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IV M. C

Conjonctive (Affections diverses). 59 î

ACNÉ ROSÉ DE la CONJONCTIVE. — G'esl une complication oculaire qu'on peut trouver chez les sujets atteints d'acné, c'est-à-dire de lésions folliculaires de la peau el notammenl à la face cl qui ont pour substral uni la séborrhée. Il s'agil surtoul d'acnés congestives, de couperose. Celle affection ne doit pas être confondue avec la conjonctivite impétigineuse avec laquelle olle a une grande ressemblance. La cornée peut aussi être atteinte et celle kératite ressemble également à la kératite impétigineuse.

Le traitement local consistera en lotions boratées, en application de pommade à l'ichthyol à 5 pour 100. On fera en outre le traitement général.

PINGUICULA. — La pinguicula est une lésion de la conjonctive due à la multiplication, à i'épaississement des libres élastiques et renfermant de la substance hyaline jaune qui donne sa couleur à la pinguicula. Ce n'est pas du (issu graisseux comme l'indique son nom (pinguis, graisse).

Son siège au niveau de la fente palpébrale donne à penser que la cause de celle modification conjonclivale est une irritation de la muqueuse par des influences atmosphériques, comme d'ailleurs le ptérygion qui, lui aussi, serait dû aux mêmes influences et ne serait qu'une complication de la pinguicula.

On l'observe habituellement après 40 ans el surtout chez les personnes âgées.

Tant que la lésion est restreinte il n'y a rien à faire; si elle a tendance à se transformer en ptérygion on doit l'enlever.

PTERYGION. — On désigne sous ce nom une membrane vasculaire, opaque, ayant la forme d'un repli triangulaire de la conjonctive bulbaire, repli qui ressemble par sa forme et ses stries à l'aile des hyménoptères (tctes-j;, aile) : le sommet du triangle est dirigé du côlé de la cornée qu'il tend à envahir et la base s'étend au niveau de la conjonctive bulbaire.

Son siège est au niveau de la fente palpébrale, le plus souvent au côlé interne, rarement au côlé externe de la cornée. Les deux yeux peuvent être atteints; on en a môme vu deux sur chaque œil, un externe, l'autre interne.

Le ptérygion est épais, rouge, vasculaire, se développe lentement et atteint la cornée sur laquelle il peul avancer jusqu'au centre (ptérygion progressif); ou bien il s'est arrêté dans son évolution (ptérygion stalionnaire), el dans ce cas il est mince, pâle, presque sans vaisseaux el tendineux.

Pour peu que la pointe s'avance dans Taire pupillaire la vision est compromise définitivement, car même après l'ablation il subsistera du tissu cicatriciel. Le ptérygion détermine souvent un étal congeslif de la conjonctive et une diminution de la mobilité du globe oculaire.

Les mêmes influences externes et indéterminées qui agissent sur la conjonctive bulbaire au niveau de la fente palpébrale pour déterminer la pinguicula interviennent, selon certains auteurs, pour créer le processus dégénératif qui va transformer la pinguicula en ptérygion. La pinguicula est une altération dystrophique, une dégénérescence hyaline sénile de la conjonctive bulbaire située dans une région très limitée au bord externe ou interne de la cornée. Aussi les sujets atteints de pinguicula comm de

,V,>;> Conjonctive (Tumeurs).

ptérygion sont-ils âgés et exposés aux vents et à la poussière. La pingûicula a'est que la période initiale du ptérygion, mais ce dernier n'est pas le terme nécessaire de l'évolution de la pingûicula. Celle étiologie et celle pathogénie ne sont pas admises généralement ; ce n'est qu'une hypothèse. La nature du ptérygion esl ignorée.

Traitement. — Excision et réunion avec soin des bords do la plaie afin d'éviter loule récidive. Le ptérygion esl saisi vers son extrémité (col) avec une pince. On dissèque la tête en évitant de léser le lissu sain de la cornée; la membrane du ptérygion esl séparée du tissu sous-jacenl et réséquée à sa base. Les bords conjonclivaux seront salures avec soin et, si la réunion se faisail avec quelque difficulté en raison de la largeur du plérygiou, on libérerait la conjonctive par des incisions. Opéré de bonne heure, le plérygiou laisse la cornée intacte et ne récidive pas. Dans certains cas exceptionnels, les récidives surviennent, quoi qu'on lasse, el peuvent amener la cécité (ptérygion malin).

PSEUDO-PTÉRYGION. — A la suite de certains processus inflammatoires de traumatisme, ou d'ulcération chronique superficielle de la cornée au niveau du limbe, des replis conjonclivaux peuvent simuler le vrai ptérygion. Ces faux ptérygions n'ont plus le siège habituel au niveau de la feule palpébrale; ils peuvent siéger sur n'importe quel côté de la cornée.

Traitement. — Excision.

AFFECTIONS DE LA CARONCULE ET DU PLI SEMi-LUNAIRE. — Indépendamment de la participation à toute conjonctivite la caroncule et le pli semi-lunaire sont souvent le siège d'une inflammation bien localisée (conjonctivite angulaire) due soit aux poussières, aux corps étrangers, aux frottements avec les doigts, soit au développement anormal des poils de la caroncule (trichiasis caronculairc), soif encore à un ectropion angulaire, soit à une ancienne conjonctivite.

Les observations de phlegmons et furoncles sont rares.

Les glandes sébacées ou acnéo-tubuleuses peuvent contenir des infarctus qui apparaissent comme des grains jaunâtres, de la cholestérine, des sels terreux (encanthis calculeuse).

Sous le nom d'encanthis (év xavôôç, angle oculaire) les anciens décrivaient les néoplasmes bénins et malins de celte région dans laquelle on a observé des hypertrophies polypeuses ou papilair es, le fongus hématode (encanthis fongueux) formé par un tissu cellulaire dense, parcouru par de nombreux vaisseaux sanguins el recouvert de plusieurs couches épithéliales ; le sarconie- (mélano-sarcome, fibro-sarcome, lymphosarcome); le dermoïde, l'angiome le lynaphangiome, le Pibrolipome el enfin des tumeurs d origine épithéliale : adénome, adéno-pàpillome et, épithélioma.

Ces diverses tumeurs devront être enlevées aussitôt que possible.

PÉCHIN

CONJONCTIVE (TUMEURS . — I- Polype. — Petite tumeur molle, ayant parfois la consistance du tissu fibreux ou cartilagineux, pédiculée, à surface lisse ou granuleuse, mamelonnée, rouge, saignant facilement, de structure

Conjonctive (Tumeurs).

variable ei presque toujours formée de lissu fibro-conjonclif analogue à celui des polypes des fosses nasales (petits fibromes), siégeant sur n'importe quel point de la conjonctive el principalement dans le fornix supérieur ou inférieur on au niveau de la caroncule. Elle ne détermine que peu ou pas de gêne quand elle es! petite, provoque du larmoiement quand elle est voisine des points lacrymaux. Généralement petite; assez grosse par-fois pour faire saillie à travers les paupières.

Le diagnostic est facile, mais il faut penser que la tuberculose conjonctivale peut prendre celle forme polypeuse et en ce cas il \ a de l'adénopathie correspondante. Le polype peut être aussi une néoformation due à la présence d'un corps étranger.

Traitement. - - Excision suivie de cautérisation an nitrate d'argent on avec le thermocautère. Elle ne récidive pas après l'ablation. L2° Granulome. — V. Paupières, Tumeurs.

5° Papillome. — Tumeur due à l'hypertrophie du corps papillaire (lissu conjonctif et vaisseaux) et recouverte d'un épithélium normal. La structure est comparable à celle des verrues, ce qui ne signifie pas qu'il y ait identité. Lorsque le revèlemenl épithélial prolifère, le papillome subit la transformation épithéliomateuse. De nombre et de volume variables les papillomes peuvent siéger en divers points de la conjonctive el former une crête saillante sur le bord libre (hypertrophie papillomateuse du derme). Il esl rare que le papillome atteigne un grand développement : on l'a vu au niveau du limbe se transformer en épithéliome el envahir loule la cornée. Son développement ne s'accompagne pas de phénomènes d'inflammation chronique.

Il récidive facilement. On l'observe notamment chez les personnes âgées. Traitement . — Excision et cautérisation ignée de la région d'implantation.

4° Kystes 'séreux. — Ces kystes, en général très petits, proviennent de révolution de l'épithélium introduit dans le feuillet moyen par un traumatisme quelconque [kyste par inclusion), ou bien se développent dans les glandes de Krause ou dans les dépressions épithéliales (glandes de Henle), ou encore dans toutes les néoformations glandulaires, sortes de digilations dans les tissus profonds de la conjonctive (kyste glandulaire). Un bourgeon aberrant de l'épithélium peut se développer tardivement (kyste congénital). Ils siègent sur n'importe quelle région de la conjonctive, notamment dans les culs-de-sac, et se rencontrent surtout sur des conjonctives enflammées. Le kyste glandulaire est transparent ou demi-transparent, il renferme de l'épithélium en voie de dégénérescence, des leucocytes, des globules rouges el parfois des granulations jaunâtres composées d'un détritus enkysté dû à la dégénérescence épithéliomateuse ou à la métamorphose des éléments sanguins et, dans certains cas, à des grains dégénérés d'actinomyces (concrétions^ dacryoiithes, lithiase, calculs (te fa conjonctive). Il siège surtout dans le cul-de-sac inférieur el en dehors. Peu! acquérir un volume assez gros.

Les kystes séreux dils lymphatiques (angiëctaeie lymphatique, varicocèle lymphatique, cariées lymphatiqiœs) ont une étiologie obscure. Ils se déve-

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loppenl dans les vaisseaux el espaces lymphatiques de la conjonctive' el notamment dans les capillaires, siègent sur la conjonctive bulbaire au voisinage de la cornée, à l'extrémité du diamètre horizontal. L'ectase lymphalique se présente sous divers aspects; tantôt il y a un réseau plus ou moins développé, s'étendant parfois à toute la conjonctive bulbaire dont le système lymphatique semble injecté, tantôt les poches kystiques sont bien distinctes, en nombre variable. Souvent il n'y a qu'un seul petit kyste.

Le traitement de ces kystes esl Tablai ion, ou l'écrasement avec une pince.

5° Cysticerques. — Le kyste conjonctival dû au cysticerque siège dans les culs-de-sac el le plus fréquemment aux angles. Son étiologie est celle de la ladrerie en général. On le trouve principalemenl chez les enfants" et les personnes jeunes. 11 représente l'état larvaire du lamia solium. La pénétration a lieu le plus souvent par l'intestin, puis par les vaisseaux sanguins. Dans certains cas on a cru pouvoir admettre la pénétration directement dans la conjonctive à la suite de traumatisme. Le kyste est composé dune vésicule renfermée dans une capsule de tissu conjonctif qui s'est développée autour de l'animalcule. La conjonctive qui l'entoure est parcourue par des vaisseaux dilatés. Sa forme est sphérique ou ovalaire. Son volume varie de celui d'un pois à celui d'une noisette. Début insidieux et développement en général rapide. A la partie centrale du kyste on peut voir dans certains cas une tache jaune ou rose, pâle ou blanchâtre, due à la rétraction de la tète et du cou dans la vésicule caudale. Le kyste est ordinairement mobile sur les tissus sous-jacents; il peut adhérer à la sclérotique, à un muscle. Parfois complications inflammatoires si le kyste vient à suppurer. En général il n'y a pas de troubles fonctionnels; pou1 ([lie ceux-ci apparaissent il faut un siège spécial d'un certain volume , dans ce cas on constate du plosis et du strabisme.

Traitement. — Incision de la conjonctive et énucléation du kyste.

A signaler encore, dans la conjonctive, la fîlaire et le ver sous-conjonctival (loa) qui produisent plutôt une tuméfaction qu'un kyste.

6° Dermoïdes de la cornée et de la conjonctive. — rumeurs congénitales dont la pathogénie est très controversée. Une partie de l'ectoderme qui devrait se transformer en muqueuse acquiert peu à peu la structure de la peau, parce que les paupières incomplètement formées ont laissé celle partie à découvert (Ryba). D'après Osborn, le dermoïde se développerait aux dépens du bourgeon ectodermique qui donne naissance au cristallin, sorte d'infection fœtale du feuillet externe du blastoderme (Remak). Gallenga est d'avis qu'il s'agit d'une greffe de la membrane nici Mante ou troisième paupière. La théorie des adhérences avec formation d'un bourgeon mésodermique a été soutenue par Lannelongue et Vassaux. Pour Dareste la compression de l'amnios amène un arrêt de développement, cl d'ailleurs Van Duyse soutient (pie les dermoïdes sont eux-mêmes des débris de brides amniotiques. Telles sont en très court résumé les diverses lliéon'cs sur lesquelles je ne puis in'élendre davantage dans cel article.

On trouve dans ces tumeurs tous les éléments constitutifs de la peau poils, glandes sébacées, follicules pileux, papilles dermiques, éléments de l'épiderme).

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Les dermoïdes se présentenl sous formes de brides Libres ou adhérentes on de petites tumeurs arrondies ou coniques ou plates, parfois pédiculées, d'un volume variable, de couleur blanche ou grise, jaunâtre ou brune, quelquefois rosée comme la conjonctive, jamais injectées ni vascularisées. Leur surface est lisse ou inégale, grenue, couverte de sillons entrecroisés analogues à ceux de la jxnui, exceptionnellement recouvertes de petites pupilles. Leur siège d'élection esl la partie externe el inférieure du limbe, envahissant plus ou moins la cornée el quelquefois adhérant à toute la surlace de celle dernière membrane.

Ces tumeurs ou lu-ides congénitales conservent leur volume primitif jusqu'à la puberté ; à cette époque elles peuvenl subir un accroissement et se couvrir <le poils.

Exceptionnellement le lissu conjonctif se développe anormalement donnant lieu au dermo-fibrome épibulbaire (dermoïde congénital transformé).

Les complications oculaires fréquentes sont le colobome (\vs paupières, de l'iris, de la choroïde, la microphtalmie, le iagophtalmos, les kystes du sourcil; du côté du crâne on a noté l'encéphalocèle et le céphalhématome. Enfin comme complications rares à signalera la peau de la face, les verrues, les naevi, les malformations de l'oreille (repli de la conque, absence du conduit auditif exlerne) le bec-de-lièvre, le colobome des ailes du nez. la syndactylie.

Les dermoïdes sont des tumeurs bénignes. Le pronostic n'est grave qu'en cas de participation de la cornée à la tumeur.

Traitement. — Exlirpalion aussitôt (pie la tumeur gène ou détermine des phénomènes inflammatoires. On fera l'abrasion en évitant d'entamer la cornée ou la sclérotique.

7° Lipome et dermo-lipome sous-conjonctivaux. — (les tumeurs sont congénitales et, si elles ne sont pas toujours reconnues à la naissance, c'est qu'on ne peut les constater parfois qu'en écartant les paupières. Le siège de prédilection esl le limbe: dans la région supéro-externe, entre les insertions du droit et du droit exlerne. On peul remarquer sur l'autre œil, en un emplacement symétrique, un espace jaunâtre, non saillant, qui représente la même lésion à l'état embryonnaire. Cette même constatation a lieu pour le dermo-épilhéliome, elle témoigne de la congéni tablé de ces tumeurs. 11 s'agit, le plus souvent, d'un dermo-lipome, par inclusion sous la conjonctive d'éléments épidermiques, ou d'un lipome pur développé aux dépens du tissu graisseux sous-conjonclival. Mais le lipome pur est très raie; il ressemble an dermo-lipome: la conjonctive d'aspect d'ailleurs normal reste indépendante, alors qu'elle glisse mal sur le dermo-lipome et même lui esl souvent adhérente.

Le dermo-lipome a un volume variable; il esl de consistance molle, mobile sur sa base. Ses attributs épidermiques sont rudimentaires.

Habituellement pelil à la naissance, il passe inaperçu, et c'est lorsqu'il a pris lentement el régulièrement un volume qui devient une cause de gêne ou de difformité (pie les parents consultent.

Les nsevi des paupières et des régions voisines, le colobome palpébral, la cataracte, l'eelopie pûpillaire ont été signalés comme lésions coexistantes.

;><)<) Conjonctive (Tumeurs).

Traitement. -- Extirpation après incision de la conjonctive, puis fermeture avec points de suture. Avoir soin de ne pas trop poursuivre la tumeur en arrière.

8° Angiome conjonctivo-palpébraî. — Naevus vasculaire. - Ces tumeurs congénitales son! dues à la dilatai ion et à la multiplication des réseaux capillaires et des vaisseaux afférents et efférents. Il s'agit dune malformation locale du système vasculaire. Elles se divisent en angiomes artériels (tumeurs érectiles) et en angiomes veineux. L'angiome veineux esl situe profondément, sous la peau. Il est formé de cavités veineuses soulevant légèrement la peau qui prend une teinte bleuâtre et fait une saillie dont on a peine à préciser les limites à la palpation. La tumeur peut se présenter sous la forme d'une masse molle, spongieuse, diffuse, incomplètement réductible (angiome lipomateux). L'angiome artériel est plus superficiel. Suivant qu'il existe ou non un réseau de travées conjonctivales circonscrivant un système de cavernes qui communiquent entre elles on a l'angiome caverneux ou l'angiome simple (télangiectasie, angiome plexiforme). La forme télangiectasique est congénitale; la forme caverneuse se produit dans l'enfance ou dans la jeunesse au niveau des petites taches rouges tèlangiectasiques. Celte transformation n'est pas constante. L'angiome peut n'apparaître qu'à l'âge de 4 à 5 ans.

Les nœvi vasculaires de la conjonctive sont rares; ils proviennent généralement d'un angiome palpébral voisin qui s'est étendu. Ils siègent en n'importe quel point de la conjonctive, mais principalement au niveau de la caroncule. Ils apparaissent sous forme de petites taches noires, bleuâtres, violacées, rougeâtrès, disséminées ou rassemblées, ou bien sous forme d'une grosse plaque saillante ou d'une tumeur arrondie, ovoïde, pédiculée, polypoïde ou mûriforme. De volume variable, ils sont réductibles à la compressionet susceptibles d'augmenter sous l'influence de l'expiration; parfois assez gros pour faire saillie à travers la fente palpébrale. Les angiomes oonjonelivo-palpébraux peuvent être séparés ou fusionnés.

Ils s'accompagnent parfois de varicosités des veines rétiniennes, de photophobie, d'hémorragies conjonctivales, d'épistaxis (le sang passant par les points lacrymaux), et enfin de télangiectasies palpébrales faciales, orbitaires, gingivales, buccales, palatines.

Bénins par eux-mêmes, ces naevi vasculaires conjonctivaux n'ont que l'inconvénient de provoquer une irritation de voisinage, une gêne pour I occlusion de* paupières ou pour la vision et d'être disgracieux, mais il ae faut pas oublier que les nœvi érectiles ont un accroissement lent et progressif; aussi doit-on toujours intervenir afin de s'opposera leur extension cl surtout à la pénétration dans l'orbite. On a vu des cas où l'énucléation a été nécessaire par suite de récidives.

Le naevus vasculaire 'palpébral a son siège de prédilection dans la paupière supérieure.

Le volume esl variable: parfois assez grand pour gêner le mouvement des paupières ou «le l'œil.

La couleur change sous l'influence des cris, des efforts, de la position ou d'une excitation psychique.

Conjonctive (Tumeurs). 600

La tumeur esl érectile; Hic donne dans certains cas la sensation de battements isochromes avec ceux du pouls.

An début, L'angiome ne dépasse pas les dimensions d une petite tache ou d'un boulon; parfois, le bord <l<v la paupière esl simplement gonflé (ne pas confondre avec un chalazion). Ge1 étal reste quelquefois stationnaire el même disparaît. Dans la plupart des cas l'extension esl rapide, la tumeur gagne toute la paupière el s'étend aux régions voisines et à l'orbite. La propagation orbitaire a lieu souvent entre le muscle releveur et la capsule orbitaire (V. Tumeurs de l'orbite, Angiome).

Les complications <lc l'angiome palpébral ne se bornent pas à l'extension de l'angiome; ce dernier peut se modifier dans sa structure, devenir kystique ou pigmentaire, se couvrir de poils et de cils; enfin le derme et le tissu conjonctif s'hypertrophient parfois, constituent des tumeurs complexes, dégénèrent en cancer.

Pronostic. -- Bénin lorsque l'angiome esl très pelil el reste stationnaire, ce qui est rare, le pronostic est sérieux lorsqu'il s'agit d'angiome de grandes dimensions, car outre la défiguration on a à craindre la marche envahissante, et la transformation en tumeur maligne. On a observé quelques guérisons par dégénérescence fibreuse qui peut survenir spontanément ou sous l'influence de poussées inflammatoires diverses.

Diagnostic. — 11 n'y a aucune difficulté pour les angiomes superficiels. Pour les angiomes veineux sous-culanés, profonds, les angiomes lipomateux, on évitera de les confondre avec des lipomes ou des kystes. L'angiome a une coloration bleuâtre, il varie de volume, il est réductible.

Traitement. — Pour les na?vi vasculaires conjonctivaux on fera l'excision ou la ligature suivant les cas, avec au besoin quelques poinfes de thermo-cautère. Ne pas faire d'injections de perchlorure de fer; c'est un procédé dangereux. Si l'angiome paraît intéresser la sclérotique et surtout s'il s'agit d'un angiome du limbe on fera soigneusement une cautérisation au thermo-cautère.

Bien que les naevi vasculaires puissent rester slalionnaires tant sur la conjonctive que sur la peau il faut opérer de bonne heure, aussitôt qu'apparaît le naevus el quelque pelil soit-il. C'est peu de chose à faire à ce moment et en quelques jours, quelques semaines, la situation sera le plus souvent toute différente. En rien de temps la lésion minime, insignifiante du début acquiert habituellement de notables proportions.

Pour les nsevi vasculaires des paupières on doil abandonner les cautérisations ignées ou chimiques, la vaccination, la ligature, les injections coagulantes ou sclérogènes, l'ablation au bistouri. 'Foules ces méthodes ont de graves inconvénients. Toutefois lorsqu'il s'agira de toutes petites lélangiectasies (\c^ paupières, alors que le caustique ne risquera pas de fuser sur la conjonctive, on pourra se servir de l'acide nitrique ou encore du galvano ou thermo-cautère. L'excision n'aura aucun inconvénient lorsque le lambeau cutané à enlever sera minime. Toujours pour ces mêmes télangiectasies on pourra encore se borner à procéder comme s'il s'agissait d'un tatouage. Avec un faisceau d'aiguilles à tatouer on crible de petits trous la surface à soigner, puis on badigeonne avec une solution concentrée de tannin et l'on

60 1 Conjonctive (Tumeurs).

passe le crayon de nitrate d'argent, on saupoudre ensuite avec du tannin. Une petite escarre se forme, puis tombe en laissant une petite cicatrice rougeâtre qui devient plus lard blanchâtre et peu apparente. L'important est de se rappeler dans le choix de la méthode ou du procédé qu'il faut éviter les cicatrices rélracliles pouvant faire dévier le bord libre de la paupière et n'enlever un lambeau cutané qu'avec circonspection, de crainte de lectropion et de la lagophtalmie. Dans toute autre région on peut être prodigue de peau, mais en chirurgie palpébrale on doit en être avare.

Mais en dehors de ces cas exceptionnels on aura recours à l'intervention électrique (électrolyse, rayons X ou radium). Par celle méthode électrique on détermine une endartérite et une obstruction des capillaires par thrombose résultant de la destruction de leur endothélium. Au début, lorsque4 l'angiome est pour ainsi dire à l'état embryonnaire, la puncture éleetrolylique est loul indiquée. La guérison sera facile et parfaite.

V la campagne où le matériel électrique manque souvent, on pourra se servir dune fine pointe de thermo-cautère. Mais, je le répèle, à condition «pie l'angiome soit loul à fait minime, comme il l'est loul à fait à ses débuts. A ce moment le succès est facile à obtenir. Plus lard, il n'en esl plus de même et bien vile l'angiome se sera étendu. On aura le choix entre l' électrolyse bipolaire, les rayons X el le radium. Pour les nsevi plans formant des taches étendues, les rayons X et le radium ont donné des résultats remarquables, mais, en raison de la nocivité des rayons X pour l'œil, l'électrolyse bipolaire convient aux angiomes palpébraux.

Les aiguilles seront enfoncées non superficiellement, mais profondément, afin de déterminer une endartérite dans les vaisseaux profonds. On se sert d'une batterie à courants continus de 18 éléments, pourvue d'un galvanomètre et d'un collecteur ou d'un rhéostat. On fait passer pendant un court instant, une minute environ, un courant de 40 à 50 milliampères. Une ou deux séances par semaine el chaque fois 3 à \ piqûres.

A 1-approcher de ces tumeurs Y hémato-lymphangiome signalé par Baudry cl ('arrière. 11 est constitué par des cavités tapissées par un endothélium renfermant les unes du sang, les autres une substance granuleuse qui rappelle la lymphe. 11 s'agit de néoformalions sanguines et lymphatiques. A rapprocher également des angiomes les varices de la conjonctive et des. paupières, dilatations pathologiques et permanentes des veines qui peuvent présenter avec l'angiome une grande ressemblance.

9° Ostéome sous conjonctival. — Tumeur con jouet ivale, due à un trouble de développement du feuillet moyen. D'un volume variant d'un pois à une noisette, celle tumeur esl convexe à sa surface libre, concave du côté de la sclérotique sur laquelle elle s'applique sans adhérer. Siège le plus souvent en haut et en dehors. Elle esl formée d'un tissu cellulaire 1res épais renfermant du lissu osseux."

La conjonctive, la sclérotique el les membranes internes sont intactes.

Ne pas confondre l'ostéome congénital avec l'enkystemenl sous-conjonclival d'un fragment osseux à la suite d'un traumatisme (fracture de la paroi orbitaire).

10° Tumeurs conjonctivales épibulbaires malignes. Sarcomes. -

Conjonctive (Tumeurs).

Tumeurs uées dans le Lissu cellulaire sous-conjonctival, composées de cellules f usif ormes el rondes auxquelles s'ajoutent le plus souvent des éléments épithéliomateux (épithélio-sarcome, ûg. L2N, ou lumeur sarcomateuse à forme alvéolaire).

La coloration noire (sarcome mélanique) tient à la

>resence i

lans 1

es cellules de

anulations pigmen-

Fig. 128. — Coupe antéropostérieure de l'œil gauche, suivant le méridien horizontal; ah, épithèliosarcome adhérent à la partie externe de la cornée et à la conjonctive adjacente ( Panas).

taires noirâtres, pigment spécial, mélanine (mélanose vraie), ou à la matière colorante du sang mélanose hématique).

Ces tumeurs siègent principalement vers le limbe, contractent des adhérences avec les | issus sousjacenis, mais les pénètrent rarement, Aussi sonlelles d'une bénignité relative.

Traitement. — Ablation dès le début el caulérisalion au Ihermo-caulère de la surface d'implantation.

11° Sous les noms de lentigo malin des vieillards, mélanose conjonctivale, mélanose en taches progressives des paupières, on désigne des néoformations qui se rapprochent des sarcomes mélaniques. Elles proviennent souvent de la transformation d'un naevus pi gmen taire. On les rencontre sur les conjonctives bulbaire et palpébrale et la peau des paupières. Sur la peau elles apparaissent sous la forme de petits boulons noirs (grains de millet noirs) ou de plaques noires de petites dimensions mal limitées. La peau est sèche, écailleuse, paraît avoir été touchée avec du nitrate d'argent. Sur la conjonctive elles déterminent des taches noirâtres, bleuâtres. Comme les cancroïdes des vieillards, ces tumeurs peuvent rester longtemps stationnantes sans déterminer d'accidents. La transformation en mélano-sarcome est à craindre. On cite môme des cas où la généralisation s'est faite aux organes internes et a amené la mort. Le mieux est de n'y pas toucher.

12° Épithéliome de la conjonctive bulbaire (fîg. 129).' — Tumeur due à la prolifération des éléments épithéliaux (tumeur eetodermique), provenant parfois d'un naevus pigment aire. Elle est généralement petite, mamelonnée, verru-

queuse, rouge noirâtre, pouvant, comme /M**éé^>d£^kï

les sarcomes, renfermer un pigment spécial ou les éléments de la matière colorante du sang, à surface plus large (pie la base, celle-ci se limitant parfois à un pédicule qui part du limbe. Celle région limbaire est un siège de prédilection, de là la tumeur s'étend sur les parties voi-

pjo- î^o

sines, elle peut même entourer complète- Epithélioma mélanique "du limbe (Panas), ment l'œil (tumeur péribulbaire).

Exceptionnellement elle est plane el squameuse ou revêt l'aspeel d'un ermoïde.

La cornée reste souvenl indemne, comme la sclérotique d'ailleurs; tout

603 Conjonctive (Tumeurs).

au plus l'épithélium peut-il èlre altéré ou recouvert d'une substance blanche, crayeuse, écailleuse; mais elle peut être infiltrée, dissociée par les cellules néoplasiques qui pénètrent par le limbe et désorganisent le segment antérieur de l'œil, l'orbite, les ganglions, C'est la forme grave, térébrante, envahissante. Aussi devra-t-on de bonne heure enlever la tumeur et cautériser profondément sa base d'implantation.

Èpithéliome <!<> la conjonctive palpébrale. — V. Tumeurs des paupières.

15° Dermo-épithéliome. — C'est un fibrô-épithéliome (Parinaud) qu'on rencontre chez les jeunes sujels, vraisemblablement congénital parce qu'on a constaté presque toujours à la naissance la petile tache jaune ou rougeâtre par laquelle il a débuté, d'un pronostic bénin comme le dermoïde dont il se rapproche et malgré les analogies histologiques que ce néoplasme présente avec l'épi thélioma. Il a la forme d'un épaississement de la conjonctive, parfois d'une masse charnue, se développant sur les bords plutôt que vers le centre, un peu transparente, de couleur variable suivant la vasçularisation, mais plutôt jaune clair, chamois. Il siège au niveau de la fente palpébrale, surtout du côté interne. Lorsqu'il est sur le bord sclérocornéen la cornée est saine, non infiltrée. Parfois il est bien développé sur un œil, alors que sur l'autre on ne constate qu'une petite tache de début.

Le caractère bénin ressort de son évolution, mais le diagnostic certain ne peut être établi que par l'examen analomique. La saillie peut être granulée, lobulée, mais elle ne présente jamais d'ulcérations profondes; elle est mobile sur la sclérotique. On décrit parfois celte affection sous le nom de naevus non pigmenlaire. C'est une mauvaise appellation qui ne peut que créer de la confusion; gardons le terme de dermo-épithéliome que lui a donné Parinaud qui a fait la première description.

L'ablation assure la guérison définitive.

14° Lymphadénome. — Tumeur rare ayant l'aspect d'un ptérygion charnu. Se développe chez les leucocythémiques.

15° Naevi pigmentaires. Pigmentation conjonctivo-palpébrale. — Chez les personnes brunes notamment on peut observer des taches noirâtres, brunes, foncées, sur le limbe ou sur la conjonctive bulbaire et palpébrale et aussi sur la peau des paupières. Les bords palpébraux sont parfois hypertrophiés. Le limbe peut être pigmenté sur tout son trajet. Il s'agit ou bien «le pigmen talion simple ou d'éphélides (taches de rousseur), ou bien de Millièmes (signes ou grains de beauté). Dans le premier cas les taches pigmentaires sont dues à un simple vice d'évolution; dans le second il s'agil de véritables naevi pigmentaires de structure analogue à celle des aaevi mous de la peau. Ces naevi pigmentaires ne se présentent pas toujours sous la forme de peliles lâches, ils peuvent s'étendre largement, envahir [•■s sourcils, le front, le cuir chevelu et se compliquer de dermoïde de la conjonctive et de la cornée. Peliles, isolées, ces taches sont ordinairement immuables el sonl considérées alors comme des lésions conjonctivales ou dermiques insignifiantes, mais parfois sous l'influence d'irritations banales, de traitements intempestifs ou même spontanément il se produit une acti- \ilé pi gmentaire anormale, de nature maligne. Celle transformation revêt l'aspect de la mélanose conjonctivale ou palpébrale, du lentigo malin «les

Conjonctivites. OOi

vieillards, ou du sarcome alvéolaire métallique palpébral, el elle apparat! tardivement, au boul de 20, 50 el même i<> ans de quiétude parfaite. Pendant ces longs intervalles les lâches peuvent présenter des alternatives d'augmentation el de régression spontanée.

La bénignité el L'insignifiance du débul contrastent dans quelques cas avec la malignité extrême de ce cancer mélanique tardif qui peut détruire l'œil el causer la morl par généralisation.

Traitement. — On doil s'abstenir de traiter les lâches mélaniques, car la moindre irritation peul les aider à se transformer en tumeur maligne. Si celle-ci se développe on aura recours à l'ablation chirurgicale au bistouri ou la cautérisation au thermo ou galvano-cautère, soil que ces méthodes soient appliquées simultanément ou séparément. La radiothérapie esl une nouvelle méthode de traitement qui a donné des succès.

De larges plaques de n.evi pigmentaires des paupières s'étendant aux régions voisines ont pu être enlevées et traitées par l'autoplastie avec succès. La nature intime de ces larges naevi esl probablement différente de celle des petites lâches (pion ne peut loucher sans risquer de les transformer en tumeur maligne. PÉCHIX.

CONJONCTIVITES. On peut actuellement diviser les conjonctivites en con-

jonctivites aiguës spécifiques : conjonctivite catarrhale {bacille de Weecks) : conjonctivite subaiguë diplobacillaire (diplobacille) : conjonctivite blennorragique (gonocoque) ; conjonctivite diphtérique (bacille de Klebs et Lœffler), etc., et en conjonctivites non spécifiques, c'est-à-dire qui relèvent d'agents microbiens en tant que ceux-ci agissent dans des conditions spéciales, déterminées ; telles sont les conjonctivites à streptocoques, à staphylocoques, à pneumocoques; et en conjonctivites chroniques: catarrhe printanier, trachome, conjonctivite folliculaire.

L'ancien groupement des conjonctivites pseudo-membraneuses n'a plus de raison d'être maintenant, car la fausse membrane que Ton peut trouver dans presque toutes les variétés de conjonctivites devient ainsi un élément banal, insuffisant pour établir une classification.

A. — CONJONCTIVITES DU NOUVEAU-NÉ. —V. c. m. el Blennorragie

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