LETTRE VIL
Le même au même.
J’ai passé tout un mois sans t’écrire t Les reproches que tu m’adresses font plaisir à l’ami pour l’intérêt que tu prends à sa malheureuse situation, autant qu’au narrateur, puisque tu veux bien le remercier et le presser. Je n’ai de plaisir à rien. Tu me croiras si j’ajoute que Casia est partie ! La saison des bains approche, et doua Monica l’a emmenée à Cadix. Ai-je besoin de te dire que Séville, la reine des cités pour moi, il y a quelques jours, n’est plus aujourd’hui qu’une pauvre veuve pleurant sous les cyprès. Ta souriras avec dédain du haut de ton indifférence. Peut-on comprendre les peines d’amour, les douleurs de l’absence, quand soi-môme on' ne les éprouve pas?
Ma' bonne tante a été d’ailleurs malade, et mon oncle si préoccupé de sa femme qu’il ne l’a pas quittée un seul instant. Il n’y a pas de meilleur infirmier que lui. Je voudrais que tu lisses comme moi on tiers dans cette affection profonde. Tu remarqueras, du reste, mon cher Paul, que l’Espagne, où tous les mariages se font par amour, est le pays où on voit les plus heureux couples. Chez nous les divorces sont rares, encore qu’ils soient autorisés, en CÆrtains cas, par les lois de l’État et parcelles de i’Église. Chez nous, même pour l’extrême vieillesse, il n’y a pas de chambres séparées. Le mien et le tien n’existent pw. Si une infidélité est commise (ce qui « st rare), on préfère presque toujours le pardon au scandale. C!'>‘r nous.