolique, tant par ses lésions primitives (pic par ses lésions secondaires, était une cause fréquente de cécité. Actuellement, grâce à la vaccine, ces ophtalmies sont moins nombreuses et elles sont moins graves chez les vaccinés.

Le traitement préventif est la vaccination. Une fois l'affection déclarée on surveillera les yeux et si les paupières sont gonflées on se servira d'écarleurs afin de bien se rendre compte des lésions et de faire des lotions aseptiques qui auront aussi pour but d'éviter les infections secondaires.

VIII. — LÉSIONS CONJONCTIVALES DANS L'ÉRYTHÈME POLYMORPHE. II est actuellement impossible de se prononcer sur la nature des

lésions conjonclivales qui peuvent compliquer les manifestations cutanées décrites sous le nom d'érvlhème polymorphe. Sous cette dernière appellation on l'ange, en effet, des faits disparates qui révèlent des causes mulliples et notamment d'intoxications ou d'infections extrinsèques. Ces causes peuvent retentir sur le globe oculaire et déterminer des lésions for! graves.

Dans un cas d'érythème polymorphe succédant à une éruption purpurique chez une fillette de 17 ans hérédo-syphililique, nous avons vu la cécité survenir à la suite dune double irido-choroïdile à forme subaiguë. Pareils graves accidents peuvent se rencontrer dans d'autres infections qui se traduisent sur la peau par l'éruption dite érylhème polymorphe. La conjonctive seule peut être lésée cl alors il s'agit d'une simple injection conjonclivale ou de papules rosées ressemblant à des papules d'épiselérite, lésions en somme bénignes, car elles guérissent en quelques jours.

Traitement. — Lotions avec la solution suivante chaude :

Borate de sonde . . . , r> grammes

Eau distillée de lavande 500 —

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