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CYTODIAGNOSTIC PLEURAL

Technique. — Pour le praticien qui n'est pas à môme d'exécuter tous les temps du cytodiagnostic, et qui, ne se préoccupant que du résultat, enverra le liquide à examiner dans un des nombreux laboratoires outillés à cet effet, le « modus faciendi » est élémentaire. Il suffit de prélever, à la dose de 15 à L2() centimètres cubes, le liquide retiré soit par ponction exploratrice, soit au cours de la ponction évacuatrice et de le rejeter dans un vase refroidi (tube à essai, ballon) que l'on aura rendu quasi stérile par chauffage au-dessus d'une lampe à alcool ou d'un fourneau à gaz.

Quand le liquide arrivera au laboratoire, étant donnée la nature presque constamment séro-fibrineuse de l'épanchement pleural, un coagulum sera formé. Pour détacher les éléments cellulaires emprisonnés dans les mailles du réticulum, il suffit de jeter dans le récipient douze à quinze perles de

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verre du commerce, el d'agiter, de battre le toul ensemble durant huit à dix minutes environ.

Gela fait, on décante le liquide, qui sera versé dans un tube de centrifugeur, c'eslrà-dire dans un tube en verre à extrémité Lerminale 1res effilée.

On centrifuge vivement durant cinq minutes el l'on constate alors au fond du tube la formation d'un culot plus ou moins important. Le culot est assez adhérent pour qu'on puisse totalement retourner le tube sans qu'il se détache. Il reste toujours suffisamment de liquide pour diluer le dépôt ainsi formé. On mélange intimement, en les aspirant à plusieurs reprises dans une pipette, éléments cellulaires et gouttelettes de liquide, ces dernières retombées des parois du tube. Puis on dépose sur deux à quatre lames bien propres une petite goutte de la dilution, et on l'étalé discrètement avec le bout d'une pipette fermée, l'étalement couvrant environ une surface du diamètre d'une pièce de 50 centimes.

On laisse sécher à l'air libre ou à l'étuvc à 37°. On fixe à l'alcool et à l'éther, et on colore à l'hématéine-éosine (solutions classiques). L'hématéine, premier colorant, est laissée trois minutes, puis lavée à l'eau; l'éosine, second colorant, est maintenue quelques secondes à peine et lavée également à l'eau. La préparation, séchée et mise sous le microscope, est regardée au 8 de l'objectif sec ou de préférence à l'immersion.

Applications cliniques du Cytodiagnostic pleural. MM. Widal et Ravaut, en se basant sur la nature cellulaire des épanchements de la plèvre, les divisent en :

t^,, , . , , ! ( Pleuro-tuberculose primitive.

Pleurésies tuberculeuses . . . ] r,, , , , ^ . .

/ Pleuro-tuberculose secondaire.

Pleurésies non tuberculeuses.

Pleurésies l Néoplasiques pulmonaires.

en apparence J Brightiques.

aseptiques. ( Cardiaques.

,., , . ( Pneumococciques.

Pleurésies ) ,,, , . M

, . \ btreptococciques.

sep tiques. / ~ , •• ,•

1 l \ Typhoidiques.

Ces auteurs réservent, en outre, un chapitre spécial à Yéosinophilie pleurale.

La pleuro-tuberculose primitive (ancienne pleurésie idiopathique ou à frigore) est individualisée, cytologiquement, par la présence presque exclusive de cellules uninucléées très confluenles, toujours mêlées à un nombre plus ou moins considérable de globules rouges. C'est une lymphocytose très considérable qui frappe dès le premier coup d'œil.

Le liquide de la pleuro-tuberculose secondaire (c'est-à-dire le liquide pleural des tuberculeux pulmonaires avérés à ramollissements, à cavernes, à pneumothorax) a une formule histologique différente, consacrée par la rareté des éléments cellulaires, leur altération, leur vacuolisation. Ces éléments représentent des lymphocytes ou des mononucléaires déformés, mais surtout des polynucléaires vieillis, irréguliers de forme.

Les pleurésies des brightiques, des cardiaques (épanchements à pathogénie circulatoire, mécanique ou toxique) sont caractérisées par la présence de cellules endothéliales. Ces cellules forment des placards résultant du grou-

Cytodiagnostic.

Fig. 230. - Pleurésie mécanique. Placards endothéliaux avec

hïm-H^Ï?68 P°^<?éaires eL trois ^P^ocvtes. Quelques hématies. (D après Dieulafoy.)

pemenf de huit à dix cellules, desquamées en lambeaux, masse à contour polycyclique, dont chaque élémenl se reconnaît par son noyau. I] y a avantage à n'user d'abord, dans certains cas, que d'un objectif faible. « La présence de larges placards suffit, en clinique, à faire penser qu'un épanchement, même 1res riche en lymphocytes ou en polynucléaires, survenu chez un cardiaque ou un brigh tique, n'est pas

d'origine tuberculeuse » (Widal et Ravaul). Au cas d'infarctus, aux cellules f^ ^ endothéliales se surajoute

un second élément, le polynucléaire (Barjon et Çade).

Les pleurésies des néoplasiques pulmonaires peuvent déceler une formule cellulaire tantôt à hématies, placards endothéliaux, lymphocytes et polynucléaires, tantôt à cellules cancéreuses, gros éléments vacuolaires et à granulations réfringentes, dont le protoplasma est comparable à une sorte decumoir, et dont le noyau présente des figures de karyokinèse (Widal et Ravaut).

Le liquide des pleurésies à pneumocoque ou à streptocoque renferme en abondance des polynucléaires neutrophiles.

Celui des pleurésies typhoïdiques contient également, à côté de lymphocytes et de cellules endothéliales soudées, une prédominance de leucocytes polynucléaires.

Quelle place assigner maintenant à Yéosinophilie

Fig. 231. — Pleurésie infectieuse aiguë non tuberculeuse. Leucocytes polynucléaires. (D'après Dieulafoy.)

î'ig. 232. — Pleurésie I

ciisc in-

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