Revue des Deux-Mondes, 15 novembre
ni
assez élevé pour n’êire étrangère à aucune des élégances du monde, d’un esprit assez curieux pour tout voir, pour tout comprendre dans cette Andalousie qu’elle habite, et d'un talent assez ferme pour tout reproduire.
« Comme Waller-Scott, ajoute cet écrivain, Fernan Caballero a le sentiment pénétrant de la vie traditionnelle et locale des contrées dont il s'est fait l’historien. Il aime l’Espagno, c'est sa première, son unique inspiration, il aime l’Espagne dans ses paysages, dans ses misères qui ne sont pas sans grandeur. Ses créations, ses combinaisons , ses personnages n'ont aucun reflet d'imitation, ils sont pris au cœur de la vie nationale. Ils procèdent de l'observation de la réalité et du sentiment de la poésie des choses, deux qualités qui, en se réunissant, eu s’équilibrant, font les inventeurs vrais et originaux.
c Un autre trait de ce rare talent, un trait surtout où se révèle une imagination de femme, c’est que ses drames n'ont rien de compliqué; ils n’ont point de ces nœuds vigoureux et puissants qui serrent une action. Fernan Gaballero a plutôt le génie des détails et il fait tout vivre. Il a l’instinct de ces mille nuances souvent imperceptibles pour les regards vulgaires, et qui donnent aux spectacles de la nature, à tous les êtres humains, une physionomie distincte. Comme Walter-Scott, plus que Walter-Scott lui-même, il se plaît aux digressions, aux conversations sinueuses, s’y abandonne avec délices, multiplie les portraits et les tableaux pleins de fraîcheur, prodigue tout ce qui jette du jour sur les mœurs et les caractères ; il recueille les légendes chantées par les aveugles de l’An-