PERMITES ARTIFICIELLES. V. ÉRUPTIONS ARTIFICIELLES
PERMITES INFANTILES. — L. Jacquel a décrit sous ce terme les diverses dermatoses <|,1(' Parrot sous celui dHêrythèmes infantiles. Le mot érythème est, ou effet, insuffisanl : il correspond seulement à la première phase de ces dermatoses, <|ui soni en réalité dos dermo-épidermitesx des inflammations
de la peau dans toute sou épaisseur.
Ces dermites soûl dos éruptions rouges, suintantes, vésiculeuses, érosh l'on papuleuses, qu'on observe le plus souvent sur la région fessière des nouveau-nés el dos nourrissons.
On peut décrire cinq variétés de dermites infantiles : la dormi le érythémaleuso simple, la dermite érythémato-vésiculaire, la dermite ulcéreuse et la dermite intertrigo.
1° Dermite érythémateuse simple. — [Èt^ythème fessier des nourrissons). Au premier degré, il s'agit d'hyperémie, de rougeur simple. Celle-ci est souvent limitée au sillon interfessier, au voisinage de l'anus, aux fesses, aux parties sexuelles. Mais elle peut irradier vers les lombes, le dos, la partie postérieure dos cuisses et les jambes ; le périnée, le scrotum ou la vulve sont souvent atteints; l'érythème peut envahir toute l'étendue de la région lombaire et du ventre, et ne rien épargner des membres inférieurs, pas même la région plantaire.
La peau, rouge cerise, est tuméfiée, chaude, lisse et luisante, comme vernissée. A ce degré, il est rare que l'érythème ne se complique pas de fissures, d'excoriations suintantes, saignantes et douloureuses, surtout aux plis, on un mot d'eczémalisalion véritable, comme l'a démontré Marcel Ferrand, ou encore d'ulcération et de pyodermiles; les langes alors sont empesés par un suintement séro-fîbrineux, et l'enfant, énervé, souffre et crie.
2° Dermite érythémato-vésiculaire {Erythème vésieuleux simple de Parrol). — Sur un fond de dermite érythémateuse, analogue à la variété précédente comme étendue et aspect extérieur, apparaît un élément nouveau, la vésicule.
Les vésicules existent à tous les stades de leur développement; au pourtour de l'érythème on les aperçoit intactes ou bien affaissées et desséchées; mais au centre, sur les régions convexes, fesses, cuisses, mollets, leur épiderme, arraché, laisse voir de petites érosions rouge vif, groupées en nombre variable, arrondies ou polycycliques par suite de la fusion de plusieurs éléments. Des formes de transition, signalées par Marcel Ferrand, réunissent cette forme érosive à la variété papuleuse : on y trouve des éléments érosifs simples, des érosions légèrement saillantes à base congestives, des papules en miniature, surtout œdémateuses, à évolution rapide.
5° Dermite papuleuse (Érythème papulo-lentindaire, ou syj)//itoï'J<> postérosive de L. Jacquet). — Dans la dermite papuleuse constituée, on voit sur le fond érythémateux, qui occupe toujours les mômes sièges de prédilection, des papules un peu aplaties, dont la largeur varie depuis celle d'une tête d'épingle à celle d'une lentille, d'un rose brunâtre ou violacé, plus rouges et plus lisses à leur contour, où l'épiderme est luisant et semble plus
un:»
Dermites infantiles.
aminci. Quand les malades guérissent, ces papules s'affaisseni avec une len leur remarquable; une lâche brune marque longtemps leur place. Parrot avait fait de celte dermite papuleuse une syphilide lenticulaire,
L. Jacquet montra que ces papules ou plulot ces pseudo-papules se forment par un bourgeonnement du derme au niveau des érosions post-vésiculeuses : la prétendue syphilide est toujours la suite, le reliquat d'un ér\ thème vésiculeux simple.
Les syphiloïdes post-érosives, d'ordinaire disséminées, comme la dermite érythémalovésiculeuse, sur la région fessière, la convexité des régions crurale et jambière postérieure, la base du scrotum et la partie inférieure des grandes lèvres, peuvent être limitées, localisées (formes régionales) (fîg. 275) ou occuper des territoires insolites; parfois s'y trouvent mêlées des vésicules succulentes ou déjà desséchées, des érosions fraîches ou déjà recouvertes d'un nouvel épiderme (formes complexes ou mixtes).
Le diagnostic, dans les cas délicats, repose
Fig. 273. — Dermite fessière syphiloïde (non syphilitique) des nouveau-nés (Photogr. de Ferrand, in Précis de Dermatologie de Darier.
sur l'examen d'ensemble del'enfant et de son entourage, sur la recherche du tréponème et de l'évolution de la dermatose.
4° Dermite ulcéreuse. — Les érosions que nous avons vues accompagner si fréquemment la dermite vésiculeuse peuvent franchir ce premier stade ; l'entamure dermique est plus profonde, dépasse le derme papillaire, atteint le derme proprement dit, constitue alors de véritables ulcérations isolées ou continentes, et, en ce cas, plus ou moins irrégulières.
Les sièges préférés de ces ulcères sont: la région péri-anale, où ils affectent la forme fissuraire; le raphé périnéal, la base des bourses, qu'on voit érodés, vermiculés ; les parties convexes du plan postéro-inférieur du corps, malléoles, talons, sacrum, occiput, bref, tous les points où la compression mécanique surajoute ses effets à ceux de l'inflammation. Chez les enfants dont l'état général est très mauvais, l'hypoderme est parfois atteint et l'ulcère met à nu les parties profondes (muscles, cartilages).
5° Dermite intertrigo. — L'intertrigo est une dermite si fréquente chez les enfants que bien peu y échappent. Il a le même aspect et les mêmes allures que chez l'adulte, se localise toujours aux points de frottement de deux surfaces cutanées; on le voit au pli de l'aine, clans les sillons génitocruraux, dans l'espace interfessier, au creux de l'aisselle, très fréquemment aussi dans les plis de la peau qui se forment au cou et à la nuque, s'étagent le long de la cuisse. Il a une prédilection pour le sillon qui sépare le cuir chevelu du pavillon de l'oreille. Au début, la rougeur existe seule; mais bientôt l'hypersléalidrose aidant, la peau macère et répand une odeur sébacée très désagréable.
La question des rapports de l'intertrigo avec les autres dermites infân-
Permîtes infantiles. |OKi
liles est encore obscure. Les dermites diffuses débutenl souvent par de I intertrigo, et les vésicules el érosions post-vésiculeuses occupent parfois les plis ; mais on n'a jamais vu dans les plis de papules post érosives, et l'on n'a jamais observé, chez L'adulte, d'autre dermite simple que l'intertrigo. Le problème demeure donc irrésolu.
Évolution.- La dermite reste parfois à sa phase initiale, érythémateuse\ dans ce cas, elle est fugace; en quelques jours, tout peut rentrer dans Tordre», les lésions des plis et des régions postéro-inférieures du corps étant les plus lentes à disparaître.
Assez souvent, les vésicules apparaissent, après l'érythème ou d'emblée : presque toujours alors la dermite vésiculeuse évolue vers la phase vésiculoérosive-, les lésions peuvent guérir individuellement en quelques jours, mais elfes se renouvellent par des poussées successives, si bien que la durée d'ensemble peut être portée à plusieurs semaines.
Quand les érosions bourgeonnent [dermites papuleuses, papulo-êrosives), la régression des éléments est également rapide, mais les poussées éruptives allongent la durée de l'éruption.
Dans la l'orme ulcéreuse, au contraire, où le derme est entamé, les lésions deviennent fixes et durables, car le mauvais état général dont il est l'indice ne permet pas une prompte réparation.
En somme, les dermites infantiles sont remarquables par leur disposition sur les parties saillantes, leur absence dans les plis cutanés, leur rapide évolution, leur complète disparition sans autre traitement que des soins de propreté élémentaire, par leur apparition brusque après un changement de régime ou un trouble gastro-intestinal.
Étiologie. — On connaît mal la cause des dermites infantiles.
Valleix les subordonnait au muguet, dont en réalité elles sont loin d'être toujours accompagnées. Parrot incriminait Tathrepsie; si l'on doit constater l'extrême fréquence des dermites pendant son évolution, il faut reconnaître qu'on les voit aussi chez des enfants vigoureux bien portants.
Le contact des fèces semble plus important; l'irritation qu'elles exercent, plus encore peut-être leurs altérations chimiques et biologiques (selles acides, selles vertes, etc.), sont des facteurs de première importance, mais capables seulement, pour L. Jacquet, de renforcer, non de créer ces dermatoses.
Pour cet auteur, les troubles digestifs variés, même sans diarrhée, accompagnent souvent et parfois précèdent les dermites; l'évolution dentaire normale, et surtout anormale, provoque indéniablement, entre autres sympathies, des irritations cutanées dont la dermite simple est l'une des plus vulgaires ; aussi bien que l'irritation directe par les selles pathologiques, ces troubles, par voie réflexe, paraissent jouer un rôle dans la palhogénie des dermites infantiles. D'ailleurs, les alternatives rapides d'éclosion el de délitescence que présentent celles-ci, sont bien pour faire suspecter I intervention du système nerveux vaso-moteur (Moussous, Jacquet).
A plus d'un titre, ces dermites peuvent être rangées à côté des eczémas, des eczémalisations des enfants plus âgés et des adultes; elles en sont, chez le nourrisson, l'équivalent (Hutinel).
Si la cause des dermites infantiles reste obscure, le mécanisme qui pré-
1017 Dermites infantiles
side à l'éclosion de certaines variétés est, par contre, assez clair, [lestnotoire que les érosions post-vésiculeuses ou autres se groupent aux points maxima de contact et de frottements; que, d'autre pari, les papules post-érosives naissent de la réaction du derme mis à nu el irrité; cl la force debourgeonnemenl semble être en raison directe de la vitalité dermique. Ainsi s'expliquent la fréquence des formes vésiculo-érosives aux premières semaines de la vie et chez des enfants débiles, le passage à la phase papuleuse chez des enfants plus avancés en âge el généralement vigoureux.
Pronostic. - Les variétés ulcéreuses sont l'apanage des enfants en mauvais état général, dont le derme ne réagit pas. Ce sont les seules graves. L'état général esl le seul guide valable du pronostic.
Diagnostic. -- L'état général est aussi un bon élément de diagnostic : s'il reste bon, il s'agit plutôt d'une dermite simple que d'une dermatose infectieuse. Mais les dermites simples sont souvent accompagnées de troubles digestifs variés, d'athrepsie.
Les dermites érythémateuses ne peuvent être confondues avec les fièvres éruptives à érythème étendu et desquamatif, scarlatine, rougeole, rubéole, qui s'accompagnent de fièvres el de troubles fonctionnels significatifs, non plus qu'avec la roséole syphilitique, rare chez les enfants en bas âge.
Les diverses roséoles et lésions (Férythèmes infectieux toxiques, ou toxiinfectieux seront soupçonnées, grâce à leur brusquerie d'apparition et surtout à la coexistence des symptômes de la maladie causale.
La dermite vésiculeuse ne peut que difficilement être prise pour une varicelle, une variole au début, une miliaire sudorale, dont l'ensemble symptomatique est caractéristique.
Les formes mixtes simulent la phtiriase, la gale, le prurigo (ÏHebra. En présence de lésions polymorphes, il faut toujours soupçonner et rechercher les parasites; en leur absence seulement, on a le droit de songer au strophulus, très rare d'ailleurs au début de la vie.
Dans \ eczéma de la première enfance, les plaques érythémateuses sonl couvertes de fissures el de rhagades suintantes, empesant le linge, coexistant souvent avec la calotte sébacée de la tête qui diffuse sur les régions limitrophes.
Les formes localisées, papuleuse el ulcéreuse, méritent plus d'attention.
La dermite papuleuse simule bien, par son aspect et ses localisations, certaines éruptions spécifiques; l'intégrité ordinaire delà peau, des muqueuses, des viscères, du système osseux, etc., la vigueur de l'enfant, la coexistence de lésions érvlhémalo-vésiculeuses excluent la syphilis. Cependant, les dermites simples n'étant pas incompatibles avec la vérole, tout cas suspect doit entraîner Vexclusion de V allaitement mercenaire.
La dermite ulcéreuse peut aussi simuler la syphilis, dont les éléments fessiers s'ulcèrent parfois sous l'action continue des contacts irritants : seule alors la concomitance de lésions spécifiques en d'autres points de la peau peut aider à sortir d'embarras.
Diverses variétés d'ecthyrna'se montrent aussi dans les régions fessières ou peuvent se surajouter aux lésions plus superficielles de la dermil(4 ulcé-
Permographisme. 1018
rciisc simple; mais l'ecthyma, surloul dans sa variété té rébran te, affecte une évolution rapide, creuse profondément, el parfois se généralise.
On voit que les dermites infantiles, surloul dans leurs variétés papuleuse el érosive, ressemblent parfois à s'y méprendre à des lésions syphilitiques. Cependant, le diagnostic est d'importance cxacle, pour la nourrice, à laquelle il faudra peut-être qu'on confie l'enfant, pour l'enfant lui-même. qu'il n'est pas indifférent d'avoir considéré et traité comme un hérédo-syphilitiquc.
Ce diagnostic est relativement facile dans les formes types. Mais quand l'enfant est pâle, amaigri, a des ulcérations cutanées douteuses, du coryza, une grosse raie, le diagnostic est souvent malaisé. L'examen histo-bactériologique d'une des pustules excisées peut rendre de grands services. La ponction lombaire ne peut pas apporter d'éléments d'appréciation, car si la lymphocytose rachidicnne est fréquente chez les hérédo-syphilitiques atteints de lésions papuleuses (Ravaut), elle n'est pas exceptionnelle dans les dermites érosives et s'observe assez souvent dans les formes jeunes et florides des dermites papuleuses (Marcel Fcrrand).
Traitement. — 1° Traitement local. — Les soins d'hygiène sont les plus importants et suffisent, parfois, dans les formes érythémateuses : séparation des surfaces irritées par de l'ouate hydrophile recouverte de vaseline simple, de talc ou de sous-nitrate de bismuth; langes larges, en toile usée et d'une propreté incessante.
Dans les degrés plus avancés, il faut en outre retourner souvent l'enfant et le placer sur le ventre, afin d'éviter une compression trop prolongée du plan postéro-inférieur du corps. On prescrira aussi des lotions fréquentes, astringentes, émollientes ou faiblement antiseptiques, un ou deux bains quotidiens d'eau tiède, simple ou très légèrement aseptique (acide borique à 1/50, sublimé à 1/4000), de très courte durée.
Après le bain, l'enfant sera essuyé doucement, sans friction, poudré d'amidon, de talc ou de sous-nitrate de bismuth, et recouvert de toile fine et usée imprégnée de poudre. Au cas de réaction inflammatoire violente des téguments, il est préférable de recourir aux cataplasmes de fécule de pomme de terre, appliqués froids, sans être recouverts de taffetas gommé et changés dès qu'ils seront échauffés.
2° Traitement général. — On surveillera en outre l'état de la dentition et on traitera les troubles digestifs par les moyens appropriés. L'alimentation sera rigoureusement surveillée : il est fréquent de voir guérir la dermatose dès qu'on soumet l'enfant à un régime sévère, en particulier à la diètelactée ; si l'enfant est à la mamelle, on régularisera l'hygiène et l'alimentation de la nourrice. Le traitement mercuriel n'a aucune action sur les dermites infantiles. FERNAND TRÉMOLIÈRES.
PERMOGRAPHISME. — On désigne sous ce nom une exagération et une persistance anormale des réactions vaso-motrices cutanées.
Chez certains névropathes, un simple contact, un léger frottement de la peau, suffisent à produire une réaction locale plus ou moins persistante, plus ou moins colorée, soit en rose, soit en blanc, quelquefois proéminente.
■10 11» Désinfection.
Une prédisposition névropathique, spéciale, esl toujours nécessaire. Une intoxication ou une infection passagères favorisent l'apparition du dermographisme. C'est ainsi qu'on l'observe fréquemmeni chez les hystériques, sans que, d'ailleurs, le dermographisme puisse être considéré connue une manifestation propre à l'hystérie. D'autre pari, la raie méningitique u'esl qu'une sorte <le dermographisme transitoire favorisé par une toxi-infection.
Le dermographisme se présente sous plusieurs formes. A l'ordinaire, après frottement de la peau avec une pointe mousse, avec l'ongle, on voit apparaître une raie blanche, qui bientôt devient d'un rose de plus en plus foncé et plus ou moins saillante; selon les cas, elle persiste une demi-heure ou quelques heures; puis tout disparaît. Chez les grands dermographiques, un contact léger suffit non seulement à produire la raie rose, mais une élevure cutanée très appréciable qui peut persister 24 heures et même plus; la main posée à plat sur le dos ou sur l'épaule suffit pour former une empreinte en relief (griffes, stigmates diaboliques des possédées d'autrefois).
Il existe aussi un dermographisme blanc, crayeux, sans coloration ni saillie de la peau.
Enfin, sur la zone cutanée, effleurée, on peut voir se dessiner une raie de « chair de poule ».
Le dermographisme n'est, en somme, qu'une perturbation vaso-motrice qui se rattache à la pathologie du grand sympathique.
Sans gravité, et souvent ignoré des sujets qui le présentent, le dermographisme ne nécessite aucun traitement. Mais c'est un signe qu'il ne faut pas négliger de rechercher ; sa présence permet de confirmer la nature névropathique de troubles concomitants. HENRY MEIGE et E. FEINDEL.
DERMATOSES. — V. Dermites, Névrodermites, Erythèmes, etc.
DÉSINFECTION. — La désinfection a pour but la destruction des germes des maladies contagieuses. Tandis que l'isolement du malade est destiné à éviter la transmission directe, la désinfection s'oppose à la contagion médiate, en arrêtant la diffusion des agents pathogènes contenus dans les sécrétions ou les excrétions morbides.
Prescriptions administratives concernant la désinfection. • — Conformément aux prescriptions de la loi du 15 février 1902, et après avis de l'Académie de médecine et du Conseil supérieur d'hygiène publique de France, le décret du 10 février 1007) a établi une liste des maladies pour lesquelles la désinfection est obligatoire.
Une seconde liste comprend les maladies pour lesquelles la désinfection n'est pratiquée qu'à la demande des intéressés, sans qu'il existe pour eux une obligation formelle à la requérir.
Ces deux listes sont reproduites à l'article Déclaration, auquel nous renvoyons. Nous indiquons également dans cet article les motifs du choix de ces maladies et la justification de leur division en deux listes.
Les procédés de désinfection appliqués doivent être, conformément à l'article 7 de la loi sanitaire, approuvés par le ministre de l'intérieur, après avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France.
Désinfection. 1020
Toul appareil destiné à la désinfection ne peul être employé qu'après avoir été l'objel (I un certifîcal délivré par le ministre de l'Intérieur, el constatant que des expériences contrôlanl l'efficacité de ces appareils ont été faites par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France.
Les appareils conformes à un type déjà vérifié ne peuvent être mis «m service dans un département qu'après la délivrance par le préfet, sur le rapporl de la Commission sanitaire de la circonscription, d'un procès-verbal «le conformité (décrel <lu 7 mars 1903).
Dans les villes de "20000 habitants el au-dessus, ainsi que dans les communes de 2000 habitants, sièges d'un établissement Lhermal, la surveillance el le contrôle de la désinfection sont attribués au bureau municipal d'hygiène. Dans les communes de moins de 2000 habitants, la désinfection est réglementée par des arrêtés municipaux approuvés par le préfet et assurée» par les soins d'un service départemental (art. 7 de la loi du 15 lévrier 1902).
Dans tous les cas la désinfection peul être pratiquée indifféremment par un service public, par l'industrie privée ou par les intéressés eux-mêmes, pourvu que les conditions requises par la loi soient scrupuleusement observées, et que l'efficacité des mesures prises puisse être vérifiée par un con- Irôle officiel.
Siège habituel des germes morbides à détruire. Avant d'étudier les procédés de désinfection, il convient d'indiquer quels sont les modes de propagation dans chacune des maladies transmissibles, et par quelles voies les agents pathogènes sortent de l'organisme et disséminent le conlage.
Ce sont les matières fécales qui conliennenl et diffusent l'agent pathogène du choléra et des maladies cholérif ormes, de la dysenterie et de la fièvre typhoïde. De plus, les matières rondes dans le choléra, les urines et parfois les crachats dans la fièvre typhoïde, servent aussi de véhicule au contage.
Dans un groupe important de maladies, la transmission se fait par l'intermédiaire des sécrétions des voies respiratoires : tel est le cas pour la tuber" culose pulmonaire, la coqueluche, la grippe, la pneumonie et la bronchopneumonie, la peste pneumonique, la diphtérie, la scarlaline, la rougeole, la suetle miliaire, les oreillons et la méningite cérébro-spinale.
Ajoutons que l'agent infectieux se relrouve encore dans les matières fécales et les produits <l<j suppuration des luberculeux; dans les squames épidermiques des scarlalineux. Ce mode de transmission par les squames épidermiques se relrouve dans l'érysipèle el dans les teignes.
C'est par les produits de suppuration que se propagent la variole (pus et croûtes), la peste bubonique, l'infection puerpérale, l'ophtalmie purulente des nouveau-nés el la conjonclivile purulente. La transmission de l'ophtalmie granuleuse se fait également par l'intermédiaire des sécrétions oculaires.
Enfin, dans certains cas, les petits animaux, hôtes habituels des habitations humaines, ou des insectes parasites transportent le contage dans leur organisme et deviennent ainsi des agents de diffusion de quelque maladie Iransmissible. C'esl ainsi que les rais, atteints de peste, provoquent des épidémies humaines, par l'intermédiaire de puces qui, après avoir aspiré le sang de rongeurs malades, l'inoculent par piqûre à l'homme.
1021 Désinfection.
C'est de même en transportant et en inoculanl du sang infecté que les moustiques transmettent la malaria et la fièvre jaune; les puces, les punaises et les poux le typhus exanthématique, la peste, le typhus récurrent, et très
robablement la lèpre.
Les produits morbides que nous venons d'énumérer restent, pour la plupart, longtemps dangereux à la surface des objets qu'ils souillent et sur lesquels ils se fixent; le corps du malade en est presque toujours infecté en quelque partie, et plus spécialement au niveau des régions pileuses difficiles à nettoyer, el de la cavité buccale où les germes se conservent longtemps à l'état virulent el sont facilement projetés au dehors.
Le linge du malade (chemises, mouchoirs, etc..;); sa literie (draps, matelas, couvertures, oreillers, traversins, sommiers); ses objets de toilette (éponges, linge, brosses, peignes, elc...); ses pièces de pansement; ses vêlements; ses ustensiles de ménage (verres, tasses, cuillers, fourchettes, assiettes); les objets qu'il a fréquemment en main (livres, jouets, etc.), conservent aussi et transmettent le conlage. La contamination des objets par les excrétions ou les sécrétions infectées peut encore s'étendre plus loin : au mobilier de la chambre du malade, surtout au lit, aux tentures (lapis, rideaux) el aux parois (murs, planchers, boiseries, etc.). C'est ainsi que se produit l'infection des sièges des cabinets el des fosses d'aisances, des fosses à fumier ou à purin sur lesquelles sont déversées les déjections des malades. Les souillures contaminent aussi fréquemment les mains, la figure, la barbe, les cheveux des personnes qui se trouvent en contact avec les malades, ainsi que leurs vêtements; de là une source de transmission nouvelle des germes de la maladie.
Il est encore un fait qu'il est bon d'indiquer au point de vue pratique, c'est l'importance qu'il y a à déterminer, dans chaque cas, si les objets à désinfecter oui élé soumis à une contamination profonde ou superficielle. Le degré d'infection d'un matelas, par exemple, ne sera pas le môme, selon qu'il s'agisse d'un cas de fièvre typhoïde grave, dans lequel les déjections du malade ont pu, à maintes reprises, pénétrer dans toute la profondeur des pièces de literie, non protégées par une enveloppe imperméable, ou qu'on se trouve en présence d'un cas de rougeole, sans modification pathologique du côté de l'intestin, alors que le matelas a été, durant toute la maladie, soigneusement recouvert d'une toile caoulchoulée. Il va de soi qu'autant une désinfection complète à l'étuve à vapeur s'impose dans le premier cas, autant un simple lessivage de l'enveloppe de loile sera suffisant dans le second cas. Celle distinction des cas dans lesquels la contamination a pénétré profondément, ou bien est constamment restée superficielle, est d'autant plus importante que certains désinfectants des plus énergiques et des plus faciles à manier, tels le formol, ne procurent jamais qu'une désinfection en surface, non pénétrante.
Substances désinfectantes et procédés de désinfection. — Avant de débuter dans celle étude, nous devons rappeler que l'action des désinfectants s'exercera toujours beaucoup plus rapidement et avec beaucoup plus d'efficacité sur des objets qui auront élé préalablement débarrassés de leurs souillures grossières, et dans lesquels l'anlisepliqne n'aura
Désinfection. 102!2
pus besoin de traverser une épaisse couche de matières étrangères avant d'atteindre les microbes pathogènes à détruire. Le nombre de ceux-ci aura d'ailleurs été singulièrement restreint par le lavage ou nettoyage préalable. On trouvera donc toul avantage à laisser tremper le linge dans un récipient contenant une solution antiseptique avant de renvoyer à l'étuve; à lessiver les parois peintes des locaux, les planchers, avant de recourir aux vaporisations désinfectantes ou aux lavages antiseptiques. De plus, il ne faut pas oublier que la nature meta notre disposition des procédés naturels de désinfection, l'aérai ion, l'insolation, la dessiccation, qui sont trop lents pour suffire à eux seuls, mais qu'il est bon d'utiliser à titre adjuvant. (Test ainsi que, même après désinfection complète, il ne sera pas inutile de laisser pénétrer pendant plusieurs jours dans une chambre, qui a été occupée par un malade, le soleil et l'air par les fenêtres grandes ouvertes.
Les substances désinfectantes aptes à détruire les microbes pathogènes sont de nature physique ou chimique. Nous suivrons celle division pour les passer en revue et nous reproduirons les instructions que le Conseil supérieur d'hygiène de France a publiées sur la pratique de la désinfection.
A) Désinfectants physiques. — La chaleur est le meilleur agent de désinfection en profondeur, à la condition qu'elle soit humide.
L'air chaud sec est au contraire un moyen de stérilisation le plus souvent inefficace. Pour obtenir avec lui quelque effet appréciable, il faudrait soumettre les objets à désinfecter aux températures de 140" à 150', et cela durant plusieurs heures. Encore ne désinfecterait-on que la surface seule des objels, qui se trouveraient d'ailleurs détériorés le plus souvent par celle longue exposition à une température aussi élevée; au centre des couvertures enroulées, des matelas, la température atteint à peine 50° à 70", alors qu'elle est portée à 150° à la surface. On ne peut donc plus songer à employer, pour la désinfection du linge, des objels de literie, des vêlements, les étuves à air chaud, qu'on a jadis en vain tenté d'utiliser. On les réservera pour aseptiser les instruments métalliques de chirurgie ou la verrerie des laboratoires.
V Incinération est, il est vrai, un moyen radical de purifier les objels: niais elle ne peut guère être appliquée qu'à ceux qui n'ont aucune valeur, tels que pièces de pansement, linges ou vêlements hors d'usage, jouets, livres ou débris infectés.
Le flambage, qui n'est en réalité qu'une incinération superficielle, doit être réservé à la désinfection des objels qui ne peuvent être endommagés par l'action du feu. Il convient à la stérilisation des objels métalliques, des instruments de chirurgie ou de laboratoire. On peut encore désinfecter dans quelques cas des murs nus en les flambant à l'aide de paille enflammée, ou des parois peintes en se servant du chalumeau des peintres; mais c'est là un procédé peu pratique, plus lent et moins simple que ceux que nous indiquerons dans la suite.
La valeur de Veau bouillante comme agent de désinfection est bien connue. Il suffit de maintenir des agents pathogènes dans de l'eau en ébullition pendant quinze minutes pour les détruire complètement, ainsi que leurs spores. Les objels d'une certaine épaisseur ne seront stérilisés qu'après un séjour d'une heure dans l'eau bouillante. L'addition de sel élève le point d'ébulli-
1 Q2 ") Désinfection.
tion de l'eau et haie par conséquent la stérilisation des objets qui y sont plongés. Lorsqu'il s'agit de désinfecter par l'ébullition des objets contenant du mucus ou de la graisse, il sera préférable d'ajouter à l'eau c2*> gr. de carbonate de soude par litre. Malheureusement lous les objets ne peuvent pas être sans inconvénient plongés et maintenus dans l'eau.
Aussi est-ce en réalité la chaleur humide de la vapeur d'eau qui constitue le mode le plus sur el le plus pratique de désinfection profonde. La vapeur d'eau esl utilisée avec ou sans pression en vue de la désinfection. Pour que le résultat soit satisfaisant il est indispensable que certaines conditions soient satisfaites : La vapeur ne doit pas être mélangée d'air, qui empêcherait la condensation; celle-ci est en effet un des facteurs les plus énergiqnes de la désinfection. En outre, il est nécessaire que la vapeur soit saturée, c'est-à-dire humide; dans ces conditions, à 100°, elle détruit les spores du charbon en 7 minutes. On a bien essayé d'élever la température de la vapeur d'eau en la faisant passer sur une surface de chaude; mais on obtient ainsi un gaz qui n'a plus qu'un pouvoir désinfectant sensiblement égal à celui de l'air chaud sec et par suite incapable d'assurer la stérilisation en surface audessous de 150°.
Les appareils qui utilisent la vapeur d'eau en vue de la désinfection portent le nom d'étuves; ils se composent lous d'un générateur de chaleur, d'un générateur de vapeur et d'une chambre à désinfection obturée par un couvercle. Celui-ci peut être percé d'un orifice qui laisse constamment écouler la vapeur à mesure qu'elle se forme; on a alors l'étuve à vapeur iluente sans pression, dont la température intérieure ne s'élève guère audessus de 100°. La désinfection y est lente; mais l'appareil est de construction très simple, d'un prix peu élevé et sans risque d'explosion.
Les deux autres types d'étuves à vapeur varient suivant que le couvercle est hermétiquement obturé (étuve à vapeur dormante sous pression, fig. 274) ou qu'il est percé d'un orifice muni d'un clapet formant soupape (étuve à vapeur fluenle sous pression).
Xous renvoyons aux traités spéciaux pour la description et le fonctionnement des différentes éluves à vapeur construites par l'industrie. Il en sera de même pour celles où la chambre à désinfection peut recevoir à la fois de la vapeur d'eau et des gaz antiseptiques (aldéhyde formique gazeuse ou vapeurs d'acide sulfureux sulfurique), combinaison qui, d'ailleurs, ne donne pas des résultats sensiblement différents de ceux obtenus avec la vapeur d'eau seule.
Toute étuve ne peut être mise en service que si le type conforme a été autorisé par le Ministère de l'intérieur, qui délivre un certificat indiquant dans quelles conditions il faut faire fonctionner l'appareil et quels sont les résultats qu'on en peut attendre.
Les modèles qui ont obtenu l'autorisation officielle, donnent tous de bons résultats dans les conditions indiquées par les certificats. Lorsqu'il s'agira de choisir entre eux, on tiendra compte des avantages et des inconvénients (W chaque modèle, en prenant en considération surtout le prix d'achat de L'appareil, les frais de son installation et de son fonctionnement, la rapidité avec laquelle on obtient une désinfection suffisante.
Désinfection. 1 02 \
On peul (railleurs établir soi-même, à très peu de Irais, une éluve à vapeur fluente sans pression, avec des matériaux qu'on a partoul sous la main. Il suffît de se procurer une marmite de si) centimètres de diamètre et un tonneau haut d'environ 1 m. 50 et de diamètre un peu supérieur à celui de la marmite. On perce la paroi inférieure du tonneau <le trous faits au vilebrequin pour l'entrée <le la vapeur, el la paroi supérieure d'un orifice pour la sortie de la vapeur. On remplit ensuite la marmite d'eau et on fait du l'eu au-dessous; elle constitue ainsi le générateur de vapeur. Le tonneau chargé «les objets à désinfecter est placé sur la marmite. L'espace entre les bords des deux récipients est obturé au moyen de terre glaise et de linge mouillé. Dès que l'eau boni dans la marmite, la vapeur d'eau s'élève el traverse le
Fi:
274. — Étuve locoinobile à désinfection par la vapeur dormante sous pressioi
tonneau, y maintenant une température d'environ 100°. A parlir du moment où cette température est marquée par le thermomètre qu'on fixe à l'orifice supérieur du tonneau, on prolonge l'opération pendant une heure au moins. Une étuve ainsi construite ne coûte pas plus de 20 francs, et l'on peut faire une désinfection avec 75 centimes de charbon seulement. Les résultats oblenus sont suffisants, mais fréquemment les objets soumis à la désinfection sont trop mouillés par l'eau de condensation.
Contrôle des étuves. — Les médecins faisant partie des administrations sanitaires municipales ou départementales peuvent être appelés à vérifier le bon fonctionnement d'une étuve à désinfection, soit au moment de son achat, soit alors qu'elle est en service depuis plus ou moins de temps. Ce contrôle est d'autant plus utile que les appareils en apparence les mieux établis peuvent donner des résultats désastreux dans la pratique. Il doit être souvent répété.
On opère cette vérification en s'assurant du temps nécessaire pour que la température atteigne 100° au centre des objets les plus épais mis à l'étuve. On a recours pour cela au pyromètre électrique, qui est composé de deux lames de laiton mises en communication par deux fils conducteurs, qui traversent la paroi de l'étuve à travers un bouchon métallique, avec les deux pôles d'une sonnerie électrique extérieure. Le contact entre les deux lames
1025 Désinfection.
de laiton est interrompu par un petit cylindre constitué de l'alliage suivant, fusible à 100° :
Plomb 5 paiiies.
Ëtain 3 —
Bismuth 8 —
Dès que la température atteint 100° au point où est le pyromètre, que l'on a eu soin de placer dans la chambre de désinfection de l'éluve au centre d'un matelas ou d'épaisses couvertures enroulées, le cylindre d'alliage se fond, le contact s'établit entre les deux lames de laiton et la sonnerie se fait entendre. Il suffit alors de noter le temps écoulé depuis le début de l'opération pour établir la durée que devrait avoir la désinfection pour être suffisante.
B) Désinfectants chimiques. — Les substances chimiques qui sont généralement utilisées pour la désinfection doivent posséder une action antiseptique rapide et certaine; il ne faut pas qu'elles détériorent les objets soumis à leur action; il est nécessaire que leur prix de revient soit très faible et que leur maniement soit très aisé. Enfin, il serait très désirable que ces substances ne soient ni caustiques, ni toxiques; les désinfectants usuels ne réalisent que rarement cette dernière condition.
Les substances chimiques à l'état solide ne paraissent pas avoir de propriété antiseptique bien efficace. Ce n'est guère qu'à l'état liquide ou gazeux qu'elles acquièrent un pouvoir désinfectant marqué.
a) Solutions désinfectantes. — Nous n'indiquerons ici que les désinfectants dont l'efficacité est éprouvée, et, en première ligne, les substances qu'on se procure le plus facilement. D'une façon générale, ces solutions ont une action antiseptique bien plus forte si elles sont employées à chaud (40° ou 50°).
Les solutions de soude et de potasse sont, grâce à leur alcalinité, des antiseptiques très énergiques. C'est ainsi que les lessives de ménage à la cendre de bois ou au carbonate de soude (à 1 pour 50) sont d'excellents désinfectants du linge, des vêlements, des objets de literie, des ustensiles de ménage, lorsqu'elles sont employées à chaud (40° environ). Les solutions chaudes de savons à ,10 ou 40 pour 1000, ont les mêmes utilisations. On peut employer indifféremment le savon de Marseille ou le savon de potasse (savon noir).
L'eau seconde des peintres, qui est une solution plus ou moins concentrée de potasse d'Amérique dans l'eau, nettoie parfaitement à froid les planchers et parois en bois, sans les altérer, dans les proportions de 1 ou 1/2 partie de potasse pour 10 d'eau, et les désinfecte en même temps d'une façon très satisfaisante.
L'eau de Javel (hypochloritc de soude) s'emploie étendue de 50 fois son poids d'eau pour la désinfection des produits sécrétés ou excrétés par les malades, pour celle de leur linge, de leurs vêtements, de leurs ustensiles, des parois, des planchers et des meubles.
Il en est de même pour les solutions savonneuses de cvésol ou crésylol préparées en mélangeant 500 gr. de crésol savonneux à 10 litres d'eau. Le crésol savonneux s'obtient en faisant fondre, à une chaleur douce, un N"< p. m. c. — ii. es
Désinfection. I 02 ( i
mélange de 50 gr. de crésol brul pour 500 gr. de savon mou et en Laissant sur le feu jusqu'à ce qu'où obtienne un Liquide clair. Ou trouve, d'ailleurs, le crésol savonneux loul préparé dans les pharmacies. Les crésolssont de* phénols supérieurs doués de propriétés désinfectantes très énergiques, qui constituent la meilleure partie (75 pour 100) de L'acide phénique brut. En solution savonneuse, le crésol présente une activité au moins aussi grande que l'acide phénique; il est à la fois moins toxique el moins cher, mais a la même odeur désagréable.
On emploie de préférence le crésylol sodique en solution aqueuse forte à \ pour 100 et en solution faible à I pour 100. Le mélange se l'ail dans un récipient degrés ou de métal, caria réaction dégage beaucoup de chaleur et pourrait provoquer la rupture de récipients en verre même épais.
On peut également appliquer aux mêmes cas la solution commerciale (F aldéhyde formique (formol à 40 pour 100) en ajoutant 40 gr. de celle solution par litre d'eau. Mais il faut éviter de l'employer dans un local où l'on doit séjourner immédiatement après l'opération, car l'application de celte solution donne lieu à un dégagement de vapeurs de formol, très irritantes pour les muqueuses, dont on ne peut se débarrasser que par une large ventilation, longtemps prolongée.
Le lait de chaux fraîchement préparé à 20 pour 100, constitue le désinfectant par excellence du sol et des parois qui ne sont recouvertes ni de papiers, ni de peintures, ni de plâtre. Le badigeonnage des murs avec ce produit se fait 1res rapidement et à peu de frais. De plus, les produits de sécrétion et d'expectoration, ainsi que les déjec lions, additionnées de 5 à 7,5 pour 100 de lait de chaux se trouvent fort bien désinfectés. Pour préparer du lait de chaux très actif, on prend de la chaux de bonne qualité, on la fait se déliter en l'arrosant petil à petit avec la moitié de son poids d'eau. Il faut avoir soin de ne pas ajouter l'eau trop rapidement, car on « noierait » la chaux, qui ne se déliterait plus. Quand la délitescence est effectuée, on met la poudre ainsi obtenue dans un récipient bien bouché qu'on conserve dans un endroit sec et exempt d'acide carbonique (ne pas placer celle poudre dans une cave). Il faut que le lait de chaux soit toujours fraîchement préparé, car, même lorsqu'il est enfermé dans un vase soigneusement bouché, il s'altère au bout de quelques jours. On le prépare donc au fur et à mesure des besoins. Comme l kg de chaux qui a absorbé 500 gr. d'eau pour se déliter a acquis un volume de 2 litres 200, il suffît de délayer cette dernière quantité d'hydrate de chaux dans le double de son volume d'eau, soit 4 litres 400, pour obtenir un lait de chaux qui soil environ à 20 pour 100. A défaut de chaux vive, on peut préparer le lait de chaux avec de la chaux éteinte, comme celle dont se servent les maçons, et la mélanger à l'eau dans la proportion d'un litre de chaux (2 kg pour 1 litre 500 d'eau).
La solution usuelle de sublimé à 1 pour 1000 a longtemps été presque exclusivement employée pour la désinfection des parois, planchers ou des meubles ainsi que pour celle du corps des malades, des personnes qui les soignent ou des mains des chirurgiens et de leurs aides. C'est assurément un antiseptique très énergique, mais il présente de nombreux inconvénients. Même en solution faible il reste caustique pour la peau et surtout les
1027 Désinfection.
muqueuses; sa toxicité est considérable cl il est imprudent de le laisser entre des mains inexpérimentées; il attaque aussi les objets métalliques. Enfin, mis en contact avec les matières organiques riches en albumine, il détermine une coagulai ion de celle substance, ce qui enferme les microbes dans une enveloppe protectrice et les met à l'abri de l'action antiseptique de la solution mercurielle. On diminue il est vrai cet inconvénient en ajoutant à chaque litre de la solution, soit 10 gr. de chlorure de sodium, soit I gr. d'acide tartrique, soit 1 gr. d'acide chlorhydriquè. Il n'en reste pas moins acquis que le sublimé ne peut plus être considéré comme le meilleur désinfectant des malières fécales, des malières vomies, des produits d'expecloralion qui constituent les principales causes de souillure des planchers et des parois des locaux, ainsi que des téguments des malades et de leur entourage.
Voxycyanure de mercure, dont le prix n'est pas plus élevé que celui du sublimé, présente sur lui l'avantage de n'exercer aucune action irritante sur les téguments et de ne pas détériorer les instruments métalliques.
Le chlorure de chaux à 20 pour 1000 et le sulfate de cuivre (vitriol bleu) à 50 pour 1000 sont employés pour la désinfection des malières fécales, ainsi que des produits de sécrétion et d'expectoration. La solution de sulfate de cuivre sus-indiquée est connue sous le nom d' « eau bleue », sa faible toxicilé, son prix minime, ses qualités désodorisantes en font un des antiseptiques les plus couramment employés pour la désinfection des malières fécales; on verse deux ou trois grands verres d'eau bleue dans un litre de déjections.
On a recommandé pour désinfecter le sol sur une assez grande étendue ou encore des matières animales en décomposition, de pratiquer des arrosages avec une solution contenant de 2 à 5 pour 100 d'un mélange à parties égales d'acide phénique impur du commerce et d'acide sulfurique du commerce. On obtient ainsi à vil prix de grandes quantités d'un puissant désinfectant.
b) Désinfectants gazeux. — Parmi les substances chimiques, on n'utilise guère à l'état gazeux pour la désinfection que les vapeurs d'aldéhyde formique ou celles d'acide sulfureux sulfurique.
La puissance antiseptique de Y aldéhyde for inique sous forme gazeuse est très marquée, ses gaz ne détériorent aucun objet et ne présentent aucune toxicité. Mais il est bien démontré que le formol n'est qu'un désinfectant de surface et n'offre aucune garantie pour la désinfection tant soit peu profonde des matelas, couvertures, lapis, tentures el vêtements. Il reste le désinfectant par excellence des parois des locaux, de la surface des meubles, à la condition expresse qu'on ait recours en même temps aux étuves ou aux lavages antiseptiques pour les objels qui, par leur conformation, exigent une désinfection plus profonde.
Le dégagement des vapeurs de formol en vue de la désinfection est généralement produit par des appareils spéciaux fournis par l'industrie; ils doivent avoir reçu l'autorisation officielle, le certificat indiquant les conditions dans lesquelles l'opération est efficace el les résultats qu'on en peut obtenir.
Mais on peut produire une vaporisation suffisanle de vapeurs d'aldéhyde
Désinfection.
formique, sans appareil spécial dans le local à désinfecter, en chauffant, dans un récipient plal et large, une solution composée de La solution commerciale d'aldéhyde formique (formol à iO pour 100) étendue de i rois fois son volume d'eau. Ce récipient est fermé par un couvercle muni d'une ouverture permettant le dégagement des vapeurs désinfectantes. Pour un local de 100 mètres cubes, il faut vaporiser près de trois litres el demi de solution; la dépense ne dépasse pas 5 lianes.
On peut encore produire le dégagement des vapeurs d'aldéhyde formique par la décomposition à chaud du trioxyméthylène, qui se vend dans le commerce en pastilles toutes préparées. On chauffe ;V,V \ ces pastilles dans un petit récipient métallique
au moyen d'une lampe à alcool. 11 faut obtenir, pour que l'opération ait une efficacité suffisante, un dégagement d'au moins i gr. d'aldéhyde formique pur par mètre cube du local.
On vend aussi de petits cylindres de cuivre (fig. 275) très minces, remplis d'une substance à base de trioxyméthylène et fermés par un couvercle perforé, avec simple obturation à la paraffine. Le cylindre est enduit, sauf sur le couvercle, d'une pâte spéciale qui, lorsqu'on y met le feu, brûle lentement sans flamme et porte rapidement le trioxyméthylène à une température assez élevée pour le volatiliser. La désinfection de surface est suffisante au bout de 7 heures, en brûlant un cylindre renfermant 5,5 grammes de trioxyméthylène par 15 mètres cubes du local; les cylindres doivent être placés sur une plaque métallique et espacés dans la pièce.
Il va de soi que tous les orifices du local à désinfecter doivent être hermétiquement obturés comme il sera indiqué plus loin.
Au bout de 14 heures environ on ouvre tous les orifices et on aère longuement la pièce. Malgré cela les vapeurs de formol restent encore en assez grande quantité, pour que le local demeure inhabitable au moins 24 heures et souvent plus. C'est là le principal inconvénient de la désinfection par les vapeurs de formol. On a bien conseillé, lorsque le temps nécessaire à la désinfection est écoulé, de projeter dans la pièce des vapeurs d'ammoniaque (800 c. c. d'une solution à 25 pour 100 pour un local de 100 mètres cubes); ces vapeurs se combinent à celles d'aldéhyde formique pour former un composé inerte et inodore l'hexaméthylène tétramine. La vaporisation d'ammoniaque demande 20 minutes. On attend ensuite 50 minutes que la combinaison soit terminée, puis on aère. Les résultats n'ont pas été aussi satisfaisants dans la pratique qu'on pouvait l'espérer, l'odeur pénétrante de l'ammoniaque persistant encore très longtemps.
On a beaucoup utilisé autrefois pour la désinfection des locaux les vapeurs d'acide sulfureux sulfurique provenant de la combustion du soufre, c'est-àdire contenant des vapeurs d'anhydride sulfurique. On obtient le dégagement gazeux, sans appareil spécial, en laissant brûler de la fleur de soufre
Fis. 275.
1029 Désinfection.
dans un récipient métallique, après avoir clos le local avec autant de soin que pour le formol, à raison de M) gr. de soufre par mètre cube de l'espace à désinfecter, ("elle pratique expose toujours aux dangers d'incendie.
On peut encore projeter du gaz sulfureux liquéfié, renfermé dans des récipients métalliques. Mais il esl certain que l'acide sulfureux ne lue pas toujours les bacilles dépourvus de spores, alors môme que la quantité de soufre brûlé est portée à 00 gr. par mèlre cube. En revanche, les vapeurs sulfureuses sont d'un emploi très commode pour la destruction des petits animaux et des insectes, comme d'ailleurs les vapeurs d'aldéhyde formique, qui sont dans ce cas d'une utilisation moins pratique. Aussi réserve-t-on maintenant l'acide sulfureux à la destruction des rais dans les cales de navire. La projection des vapeurs est alors l'aile par des appareils spéciaux, qui doivent avoir reçu l'autorisai ion officielle.
Pratique de la Désinfection. — Le rôle du médecin consiste à indiquer dans chaque cas de maladie transmissible au malade et à son entourage la nécessité de la désinfection, à prescrire les agents désinfectants qu'il convient d'employer, en en spécifiant le mode d'emploi. Il surveillera soigneusement l'exécution de ses prescriptions, les malades et leurs familles étant trop souvent portés à se soustraire à ce devoir.
Il importe en outre que le médecin soit bien convaincu que les opérations de désinfection doivent être instituées , dès qu'il a reconnu un cas de maladie transmissible. Tout retard apporté dans l'exécution des désinfections nécessaires permet aux germes nuisibles de se^ répandre et de créer des cas nouveaux. De plus, la désinfection au cours de la maladie doit être pour ainsi dire continue, la nécessité de détruire les agents de contagion répandus en dehors de l'organisme par l'intermédiaire des sécrétions ou excrétions du malade se reproduisant plusieurs fois par jour.
Il faut encore dans chaque cas examiner quel est le degré d'infection des objets à désinfecter, si les opérations d'une désinfection de surface suffisent à écarter tout danger de contamination ou s'il faut, au contraire, faire pénétrer profondément l'action des agents désinfectants sur tout ou partie des objets souillés. Tout en ne perdant pas de vue la sauvegarde des intérêts généraux, le médecin s'efforcera toujours d'obtenir les résultats recherchés par les moyens les moins dispendieux, les moins incommodes et les plus simples, de façon à faire accepter de plus en plus aisément par le public les opérations de désinfection. Celles-ci diffèrent, tant au point de vue du but recherché que du mode d'application, suivant que la maladie est en cours ou qu'elle est terminée. Elles diffèrent également suivant qu'on dispose d'appareils de désinfection, ou qu'on se trouve réduit à recourir aux pratiques les plus simples, sans l'aide si précieuse d'une étuve, d'appareils formolaleurs ou de pulvérisateurs. Ce dernier cas étant de beaucoup le plus fréquent en dehors des grandes villes, c'est lui que nous envisagerons en première ligne el sur lequel nous insisterons le plus, le praticien se trouvant alors abandonné à sa propre initiative.
I. Désinfection sans appareil au cours de la maladie. — Dans ces conditions la désinfection doit porter :
Désinfection. 1030
1° Sur les produits morbides (déjeclions, produits d'expectoration ou de sécrétion, pus, sang, etc....);
2° Sur les objets de pansement, linges, vêlements, objets à usage qui se sont trouvés en contact avec le malade et par cela même ont pu être souillés;
5° Sur la chambre du malade ;
4° Sur le malade lui-même et son entourage;
5° Dans certains cas sur des parasites, capables de transporter le coulage.
1° Désinfection des produits morbides. — Les selles, les vomissements, les urines des malades, tout particulièrement dans la fièvre typhoïde, la dysenterie, le choléra et les maladies cholérif ormes, la tuberculose, doivent être reçus dans des vases dans lesquels on aura préalablement versé deux ou trois grands verres d'une des solutions désinfectantes à l'eau de Javel, au lait de chaux, au crésol, au sulfate de cuivre ou au chlorure de chaux, dont nous avons donné plus haut les proportions.
On laissera ces produits en contact avec les substances désinfectantes deux ou trois heures avant de les jeter dans les cabinets d'aisance, ou de les enfouir dans le sol, à distance de tout puits, de toute source ou de toute conduite d'eau potable. Les vases seront ensuite soigneusement nettoyés avec l'une des solutions désinfectantes précitées.
Les crachats et les produits de sécrétion de la bouche et de la gorge, les fausses membranes doivent être recueillis dans des récipients contenant une petite quantité d'eau, de façon que ces produits morbides ne puissent pas se dessécher. Cette prescription est particulièrement utile dans la tuberculose pulmonaire, la coqueluche, la grippe, la pneumonie et la bronchopneumonie, la peste pneumonique, la diphtérie, la scarlatine, la suette miliaire, les oreillons et la méningite cérébro-spinale épidémique. Les récipients et leur contenu seront ensuite placés [dans un grand vase contenant de l'eau qu'on fera bouillir pendant une heure. On pourra encore faire baigner le récipient et son contenu dans une solution de soude ou dans une des solutions désinfectantes sus-indiquées pendant deux ou trois heures. L'eau bouillante ou la solution employées pour cette désinfection seront enfin jetées aux latrines ou enfouies dans la terre loin des habitations.
D'une façon générale, les pièces du pansement ayant servi, les squames cutanées, les croûtes, les sécrétions, le sang et les matières purulentes qu'on aura préalablement recueillis ou enlevés au moyen de tampons d'ouate imbibés d'une des solutions antiseptiques recommandées plus haut, seront jetés au feu pour y être détruits par incinération ou seront brûlés après avoir été arrosés d'alcool ou de pétrole. S'il n'est pas possible d'avoir recours à l'incinération comme, par exemple, dans le cas où ces produits morbides ont souillé le plancher, un meuble ou une paroi, on lavera soigneusement avec une des solutions désinfectantes sus-indiquées la surface contaminée qu'on laissera, si c'est possible, baigner dans le liquide antiseptique pendant deux ou trois heures. Cette désinfection s'applique plus particulièrement aux squames de la scarlatine et des teignes, aux croûtes de la variole, aux sécrétions purulentes ou non de l'infection puerpérale, de l'ophtalmie des nouveau-nés, de la conjonctivite purulente ou granuleuse, des suppurations
1051 Désinfection.
chirurgicales tuberculeuses ou non, des matières issues des ulcérations ou des bubons dans la peste.
11 n'est pas inutile de rappeler ici que l'emploi des solutions de sublimé n'est pas indiqué pour la désinfection des produits morbides que nous venons de passer en revue.
!2() Désinfection du linge, des vêtements, des objets à usage. — Le linge (chemises, mouchoirs, draps de lit, serviettes, etc....); les vêlements de toile qui ont servi au malade seront désinfectés, en les faisant bouillir pendant une heure dans une lessive de sel de soude ou dans de l'eau savonneuse. On peut encore les laisser séjourner douze heures au moins dans une des solulions désinfectantes indiquées, en les faisant tremper ensuite pendant une à deux heures dans l'eau pure, mais si le coton ou la toile sont colorés, les couleurs peuvent être altérées par un long- séjour dans les solutions antiseptiques.
Les vêtements de drap ou de laine, souillés, peuvent être maintenus pendant une heure dans l'eau bouillante. Mais les vêlements sont alors le plus souvent déformés et parfois la couleur en est altérée. Cet inconvénient serait encore bien plus marqué si on utilisait des solutions antiseptiques. De même les objets en laine non décatis, tels que les chemises de laine, les gilets ou les ceintures de flanelle se rétrécissent beaucoup au contact de l'eau bouillante el sont parfois mis hors d'usage; il vaut mieux les laver en les laissant tremper dans l'eau tiède savonneuse el additionnée d'une petite quantité d'ammoniaque (un verre à liqueur d'ammoniaque pour une grande cuvette d'eau), de plus on ne tordra pas ces objets pour les essorer. La désinfection des vêlements de laine ou de drap, qui ne sonl souillés que superficiellement, peut s'obtenir en les exposant aux vapeurs de formol dans une petite pièce ou une armoire bien close, dans laquelle on les suspendra en les étalant, pour que loute leur surface se trouve en contact avec les gaz désinfectants. On traitera de même les chapeaux en soie ou en feutre, les tissus délicals de soie, de velours, de peluche, les fourrures et les plumes qui ne supportent pas l'action de l'eau bouillante. Les chaussures, les objets en cuir ou en caoutchouc seront nettoyés avec un linge imbibé d'une solution désinfectante. Il sera prudent de détruire par le feu les hardes, les loques sordides et les vêtements trop profondément souillés. Les ustensiles de table des malades (assiettes, verres, lasses, cuillers, fourchettes, etc.), seront maintenus une demi-heure dans l'eau bouillante, ou c2 ou 5 heures dans une solution désinfectante, puis bien rincés à l'eau pure. Les objets de lui/elle doivent être désinfectés différemment suivant leur nature. Les peignes el les brosses seront lavés à l'eau savonneuse, puis maintenus pendant 2 heures dans une solution antiseptique. Les instruments métalliques comme les ciseaux ou les rasoirs seront plongés pendant un quart d'heure dans l'eau bouillante. Les éponges de toilette, les brosses à ongles et à dents seront lavées dans de l'eau à 50°, puis maintenues dans une solution antiseptique, à la condition de les rincer à grande eau avant d'en faire usage.
Les objets à usage des malades (fournitures de bureau, porte-monnaie, jouets) peuvent être désinfectés en passant dessus un linge imbibé d'une sub-
Désinfection. 1 07>^
slance antiseptique. Los livres seront exposés aux vapeurs de formol en local clos, en ayanl soin d'écarter le mieux possible les feuillets. Mais chaque fois qu'il s'agil d'objets de peu <le valeur, il esl toujours beaucoup plus sûr de les détruire par le feu. On fera de même pour les aliments ayanl séjourné dans la chambre infectée.
5° Désinfection de la chambre du malade. — La chambre [du malade doil être disposée de façon que la désinfection en soil facilité le plus possible. Le lit sera éloigné du mur et placé de façon qu'on puisse circuler autour sans difficulté. Le matelas sera recouvert d'une toile caoutchoutée ou au moins de papier imperméable (papier vernissé, journaux) pour le mettre à l'abri des déjections et autres souillures. Les fauteuils et les chaises seront protégés par des housses de toile. Dès le début de la maladie1 on réduira au slricl nécessaire le mobilier de la chambre et on enlèvera les tentures et les lapis. Les meubles enlevés seront lavés avec une solution désinfectante; les rideaux, tentures et lapis seront maintenus 3 heures dans l'eau bouillante ou exposés aux vapeurs d'aldéhyde formique en local clos, si leur tissu esl Irop délicat pour résisler à l'ébullition. Chaque jour on passera sur tout le plancher, sur tous les meubles et sur les parois au voisinage immédiat du malade un linge imbibé de solution antiseptique. On peut aussi balayer le plancher avec de la sciure de bois imbibée de la même solution et détruire ensuite les balayures par le feu. Si des produits morbides, tels que déjections, crachats, pus, sang, etc., ont souillé le plancher, les parois, un meuble ou tout autre objet, on arrose la surface contaminée avec une solution désinfectante et on essuie ensuite avec des linges imbibés de la même solution;
4° Désinfection du corps du malade et de son entourage. — Tout le monde sait qu'il faut tenir les malades très proprement et continuer les ablutions usuelles, à l'élat de maladie comme a l'état de santé. Mais de plus, il faut veiller à la désinfection immédiate de toutes les parties du corps qui ont pu être souillées par des déjections. Le mieux est dans ce cas de pratiquer des ablutions soigneuses et répétées avec une solution savonneuse tiède et de plonger ensuite les linges qui auront servi à ce lavage dans une solution désinfectante pendant une heure.
Les personnes qui approchent ou qui soignent les malades ne pénétreront dans la chambre qu'après avoir revêtu une longue blouse de toile destinée à protéger leurs vêlements et après avoir mis des chaussures spéciales, de préférence des caoutchoucs faciles à nettoyer et à désinfecter.
Chaque fois qu'il y aura eu contact avec le malade ou des objels souillés, ces personnes savonneront leurs mains et les feront tremper dans une solulion désinfectante. Elles ne prendront jamais aucun aliment ni aucune boisson dans la chambre du malade. Avant de quitter celle-ci, elles déposeront à la porte leur blouse et leurs caoutchoucs, savonneront et désinfecteront leurs mains et leur visage, ainsi que leurs cheveux et leur barbe.
5° Destruction des parasites. — Nous avons indiqué déjà le rôle que les rats et les souris, les puces, les moustiques, les poux et les punaises jouent dans la propagation de la peste, de la fièvre jaune, du typhus exanlhématique et de la lèpre. Il est donc indispensable de poursuivre la destruction
1033 Désinfection.
de ces petits animaux el de ces insecles parasites chaque l'ois qu'on se trouve en présence d'un cas d'une de ces maladies. On obtient assez bien ce résultat, sans toutefois pouvoir assurer complètement la destruction totale de ces agents de transmission, par l'emploi des gaz asphyxiants el notamment de l'acide sulfureux dans les locaux fermés. Les projections de gaz sulfureux dans la cale des navires paraissent actuellement le moyen le plus pratique à utiliser pour arriver à tuer les rats.
Les mouches peuvent transporter les germes contenus dans les déjections, les produits d'expectoration et de sécrétion d'un malade. 11 sera prudent de placer dans sa chambre et dans les cabinets d'aisance des papiers ou des appareils destinés à détruire ces insecles. La projection au printemps dans les fosses d'aisance d'huile de schiste (1 kg par mètre superficiel) détruit bien les larves des mouches.
II. — Désinfection sans appareil quand la maladie est terminée ou que le malade est transporté à l'hôpital. — Si, au cours de la maladie, les prescriptions que nous venons d'indiquer ont été scrupuleusement observées, il suffira, quand le malade sera transporté à l'hôpital ou que la maladie sera terminée, de désinfecter le malade lui-même, sa literie et le local qu'il aura occupé pendant la maladie. Mais trop souvent, surtout chez les indigents, le médecin n'a été appelé que lorsque la maladie était déjà avancée, les mesures de désinfection n'ont pu être prises que tardivement et sont restées incomplètes; de sorte que dans bon nombre de cas il faut encore désinfecter, lorsque la maladie est terminée, du linge, des vêtements, des tentures et des tapis, les latrines, les fosses d'aisance, les amas de fumiers sur lesquels on a déversé des déjections non aseptisées, des éviers, des vidoirs, des dalles, des caniveaux qui auront été infectés de façon analogue. Pour le linge, les vêlements, les tentures, les lapis on s'en rapportera à ce que nous avons déjà indiqué plus haut.
1° Désinfection du convalescent. — Les convalescents de maladies transmissibles, et particulièrement ceux qui ont été atteints de variole, scarlatine, diphtérie ou rougeole, conservent des germes de la maladie qu'ils viennent d'avoir. Dès leur sortie de la chambre infectée ils doivent donc prendre un grand bain savonneux, ou tout au moins faire des ablutions savonneuses générales, comprenant la face, la barbe et le cuir chevelu. Ils pratiqueront aussi des lavages répétés de la gorge et de la bouche avec une solution antiseptique (solution d'acide salicylique à 1 pour 100 ou encore solution d'oxycyanurc de mercure à 1 pour 1000).
Après ces lavages, les convalescents revêtiront du linge propre et des vêlements qui seront restés à l'abri de l'infection au cours de la maladie ou tout au moins qui auront été préalablement désinfeclés.
2° Désinfection de la literie et des meubles. — La désinfection des objets de literie (couvertures, matelas, paillasses, oreillers et traversins) est très difficile à réaliser lorsqu'on ne dispose pas d'élu ve à vapeur, si leur infection s'est produite profondément, c'est pour cela qu'il ne faudra jamais négliger, surtout dans les maladies où la diarrhée est de règle (fièvre typhoïde, dysenterie et choléra), de proléger les matelas en les recouvrant d'une toile caoutchoutée ou de papier imperméable.
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Les couvertures seronl plongées dans une solution de savon mou, préparée avec un quarl de kilogramme de savon pour 10 litres d'eau ei qui est, après 2 heures do contact, portée à l'ébullition; on les y remue de manière à déplacer l'air retenu dans les plis des l issus, et on les l'ail bouillir dans le bain recouvert d'un couvercle.
Les enveloppes des matelas, traversins, oreillers, édredons, couvre-pieds, «oussins sonl décousues après avoir été largement arrosées avec une solution désinfectante. Ces toiles sont mises à la lessive ou plongées pendanl T> heures dans une solution désinfectante. La laine, le crin ou la plume sonl désinfectés au moyen d'un trempage et d'un lavage à froid dans une solution désinfectante (de préférence la solution savonneuse de crésol); l'action de ce bain est lente, le crin ou la laine devont y rester 12 heures, au moins, au cours desquelles ils seronl fréquemment agités avec un bâton de manière à déplacer l'air retenu dans leur épaisseur; ils seronl ensuite rincés dans de l'eau pure, pendant 1 ou 2 heures.
Les vieilles couvertures hors d'usage et les paillasses fortement souillées seront de préférence incinérées dans le voisinage après arrosage au pétrole.
Les sommiers métalliques sont lavés avec une solution antiseptique; on procède de même pour le cadre et les ressorts des sommiers d'ancien modèle et on passe leur enveloppe de toile à la lessive.
Les parties des meubles qui sont en bois ou en métal, les cadres, les glaces seront frottés avec un linge humecté d'une solution désinfectante. Quand il y aura infection profonde des parties rembourrées des meubles, il faudra agir comme pour le matelas et désinfecter séparément le crin qui constitue le rembourrage et l'étoffe qui le recouvre.
5° Désinfection des locaux. — Lorsque le malade a été transporté à l'hôpital, lorsqu'il est décédé ou qu'il est guéri, il est nécessaire de désinfecter la chambre et les locaux où il a séjourné et où il a pu laisser des germes de son affection.
Obéissant au principe d'après lequel la désinfection est d'autant plus efficace que les souillures les plus grossières auront été enlevées, on pratiquera d'abord un lessivage des planchers, des parois peintes à l'huile, des meubles en bois avec une solution de potasse d'Amérique à 1 pour 10 (eau seconde des peintres) en ayant soin de ne pas frotter trop fort pour ne pas enlever la peinture. Si les murs sont blanchis à la chaux, un badigeonnage au lait de chaux les désinfectera parfaitement. S'ils sont recouverts de papier peint, en renouvelant ce papier; s'ils sont peints à la colle, en les recouvrant d'une nouvelle couche de peinture, on obtient d'une façon satisfaisante l'asepsie des parois. Ces mesures très simples suffisent le plus souvent à la désinfection du local, non compris, bien entendu, le mobilier, les tentures elles tapis; elles constituent ce que les architectes appellent la « mise en état » et sonl généralement appliquées chaque fois qu'un locataire nouveau occupe une maison ou un appartement, dont le loyer est suffisamment élevé.
Il est toujours prudent cependant de pratiquer en même temps la désinfection par les vapeurs d'aldéhyde formique; nous avons indiqué comment on peut y avoir recours sans appareil spécial fourni par l'industrie. Mais il
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faut pour cela qu'un certain nombre de conditions soient réunies. Il convient d'abord qu'on puisse aérer les locaux pendant quelques jours après l'opération, car les vapeurs de formol les rendront inhabitables durant ce temps. De plus il est inutile de recourir à ce moyen de désinfection si l'on ne peut obturer hermétiquement les plus petits orifices du local (maljoints des portes et fenêtres, bouches de calorifère ou de ventilation, orifice de la cheminée, trous par lesquels pénètrent les fils électriques, etc.). On pratique cette obturation en calfeutrant les fissures avec de l'ouate et en collant des bandes de papier par dessus. On place ensuite dans la pièce le récipient contenant la solution d'aldéhyde formique et on allume son foyer.
On a auparavant tout disposé dans le local de façon à ce que les objets à désinfecter soient exposés à l'action des gaz par toutes leurs surfaces. Le lit et les meubles adossés au mur en sont écartés; les portes des armoires, commodes et placards sont ouvertes; les tiroirs sont complètement tirés et posés sur le plancher.
La personne qui pratique ces opérations a eu soin de revêtir dès le début une grande blouse de toile. Au moment de quitter la pièce à désinfecter, elle retire sa blouse et l'étalé sur un support. Puis elle se lave les mains, la figure et la barbe avec une solution antiseptique et sort en fermant la porte dont elle obture avec soin les fentes et le trou de la serrure.
Lorsque le temps suffisant pour la désinfection est écoulé, les portes et les fenêtres sont ouvertes et le local largement aéré. Il ne devra être habité à nouveau que lorsque les vapeurs de formol se seront suffisamment dissipées pour ne plus irriter les muqueuses. On sera pour cela obligé d'attendre 24 heures au moins et souvent plusieurs jours.
Dans le cas où il est impossible d'avoir recours à l'aldéhyde formique, soit qu'on ne puisse laisser le local inhabité un ou plusieurs jours, soit pour toute autre raison, on pratiquera le lavage des planchers et des parois avec une solution désinfectante. Mais ce procédé, très suffisant pour les parois en bois et les parois recouvertes de peintures à l'huile, est inapplicable lorsque les murs sont recouverts de papiers peints. A part les papiers vernissés, peu répandus d'ailleurs à cause de leur prix élevé, les papiers peints couramment en usage ne supportent pas les lavages. Le mieux est alors de prendre le parti de changer complètement les papiers, après avoir lavé avec une solution antiseptique le papier ancien, qui se trouvera ainsi sacrifié.
Il est préférable que le local soit évacué et reste clos 2 ou 3 heures au moins avant le début des opérations, afin de laisser déposer toutes les poussières en suspension dans l'air.
Pour pratiquer convenablement les lavages antiseptiques des parois et des planchers, il faut se munir de deux seaux, l'un pour le liquide désinfectant, l'autre pour l'eau pure destinée à rincer les brosses et les linges employés, (les lavages s'exécutent méthodiquement à la main. Après avoir passé le linge, la brosse à main on le pinceau, de liant en bas, sur une partie de la paroi, on les rince dans l'eau pure, puis on les trempe à nouveau dans le liquide désinfectant et l'on passe à la surface voisine. — Rappelons que celle opération pratiquée avec une solution de potasse d'Amérique à I pour 10 (eau seconde des peintres) en ayant soin de ne frotter que
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légèrement pour ne pas enlever la peinture convient particulièremenl aux surfaces peintes à l'huile qu'elle nettoie complètement loul en assurant très convenablement leur asepsie.
Dans certaines habitations de la campagne, il n'y a ni plancher, ni carrelage, mais seulement lé sol battu, 1res difficile à désinfecter convenablement. Voici comment il faudra procéder en pareil cas. On l'arrosera copieusement avec du lait de chaux, en ayant soin d'en répandre dans tous les angles et les recoins. On grattera ensuite le revêtement sur une épaisseur de plusieurs millimètres et on fera un nouvel arrosage aux lait de chaux.
Il est indispensable dans la plupart des maladies transmissibles, particulièrement dans celles dont le contage est propagé par les matières fécales (lièvre typhoïde, dysenterie, choléra et affections cholériformes) de désinfecter par des lavages au moyen de solutions antiseptiques (lait de chaux, sulfate de cuivre, chlorure de chaux) les parois des cabinets d'aisance, le siège, la cuvette et les conduites d'écoulement des déjections. Il sera prudent de prendre les mêmes précautions vis-à-vis des dalles, des éviers, des vidoirs, des caniveaux, qui peuvent avoir reçu des eaux infectées par (\c^ souillures morbides.
A la suite de fortes inondations, il peut devenir nécessaire de désinfecter des locaux dans lesquels ont séjourné des eaux plus ou moins souillées. Après épuisement de l'eau on asséchera la boue qui est restée sur le sol en la saupoudrant largement de plâtre ou de chaux. On enlèvera ensuite cette vase et on la déposera loin des habitations, des puits, des sources ou des conduites d'eau potable, en la désinfectant avec de la chaux vive (5 kil. de chaux par mètre cube de boue). Les planchers ou carrelages des locaux inondés seront désinfectés avec des solutions de potasse ou de soude (solutions savonneuses, « eau seconde » des peintres, solution d'eau de Javel) ou avec du crésylol sodique en solution aqueuse à 4 pour 100. Si le soldes locaux inondés est formé simplement de terre battue, on l'arrosera de lait de chaux. Les parois des murs seront grattées et badigeonnées au lait de chaux. 11 sera bon pour compléter l'assèchement des locaux, d'y allumer un grand feu toutes fenêtres et portes ouvertes.
4° Désinfection des fosses d'aisance et des fosses à fumier. — La désinfection des fosses d'aisance et des fosses à fumier sur lesquelles on a déversé des déjections provenant d'un malade atteint de fièvre typhoïde, de dysenterie, de choléra, s'impose, surtout si les selles n'ont pas été régulièrement désinfectées au cours de la maladie.
La désinfection des fosses d'aisance (') est très malaisée à réaliser d'une façon satisfaisante. Le moyen le plus pratique, bien qu'il ne donne pas toujours un résultat certain, consiste à déverser dans la fosse d'aisance une grande quantité de lait de chaux, qu'on mélange le mieux possible avec la matière en agitant la masse avec une longue perche. Il faut déverser 5 litres de lait de chaux par mètre cube de matières de vidange. S'il est impossible
4. D'une façon générale on ne saurait trop recommander de verser du lait de chaux dans les fosses avant de les vider, et après la vidange de recouvrir le fond de la fosse d'une couche de lait de. chaux. Cette addition n'enlève aux matières fécales rien de leurs propriétés comme engrais.
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d'évaluer la quantité de matières contenues dans la fosse, on y versera du lait de chaux, jusqu'à ce que le contenu de la fosse présente une réaction fortement alcaline.
Les fumiers contaminés seront largement arrosés de lait de chaux ou d'une solution de sulfate de cuivre.
III. — Désinfection avec appareils. — Lorsqu'on dispose des divers appareils appropriés il est bien plus aisé d'obtenir une désinfection rigoureuse.
La désinfection profonde des objets contaminés, si longue et si difficile à réaliser sans appareil spécial, devient une opération rapide et très simple avec les étuves à vapeur, ou les éluves à vapeur et à gaz désinfectant combinés. Les matelas, coussins, couvertures, vêtements, linges, y sont rapidement et complètement aseptisés, quel que soit leur degré de souillure. Les objets désinfectés avec les étuves à vapeur ne subissent aucune dégradation, pourvu que l'opération soit bien conduite et qu'on prenne la précaution, avant de les introduire dans l'étuve, de bien imbiber avec une solution antiseptique les taches de déjections, de sang, de pus, de graisse, de vin qui les souillent, faute de quoi ces taches resteraient indélébiles. Certains objets cependant peuvent être détériorés par le passage à l'étuve, comme ils le sont par l'eau bouillante. Nous les avons déjà signalés : ce sont les objets en cuir, en caoutchouc, en carton, en bois collé, les chapeaux de feutre ou de soie, les fourrures, les étoffes délicates (soie, velours, peluche, etc.).
Les matelas, les couvertures, les vêtements et tous les objets qui pourraient conserver de la vapeur d'eau dans leurs replis, doivent être secoués et aérés après leur passage à l'étuve, afin d'empêcher la condensation de les mouiller.
Nous devons dire ici quelques mots des dispositions indispensables à donner à un poste de désinfection contenant une ou plusieurs étuves à vapeur. Celui-ci doit être constitué par deux corps de bâtiment A et B entièrement séparés l'un de l'autre par un mur que traversent les étuves à désinfection I), de telle façon que leurs portes d'entrée soient en A et leurs portes de sortie en B (fig. 276).
Les objets à désinfecter sont introduits
dans le bâtiment A; l'équipe de désinfec-
teurs de ce bâtiment place les objets à
désinfecter dans les étuves qu'elle met en
marche, puis désinfecte la voiture qui les a Distribution d'un poste de désinfection. ~~,i/ ~, 11 »• *■ (Proust, Traité cfhyqiène.)
portes, au moyen de lavages antiseptiques. '
Après désinfection, les objets sont retirés des étuves par l'équipe des désinfecteurs du bâtiment B et sont chargés sur une voilure spéciale qui les rapporte au domicile des malades. A aucun moment, il ne doit pouvoir exister de communication entre le bâtiment infecté A cl le bâtiment non infecté B. Au bâtiment A est annexé un vestiaire E avec bain-douche où l'équipe infectée se nettoie et se désinfecte à la fin de la journée et reprend des vêtements propres pour sortir.
Diabète.
io:>n
Deux voilures couvertes, peintes de couleurs différentes, sont attachées au poste <le désinfection. L'une transporte les objets infectés, l'autre es! exclusivement consacrée aux objets désinfectés. I)cs sacs en loile imperméable désinfectés sont mis à la disposition des malades pour y placer au
fur el à mesure le linge souillé qui doit être porté à l'éluve.
L'emploi des appareils qui dégagent des vapeurs d'aldéhyde formique est très commode pour la désinfection en surface, particulièrement pour celle des locaux infectés. Plusieurs d'entre eux (fig. 277) se placent en dehors des pièces dans lesquelles ils projettent les vapeurs désinfectantes ; leur surveillance est donc possible pendant toute la durée de l'opération, ce qui esl 1res avantageux. On construit des éluves, sortes d'armoires hermétiquement closes, dans lesquelles on produit le dégagement de gaz d'aldéhyde formique pour désinfecter des étoffes délicates ou des livres. Pour ces derniers, des tringles sont disposées de façon à tenir les feuillets écartés afin de permettre la pénétration du gaz désinfectant. Nous n'avons rien à ajouter aux prescriptions qui ont été indiquées à propos de la désinfection par les vapeurs d'aldéhyde formique sans appareil.
Les pulvérisateurs qui projettent à la surface des objets un nuage de gouttelettes de solution antiseptique ont été longtemps en faveur parce qu'ils se prêtaient à la désinfection de certains objets ne supportant pas les lavages, notamment des papiers peinls qui recouvrent la surface intérieure des murs des habitations. Mais la désinfection est loin d'être assurée d'une façon constante par ces appareils, qu'on n'utilise plus guère que lorsqu'il faut désinfecter des papiers peints qu'ils est impossible de remplacer, alors que l'on ne peut employer les vapeurs d'aldéhyde formique. On trouvera la description de ces appareils dans tous les traités d'hygiène. Nous indiquerons seulement que, pour humecter les parois d'une façon uniforme avec les pulvérisateurs, il faut projeter le jet verticalement de bas en haut et de haut en bas, suivant des lignes parallèles assez rapprochées pour couvrir peu à peu toute la surface à désinfecter. WURTZ et BOURGES.
Fig. 277.
Appareil formolateur