‹ Nouvelle pratique médico-chirurgicale illustréeChapitre 8 sur 91 · G RENE T · texte numérisé non relu

G RENE T

BOUCHE (TUBERCULOSE). — Les lésions tuberculeuses de la cavité bucco-pha-

ryngée frappent surtout le voile du palais, le pharynx el les amygdales [V. Pharynx (Tuberculose)], et la langue [V. Langue (Tuberculose)].

r> Bourdaine.

Nous n'avons guère à signaler ici que les ulcérai ions tuberculeuses des lèvres el dos gencives; elles sont rares. Sur les lèvres, elles sont étalées en surface, non saillantes, peu profondes, entourées d'un liséré rouge vif el d'une zone œdémateuse; elles coexistent souvent avec des ulcérations des joues. Sur les gencives, les ulcérations, profondes et sanieuses, provoquent le déchaussement et la chute des dents.

Le lupus, qui, presque toujours consécutif à un lupus de la face, débute par le voile du palais ou le pharynx, n'envahit que secondairement la face interne dc^ joues, les lèvres ou les gencives. //. GRENET.

BOUCHE .ULCÉRATIONS DU NOUVEAU-NÉ^.— Y. Nouveau-né (Pathologie)].

BOUES. — Les boues utilisées en thérapeutique sont formées par un mélange de matières organiques et de matières minérales fournies par des sources thermales dans lesquelles se développent certains végétaux : conferves, sulfuraires, diatomées uni-cellulaires.

Elles constituent un procédé thermo-thérapique commode et économique quand l'eau des sources thermales suffit à les porter à une température élevée comme à Barbotan, Saint-Amand, Dax. On peut également les transporter et les chauffer artificiellement, sans que leurs propriétés soient sensiblement altérées.

On leur attribue beaucoup d'effets, depuis la radio-activité, l'action du massage par leur poids et leur résistance aux mouvements, jusqu'à Faction chimique des gaz qu'elles contiennent et l'action irritative des diatomées uni-cellulaires; mais la principale et la seule nécessaire est leur propriété de conserver longtemps la chaleur qu'elles ont emmagasinée. Cette action thermique peut être employée contre tous les symptômes douloureux, en dehors des états aigus.

Leur emploi est réalisé en bains chauds (V. Bains) auxquels on ajoute "2 kg. et plus de boues, en enveloppements dans un drap recouvert de boue, en applications locales. La température en varie de 57° à 45°.

PARIZET.

BOULIMIE. — V. Faim.

BOURDAINE. — L'écorcc de Rhamnus Franyula (Rhamnacées) doit à la franguline ses propriétés purgatives, précieuses dans le traitement de la constipation habituelle.

L'écorcc de bourdaine ne doit être employée que desséchée (un an de dessiccation); elle se prescrit en décoction (3 gr.) et en poudre (1 gr. à I gr. 50 en cachets); on donne aux adultes 2 ou 5 gr. d'extrait fluide, et aux • ■niants 0,50 centigr. par année d'âge de ce même extrait incorporé à un sirop.

Décoction.

Écorce de bourdaine . 3 grammes.

Eau 150 —

Zeste d'une moitié d'orange.

Faire bouillir jusqu'à réduction à 100 c. c. el boire en se couchant.

Cachets.

Écorce de bourdaine \

pulvérisée . . . / . 2Q cent.

Rhubarbe pulvérisée . i Magnésie lourde . . . , Pour un cachet. Le soir au coucher.

Bourdonnements d'oreille.

Èlixir.

Écorce de bourdaine. - I gr. 50

Alcool ;'« 60° 15 grammes.

Laisser macérer 12 heures, filtrer et ajouter au filtrai :

Sirop de limons . . .

En une ou deux lois, le

20 grammes.

;oir au coucher,

Sirop.

Écorce tic bourdaine . 50 grammes.

Eau ili-lillôo bouillante [20 —

Infuser, filtrer cl (aire dissoudre:

Sucre blanc 200 grammes.

1 à 3 cuillerées à soupe le soir au coucher (enfants).

BOURDONNEMENTS D'OREILLE ET BRUITS AURICULAIRES. Irritation

du nerf auditif, ou de ses centres bulbaires et corticaux. Toute modification de la tension normale des liquides labyrinthiques ou céphalo-rachidiens,

en plus ou en moins, peut provoquer cette irritation : de même les ruptures de l'équilibre de pression vasculaire, la congestion ou l'anémie profonde, ou encore l'intoxication urhydrique de ces liquides, qui baignent les papilles cochléaires et les centrés nerveux.

Dans l'oreille même, les causes de rupture de l'équilibre de tension labyrinthique sont fréquentes. Refoulement du tympan par un corps étranger, un bouchon de cérumen, une irrigation trop forte, rétraction exagérée du tympan par sclérose des ligaments de la caisse, ankylose des osselets, spasme des muscles tympaniques, ou raréfaction de l'air de la caisse, ou enfin aspiration tubaire, toutes ces causes provoquent de la compression labyrinthique et exposent les papilles auditives à ne plus pouvoir se soustraire à un excès de tension. Une inflammation de la caisse se complique presque inévitablement d'une vive injection du labyrinthe, et la réplélion de la cavité tympauique par des produits de sécrétion est encore une cause de compression labyrinthique.

Quand une oreille est ainsi privée de ses moyens normaux de compensalion, la moindre variation de la tension de ses liquides se traduit par des phénomènes d'irritation : vertiges au niveau des papilles vestibulaires, bruit au niveau des papilles cochléaires.

Ces bruits auriculaires affectent toutes les variétés. Tantôt c'est comme un éblouissement continu du nerf auditif, un son tonique régulier, toujours le même, un sifflement, un bruissement, un grondement; tantôt le bruit apparaît et disparait avec la plus grande mobilité; tantôt il est rythmé, synchrone aux battements du cœur, tantôt beaucoup plus rapide et intermittent, etc. Quand le bruit est pulsatile et correspond au pouls, il faut l'attribuer à la présence crime paracousie forte qui rend l'oreille sensible aux battements carotidiens sous-jacents; quand il est fort cl rapide, il s'agit le plus souvent du tympanospasme, c'est-à-dire de petites convulsions cloniques des muscles tympaniques analogues au blépharospasme. Quand il est continu ou intermittent, mais non pulsatile, il s'agira dans beaucoup de cas de convulsions toniques de ces mêmes muscles, que certaines affections d'oreilles rendent très susceptibles. Le bourdonnement, dans ces cas, n'est pas plus corrélatif de la surdité que Téblouissement ne sera symptomatique de cécité. Il signifie (Tailleurs souvent hvperesthésic auditive, et s'accompagne de phonophobie: chez certains sujets, il éveille les hallucinations unilatérales de l'ouïe.

Ces bourdonnements peuvent être très intenses et rendent même le sont-

M Bourses séreuses (Contusion).

meil impossible el la vie intolérable; la moindre excitation les augmente,

niais il arrive qu'une vive distraction les atténue el les suspende même momentanément. Les malades les comparent à des jels de vapeur, à des sonneries de cloches, à des fanfares, à des sifflements, à des bouillonnements, à des bruits de sirènes de bateaux, à des bourdonnements d'insectes, à des vacarmes d'usines, etc. Ils les localisent parfois à l'extérieur, à une distance relativement grande: parfois aussi ils retentissent dans l'intérieur de la tête, el c'esl le cas le plus ordinaire; quelquefois ils restent unilatéraux, du côté de l'oreille malade, mais quelquefois aussi du côté opposé, par allochirie (v. c. m.).

Dans la sclérose du nerf, l'étranglement progressif détermine le bourdonnement, comme il provoque des névralgies dans les nerfs sensitifs.

Les bruits auriculaires sont fréquents dans les maladies mentales. Ils n'ont pas de valeur sémiologique précise.

Il faut distinguer des bourdonnements proprement dits les bruits auriculaires objectivement perceptibles, bruits de plissement lympanique ou d'arthrite sèche des osselets, qui se produisent au moment de la déglutition ou par des spasmes réflexes des muscles tympaniques. Il existe encore des battements auriculaires indépendants du pouls et donnant la sensation du battement des insectes. C'est un tympanospasme, analogue au blépharospasme.

Traitement. — Le traitement des bruits auriculaires est généralement eomplexe el empirique. Certains sont rebelles à toute tentative thérapeutique, à toute intervention chirurgicale; d'autres cessent subitement dès qu'on frôle le pavillon avec le doigt. Il faut s'assurer d'abord de l'état de l'oreille moyenne el de celle de l'oreille interne par des examens spéciaux, noter si le bourdonnement s'accroît ou diminue avec l'augmentation de pression céphalique el labyrinthique, c'esl-à-dire reconnaître s'il est dû à un excès ou à un défaut de tension, ou à une intoxication des liquides de l'oreille interne.

Nous savons qu'une ponction lombaire, une saignée, des sangsues, le sérum de Trûnecek, la déchloruration, l'ipéca à faibles doses, la quinine à très faibles doses, l'antipyrine, le cimicifugaracemosa, l'hamamelis, le bicarbonate de soude, les purgatifs salins, le régime lacté, etc., agissent sur le bourdonnement ; il faut lâter le terrain et traiter empiriquement, car nous ne pouvons jamais affirmer d'avance que tel traitement va à coup sûr agir dans tel sens sur le bourdonnement, sans un examen approfondi du fonctionnement de l'oreille. L'oreille moyenne et ses nombreux effets de compression sur le labyrinthe devront être traités; le massage lympanique, qui atténue la rétraction, donne souvent les meilleurs résultais, ainsi que la section des muscles de la caisse. Le traitement le plus pratique et le plus efficace pour les bourdonnements anciens est la cautérisation, très légère, de la partie postéro-inférieure du cornet inférieur du même côté.

PIERRE RONNIER.

BOURSES. — Y. Scrotum.

BOURSES SÉREUSES (CONTUSION) La contusion des bourses séreuses est

un accident fréquent, surtout au niveau du genou el du coude ; elle peut

Bourses séreuses (Syphilis). 5-8

èlre chronique, professionnelle souvent, el devienl alors Ja cause ordinaire de Vhygroma chronique (v. c. m.); elle peul être accidentelle el déterminer soil la rupture de la bourse séreuse, surtout Lorsque celle-ci csl antérieurement distendue par du liquide, soil Vhygroma aigu (v. c. m.), soit un hématome.

V hématome des bourses séreuses succède parfois à des chocs 1res légers. lorsque la poche esl déjà enflammée chroniquement. Le sang distend la cavité : on constate la présence d'une tumeur molle, plus ou moins fluctuante, régulièremenl arrondie, à bords indurés; souventla pression permel de reconnaître une crépitation particulière due à l'écrasement des caillots: enfin plus ou moins vite la peau prend une teinte ecchymotique.

L'épanchemenl sanguin peul disparaître dans certains cas: la sérosité se résorbe el les caillots forment des plaques dures qui finissent par s'effacer; d'autres fois, il se forme un véritable kyste qui persiste. Enfin l'hématome peul suppurer, donnant lieu soil à un abcès hématique localisé qui, une fois ouvert, peul rester tisluleux, soit à un phlegmon diffus.

Le traitement consiste en compression légère, repos, compresses humides. S il y a hématome, l'incision sera de mise et évitera les complications septiques. G. LABET.

Y. Hygroma.

BOURSES SEREUSES ^PLAIES). — Ce qui donne aux plaies des bourses séreuses un caractère un peu spécial, c'est la facilité avec laquelle elles s'infeclenl, donnant lieu à des accidents phlegmoneux, parfois fort graves. Ce sont, ici comme toujours, les plaies étroites, les plaies conlusesqui sont le plus aptes à s'enflammer; or, l'infection peut évoluer de diverses manières : ou bien, la solulion de continuité se refermant très vile, il se développe un hygroma aigu (v. c m.); ou bien l'orifice reste fistuleux: ou bien encore, très rapidement, un gonflement douloureux, une rougeur diffuse, l'élévation de température indiquent une inflammation très vive donnant lieu à une suppuralion localisée ou envahissant les lissus voisins: on a alors un phlegmon diffus (v. c. m.).

Pour prévenir ces accidents infectieux, on devra faire soigneusement l'antisepsie de la plaie; on débridera les trajets obliques, les plaies anfrac- I ueuses el on lavera la cavité au sublimé, à l'alcool, à l'eau oxygénée, puis on appliquera un pansement et le membre sera placé dans une gouttière.

G. LABEY.

BOURSES SÉREUSES (SYPHILIS). — La syphilis peut frapper les bourses séreuses pendant la période secondaire, — elle se manifeste alors par un épanchement, véritable hygroma subaigu, — ou, beaucoup plus fréquemment, pendant la période tertiaire-, sous la forme de gommes.

Les gommes des bourses séreuses surviennent en général tardivement et -accompagnent presque toujours d'autres accidents spécifiques. Occasionnées parfois par un traumatisme, elles sont souvent doubles et symétriques. On les rencontre surtout à la bourse prérotulienne. leur siège d'élection, à celles de la tubérosité antérieure du tibia, de la patte d'oie, de la

49 Bourses séreuses (Tuberculose).

malléole interne, de l'olécrane : elles peuvent se développer dans des bourses séreuses accidentelles.

La tumeur évolue lentement; rénitente plutôt (|iic dure, elle adhère à la peau el à l'os sous-jaeenl : elle finit par donner naissance à une ulcération sanieuse, à bords taillés à pic. 11 esl parfois assez délicat de différencier les gommes d'un hygroma chronique, plus fluctuant ou, s'il a des parois très épaissies, plus dur que la gomme, d'un abcès froid, franchement flucluanl cl d'où la ponction ramènera du pus, dîme périoslose syphilitique plus dure el pins diffuse. Quand la gomme est ulcérée, recouverte de fongosités, le traitement seul permettra de la distinguer de la luberculosc.

Ce traitement est bien simple : iodure et mercure à l'intérieur, emplâtre de Vigo sur la région malade. G. LABEY.

BOURSES SÉREUSES (TUBERCULOSE). — La tuberculose des bourses séreuses est assez fréquente ; on Fa observée dans la plupart des bourses séreuses (rélro-olécranienne, sous-delloïdienne, sous-ischiatique, trochantérienne, prépalellaire, infrapatellaire, malléolaire, bourse séreuse de la patte d'oie, du psoas, poplitées, etc.). Elle est primitive ou secondaire à une lésion tuberculeuse des os ou des articulations voisines.

On peut distinguer, au point de vue analomique, trois formes principales : Y hygroma fongueux, dont le contenu, séreux au début, devient purulent ou caséeux avec des fongosités sur les parois; Vhygroma à grains riziformes, dont les caractères sont semblables à ceux des synovites à grains riziformes (v. c. m.); enfin Vhygroma myxomateux rare, kyste contenant une matière gélatiniforme dont l'inoculation est positive, et présentant une paroi semée de granulations tuberculeuses.

Symptômes. — Au début, l' hygroma tuberculeux se manifeste par une tumeur à développement lent, indolore presque toujours, qui survient sans cause appréciable et reste slationnaire bien qu'elle ne soit pas entretenue par un traumatisme professionnel.

Dans d'autres cas, c'est par un noyau, une plaque épaissie et granuleuse développée dans la paroi de la bourse que l'affection révèle sa présence ; et rr n'est qu'un peu plus tard que se montre répanchement séreux, Y/iydrops tuberculosus.

Lorsque l'hygroma est devenu fongueux, sa paroi est épaisse ; il donne la sensation d'une masse compacte, empâtée, mollasse, sans fluctuation bien franche; mais, à mesure que la tumeur grossit, elle devient plus molle, pseudo-fluctuante, évoluant vers Yabcès froid.

Si l'hygroma contient des grains riziformes, on perçoit souvent par In pression alternative des deux mains le bruit de chaînons spécial à cesproductions anatomiques. Après un temps plus ou moins long, l'hygroma tuberculeux se fistulise en un ou plusieurs points; d'ailleurs la bourse séreuse infectée ne se rompt pas facilement à la peau, etla tuberculose peut envahir ainsi les tissus voisins (os, articulations, etc.). Le pronostic, qui est relativement bénin tant que l'infection bacillaire est limitée à la bourse séreuse, cesse alors de l'être.

Diagnostic. — On peut, au début, confondre l'hygroma tuberculeux N" P. M c. - II. i

Bouton d'Orient. 5( >

avec un hygroma chronique simple^ alors que La paroi esl dure el «'paisse: plus Lard, si c'esl de la tuberculose, le ramollissement, la transformation en abcès froid ne permettent plus l'erreur.

La syphilis gommeuse des bourses séreuses ne sera parfois différenciée de la tuberculose que parle traitemenl d'épreuve; mais ordinairement il \ a d'autres traces de syphilis.

On doit encore différencier celle lésion des tumeurs des bourses séreuses, affection rare.

Quand il existe des fistules, l'exploration au styiel montrera qu'il n \ ;i point de loyer osseux ou articulaire.

Traitement. L'extirpation est le procédé de choix, extirpation large, dépassant les limites de la tumeur; s'il y a des culs-de-sac échappant au bistouri, la curette les détruira. Lorsque l'hygromaest fistulisé. l'opération est plus difficile ; il faut poursuivre au bistouri et à la curette tous les prolongements et suri ont rechercher s'il n'existe pas une lésion osseuse — ce qui est fréquent — de manière à l'évideret à ne pas laisser un foyer de tuberculose qui entraverait la guérison. g. LâBEY.

BOUTON D'ORIENT. — Le boulon d'Orient, qu'on observe rarement en France, est une dermatose des régions tropicales et sub- tropicales. Il est surtout répandu dans l'Afrique septentrionale et dans l'Asie antérieure. On l'appelle surfout clou de Biskra, de Gafsa, bouton du Nil, d'Alep, de Bagdad, du Yémen, de Delhi.

Sous les tropiques, il survient en général pendant la saison fraîche. Dans les régions sub-tropi cales, il se montre d'ordinaire à la fin de l'été el pendant l'automne.

Symptomatologie. - - Le bouton d'Orient est précédé d'une période d'incubation, dont la durée varie de quelques jours à un mois, ou même bien davantage.

Sa première manifestation est une petite tache rouge, quelque peu papuleuse, au centre de laquelle pointe un petit nodule. Cette macule, qui ressemble à une piqûre de moustique, s'accroît très lenlemenlel se recouvre de squames sèches cl blanches. Plus lard, elle fournit un léger suintement et se coiffe d'une croûte jaune ou brunâtre, humide ou adhérente. Cette croûte tombe d'elle-même ou bien est détachée par des coups d'ongles, carie bouton d'Orient est très prurigineux. De la petite ulcérai ion mise à nu suinte un liquide ichoreux et concrescible (fîg. 26).

Sous la croûte rapidement reconstituée, l'ulcère progresse. Quand il a acquis son plein développement, c'est une perle de subslance ronde ou ovalaire, du diamètre d'une pièce de cinquante centimes ou d'un franc Les bords irréguliers, festonnés el taillés à l'emporfe-pièce, sonl cerclés d'une aréole érythémaleuse plus ou moins étendue. Le fond, très mouvementé, est parsemé de saillies bourgeonnantes alternant avec des dépressions cupuliformes.

Des pustules peu développées, qui représentent le premier stade du boulon d'Orient, se groupent autour de l'ulcération mère. Souvent elles s'étendent, s'unissent à celle dernière pour former des placards ulcéreux de dimensions plus ou moins considérables.

Bouton d'Orient.

Chacun des éléments peut être le point de départ d'une lymphangite chronique qui sillonne les membres de gros cordons noueux ; les ganglions afférents aux lymphatiques enflammés sont volumineux; cette atteinte des vaisseaux blancs et des ganglions possède une réelle valeur diagnostique (Jeanselme).

Les éléments du bouton d'Orient ne se développent pas simultanément. D'ordinaire, on n'en rencontre guère plus de trois ou quatre à la fois sur l'étendue des téguments; encore sont-ils à différents stades de leur évolution; parfois il n'en existe qu'un seul ; mais on en a compté jusqu'à quarante sur le même patient.

Ils occupent d'ordinaire les régions découvertes, les mains et les pieds, les bras et les jambes. Chez les jeunes enfants, ils siègent souvent à la face. En règle, les paumes, les plantes et le cuir chevelu restent indemnes.

Après une durée fort longue de deux, trois et jusqu'à douze mois, les éléments ulcéreux tendent vers la guérison. Leur cicatrisation est lente et fréquemment interrompue par des rechutes. Souvent l'ulcération se répare au centre, alors qu'elle gagne encore dans sa périphérie. D'autres fois, à l'abri de la croûte, se forment des bourgeons charnus qui assurent la réparation de la plaie.

Le bouton d'Orient, après guérison, laisse une trace d'aspect caractéristique. Sur une aire plus ou moins étendue, irrégulièrement arrondie, souvent pigmentée, se détachent en clair des ponctuations cicatricielles, achromiques, quelque peu déprimées, disposées sans ordre ou formant une couronne autour d'une cicatrice centrale; elles occupent la place des dépressions cupuliformes, au niveau desquelles l'ulcération avait entamé le derme plus profondément qu'ailleurs.

La cicatrisation se fait parfois de façon vicieuse; elle peut occasionner ainsi un ectropion des paupières.

Formes anormales. — Il existe de nombreuses variétés cliniques du bouton d'Orient. Parfois l'éruption avorte dès la période papuleuse; les petites saillies, au lieu de s'accroître, s'affaissent et se résorbent sans laisser de traces.

Sans aboutir non plus à la suppuration, les nodules du début peuvent se recouvrir de larges squames sèches et blanches, qui se détachent d'une seule pièce.

Enfin, l'ulcération peut être remplacée par un bouton érosif, qui rappelle par son aspect le chancre induré.

Fig. 26. — Clou de Biskra. — Deux élément: dont l'un est à nu, et l'autre recouvert d'uix croûte. (Musée de l'hôpital Saint-Louis n° 1569, d'après Vidal.)

Bouton d'Orient. 52

Pronostic. Le boulon d'Oricnl esl une affection habituellement bénigne, mais 1res tenace el répugnante à voir. D'ailleurs, il n'est pas toujours sans gravité.

Vérysipèle peul venir compliquer l<\s ulcérations, ainsi quelephagédénismet En règle générale, l'affection rétrocède dans nos climats.

Diagnostic. Lediagnosl ic <lu bouton d'Orient ne comporte d'ordinaire aucune difficulté.

L'ulcération du boulon ne ressemble pas à celle d'une -gomme syphilitique-. son fond rouge, inégal, n'est pas tapissé par un bourbillon; la lymphangite si nette qui l'accompagne n'existe jamais dans les ulcérations tertiaires.

Entre le bouton d'Orient et la gomme tuberculeuse ouverte, aucune confusion n'est possible; le boulon naît à fleur de peau, et creuse vers la profondeur; la gomme suil une marche exactement inverse.

L'ulcération tuberculeuse de la peau, qu'on n'observe que sur les phtisiques arrivés au stade ultime de la cachexie, a ses bords décollés el son fond raviné et semé de tubercules jaunâtres.

La tuberculose verruquëuse, dont l'aspect inégal et végétant et le mode d'extension périphérique rappellent le bouton d'Orient, n'est pas entourée dune marge érythémateuse, n'est pas prurigineuse, et, quand on la décape, ne se recouvre que très lentement d'une nouvelle croûte: la réaction ganglionnaire qui l'accompagne est indolente et froide.

Une biopsie résout les cas difficiles.

Si le bouton d'Orient pouvait en imposer pour une éruption lépreuse, l'intégrité de la sensibilité cutanée servirait à dissiper tous les doutes.

Lésions. — Le boulon d'Orient est essentiellement caractérisé par des îlots de nécrose encastrés dans un tissu conjonclif en réaction; celui-ci est parsemé de cellules géantes et de cellules libres, parmi lesquelles prédominent des leucocytes mononucléaires (Jeanselme).

Étiologie. — De nombreux faits cliniques et expérimentaux avaient démontré, bien avant la découverte du micro-organique spécifique, que le boulon d'Orient est inoculable el auto-inoculable. Pendant longtemps, on l'a attribué à l'action de bactéries diverses. Il esl aujourd'hui démontré que celles-ci ne jouent qu'un rôle négligeable; ce sont des germes d'infection banale, secondaires à l'inoculation de l'agent pathogène, la Leishmania tropica, ainsi que l'a établi J. H. Wright, en 1905, pour le bouton de Delhi. Postérieurement, ce parasite a été retrouvé dans les boutons contractés en Perse et en Transcaucasie et dans ceux de Biskra, de Gafsa, d'Alep, elc.

Au point de vue morphologique, la Leishmania du bouton d'Orient est un élément ovalaire deï^> à \ \x de longueur sur 1,5 [i. de largeur; après coloration au bleu de Giemsa, on y voit, au milieu d'un cyloplasma peu abondant, un gros corpuscule arrondi, basophile, correspondant à un karyosome, et un autre, sensiblement plus petit, en général bacilliforme, assimilable à uncentrosome; la L. se reproduit par bipartition du karyosome, ducentrosome et du cytoplasma. Ensemencée en milieu de Novy simplifié, la L. tropica fournit des formes flagellées. Éléments ovalaires et formes flagellées sont identiques d'aspect à ceux de la L. Donovani, agent pathogène du Kala-azar; néanmoins, la plupart des auteurs font de ces deux Leishmania des espèces distinctes.

;>r> Brachial (Paralysie du plexus).

La /.. tropica s'accumule dans les leucocytes, dans i'endothélium dos capillaires sanguins el dans les cellules du lissu conjonctif (V. Leishmaniose).

Ch. Nicolle el A. Sicre sont parvenus à réproduire expérimentalement le boulon d'Orient chez le Macacus sinicus.

Le mode de transmission de la maladie n'est pas encore connu. D'après Laveran, les mouches propageraient l'affection, qui se localise, comme on la vu, sur les parties découvertes du corps el se greffe sur de peliles plaies el des érosions qui al tirent ces diptères.

Le bouton d'Orient, une fois guéri, confère une immunité au moins temporaire.

Traitement. — 11 va sans dire que, dans les pays où règne le bouton d'Orient, toutes les mesures doivent être prises pour éviter la contagion. Les soins de la peau, la propreté la plus slricte, l'occlusion des plus peliles solutions de continuité tégumentaires assureront cette prophylaxie.

La maladie déclarée, une petite intervention peut être tentée, s'il n'existe (pie deux ou trois ulcérations ; on recourt dans ce cas à la cautérisation chimique ou ignée. L'excision totale, suivie de la réunion par première intention, esl indiquée quand il s'agit d'un élément unique.

Si ces éléments sont plus nombreux, il faut se borner à pratiquer l'occlusion des ulcères par des poudres absorbantes, iodoforme, aristol, dermatol, sous-carbonate de fer, et par des pansements secs; on favorisera ainsi la guérison sous-cutanée des ulcérations, et l'on empêchera en même temps des aulo-inoculalions par le grattage.

Des toniques contribueront à maintenir le malade dans de bonnes comblions de résistance.

Mais parfois l'affection s'éternise : il faut alors prescrire le changement de climat: loin des contrées endémiques, le bouton d'Orient guérit, en effet, spon tanémen l . FERNAND T RÉ MOL 1ÈRE S.

BRACHIAL (PARALYSIE DU PLEXUS). - Le plexus brachial est formé par l'enchevêtrement de libres nerveuses provenant des quatre dernières paires cervicales et de la première dorsale. Par ses 12 branches collatérales et ses <> branches terminales (nerfs musculo-culané, médian, cubital, brachial cutané interne, accessoire du brachial cutané interne, radial), il innerve les muscles du membre supérieur et du moignon de l'épaule, ainsi que les muscles sous-clavier, grand dentelé, angulaire, rhomboïde, pectoraux et grand dorsal; il donne la sensibilité à la peau du membre supérieur, sauf dans une partie de la face interne du bras (2e et 7y paires dorsales).

Les paralysies peuvent être déterminées par des lésions portant sur les racines du plexus dans leur trajet intra ou extra-rachidien (paralysies radiculaires) ou sur le plexus lui-même (paralysies du plexus proprement dit), lia renient d'origine infectieuse ou toxique, elles reconnaissent plus souvent une cause locale : Iraumatismes de la région latérale du cou et de l'épaule, lésions des méninges cl du rachis, tumeurs de la région sus-claviculaire. Tous les mouvements forcés du bras, sauf l'adduction, entraînant l'abaissemenl el l'élévation de l'épaule, distendent les racines et peuvent amener une paralysie radiculaire du plexus brachial (Duval el Guillain).

Brachial (Paralysie du plexus).

Les paralysies obstétricales sont des paralysies par élongation (Fieux) (V. Nouveau-né); les paralysies post-anesthésiques sont plutôt d'origine Iraumatique que d'origine toxique. Enfin Faction <lu froid a été plusieurs fois invoquée.

c.(> qui caractérise ces paralysies et les distingue des paralysies isolées des branches collatérales ou des branches terminales du plexus (V. Cubital, Médian, Radial), c'esl qu'elles atteignent des filets nerveux appartenant à des nerfs différents. Aussi, sans entrer dans les détails sur la constitution anatomique <\y\ plexus, est-il indispensable, pour comprendre leur sympto-

.Y. phréniqu

y. de l'angulair

.Y. du rhomboïde

\. sus tcapulaire N. du grand dentel .Y. du sous-clavier

y sous-scapulaire supérieur

Clavicule

N. du grand pectoral

y. du petit pectoral -

y. sous-scapulaire moyen ■

y. du «rond dorsoi - ma Lolog.ie5 de rappeler

1ii\~M^/llfM sommairement la to-

pographie radiculaire motrice. « Ainsi que la cl inique et l'expérimentation l'ont montré, le tronc commun aux branches antérieures des 5e et 6e paires cervicales contient Tesiui . les nerfs du deltoïde,

du biceps, du brachial antérieur, du long supinateur et aussi des sus et sous-épineux, du rhomboïde, du sous-scapulaire du faisceau claviculaire du grand pectoral et du grand dentelé. Parle 7e nerf cervical passent les filets nerveux qui se distribuent au biceps, à la portion sternalc du grand pectoral, au grand dorsal, aux extenseurs de la main et quelques filets pour les nerfs médian et cubital. Enfin le tronc commun aux 8e nerf cervical et l(r dorsal concourt à former le nerf brachial cutané interne et son accessoire, le cubital, le médian et une pailie du radial » (Dejerine) (fig. c27, 29 et 30).

Le plexus est uni au sympathique cervical [tardes rameaux communicants qui se détachent de la 8e cervicale et de la lre dorsale immédiatement à leur sortie du trou de conjugaison.

y circonfl

N. niusculo-cut

y. médiai y. radial

y. cubital

.Y. brachial cutané intern

y. accessoire du brachial cutané interne - - —

Fig. 27. — Schéma du plexus brachial (d'api

Brachial (Paralysie du plexus).

Symptomatologie

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