RÉSISTANCE. — ÉPREUVES. — AVANTAGES
Nous consignerons ici, d’abord, les résultats obtenus dans les épreuves sur la résistance des amarres à vis pour corps morts, faites en 1855 sous la direction de la corporation de Newcastle-sur-Tyne. Les expériences furent faites avec des amarres fabriquées exprès , de très-petites dimensions, vissées dans un sol sableux, à de faibles profondeurs, afin de rendre leur extraction plus facile. — Des ancres ordinaires et des ancres perfectionnées de Porter et de Rogers, pesant 95 kilogr., furent arrachées du sol par une force de traction à laquelle résista une amarre à vis du poids de 3M7, vissée à 0'“.76de profondeur, en quelques minutes, par 2 hommes. — Une autre amarre pesant 7L25, enfoncée à la même profondeur que la première, résista mieux que des ancres de 235 kilogrammes. — Dans une troisième épreuve , une amarre de 0“.56 de diamètre (le plus petit modèle usité pour les balises et bouées de sauvetage) fut fixée à ü"',91 de profondeur; sa résistance fut supérieure
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pcniiis, r»()3 navires avariés, et personnes environ ont péri dans
il ('(‘lie (le tonies l(;s ancres é|)ronvées concurreimnenl ; il lallnl la dévisser pour la ( (“tirer, aprcVs avoir vaiiiennnil essayé de l’arraclier av(!C nn ( IVorl d(! pins de '> tonnes. — Si l’on compare aux faihhîs amarres épronvé(?s l(*s amarres ordinaires d(^s vaiss(îan\, vissé(‘s jns(pi .'i -5 métrés à /("'..") d(î prol'ondenr, et (pii ont ordinairement de diamètre,
c’est ;i-dire idns de sept lois la sm rac(! de la |)lns lart?.; d(îs vis expérimentées, on se fera une idée de la résistance considérable (lue iirésentent ('('S amarres.
I.ors d’ime violente tempiMe , (pii lit rompre les amarri’s et causa 7.^)0, 000 fr. environ de dommatîes dans le seul iiorlde Simderland, oii les vaisseaux étaient amarri's suivant raiicien système, il n’y eut pasliOO fr. de perle dans le port voisin, celui de Newcaslle-'l’yne, oii se trouvaient près de mille navires amarres jiar un système de corps morts <’i vis.
Pour déterminer le diamètre d(!s vis îi emiiloyer dans la fondation (In pliare Jlapliii, une tige de sonde de O'M.i de longueur et ;P2 millimètres de diamètre, armée d’une vis de 15 cenlimèlres de diamèlres , fut enfoncée |)ar un mouvement circulaire jusipi’ii 8"‘.25 de profondeur, et surmontée d’une plate-forme cliargée de 12 hommes; le poids de ces liommcs et de l’appareil, soit environ 1,000 kilogr., ne produisit aucun abaissement de la tige d’épreuve. De cette expérience, faite en présence de sir .lolin Henry Pelly, député délégué, et de (piehpics personnes de Klder-bretbren, on conclut (lu’une vis de 1'".22 de diamètre, présentant une surface fois aussi grande (pie la vis d'essai, pourrait supporter tonnes au minimum , une surface continue résistant mieux (pie l’ensemble des parties fractionnées de cette même surface. La fondation du phare de Maplin (pl. 50, lig. 1 et 2), exécutée en 1838 , était encore parfaitement stable (piatorze ans après, en 1852, et il résulte de rinspection faite îi cette époque, que le fer et la fonte qui y sont emiiloyés n’avaient rien souffert de ce séjour prolongé dans l’eau de mer. On s’est aperçu, depuis, que le phare se déplaçait tout d’une pièce avec le banc de sable dans lequel il est fondé; la fondation sera reprise sans démontrer l’édifice. De nouveaux pieux à vis de 0"\à0 de diamètre, formés par la superposition de 3 tôles enroulées d’une épaisseur totale d'environ 8 centimètres , seront vissés dans le sol jusqu’à 12 mètres de profondeur, de manière à atteindre le terrain résistant.
La fondation du phare de Fleetwood, dans la baie de Morecambe, faite en 1839-18àü, n’a exigé aucun autre entretien que le renouvellement des peintures. Ce phare, de même forme et de même importance que celui du Spit Bank ( pl. 50 , lig. 3 ) , a coûté 8/i,ü0ü fr. , dont 25,000 pour un appareil d’éclairage de deuxième ordre. Le lieutenant F. Robinson , de la marine royale , a constaté qu’il s’incline légèrement sous le vent pendant les ouragans les plus violents, mais qu’il revient aussitôt après à la position perpendiculaire.
La jetée de Courtown, trois ans après sa construction, avait supporté les coups de vent de trois hivers très-orageux consécutifs, sans dommage pour les pieux à vis et la charpente proprement dite, quoique les ouragans eussent été as.sez violents pour arracher quelques bordages du passavant, et pour renverser hors de la jetée un truck du chemin de fer qui y est établi.
Les avantages que présente l’emploi des pieux et amarres à vis peuvent donc se résumer ainsi :
Les amarres à vis, substituées dans les ports de mer aux corps morts et aux chaînes plongeantes ancrées sur les berges, suppriment de grands obstacles à la navigation, offrent une sécurité beaucoup plus complète, et donnent aux navires, par la facilité du démarrage, la possibilité de tirer parti des courts instants où la sortie du port est possible : au moment de la marée, 150 vaisseaux sortent en 2 heures de Newcastle. — Les balises fixes vissées sur les bancs de sable sont beaucoup mieux protégées et mieux protectrices que les signaux flottants, trop souvent endommagés par les vaisseaux, dont ils gênent le passage; la force des vagues et du vent brise souvent les meilleures amarres , et le déplacement du feu flottant, chassé à la dérive, cause de fréquents naufrages. D’ailleurs, les feux fixes donnent une lumière plus intense et plus égale que les feux flottants; ils coûtent beaucoup moins de premier établissement et d’entretien. — Il fallait l’invention des pieux à vis pour rendre possible la pose de ces balises fixes sur des bancs composés d'un sable fin et compacte, incompressible parce qu’il ne contient aucune partie argileuse; et se laissant à peine entamer par les pieux à sabot battus à la sonnette. En octobre 1851, au banc de Gunfleet, M. Saunders a fait pénétrer à plus de 15 mètres, dans un tel sable, un pieu à vis dont la tige creuse avait O™. 15 de diamètre. — Les jetées, solidement fondées avec une grande facilité sur des pieux à vis, opposent une résistance insensible à la marche des marées et des courants ; ils ne provoquent point de chocs, d’affoiiillements, ni d’atterrissements.
Tous ces avantages des vis appliquées aux travaux maritimes, résultent de la facilité de leur introduction et de la difliculté, imur ne pas dire de l’impossibilité, de leur extraction. Les résultats obtenus sont un grand bienfait pour l’hiimaiiité, car ils diminueront le nombre considérable des victimes faites par la navigation : sur les côtes de la Grande- Bretagne cl de l’Irlaiidc sculemoiil, on a compté, (‘ii 185à , /i8/i navires
ces sinistres.
Dans leur aiiplicaliori aux travaux à sec, les pieux à vis ont .surtout l’avantage d<! porter plus (|iie les pieux à sabot, la section de leur pied offrant une surface beaucoup plus grande; ils s'introduisent dans le sol avec régularité , sans rom|)re les couches de slralificalion, avec plus de facilité, cl à moins de frais par consé(|iient. — l,a facilité de leur arrachage, par dévissement , les rend surtout [irécicux pour les travaux provisoires. — Ils ont été employés avec succès pour des élaiements iiiiportaiils où rébranlement du battage ii’élail pas admissible. — Enfin, dans le cas des poteaux télégraphiques, des mâts de signaux, des poteaux de barrières, etc., que l’on scelle actuellement dans des trous fouillés à l’avance, puis remplis de terre pilonnée ou de maçonnerie, la vis (lui résiste à tous les efforts, quelle que soit leur direction, assurera une stabilité beaucoup plus grande, cl causera moins de frais lorsque le terrain résistant ne sera pas trop loin du sol.
Pliare du iriaplin Bank , à reinlioueliure de la XaiiilHe.
PLANCHE 50, Fig. 1 et 2.
Le phare du Maplin Bank fut érigé, comme il a été dit plus haut, pour la corporation de Trinily House, d’après les dc.ssins de M.M. NVai.- KER et Bourges, et terminé en 18ûl.
La marée s’élève jusqu’à û“.90 sur le banc de Maplin, qu’elle laisse rarement à découvert. D’après l’examen du terrain, il fut décidé que l’on fonderait, sur neuf pieux, en fer forgé, de 0'".127 de diamètre et 7“.90 de longueur, armés chacun d’une vis en fonte de f^.22 de diamètre. Ces pilotis, vissés dans le sable jusqu’à 6"*. 70 de profondeur, furent mis en place en neuf journées consécutives, du 28 août au 5 septembre 1838 ; huit sont placés au sommet d’un octogone régulier, dont le neuvième occupe le centre. La lanterne repose sur des colonnes en fonte (lui emboîtent les tiges des vis. Le poids total étant 73 tonnes environ, chaque pieu est chargé de 8 tonnes, le mètre de surface de vis porte moins de 7 tonnes.
Comme une plate-forme sur bateaux eût été trop élevée au-dessus de l’eau, on construisit, pour recevoir les ouvriers, un radeau carré de k mètres de côté, en bois d’Amérique, qui fut échoué vers la fin de l’opération, la tête des pieux de fondation devant dépasser de peu le niveau du banc de sable. Ce radeau (fig. 2), chargé d’enrochements, servit ultérieurement de plate-forme de garde contre les affouillemenls. Quarante ouvriers furent employés à le construire.
Dépenses. — M. Mitchell reçut, pour le placement des pieux et pour ses frais de direction, 22,500 francs. En comprenant le radeau, la dépense totale, pour la fondation, fut de 30,000 francs.
Phare du Spit Bauk, daus le port de Cork (Irlande).
PLANCHE 50 , Fig. 3.
Ce phare, d’un genre différent du précédent, a été construit pour la Commission des phares d’Irlande, par M. Mitchell, d après les dessins de M. George H alpin, et terminé en 1851.
L’ouvrage est porté sur neuf pieux en fer enfoncés de 5 mètres dans le sol, sous une profondeur d’eau variant de 2“.û5 à 6'". 25, suivant l’état de la marée. Les vis ont 0“*.61 de diamètre. Les pieux, disposés comme ceux du phare du Maplin Bank, ont 0“.15 de diamètre à la base, et 0”.20 au sommet. Les poteaux entés sur les pieux de fondation sont composés de deux parties réunies par un fort manchon à vis. Ils sont en fer, comme les pieux, et se terminent à la plate-forme de la lanterne ; leur diamètre est de 0"‘. 20 à la jonction avec les pieux, et de ü"*.127 au sommet. Les huit poteaux extérieurs sont unis entre eux et avec le poteau central , dans un plan horizontal, à 6™. 10 en contre-bas de la plate-forme, par des barres de fer ayant 0'“.127 de diamètre en leur milieu et 0"‘.10 aux extrémités, assemblées sur les poteaux avec des colliers forgés. Deux systèmes de liens diagonaux de 0"'.05 de diamètre, dirigés du poteau central anx poteaux extérieurs (voir la figure), sont ajustés à leurs extrémités et réunis à leurs points d’intersection, de manière à donner une rigidité complète à toutes les parties de cet échafaudage en fer.
Chaque poteau est surmonté d’un chapeau en fonte placé sur un collier en fer, et formant lit de pose pour le cadre de la plate-forme de la lanterne , que des boulons retiennent en place ; de fortes vis à têtes apparentes assurent la solidarité des chapeaux avec les poteaux.
La plate-forme est à 5'". 20 au-dessus des hautes eaux, et la lanterne à û"‘ ()0 plus haut.
On s’est servi de bois de chêne pour les charpentes de la plateforme, les montants de la lanterne et les solives du toit. Les paiois de la lanterne sont en forte tôle; la couverture est en feuilles de plomb pesant /l8^8 par mètre carré.