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HISTORIQUE

Le premier exemple de l’emploi des amarres ou corps morts à vis, est celui des bouées du port de Belfast, lieu de naissance de l’inventeur. Elles ont été établies en l’année 1833. De 1835 à 1838 , quelques tentatives furent inutilement faites pour obtenir l’autorisation d’appliquer le système des pieux à vis dans diverses localités. En 1838 , sur l’invitation de M. Beaufort, maintenant amiral, M. Mitchell fit le projet d’un phare à établir sur le Maplin Sand (planche 50, fig, l et 2) , qui fut approuvé par la Corporation de Trinity-House sur l'avis favorable de M. Walker, son ingénieur. La fondation de ce phare, le premier travail pour lequel on se servit de pieux à vis, fut commencée en août 1838; mais les travaux ayant été interrompus pendant deux années, pour éprouver les pieux, le phare ne fut terminé qu’en 1851. — C’est le 6 juin 1850 que fut allumé pour la première fois un phare fondé sur des pieux à vis. Ce phare est situé à Fleetwood , sur la Wyre, dans la baie de Morecambe. Les travaux, commencés à la fin de 1839, furent conduits par M. Mitchell et par son fils , auteurs des projets. La lanterne a été terminée en mars 1850, sauf le couronnement.

Voici, depuis lors, la liste des principaux ouvrages pour lesquels on a fait usage de pieux et d amarres à vis, avec l’indication des époques ;

Amarres ou corps morts placés dans les ports ci-après : Belfast (18.33): Greeno Glascow (vers 1835); Newcastle (184G) , moyennant une redevance de 02,000 fr na par la corporation pour 1 usage de la partie du brevet relative aux corps mortes Ln 1855, plus de trente ports d’Angleterre et d’autres pays se trouvèrent pourvus ce système»

Balisage de bancs de sable : Kishbank, près la baie de Dublin (1843); Arklow Banl

.lu’ifriÆSi.ïïyr.r

construits sur les points suivants : Fleetwood -on-\Vyre (1840); Maplin Sand (1841) ; Belfast Lough ( i844) ; Dundalk , baie et port (1849) : Brandvwine Bank dan«

r de (Amérique du Nord) , fonde sur un roc de corail , à l’entrée du port de Key Wesi : trois phares dans la baie de Galveston (Amérique)- pliare de Morecambe (mer d Irlande) ; phare de Gunfleet, à 25 kilomètres au large d’Harl ich Travaux maritirnes. - Jetée de Courtown (Wexford, Irlande), en 1847. — Bri^e- 450 çompose de deux jetées longues de 1,800 mètres l’une et de

«0 mètres 1 autre, laissant entre elles iin passage de 120 mètres de largeur • la première pierre a eteposee le 25 juillet 18i9, par le prince Albert. — De 1852 ’à 1855 ■ Mee de 180 métrés , à Porto-Espana (Trinidad) ; jetée de Victor-Bay (Isthme de Pana- ’i Margate, fondée dans la craie. — En préparation: travaux d Adélaïde (Australie); de Kingstown (Jamaïque); de l’ile de Java.

Bâtiments viaducs, etc. - Pont-aqueduc de Well Creek, pour le draina^^e du

MiddleLeyel (1849). — Hangars à Lincoln (Great Northern Bailwiy), etc etc -^ Té leaux^ŸvlS) ^ ^‘ciV'o.'oooioI

DESCRIPTION ET MODE D’eMPLOI.

Les pieux et les amarres, à vis ou à hélice {screw piles, screw moormgs) , sont deux applications distinctes de la vis réduite à quelques spires dont la révolution supérieure , siège principal de la résistance est épandue eu un disque aplati pouvant atteindre 1"‘.20 de diamètre et au delà. Il est facile, par un mouvement rotatoire, d’écarter les obstacles à la descente, et de faire pénétrer cette vis à terrain dans la plupart des sols à des profondeurs plus ou moins grandes, sans dislocation des couches traversées. La vis, ainsi enfoncée , devient à la fois une atnarre résistant à la traction lorsque l’extrémité d’une chaîne d’amarrage est fixée à sa partie supérieure ; et une base ré.sistant à la compression , SA l’on a boulonné sur sa tête une lige creuse ou pleine en bois ou en métal, qui vient affleurer le sol, et sur laquelle reposent des constructions. — Les vis sont cylindriques ou coniques , généralement en fonte, et très-exceptionnellement en fer forgé. Les tiges pleines sont en bois, en fer ou en fonte. Les tiges creuses sont en tôle ou en tonte. Il est des tiges où le fer est uni à la fonte.

Les vis cylindriques servent dans les terrains peu consistants; les vis

coniques s’emploient dans ceux qui présentent plus de résistance.— Les vis ne peuvent traverser le roc compacte ; mais, par leur développement, hélicoïdal, elles se frayent un chemin entre les pierres et les cailloux de moyenne grosseur, qu’elles déplacent; elles peuvent môme perforer des bancs de coraux et de madrépores. Leur emploi souffre peu d’exceptions dans les ports, les vallées et les lits de rivière, où le terrain est ordinairement formé d’alluvions et ne contient que des roches de transport en masses isolées.

Pour déterminer, dans chaque cas particulier, le diamètre à donner au disque supérieur de la vis, et sa profondeur de fiche, on devra reconnaître par des sondages la résistance du terrain , tenir compte des difficultés de fabrication, et surtout de la puissance nécessaire pour faire pénétrer la vis dans le sol. Les dimensions et les dispositions de détail de la vis varient à l’infini, selon les circonstances de son emploi. Nous ayons réuni dans la planche 59 diverses figures de pieux et d’amarres hélicoïdales dont voici l’explication :

60 kilogrammes* ^ ^ j®fées, ponts , etc. Poids -.

Fiÿ. 2. — Vis en fonte à tige pleine en fer forgé, pour phares (280 kilos).

Fig. 3. — Vis à tarière, employée dans les rochers de corail.

Fig. 4 et 5. — Vis à tiges creuses en fonte.

employée au brise-lames de Portiand (425 kilos), babot en fonte lie par une barre en fer forgé de 0“.i27 de diamètre avec la tige de la vis. Pieu en bois.

employée pour la fondation de l’aqueduc de Well Creek (déjà cite), construit par MM. Walker et Burges (180 kilos).

r* ^ employée pour divers viaducs de chemins de fer, etc.

(140 kilos). ’

~ ^ P°“'' fonts, viaducs, etc., employée avec sabots , par

M. Biddler, pour supports d’un chemin de fer en Norwége (190 kilos).

Fig. 10. — Vis pour poteaux de clôtures, de barrières , etc.

Fig. 11. Vis pour poteaux de télégraphes électriques, signaux, etc. (25 kilos). l'ig. 12. — Amarre à vis pour balises, haubans, ancrages hors de l’eau, et pour travaux provisoires (00 kilos). , 1 la

Amarre à vis pour forte chaîne de plus de 32 millimètres de diamètre

(545 kilos).

Fig. 14. — Amarre à vis pour terrains très-résistants (425 kilos).

Fig. 15. Amarre à vis des haubans, employée au brise-lames de Portiand. l'tg. 16. — Amarre à vis de tentes, bâches pour produits agricoles, etc. (5'‘.44).

L’iutroduction des pieux et amarres à vis dans le sol s’opère, comme les sondages et les percements de puits artésiens, par l’intermédiaire d’une tête de cabestan exactement appliquée sur la tige définitive du pieu , ou sur une tige volante provisoirement adaptée à l’amarre. Dans les cas ordinaires, les hommes agissent directement sur les barres du cabestan pour produire la rotation, et, par suite , la pénétration de la vis. Avec un cabestan à huit barres de 6 mètres de longueur, garnies chacune de quatre à cinq hommes, suivant la résistance du terrain, des amarres de l'".22 de diamètre ont été vissées à 5“.60 de profondeur en une heure et demie, et quelques-unes à fi-LAO en moins de 2 heures, sous une profondeur d’eau variant de 5'".60 à 7“.30; le terrain était composé de sable, puis d’argile, enfin de roche schisteuse, où la pointe de la vis, en fer forgé, pénétra généralement de 0“.30. — Lorsque l’établissement de plates-formes fixes ou flottantes, pour la circulation des ouvriers autour du pieu, est difficile ou impossible, la tête du cabestan est convertie en une roue, en évidant les extrémités des barres, pour former une gorge, et les amarrant entre elles. Les hommes agissent alors sur une corde sans fin maintenue par cette roue et par une poulie placée à peu de distance. C’est ainsi que les jetées sont construites de palée en palée , dans des mers agitées auxquelles les pontons ne pourraient résister; à Courtown, on vissait ordinairement, chaque jour, 2 pieux de Ü'".127 de diamètre, en fer, armés de vis en fonte de ü'".61 de diamètre, pénétrant de 3 mètres à 5"’. 30 dans un sol d’argile bleue compacte, recouverte d’une couche de sable et de gravier de 2"'.50 d’épaisseur; temps mauvais; hautes eaux de 3"’.60 au-dessus du fond.

Les chaînes des amarres à vis pénètrent dans le sol accolées à la tige provisoire, si elle est pleine, ou logées dans son intérieur lorsqu’elle est creuse.

Pour de faibles ancrages à sec , on se sert de la vis fig. 12 (planche 59), portant une tige dont l’œil terminal reçoit un barreau de fer pour l’opération du vissage. Pour faire pénétrer cette vis à 2'”. 50 de profondeur, ou pour l’en retirer, il suffit de 2 hommes et de quatre ou cinq minutes.

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