‹ Nouvelles annales des voyages, Volume 140Chapitre 6 sur 28 · M& VOTAIS». :1AI · texte numérisé non relu

M& VOTAIS». :1AI

svd du Gwgç j)* ^rriya i im g^aïul yil)«g^)t4^9rf06plé , où il y 4Tait plusieurs templ«3 des diçm (iBi4layas). A une petite distance au S. *E. il y a un grand stoupa, élevé dans un endroit où jadis le Bouddha passa une nuit et expliqua la Loi.

» £n partant de là , il prit la directioq de Test , entra dans un canton de forêts et ,de montagnes , et après y avoir fait une centaine de li, il arriva au couvent du village de Lo-ïn-ni-lo(jRoWnt7a?). Devant ce couvent il y avait un gf^d stoùpa construit par Açôka.

» A 2 ou 3 li au pord de ce stoûpa il y a un grand }f(c qui peut avoir trente li de circonférence, et qui en toute saison est embelli par des lotus de quatre .ix^uleurs.

» En partant de cet endroit à Test, il entra dans des forêts qui couvraient de grandes montagnes, .^t après y avoir fait environ 200 li , il arriva au royaume à^Hiranya Parvata (Hi-la-na-po-fa-to).

» La capitale de ce royaume , qui est voisine du Gange du côté du nord , a environ 20 li de eirconféreticç.

» A côté de la capitale , et tout près du Gange , s'élève Vl-la-na-ehafi (Hirany a Parvata, ou la montagne d'or). Cette montagne vom^it des nuages de fumée qui obscurcissent le soleil et la lune.

» Au §ud de li( capitale il y a un stoûpa (1), à côté

(1) Il faut rapprocher de ee» détails ceux qu*a reproduits HoeMf, p. 17* sq.

132 2S0CVELLES AI<T4ALES

duquel on \oit les sièges de trois Bouddhas , et des endroits où ils ont laissé la trace de leurs pas.

» A une petite distance à Touest de ce lieu il y a un stoûpa. Ce fut là que naquit le Bhikchou Çrôtayinçatikôti ( Chi-leou-to-pin-ché-ti-keou-tchi ).

» Sur les frontières occidentales du royaume, au sud du Gange , on arrive à une petite montagne isolée.

» Au bas d'un plateau , au sud-est de cette montagne , sur un grand bloc de pierre , on voit l'empreinte qu'y a laissée le Bouddha en s'asseyant. Cette empreinte a un pouce de profondeur ; sa longueur est de 5 pieds 2 pouces , et sa largeur de 2 pieds. Au-dessus on a élevé un stoùpa.

» Plus loin au sud on voit sur une pierre l'empreinte du pot de Bouddha.

» A peu de distance au sud-est de l'endroit où s'est assis le Bouddha , on voit l'empreinte des pieds du démon Vakoula Yakcha ( Po-kieou-lo ) .

» Sur le sommet de la montagne s'élève l'ancienne demeure du démon Vakoula.

n Plus loin au nord on voit la trace des pieds du Bouddha.

» A l'ouest de cet endroit il y a six ou sept sources d'eau chaude.

» Dans les forêts qui couvrent une grande montagne située sur les frontières méridionales du royaume , on rencontre beaucoup d'éléphants sauvages d'une taille extraordinaire.

» En partant de cet endroit il suivit le rivage méri-

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clional du Gange , fit environ 300 H à Test, et arriva au royaume de Tchampâ (Tchen-po), »

Nous avons poussé notre extrait jusque là, parce que le site de Tancienne Tchampâ , près de la ville actuelle de Boglipour , ou plus correctement Bhagalpour , étant connu avec certitude, nous avons là un point d'attache indubitable, tant pour la section de l'itinéraire qui vient y aboutir , que pour celle qui en part et qui continue de descendre le - Gange.

Nous manquons de moyens de contrôle et d'identification pour les premières stations qui suivent le départ i^ Indraçilâgouha. Nous voyons seulement d'une manière générale que le voyageur , ainsi que nous l'avons dit, se porte d'abord au N.-E. dans la direction du Gange , et que sa route fait plusieurs crochets à travers ce coin du M agadha pour atteindre enfin le village de Rohinila (Lo-ïn-ni-lo), après avoir longé le fleuve pendant une centaine de li , c'est-à-dire pendant 9 de nos lieues communes environ , depuis une autre station voisine également du Gange et dont le site ne devait pas être éloigné du Shunar (Chanar ) de la carte de Rennell. Un village de Roynallah (Ruynullah selon l'orthographe anglaise) que nous trouvons sur la rive droite du Gange près de Balgada, à l'extrémité la plus orientale de la province de Béhar, présente une trop frappante analogie avec le Rohinila de notre itinéraire , pour qu'on ne soit pas amené à identifier les deux positions , comme l'a déjà fait M. Alcxandcr Gubh

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1S4 NOUVElLLi;» ANNALES

ninghani dans aoq travail sur Hiouen^tbsang (1). Cette position a qçja de particulier qu'elle mar-»qpait sûrement de ce côté la limite extrême du Magadl^, cgmine elle y marque aujourd'hui celle an Bétia?. .

De RohinilÉi à Tchampâ la route se porte dipect. tement à l'est comme le cours du Gange , sauf un qrcuit considérable quç décrit le fleuve dans cet ii^tervaUe. Hiouen-thsang , à partir de Rohinila, compte 500 li en deux stations jusqu'à Tch.'impâi. La cfirte du cours du Gange deRennell {Benffal Atlas, f"«« 14-15) piesure 60 milles anglais de Tchampernagar (Tchampâ) à RuynuUab ; 60 milles répondent à 21 de nos lieues communes qui peuvent équivaloir à 230 li chinois. Il faut donc admettre ici , pour retrouver les 500 li de la reslation , qu'il y ait eu de nombreux détpurs dont l'itinéraire n'a pas tenu note (2).

Les 500 li de Hiouen-thsang se partagent , ainsi que nous l'avons dit , en deux traites : la première, qui est de 200 li, de Rohinila à la capitale du royaume d'Hiranya Parvata; la seconde, pour laquelle le voya-

(1) Journal of Asiatie Society ofj^engal^ Np 103, t848, p. 3ft«

(2) Fa-hian (Foe-Koue-ki^ p. 328) compte l^ yô<Jjanas<ie Pâ^^|l? poutra à Tciiampâ. La distance mesurée étant de 128 milles anglais ou ZiQ lieues, le chiffre de 18 yôdjanas (72 kôs) suppose ici r«mpio! d'vu kôs pu krôça local de 60 aq (iegré environ. Ce pouvail être ta krôca du Magadha. Le même voyaf;eur Indique 50 yôdjanas de Tchaqgpj^ à Tâmralipti, intervalle dont la distance mesurée est de 325 milles. Il fékuHerârit dd' ce second chiffre un kôs encore plus court 'que te préfet d^îtf*4a>f4i«ç^il9ÏJr<^}.

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DBS VOYàCBS. ISS

gfi^t fîpmpttt $60 lî , d^Hiranya Parvata à Tehampé. lie« micoQSiaBcea qi|i aceompagD^t, dans la relati<»i de Hiauen^thsaiiil^, la mention du ro^iaome 4'HiranyaPai!Yata,9antearaotémtiques.LacapitaIè, que le. voyageur ne nomme pas, ou plutôt quHl semi^W ^wig^P^ sous le nom même du' pajs (ce qui lui est ti^9r)iabtitufil) , était ciituée sur le Gange ; et près de là ^ne pientagne vomissait de la fumée. La place qufi IlioueQ^^bsang a ainsi désignée ne peut être au- \v^ que MQnghif. Une rangée de hauteurs vient du s^id § y tepfldiper au Gange , et r^s hauteurs renferin^t , daps une étendue de %Q à 3$ millet anglais à p^^tir de M onghir , une chaîne ^ntinue de sourecs theFmfiles qui indiqueiit as^ea U nature volcanique duaQl(}). Ce sqntlàévidemnieDtles ffirany/i Pur- |7(E|la du voyageur. On meptionn^ dans d'autres par^ ties de la province des localités qui présentent le ffiémephéPQmèq^dVxbalaisons ga^use^ signalé par if îpvieQ-'thsaQg près de la capitale (3). Monghir «lit d'ailleuri d'une haute antiquité ; le IVIahàbhAraia * daps mi des épisodes historiques qui se rattachent ^ }a Qrapde Guerre , nomme MMâghiri comme la ea^ pitale d'un royaume contigu à ceux de Bangû et de Tàmralipta , c'est-à-dire aux parties inférieures du Bengale actuel (3). Il est donc de toute évidence que

(1) Montg. Martin, foulera India, xq\. {l^ p, ^ k PU (4**Pf^ les rapports officiels de M. F^nçis Bfichaimi^-^^HliltPfl).

(2) Id. . p. 172.

(3) Qw Umn « JMischû jéltwêk.» U h p. «M» FMMeHr«|epnt rtisagt fiMiHUTOlr introfittit 1« (wm M m tHl^ in, sinil «|iui Hi nM

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ce royaume Ae Môdàghiri esiVHiranya Patvata de notre relation; Quant aux empreintes attribuées au Bouddha , quoique Tintluence brahmanique ait du , depuis douze siècles , effacer la plupart de ces légendes , on en retrouve encore des traces (1).

De Tchampâ , Hiouen-thsang poursuit sa marche vers les provinces du Gange inférieur et les contrées extrêmes de l'Inde orientale. La route du voyageur continue pendant assez longtemps encore de longer la droite du fleuve. A la distance de 140 ou 160 li (environ 13 de nos lieues communes , ou 35 milles anglais) , Hiouen-thsang mentionne une île du Gange où Ton avait construit un temple au haut d'une montagne escarpée (2); la distance indiquée nous conduit précisément aux rochers de Patharghât, à 8 ou 9 milles au-dessous de Kahalgang (le Colgong des cartes anglaises), lieux d'un aspect très-remarquable au milieu ou sur le bord du fleuve, et qui de temps immémorial ont été un but de pèlerinage. Les ^!fc^v variations fréquentes que subit le cours du Gange * paraissent d'ailleurs avoir tantôt laisâé ces îles ro-

cheuses en dehors de son lit, tantôt les y avoir ramenées (3).

se, lit dans la célèbre inscription de Monghir (^jis. Res. I, p. 125, London, A«); et les pandits n'ont pas manqué d'en rattaclier l'origine au mouni àîoudgala dont le nom figure dans les traditions locales du Magadlia (Buchanan-Hamiiton, dans VEast, /ndta, II, p.û5).

(1) Fr. Buchanan-Hamiiton , Ibid, p. 56.

(2) Si-yU'ki, extraits mss.

(3) Fr. HamIIton-BucliaaaD , dans VEoit. India , II, p. 7 et 63 sq. On peut voir des détails circonsunciés sur cette remarquable loca-

Le voyageur parcourt une distance de 400 li, continuant toujours de suivre la droite du Gange , et il arrive à un royaume dont le nom, dans sa forme chinoise, est Kie-tchou^ouèn-'ki-lo. Les lois rigoureuses de transcription établies par le savant traducteur ramènent ce mot au sanscrit Kadjoûnghira ; une variante chinoise {Kie-^ching-kie-îo) donne Kadjingara. En faisant partir les 400 li de la roche sacrée, comme paraît l'indiquer le Si-yu-ki , nous sommes amenés vers Souty , à 36 milles environ au-dessous du Radjamahal ; si nous les comptions de Tchampâ, comme a fait Hoeï-li(p. 179) , nous n'arriverions qu'aux environs de Farrakabad , entre Radjamahal et Souty. Or, la carte du cours du Gange de Rennell nous indique ici , précisément en face des ruines de Goûr qui s'étendent sur la rive opposée du fleuve , un village dont le nom de Kadjéry présente une analogie remarquable avec le Kadjoûnghira de la' relation chinoise. Il y a toute apparence que nous retrouvons ici le site oublié d'une ancienne ville royale. Le petit royaume dont Hiouen-thsang nous fait connaître ici la situation , et dont nous venons trèsprobablement de reconnaître la capitale, n'est pas d'ailleurs absolument inconnu dans les sources hindoues. Les listes géographiques du second livre du Mahàbhârata (1) mentionnent un pays de Kadjin-

lité de Pathargâth , avec des extraits d'un Pourana local qui s'y rapportent, dans les Recherches de William Francklin sur le site de Palibothra (/ngutry, etc. , 1'" partie , p. 56 sq. , p. 58 et p. 62. Lond. 1815, în-û»).

(1) Bhfsina Parva , dans le rièhnu Purana « p. 105.

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139 NOUVKUJBS ANKALES

gka parmi les peuples de Tlnda orieptale , mais sans désignation plus précise ; et dans un traité de géographie qui ouvre une des Chroniques cinghalaises, la ville de Ka^janghéH Niff^ngamé est citée comme sft trouvant dans la région orientale du Djambou* dv)pa (1). Noua n'avons pas besoin de faire remar* quer que le Ka^anghUè du chroniqueur houddhiste est absolument identique , sauf la modification que subissent les mots sanscrits en passant dans les idiomes vulgaires, au Kadjounghira du voyageur chinois. Quant au site de 'Kadjéry, il ne parait pas avoir attiré jusqu'à présent l'attention d'aucun voyageur. Les rapports de M. Francis Hamilton , très-succincts suf c^tt^ partie du Bengale , ne le mentionnent pas. C'est un point que nous signalons , parmi tant d^aatrès , aux explorateurs futurs.

. Pe Kadjounghira , Hiouen thsang continua d^avancer à l'est , dit la relation , « et après avoir fait environ 600 li, il arriva au royaume de Poun-isa^tK tan^n^- » Â prendre à la lettre ce passage de la relation, on serait conduit vers le Brahmapoutra , entr% Rangapoura et Dakka. Mais le nom chinois est la transcription régulière de Pou^dra-Varâdhanay eà le Varddhana sanscrit est un territoire bien connu de la contrée des PauK^ra , c'est-à-dire du Bengale

(1) Bfldjâvall , dans le recueil publié par Upham sous le titre de Sacr^d and historical JRooks of Ceylan^ vol. II, p. 144 9q« — iV»î^fl^îgamé nous parait représenter le sanscrit JYarayanafffâmQ ; mala nous n'osons hasarder aucune conjectucfi sur Tapplicaliou dti G«Utt partie de la dénomination pâlie. Le sens serait-il Narayanag^4i9M du pays de Kadjâ^g^hifa, o^ le» dç^l^ V^ «« C«rm^ik| ^ii'unfi^?

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DBS VOYAGES. 139

iatérieur, dont la Tille de Baréhàn, au N.-O. Aé Calcutta, garde le nom aisément peconnaissable. BardvÂn , il est vrai , est au sud de Kadjéry , et non. pa» è l'est; mais la route du voyageur avait gard4 d'abord , en continuant de descendre le cours du Gange, sa direction générale au sud^st, et nous $avoi)s par une foule d'exemples analogues que fournit l'itinéraire qu'il est très-habituel au voyageur d^ se contenter de noter ]a direction initiale, sans lOflir compte des changements ultérieurs. La route actuelle , venant de Radjamahal , coupç la rivière de Kossïmbazar ^qui était autrefois, sous le nom de Bhâghîrathi^ le bras principal du delta du Gange) immédiatement au-dessous de la bifurcation du fleuve formant la tête du delta ; et comme il en a probablement été ainsi de toute «antiquité , ce que dit Hiouex^-th^ang qu'il passa le Gange pour arriver à VarddMnt^ s'explique naturellement : seulement il aurait dû ajouter qu'il le passa de nouveau plus bas (peut-être à Katva) pour revenir à l'ouest. Mais il ne faut pas demander à l'itinéraire des détails plus circonstanciés qu'il n'en donne habituellement. La distance marquée de Kadjoûnghira à Poundra Varddhana est d'ailleurs suiBsamment exacte. De Kad^ jéry àBardv^n on mesure 50 de nos lieues communes qui réppndent à ô50 li environ , et Hiouen-thaang en compte 6ÛÛ.

Ce qui suit dans Titinéraire est d'une identification beaucoup moins certaine, ou du moi?is pl^s vague ; il y a même désaccord «litre la relation ppr-

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sonaelle de Hiouen-tfasang (le Si-yu-ki) et son historien. Le voyageur dit que de Poundra-Varddhana il fît 900 li à TE. jusqu'au royaume de Kia-mo-leoixpo, ou Eâmaroûpa (1) , d'où il revint au sud vers le royaume de Samotata (San-mo-ta-to), à 12 ou 1300li du précédent, puis à l'ouest jusqu'à Tâmraïipti (Tanmo-li-ti) , 900 li ; que de là , tournant au N,-0. , il fît 700 li jusqu'au pays de Kama-Souvama (Kie-lo-nasou-fa-la-na), etenfin que revenant au S. -O. il arriva, après une marche de 700 li , au royaume d'Ou-tcha (qui est le pays d'Outkala des livres sanscrits, etl'Orissa septentrional de la géographie actuelle). Tel est le récit du voyageur. Son historien lui fait suivre un itinéraire notablement différent (2). Il le conduit de Poundra-Varddhana au pays de Karna^Stmvarna, 900 li au S.-E. ; de là, dans la même direction , mais sans marquer la distance , au pays de Samotata; de cette dernière contrée à Tâmraïipti^ comme dans le Si-yu-ki, 900 li à l'ouest; puis de Tâmraïipti au pays d'Ow-tcfta, 700 li au S.-O. Entre cette rédaction et celle du Si-yii-fci il n'y a pas à hésiter un instant, non- seulement parce qu'une relation originale est toujours préférable à un récit <le seconde main, mais aussi parce que la version du Si-yu-ki est plus complète et mieux liée que celle de Hoeï-li. Ici donc nou^ laisserons celle-ci de côté dans notre tra\ail d'identification, pour ne

(1) Si-yU'kiy analyse manuscrite communiquée par M. Stanislas Julien; et Appendice de HoeMi , p. hhi.

' (2) HoeMi, p. 180«t sulT.

nous attacher «jii'à la relation personnelle du >?oyageur.

La situation du pays de Kâmaroûpa est bien connue ; dans son application la plus ordinaire, et certainement dans celle qu'en fait notre relation , c'est la partie occidentale de l'Assam , au nord et à l'ouest du grand coude du Brahmapoutra. La direction générale , par rapport à Bardvân ou Varddhana , est le N. -E. ; et les 900 li indiqués nous conduisent seulement à la limite méridionale de la province actuelle de Ranggapoura , c'est-à-dire à l'entrée du Kâmaroûpa. 11 ne paraît pas, diaprés cela, que Hiouen-thsang s'y soit beaucoup avancé ; ce qui n'a pas lieu d'étonner, puisqu' au rapport même du voyageur la loi de Bouddha n'avait pas pénétré dans le Kâmaroûpa, et qu'il n'y existait pas un seul vihâra (1).

Pour déterminer l'emplacement au moins approximatif du royaume de Samotata , nous avons une double indication : il était au sud du Kâmaroûpa occidental , à la distance de 12 à 1300 li , et à l'est de Tâmalitti ( dont le site est bien connu , comme on le verra tout à l'heure), à la distance de 900 li. Le point d'intersection de ces deux bases nous place vers l'embouchure commune du Brahmapoutra et de la branche orientale du Gange. Il est dit en effet que le pays était voisin de la mer, et que le sol en était bas et humide (2). Ce royaume comprenait

(1) Appendice de Hoel li« p. 300, Notice sur le Kia-mo-leou-po. (3) HoeMI , p. 181 ; extrait du Si-yU'^ù iàid, , p. HHZ.

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142 NOUVELLES ANNAliES

peut-être la province actuelle de Dakka, entrtî W Gange oriental et le Brahmapoutra, et certainement une grande partie au moins du delta du Gange , ce qu'on nomme les Sanderbands. En dehors de la re^ lation de ïliouen - thsang , nous avons rencontré le nom de Samotata dans les listes géographiques du Varâha Sahhita , ouvrage que l'on sait être antérieur d'un siècle et demi au voyage de notre docteur bouddhiste, et où le Samotata est placé après le nom de Mithila et avant celui d'Oundra (Poundra , ou Oudral), Le nom de ce pays se trouve également placé parmi les contrées de l'Inde orientale dans Tinscription n*» 2 du Pilier d'AUahabad(l). Les Tables de Ptolémée (Vil, c. 2, §§ 8 et 10, etc. 3, 2) ont dans cette région orientale une chaîne de nipnts Sêmanthini , et en outre un peuple du même nom Çibid, , c. 3, § 4) ; mais il n'y faudrait chercher aucun rapport avec notre Samotata^ La dénon;iination grecque se rattache indubitablement au sanscrit Samantay qui exprime une limite, un point extrême, et elle nous porte aux derniers confins orientaux de l'Inde , vers le haut Assam ; les monts Sêmanthini du géographe alexandrin ne doivent pas différer de ceux que la géographie sanscrite connaît sous l'appellation générique à'Oudaya Parvata, les montagnes deTOrient. Si l'on voulait chercher une signification étymologique au nom de Samotata ( ou Samatala , comme écrit le Varâha Sanhita) , ce se-r

(1) Journal of At. Soc. of Beng. , vol. VI, p. 976, ligne. 19 de rinsoripttoD ; et Lassen , Ind. Alêerth, , il , p. 952.

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Ta\t ^)ut9t celle ^\nm rfunÎQn i^ tv\h^^ i^^Wf^) groupées sous ui^e dér|pmii)atipn çonimuae,

L^ ville 4e Tcl,mqlim (^i) ^ où Hiouen-tts^Hg arrive ^près avoir cjuitté le roy^mme de Samot^^ta , çpt un 4e ces points à'ixne identification évidepte qi^i

Sermeftent tout d'abprd 4^ déterfl^inef au WPiws l^^ irectiopi ^(snérale et les grfinds cpntours dp Vitiné'^ r^ire, et ^fii aidant ^ retroiayer les pointç inieiçx^^^ diaires. Il est déjà question du Pfiys de T4}^^<l%(^ dans les légendes épiques ^ et la capital^ , ip^ptipar née fréquemment dans Ips livres bouddhique^ sp^^ la fornie pâUe de TâmalUti (qui a fourni égalemeftt; 1^ transcription chinoise Ta»-wp-h-<i) est fçsté^ jusqu'*au xin® siècle au pioins le principal entrepôt commerci^} et un des ports les plus importants de ripde orientale. L|' ancien nom, altéré pay Vusage vulgaire depuis l'arrivée des musulm«ap^ dws le Bengale, se proponce ^aujourd'hui Tqn^lçuH; 1^ place es^ sur upe large ny^ère qui se réunit bipî^tpt ^pr^s au vaste estuaire de la Hpugli (le bras le plus occidental 4u Gange) , ^ quelques lieues de la mer. C'est à J'âmalitti que Fa-hian s'étçtit embarqué pour sop retour en Chine ; l'intention de Hiouen-tbsang av^it été aussi d'y prendre passade sur un navire pour se rçndre au royaume de Siflhqla (Çeylan) , où il avait appris que la loi de Bouddha était en grçind honneur. Un religieux de Tlnde lui persuada d'y ailler plutôt par terre. «Vous éviterez ainsi, lui avait-il dit, les dangers d'une Ippgue navigation ^ et vous pourrez (1) Forme p^ie du sao^^rit Tâmrali0a.

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144 NOUVELLES AMMàLES

Ti^iter en chemin les monuments sacrés de YOdra (TOrissa) et des autres royaumes du sud. »

Mais avant de porter ses pas dans cette direction , Hiouen-thsang fait une longue pointe au N.-O. de Tâmalitti , jusqu'à un royaume dont le nom , dans l'orthographe chinoise , prend la forme de Kie-lono-sott-/a-to-na. Cette transcription cache les deux mots sanscrits Karna-Souvarna , et la distance de 700 li , dans la direction indiquée , nous porte sur la partie supérieure d'une rivière connue dans l'ancienne géographie sanscrite sous le nom de Souvarna-rêka (la Sahanrika des cartes anglaises) , vers les confins d'un territoire dont le nom actuel de Singboûm a conservé sans trop d'altération le sanscrit Sa^ha-bhoûmi (la Terre des Lions). Or, comme nous savons d'ailleurs que les Karna sont un des peuples aborigènes de Tlnde orientale, qu'ils ont dominé longtemps sur la partie sud-ouest de notre Bengale actuel , à l'orient du Magadha , et que des tribus de ce nom se trouvent encore dans les cantons montueux qui s'étendent depuis le Béhar méridional jusqu'à la Godâvarî, nous nous expliquons sans peine l'existence d'un royaume de Karna arrosé par la Souvarna, Si , comme il y a de fortes raisons de le croire , le territoire de Sinhabhoùmi , qui était sûrement compris dans le royaume de Karna-Sou- Varna , est le même pays que la contrée de Lata ou Lala , qui avait e\i jadis pour capitale une ville nomjiée Sinhapoura , et qui est célèbre dans les chroniques bouddhistes deCeylan comme la terre natale

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de Vidjaya , premier colonisateur hindou de l'île de Lanka (1), on comprendra mieux cette longue excursion de notre voyageur au fond d'un pays à demi sauvage situé en dehors des routes battues.

De Karna-Souvarna Hiouen-thsang fait 700 li au sud-ouest (2) pour arriver au royaume de Out-cha (dans la transcription chinoise). Ce royaume est un

(1) M. Lassen , Tillustre auteur des Antiquités hindoues , reporte, nous le savons, cette terre de Lala, patrie originaire de VldJaya , à Tauire extrémité de l'Inde centrale , et l'ideuiifie avec le Lada ou Lar du Sourâchtra (le Goudjérât), connu des Grecs sous le nom de Larikè {Indische Alterthumsk. , t, U, p. 97 et 101); mais cette concordance nous paraît absolument incompatible avec les différents textes des chroniques cinghalaises où il esc question de la patrie originaire de Vidjaya. D'abord, il serait assez malaisé de comprendre comment une nombreuse colonie qui serait partie de la Lariicé du Goudjérât , sur la mer occidentale , aurait traversé sans nécessité la largeur tout entière de l'Inde , c'est-à-dire quelque chose comme 6 à 700 lieues de chemin à travers les contrées sauvages du Gondvana, pour venir chercher un port d'embarquement (Tâmalitti) sur la côte orientale ; en second lieu, plusieurs passages des livres pâlis montrent clairement que cette terre de Lala où Vidjaya était né, confinait au pays de Vanga^ c'est-à-dire au Bengale (Radja Ratnacari, dans la coUection d'Upham, vol. II, p. 27; Turnour, Examination of the pâli buddh. Annals, dans le Journal of As. Soc. of Beng,, vol. VII, 1838, p. 932, etc. ); enfin, pour nous en tenir à un texte décisif, il résulte expressément d'un passage du Mahavanso que la terre de Lala était entre le pays de Vanga et le Magadha ( Mahav, c. 6, p. &3, Turnour). Nous u'affirmons pas d'une manière absolue que le canton de Singboûm ou Sinha bhoûmi, soit le Lala de Vidjaya, qui avait Sinhapoura pour capitale; mais il est certain du moins qu'il répond à toutes les conditions exigées par les textes, et que la pointe qu'y fait Hiouen-thsang sans raison apparente est une présomption déplus. (2) La direction générale pour revenir de Karna-Souvarna vers la mer est au sud-est, non au sud-ouest. La distance de 700 li n'est pas marquée dans HoeMi (p. 18&).

JYovembre^ Décembre iS^- Tome ly. 10

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grand pays , car l'auteur liii donne 7000 li de toiir (de 6Ô0 à 65Ô Ileiies). Les Trontièrès siid-ést toucUaient à la mer, et la était une grande ville nommée Tche-li-ta-lo-tching , ou la Ville du Départ (Tchariirapôura). C'était un port très-frécjuènté par . lés marchands et les voyageurs. Vers la frontière sud-ouest on voyait plusieurs stoupas élevés sur des montagnes , et où éclataient de fréquents prodiges. Là distance marquée par le voyageur nous amène à la côte du pays à^Odra ou des Ouriya de la géographie sanscrite (l'Orissa) ; le nom indigène , qtiî est Outkala{l)f répond bien à VOu-tcha de la relation chinoise. Mais la ville littorale de Tcharitror poura est d'ailleurs inconnue. Cette place pourrait bien être la même que la Tchàlta meiitionnée dans les chroniques de l'Orissa comme une des anciennes villes royales du pays ; mais ce rabprochement ne nous apporte aucun secours , le site de l'ancienne Tchàlta étant lui-même ignoré (2). Que Tcharitrapoura fût située au nord de la Mahanadî , c'est ce qui résulte non-àeulement de la distance indiquée depuis la station précédente , mais aussi des distances marquées par le voyageur pour les deux stations qui suivent. Le nom de Tchàrîtra se conservèraît-îl dans celuide Tchaouda , ou Tchaourapakri, à une dizaine de lieues au sud de Balasore? C'est ce que nous ne salirions dire. Si cette concordance se trouve avoir

(1) Stirling, on Orissa, Àsia^. Researches^ XV, 1825, 163.

(2) SUrUog , Hislory of the Bajas of Orissa, Journal of As. Soc. of B9ng. , vol. VI^ p. 760.

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bks YtoUcti^. l47

d'àttli^féiidèniënt qtl'unè àbé^ fàiblé analbde dàiis lès ilomé , lé èol doit gàrdéf cjUclqué trace de Tààcienne cité maintenait détruite.

La phrase qui suit , daiis Ho'eï-li , la tîrlention de TciiàHtràpoùra , ^réàente iin èiehs doutfeùx ; la voici : k A 2000 li aU sud de Seng-kia-lo (^Sinhald), toutes les nuits, quand le ciel est pur et sans nuages, le di^liiàiit pi-Meû* placé ati haut du stoûj^a de la deiit du Bouddha projette une lumière écïataiite qu'on aperçoit au lôiïi , et par sa fortoe tàdièuàe il ressemble à une planète suspendue au i^ilieû des airs. » Oh J>ôurralt croire que te stoûpà où était déposée la dent du Bouddha et que surmontait tetle pierre iàierveilleusfe , ^'e trouvait â Tcharitra mémSe , ce qui aurait été contraire âui notions que les annâleè cinghalaises nous fournissent à ce sujet ; le St-yw-ftiléve toùié équivoque. On y lit qu'à 20,000 K (iïc) au sud du pays d'Ou-tcha se trouvait le royaume de Sifihàla (Ceyïan), et que pendant une nuit sereine on aperétevàit de Tcharitrapoura k lueur éclàtaiite qu'y projetait au loin , pareil à un flambeau suspendu daàs les airs, un diamant précieux qui surmontait le stôûpà de la dent du Bouddha. L'imagination, aidée peut-être par quelque apparence physique, avait enfanté cette légende. Hiouen-thsang y revient encore plus tard, dans sa notice sur Sinhalà. On sait que là dent de Çâkyamouni est la i*elique la plus vénérée des bouddhistes du Sud, et qu'après être restée pendant plusieurs siècles déposée dans une ville du Kalinga qui en avait recule noni de Dania"

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poura , la Ville de la Dent , elle fut transportée à Geylan , où elle se trouve encore aujourd'hui , en Tannée 311 de l'ère chrétienne.

Nous reprenons Fitinéraire.

De Tcharitrapoura , Hiouen-thsang fait environ 1200 li en suivant la direction sud-ouest à travers de vastes forêts , et il arrive au royaume de Kongyvrtho. Ce royaume était baigné par la mer; Hiouenthsang ne lui donne que 1000 li de tour (moins de 100 lieues ) , ce qui est une bien faible étendue pour la puissance qui est attribuée à ses princes. Les habitants n'avaient pas reçu la loi de Bouddha. Les frontières du royaume embrassaient plusieurs dizaines de petites villes, les unes adossées à des montagnes, « les autres situées près du confluent de deux mers. » Toutes étaient gardées par des soldats pleins de bravoure ; aussi le roi était-il devenu la terreur des princes voisins (1).

Partant deKong-yu-tho, le voyageur continue de suivre la direction du sud-ouest. Il entre dans de grandes plaines désertes, traverse de sombres forêts remplies d'arbres gigantesques , et après avoir fait ainsi de 14 à 1500 li il arrive au royaume de Kalinga (Kia-ling-kia), qui était un grand pays de 6,000 li de tour, mais presque dépeuplé (2) .

Nous avons réuni ces deux stations de l'itinéraire, parce que si la première ne présente qu'une corres-

(1) HoeMi, p. 184 , et Notice tirée du Si-yu-kt^ dans l'Appendice, p. 411.

(2] Hoeî-U, p. 195, et Appendice, p. 399.

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pondance incertaine, la seconde nous met sur un terrain bien connu. L'antique dénomination de Kaling a y dams son acception la plus générale, embrassait toute la région littorale qui s'étend depuis la Krichnà inférieure , ou même depuis les lagunes de Palikat où elle confinait auDravira, jusque vers la M abanadt où elle rencontrait la limite méridionale de l'Oryâ ( Orissa) ; dans ses fluctuations politiques , cette limite s'est étendue ou resserrée selon les époques. Au temps du voyage de Hiouen-thsang, nous voyons qu'un état indépendant , dont le nom est écrit Kongyiir-tho , existait entre VOutkàla et le Kàlinga. Les distances marquées par le voyageur de Tcharitrapoura à Kong-yu-tho, et de ce dernier lieu au royaume de Kalinga, nous sont de peu d'utilité. Prises dans toute leur extension comme une ligne de route directe qui aurait longé la côte , elles nous conduiraient au sud de la Godâvarî , ce qui est impossible, parce que nous verrons bientôt que Hiouen- •tbsang visita plus tard un royaume dont la capitale était située sur la Godâvarî même, à quelque distance de la mer ; d'où il suit qu'à cette époque la frontière méridionale du Kalinga propre devait s'arrêter à une certaine distance en avant du fleuve. Rien non plus ne nous indique jusqu'à quel point du Kalinga s'avança le voyageur, et nous ignorons même quelle était alors la capitale du royaume ; dans cette pénurie de renseignements positifs , il serait pour le moins inutile de hasarder des conjectures sans base. Quant au nom de Kang-yt^tho , là, tran-

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scription régulière du groupe chinois donne Kon^ ghy^ôdha; maïs ce nom , cômplétçipent inconnu ^ ailleurs, est peut-être altéré. Dans l'état actuel deç connaissances acquises sur la géographie et les antiquités de cette région , nous rie voyons aucune correspondance tant soit peu probable. Tout ce que Ton peut présumer, tant par la réduction approximative aela distance indiquée , que par la mention assez bizarre du confluent de deux mers, c'est que le royaume de Konghyôdha devait être voisin du vaste lac de Tchilka , qui est comme une mer intérieure qu'une passe fait communiquer avec la mer du Bengale. ' Peut-être la route de notre pieux pèlerin le conduisit-elle jusqu'à la ville de Kalingapouray que Ton présume avoir été la métropole , ou plutôt une des métropoles duKalinga, et qui ne subsiste plus ai^jourd'hui que dans un viljage de la côte qui a gardé le nom de Kalingapattam ; <^ans tous les cas, par un de ces brusques revirements de route qui sont fréquents dans Hiouen-thsang et dont la relation ne nous fait jamais connaître je motif, le voyageur, partant d'un point situé sur la frontière nord du royaume, où un stoûpa était élevé au sommet d'une dé ces passes qui conduisent de la plaine inférieure au plateau et que l'on connaît dans f Inde sous le nom de ghâts , porta ses pas dans la direction du nor4buest, et arriva au "royaume JSTôpaîa (Kiao-sa-loj, après une marche de 18Ô0 li à travers des montagnes et des forêtsiri). Le nom dé Kôçala s^est appli- (1) Ho<9-li , p. 185, et ei^U^Udu Si-yu-ki , dQQS T Appendice , p. 3(9.

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qjié clan$ l'Ij^de axicienpe à deux contrées très-distinctes: le K-ocala du Nord et celui du Sud. Lp premier, entre le Gange et THimâlaya , est l'anti^

?ue domaine de la dynastie solaire issue d'Ikchvâou , dont la célèbre iVyôilhja était la capitale ; lé second, auniidi du mont Yindhyâ, depuis }a région des sources de la Narmadâ iusgu'à celle dps source^ delaTaptî, comprenait ce qu'on nomme auiotirâ. iiui le Gôndvâna et la province de Bérar. Vexistencé du Kôçalâ du su4 comme royaume est attestée pour les anciens temps par le Maliâbhârata et par les documents poura^iiques, et pour les siècles postérieurs par les inscriptions du I)ékhan ; nous avons à peine besoin d'ajouter que c'est vers celui-ci que nous conduit Hiouen-thsang. C'était un vaste pays , très-peuple et très-florissant au rapport du voyageur ; les habitants s'y partageaient entre le bouddhisme et la religion brahmanique, tliouen-thsanff jparie de la capitale comme d'une très-grande ville ; mais 'par une omission regrettable il néglige d'^ donner le nom. Nous ne saurions dire non plus précisément si la partie du Kôçala ou s'arrête le voyageur est à l'orient ou au couchant de la Vënva , cette rivière , dont lès eaux vont grossir celles de la Godâvarî, partageant le Kôçala du Sud en deux divisions, qui sûrement avaient chacune leur métropole distincte. Les distaiices notées dans l'itinéraire , tant du Kalinga à la capitale du Kôçala que de cetj;fi àernièré placé à lactation qui suit , pourraient sç concilier avec la situation dç iioûifii4ihwQùrd ( nommée

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aussi Vidarbhanagara), capitale de la division occidentale; mais ce n'est qu'une hypothèse sans preuves directes. On s'aperçoit que nous sommes ici dans une des régions de l'Inde dont les antiquités nous sont le moins connues. Le Si-yu-ki dit qu'à 300 li au sud du Kôçala on arrive au Paramalaghiri (Polo-mo-lo-ki-li) ; ce nom n'est autre chose que le sanscrit Parâmalaxia, les Grands Malaya, appellation générique du système de montagnes qui termine à l'ouest le grand Plateau du Dékhan et domine la côte qui en a tiré son nom moderne de Malabar.

En quittant le pays de Kôçala , Hiouen-thsang reprend la direction du midi , et après avoir fait 900 li au sud-est à travers de vastes forêts, il arrive au royaume d^Andhra ( An-ta-lo), dont la capitale s'appelle Ping^M-lo.

Le nom d!Andhra a joué un grand rôle dans ce qu'on peut nommer le moyen âge hindou. Dans les temps voisins de notre ère , les rois d' Andhra étendirent au loin par les armes leur puissance et leurs conquêtes , et une dynastie de cette race régna jusque dans le Magadha. Mais la patrie native du peuple andhra était le haut pays qui domine le Telingana ou Kalinga méridional , notamment la région comprise entre la Krichnâ et la Godâvari, C'était là le berceau et le siège principal de la race , c'était là qu'était située Varangal , la capitale de leurs princes. C'est là aussi que se place le royaume d'Anta-lo de notre voyageur, et le nom même de Varangal se devine aisément , malgré la mutilation que la

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transcription chinoise semble avoir éprouvée , dans le Ping-ki'lo de Hiouen-thsang.

Partant de Ping-ki-lo (Varangal), et prenant, dit la relation , la direction du sud à travers des forêts et des plaines désertes , Hiouen-thsang arriva au royaume de To-na-fcte-fse-fcfa , qu'on appelait aussi le Grand An-ta-lo,

Ce royaume avait 6000 li de tour, et la capitale environ 40 li. A l'est de la ville il y avait une montagne , et à l'ouest également , et sur chacune de ces montagnes on avait construit un couvent. A une petite distance de la ville , du côté du sud , on remarquait une troisième montagne, qui, de même que les deux autres, avait ses légendes (1).

Le premier des deux noms sous lequel le voyageur désigne ce royaume doit être , dans sa forme sanscrite , Dhanakatchêka ; le second est indubitablement Mahândhra, pour Mahâ Andhra. L'application de cette dernière dénomination ne nous paraît pas douteuse ; il ne peut s'agir que de la ville royale de Mahêndri , la RâdjamahêndH des chroniques tamoules, place ancienne située dans une position magnifique sur la rive droite de la Godâvarî , à une dizaine de lieues de la mer (2). Râdjamahêndrî a été pendant plusieurs siècles la capitale des rois tcha-

(1) Extrait manuscrit du Si-tfu^i.On peut comparer HoeMi , p. 188, et l'Appendice, p. 654- On trouve indiquée dans le Catalogue de ]a Collection Macicenzie (II, p. 36) une relation légendaire dumontBIiadra {BhadréUchalam) près de Râdjamahendrt.

(2) B. Heyne, TraeU HUtor, and tlatiitieal, p.'âsa sq. l^ond. 181ft,in.ft.

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loukyas du Telingana (1); nous y reconnaissons aussi la Mahêhdrî dont il est parlé comme d'un Tiéii notable de cette côte dans la légende de Vidjaya, le colonisateur de Ceylan. Cette ville est au S.-E. de Varangal, et non au sud ; mais outre que ces grandes directions générales se confondent souvent dans la relation , il est à croire que la route du voyageur se porta d'abord directement au sud vers la Krichnâ, avant de tourner à l'est pour se rapprocher de la côte. Les 1000 li indiqués s'appliquent assez bien à la distance réelle , en tenant compte, comme on le doit , des accidents du chemin. Quant à la dénomination inconnue de Dhanakatchêka, le nom des Tchaloukyas pourrait bien s'y cacher; et si l'histoire ie cette dynastie nous était mieux connue (2) , peutêtre y trouverions - nous l'explication complète du mot. Quant à la concordance géographique , elle ne saurait être douteuse.

Maintenant la route du voyageur va se porter droit au sud jusqu'au point extrême où son Itinéraire le conduit dans cette région de l'Inde.

De Mahêndri , Hiouen-lhsâng compté un millier de li jusqu'à un royaume dont le nom est transcrit en chinois Tchou-U-yé. C'était un pays plat, marécageux et d'un aspect désolé , où Ton ne voyait qu'une faible population ; des bandés de brigands tenaient Ja contrée livrée au pillage, comme u» piiys que la guerre aurait désolé. "

(1) Wilson JMaeh. CoU, , I , Introd. , p. cxvii et 9uiv,

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PES VOYAGES. î$$

Çontinuwl: (^'avancer 4e là toujours au ?ud , car des forêts et de§ plaines sauvages , le voyageur arrive au royaume 4ç Promena (T^-lq-pi-tcha), dont la capitale se nomme Kântchîpoura (Kièntchi-pou-lo). Depuis le royaume de Tchou-li-yé jusqu'à cette dernière ville , la relation compte de 14 ^ 16Q0 il.

Qu'emplacement de kântchîpoura est bien connu. Jia ville existe toujours , près de la rive gauche de la Palar, entre Arcot et la mer (aune quinzaine de lieues de Madras vers le S.-O. ), et son nom actuel de Kondjévéram n'est qu'une modification vulgairfB du nom ancien. La ville a été comptée de tout tempf au nombre des places les plus saintes du Dékhan , et son territoire , aujourd'hui comme autrefois , sa nomme le Dravira, De Râdjamahendri à Kon^jçvéram la distance mesurée est d'environ Î85 de nos lieues communes , qui équivalent à plus de 2000 li. Hiouen-thsang en compte 2450 ; la différence s'explique aisément par les détours de l'itinéraire dont la relation ne parle jamais. Il paraît Tuoins facile de rendre compte de la dénomination appliquée par Hiouen-thsang au royaume que s^ route traverse entre Mahêndri et Kântchîpoura. Le groupç chinois Tchou-li-yé donne en sanscrit Tchwriya^ ou Tchouliya. Or, ce nom ne peut se rapporter gu'^ celui de Tchola, qui est en effet un État puissant de cetjç région du Sud ; mais le pays de Tchola, dans ses limites naturelles , çpit politique? , f oit ethQQgr^pbiques, ett situé au sud, non au nord du Dràvi^à. Sùp-

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poser avec le savar qu'il y a ici une tr geur entre les nom est un accommode inadmissible ; tou Une remarque qi relatifs à ces royai son , dans son pr du colonel Mackei beaucoup plus na ques locales, et m de Tchola est sou application légitii princes dont les Tchola propreme] son , que la renon les radjas de divc même titre ; on ti dans les Circars sions de terres ii qui elles émanaie sans titre réel selc suite de cette exti de ses limites prc de la côte orienta tion de Tchola-li nous le Coroman

(1) Lassén , Indischi

(2)H. H.Wilson^C

Uction , I , Introd. , p.

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par Hiouen-thsang d'un côté depuis Mahéndrt , de Tautre en remontant de Kântchîpoura , place son royaume de Tchouliya dans le Telingana , vers la ville d'Ongole, à peu près à mi-chemin entre la Kriclinâ inférieure et la Pennar. Ajoutons que la forme sanscrite Tchaoulâ , pour Tchôlay qu'on trouve dans le Bhâgayata Pourâna, est tout à fait identique au Tchaouliya de notre voyageur.

Hiouen-thsang ne dépassa pas au sud la ville de Kântchîpoura. Des religieuxbouddhistes de Siflhala (Ceylan) , qui venaient comme lui d'arriver dans cette ville , lui apprirent qu'à la suite de la mort du roi l'île était agitée par de grands troubles, auxquels étaient venues s'ajouter les horreurs de la famine. Ce rapport fit renoncer le voyageur à son projet de visiter ^inhala. Dans ses entretiens avec les religieux insulaires il recueillit diverses légendes sur les anciens temps de leur histoire , et il les a consignées dans sa relation. Nous retrouvons là, notamment, l'histoire tout entière de Vidjaya, le premier colonisateur de l'île, dont les aventures tiennent une si grande place au début des chroniques cinghalaises ; mais nous la retrouvons embellie de circonstances passablement romanesques , qui lui donnent , plus encore que dans le Mahavanso, le cachet d'une légende populaire. Les mers du Midi, comme toutes les régions extrêmes, sont le théâtre d'une géographie fantastique , où des notions vraies , mais vagues et confuses , se mêlent aux enfantements bizarres de l'imagination; Hiouen-thsang recueille

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iSè NOUVELLES ÀltlitiLES

4ùelqtLës-ùnd àt ces contes qui rappéllélit ceux ({lié léà prelniers ùavigateurs arabes ont aussi rapj)ôrtë 8e ces mCrs , et que nous retrouvons dans lès Milh a ûka Nuits, Dans le doihaihe delà géographie réelle, Hiôiieri-tlisang enregistre quelques vagues notionè sur l'eitrëinitë australe de la Péninsule. ïl entendit parler d'un royaume nommé Malakoûta (Mo-lo-kiutcha) situé à 3000 li des frontières du Drâvida : de ne peut être qiife le pays de MàJâyù entre les riiôntagnes et la mer occidentale. Le nom de Tchl-fno-to qyJon lui dit s'appliquer à la même contrée pourrait bien n'être autre chose que lé Koumàrî , promontoire célèbre qui termine au sud la péninsule hihdoiieet où commence le territoire de Malâya (le iSalàtàr de Ta nomeiiclaturé musulmane). Dans là laiigue des niarins de l'Europe, Koumârî estdèTeiiu ce cap Comorin. Le nom du pays de KomàY, à l'extrémité australe de la Péninsule, se rencontre auàsi dans les auteurs musulmans des premiers siècles du iLhalifat(l).

Erk (Quittant Kântchîpourt et le Drâvida , Hiouenthsang se dirige au nord-ouest vers l'intérieur de la Péninsule ; puis, à l'approche de la barrière de montagnes et d'escarpements qui se dresse entre le plateau dû Dékhan et la côte occidentale , il tourne au hôrd, traverse une vaste étendue de pays couverte en partie de forêts , et atteint la Narmadâ inférieure là où elle débouche dans le golfe profond auquel la

^1} Blaçoudi , cité par M. Reinaud dans son Mémoire sur VIn4e antir'Uurwnent au ii* siècle de note ire, p. Si23.

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i)ES VOYAGES. 159

ville de CamËaye ^ depuis donné son nom. Moins les contrées que travetse cette portion de r itinéraire sont connues , plus on voudrait trouver dans la relation des détails dont le voyageur est malheureusement trop avare, il ne nomme que trois stations dans ■cette route de cinqcents liques, leÈonkana, le Mahârâchtra, et le pays de Vârouîcatchêva , son point d'arrivée. î)uDravidaau Konkahà (Kong-kien-naçou-lo, feonkanapoura); il compte 2000 li au N.-Ô. ; de Konkanapoura au Mahâràchtra , environ 2450 li également a^u N.-O. (là vraie direction générale est au nord); du Matarâchtra au pays de Vârovkatcjiéva^ après avoir traversé la iffarmadâf 1006 li au N,-Ë. (la vraie direction est N.-O.). Vâroukatchêva , ou, dans une forme plus pîure, Vârikatcha, est la ville de Èarotch et son territoire , sur la irive droite de la Narmadâ inférieure; le nom de Barygaza sous léquel les anciens ont connu cette place d'après le rapport des marchands alexandrins , reproduit fidèlement la dénomination sanscrite. Les trois dis tances mar<Juées par la relation , de Kântchî à Vârikatcha, forment une somme totale de 6 45iDli, qui répondent *en nombre rond à 500 de nos lieues communes. Dr, cet intervalle mesuré au compas sur la carte donne à vol d'oiseau une distance de 360 lieiies ; et ce n'est ceritaineinent pas trop , pour avoir la distance réelle sur lig terrain , où i] faut tenir compte des détours de la route et des mille accidents du sol dans une contrée de forêts et de montâmes, ce n'est pas trop, disons-nous, d'augni^enter de moitié le cniflre donné

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160 NOCVBLLES AMHALBS

parle compas, ce qui porte nos 350 lieues à 500 lieues environ comme l'indique le voyageur. Nous pouvons donc regarder le chiffre de 5450 li comme suffisamment exact , et déterminer ainsi avec quelque confiance remplacement des stations intermédiaires d'après les chiffres partiels.

Le premier , de 2000 li au N.-O. en partant de Kântchipoura, nous conduit dans le bassin supérieur de la Toungahhadrâ. Une ville de cette région, Banavusi (ou, selon la forme sanscrite pure, Vânavâsa) , tient une place éminente dans l'histoire des anciens rois kadamha du Konkana, dont elle fut longtemps la capitale ; nous pouvons donc supposer très-naturellement que la dénomination de Konkanapoura s'applique à cette ville.

Il est moins facile de déterminer quelle est la place que Hiouen-thsang désigne comme la capitale du Mahârâchtra. La direction N.-O. indiquée à partir de Konkanapoura nous ferait longer la côte à l'ouest des Ghâts et viendrait aboutir à Kalyânî, non loin du port actuel de Bombay. Kalyânî est une place ancienne , métropole d'une zone littorale qui touche à la frontière nord du Konkana et qui a été en effet, à diverses époques, soumise à la belliqueuse nation des Mahrattes; mais il nous paraît difficile d'admettre que le voyageur aurait longé la côte pendant cent cinquante lieues au moins sans parler de la mer. Il paraît donc plus naturel de reporter sa route au-dessus des Ghâts , et alors les 2450 li nous amèneront au bassin supérieur de la Godâvari , où il

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cxigte deux villes, PràtichtâM^ et Dif)aghirî^ auxquelles le rang de capitale du Mahàràchtra peut également convenir. Toutes les deux sont fort anciennes , et elles ont l'une et l'autre une vieille illustration historique. La première est citée, au premier siècle de notre ère , comme la résidence royale de Çàlivâhana, qui fonda un grand empire sur les ruines de celui de Vikramâditya , et dont le règne a été le point de départ de l'ère la plus répandue dans le sud de l'Inde ; et on y reconnaît aussi la Paithana mentionnée dans le même temps par les documents alexandrins, comme un grand centre commercial de l'Inde intérieure. C'est la Païthan de nos cartes actuelles. La seconde , qui a pris depuis l'arrivée des musulmans le nom de Daoulatabâd , est une place extrêmement remarquable par la force de son site , et les traditions historiques la signalent également comme une des anciennes résidences des râdjas du Sud. Les deux villes n'étant d'ailleurs éloignées l'une de l'autre que d'une douzaine de lieues, peuvent également s'accorder avec les indications de distances données par notre relation. Le tableau que fait Hiouen-thsang (p. 415, à l'Appendice, extrait du Si-yu-ki) des mœurs belligérantes et du caractère indomptable des habitants du Mahàràchtra , répond bien à tout ce que nous savons des Mahrattes et du rôle turbulent qu'il sont joué dans l'histoire. L'origine historique du Grand Royaume ( c'est la signification littérale du sanscrit Jlfaftàrdcftfra, dont les dialectes vulgaires font Mahratta), est inconnue ; mais JYavembre'Déeembre 1859. Tomb iv. il

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déjà i?>wtiom^ , »u çiiliau dv* ui* »iè|i9 ^ym% HQtef èr« (Î46), parmi 1^ pays où 4€)s w^^ia^Oiaires ]^4* dbifi^ i^épaadirent la Loi AQuveUç.

4'uu« 4Mp4u« P9^d^rat4ç : 4e j)40Q à f $0P U 4# toftf , 4it le yoy^geur (4^ 2^p k iM iiweç), D mfi» par^t afc^z pco^aUe quç çç t^fit^ite l'otmdait prio^ipaLeQieiit au iiu4i 4^ la bas^ N^ip^à. &ar k ^one littorale , et qu'il allait au 8^4 conflua au Ko^r ka^aa. Il répondrait ainsi à la partie prijuf^ppl^ ^ pays de Lâr (la f,ari}i4 àes auteurs gr^s).

Ici con^iueuce, «ou^s le rapport de la géogr?pl>i«j uw partie toute nouyelle 4e la xc^aiioja.- Hiou^thaaug va sillonjaer en diff^euts s^q^ toutç la j^g^ occidentale de J'Inde moyenne, depuis l^ Mâla^ jusqu'au bas Indus, et depuis 1^ Sourâchtra jjuisqu'au coeur du Pendjab. Laplupcajrt des pays oùo^it^ longue suite de couraçs ^a ie cQpi4nir,e ae sont connus, même aujourd'hui, que à'jx^e manièrp trèsr imparfaite ; les relations gjx soxvt Ixeaucoup n^pip.^ nombreuses que pour les autres régions de l'I^^^^ et les cartes surtout sont fori insuffisanteis. La i;e;latipjçi 4e Hiouen-tlisfi^ïig participe à cette infériorité générale. Par up€ fatalité 4ont on ne voit pas bien ta cause , il règne ici dws les indications de l'it^érapre un désaiî4i'e touApartici^ier. Beaucoup 4e distances sont singulièrement exagérées , les 4ir€tctions sont faussées ou interver,|ies, et même surplusiçui*s points il y a 4ésacçord entçe la relation originale e,t

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PkialôriéBdu voyageur. Nous allons essayer, autant ^ue le permettront nos moyeas de restitution fort imparifaits, de ramener dans ce chaos un peu d^ordre et de clarté.

fjte premier royaume où arrive Hiouen^tkdang en quittant Vâroukatchéva est celui de Mâlava ( Mo-? la-p§). loi l'identification n^e^t pas douteuse; le pays garde oBqore aujourd'hui sur nos eartes le npm qu41 a port4 de toute antiijuité. Seulemei^tl^ relation lo met i âOOÔ li dans le N.^O. de Vâroukatchéva, ce qui nèus jetterait bien loin de sa situation réelle , qui est au N^«-E. Quel que soit le point où les $|Û00 li doivent aboutir , le chiffre est eertainem^dt beau<^ coup trop fort. Hiouen«thsang dit que la capitale était ver^ le sud^est de la Mahî (Mo*-ho) $ cette indication doit se rapporter à la ville de Dhâra, qui a été en efiçt pendant bien des; siècles, antérieurement k rinvQsion musulmane, la résidence des rois Pra»* mara de c^t^e partie du RadjaathÂn. Mais Dhâra n'eat qu'à 7& lieues au plus de Barotch dans la di» riaetiaa de TE.nN.t-E. , et 73 lieuea ne représentent ^ qu'un chiffre de 8 à 900 li. A 20 li au i^ord-rouest de la capitale Hiouen^thsang mentionne un autre lieu qu'il nomme la ville des Brahmanes. Ce serait aa sanscrit Brâhmanapoura ; mais peut-être cette ^çsigp^tign n'est-^^elle paç up popi propre.

La relation ajoute ; « D(& là ( de la viUe des Bràh< mânes), se dirigeant au siid-ouest , Hiouen-thsang arrivât au confluent de deux mers (littéralement, à un point où deux mers se joignent); puis, se diri«

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géant au nord -ouest , il fit de 2400 à 2500 li, et arriva au royaume d'A-to-li. A 300 li plus loin dans le nord-ouest, il arriva au royaume de JKticAa(l). »

Nous avons eu déjà une fois occasion , dans la région maritime de l'Inde orientale, de remarquer cette expression singulière de Hiouen - thsang , le confluent de deux mers. Ici elle nous paraît ne pouvoir s'appliquer qu'au fond du golfe de Katch, d'où l'on peut naviguer d'un côté vers l'Océan, et de l'autre vers l'intérieur de cette espèce de lac salin que la géographie sanscrite connaît sous le nom d'Irina^ qui est devenu l'/ftnon des Périples grecs, et le Rann de nos cartes modernes. Peut-être faut-il reconnaître dans le groupe chinois A-to-lt (Hoeï-li écrit O-tcha-li) le Thaï des tribus indigènes de l'ouest, nom sous lequel elles désignent la région en partie déserte , en partie semée d'oasis, qui est comprise entre les monts Arâvalî et le bas Indus (2). Dans ce cas, le thaï ici mentionné ne serait pas le grand Désert qui s'étend au nord du Rann, mais seulement la partie qui est à l'orient des Lagunes , là où se trouve la ville d'Anhalvâra, ou Anahalla, qui a joué un assez grand rôle dans l'histoire des invasions musulmanes. Les 2400 li doivent se compter de la

(1) Extraits manuscrits du Si-yu-kiy et Notices données à la suite de Hoeï-li, p. 419. Ici Hoeï li lui-même ( p. 205 ) a fait une suppression qui altère complètement la valeur géographique de ce passage.

(2) Le Thaï des tribus radj pontes est évidemment une abréviation usuelle de Marou-Hhâla qui est le nom sanscrit du Désert. On prononce aussi Thar.

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capitale du Mâlava. L'intervalle en ligne directe n'est guère que de 1500 li ; mais un détour aura pu l'augmenter. Le pays de Ki-tcha où le voyageur arrive après une nouvelle traite de 300 li est indubitablement la presqu'île de Katcha (vulgairement Kaich)^ entre le Rann et le golfe qui la sépare du Goudjarât.

«Delà, poursuit la relation, il fit 1000 li au nord et arriva au royaume de Fa-Ia-pt. » Ici encore nous avons un point de reconnaissance certain. Le royaume de Vaîlabhi^ nom qui répond sans doute possible au Fa-la-pi du document chinois , nous est très-bien connu , géographiquement et historiquement, n était situé dans la partie orientale de la grande péninsule que nos cartes désignent sous le nom de Goudjérât. Hiouen-thsang(l) dit que le royaume de Fa-la-pi portait aussi le nom de PèAolo , c'est-à-dire Lo-lo du Nord. Lo-lo est le Lala des sources sanscrites , où le nom est écrit aussi Lata et Lada^ avec l'articulation cérébrale de la* dernière syllabe qui en rapproche la prononciation de celle de Vr ; c'est le Lâr des chroniques radj pontes , et le Larikê des auteurs grecs. Cette distinction d'un Lara du Nord se rapporte à l'application continentale du nom qui descendait assez loin au sud entre la côte et les Ghâts , et que nous avons déjà

(1) Extraits manuscrits du Si-yu-kif communiqués par M. Stanislas Julien. — Nous avous vu précédemment que la région orientale de i*Inde moyenne avait aussi son pays de Lala, patrie du premier colonisateur hindou de Ceylan, le célèbre Vidjaya.

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166 NOUTSUiBS ATfffAlES

mentionné 'en parlant du rt)yaunlc de Vârôukatckêva; Les 1000 li comptés depuis le Katch peuvent être exacts; seuleineiît il faut renverser la direction, qiii i du Katch à Valldbhi, est sud (ou plutôt sudest) et noil pas nord. Ceci est une correction capitale, qui affecte et rectifia toute la suite de l'itinéraire.

Le Sou-la-tcha, où Hiouen-thsang arrive à 600 li de Vallabhi vers rouest(l), nous conduit à un territoire consacré dans les traditions hindoues , et que signalent à l'attention de l'antiquaire^ comme à celle du pieux pèlerin, les monuments et les inscriptions bouddhiques de Ghirnar (Ghirinagara). Ce canton occidental portait en effet le nom particulier de Sourâchtraf qui s'y est conservé jusqu'à nos jours sous la forme vulgaire de Sourât; il faut donc bien distinguer ce Sourâchtra intérieur de F application beaucoup plus étendue que le nom a reçue dans l'histoire et que représente la SupaarpT^vï) des Grecs d'Alexandrie, ainsi que ce canton actuel de Sourât de • la ville du même nom située en dehors de la Péninsule, près de l'embouchure de la Taptî. Les homonymies géographiques ont été souvent une source de grande confusion. Le royaume de Sourâchtra s'étendait jusqu'à la Mahîy enveloppant ainsi le royaume de Vqllabhi diî côté du nord. La capitale, au rapport de Hiouen-thsang , était voisine du mont OvMjayanta (Yeou-chèn-to). On voit dans le Lexique

(1) Hoeï-H ft>. 207) fait fautivemeot parUr jce» 500 li d' Anandapoura, doQtU va être qucttioo toàt i Theure. La distance serait beaucoup trop faible.

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WWmmhiSiSîii i{ii'Oif<fdjàyànt9 «tait uÀ Oèg nbiii& du mont Révata, et les légendes i'ëligtëtt^él il6tii ftoâtffefei cette faïôiitàgfiè dans l'iiitêrieUt c(é U f ^es- ^ftlietiu Gbuàjékt, àù Vôi^lMgé dëtovàrâkà^ fâ VîHfe ^e kfîelinà. La \û\é ici Aési^êé cô&inè k éàfiitalé ad SiSUrâétilrà Mï dôtic ëti»é ÎJafiaiiaffàrâ, là :flîft*tlAdj^ài^ âélUellé, 4ue F^Hciéil Ôùddjaîràntà ëô^ Vèl()|(tiè àix ùoti a*Uiië feèliîturè de pifê sôurcil-

tl paraît ^è de Vallàbhî Hioùeii-lhsahg et uHk fàihïk èdîf iflàfitafJôufa (O-ûàri-tb^^ti-lo), plàcfe ânèieûnè et renomnlëe feituèê en diebbtà dé là jirèé- '<JÛ'îlë, et ^ui à ^ris, ôôûs là dominisrtibri inùsulidàâé, ié liô2i i'Ah^'éâhaîiॠqu'elle porté aujourd'hui, ta dirèôUoû lésl mâriq[tièe faulivé'mènt dafaé lé tè^tè ; \k '^îUé Hi àù n6^d-i^él, âôti au Hbrâ-àmt d^ Vâllàthl.

n est pi^ôliàblé (][ùé éeîlë é^xtùt^iôti pméàk à^\k flûS'ôurâfeïitrk; àUtrèiùéiit, ttîôuén-tlisan^ëÛf sâîli d'Ôutë fôùfèîiivi dirëctémèht ^a rodlè v^f'S îé ûôM, m lièU dé fâffit de Vâflafchi éoilimë îe Si-yw-KÎ fe Mfl^e èxptéfeâgîïieht(l). Celte route àù fibrd è'él 8k Î80Ô II, et elle conduit le voyageur à iîn royaume dfe ÉUji'tcM'lo dbiît la capîtâlê se homme Pi-ià^'à- Ib (2). Le premier àe ces îièiix ilomis se râihêiife, par les lois àê traiiscrîplioîi de M. ^tânisias Julien , àïâ fôhhè èàliscHtè tréMjêrât, et ïé secbrià peut faire fWiifnM. Mâiélè éàvànt traàuétèur âiârtjiiè ce àer-

(1} JËkdaits maflOttfittft. ..... .. „

(2) Ho^-li, p^, a07« et Notices tfrées âa Sp-yu-ki , dans r Appendice du Yoiumé, p.Âoo.

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168 NOUVELLES ANlfÀLES

nier nom d*un signe de doute , et avec raison comme nous allons voir.

Et d'abord , (juant au Goudjérât dont il s'agit ici à plus de 160 lieues au nord de Vallabbi, il est bien clair qu'il ne le faut pas chercber dans la grande presqu'île à laquelle la géograpbie européenne applique aujourd'bui ce nom. Mais ce que nous savons de l'bistoire et de l'ethnograpbie du Nord-Ouest de l'Inde nous explique ce qui pourrait autrement nous paraître une anomalie ou une erreur. Les Goudjèrs sont une des grandes tribus indigènes de la région de l'Inde comprise entre l'Indus , l'Himalaya et la Yamounâ, et plusieurs dé leurs clans babitent encore différentes parties du baut Pendjab. Déplacé et refoulé par les événements successifs qui depuis la baute antiquité ont causé tant de fluctuations dans les populations pastorales de ces plaines, le gros des Goudjèrs s* est porté du nord au sud par un mouvement progressif, jusqu'à ce qu'ils soient venus se fixer dans l'ancien Souràcbtra où ils ont dominé à une époque qui n'est pas exactement connue (dans tous les cas postérieurement au vu* siècle), et auquel ils ont un moment donné leur nom que l'usage européen lui a conservé. Peut-être une recherche plus approfondie pourrait-elle nous conduire à des résultats plus précis; mais ce point est d'un intérêt trop particuherpour nous détourner des généralités de notre étude actuelle. Dans tous les cas, on ne sera plus surpris de trouver le nom de^ Croudjérs appliqué à un territoire du Marousthâla , entre le

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Rann et le Satledj . Quant à la situation précise de ce territoire, le nom de la capitale y a nous y conduire. Ce nom, ainsi que nous l'avons dit, est écrit dans notre auteur Pt-Io-mo-lo. M. Reinaud, dans son Mémoire sur l'Inde antérieurement à la conquête musulmane (1), a signalé la ressemblance du Pi-lo-mo-lo de notre relation avec le nom de Poft/malmentionnéparAlbyrouny comme celui d'une Ville importante située entre Moultan et Anhalvâra. La ressemblance ici va jusqu'à l'identité, et de plus la situation indiquée par l'écrivain arabe répond parfaitement à celle qui résulte de la relation de Hiouen-thsang. D'ailleurs la ville de Pablmal existe toujours : c'est la Balmair ou Bharmair du Marvar, à 30 lieues environ au sud de Djéselmîr. La mesure directe entre Vallabhi et Balmaïr donne au compas 90 de nos lieues {communes , qui représentent un millier de li; et il faut ajouter à ce cbiiFre, pour avoir la distance vraie , les inégalités du chemin et les détours de la route, qui n'est pas une ligne mathématique. Les 1800 li de l'itinéraire peuvent ainsi se justifier sans trop d'exagération.

Ici , par un de ces brusques retours qui ne sont pas rares dans la relation de Hiouen-thsang, l'itinéraire revient au sud-est vers l'intérieur du Mâlava , et s'avance jusqu'à l'antique cité à'Ouddjayinî (Ouche-yèn-na ; c'est notre Oudjéin actuelle ) , une des ville les plus renommées et les plus importantes de

(0 Page 337. Paris, 1840, lo-4*. M. Reinaud oe se fondait que sur indication donnée dans l'appendice du i'VM-fotia-Ai, p. 303.

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rindè ancienâé. HioUeâ-thsabg dilt tH(té)^st^ S6ttik route là chaîne des ttitmil AHimlh èi'û^lk tHASt itju'il ne laidsa ^as sans la vi^iteir là sainte âiôntigflè d'ArboMa (Ife mtot Abm^ hoS fcai^tês^J fèaW éè que nous connaissons de la relAllôtt hé dit f-îéik à tt sujel. L'itinéraire marque 2800 M, ftli *ttd-eftt^ Êé Balmai'r à Oudjeïn. La direction eét eiacie ; fet ^uWque la distance indiquée paraisse foi^të, tttttis htfe ^^»vons pas assurer qu'elle soit nôtabteMèHt ftltititf, dans l'ignorance où faous sooimes delàli^è qù'àiirè buiviè le voyageur.

Avant de quitter cette région An Màlàf ft , HîbûîB^ thsang y tisitfe \éncore dfeux rbyâiiàiéà : f^fcf-f^RWfe, à 1000 li au nord-est d'Oiiddjayiiiî , et MûM^jMfia-to-poti-to à 900 li au horddu ptétédefat(l). Atoviron 176 milleé anglais dans le nord-est d'Oudjëïfi nous trouvons sur la carte de Stt-^Jbhn MaltoM (f) un district de Kîtûhlf>àr auquel la bibu ràdj^cMtfe * Kitchi a donné soh nom ", l'analogie d%â dénonlifiiltions et l'accord suffisant de l'èmplaceéient gëb^rt- ^hique ( les 175 millèfe àn^lai* irè^ré^éntent èhtif^ 700 li ) semblent autoriser l'identifitâtioti , qUfe iibitt ne proposons cependant qu'avec résferre , dans l'absence de toute donnée historique. La f^oérittolï ^ Tchilôr que l'on à priiposée se justifîeriait petl^tf^ mieux que là précédente à certaine égnrds ,» qu^qde

t) HoeMi (p. 207) oublie de mentionoer U premièrjb de dès l . sUtioDs. il conduit le voyageur directement d'Ôuddjayini k Mo-hi-chi- €i«lo«pon«lb.

(2) JoinIftAioa AMMk>frVC0N»Uf M^

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Mft YOtàGBSt 171

rem|Aaceineti% ne i€p<ixide plus , Tfliitot Ha&l éa N.-O. d'Ottdjsïfi. Les distantes s'aicorderaient dssSs coâTetiablemedl. A l'époque de Hiouien - thsdn^ , c'est-à-dire au faiilieti dii vu* siècle, Tbhitor Était une dfed TîHes royales de la puissàfate dj^na^lic Ses Pramvcm\ et peut-être la capitale d'un Etat jiarticulier. Si Ton s'arrêtait à ée rapprocHemcnt j la scbonde station indiquée, celle de fla-fti-cftt-/ii-lo-pot4-lo , ^ûi donne le sanscrit Muhèçvûrapoura, ndus porterait dans la direction A'Àdjnmîra (Adjmlr). Les noms ne répondent pa& ; mais il ii'ést pas impossible que le chinois soit fautif ou altéré. Au surplus n'dôs n'iusistbiis paj sur ces deux chapitres dé Titihéraire, qui Beùreubemétit iie se rattachent que d'une misinière indirecte à TensemUé du voyage.

La relation originale fait revenir Hiouen-thsang dé Ma-hi-chi-fa-lo-J)Ou-lo ftu Goudjéràt (Hoèï-li dit au Sourâchtra) , et du Goudjéràt ellie le conduit éa nord jusqu'au ro^ume de Sindho^ (Sirf-tou); à tnivers des plaines sauvages et des déserts |>ierreut. La distance indiquée est de 1900 li; et la relation spécifie que l'on f^asèa le grand fleuve. La capitale , qui était une très-grande ville , s'àppdait Pi-tche*po-poti-lo, ce qui peut (donner Vitchêtaponra.

Là diàtance et la dîrectiôïi ifadiquéeè , combinées à-^fefc ce que dit j^lùà loin la relation , qùë dte t^itchë-po i la ville de Moullâû Hioueh-lhsâiû^ fit 900 il à l'eèt, cette double indication, disodS-iBftS, l^i Cadre d'ailleurs feùffisaiiniént àVec nb* barïfe itfttièlld;, quant àû^^lil^êctibiià^t ïlàffiitâncè ildWb

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de Balmaïr à Moultàn, nous oblige de chercher la Pi-tche-po-pou-lo de notre voyageur vers l'endroit où le Pantchanada se réunit au Sindh, apportant au grand fleuve les eaux confondues de toutes les rivières du Pendjab, Mais on interroge vainement les annales de cette région frontière et la géographie des diverses périodes de son histoire, pour y trouver un nom dont la forme présente quelque analogie avec Vitchêvapoura. La seule ville un peu notable qui existe dans la portion de la vallée où nous nous trouvons amenés est Miitan (ou plus communément Mittanrlcot), et Von ne connaît à cette place aucun antécédent historique , malgré son admirable situation qui commande toute la navigation du Sindh audessous du Pendjab. Nous ne chercherons pas à suppléer par des conjectures aux documents qui nous font défaut; il faut attendre que le hasard des découvertes historiques vienne jeter sur ce point obscur quelque lumière inattendue. Les rives du fleuve , depuis le Pantchanada en descendant vers, la mer, sont semées de ruines que le voyageur interroge en vain ; le jour n'est peut-être pas loin où des investigations plus heureuses rendront une voix à ces ruines, et feront revivre leur passé. Si la distance de Vitchêvapoura à Moultân ne nous enchaînait pas à la partie de la vallée qui avoisine Mittankot, nous aurions dû naturellement songer à la cité d^Alor, dont les irruptions musulmanes des premiers siècles du khalifat amenèrent là ruine, mais qui était encore , au temps du voyage de Hiouen-thsang, la ville

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BES T0TÀ6BS. 173

la plus riche et la plus célèbre de la vallée , et la. résidence des râdjas du Sindhou. A ce double titre elle semblerait donc désignée à représenter la cité dont notre voyageur parle comme de la capitale du royaume. Mais il n'y a guère que 1400 li de Balmaïr au site d'Alor, et d'Alor à Moultân il en faut compter 1600. Les 7000 li de tour que Hiouenthsang donne au royaume de Sindhou supposent que la vallée du fleuve tout entière, depuis la limite sud-ouest du Pendjab jusqu'à la mer, obéissait à ses rois. Les premiers historiens musulmans qui ont parlé de ce royaume en donnent la même idée(l). Le nom que cache le chinois Pi-tché^p(hpou-lo n'était peut-être qu'une épithète ou une qualification honorifique. Nous serons ramenés tout à l'heure sur ce point, et nous verrons que tout bien considéré les raisons les plus décisives se réunissent en faveur d'Alor.

n paraît qu'avant de s'éloigner de la basse vallée du Sindh pour entrer dans le Pendjab, Hiouenthsang vit quelques autres pays situés à l'ouest du delta du fleuve dans le voisinage de la mer; du moins le Sî-yw-fct, et Hoeï-li son abréviateur, parlent de ces contrées maritimes comme ayant été visitée? par le Maître de la Loi. Les pays dont il s'agit ici répondent à ce que l'on nomme aujourd'hui le Balouchis-

(1) On peut voir les Fragments arabes et persans inédits relatifs à VInde antérieurement auxi* si^U de Vère chrétienne, recueillis par M, Reioaud, de l'Académie des Inscriptions, Introd., p. xuz. Paris, 1845, in-8.

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174 NOUVILtlt ANVàLES

tàsïy dont la partie orientale a ^té originairemœt occupée par des tribus hindoues , e\, qui possédait même , à plus de 60 lieues du delta , un lieu de pèlerinage renommé.

Le premier pays que mentionne la relation chinoise dans cette direction est le royaume d'A-tiéf^ pch-tehi^lo. C'était un État de 5000 li de tour, situé à 15 ou 1600 li au sud-ouest du royaume de Sin« dhou. Du câté de Vorient il était voisin du SinéUi, e\ il s'étendait très-rloin dans Fpuest au voisinage de la mer. La capitale se nommait l[Mihlsé'>-qfti-T/li-(a ; sts maisons, d'une architecture élégante, renfeiwai^ni beaucoup de choses précieuses (1),

Cet ensemble d'indications &K€i clairem^t la po^ sition de ce royaume à l'ouest du delta du &iodh> sur les rivages de la mer d'Oman, et dans k gf onpç ohi« nois Khiêr-isè^ohiffa'lQ, dont la transcriptioa littérale donne Ka(chaîçvâra ( ou Katchéçvâra) , il n'est pa9 difficile de reconnaître la ville actuelle de KûfQlchii qui est encore aujourd'hui le port le plus iioportant de toute cette côte (2), Nous pe devinons p^a quelle dénomination se cache sous le nom chinois 4-^^ppo-to&i-to, que M. Stani&las Julien r^pd par 4#im^

(%) Si^H'ki, extraits manuscrits, et Appendice da Hqel-Ii,p. 359. — Hoef'li lui-même (p. 207) fait aller directement Hioaen-thsang da Sourâchtra par terre au royauita^ d*0-fién-j»o-lc*i-/«. Nqus préféroni les indications du Si-yu-ki,

(9) Û*e8t aussi le sentiment de M. Lassen {Zêitsehr fUr d%$ Kundt dêâ Mêorgenl. , IV, 1S42 , p. 107), qui explique, aT«e M. GUd«niçls|ef, Kêttkêfvâr4^ pav Maître 4» Rivage, eo rappelant ce iMun k anjen»ple de Çiya qui a dû exister dans cette localité.

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I2(||U#- Ui^ U m )$09 U 9^m9tM m fk U «apitale 4v $î^ii4bQU k I^lir^^bi copdui^eot précUéw^nl au %Hp 4'4ipr. To^^ nq» douter quaat à ridentificaiion 4ç 1a Pi-tcM^pQ^poU'lQ ^e notre voyageur se trouvant ^ii^^ilev^, ^m$i qjifi nQu^Tayons dit) et il i^^tff évidept quq le nombre d^ 900 U marqués entre cçtte (leyoière place et IVJoultâigi e«t erroné dana le tçxte, où il faut probablement lire 1900.

Aprè^ le royaume d'A-tièni-po-tcbirlp , k h dis-»tapçe dç 2000 li à l'ouest, U relation mw^oppe le royaume 4e lang-hif-lQ. Ce grPPpe f^it «n sjinsçrit lano^^Id, « ï^e royaume de iQnÇfàlq, ayait plusieurs iniU^çrs 4^ U de Ve|t k Tpuç^t et du s^d au pord; il était yoisin du rivage 4'upe grande mer. C'^t^it la roKite qu'il fi^llait spivr^ pour entrer dans le roy^umç de^ Femmes d'Occident (î), \,sl capitale s'appelait S0U'toV''li-pM'fa-lo (Stbouréçvàra?). De là, ep suivant la dijrection du nord-eçt (pov^r nord-puçst?) on arrivait au royapme de Po-la^ssé (laPer^jB, ou F^rs). » La notice que npu? yepopg 4« transcrira 0et tirée de nos extraits pianpgcrits du Si-yu^^fi- I^e piiyi ici désigné répond k la Gédros^^ 4es anciens, et au

(1) Le texte de Hoel-li por|s (p* jlOS) : «(Qq rQfsume (d^ I4§9g49} est sUué en face da rpyaume des Femmes d'Occident;* v — Le Poft des femmes, Tuvaixcov ^i^it^v^ inscrit par Ptolémée dans sa Table de la Gédrosle (lib. VI, c. 21, 2), m rattaclie sans doute i la mime tradition , d{)l4 nous 0>v9ps pa^ ^ r^p^orcber Id Torigine. £îqu» fQrçju feulement remarquer que dans les légendes hindou^ ce royaume des^ l^emmes est distingué par Tépithète occidental, par opposftîon à celui que l*qn plaçait au-dessus de la région liimâlayeone , «t ^çni flfloiien-thsang Ittï-méme a parlé précédemment.

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1 76 NOinreLLËS anh àles

Mékran de la géographie persane , contrée où doi nént aujourd'hui les Balouches ; la distance indiqi conduit à la rivière Bhagvar, sur laquelle estsiti la ville de Khedj. Mais ni dans la nomenclati actuelle, ni dans celle que nous peuvent fournir écrivains musulmans ou nos auteurs classiques, ni ne trouvons la moindre trace des dénominations cueillies par Hiouen-thsang. Recueillies , dise nous : car il nous parait plus que douteux que ne voyageur se soit avancé de sa personne aussi 1 dans ces contrées inhospitalières de l'ouest, l remarque, qui a son importance historique, c l'absence du nom des Balouches dans notre do ment ; bien qu'il soit très-probable que la dénomi tion de iangf-ftte-ïo se rapporte à la grande tribu Lagharî , autrefois connue sous le nom de Lan dans le Moultân et dans le Thar, et qui est auj< d'hui comptée parmi les tribus balouches.

<c En partant du royaume d'A-tièn-po-tchi poursuit la relation d'Hiouen-thsang(l) , Hioi thsan g fit environ 700 li au nord, et arriva au royai de Pi-to-chi'lo (Pitâçilâ, ou Pitaçîra?).

» De là il fit 300 li au nord -est, et arriva royaume à' A-pan-tcha (Avada?).

» Il fit 700 li à Test (de quel point?) et rentra c le royaume de Sindhou (Sin-tou). »

L'observation que nous avons faite au sujet noms précédents , nous ne pouvons que la réjj

(i)Si'yu-ki, extraits manuscrits — Hoé!-li (p. 208) fait pai voyageur de Lang-kie-lo pour le tonduire à Pi-to-chi-Io.

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ici : aucun de nos documents, soit géographiques, soit historiques, ne nous fournit de dénominations de villes ou de pays qu'on puisse rapprocher des noms donnés ici par Hiouen-thsang. Tout ce que l'on peut \oir, c'est que les deux provinces mentionnées dans l'extrait qui précède, entre Kâratchî et le Sindhou, doivent se chercher à l'ouest de ce dernier royaume, — du moins en nous en tenant pour la seconde au chiffre de 300 li que nous croyons fautif, comme nous le dirons plus bas. On pourrait supposer que la transcription chinoise A-pan- tcha cache le sanscrit Apâichya , occidental; mais dans l'état actuel de nos moyens d'étude , il serait pour le moins inutile de pousser plus loin les conjectures.

Revenu au royaume de Sindhou , Hiouen-thsang poursuit sa route à l'est, et après avoir repassé le grand fleuve il arrive à la capitale du royaume de Moultân , dont le nom sanscrit Mouldsthânipoura est aussi exactement transcrit dans le groupe Meou-tO" san-^ounlo que le permet l'écriture chinoise. On a vu plus haut notre observation sur les 900 li que le voyageur compte du Sindhou à Moultân ; peut-être, après tout , ces 900 li partent-ils d'un point plus septentrional que la capitale <lu royaume du Sindh. Cela importe peu, en définitive, le point d'arrivée ne laissant aucun doute.

Hiouen-thsang a d'intéressants détails sur le grand temple du Soleil de Moultân , monument dont parlent aussi les anciens historiens musulmans; c'est

Nov9mhre-Déeembre 1853. TOMB iv. 12

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t78 NOtfBLLBS ANNALES

sûrement celui qui existe encore dans Tenceinte actuelle de la citadelle (1).

De Moultàn notre voyageur se porte au iiordest (2), etjune marche de 700 li l'amène au royaume de Parvata ( Po^fa-^to , ou , plus correctement, Po-lofa-^to). C'était un Etat, ouplutât une province d'rine étendue considérable (5000 li de tour), qui dépendait du royaume de Tchéka, ou pays de Lahor(3). Le nom aurait- il exprimé cet état de dépendance? Il faudrait alors écrire Paravata ( du sanscrit paravaty soumis, dépendant, sujet). D'un autre côté, les traditions pouraniques mentionnent un peuple du nom de Parava parmi les populations duNord-Ouesl; et il y a même dans le sud de l'Inde une tribu du même nom qui se prétend issue de ces Pardva du nord (4)» Nous pouvons ajouter encore que dans une sorte dé mappemonde hindoue trèé - curieuse que M. Francis Buchanan a fait connaître (5), on voit marqué parmi les noms de la région de l'ouest celui de Paravat, que l'on peut supposer avoir qu'élqtte rapport avec le royaume de Parvata, ou Parctmta,

(1) Alex. Buroes, Foyage à Boukhara^ 1. 1 , p. ItÛ de fa trad. fr.

(2) A Test, dans HoeMi, p. 210.

(3) Extraits du Si-yuki^ dans l'Appendice de HoeS-Ii, p. 433. Le fecteur peut voir nos remarques sur le royaume de Tchèka au cahier d*avril-mal des IVouvelUê Annales , p. 187.

(4) FishnuPur,, p. 373 sq., d'aprèsleVâyonPotirana. — On tlie origin and bistory of the VdXdm^s, Journal of Roy» As • Soc,, Yohiy, 1837, p. 131.

(5) Elle a été publiée dans VEastern Jn4ia de M. Mootgomery Martin, vol. Il, p. 1».

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0V8 V0T16BS. {79

àe noitk auteur. Quoi quHl en puisse être de ces conjectures et de ces rapprochements, que nous n'avons consignés ici que pour ne rien omettre de ce qui peut avoir rapport à notre sujet dans une question ob-r scure, il résulte dé la direction et de la distance dfi 700 li en partant de la capitale du Moultàn que le pays dont il s^ftâ^ii devait se trouver ati nord du Ça<* tadroù (Gharra, ou Satledj inférieur) , à peu près à mi-chemin entre Moultân et Lahor. A cette distance et dans cette direction, on trouve aujourd'hui la ville de Pàk Pattan, Sans prétendre établir autr^* ment une identification pour laquelle nous man^ quons tout à fait de données historiques , nous fd* rons remarquer que Pak PaUan (dont on explique le nom par un mot hindi qui signifie la Pure) est une place ancienne, et qui a dans le pays une certaine re-* nommée (1). Pa/rvat est aussi mentionnée dans une autre relation chinoise contemporaine de Hiouenthsang , comme un pays situé à 600 li des frontières orientales de l'Oudyâna (2).

Hoeï-li nous ap;^rend une particularité qui se trouve supprimée dans l'itinéraire de Hiouen-thsang iillprimé à la suite du Foe-Koue-*ki : c'est que de la ville de Parvata , où il avait passé plusieurs mois en sôcilté de savants docteurs , le voyageur reprit une seconde fois le chemin de l'orient et revint au Ma*

(1) Edw. Thornton , a Gaxetteer of the Countries adjacent to /ndia ^on the JYorth-fTest , toI. I , p. 91.

(2) Foe-koue-kt^ p. 51. Abel-Réiousat , qui rapporte le passage dans ses notes sur Fa-hian , écrit Pouroul.

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gadha (1). Pour quel motif? Thistoire ne le . dit pas, selon Thabitude de la relation. Hiouen-thsang consacra encore un temps considérable à cette seconde visite , qui le porta dans Test jusqu'à la cour du roi de Kàmaraûpa ; et il serait resté bien plus longtemps encore , s'il eût cédé aux vives instances du roi de Magadha Çîlâditya , qui admirait la rare sagesse et le savoir profond du docteur étranger. Entouré d'honneurs inouïs et comblé de présents qu'il répandait en aumônes, ne gardant pour lui que les livres et les statuettes bouddhiques dont il avait réuni la charge de plusieurs chameaux, Hiouenthsang assista à deux grandes assemblées religieuses qui se tinrent à Kanyâkoubja et dans la plaine de Prayâga ; puis enfin , prenant congé de la foule des docteurs que sa parole avait instruits ou vaincus, — car il y avait eu de vives controverses, — et des princes qui s'étaient disputé sa présence, à leur cour, il se remit définitivement en chemin pour la Chine.

La route qu'il prit est celle du Nord-Ouest , qu'il avait suivie quatorze ans auparavant à son, arrivée dans l'Inde. Une première marche de sept journées le conduisit à la \iile Kâouçâmbi (2) ; il traversa ensuite dans toute son étendue, du sud au nord , la vaste mésopotamie comprise entre le Gange et la Yamounâ , et après une halte de deux mois dans la

(l; HocMi.p.211.

(2) Dans uD passage précédent, la relation compte 500 li entre Kftouçâmbi et Prayâga {Voyez €l-clessu«, cahier de Juillet-août, p. lU}.

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capitale du Viraçâna(l) il arriva au royaume de Djalandhara. Nous savons que ce dernier royaume, « dont la capitale , dit le voyageur, était la résidence du roi de l'Inde du Nord , » répond au pays compris eiitre le Çatadroû et la Vipâçâ(2). De la ville de Djalandhara, se portant vers l'ouest, il arriva au royaume de Sifihapoura (Seng-ho-pou-lo) après une marche de vingt-deux jours (3). De là , vingt autres jours le conduisirent à Takchaçilâ. Comme il est dit, dans un autre passage (4) , que de Takchaçilâ à Sifihapoura on comptait 700 li dans une direction S.-E. , ces 700 li, divisés entre vingt journées , donnent pour chaque jour de marche une moyenne de 36 li, ou un peu plus de 3 lieues. En appliquant la même moyenne aux vingt-deux journées de Djalandhar à Sifihapoura, faites dans des conditions tout à fait semblables , on trouve une somme de 770 li environ, et pour la distance de Djalandhara à Takchaçilâ un total de 1470 li. Nous savons assez , du reste, que ce chiffre ne peut être qu'approximatif. Mais nous pouvons le vérifier sur la carte. La distance mesurée de Djalandhar au site approximatif de Takchaçilâ , entre Raval Pindî et Attok, est de 365 milles anglais, qui répondent à 131 de nos lieues communes; or, l3l lieues, à raison de 1 1 li à la lieue ( qui est la proportion que nous avons toujours suivie), équivalent

(2) id. , cah. d'avril'-inai , p. 189.

(3) HoeMi, p. 261.

(4) /rf. p. W.

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183 NOUVELLEB ANNALES

à 1440 li. L*d€cord est certainement remarquable, et nous autorise k appliquer avec quelq^^ confiaiicf la double mesure fournie par la relation ù la déterçainatjon au moins approchée de remplacement de Slflh(ipoura* Tout autre secours nous manque d'ailleurs, cette place ne se trouvant mentionnée nu|(f part que noUs sachions , sauf dans un passage à\\ Mabâbhârata qui la met bien en efliet dans le nord de la région des Cinq Fleuves (1). Si pjaintenwj nous portons d'une part 700 li au S.-E. à partir de Takchaçilà, et d'une autre part 770 li au N.-O. 'de^ puis Djalandbara^ en suivant de ps^vt et d'autre |a grande voie de communication qu'on appelait la Route Royale, les deux fractions 4'itinéraire viennent se joindre précisément sur la Tchandrabhâga (Iç Tchinab ). Il paraît donc au moins très-probable que la ville de Sifihapoura était située sur cette rivière, et qu'il en faudra chercher le site , dans la supppsition qu'il en reste quelques vestiges, là oùleTçh}nab est coupé par la grande voie d'Attok à L«^hor. C'est un point que nous laissons à l'investigation des explorateurs.

Hiouei]^^tbsang passa le Sindh à trois journées de Tahchaçilâ, et il se rendit de là à la ville d'Outakhânda qui était sur la rive occidentale du fleuve, à SO li environ (20 mille anglais) au-dessus de V^W" placement actuel d'Attok (2). Reprenant bientôt sa

(1) DIgvIdjaya, traduit par M. Lasseo dans te ZetticArt/l fur die Kunde des Morgenh, t. II , 1839, p. 45; add. 5J.

(2) royez ci-dessus, cahier d*avril-mal, p. 167. Il parait résulter

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marche à Fouesf^ , 1^ voy«^geur arriva en un mois aax frpntières du royaui^e de Lampâ, qui est le L(ighmài% de nos cartes actuelles (1).

Ici vient se placer, dans la relation originale , la mention d'une suite de petit» États que Hiouen-thsang visita dans une longue tournée, avant d'arriver 9UX mon tagpes neigeuses (leHindou-kousch) qu'il avait à francliir pour descendre au nord dans la vallée de l'Oxus. JNolis allons présenter d'abord le récit si^ivi de cette partie de l'itinéraire ; nous essayerons ensuite d'en rapporter Içs points principaux à la géographie actueUe de l'Afghanistan.

« Partant du pays de l^ax^-^o (Lampâ), HioueiH. thsang marcha droit au sud pendant, quinze jours, et alla dans le royaume de Fa-la-na ( Varana) pour y adorer les monuments sacrés,

» Le ï"Qyai|.me de Fa-la-na a environ 4000 li de tour; la circonférence de la capitale est d'une vingtaine de li.

» Suivant le rapport de quelques habitants, si l'on sort de ce royaume du côté de l'ouest on rencontre un royaume limitrophe appelé Ki-^kiang-na (Kikana), qui est situé dans la vallée d'une grande montagne.

w A 900 li dans le sud-ouest du royaume de Fala-na on arrive au royaume à'A-pan-tcha (2).

du récit de l'historien que Hiouen*thsang effectua le passage du fleuve au point où Attolc existe aujourd'tiui.

(1) Id. , cailler de février-mars, p. 270.

2) HoeMi , p. 265 ; Si-yu^hi , F4X traits manuscrits. ~ On a vu pré*

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» Du rayaume de Fa-la-na, tournant au N.-O. , Hiouen-thsang alla dans le royaume d'0-po-fcim ( Avakan?); puis, continuant samarche dans la même direction (1), il alla dans le royaume de T$ao-kiutefta(Tsâoukoûta?). »

Le Si-yu-ki , où il n'est pas question en cet endroit du royaume d'A-po-kièn, dit seulement, après avoir parlé du royaume de Fa-la-na :

» Eln quittant ce pays (deFa-la-na) Hiouen-thsang reprit la route du N.-O. , traversa une large vallée, passa par plusieurs petites villes , et après avoir fait environ 2000 li il sortit des frontières de l'Inde et arriva au royaume de Tsao-hiu-to^ qu'on appelait aussi TsaO'li.

» Ce royaume a environ 7000 li de tour. La capitale, qui s'appelle Ho-si-na, a une trentaine de li de circonférence ; il y a une seconde capitale nommée HO'$a-lo , qui a la même étendue. Toutes deux sont fortement défendues par des obstacles naturels. On voit des montagnes élevées , des vallées profondes,

cédemment (p. 176) que le royaume d'A-pan-'ieha (Ayada?) était à 300 li au nord-est du royaume de Pi-to-chi-lo (Pitaçilâ ou Ptf apira?), lequel était lui-même à 700 11 au nord du royaume d'^-ttén-po^lc^ilo , dont la capitale était Kàtchâiçvâra ( Kâratchl). Ces doonées réunies mettraient 1000 li d'intervalle entre Kâratchî, sur le bord delà mer , et ia frontière méridionale du royaume de Varana, qui était lui-même ( la capitale, probablement) à 15 jours de marche au sad du pays de Lampâ , dont la situation est connue. Celte distance parait beaucoup trop faible. Il doit y avoir quelque chiffre fautif.

(1) Dans les Notices géographiques de l'Appendice de Hoel-li (p. 358), au mot A-po-ki^, il est dit que le nom de ce royaume, dans le Si-yu-ki^ est fn-po-kién^ei on trouve en effet , à la page 386,

et des plateaux propres à la culture. Les plantes et les arbres offrent une magnifique végétation. Parmi les plantes que produit le pays , on mentionne le hing-hiu (hingou, assa fœtida) , qui croît dans la vallée du Lo-mO'tn^tou. Le climat est froid; il y a de fréquentes gelées et de grandes neiges. L'écriture des habitants et la langue qu'ils parlent diffèrent de celles des autres royaumes. Le roi actuel suit la loi de Fo (le Bouddhisme) (1).

» De Tsao- kiu-tcha (ou Tsao-kiu • to) Hiouen-thsan g fit environ 600 li au N., et arriva au royaume de Foli'Chi'Sa-tang^na. Ce royaume peut avoir 2000 li de l'est à l'ouest, et 1000 li du sud au nord. La capitale, appelée Hou-pi-na , a une vingtaine de li de circonférence. Sous le rapport des produits du sol et des moeurs des habitants , le pays ressemble au royaume de Tsao-kiu- to ; mais la langue qu'on y parle est différente. Le climat est glacial et lés hommes sont d'un caractère cruel et sauvage. Le roi est de la race des Tou^kioue (Turks). Il a une foi profonde dans

^Doe notice sur ce dernier État qui faisait autrefois partie du Toulcbara. Mais au passage correspondant de i'itinéralre , dans HoeMl , on trouve mentionfié (p. 370) un royaume de Kie-po-kièn, qui répond à Vinpo-kièn du Si-yu-ki, et que l'Iiistoricn distingue conséquemment de V^'PO'kièn qu'il a mentionné précédemment. II y a en tout ceci une confusion que dans l'état actuel de nos connaissances sur les contrées dont il s'agit nous sommes hors d'état de débrouiller. Quelque Jour, sans doute , tout cela s'éclaircira. VA-po-kièn de Hoei>]i ne serait-il pas le même pays que le Ki-'kiang-na mentionné par le Si-yuki à Touest de Fa-la-na ? *

(1) Hoel-li , p. 265, et Notice tirée du Si-yu-ki^ dans l'Appendice, p. 456.

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186 NOUVELLES ANNiLES

les Trois précieux ( un des liyre* de la foi bouddhique) (1). »

Nous pouvons nous arrêter un moment ici.

Quelque incertitude qui puisse régner sur plusieurs points de détail , on voit clairement par ce qui précède que le voyageur partant du pays de Lampây ou lampâkâi a fait une longue tournée dans le pays que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Kaboulistân. Après être descendu très-loin dans Ife sud, delon toute apparence jusqu'à la vallée de la Gomâl, qui est à un millier de li du Lampàkâ (la relation compte quinze journées de marche sans énoncer la distance), il remonte au N.-O. jusqu'à la vallée supérieure du Helmend , et de là continiiarit au nord , il rentre dans le haut bassin du Khophès ou rivière de Kaboul. L'extension du bouddhisme dans toute cette contrée explique cette excursion considérable du voyageur en dehors de sa rpute directe. Nous pouvons montrer en peu de mots que le tracé général de cette portion de l'itinéraire, tel que nous venons de l'indiquer, est autorisé par les correspondances de détail.

Et d'abord, quant au premier pays que visite Hiouen-thsang, celui de Fa-îa-na , nous devons le chercher, ainsi que nous l'avons dit, vers lahautfg vallée de la Gômal, tant à raison du temps employé pour y arriver en partant de Lampà au sud, que par la direction que prend l'itinéraire pour gagner la station

(1) Hôcï-li , p. 265, et Appendice, p. 378.

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i)ES Y0YÀGK8. 187

sifiv^Qt^. Au pord de cette partie de la Gômal^ ver» laquelle noug sommes amenés, il y a aujourd'hui un caufpn de Vânèh dont le nom pourrait garder la trace de celui de VarânOf. Vânèh est 1^ nota d'un territoire, ^t non pas d'une tribu (1). Nous aurion» plus volontiers encore songé aux Dourânl , si la contrée (£ue cette grande division du peuple afghan occupe n'était pas trop occi4entale ; il est vrai que depuis douze cents ans les tribus encore à deminomades de cette extrémité du plateau iranien ont éprouvé plus d'un déplacement, total ou partiel.

Si la correspondance du nom de Varâna est douteuse, il n'en est pas ainsi du nom qui suit. La ville de Ho-si-na où Hiouen-thsang arrive après une marche de 2000 li au N--0. à partir de Varâna, est indubitablement Ghazna , et le noin de Tsao-kiu-^to donné au pays dont Ghazna était alors la capitale est une transcription incorrecte du nom indigène HaraUbvati, dont les anciens auteurs grecs postérieurs à l'expédition d'Alexandre ont fait Arakhotoif et les Arabes Arrokhadj. Les 2000 li comptés depuis la haute vallée de la Gômal paraissent un chiffre notablement trop fort, mais qui peut s'expliquer, dans un pays de montagnes, par les difficultés du chemin^ La vallée de Lo-mO'"tn''toUf mentionnée daps la Notice, est indubitablement la vallée de YHelmend. Nous ne voyons pas aussi clairement quelle correspondance assigner à l'autre ville que la relation mentionne sous le nom

(1). Elphinstone, Caubqol^ p. 387» \n^h^*

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de HO'Sa-lo. Le rang de seconde capitale que le voyageur attribue à cette place pourrait faire songer à Kandahar; mais il n'y a pas de rapport entre les noms. Ho-sa-lo semble devoir se transcrire Hasara: y aurait-il là quelque rapport avec le nom des Hazarèhj qui occupaient sûrement alors comme aujourd'hui une étendue considérable du haut pays? L'itinéraire compte 500 li , dans la direction du nord, de Ho-si-na (Ghazna) au royaume deFo-ïi-cfttsa-tang-na f dont la capitale était Hour-pi-na. La distance , aussi bien que la direction , nous conduisent au nord de la ville de Kaboul , (la Kàëoupa de Ptolémée) , entre cette place et la grande chaîne du Hindou-Kousch. La ville mentionnée par Hiouenthsang existe encore dans ce canton; on en doit la connaissance aux récentes investigations de M. Charles Masson, l'heureux explorateur de cette contrée d'un si grand intérêt archéologique. Le lieu porte toujours le nom de Houpiân. Ce n'est plus qu'un village , mais qui garde les traces évidentes de son importance passée, confirmée d'ailleurs par les traditions locales. De grands monticules y couvrent le sol avoisinant, ainsi qu'aux abords de toutes les cités ruinées , et on a tiré fréquetoment de ces amas de débris accumulés des pièces d'argent et des objets de prix (1). Le lieu est entre Tchârikar et Toûtam-Dara , à 45 milles an-

(1) Ch. Masson , IVarrative of varions Journeyt in Balochisian, Afghanistan^ etc., vol. III, p. 126 et 161. Londoo, 18^6, in-S».

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glais au nord de Kaboul. Connue l'on compte lôû milles anglais de Kaboul à Gbazna, nous avons une dislance totale de 145 milles de Gbazna à Houpiàn , c'est-à-dire 62 de nos lieues communes , qui répondent à près de 600 li chinois. Contrairement à son défaut habituel, notre voyageur est resté ici dans son estime de 600 li au-dessous de la distance réelle. Si la ville de Houpiàn, comme il y a grande apparence, est VAlexaniria Opiana d'Etienne de Byzance (IXsSàvSpeta èv ttI Ôitiavîi, xaT« Tï^v ivSixTjv ) , habituellement désignée par les anciens historiens et par les géographes sous les noms d'Alexandria ad Caucasum et à'Alexandria ad Paropanû'odo^ (1), parce qu'elle était située au pied même des grandes montagnes , l'importance de la place daterait d'une époque bien antérieure au temps de Hiouen-thsang , et l'on s' eh expliquerait d'autant mieux le choix qu'un des chefs de la grande horde turque qui était alors maîtresse de la Transoxane , avait fait de Houpiân pour sa résidence (2).

(1) Arrian. ExpediU M. M. , lib. III, c. 28 , 4 ; IV, 22, 4 ; V, 1, 5; Diod. XVII, 83; CurU, VII, 3; Plin., VI, 21, Hard. CeUe opinion a été avaucée et développée par M. Alex. Guoningham dans la iVumi jmatic Chroniclé de Londres ; nous regrettons de n'avoir pas pu nous procurer ce mémoire. Quant à rÀXeÇdvÔpeia èv x^ Ômav^, on ne sera plus tenté maintenant de contester cettç lecture, ainsi que l'ont fait de savants critiques avant les découvertes de M. Masson, les uns changeant Ô^iavYi en ÂpiavYi , d'autres en Ô^iavTi. C'est un exemple entre mille du danger de procéder à la correction arbitraire des anciens textes, même sur les raisons les plus spécieuses, quand il s'agit. de localités mal connues.

(2) Sur les Turksde la Transoxane.et leur domination au sud du

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