MÉLANGES
Expédition américaine au Japon..
La malle des Indes qui vient d'arriver nous apporte la nouvelle du retour à Hong-Kong , en Chine, de deux steamers del'escadre des Etats-Unis du commodore Perry. Voici en quels termes le China-Mail du 11 août rend compte delà réception faite au plénipotentiaire américain parles autorités japonaises : « L'escadre, composée de deux frégates à vapeur , le Susquehanna et le Mississipi, et de deux bricks, le Plymouth et le Saraioga^ mit àla voile de Napakiang (îles Liou-Tchou) le 2 juillet dernier. Dans la matinée du 8, elle doubla le cap Idzou, près de l'entrée sud de la baie de Yedo , et , s'avançant directement vers l'intérieur, elle jeta l'ancre dans l'aprèsmidi en face de la ville d'Ouraga , environ un mille au delà de l'ancrage occupé jadis par le MoTlison et le Columhus. L'apparition des steamers , inconnus jusqu'ici au Japon , remorquant les deux bricks aux Toiles ferlées et s'avançant avec la vitesse de 10 MMids à Theure , sembla produire une grande sens**-
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tion parmi les Japonais. Les nombreuses jonques de commerce dont la baie fourmillait eurent soin de se ranger des deux côtés pour laisser libre passage aux frégates.
» Au moment où les quatre navires jetaient Fancre , deux coups de canon furent tirés de la batterie placée une demi-lieue plus loin , mais plutôt pour donner le signal qu'en manifestation d'intentions hostiles. Plusieurs bateaux de police entourèrent immédiatement les navires, et les hommes qwi les montaient s'efforcèrent de remettre à bord des notifiçatioa» u^uelleâ à l'adresse des étrangers, leur eajoignapt de s'en aller. Mais ces notifications fareot r^^usée^; Bile lieutenâBt gouverner d'Ouraga^ foeehl Japoni^i^ reçu par le commandant du Swqv/ekamèm , {^^ averti que si le« autorités du pays fais^ent efr- Jtaureir r^escadre du cordon d» bateauii ^t de cbalrà*pes, Içur conduite amènerait sur-le-clwînp de trè§-^raves conséquences. Quelques baieiu^ restèrent toutefois dans le voisinage; mais la vi^e dfs préj)aratifs belliqueux abord des deux steawters leur fit .comprendre que le commodore Perry était décidé a tout; aussi se dispersèrent-ils prompiement. Dès ce moment, durant tout le séjour de l'escadre dw^ ia baie, aucun bateau du pays, sauf les ewibarcatipas des autorités*, jn'gsa plus approcher des navires.
» JU jendenwn , Jezsumon, gonver^^iu* d'OuB- V^i^ I foncUonpaipe du tr^^ième ran^ , yiqtàbacâ , ^t ^èg s'jêtp:^ assuré detaly^ de U visite r de»a»4^
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OJSS VOTAI»;S. tô
à Yedô , et pour recevoir Içs instruçtioia^ defOD ^Ur vçrnement au sujet cjela cppduite qu'il avait 4 tçuir- » Durapt les trois jour* qui s'éçoujèr^pt ^ywt Tarrivee de U réponse , le Misiissipi $t une exçur^ipji;^ dans Tintérieur de la baie , s^étant avancé f i^virop JO. milles plus loin ejt seyant trouvé de Teau partout en profondeur suiJSsante» Au delà du proinQDtQÛr^ ^'Ou^aça; point qu'aucpu navire étranjgei: n'^y^t ^mais dépassé juscju'ici , le cQxnmandaut et leç pV^r çiers du steamer découvrifept une çriqu.e large f^t belle , protégée par deuv langues de t^rçe , ^J; pf fraut un ancrage au;s;$i sûr que coini)fio4e:
» ^ remontant la baie , le Jf t$st55t^i fu|; .suivi p^r Içs bateaux du gouvernemept japqi^^is ; jax^i^ ^WUP^ d^ux ne s'avisa de mettre le moindre ol^st^J^ j\i ^ steamer ni aux (JifTérentes chaloupes qui ^;^s^î^t des sondages. La présence de Tascadlre p^^i^çf^t ^'interrompre çn rien le commerce iptéri^uri fi^ les Jonques se croisaient constamment, ^^U^At ^\ yfSr nant dans touté^ les dir^tions,
j> Le mardi i 2 juillet la r^pçj^sç aqriy^ 4^ Y^Q $ annonçant que J'epapereur v/enait de ^ésigpçjr wp fonctionnaire du premier ranç pour se ren4rç à Quraga ^t pour recevoir le message du prési4ei^t 4çs État^-U^is. Des preuves satisfais^t^s ay^t plé données au commodore Perry que cette nomiq^ûffpL émanait diçectemept de l'enipereur , il fut cp|ivenu que peiM^revpje aurait lieu daps U matinée du 1 ^^ jQ^ p^4a^t,» 1^ gouverneur d'Ouraga nf ^mi^V^^JfÇ^t de îj^i^e o})server ^U comxnqdote (^ue I^pgjusaJ^^ldf ^
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le seul lieu où on pouvait négocier avec le gouver* nement japonais ; mais il lui fut répondu qu'une demande de se rendre à Nangasaki serait regardée par le commodore comme une insulte faite aux Etats-Unis.
» Les Japonais choisirent donc comme lieu dé la réception la petite ville de Gorihama , située à environ une lieue au sud d'Ouraga. Le matin du 14 , le Susquehanna et le Mississipi , avec leurs rangées de canons , s'embossèrent devant ce bourg le long du rivage. Le gouverneur d'Ouraga, son lieutenant et le conmiandant des forces militaires, vinrent à bord pour accompagner le commodore à la jetée de débarquement, n y eut trois maisons élevées par les Japonais , l'une d'elles pour recevoir le commodore et sa suite , les deux autres pour les princes arrivés de Yedo et chargés de porter à l'empereur le message américain. Les officiers , les soldats et les matelots qui accompagnaient le commodore , furent au nombre de 400, pendant que la force des Japonais pouvait être de 5 à 7,000 hommes. Leurs rangs s'étendaient tout autour de la tête de la crique , sur un espace d'un mille , en présentant, avec leurs panonceaux de couleur écarlate et leurs drapeaux de toutes formes et de toutes nuances un coup d'œil vraiment imposant.
» Le commodore fut escorté avec beaucoup de pompe , précédé des bannières étoilées des Etats^ Unis et d'une bande jouant Tair national Yioê Colom- Ka J jusqu'à la maison de nk^ption , où il vit s'avan-
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cer au-devant de lui le prince d^Idzou , premier conseiller de l'empereur , et le prince d'Ivami. Le message du président et les lettres de créance du com« xnodore furent alors remis officiellement en échange d'un reçu signé par les deux princes. L'entrevue finit ainsi , les deux envoyés japonais n'ayant pas les pouvoirs nécessaires pour négocier. Le commodore leur déclara (ju'afin de laisser au gouvernement japonais tout le temps nécessaire pour délibérer , il partirait dans trois ou quatre jours , avec l'intention de revenir dans quelques mois pour recevoir la réponse.
» Ce fut la seule et unique fois que le commodore se mit personnellement en contact avec les autorités japonaises. Il n'avait pas reçu le gouverneur d'Ouraga comme n'étant pas du rang du plénipotentiaire américain , et toutes les négociations eurent lieu , avant et après cette entrevue officielle, par l'intermédiaire du commandant Buchanan , duSusquehanna, et de Fétat-major du commodore.
» Le gouverneur d'Ouraga , son lieutenant , ses interprètes et sa suite , furent tous invités abord de ce steamer , où ils virent pour la première fois la machine en mouvement.
» Le même jour, l'escadre se dirigea à travers la baie vers la rive est, puis s'avança vers le point atteint par le Mississipi le jour précédent.
^ Le lendemain , le commodore Perry monta à bord du Mississipi et se fit conduire encore dix milles plus loin, c'est-à-dire à une distance de vingt
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milles au delà d^Ouraga. Du pont de la frégate, Pœil put découvrir aisément une quantité prodigieuse de jonques ancrées sept ou huit milles plus au nord; on pensa , d'après le nombre de bateaux de toute» dimensions qui y arrivaient et qui exi partaient , que c'était la rade de la capitale. Les officiers du Svsque^ hanna et du Mississipi parlent avec admiration de la beauté des rivages , de la riche culture et de la végétation luxuriante qu'ils aperçurent partout. Les indigènes avec lesquels ils furent en contact pam-^ rent polis et bien disposés , et le gouverneur d'Ouraga fut déclaré unanimement le modèle de la courtoisie et des bonnes manières.
» La veille du départ de l'escadre , ce même gouverneur vint à bord du Susquehanna offrir des présents, des laques et autres articles de l'industrie japonaise.
» Les officiers préparèrent à leur tour une collection d'objets qu'il fallut lui imposer , car il s'y refusa longtemps, ne pouvant pas en les recevant, disait-il , violer la loi de son pays. Mais sous la menace de voir ses propres cadeaux rejetés , il s'y résigna. Le lendemain , il envoya une grande quantité de volailles de toute espèce, en échange des graines d'horticulture américaine dont il parut enchanté, ayant été autorisé par ses Supérieurs à recevoir des présents des officier$ de l'escadre.
» Malgré les concessions réitérées que les autorités japonaises furent en quelque sorte obligées de faire au commodore Perry, leur conduite aurait été
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DES TOYAGES. 87
très-aimable et même cordiale. Ils auraient pris congé de leurs hôtes avec de véritables marques de regrets.
y> L'escadre partit de la baie de Yedo le 17 juillet , et, après avoir essuyé un coup de vent le 21, arriva aux îles Liou-Tchou le 25. Les deux frégates à vapeur furent de retour à Hong-Kong le 7 août au soir. »
Expéditions a i^a recherche pu capitaine pRAHMiliï.
On a reçu k l'Amirauté de Londres deg nouvojle^ importantes de l'expédition du capitaine M'Clur^ chargé de rechercher les trace* du capitaine Fran-» klin dans les mers arctiques. C'est le commandant; Inglefield, du Phœmcp , qui les a apportées . Vpici un extrait de son rapport :
a Et maintenant , Monsieur , je vous demande
la permission d'exposer d'une façon sommaire W faits recueillis par les escadres d'exploration , et d'atbord tout ce qui est relatif à sir Edward Belcher. J'ai peu de choses à vous dire de son expédition , si ce n'est qu'il a hiverné dans un lieu auqudi il a dcHiné le nom de passe de Northumbcrland , en latitiule 76° 52' nord, et en longitude 97** ouest, près dn ia position qui est maintenant désignée sur les cartes marines du canal de Wellington comiiue le cap de SiT John Franklin. J'ai su par le capitaine Pulfam
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88 NOUVELLES A1I1IALB8
qu'on n'avait pas recueilli la plus légère trace de l'expédition de sir John Franklin , et que c'était l'intention de sir ELdward Belcher de revenir aussitôt que possible à Tîle de Beechey. Au surplus, les dépêches de sir Eldward yous donneront de plus amples détails.
» Le capitaine Rellett a passé l'hiver dans l'île de * Dealy et dans l'île de M elville. H a été exposé à perdre son vaisseau la nuit même de son départ de l'île de Beechey. Le navire avait échoué sur le cap G>Ibourn, et les glaces qui l'avaient assailli avaient enlevé soixante pieds de sa fausse quille.
» Leurs Seigneuries se rappelleront que c'était le 6 août 1850 que VInvestigatar avait été vu pour la dernière fois , courant au nord-est avec des bonnettes. Ils doublèrent le cap Barrow avec beaucoup de difficulté.
» A la rivière Colville , à 150 degrés O. , ils ont été retenus quelques jours. Le gros temps, les brouillards et les vents contraires qui devinrent plutôt un avantage , car ils tenaient les glaces ouvertes , enfin la nécessité de louvoyer entre la masse des glaces et une côte de plus en plus oblique, leur donnèrent les moyens d'éviter les dangers. Le 26 août, ils atteignirent l'embouchure du Mackenzie ; la masse des glaces était alors à environ quatre-vingt-dix milles. Le 30, ils arrivaient au cap Bathurst.
» Lorsqu'ils furent au cap Parry, la mer, ouverte au nord, donna l'idée au capitaine M'Clure de pousser à la terre de Bank , et ils étaient à soixante milles
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de ce cap à peu près quand ils découvrirent une côte inconnue , nommée VMe de Baring. Franchissant un détroit entre cette ile et une côte que l'on appelle la terre du prince Albert , ils sont parvenus au 73^ de latitude où la glace a arrêté leur marche. Le temps avait changé subitement. Le vaisseau était assiégé par les glaces et condamné à passer l'hiver au milieu de leur masse. Ils se dirigèrent toutefois au sud et ils ont fini par hiverner au 72** 40' de latitude N. et 1 17» 30' de longitude O (de Greenw.).
» Les excursions de Tété n'ont pas donné de résultat pour Tobjet principal de Texpédition , mais elles ont amené la découverte de beaucoup de côtes adjacentes.
» Le 14 juillet 1851, la glace se rompit et rendit le vaisseau à la liberté. Un efibri fut fait pour pousser au nord du côté de File de Mel ville , mais une masse impénétrable de glace leur ferma au 75® 35' de latitude N. et 115** de longitude O. , ce passage que leurs excursions de Tautomne leur avaient prouvé être celui du nord -ouest. Une tentative fut faite alors pour tourner la côte méridionale del'ile de Baring et s'avancer à Touest, et, au grand pérU du vaisseau , ils ont réussi à atteindre aussi loin que le 74® 6' de latitude N. et le 117® 12' de longitude O. C'est là quie les glaces les ont saisi de nouveau le 24 septembre 1651 , et depuis ils n'ont jamais pu mouvoir le vaisseau. Leur rapport a été ^posé au port d'hir ver , l'année qui a suivi la visite du commandant MK^in^ck , lors de l'e^q^éditiondba cafitaine Auatoa .
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» Deux remarquables découvertes sont mentionnées dans le journal du capitaine M'Clure : de nombreux monticules volcaniques et une forêt pétrifiée. M. M'Clure raconte aussi que dans ses relations avec les naturels, il n'a été accueilli qu'une seule fois avec des démonstrations bostiles. Cet épisode est arrivé au cap Warren, près de la Mackenzie : ils essayaient d'aborder, lorsque deux naturels s'avancèrent à leur rencontre en faisant des gestes menaçants. Ce ne fut pas sans beaucoup de difiBcultés qu'ils parvinrent à les calmer, et alors ils apprirent que toute la tribu, à l'exception du chef et de son fils malade, s*était enfuie en apercevant le vaisseau.
» Pour expliquer cette conduite , les naturels al- Mguèrent qu'ils avaient craint que le navire ne vînt venger la mort d'un blanc . massacré par eux il y a quelques années. Ils racontèrent encore, à Taîde d*un interprète , que des blancs étaient déjà venus dans leur pays sur un bateau ; qu 'ils s'étaient construit une habitation et qu'ils y ont vécu quelque temps. A la fin les naturels tuèrent un des Européens ;les autres se sauvèrent on ne savait où , mais les Esquimaux indiquèrent le lieu où était enterrée leur victime. Un épais brouillard a empêché le capitaine M'Qure, à son grand regret , d'explorer cette localité. Il est probable que des Européens qui tentaient de revenir par la Mackenzie ont du camper dans ce lieu.
» Je n'ai plus maintenant sur ce chapitne qu'à informer leurs Seigneuries que le commandant
M'Clurcse préparait à abandonner son navire , lorsqu'il a été heureusement rejoint par tin officier du Resolute, et lorsque le capitaine Kellett lui a envoyé son chirurgien pour veiller à la santé de l'équipage. n n'y avait pas dans cet équipage vingt hommes qui iFoulussent consentir à passer un autre hiver dans le» régions polaires ; aussi le capitaine Kellett a-t-il exprimé le désir de voir M. M'Qure abandonner
Vliwêêtigaîor
» Je terminerai ce rapport en apprenant à Leurs Seigneuries la dangereuse situation dans laquelle «'e#t trouvé le North Star pendant l'hiver. L'année dernière , peu après mon départ de l'Ile Beechey Aan» mon yacht TIsabel , un violent coup de vent qui tint m' assaillir dans les détroits chassa le North Star au rivage où il est resté jusqu'au printemps. Nous l'avons tlélivré sans beaucoup de difficultés. » Pour l'histoire naturelle, nous pouvons ajouter une importante collection de minéraux k nos musées : près de mille échantillons ont été recueillis en différentes parties des côtes du Groenland. Nous rapportons des fleurs, des plantes, des racines. Tous les crustacés et les autres animaux que nos moyens limiités nous ont permis de réunir, ont été préparés par les naturalistes de l'expédition.
» On a tenu avec soin un journal météorologique, un livre des marées , et on a recueilli un grand nombre d'observations sur la direction , l'inclinaison et la force de l'aiguille aimantée. Ces soins divers ont été remplis par M. Staunton et par l'infortuné M. Bel-
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9S NOUVSLLSS ANNALES
lot, dont le talent dans cette partie de la science e^t bien prouvé par la quantité de documents qu'il laisse après lui.. .. »
Les dépêches des capitaines M'Glure et Kellett viennent compléter le rapport de M. Inglefield. Le capitaine Kellett , qui commande le JJeroId , était arrivé dans les régions polaires au moment où l'/nvestigator s'engageait dans la mer de glaces. Il s'était effrayé des insurmontables dangers auxquels allaient s'exposer M. M'Clure et ses braves marins, et , usant du droit que lui donnait son grade , il avait voulu rappeler le capitaine de VInveêtigaior, Mais M. M'Glure répondit simplement qu'il partait sous sa responsabilité. Par un hasard providentiel, c'est ce même capitaine Kellett qui , dans les derniers jours de fé' vrier 1852 , a pu, de l'autre côté du pôle , venir au secours de VInveitigator. Le capitaine M'Qure n'avait perdu aucun homme de son équipage , mais tous se mouraient littéralement de faim. Depuis le mois d'octobre 1851 , ils avaient été réduits aux deux tiers de la ration et à une demi-livre de viande par jour, sous un climat où , au dire d'une des dépêches, chaque marin aurait consommé facilement quatre livres de, bœuf,
Dans une dépêche datée du 10 avril 1853, M. M 'Clure a constaté , en ces termes , les résultats de son expédition :
» Quelle que puisse être la fin de ce long mais non pas inutile voyage, j'espère que vous voudrez bien assurer le conseil d'amirauté que, dans toute ma con-
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Des VOYAGES. 93
duitej^ai été guidé par ce que j*ai cru mon devoir, en poursuivant jusqu'au i>out le but de Texpédition; et quoique je n'aie pas réussi à obtenir des ren^ seignements sur le sort de nos compatriotes , je crois que les services rendus en traçant sur une grande étendue de chemin., la découverte d'une vaste contrée habitée en partie par un peuple simple etprimitif, jusqu'ici incoimu, et , par-dessus tout, la connaissance exacte de ce passage entre Focéan Atlantique et Focéan Pacifique, qui , depuis tant de siècles , a mis au défi l'Europe n^ritime , à ce point que son existence était considérée comme ime fable , —j'espère que tout cela sera estimé assez intéressant et assez important pour obtenir de Leurs Seigneuries une reconnaissance favorable de nos services. »
Depuis qu'on a eu connaissance de la dépêche de M. M'Qure , on a presque perdu en Angleterre tout espoir de retrouver la trace de sir John Franklin. Quand il eut quitté son dernier hivernage, sir John Franklin dut n'avoir que la pensée de remplir les instructions de l'amirauté. On parait convaincu en Angleterre qu'un oiEcier qui avait à un aussi haut degré le sentiment de son devoir , ne pouvait renoncer à sa mission qu'en face d'obstacles jugés insurmontables , et qu'alors à File deBeechey ou ailleurs, il eût laissé avis de la direction où il croyait devoir s'engager. Puisque le commandant M'Qure, entre le détroit de Bering et le point d'où il a écrit ses dépêches, n'a trouvé aucun indice qui put lui faire nlDoimaltre ou même pressentir ce qu*ëtaient deve-
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H MOUYSUm ▲NKAi'Eft
HW l'Eribm eK le TerroTy U partit difficile de m ptas Gtoirç que sir John Fr^nUii) et les marins cofira*- %eux qui étaient sous $e$ ordres ont trouvé 1» mort 4m^^ les abîmies de La mer Gla^^iale.
C'e^t au milieu de# dangers ij»6ai# de cette re^
doutable mer Glaciale que M. M'Cluns a pour ainsi
di;re pri$ positiou avec uu admirable sang^froiçL.
« La place est excellente » « écrit-il à Vamirauté» et
il ajoute ; (^ J'ai Tinteatiou , «i je le puis , de rev#--
» nir e» Angleterre cette saison, tpucbant à TUe Mel-
)) ville et k Port-Leopold^ maig jw t^Ws n'^entende^
» plus parler de moi, ^elon toute probabilité , nou^
» aurons été entraînée dans les glaces polaires pu à
» l'ouest de l'île MdviUe, Dansl'un Qul'autr^ de«^
» cas , tpute tentative de nous porter secour^ ne vien^
. 31 drait qi^'accroître le malheur, car tovt navire qui
» a'engage d^nç ces région^ e^t inévit#^l|5in«t
;» brpyé. Alnns, un dépôt de provisions ou uijl v^i&-
» ;^au dans un port de refuge est la meUlenr^ #it la
» seule certitude pour U aalnt des survita^tij de r4-
Pnne peut v^ritablewenJt refuser ^n ^^mis^iipn à«e ww^^ réflécbi qui aecepte 4Vvawe l'éva^twlitéÀ'im dénouement £w»esie, M. M'Oure^ quand il a»crit ça diépêrfie, aTmtdéjà ti;av^^é ume p^i^tie d4^ jp4ril^ deTai4 l^^neU pnt r#çulé plu^uir^ dfs ndîîiçateui^- gni ^ a'vant iui * ^Taiejpkt «Uf rcfc é Jl^ fwiia3f$4i|. j^oBpdr.^wa^st, Daps le derwer-^si^ie,» u# ^fH»im Wp^ «e ?it arrêté par de^ gl%çes ÛNa» ^i
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le capitaine Sputer, recula devant des glaces qui commençaient à se détacher et lui auraiej^t fermé tout chemiA de retour* Les lignes que nous avoii^ citées de M. M'Glure prouvent qu'en wctt» caf > il Aie SQJ^Q à un moUYement de retraite : il ira en avaoi. Il indique d avance dans quelle mesure il faut Itli porter secours en cas d'insuccès, el il n'a d'acre pensée que d'épargxKer à son pays des entreprise «t des aac^fices inutiles* Nous pouvons d'autant plus rendre une éclatante justice k cette |d)ii#f âtion héroïque , qu'en ce moment l'Angleterre a pour lamiémoirie du jeune et malheureux BelLot de symp&tlit-^ ques et légitimes hommages. L^ Frai|(0e peui élte aère de l'intrépidité d'un de fies enfantsi» pM? kqttel çUe s'est trouvée représentée dans une de 09$ «»tr<&prises qui reculent, pour ain^i dirâ« lel Imiitê du ^l?e.
I<n mort d'un officier &ançaûs, le lieutoUstnt Tkikl , dont le nom était déj4 con^u de la manièiv^ la pj^is honprable, est en e0et un hien tnlste épiBodede-o^ie campagne. .Surpris par la débâcle au mom^Sit où il tentait de franchir sur la glace le canal Welling*w, le malheureux BellQt a été précipité daos- 4in« enlevasse p^r uue r^fiale violente, et a disparu À jeûnais. La catastrophe, a eu lieu le 12 août d^irnier* JttH &mille de notre brave compatriote a connuuiâi|ué ^x iournaux quelques-unes de^ demiér^is^ }eltm^' ^ip^H lui avait écrites ; le CmsUMionml en,^ publfté^s fragm^ot» qu'on jae iswr^it lij:e ft^s im ftf 4ltÉrft :
96 HOmrBLLBS AMIIALES
6 Juillet.
«c La température commence à se ressentir du voi« smage des glaces ; un brouillard fort épais a recouvert tous nos cordages d'une couche humide qui se change en verglas, et retombe en pluie bruyante sur le pont chaque fois qu'il faut exécuter une manœuvre. Vers dix heures du matin , dans une éclaircie, nous apercevons une masse jaunâtre que nous prenions d'abord pour un glaçon recouvert de terre; mais le bruit du sillage fait lever une ourse blanche, dont les deux oursons s'ébattent à peu de distance , sur la glace. Un canot s'est détaché à leur poursuite ; mais la mère, se dressant sur ses pattes de derrière, et ayant reconnu la nature des visiteurs , a couvert la retraite de ses petits au milieu des glaçons mouvants , où Tembarcation ne pouvait les suivre. Dans la soirée , nous avons renouvelé sans succès notre chasse à l'ours. Ceux que nous avons rencontrés aujourd'hui n'étaient point trop éloignés du corps des glaces ; mais il arrive parfois que, pendant son sommeil , l'animal est entraîné bien au large , et une mort certaine l'attend lorsqu'il ne peut gagner à la nage les terres ou les glaces les plus voisines.
» Nous nous trouvons en face de Ftle Disco, le dernier point du Groenland où sir John Franklin •'est arrêté pour faire des observations sur le maipétisme terrestre. La route qu'il a prise après avoir Laissé Disco , et que Ton ignore , est l'objet de nos coBunentaires; mais, en dehors de l'intérêt qui t'attache plus spécialement aux ordi«s qu'il a reçus
de l'amirauté sur la direction à suivre , une certaine partie de ses instructions me frappe surtout comme caractérisque de l'esprit de notre époque. Il est enjoint au capitaine Franklin d'éviter toutes hostilités, même contre les nations auxquelles son gouvernement aurait déclaré la guerre pendant son absence, afin de conserver à l'expédition son caractère scientifique, qui est d'ailleurs pour elle-même un sauf-conduit. Les navires de découvertes sont en effet aujourd'hui affranchis des lois habituelles de la guerre aux yeux de toutes les nations civilisées , bien que les mêmes immunités ne soient pas étendues aux navires de commerce ; mais je ne puis résister à un mouvement d'orgueil en faisant remarquer que la France fut la première à donner ce noble exemple du respect pour la science. Lorsqu'après la mort de Cook , les navires Resolution et Discovery revenaient en Angleterre , la guerre de l'indépendance des États-Unis avait éclaté , et il pouvait arriver que les fruits de cette longue et laborieuse campagne (1776- 1780) ne survécussent point aux chances d'un combat. Mais le capitaine Gore fut bientôt tiré d'anxiété. Un de nos navires avait été capturé dans l'Inde , et les oflSciers anglais virent avec admiration qu'un roi protecteur de la science et de la navigation prescrivait à ses commandants d'escadre de respecter et même d'assister les bâtiments du capitaine Cook. »
Octobre 1853. TOMS IV.
8 juillet.
» Deux navires baleiniers communiquent avec nous : ce sont le Pacific d'Aberdeen et le Jane de Bobiess ; l'un a tué déjà sept baleines et l'autre six : trois ou quatre de plus , et ils auront leur complète cargaison d'huile. Mais ce qui est plus intéressant pour nous, c'est que l'expédition américaine se trouve à peu de distance dans les glaces; on a trouvé près du cap Riley des traces évidentes du passage de Franklin. Trois tombes ont été découvertes , et l'une porte la date de 1846. La fable colportée l'année dernière , d'après un rapport mal compris des Esquimaux , que Franklin et ses équipages ont été détruits par les naturels de la baie de BafEn en 1845, se trouve ainsi réduite à néant, et c'est beaucoup que d'être enfin sur le seuil des terrains où il s^est avancé. Ces nouvelles excitent chez nous une impatience fiévreuse d'être entrés enfin dans le champ des recherches , et nous poursuivons notre route au nord. »
9 juillet.
« Nous comptons beaucoup sur nos voyages par terre pendant l'hiver pour remplir notre mission, et dans ce but nous avons relâché ce matin à Uppernavick, pour nous y procurer des traîneaux et des chiens esquimaux. L'idée d'une relâche, caressée pendant le dernier mois passé à la mer, s'associait assez nîfturellement dans notre esprit avec certains comforts de la vie civilisée , et quelques-uns ont été lé-
DES VOYàQBB. 99
gèrement désappointés en apercevant, à la longue vue» un mât de paj^illon et quelques maisonnettes, que notre pilote assure être rétablissement danois d'Uppernavick. Notre débarquement s'effectue sur la plage , au milieu des glaçons et d'une vingtaine d'individus assez sales , à la mine plus ou moins graisseuse, et babilles de peaux. Une personne, qu'on nous dit être le gouverneur , vient au-devant de nous etnous fait signe de le suivre. J'avais compté sur quelques mots d'allemand , soigneusement préparés à l'avance pour cette occasion ; mais , heureusement, mein berr a, dans ses relations fréquentes avec les baleiniers , ramassé quelques bribes d'an<» glais qui nous tirent d'embarras. Né à Lievely ( tic Disco ), il n'a jamais quitté le pays , et vit heureux au milieu des occupations qu'il a connues depuis l'enfance. Les établissements danois sur la côte ouest du Groenland sont divisés en plusieurs districts , et il y a à Disco un inspecteur général , officier de la marine royale ; les autres points sont administrés par des agents subalternes , dont les fonctions consistent à recueillir l'huile et les fourrures apportées par les naturels , mais auxquels les baleiniers donnent toujours le nom , peut-être pompeux , de gouverneur.
» Uppernavick est la colonie qui se trouve le plus au nord dans la baie de Baffin. Le personnel euro-* péen se compose du gouverneur , d'un aumônier de la confession luthérienne, et d'une dizaine d'ouvriers ou matelots ; le reste de la population monte à une
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100 HOmrSLLES ANNALES
soixantaine , Esq[uimaux d'origine , ou le résultat du croisement des deux races. Trois maisons en bois pour le gouverneur et l'aumônier, une chapelle, une école, et quelques magasins, également en bois, forment la ville haute, le quartier aristocratique. Les autres employés et matelots blancs , pour la plupart mariés à des femmes esquimaux , habitent des huttes en torchis , qui difiirent à l'extérieur de celles des naturels , surtout par l'emploi de portes et de fenêtres. Ce que j'avais vu jusqu'alors portait plus ou moins l'empreinte d'une certaine civilisation; mais je désirais surtout voirie quartier plus spécialement habité par les Esquimaux purs. Laissant donc ceux de mes compagnons déjà familiarisés avec la vue de ces peuplades étranges , je me dirigeai vers le bord de la mer.
» La présence d'une centaine de chiens, aux oreilles pointues , aux longs poils et à la queue fourrée , annonçait l'approche des demeures esquimaux; mais je ne me serais assurément point risqué au milieu d'eux sans la présence de mon guide , dont les vociférations et surtout les coups de fouet maintenaient à distance respectueuse ces animaux à la mine féroce. Lâches et méchants comme le loup avec lequel ils ont un air de parenté très-prononcé , ces chiens sont cependant indispensables aux Esquimaux , qui les attèlent à leurs traîneaux , et parcourent avec eux , sur la glace , des distances considérables. Le renne, bien que très-commun au Groenland , ne peut y être domestiqué comme il Test en Laponie , à cause de la
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difficulté de trouver pendant l'hiver une suffisante quantité de nourriture végétale; le chien, au contraire , se nourrit, comme son maître, delà chair du phoque et des autres animaux qu'on peut généralement se procurer toute l'année. Il n'est d'ailleurs nourri que lorsqu'il travaille ; aussi les Esquimaux sont- ils obligés de placer leurs pirogues ou canots de peau sur des pieux élevés, pour les mettre à l'abri de la voracité de leurs chiens.
» Je priai mon compagnon de demander pour moi la libre entrée de Tune des huttes , après avoir vu qu'elles se ressemblaient toutes à l'extérieur , affectant la forme de monticules peu élevés et aux abords défendus contre les fortes brises par des accumulations de débris sans nom. La réponse ayant été affirmative , je fis plusieurs fois le tour du monticule , auquel je cherchais vainement une entrée. TchaimOy icftaïmo (bonjour, bonjour), me criait-on du dedans ; mais il me fallut l'assistance du guide pour deviner qu'une ouverti^re de deux pieds de haut, et que je prenais pour un chenil, était la porte.
» Aux bouffées tièdes et chargées d'émanations fétides qui arrivent jusqu'à moi , je sens s'ébranler ma résolution; cependant, j'arrive à l'intérieur, après avoir rampé sur les mains et les genoux une longueur de deux mètres dans cet étroit passage , espèce ^d'égout aux murailles humides , dont le pied repose dans une boue détrempée d'huile. Je me croyais préparé à tout par les nombreuses descrip-
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lions que j'ai lues de ces misérables huttes , mais je ne pouvais me figurer, et jamais je n'oublierai la scène qui s'offre à mes yeux. Une enceinte de pierres recouverte d'une épaisse couche de terre forme la carcasse de ce terrier. De chaque côté de la porte est un treillage formé d'ossements de baleines, et des lanières recouvertes de peaux servant de lits et de tables. Au milieu et gisant sur le sol, un phoque éventré dont la graisse ou blubber a été enlevée, mais dont les chairs saignantes sont piétinées par des marmots huileux qui , à la vue d'un étranger, se sauvent en pleurant. Dans un coin , une vieille femme , aux mèches grisonnantes et échevelées , est occupée à coudre ensemble des peaux qu'elle remue également avec ses pieds et ses mains. La maigreur si hideuse des races à la peau bistrée fait ressortir ses paupières maladives et rougies par l'usage constant de la lumière artificielle ; on dirait une sorcière de Macbeth. Près d'elle est couché son fils, le maître de la maison , qui se met sur son séant pour me faire les honneurs de chez lui. Au fond, une jeune femme, presque nue, allaite un enfant nu qu'elle tient d'une main , tandis que de l'autre elle rassemble à la hâte ses vêtements de peaux. Des harpons, quelques lances de pèche, des rouleaux de peaux, sont appendus aux murailles, ou reposent verticalement au milieu de détritus de toutes sortes ; deux lampes , où brûle l'huile de la baleine, remplissent le double but d'éclairer et d'échauffer l'habitation , en même temps qu'elles servent à préparer les aliments. Le passage
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par lequel je suis entré étapt construit presque au ras du sol , Tair chaud s'élève dans la région supérieure de la hutte sans être renouvelé. Une ouverture voilée du mince parchemin fabriqué avec les intestins du phoque, laisse soupçonner, par sa transparence, un monde extérieur-, mais comme il n'y a pas de trou par où 3e puisse échapper l'atmosphère fumeuse , je me sens suffoqué, les yeux , la gorge et l'odorat étant affectés à la fois.
» Cependant, comme je désire voir, ainsi que le plongeur qui se prépare à un long eljort , je cherche à voir le plus vite possible , en retenant ma respiration et en dissimulant mon dégoût. Lorsqu'une main huileuse s'avance vers moi en signe de bienvenue, je me hâte de tirer de ma poche un mouchoir que je tends en cadeau, afin d'éviter la bienveillante étreinte dont je suis menacé. De légers présents m'ont fait bientôt des amis de ces pauvres gens, auKquels sans doute mes répugnances paraîtraient bien étonnantes, s'ils les connaissaient. Quoi qu'il en soit, aussitôt ma curiosité satisfaite, je me hâte de ressortir, me demandant comment des êtres humains peuvent exister dans de pareilles conditions. Et cependant, nonseulement ils vivent et se reproduisent au milieu de circonstances qui tendent toutes à développer chez eux le côté animal de la vie ; mais, comme nous , ils ont des jouissances morales , des afiections ou des haines ; comme nous , ils connaissent des moments heureuk ou malheureux ; comme nous enfin , faits à l'image du Créateur, ils ont une idée confuse peut-
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être, mais réelle , d'une justice suprême qui , au deiv nier jour, traitera chacun suivant ses œuvres. Qu'ils fassent consister la récompense du bien dans la dispensation de certaines jouissances plus ou moins sensuelles, c'est précisément la marque du peu de développement moral qu'ils ont encore; mais ils ont du moins en eux , par la croyance à une vie ultérieure , le germe d'une amélioration physique et morale qu'ont toutes les branches de la grande famille humaine. «
» En dehorj de la hutte sont les traîneaux et les pirogues , tous deux ayant une grande part dans la vie active de ces Esquimaux. Avec l'un , ils se rendent sur les terrains de chasse , là où ils ont reconnu l'abondance des lichens et des mousses que le renne préfère; avec l'autre, ils poursuivent le phoque au milieu des glaces. La chasse a été bonne, car plusieurs outres au contenu rougeàtre sont suspendues hors d'atteinte , et j'apprends que ce sont les intestins et les viscères du renne qu'ils laissent ainsi macérer pendant plusieurs jours. La pèche doit également n'avoir pas été improductive , car plusieurs barriques autour desquelles les chiens se battent pour en lécher les contours témoignent de l'aisance de mon ami l'Esquimau. Ce sont ses provisions particulières de chair de phoque et de baleine, et cette prévoyance inouïe chez les tribus laissées à ellesmêmes n'est pas la moindre des quaUtés que cellesci auront gagnées au contact des Européens. Tous les voyageurs s'accordent, en effet , à déplorer la fa-
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taie incurie qui pousse ces malheureux à dévorer aussi vite que possible les fruits d'une pêche ou d'une chasse abondante, sacrifiant toujours les chances de l'avenir aux jouissances matérielles du présent. Aussi lorsque, par l'accumulation des glaces épaisses dans certains parages ou les mauvais temps de l'hiver, la chasse devient difficile , les Esquimaux sont souvent obligés de jeûner plusieurs jours de suite ; et même des tribus entières sont décimées par la famine. Entre autres exemples recueillis tout récemment et que je connais , M. Kennedy me disait hier avoir vu, sur la côte du Labrador, un vieillard qui avait été réduit à manger sa femme et ses deux enfants, eux-mêmes morts de faim ; seul il avait survécu à sa tribu ; de sombres pensées l'assiégeaient sans cesse , et , lorsqu'ému par ses malheurs , on lui présentait des cadeaux et des provisions, le souvenir de ceux qui ne pouvaient plus les partager avec lui faisait éclater sa douleur et couler ses larmes. Pauvres déshérités de la nature , quelle malédiction se poursuit donc sur vos têtes de génération en génération !
» Au moment où je transcris mon journal , je me rappelle combien les Esquimaux que nous avons rencontrés plus tard à Pond's Bay avaient l'air moins intelligents et moins heureux que ceux d'Uppernavick. Et je suis bien aise de pouvoir m' élever contre la sensiblerie qui a si souvent représenté les sauvages des difiérentes parties du monde comme des peuples naturellement bons auxquels la civilisation
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n'apporte que des vices nouveaux. lei du moins, on ne peut nier le progrès réel opéré dans leur nature par rétablissement des frères Moraves au Labrador , des Danois au Groenland , et des Anglais à la baie d'Hudson. La croix qui domine Fhumble cbapeUe de ces courageux colons n'est point ici un vain symbole ; elle a partout fait luire la lumière et la vie en même temps que l'espoir de la rédemption. Pourquoi donc s'obçtiner à ne pas voir une mesure providentielle dans ce mélange ou cette absorption de» races inférieures par la race caucasique? w
Le retour du Steamer le Phœnix , qui avait été expédié avec un transport , pour porter des provisions à l'escadrille de Sir E. Belcber employée à la recherche de Franklin , ce retour nous a valu des nouvelles de la région arctique de la nature à la foi$ ïa plus intéressante et la plus triste.
L'intérêt dominant se trouve dans oe fait , que le problème d'un passage pour les navires entre l'Atlantique et le Grand Océan , parle nord du continent américain , est enfin résolu , — et l'on sait combien , depuis trois siècles , ce problème avait suscité d'entreprises chez toutes les nations maritimes , et particulièrement chez les Anglais. Le capitaine MacGlure a réussi à conduire son bâtiment depuis le détroit de Bering à l'ouest jusqu'à moins de 66 milles du détroit de Melville; et, selon les dernières nouvelles, il n'attendait que la rupture des glaces pour franchir ce dernier détroit et regagner TAn-
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gleterre. Il y a longtemps que les entreprises arctiques ont perdu l'intérêt commercial qu'on y avait attaché d'abord , et c'est la gloire de l'Angleterre d'en avoir continué la poursuite dans le seul intérêt de la science.
A cet intérêt s*en joint un autre depuis cinq ans de la nature la plus pénible , la recherche des bâtiments perdus de l'infortuné Franklin. Il y a mainte- ^nant trop lieu de craindre qu'on n'ait enfin réussi à arracher à ces régions glacées le secret des siècles qu'au prix d'une bien grande perte ajoutée à tant d'autres pertes. Si l'Angleterre doit éprouver un légitime orgueil d'avoir réussi enfin à découvrir le passagedu Nord-Ouest depuis si longtemps cherché, un nuage obscurcit et attriste ce triomphe de la persévérance et de l'habileté nautique : c'est que les intrépides Argonautes de cette dernière expédition n'aient découvert aucune trace de sir John Franklin. Le deuil ici se mêle au triomphe.
Les travaux du chemin de fer qui doit joindre l'océan Atlantique à l'océan Pacifique sont poussés avec vigueur. La ligne atteint déjà le grand Colorado de l'ouest. A partir de ce point, les ingénieurs trouveront une vallée bien encaissée , très-favoraMe à un chemin de fer. Ils se sont décidés à adopter cette route , parce que c'était celle suivie autrefois par les troupeaux de buffles sauvages , et il est reconnu que ces animaux ont l'instinct de toujours
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suivre la ligne la plus droite d'un point à un autre. Ces courageux ingénieurs ne se dissipiulent pas qu'ils vont avoir à vaincre dans ces pays sauvages des difficultés de terrain et des périls inconnus en Europe ; mais ils travaillent avec ardeur, et parviendront, nous n'en doutons pas , à réussir dans cette gigantesque entreprise.
Etude hydrographique de V Océan Atlantique.
Il n'est pas sans intérêt pour les hommes de science de connaître les résultats d'un nouveau moyen qui a été employé de l'autre côté de l'Atlantique dans le but de constater l'existence du fond de l'Océan , et aussi de connaître de quoi il se compose. Un brick du gouvernement américain , le Dolphin , chargé d'une mission d'exploration , est resté quelques jours dernièrement dans les eaux de Southampton. Ce brick, dont la mission se lie aux recherches scientifiques du lieutenant Maury, a quitté la baie de Chesapeak le 31 mai , et a complété à travers l'Atlantique une ligne de sondages jusqu'à Rockule , en vue de la côte ouest de l'Ecosse. Les distances entre chaque lieu de sondage ont été , en moyenne , de 100 milles. Une ligne a été ensuite parcourue jusqu'aux Açores , au nord desquelles , à la 46® parallèle environ , dans une direction sud-ouest , une élévation d'environ 6,000 pieds a été découverte au fond de l'Océan, le sol indiquant une belle substance
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jaune calcaire mêlée d^une petite portion de sable très-fin. Après avoir quitté les Açores, le Dolphin a pris une direction ouest , réussissant toujours à trouver le fond. Naviguant au nord , il fit une ligne directe jusqu'aux Trois-Cheminées , où l'on trouve aussi le fond à une profondeur de 1,900 brasses. Là, le lieutenant Berquiau, qui commandait le navire, trouvant le temps défavorable pour continuer ses recherches, mit à la voile et vint à Southampton. La plus grande profondeur où l'on ait rencontré le fond a été de 3,130 brasses, de 41 à 43® latitude et 51 à 56® longitude.
Les explorateurs ont rapporté des spécimens du sol trouvés dans divers sondages, qui seront soumis à une commission d'hommes de science à Washington pour être analysés. La température de l'eau a été aussi constatée à difierentes profondeurs. — Pendant tout le cours de ces observations on a donné une attention particulière à la largeur, à la profondeur et à la force des courants dans. diverses parties de l'Océan ; on les a notés avec le plus grand soin pour les examiner ensuite à fond et les expliquer. Le Dolphin a l'intention de partir à la fin de la semaine, et, si le temps le lui permet, il fera une ligne de sondage jusqu'au côté oriental des Açores, partie de l'Atlantique qui jusqu'ici n'a pas été examinée.
Ce qui jusqu'à présent à empêché toutes les précédentes explorations de ce genre de donner un résultat satisfaisant , c'est le manque d'un appareil de
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sondage parfait. Dans toutes les précédentes tentatives, la grande difficulté a toujours été de ramener le poids quand il avait atteint le fond de la mer ; et c'est un fait bien connu, des marins surtout, qiie lorscp'on sonde en mer à une grande profondeur, la sonde , quelque forte quelle soit , ne peut être ramenée une fois qu'elle a touché. Sous ce rapport les Américains méritent des éloges, car ils viennent d'inventer un mécanisme à l'aide duquel le poids, en atteignant le fond , se détache immédiatement , et la sonde alors peut être retirée avec la plus grande facilité , tout en rapportant un spécimen du fond avec lequel elle s'est trouvée en contact.
M. Arago.
Aux obsèques de M. François Ara go, le 6 octobre dernier, M. Flourens, son collègue au secrétariat perpétuel de l'Académie des Sciences , a prononcé sur la tombe le discours suivant :
« Messieurs, la mort nous surprend toujours. Depuis plus de six mois , une maladie cruelle devait nous 6ter toute espérance de voir M. Arago revenir parmi nous* Et cependant le coup qui nous frappe nous a aussi profondément consternés que s'il eut été imprévu* C'est que le vide que certains hommes laissent après eux est encore plus grand que nos craintes mêmes n'avaient pu nous le représenter, et que nous
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n'en découvrons toute l'étendue que lorsqu'il s'est fait.
» C'est que l'intelligence qui vient de s'éteindre était cette puissante intelligence sur laquelle l'Académie aimait à se reposer : intelligence étonnante , née pour embrasser l'ensemble des sciences et pour l'agrandir, et dans laquelle semblait se réaliser, en quelque sorte , la noble mission de notre compagnie. et sa dcTise même , de découvrir, d'inventer et de perfectionner : Invenit et perficit.
» Dès le début de sa carrière , M. Arago eut le bonheur le plus enviable pour un jeune homme qui osait déjà ré^er un avenir illustre, celui d'étfe attaché à un grand maître. Il fut choisi poui* aller en Espagne, sous la direction de M. Biot, concourir à l'achèvement de la grande opération scientifique qui devait nous donner une mesure plus précise du globe. Sa vive capacité et le courage ardent avec lequel il se dévoua à cette belle entreprise lui valurent à son retour l'adoption de l'Académie.
» H avait à peine vingt -trois ans. Sa jeuîiesse
même attira sur lui la plus bienveillante affection ,
et le corps qui se plaisait à l'entourer de si bonne
heure de tant de sympathies le vit bientôt avec or-
^ gueil les justifier toutes.
» Ce n'est point ici le lieu de rappeler tous les travaux d'une vie scientifique des plus actives , des plus passionnées, des plus mobiles. M. Arago avait le génie de l'invention, il a ouvert des routes. Ses découvertes sur la polarisation colorie, sur les rap-
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ports de Yaimantation et de Vélectrieitiy sur le magnétisme qu'on a appelé magnétisme de rotation , sont de ces découvertes supérieures qui nous dévoilent des horizons inconnus et fondent des sciences nouvelles. » Il ne fut ni moins habile ni moins heureux dans une autre voie de découvertes. M« Arago ne s'isolait pas dans ses propres succès. Il voulait avec la même ardeur le succès du corps auquel il appartenait. Il se faisait un bonheur de chercher les jeunes talents qui promettaient de nouvelles gloires à l'Académie. Aussi , dans la carrière des sciences , n'estil presque aucun de ses contemporains qui ne lui reste attaché par les liens de la reconnaissance.
» M. Arago fut appelé à remplacer, en 1830, M. Fourrier, comme secrétaire perpétuel. Dès qu'il parut à ce poste , une vie plus active sembla circuler dans l'Académie. Il savait, par une familiarité toujours pleine de séduction dans un homme supérieur, gagner la confiance et se concilier les plus vives sympathies. Ce don , cet art du succès, il le mit tout entier au service du corps dont il était devenu l'organe.
» Jamais l'actioit de l'Académie n'avait paru aussi puissante et ne s'étendit plus loin. Les sciences semblèrent jeter un éclat inaccoutumé et porter leurs bienfaisantes lumières sur toutes les forces productives de notre pays.
» Cet homme , d'une pénétration si sûre et si prompte , avait un talent d'analyse extraordinaire. L'exposition des travaux des autres semblait être un-
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jeu pour son esprit. Dans ses fonctions de secrétaire, sa pensée rapide et facile , le tour spirituel , les expressions piquantes captivaient l'attention de ses confrères, qui , toujours étonnés de tant de facultés heureuses , l'écoutaient avec un plaisir mêlé d'adration.
» Lorsque les progrès de la maladie lui eurent fait perdre la vue , toutes les ressources du génie si net et si vaste de M. Arago se dévoilèrent pour qui siégeait à côté de lui. De nombreux travaux sur les sujets les plus compliqués et les plus ardus , après une seule lecture entendue la veille , se retraçaient à la plus simple indication , dans une mémoire infaillible, avec ordre , avec suite , et tout cela se faisait naturellement, aisément, sans aucune préoccupation visible. La facilité de la reproduction en dérobait la merveille.
» G>mme historien de TÂcadémie , M. Arago apportait dans cette sorte de sacerdoce si difficile et si redoutable , où il s^agissait de pressentir le jugement delà postérité, une conscience d'étude, une force d'investigation , un désir d'être complètement équitable , qui marquent à ses éloges un rang éminent. Dans les écrits de l'éloquent secrétaire se retrouvent toutes les qualités de son esprit , une pénétration sans égale , la verve brillante et le charme de la bonhomie.
» Interprète de cette Académie , dans laquelle M. Arago a siégé près d*un demi-siècle , j'ai voulu ne parler que de l'homme qui nous a appartenu. Cet Octobre 1853. TOMB it. 8
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It^ N0UYKI.LB6 AUflJkLES
hoinme doit survivre pour reâtet* une ée^ iUilôtriitrations bcientifiipies de notne ))âjsi
» Les nobles vétérans de la science dans toutes les parties du tnonde civilisé > de Berlin à Lolidr«d , de Saint-'Pétersbourg à Philadelphie , partâig«t^it notre douleur. Les générations studieuses, qUi-, depuis quarante ans, se sont succédé, rtôdiroilt à oette intelligente et patriotique jeunesse qui aujourd'hui 1^ remplace dans nos brillantes écoles , combien il sut s'y faire aimer , et tout ce tju'avail de puissance la bonté ïtympathique du maître sur la tombé duquel ils viennent porter en ce moment Thommage de leur douleur.
n Cet homme , en qui se réunissaient tant dtè supériorités i a rempli une partie de sa vie par k culèfe de la faniille ; il avait connu tolites les duuteurs de la piété filiale ; le lien de ses affections s'ételidifc salis jamais s affaiblir ; ses frères > ses sœurâ , furent toujoursi cheii lui -, sous le toit paternel ; ses enfants «t les leurs lui appartenaient égalemelit î aussi tmilvat*4l une filfe dont les soins pieux et touchants d:^f«nt reeevoir aujourd'hui le tribut de rebonaaièsancè de l'Académie ; *
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AÈsedation Britannique pour f avancement 4e la Science.
Nous allons relever, dans une revue sommaire , las diverses communicatious relatives aux sciences géographiques qui ont été faites pendant la durée de la dernière réunion de TAsàociation Britannique pour l'Avancement de la Science.
Sur quelques traits physiques de la Humber> par M. J. Oldham.
Notes et observations sur la Humber , par M. T. Thompson.
Sur le désert de la câte de Holdemess , par M. G. G. Kemp.
Sur le caractère et la mesure des dégradations de la côte de Yorkshire, par le D' J. P. BeU.
Sur l'Islande , ses habitants et leur langue , par M. J. Sogg. L'histoire bous apprend peu de choses au sujet de cette grande lie de la mer Arctique. Les premières notions qu'on en eut datent du ix* siècle de l'ère chrétienne, époqiie où les Norwégiens y fondèrent des établissements. Us restèrent en possession de rtle jusqu'au milieu du xiv® siède ; ils se mirent alors sous la protection du Danemark, auquel l'île a depuis lors continué d'appartenir. L'Islande et l'Irlande ont ^itre elles beaucoup de points de ressem^ blance» que M. Hogg s'est attaché k faine ressortir. En Islande , comme en Irlande, il y a des Bog$ et des marais d'une grande étendue ; mais toute analogie
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cesse quand on compare le chifire de la population. On ne compte guère en Islande que 48 ,000 habitants^ tandis que l'Irlande a au moins 6 millions et demi d'âmes , bien qu'elle ait dû perdre par l'émigration un cinquièmetLesapopulation antérieure. Skaulholt, la ville capitale de l'Islande , n'a que 500 habitants; Dublin en compte 258,000. — M. Hogg traite ensuite du climat de l'Islande , qui est très-sévère ; le thermomètre y descend souvent à 16* au-dessous de zéro. Les grands phénomènes de la nature méritent ici une attention particulière : telles sont les aurores boréales; telle est la montagne brûlante de l'Hécla, et les Gheïsers ou sources jaillissantes d'eau bouillante. — L'auteur décrit ensuite les usages des habitants. Il les représente comme très-affectueux et très-empressés vis-à-vis des étrangers, mais du reste fort indolents. Ils subsistent en grande partie de poisson , dont la salaison est leur occupation principale. — Quant à l'idiome islandais, sur lequel M. Hogg s'étend longuement, c'est un mélange de norwégien et de danois.
Sur la production de l'or dans les îles britanniques , par M. J. Calvert.
Sur les Courants de l'Atlantique et du Grand Océan , par M. A. G. Findlay.
Recherches sur les variations du climat entre les tropiques, dans leurs rapports avec l'action verticale du soleil et le mouvement de la terre ; principalement au golfe de Carpentarie, Australie du nord, par M. Trelafjony Saunders.
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Remarques ethnologiques sur quelques-unes des j^ariétés humaines les plus remarquables qui se trouvent en ce moment représentées à Londres ; par le D' B. G. Latham. Les variétés humaines qui font l'objet principal de cette note sont les ZouIot«5, les Terrestres (^Earthmen, ainsi qu'ils se nomment) , les Authaliens, et enfin les Azteks (ou soi-disant tels). — 1** Les Zoulous ont le type caractéristique de la grande famille des Cafres , à laquelle ils appartiennent ; mais leur étude présente un autre intérêt. La science tend à établir une ligne de démarcation profonde entre le Cafre et le nègre. Sans aucun doute il y a des différences très- marquées entre les deux familles ; néanmoins les individus qui sont en Angle-^ terre ne présentent pas ce type extrême. Ce seraient plutôt des spécimens de transition.
2® Les Earthmen (Hommes de la terre). Ce nom leur convient parfaitement. Ces individus, qui appartiennent à la famille des Bushmans , habitent un pays dont la constitution géologique leur offre des grottes souterraines qui leur servent de demeure. Ce sont des Troglodytes-Bushmans , de la famille des Hottentots ; leur type est pur et leur sang sans mélange.
3° Les Authaliens habitent les environs du cap York et parlent le caourariga. Il y en a deux à Londres; l'un a 5 pieds 10 pouces (anglais) et l'autre 5 pieds 9 pouces ; leur poitrine est bien développée, mais leurs extrémités très-grêles. La peau est noire, le front proéminent , la sclérotique jaune, le nez
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large à sa aaissance, aquilin et très-earactérid tique. Ha se parlent si peu que Ton supposa, mais à tort , qu'ils appartenaient à deux tribus ennemies ou qu'ils ne pouvaient se comprendre. Ils paraissent s'attacher facilement et quittent avec peine les personnes avec lesquelles ils ont passé quelques jours. Leurs cheveux sont crépus et bouclés, ce qui est peutêtre le caractère le plus important de leur physionomie. On les a regardés comme des Papouas de sang mêlé, mais sans preuves suffisantes.
4*^ Les Azteks sont déjà bien connus : d*après les recherches médicales faites sur eux , le germe goitreux a été constaté, et il est presque certaiii que ces individus sont en Amérique comme les crétins en Europe , et dans les mêmes conditions qui empêchent chez les uns et chez les autres le complet développement du corps et de l'intelligence.
Sur la navigation de la Plata, du Parana, du Paraguay, du Rio Vermigo et du Pilcomigo, par M. H. C. Dwerhagm.
Sur certains points du Grand Océan , dans leurs rapports avec le grand cercle de navigation (Great- Circle Sailing),.par le Rev. G. C. Nicolay.
Note sur un second voyage à la baie Sainte-Lucie et dans la contrée adjacente , région Sud-Est de l'Afrique; par R, W. Plante. — Après avoir visité les environs de la baie de Sainte-Lucie, M. Plante se dirigea vers l'intérieur des terres avec 200 hommes. Il se détourna de sa route pour examiner la chatne de montagnes d'Ounga, traversa le pays de» Zôulous,
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et , au bout d'un mois depuis son dépai^l de Natal , arriva à la rivière 0\iinfalo&i. Deux jours après ils avrii^èrent à un bras de la baie Sainte^Lueie ; ils le IvavieFsèreBt dans un endroit large de â milles , et où Feau venait à la poitrine. Les cartes de cette partie du psiys vepr^entent la baie comme communiquant avec la mer, tai^dis qu^elle débouche dans TOuBifalûsi. La langueur de la baia peut avoir par estime 8Q milles, sur 8 ou )0 milles de largeur. Les fiamaats, les canaifds, iles cormorans et autres oiseaux aquatique scmt très-nombreux sur ses bords. Après l'avoir longée pendant quatre jours , Texpédition entra dans des forêts repiplies de cinq ou six espaces d'arbres inconnus, dont le bois paraît avoir une grande valeur commerciale. A deux jours de la haie, ]\J. plante arriva ^u pays des Amalatous, pet j te tribu qui vit di; produit de ses iar4ins, diffjpreiite en cela des Zoulous, qui sont surtçut passeurs. A côté sont des i^^^ipputangou^, gui sont à la fois agriculteurs et phasseurs -, ils excellent d^ns ce dernier exercjce contre le^ bêtes sauvages. Ils sont tfè§- industrieux et comp^rî^tiyemenl civilisés. Cinq jpur§ après, les voyageurs traversaient la Pepgola , et eptr^ie^t flw? le pays des Makassans, bien rarisçaejit visité p^f 1^§ blancs. Ce peupl'e est hospitji^lier. Le^ ï|ains sont fî© grand nopabre dans cette partie dç J'Afriqv!^^ ; l^^f taille -pst d'enviro^i 3 pieds 7 ppuçe§ (anglais) pj bien pronprtipnpée. H y a aussi be^upoup 4'i4^^tQ- M. Plante a constaté à cet endroit une errç^f d^ uqs cartes : la rivière Pengola ne se jette pas dans la mer,
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mais dans une au suite qu'aucun c< ment à la mer ei avait en vue la d 300 milles de TO un ruisseau , au i tité d'artrides. L cause de Tinsalu par une autre roi vières très-larges sont habitués à s'accrochent à lei danger les coura]
Les communie Lac et la baie de gouverneur du C
« Je suis heu communications Lac et les enviro:
pédition de Base est allée du Gra rold, sur la rivi< désert dans l'esp fait le même vo; est à 150 ou 18( de Woolwich. »
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DBS VOTAGBS. 121
Extension de la colonisation algérienne.
M- le ministre de la Guerre a adressé à S. M. l'empereur les deux rapports suivants, à la date du 30 septembre :
« Sire , il est devenu nécessaire d'ouvrir un nouvel horizon à la colonisation européenne , désormais trop à l'étroit sur le territoire qu'elle occupe dans le département d'Alger. Les vues de l'administration se sont portées sur la partie est de la plaine de la Mitidja, comprise entre le Hamiz et le Boudouaou. » Malgré sa proximité d'Alger, cette section était restée jusqu'à ce jour déserte et inexploitée , parce que , confinant à la Kabylie , elle formait une sorte d'impasse où la colonisation eût manqué de mouvement et de débouchés.
» Aujourd'hui , les rapports commerciaux qui s'établissent avec la Kabylie , les progrès de notre occupation à Dellys , la route qui reliera très-prochainement cette ville à Alger, ^tout appelle les colons sur ce point.
» Des études se poursuivent pour la création d'un certain nombre de centres de population , et déjà M. le gouverneur général vient de soumettre à mon département des propositions régulières pour l'établissement de deux premiers villages.
» Aïn-Taya , l'un d'eux, est projeté sur les rives de la baie est du cap Matifoux; sa circonscription territoriale serait fixée à 1,026 hectares 42 ares
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1%% NOUYUWS ANlUIiBS
40 centiares , et sa population a soixante et dix-huit familles , y compris la population et le territoire de deux hameaux annexes , Fun de dix feux, l'autre de huit^ qui seraient installés à Ain-Beidia et à Ghroh ou Herob.
» Le centre principal , comme ses deux annexes, serait placé dans des conditions satisfaisantes de sécurité et de salubrité ; le voisinage de la route d'Alger à D^ys assurerait un écoulement avantageux de leurs produits ; le sol , sans être d'une richesse remarquable, est cependant fertile, et payerait largemctilt le travail du cultivateur. Il est sillonné de plusieurs sources importantes.
m De. nombreuses ruines romaines attestent, au surplus, l'ancienne prospérité de cette contrée , et les nouveaux colons trouveront, pour ainsi dire, à pied d'œuvre , les matériaux nécessaires pour construire leurs habitations.
9 £n conséqueDce, j'ai l'honneur de prier Votre Majesté de vouloir bien revêtir de sa signature le projet de décret ci-^joint , portant création du village d'Am-Taya et de ses deux annexes Aïn-Beidia et Chrob ou Herob.
a Ces centres étant situés à proximité du cap Matifoux, j^ai également l'honneur de proposer à Votre Majesté d'approuver que le hameau de Chrpb ou Herob , dont le nom est d'une prononciation dif- &;ile , soit désigné sous le nom de Matifaux. »
Voici le second rapport :
« Sire f par un rapport en date de ce- jour, j^ai eu
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l'honneur de présenter à la signature de Votre Majesté un projet de décret pour la création d'un premier centre de population dans Pest de la plaine de la Mitidja.
» Le second viUage dont M. le gouverneur général de l'Algérie a proposé l'établissement dans le nouveau périmètre de colonisation ouvert sur ce point , serait situé sur la route d'Alger àDellys, au lieu dit Rouiba^
» Ce village , composé de vingt-deux familles, ne serait pas exclusivement agricole : lieu de gîte et de repos pour les voyageurs et le roulage , sur une voie de communication de plus en plus fréquentée , il trouverait encore, par la suite , de sûrs éléments de bien-être dans les avantages de cette position.
» Un territoire fertile, de 385 hectares 85 ares 90 centiares , y serait affecté. Il n'y existe pas, il est vrai , d'eau courante ; mais on trouve, à peu de profondeur du sol , une nappe abondante d'eau potable qui peut alimenter un grand nombre de puits et de norias.
» Ses conditions de sécurité et de salubrité seraient aussi satisfaisantes que possible.
» J'ai , en conséquence , l'honneur de soumettre à Votre Majesté le décret ci-joint, destiné à sanctionner la création du village de Rouiba, conformément à la législation en vigueur. »
Un double décret du même jour confirme les propositions consignées dans les deux rapports du ministre.
San-Francisco.
Nous empruntons à un journal de la Californie le tableau suivant des changements qui se sont opérés depuis quelques mois dans la physionomie de la métropole du Pacifique :
« On ne compte pas moins de deux cents maisons en briques et en pierres de taille construites depuis le mois d'avril ; quelques-unes ont des proportions énormes. Nous citerons particulièrement le bloc bâti entre les rues Washington et Merchant , sur la rue Montgomery ; le nouveau local de la douane , rue Sacramento; un bloc de 137 pieds et demi en carré, bâti au coin des rues Galifomia et Front, et les belles maisons de granit, rues Montgomery et Commercial. Parmi les bâtisses élevées on compte deux églises et un théâtre , celui qui vient d'être ouvert par la troupe française.
» Les travaux accomplis dans la baie ne sont pas moins importants. Plusieurs wharfs viennent d'être ou achevés ou agrandis. Nous citerons ceux des rues Jackson , Clay et Broadway ; ce dernier vient d'être occupé pour la première fois par les bateaux à vapeur qui font le service postal. Entre la rue Market et Rincon-Point , de grands travaux de comblage et de pilotis peuvent être remarqués.
» Sous le rapport des embellissements , nous. n'avons que des progrès à constater, et la belle saison , qui va prochainement finir, aura été largement mise à profit par les habitants de San-Francisco. »
A cette énumération , dit le Courrier des Étals- Unis, il faut ajouter l'érection du premier phare élevé en Californie, et qui a été allumé dans les premiers jours de septembre, à la pointe Lobos, pour indiquer aux marins l'entrée de la baie de San- Francisco. Ce feu est appelé à rendre d'immenses services à la marine et à éviter le retour de malheurs qu'on a eu trop souvent à déplorer.
NOTES BIBUOGRAPfflQUES.
Journal ofthe Asiatic Society ofBengal, n^ 232, 233 et 234 (I, Il et III de 1853).
On (he Uindo-Ghinese Borderers and their connection with the Himàlayas and Tibetans; by B. H. Hogdson; p. 1-25.
On the Mongolian affinities of the Gaacasians, by the same;p.26 76.
On a geometrical measurement of the distances from crest to crest of the barometric waves in a cyclone ; by H. Piddington; p. 77-8i.
Sifânand Hôrsék Vocabalaries, with another spécial exposition in the wide range of îfongolian affinities > and remarks on the lingual and physical characteristics of the family. By B. H. Hodgson\ p. 121-151.
Ibn Huokars (1) accoant of JLhorasan; translated by Hajor W. Anderson ; p. 152-193.
Note on a scalplure in alto relievo ; by fFelby Jackson \ p. 193-94. Plate.
The first Yolome of the original text of Tabary. By D^ A Sprenger; p. 195.
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A few Remarks on the sqbject of tbe Latérite fottnd near Rangoon. By Gapt. C. B. Tùwng, p. 196-201.
Proceedings of the Asiatic Society of Bengal. Febniary 1853;p.a0â-2i».
Report 00 the geoloffieal Stmctnre and minerai Wealth of the Sait Range in thePanjaab; by ^ndr. Fleming y in charge of the geoiosical snrtey of the Sait Range. Season 1851-52; p. 229*7».
Sopplementary Notice on the new minerai resin, Hircine. By É. Piddington; p. 279-80.
The ancient city of Kansonaparî, now called Rungamatty, by Capt. F. P. Layard; p. 2^1-82. PI.
Abstract of a Journal kept by M. Gardiner during fais trayels in Central Asia ; p. 283-305.
Preceedings of the Society ; p. 307-32.
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DES totâûfes. 1Î7
sasatsttastSi
BIBLIOGRAPHIE
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Océanïe.
3. Adyentnres ift Aostralia in iSSa and t853. By the Rèt. Jf. Bei^ •keley 'Jones* London, fientley, i8ô3, in-^ de 3 10 p. 10 th. 6 d.
Mélangea.
4* Strabenis Geographia, (graecè) recognovit iâu^g, M^intke, Leipzig, Tenbner, i85a-53 , 3 vol. pe^it in-S. i thir. ai sgr.
Cette édition du texte de Strabon , à laquelle le nom de l'éditeur donne une haute autorité , fait partie de la collection des auteurs grecs et latins que publie M. Teubner.
5. Native Races of the Indian Archipelago. Papuans. By George JFindsor £arl, London, Baillière, i853, in-8 de id8 pages, avec nne carte et des E:f^, it> sh. 6 d.
L'éditeur annonce Fintention de publier, sous le titre d*Ethmh grapMetU Library, une suite d'ouvrages et d'Etudes sur les différentes races humaines ; cet écrit de M. Earl, dont on connaissait déjà des fragments considérables publiés depuis plusieurs années, ouvre la séné.
6. A. Dictionary of the Gaelic Langaage , in two Parts. Bythe Rey. D' Norman JUcLeod^ and the Rey. D' Vanid Dewar, new édition. Glasgow» l853, in-8. xo sh. 6 d.
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7. The Fall of Nineveh and the reign of Sennacherib chronologically considered, 'with a view oï the readjastment of sacred and profane Chronology. By J. W. Bosanquet. London, Longman, l853, in-8 de 200 pages. 8 sh. 6d.
Article de VÀihenœum de Londres «ur cet ouvrage , no 150, p. 1OS8.
8. Ibn-el-Athiri Ghronicon qnod perfectissimam inscribitar. Volumen XII idemque ultimum, annos H. 584-6a8 continens. Edidit C. G. Tornberg. Upsaliae, i853, gr. in-S. i3 fr.
9. Die âlteste Bevôlkerung Italiens. £ine geschichtliche Unter^ sachnng, von Fr, Gerlach, Basel, Bahnmaier, i8â3, in-8 de 54 pages. I f.
10. Ueber die siidôstlichen Marken des Frânkischen Reiches unler den Karolineern (795-907) j von Ernst Dûmmler, Wien , Braumuller, i853» in-8 de 85 pages, a fr.
Extrait des Àrchivet powr la connaittanee de$ touree$ âe l'htstoire d*ÀuUriehe,
11. Akademiscbe Vorlesungen ùber die Geschichte Tyrols bis zur Vereinignng mit Oesterreich. Von Bud, Kink, Innsbrack, Witting, i853,in-8 de xv-571 pages« 1 thlr.
12. Corpus Inscriptlonam Graecarum. Âuctoritate et impensis Academiae Regiae Botussicae^ ex materia collecta ab A, Bœckhio, edidit y. Franzius. Berolini, i853, in-fol. (vol. III, fascic. 4)*
1 3. British Association for the Advancement of Science. Report ou the XXII^i^ Meeting held at Belfast, in september, i85a. London, J. Mnrray, i853, iu-8. Plates. i5 sh
14. Journal of the American Oriental Society. Vol. III , n** 2. 264 pages.
1 3. Vie de Christophe Colomb ; par le baron de Bonnefoux , capitaine de vaisseau. Paris, Arthus Bertrand, i853, in-8 de V'4^ pages, avec i pi. 6 fr.
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