SUITE
(Voyez le cahier d'ayril , p. 71.)
Du haut d'une montagne qui dominait le pays à la distance de cinq ou sik lieues nous découvrîmes une quantité de champs de maïs , et de la fumée qui s'élevait en divers endroits. Quand nous fûmes de retour auprès du général, et que nous lui eûmes fait notre rapport , il persistait dans l'intention de pénétrer dans cette province ; mais tous les Espagnols s'y opposèrent, lui représentant qu'il fallait au moins 400 hommes pour conquérir le pays que l'on avait \u, et que nous n'étions guère plus de 70 ♦ Voyant que tout le monde était contre lui, le général céda , plus sage en cela que bien des capitaines
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qui se sont perdus dans les Indes pour n'avoir voulu agir qu'à leur tête.
Il fit fabriquer un grand nombre de radeaux de roseaux , attachés avec des lianes , pour traverser la rivière et aller voir des villages qu'on lui avait dit se trouver sur l'autre rive. Le passage s'opéra en huit jours , quoique avec beaucoup de peine , car il n'y avait pas plus de douze nageurs qui passèrent tout le monde. Ils prenaient deux roseaux de la grosseur de la cuisse et les attachaient par un bout; les quatre personnes qui devaient traverser se plaçaient entre les deux roseaux , que l'on attachait ensuite par l'autre bout ; de sorte que ceux qui étaient de cette manière entre les deux roseaux ne pouvaient enfoncer, quoiqu'ils fussent dans une position très dangereuse : un nageur tirait cette machine par devant , un autre la poussait par derrière. Quand toute l'armée eut traversé de cette manière, le général donna Tordre de se mettre en marche. Comme on ne pouvait suivre la rive , parce qu'elle était taillée à pic , l'on gravit une colline , et après avoir traversé un désert pendant plusieurs jours , l'on redescendit de nouveau vers le fleuve. Deux chevaux des meilleurs de l'armée se tuèrent dans cette descente , ce qui nous fournit de la viande fraîche pendant plusieurs jours.
On découvrit sur une colonne, près d'une chaîne de montagnes, un village nommé Gurame. Les naturels nous ayant aperçus se mirent en défense et s'emparèrent du haut d'une montée par où nous
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22Ç * NOinr«Jl.tE$ Afi(!^LES
étions obligés de Das^r. L^ chexn^^ ii^i t^^sr^f^elle et parfaitement nu ; car les IndieE^ çin^t soii^ de les nettoyer pour se servir des galgs^ , <jui sont de gros rocbers cju'ils réunissent en haut, pour les fairç rouler sur Içs assaillants. Ces rççh^eics ^V^ tQjaJb^t^t ^ brisei]^t en plusieurs morceai^x 4jvii roulçfl,<i ^^ to^ côtés, ce qui est très.-dangereu;^. lie générai ^ja];i.t qu'il me pourrait passer du côté où Iç^ Indiei^ Vattendaient, dçnna ordre à quelques soldats de gra^xiç une autre colline et de faire un détou^r ppui; l^es pxe»,dre en queue. Ce plan lui réussit compléteni^ent ; car quand les Indiens virent le§ Espagnols et les chevaux au-dessus d'eux, ils se d.é]j»andèrei?,{; , et 1q& Espagnols pénétrèrent sans danger d^.s le vij|jta^ç> Le général se logea dans une grand^ maison qffx appartenait au cacique, et le reste de.rai:miç Sj'çt^r blii dans les maisons voisines. Le général dj9un4 9^. dre de ramasser des vivres , déclarant qjn'il, ^ouUiti pester plusieurs jours dans cet endroit et pa^qij^j; ^ pays. On envoya plusieurs expéditions pour t4cbi^ de les ramener; mais ils nous résistèrent, et nçus tui^rent plusieurs Anacoijias. C'est ainsi qu^ Ton. ao}^(^ç les Indiens chrétiens du service de l'armée. Lç général voyant cette obstijçiation des naturels , sç tint sur ses gardes , et défendit de sortir du camp sans sa permission. Chaque jour on voyait paraître uç, grand nombre d'Indiens sur les collines qui le dominaient ; ils jetaient de grands cris et nous faisaient des grimaces. Le général les faisait inyitçr par les interprètes à se rendre à lui ; mais ils répon-
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4aîfiiit qu'Ui npu« mangiraieut tous ; que It pays J#ar appartenait i qu'iU nd voulaient pas faire la pui^ » et que nous n'aviona qu'à nous en aller. Le g^Q^fal , voyant leur insolence, envoya contre eus l§s capitaines Yallejo et Juan de Frades, et leur or<<- 4pnna de ^'avancer de deux cotés différents. Il bm l^mr (i^^nna que des fantassins > car le pays ne per« mettait pa# àf se servir de chevaux , outre qu-il fallait aller de i^uit et que les fers manquaient.
Il§ surprirent un certain nombre de naturels quî 4taient campés dans les broussailles , et firent un grand nombre de prisonniers , parmi lesquels se trouvaient quelques chefs. On les conduisit au gén»i^al, qui> après leur avoir dit^ comme Ta ordonné Sa Maj^té, t<>ut ce qui pouvait les attirer à notre sainte foi catholique et à^ Tobéissance qu'ils lui doivent , VinfprniLa des pays situés plus avant. Ils lui en ei^ tèrent plusieurs « ajoutant qu'ils étaient en guerre avec les habitants et qu'ils se dévoraient réciproquement, et l'invitèrent à y aller. Le général leur fit dire par les interprètes qu'il ne venait pas pour les tuer ni pour rien prendre de ce qui leur appartenait , mais pour être leur ami ; qu'il venait au nom de Sa Majesté, qui était leur maître et le sien, pour leur faire connaître Dieu qui avait créé le ciel et les «toiles , la mer et les sables, et qui leur donnait tout •Çie dont ils avaient besoin. Il leur promit , s'ils vou«laient s'allier à lui , de se joindre à eux contre leurs ennemis; mais que s'ils n'y consentaient pas , il les tuerait jusqu'au dernier. Il les remit ensuite en
228 NOUVELLES AMMàLES
liberté , avec l'ordre d'aller dire tout cela à leurs caciques. Ils partirent et ne reparurent pas. Robledo fit alors partir Vallejo et Villacruz , qui , le lendemain, surprii'ent un village indien et firent un grand nombre de prisonniers parmi lesquels se trouvaient quelques-uns de ceux qui avaient été pris la première fois. Quand Robledo leur eut demandé pourquoi ils ne se soumettaient pas, ils répondirent que leur cacique était très-puissant , et qu'il ne voulait pas faire la paix avec les chrétiens ni eux non plus. Le capitaine les fit battre et les renvoya à leurs caciques. Le lendemain quelques Indiens se présentèrent volontairement et apportèreijit des vivres.
Le général voyant que les chevaux n'avaient plus de fers , ce qui ne permettait plus d'en tirer aucun service et rendait ainsi la conquête du pays impossible , car , après Dieu , la vie des Espagnols dépendait des chevaux , ordonna de construire une forge. Comme l'on manquait de tout ce dont on se sert en Espagne, voici comment on s'y prit : on cousit ensemble plusieurs brodequins, on plia ce cuir et on l'attacha entre deux planches pour faire im soufflet. On construisit un appareil avec les bancs sur lesquels s'asseyaient les Indiens ; l'on coupa deux arbres d'un bois très-tendre que l'on divisa en quatre morceaux ; on les évida et on les réunit ensuite pour former le canon du soufflet ; comme on n'avait rien pour les enduire , on les entoura d'une ficelle cirée très -serrée. On fit avec une marmite de cuivre le bout des canons qui devait entrer dans le feu.
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Comme aucun de nous ne s'entendait à cette construction , nous pensions que le général se donnait une peine inutile ; mais quand la forge fut terminée , cela soufflait très -bien. Personne ne savait faire de clous; mais un fourbisseur nommé Barthélémy Hemandez, qui en avait vu faire, l'jentreprit et y réussit au grand avantage de toute l'armée . On fabriqua les clous et les fers avec des chaînes et des étriers en fer qu'avaient beaucoup d'Espagnols.
Quand cette opération fut terminée , Robledo laissa le comaudement du camp à Alvaro de Mendoza , et partit avec quarante hommes pour aller à la découverte. Il arriva d'abord dans une province nommée Hevejico par les naturels. Ceux-ci, ayant été avertis de l'arrivée des Espagnols, avaient abandonné leurs maisons et s'étaient réfugiés dans les bois. On les voyait par troupes sur les collines dansant et jouant du tambour, et poussant dé grands cris. En arrivant à une montagne qu'il fallait gravir , nous aperçûmes en haut les naturels qui se préparaient à s'opposer à notre passage. Le capitaine les fit engager par les interprètes à se soumettre. Un Indien descendit tout effrayé et s'approcha en tremblant du général, qui le rassura en lui disant qu'il ne venait pas pour leur faire du mal. L'Indien l'invita à venir les trouver au haut de la montagne; mais comme il conmiençait déjà à faire nuit, le général le remit au lendemain matin. Quand nous fumes arrivés en haut, quelques Indiens vinrent
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BOttB apporter des tivres et nous firent BïgAe à^Avnh-^ eer plus ayant > itpie leur cacique nous attendait et nous avait préparé beaucoup de vivred* Mais c'était la mort qu'il nous préparait si le général tië nbuft avait sauvés par sa prudence; car ilnoUS recontmàudi de nous armer et de marcher en bon ordre. L'indieh nous conduisit dans une vallée très -peuplée où siK mille Indiens arméâ nous attendaient rangés en bataille sur une colline , sans compter ceux qui couvraient celles du voisinage. Quand ils nous virent dans là vallée ils firent un tel bruit en criant et en battant du tambour, que personne lie put se défendre d'un peu de craitite. Le général s'avança à notre tête jusqu'à une petite plaine qui àe trouvait à mitète de la colline sur laquelle ils étaient rangés , ^t les fit inviter par les interprètes à vehir en aniié. Mais ils se moquaient dé nous , et deux des lenré , qui devaient être les plus vaillants, s'avançaient eii courant jusqu'à mi-chemin ; nous faisaient des grimaces et é'en retournaient. Le général voyant leur impudence et leur obstination , ordonna à un cavalier, nommé Pedro de Barrios ; de lancer tin cfaien sur eux pour leur faire peur. Barrios partit au galo^ par lin chemin où une chèvre aurait eu de la peihe à passer^ son cheval avait le poitrail couvert de grelots. Quand les Indieiis entendirent cfe bruit et aperçurent le cheval et ion cavalier, chose dont ils n'avaient nulle idéfe , ils ^'enfuirent comme si le dial^e les eihportàit, et les autres jJousJsaient de gradds cris. Gomme il ^ Svait an ipilieu du chemin un riKiier
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qùî it\A[ âènk fôls ïi Kaiilfeur d'iih homme , Éàrrios ne jJul pàss^ôr ^liis ^vàit. t'es tnaielis s'eii apercevlhl', vëhâteiil ^ur ce rSiclier ifaire ihillë singeries et, fMi%!éè BrâVe^. Le fcàVàliè'r iltpâliêntë àe ses bravades , ïlétacna le fchi'eh et le lèiir jeta. Cèi animal fut eà Ufa iïlièteiit â\i hàiit «du rochei-, saisie iin Indicé et le mit eii m(5l*cèkiix , ce ijui aoniia aux aiitres le temps, dé è'ëntuir. Les Indiens vôyàlil cela côtiiihfelàfc'èrent â è'àdBticit , et t dater àè ce moment ilà IrfeiiiBllieill fifet c^li'â entendre afcoyer un chien.
L»é g^û^éràl vit bien que ses exhorta tiôns ne servaient à nèn , et (Ju'ils ihédltaient quelque trâriis'ôri, cai* ils i'ihvitâlien ta passât ^âr une plâiiiê Irès-peuplée VJùi était en face de iïo'us. ïteureusemeiit qiië N.-9. Mi inspira de ii'en rien faire, car alicUn dé nbus ti'eh s'ei'ait reVeûii; Ifes Indiens avaient ji'répar<é JillisieUH feriibûscddeè daiis quelques ravins qlie noua étions obligés de traverser, et àvâiéiit dispose une quantité de rochers pour les faire r'oliier sur nbUs.
Lé général réàoliit de é^'arrêter , et canîpâ sur ïe boird d'un lac qui se trouvie dans cet eiidroit; il lïtorQta feiistiitfe avec sept ou niiit cavaliers siir la cbllirie bû étaient lés Indiens , et les fit inviter a là psadx pai* les itttetpréles. l'réiitè ou quarante nàturcljl s'a^prochèreht énfih tôtit effrayés de voir iios chevâiiît et nos barbfes, c^li'ils tatàiènt avec là niàiii potir s' assurer qu'elles ëtàieàt Véritables. Lé gênerai, àpi'èâ les âvbif ràSsuréfe de èoti hiledx, rêviiil âii caMj) , fel le teflafeitiàiii IIS ftdiênê rèpâi^iifent |>âr
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troupes sur les collines sans vouloir faire la paix » malgré les instances du général. Il envoya alors Pedro de Màtamoros et quelques soldats avec ordre de tâcher de faire des prisonniers. Il en surprit dans les bois quelques-uns qvCil amena à Robledo. Celui-ci leur ayant fait des représentations, ils répondirent qu'ils ne demandaient pas mieux ; mais que les seigneurs du pays le leur avaient défendu. Robledo en remit quelques-uns en liberté et distribua les autres à ceux qui en avaient besoin pour leur service. Il fit aussi élever une croix sur la colline qu'avaient occupée les Indiens ; il la franchit le lendemain et pénétra dans une autre vallée très-peuplée , mais dont les naturels s'étaient enfuis dans les montagnes. Ils avaient eu le temps d'emporter tout ce qu'ils possédaient , excepté leurs vivres ; mais il y avait assez de maïs et de haricots pour subsister pendant six mois. Le général s'établit dans quelques cabanes situées sur le penchant d'une colline , son intention étant de traverser la chaîne de montagnes qui la terminait et de visiter les provinces dont on lui avait parlé. Quand les Indiens nous virent engagés dans cette vallée , ils pensèrent que tout était fini et qu'ils n'avaient plus qu'à nous dévorer ; car ils savaient bien qu'on np pourrait franchir les montagnes avec les chevaux. Le général ayant en effet envoyé quelques Espagnols examiner la route , ils y trouvèrent un endroit trèsdangereux; il était couvert de racines, et quand on y mettait le pied , pensant marcher sur un ter-
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DES YOTÂGES. 23^^
rain solide, Ton enfonçait jusqu'à mi-corps ; ces racines entrelacées s'élèvent à une assez grande hauteur et présentent l'apparence d'un terrain solide. Après être resté deux jours dans cet endroit, le général, voyant que le passage était impossible, résolut de revenir sur ses pas. Quelques Indiens se présentèrent sur la rive opposée d'un ravin qui était près du camp pour nous demander ce que nous venions chercher dans leur pays, et nous dire de nous en aller. Le général leur répondit que nous venions d'après l'ordre de Sa Majesté pour nous y fixer et y bâtir une ville. Ils nous demandèrent alors si c'était nous qui avions construit ces cabanes et planté ces arbres pour que notre roi en disposât, et ajoutèrent que si nous ne partions pas ils nous dévoreraient tous.
Quand ils nous virent reprendre la route par où nous étions venus , ils se mirent à pousser des cris de joie et à danser. Robledo leur fit dire alors que s'ils ne se rendaient pas , et ne rétablissaient pas la croix que nous avions plantée sur la colline , il leur ferait une guerre d'extermination. Le lendemain, à notre grand étonnement, elle était relevée sur la colline, que nous repassâmes sans aucun danger.
Nous rentrâmes dans la province de Currume, où nous avions laissé le camp. Robledo repartit bientôt à la tète de cinquante hommes avec l'intention de traverser la chaîne de montagnes qui dominait le camp , et d'examiner ce qu'il y avait de l'autre côté.
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334 NOUTÉLLt:l( iNÀJLtES
n laissa ericore Tarmée s6us lé coiiiindhieDlëtik d'Alvâfb de Mendoza , (jiil feiit soin de faire botrië garflfe. Pcildâfat l'absence du général , qtii dura ^îiigt jbiih, les Indietis vojratit qu'il avait laissé pfeti de ihôiide, vehaieht jtturnelletïient nous insulter; et uh Inàtin, à l'atibe dû jour, (Jùelqûes Iiidiëiiâ s'approcHèreilfc du camp par le côté d'où ttoûs étioùs tehils dàb^ cette province , et fessayèrent d'y faiétti-e le Féu : d la roâde ne s'était pas trouvée dfe ce cBtë j^r'êclsémeilt dans ce moiiient là , ils hotiè ^àiiraieiit fait bien du mal ; car il n'y avait daiis le fcàih^ que vîtigtsept Espagnols , dbnt plusieurs étaient malades. Aussitôt que hous eûme^ dônhë l'alàrhié ; Meniîbàâ fit mtettrte tôiit le cahip soùs \eé atknés , ][5fefaèànt ijttS les Ihdiéns hoûs àttafjUeraieiit^eiit-étréati levei*dU soleil ; et, ayant fait attacher des grelots àli poitrail des bhfevàûit , il les fit 'eairacoler dàris le camp. Les Indiens entendant ce brlill , virent qu'ils élàlehtdééôiivertà él èe rètiirèrent. Il éstcéjrtàin qu'àiiciiii kni- Biàl ne fait ttieillfeure garde que le cheval. Quand il eét arrêté , ai uiite feuille d'arbrfe i-emiie et à'il éiliéM lé môindt-e Btuit , auèàltôt il dreàsfe tes orcilleà. Kovlé V'àvotts éprouvé ; et daiiS robs\:^urlté ; qti^ttd oû ilB petit tien distihgùer deVatat soi , ce qu'on ^eut faite de mieux c'est d'avoir les yeux fixés sur les di^Èfflfeè de soû chevàL
Pendant qUé Rôbledô ét«t dïiiiis là pto^iitibé a*Ifôtejïco , lefs Espagnols qui étâiéttt t^àtéS att 'èMp sous le e^ttîmatidement d' Alv^o de Mfeii^ôèà W&mèhbèf^tlt k timq^k^ AèH^^^\ M(H$âdèà eiï)r«^
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DSS VOYAGES. tH
quelques soldats le long du gtëitid fléilVè pôill- Vdir s'ils n'en trouteraient pas, Ils rericoîitrèrent sur Ûhé colline une bande d'Indleiis qui leà àltà^uâ Vigoureusement et les blessa presque tous ; tnais ils firleiit aussi beaucoup de mal aux naturels j cài* ils avaleiili: deux arquebuses qui leur firent tattt de péuir, que dails les combats qu'ils nous livrèrfeht par la suite ilé se jetaient tous par terre dès qu'un des notices les coucbait en joue , quand cela aurait été avfec Ùhé épée. Aussitôt que l'on avait tiré, Ils se mettaient comme des chiens de cbasse à chercher laill&bilé, et étaient tout stupéfaits en troyatilt ce qu'on feùr atiaik lancé.
Nos Ësjlagnols fiiiirent cependant ^ar les mettre en fuite et trouvèrent des vi\res qu'ils âppô^tèt'èht au catop. Dans cette expédition, un Espagnol rottla dans un précipice et se brisa eil morce'àtii. Le ^t^cipice était si profond qu'on ne put jà^^ià réussir h en tirer le cadavre , quoiqu'on pût tréè-bi\eii le vdiir. Le pays est si coupé et si escarpé , )fJù'on îié dbît marcher qu'avec la plus grande précaution, d'iaiitâlii plus que c6 sont des montagnes pelées et très-glià^ santés.
Après que notre générai, en partant de la pi^ôvihcc de Currume ^ eut traversé la chaîne de montagnes qui dominait le camp, il entra dans la province dfe Penco. Ce pays est bon; mais commué ^nx deCtit*rume les avaient Avertis de la manière dont Ifes îESipagnols les avaient traités , ik avaiie^t touà ^è ta
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Parruto , de Guarami et autres , situées dans les environs. Il y entra sans coup férir , car les Indiens ne l'attendaient pas. H traversa de nouveau les montagnes par une route qui n'avait jamais été pratiquée , et tomba sur les amas de racines dont j'ai parlé et où il pensa perdre tous ses chevaux , qui s'y enfonçaient tellement qu'il fallut leur ouvrir un chemin pendant l'espace de plus de huit lieues. Après avoir perdu quelques jours , on parvint à en tirer les chevaux , à l'exception d'un seul qui tomha dans un précipice et fut mis en pièces , ce qui fut une grande perte pour l'armée , car dans ces circonstances on estime plus la vie d'un cheval que celle de six Espagnols. Ils parvinrent ainsi à la seconde vallée de la province d'Hevejico où le général avait son camp lorsqu'il envoya pour la première fois reconnaître l'endroit où étaient les racines. Quand les naturels eurent aperçu les Espagnols , ils se réunirent en troupes et vinrent au-devant d'eux en sonnant de la trompette et en les menaçant de les dévorer tous. La nuit se passa ainsi. Le lendemain, Robledo envoya le capitaine Vallejo et Antonio Pimentel pour les attaquer au point du jour avec quelques fantassins. Ils en tuèrent un grand nombre , mais il y eut quelques Espagnols de blessés ; et ceux-ci, voyant que le jour venait, rentrèrent au camp. Le lendemain le général se mit en marche après avoir envoyé quelques soldats s'emparer des hauteurs qui dominaient certains passages qu'il était obligé de traverser. Il campa le lendemain dans une
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plaine auprès des montagnes , en face de la colline delà croix, qui était couverte de plus de 20,000 Indiens rangés en bataille, et qui avaient préparé une quantité de galgas dans tous les endroits où les nôtres devaient passer. Ils tinrent ainsi Robledo assiégé pendant trois jours. Il n'y avait qu'un seul endroit par où Ton pût faire passer les chevaux ; et quoique lors de la première expédition on l'eût aplani à la pioche , il était plus difficile qu'on ne peut dire. Les Indiens avaient préparé en haut de gros rochers pour les faire rouler sur nous, et ni hommes, ni cheval , ni chien n'aurait pu leur échapper. Le général, comme un homme prudent, attendit pour voir le parti que prendraient les Indiens. Au bout de deux jours ils arrivèrent par bandes de tous les côtés. Les nôtres marchèrent contre eux , les repoussèrent et firent prisonniers quelques Gandules qui furent exécutés. Quand les Indiens eurent ainsi essayé nos forces et éprouvé qu'ils ne pouvaient rien contre nous, un de leurs caciques s'avança vers nous et nous demanda ce que nous faisions là, et pourquoi nous ne nous en allions pas? Le générât lui répondit qu'il ne comptait pas s'en aller de sitôt, et qu'auparavant il avait l'intention de consommer tous leurs vivres puisqu'ils voulaient la guerre. Robledo , voyant cependant que les Indiens persistaient dans leur obstination et que leur nombre augmentait tous les jours , de sorte que sa position commençait à devenir dangereuse , fit prendre les armes à toute sa troupe , et partit lui-même à pied ,
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^9 NOUVfLLiC^ 4lliiALES
(limpp^ Iieur^ ^v^nt Iç jour, avec quelques scddats gour fprmer F^yant-gard^. Il rficonnut ua passage qui ^tait gardé par les Indiens , «t en fit ouvrir un ^tV(i pour ppuyoir, eu cas d'alerte, faire attaquer les {^dieus en queue par quelques cavaliers. Il corn- )[r^ï\çs^ ensuite à gravir la colline ayant que le jour par^t. Dès queles Indiens le virent en haut ils pri- Texi\ tous la fuite , p^psant qu'il était suivi de tous le) {espagnols , tandis qu'il n'en avait que douce avec lui. On a vu bien soii^vent ^a^ns ce pays une fÎpuljB innombrable d'Indiens prendre la fuite devant quelques ^fl^ps^gnols ; et cela grâces à Dieu , car si le^ Indiens se défendaiei^^t toute TEspagne ne suffirajit p2)a pouy les vaincre.
Qi^f[ il sp yi|; miiitrp df s hauteurs, il envoya au rç§|:e de sa troupe l'ordre de le rejoindre. U alla camper çptte nuit-là à l'eptrée de la province d'Hevejjço, ej; envoya de là l'ordre à D. Alvaro de Mendoza fie \e,pirse réunir à liii avec le reste de l'armée, pour délibérer sur ce qu'il y avait à faire. Quand les messagers arrivèrent dans la province de Curume, ils ^iQus trouvèrent dans l'affliction , car il y avait longtemps que le général était parti et nous ne sa- . vipn^ ce qu'il étai^ devenu. Nous pous mimes en rpute suf-le-chîuftp ppur la province d'Hevejico, où ppj|i§ arrivantes en trq^ç jours. Pendant cette marche, le m^ijUeur cl^eyal qu'il y eut dans l'armée tomba dans un précipice et se tua.
Quand tp^te l'arpiée fut réunie, le général raaf eijal)|a le§ geft|;il^fçiî^es et les personne» coa«idé-
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l^e v^U^ ^^s cet ^ndro^^ qui éUjit t^ÂI' poQV^aable pp^f çplsL ; qu^ cela aç pouyait ouir^ aux aaturda ^t qUfl Tqi^ P^ poi^rrait trouver ua^ position plus favpr^^l^; qv^e lep Indiens perdraient toute leur éf^Pf gic quai^4 il3 verraient qu'i} tenait «a parole et fpi^strui^it un^ ville , et qu'ils ^mbrsis$Qr^i^at la y^r^tal^le f^ligion. T^H^ le wo^^e ayant 4pprpu¥é tpette prppp^ition, l^ général chargea }'enâeig|iç Gerpnfmq |^uis Texelo de réunir toup le§ vivrez qu'il pourrait trouver 4aU9 }a province avan); qu0 les naturel$ u^ }^$ racolassent, afin d'assurer f^insi la subuistance des Espagnols. Texelp ^ fendit d'abord daiîs ui^e yallé^ située prè^ de T^ndroit où Top vpuiait fp^^troire 1^ ville ; mais pendant qu'il s'occupait 4e sa poinii^iç^ion , il yit: arriver plusieurs troupes 41ndieff|^ qui vjenaient 4^ ^ prqyiqce d'Ituanco a^i ^ecpmr^ de celle d'Hevejico. J-^s I^d^ens J^'IU^^qgo ^'étaieQt moquée 4^s habi^nts de cette dernière proyinpe, |epr jreprpphant 4^ ne pas avoir tuç ou cbaaaé Ipf nouveaux vepfis ; ajoutant qu'ils §'en chargeaient p^fsqu'ils n'étaient pas capables 4^ le fc^ire. Au mp- ^^^\o^x f)^ piff ureJ^t au haut d'une cpUiue pr^s 4^ 4'jefi4rpit pff les Pspagnpls r^sseinblaient de? vivrez, i|e hazard .yop.lut qu' Alvarp de Men4pza, qu^ l^ g4iQi^ral avait "pffvpyé yoir pe qui .se p«^^ait, y arrivât ;suus^ j^vpp quelques cavaliers. Voyant 1^ quijntité ^^|)^4^.en^ qui arf iyaient , il se ^âta 4^ prendpç les £^1^9^^. PefPfH?»^p Tp^elo et Martiu 4e Bocaftegra s^^îyiÇfBfll|: spn ^xeppje , et jlç ^ç dipgireut avec leuri? ,
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240 NOUVELLES ANNiLLES
chevaux du côté des Indiens ; mais comme ils étaient six mille et que le haut de la colline offrait peu d'espace , on ne pouvait les charger parce qu'ils arrêtaient les chevaux avec les mains. Cependant la crainte que leur inspiraient les chevaux, qu'Us n'avaient jamais vus, et quelques coups de lances, parvinrent à les mettre en fuite. Un grand nomhre se laissèrent rouler du haut des rochers. Ces Indiens furent si honteux de n'avoir pu tenir la parole qu'ils avaient donnée à ceux d'Hevejico , qu'ils ne reparurent jamais. Les trois gentilshommes se distinguèrent ce jour-là, surtout le capitaine Mendoza qui tua plus de vingt Indiens.
On réunit une grande quantité de vivres en peu de jours. Le général voyant qu'il y en avait assez pour pouvoir attendre la récolte , ordonna que l'on n'en prît plus, afin qu'il en restât aussi pour les naturels. Le 21 novembre 15^1, il fonda au nom de S- M. et du gouverneur Venalcazar une ville qu'il nomma Antioquia. Il nomma alcades Alvaro et Diego de Mendoza, et regidors le capitaine Vallejo, Juan de Buste , Francisco de Avendano et Francisco Ferez Zemhrano , et d'autres personnes honorables. Tout cela se fit avec la solennité convenable. Quand les emplacements pour construire et les terres arables eurent été partagées aux habitants, le général voyant que les naturels tenaient toujours la campagne et ne voulaient pas se soumettre , quoique depuis deux ans il ne cessât de les y inviter, et qu'ils venaient l'insulter jusque dans la ville , il craignit qu'il n'en
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résultât quelque désastre. Il envoya donc le capitaine Vallejo avec quarante hommes contre des Indiens qui étaient réunis dans un village nonmié de las Guamas. Ce village était situé de l'autre côté de la colline de la Croix. Vallejo partit à la tombée de la nuit, qui était obscure et pluvieuse. Comme Ton était à la fin de novembre, le froid devint si fort vers minuit qu ils ne savaient comment faire pour ne pas geler ; ils n'eurent pour ressource que de marcher sans s'arrêter. Comme ils approchaient du village , ils furent aperçus en gravissant une colline par des Indiens que l'on avait placés en sentinelle. Ils gagnèrent le village en poussant de grands cris. Les Espagnols voyant qu'ils étaient découverts, doublèrent le pas et arrivèrent presque en même temps qu'eux. La nuit était très-obscure , car il y avait encore deux heures jusqu'au lever du soleil. Les naturels sortaient de leurs cabanes avec des flambeaux de paille allumés , ce qui fut très-utile aux nôtres pour se diriger ; mais ils ne purent arriver assez à temps pour les empêcher d'enlever la plus grande partie de ce qu'il y avait dans leurs maisons. Us firent d'abord partir les femmes et les enfants chargés de leurs effets , et formèrent l'arrière garde avec leurs flambeaux allumés à la main, et leurs armes. Les Espagnols les chargèrent comme des lions ; les Indiens montrèrent la même valeur, et la mêlée devint effroyable, car les Indiens étaient très - nombreux : mais , avec l'aide de Dieu , les Esps^gnols les mirent en déroute après en avoir massacré un grandi nombre. JYovmbré-Déeembre 1853. Tome it. 16
LvDigitià'ed
â4a NOmnUJM AlOfALES
lU tuèrmi dune o^tte ooeasian aft cad^ftte Hommé QazaYurruco. U était déjà grand jour quand led Itt^ 4iens se retirèrent et que les Eipagnols purent entrer dans les maisons. Ils y troutèrent beaucoup d'or et d'étofiea de coton , et firent Un grand nombtt de priaoQniërs.
Après avoir longtemps pcmrsoivi les Indiens en gravissant une montagne, les Espagnols prenaient un peu de repos quand ils aperçurent une multitude d'Lidiens qui s'ayançaient contre eux. Le capitaine Valiejo, voyant qu'il faisait déjà grand jour, qu'il n'avait pas de chevaux, et qu'il avait un mauvais pas à traverser, craignit qu'il n'arrivât quelque désaatt^ s'il attendait les Indiens. H commença donc sa retraite ; mais il n'était pas encore en bas de la colline que les Indiens , qui étaient déjà en haut, commeneèrent à faire rouler des rochers sur les Eispagnols et à leur lancer av«c des fVondes des pierres qui blessèrent quelques Seldcits. Il y a^ait au bas de la colline une rivière qu'ails n'avaient pu traverser qu'en nagesmt et en s'aident de pièces de bkHs^ mais au retour ils avaient tant de hâte d'^échap^ per à la grêle de pierres qu'on lançait sur eux, que , S£ms s'attendre les uns les autres, ils la travet^ sèrent avec autant de fecilité que s'il n'y en avait pAS eu» Ils s'ea serai^it cependant mal tirés, si le général de s'était mis en marchele malin avec qudf'^ qu«s cavaliers pour protéger leur retraite. Quand on lui eut présenté les prisonniers y il leur demanda pourquoi ils n'avaient pas accepté la paix qu'il tettf
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Mê fOTAOlft. 24S
aTâit fait offrir tant de foia. Vous davea savoir, leur dit*»il , que loin de vous faire du mal , je tous donne diverses choses que vous estimes beaucoup ; pourquoi m'obligez-vous il vous tuer , pourquoi allexvous courir dans les bois , exposés au froid et à la pluie au lieu de rester tranquillement dans vos mai» sons ? Si Ton vous a fait du mal , c'est parce que vous êtes des coquins qui n^avei pas voulu recon^ naitre Taiitorité de Sa Majesté, comme je vousTai fait dire si souvent. Les Indiens lui répondirent qu'ils ne demandaient que la paix , mais qu'ils sauvaient que des hommes semblables à nous avaient passé par les provinces de Nori ^ de Y urutica et de Guaca , et qu'ils avaient massacré les caoiquca et les Indiens qui les avaient reçus en amis; ile avaient craint qu'on leur en fît autant. Us voulaient parier de deux expéditions qui étaient parties de Garthagène, l'une sous la conduite du licencié Va*^ ddlo, l'autre sQUsles ordres de Juan Gracimo, et qui avaient traversé ce pays* Gomme ils n'avaient pas l'intention de faire d'établissement, ils avaient tout pillé et tout ravagé sur leur passage; ce qui nous fut si nuisible dans la province d'Hevejico , et qui a été la cause de l'insoumission des natureh. Votre Majesté devrait ordonner, sous des peines sévères , de fonder des étaUissements dans toutes les colonies que l'on découvrira , quand cela sera praticable. Gar beaucoup de capitaines qui n ont pas cette in* tention détruisent et saccagent tous leç pays qu'ils traversent 9 et dans ce paya la nouvelle des bons ou
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244 NOUVELLES ANMÂLEft
des mauvais traitements se répand très -promptement parmi les naturels et dans une grande étendue de pays. Le capitaine Robledo ne s'est pas conduit ainsi ; il a trouvé , au contraire , une grande quantité de pays ravagés parles guerres que les naturels se font entre eux , et il les a rétablis et pacifiés, n est un de ceux qui ont découvert , conquis et colonisé ce pays de la manière la plus régulière ; car, en deux ans de temps , il a fondé trois villes et pacifié les provinces où elles se trouvent, et il en a découvert beaucoup d'autres très-riches où Ton peut aussi fonder des villes, le tout à ses frais, sans aucun aide de la part de Sa Majesté ni de personne; il a dépensé à cela plus de cent mille pesos d'or. Il n'a pas agi comme le font souvent les capitaines dans les Indes , qui , lorsqu'ils ont découvert une province , commencent par en tirer toute la substance avant de la distribuer aux malheureux conquérants, ce que souvent ils ne font même pas ; car il y a dans ce pays des gens qui ont servi Votre Majesté pendant dix ou douze ans et ne possèdent pas un Indien, tandis que l'on donne les meilleures commanderies à un chapeton qui arrive d'Espagne. On sait malheureusement que Votre Majesté et son conseil sont trop loin pour qu'on puisse aller se plaindre. Quand notre général eut appris la raison qui empêchait les Indiens de venir se soumettre , il les assura de nouveau qu'ils n'avaient rien à craindre , et les remit en liberté avec leurs femmes , ce qui commença à les tranquilliser. Quelques Indiens vin-
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rent alors se présenter volontairement. Quoique ce fût plutôt par le désir de voir ce <juè nous faisions que par celui d'une paix sincère, le général les laissa aller et venir librement sans permettre qu' on leur fît le moindre mal. Il ordonna aussi que Ton fît une procession en l'honneur de Notre-Dame, et fit dire la messe sur la colline où nous avions planté une croix lors de notre entrée dans cette province , et que Notre-Seigneur avait conservée par un véritable miracle. Car pendant que tous les Indiens de la province étaient soulevés , ils n'avaient pas osé y toucher, quoique ce soit leur habitude de brûler et de détruire tout ce qu'ont fait les Espagnols ; ils brûlent même leurs propres maisons quand les Espagnols y ont logé une ou deux nuits, et ne se plaignent pas de la peine qu'ils ont à les reconstruire , pour tirer de nous cette vengeance, à côté de l'ancienne. On planta une nouvelle croix très-bien travaillée à côté de V ancienne. Cette journée fut un jour de fête, et le général nous donna un repas de tout ce qu'dn put trouver de meilleur. Les bons morceaux ne manquèrent pas, quoique ron fût dans un pays nouveau (1).
Robledo voyant que la province de Pequi, laquelle touche à celle d'Hevejico, ne voulait pas se soumettre quoiqu'il l'en eût fait sommer plusieurs fois, envoya contre elle Antonio Pimentel avec trente et quelques soldats, n partit vers le soir et y entra avant le jour; il n'étaitpas très-rassuré, caria population de laprovince était nombreuse et l'entrée fort escarpée; grâce (1) G« qui est en iulique est barré dans le manuscrit.
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ii% NOUVBM.W AWNAi'BS
à Dieu, néasïm^imf il y pénétra sans être aperçu^ Qg surprireat quelques ludiens dans leurs cabanes, mail ceux-*cioommencèreutàjeter de si grands cris, qu'Us alarmèrent toute la contrée. Les Indiens se réunirent en troupes et attaquèrent les Espagnols qui leur tuèrent beaucoup de monde. Quelques-uns des gens de Pimentel furent aussi blessés; mais un cbien nommé Turc qu'ils avaient avec eux efiraya tellement les Indiens , qu'ils prirent la fuite ; il en avait décbiré cinq ou six en un instant. Ce chien et quelques autres que nous avions avec nous nous ont été très^utileSy car Je pays est si coupé et si escarpé que Ton ne peut se servir de chevaux. Les Indiens les craignaient teUement que , quand ils venaient à la ville f ils criaient de loin à l'interprète de faire attacher les chiens. Ces animaux sont si intelligents que , quand ils rencontrent un Indien seul , ils connaissent à l'instant s'il est ami ou ennemi ; dans le premier cas, ils ne lui font pas le moindre mal, naiais dans le second, U est impossible de les retenir. Les habitants de Pequi , voyant qu'ils ne pouvaient résister aux Espagnols , se retirèrent pour aller chercher des renforts. Les nôtres ne les poursuivirent pas et se replièrent sur l'armée , car, aux cris qu'a^ vait jetés la première troupe, ils avivaient par bandes de tous les cotés ; mais s'étant aperçus pendant Ja retraite qu'il manquait un Espagnol , ils revinrent sur leurs pas pour le chercher. Us le trouvèrent dafts un ruisseau la tête fracassée ; il avait glissé du haut d'un rocher trèç-élevé et était tombé dans
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DM VOVàllM. lit
cH «djifûlL Os VtmporièreAt de lear miftnx énAê un luffitac et reviarent joindre quel<]tiies cavaliers qui 1» attendaient pour protéger leur retraite. Q«Lan4 las |j|^eii$ d'Herejico apprirent le md qtue les Espe;giiols araient fait à ceux de Pequi, ila s'en réjouU rent i^eaucDup^ car c'étaient leiiri ennemi« , et cela leur inspira dp meilleures dispositions en^rers nous. Dieu Teuille qu'ils les conservent i
Il y allait déjà wa an que Rcddedo avait quitté les villes de Gartba^ et de Santa^Anna. Voyant qu'il ne recevait aucune nouvelle du gouverneur et Kjpsm tout le pajs était tranquille^ il résolut d'y retour'* ner } car il y avait laissé sa maison et ses iiiens , et devrait rendre compte de son voya^ au gouverneur. D fit part de son dessein et deoMoada au eonseil de la nouvelle ville trente Espagnols pour l'ae* con^pagner» Xe conseil lut très-embarrassé , car il n'y avait en tout que soisante-diai-iMuf Esps^noiss^ e4 s'il en élait parti trente^ il n'y avait pas espéracice que le reste put se «outenir^ lis lui demandèrentdonc» pi^^qu'il v<aulait se rendns à Garliiai^) de «le pas prendre la route par laquelle il était venu, msâs de «13 dàtij^r aur CariJiagéBe ^ar ntUe «fo^avait «uivie le licei^cié YadUlo qni avait été retrouvé par jo&istx «|ui pareo9ira4ent le pays pour l'eKaniner , et qui ne passait paé àpkus de irenie limies d^lavitte. 8s lui dirent qyi'ils lui donaetvient dauee Ë^gnsis pour l'accompagner» oe qm était Imixi sioffisaiit , pui«q«te 4aut le jpays qif'avait pnrcfmm V^dSo était défiett; wie fw atfimé à fistÂa^èiïè, il liii«enét fiMsIfedfe
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248 NOUTEUiSS ANHàLES
se rendre à Panama par Nombre deDios et Gardiago* H pouTait donc profiter de cette occasion pour rendre compte à Taudience de ce qu'il avait fait. Robledone pouvant faire autrement, accepta cette proposition, laissant pour son lieutenant Talcade Alvaro de Mendoza, et emmenant avec lui cinq cavaliers et sept fantassins ; trente autres raccompagnèrent jusqu'à la province de Guaca.
Eln sortant d'Antioquia , il entra d'abord dans la province de Currume. Il fit inviter le cacique à se présenter devant lui ; et comme il ne paraissait pas, il envoya à la découverte quelques Espagnols qui lui ramenèrent plusieurs prisonniers, parmi lesquels était un chef principal. Robledo les harangua longuement, leur expliquant la différence qu'il y avait entre la paix et la guerre , et les renvoya dans leurs maisons n traversa ensuite la chaîne de .montagnes et entra dans la province de Penco, dont les naturels , avertis de notre arrivée et de la manière dont nous avions châtié les provinces voisines , avaient tous pris la fuite. On leur fit cependant quelques prisonniers* Nous allâmes au village de Gunquiva, où nous courûmes un grand danger en traversant des ponts de liane et des montagnes couvertes de broussailles. Nous entrâmes ensuite dans la vallée de Novi qui fait partie de la province de Guaca. C'était autrefois une des meilleures de la contrée , mais elle a été brûlée et détruite par des expéditions venues de Carthagène. C'était pitié de voir les plantations, les vergers , les cabanes et les bassins creusés de main
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d^hommes entièrement détruits. Il y a de cette vallée à Antioquia trente lieues d'un terrain très-difficOe et très-coupé , et il faut traverser une chaîne de montagnes très-escarpées. Cette province est arrosée par une rivière nommée Rio de Léon , qui est très-dangereuse. Comme il fallait absolument la traverser, et qae nous manquions de tout ce qui est nécessaire pour faire des radeaux, nous la passâmes à la nage ainsi que les chevaux. Nous nous arrêtâmes pendant quelques jours pour ramasser des vivres et pour voir si les Indiens viendraient en amis ; car le général les avait fait appeler. Ils vinrent en effet , et il les reçut très-bien et les invita à être sans crainte et à rester dans leurs maisons, les assurant qu'il n'avait pas l'intention de leur faire le moindre mal, mais qu'il les traiterait comme ses frères et ses amis. Us répondirent qu'ils ne demandaient pas mieux ; mais que d'autres chrétiens , qui avaient traversé leur pays , leur avaient dit la même chose et que loin de leur tenir parole ils avaient tué tous les Indiens et entre autres un chef nommé Notivara. On n'avait-, disaient-ils, qu'à regarder tous les endroits où il y avait eu autrefois des villages et où il ne restait plus rien. Certainement ces deux Indiens avaient raison, et leur discours excitait la compassion. Le général leur dit que tous les chrétiens qui étaient venus autrefois dans leur pays étaient des scélérats ; mais qu'ils étaient tous morts , et qu'il n'y avait plus rien à en redouter. Cette assurance, et quelques présents qu'il leur
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doona en les renvoyant d^ns leurs maisons, les ^\^ firent complètement, et ils lui promirent dWler kha ville des cl^rétiens pour les visiter. Dans cet endroit^ Robledo renvoya à Antioquia Antonio Pimenta çt les autres Espagnols qui l'avaient accompagné, et ne garda que les douiie hommes qu'on lui avait ac-» cordés. Le général, voyant notre petit nombre, noi4S ordonna de marcher toujours réunis et de garder w milieu de nous les Indiens qui portaient nos vivres. Nous continuâmes notre marche dans cet ordre, et nous passâmes la première nuit sur la limite de cette province à l'entrée d'une forêt. En deux jours nous arrivâmes au pied des montagnes d^Ahive , où nous éprouvâmes de grandes fatigues; car, comme il j avait six ans que personne n'avait passé par là , il n'y avait plus de routes, et les lianes nous barraient le passagje. Après avoir suivi quelque temps le cours d'un ruisseau qui descend des montagnes , nous pei?dîmes notre chemin en prenant unis colline pour l'autre, et nous marchâmes trois jours dans cette di^ rection. Au bout de ce temps nous vîmes que nous nous étions trompés , parce qu'au lieu de marcher vers l'occident, nous nous dirigions du côté du nord. Nous fûmes obligés de revenir sur nos p^s, ce que nous exécutâmes avec beaucoup de difficulté à cause d'une descente très-périlleuse pour les die^ vaux. Nous cherchâmes le chemin avec beaucoup de soin, et , grâce à Dieu , il fut retrouvé par un nègre qui parlait T espagnol et que pou^ avions pris avec nous pour ppus^ servir d^ gui4^, ^«piq^'il y
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usa TOTAGBft. Vtk
eût bien lopg-temps qu'il avait passé par là< Nou» retrouvâmes la colline qu'il fallait franchir et noua sortîmes heureusement des montagnes) les vivres commençaient à nous manquer et nous ne trouvions rien, pas même des herbes mangeables. Nous perdin^ies de nouveau notre chemin en traversant les montagnes, et nous errâmes pendant plusieurs jours sans savoir où nous allions ; nous étions dans une forêt si épaisse qu'on ne voyait que le ciel et les arbres. Nous étions obligés de nous ouvrir un chemin , car les broussailles étaient si serrées qu'il était impossible de passer. Pendant que nous errions ainsi à l'aventure, nous entendîmes le bruit d'une rivière. Nous courûmes de ce côté et nous recon* nûmes le Rio de Léon , qui prend sa source dans les montagnes qui dominent la ville d'Antioquia » traverse les montagnes d'Abive et se jette dans la ri-vière du Darien, qui a son embouchure dans lamef du Nord. Le Rio de Léon est une rivière très-consi* dérable , et nous remerciâmes le ciel quand nous Teûmes reconnu. Gomme nous manquions de vivres, l'on proposa de tuer les chevaux et d'en faire fumer la chair au moyen d'une espèce de gril en bambous que l'on place au-dessus d'un grand feu ; la viande ainsi préparée se conserve fort longtemps. On proposa aussi de construire des radeaux pour descendre le fleuve ; le courant nous c(mduirait na^ turellement à la mer , et il valait mieux nous expo* ser aux dangers de cette navigation que de courir le risque de mourir de faim au milieu de^ forêts» ou
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252 NOUVELLES ANNALBS
d'être dévoFes par les bétes sauvages . Mais le général , nous voyant si peu nombreux , pensa qii'en descendant le fleuve nous serions certainement massacrés par les Indiens si nous en rencontrions , car ceux de ce pays ont des flècbes empoisonnées. Voyant cependant que pendant toute cette discussion les vivres diminuaient, et que s'il arrivait un malbeur en descendant le fleuve on en rejetterait la faute sur lui, il se décida à se diriger par terre du côté du coucbant, pensant que tant que nos cbevaux dureraient nous ne manquerions pas de vivres, et que Dieu ne nous abandonnerait pas. Nous marcbâmes donc pendant longtemps, sans chemin tracé , rencontrant des rivières que nous ne pouvions traverser, ou des marais où nous enfoncions , et partout obligés de nous ouvrir un chemin. Nous n'avions plus d'instruments tranchants , nos épées et nos machets étaient brisés. Nous étions si accoutumés à souffrir, la faim que nous redoutions de rencontrer des Indiens qui auraient eu bon marché de nous, car nous n'avions plus d'armes. Mais la famine finit cependant par devenir si grande que nous désirions par-dessus tout en rencontrer. Nous les aurions attaqués, quand nous eussions dû le faire avec les dents. Le général voyant notre misère , et que tous les Indiens de charge , ainsi que la plupart des Espagnols, étaient très-affaiblis , donna ordre de tuer un cheval, ce qui nous fut d'un grand secours. Nous trouvâmes sa chair si bonne que nous pensions n'avoir jamais rien mangé de meilleur, tant la faim l'assaisonnait , quoique nous fussions obligés
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DBS VOTAOBS. 253
de la manger sans pain et sans maïs, parce qu'il n'y en avait pas. Quelques-uns en mangèrent une si grande quantité qu'elle leur donna une diarrhée très-dangereuse. Tant que cette provision dura, nous marchâmes en toute hlte. Un jour, au cou^ cher du soleil, le général ordonna au capitaine Vallejo d'aller examiner des terres que l'on apercevait à quelque distance et qui paraissaient avoir été autrefois cultivées. ïln remontant un ruisseau qui coulait dans cet endroit, il crut en effet, au bout d'une lieue , trouver des traces de culture , et en remuant l'herbe avec un bâton, il trouva trois grosses gousses d'agi, que l'on nomme en Espagne poivre d'Inde. Elles étaient encore fratches , et dès qu'il les eut aperçues il nous appela à grands cris pour nous les faire voir. Nous fûmes aussi joyeux de cette découverte que si nous eussions trouvé le plus grand trésor du monde ; car elle nous annonçait que nous étions près d'un village. Le capitaine s'étantun peu éloigné de nous, entendit le cri des perroquets; il se dirigea seul de ce côté et trouva un champ de maïs mûr, où il y en avait plus de cent fanègues. Il revint vers nous avec une joie impossible à décrire. La nôtre ne fut pas moins grande, car les palmuhas et les autres herbes dont nous étions forcés de nous nourrir ne soutenaient pas nos forces, et nous avaient rempli la bouche de plaies et d'ulcères pour en avoir mangé sans les connaître. La joie nous coupait la parole. Après avoir remercié le Seigneur de la grâce signalée qu'il nous avait faite, nous restâmes quatre
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tu Y^ojPfwuan anmales
jours dan» 4wt «idroit pour nous refaire mi mangeant du maïs r6ti, faute d'avoir ce qui était nécessaire pour le moudre et en faire du pain. Malgré cela il nous parut aussi bon cpie les raisins secs d'Utrera que Ton mange à Séville. Nous en prîmes la quantité nécessaire pour suivre notre route» et pendant tout le temps que nous fumes dans cet endroit les Indiens ne nous aperçurent pas» ce qui est très-eiitraordinaire ; car nous découvrîmes leurs maisons où étaient encore tous leurs meubles. Sans cela nous aurions été dans un grand danger, car les Indiens de ce pays sont très-belliqiifiux et très-habiles à tirer de rare. Après nous être abon» damment pourvus de vivres, nous nous remîmes en p^arche» et au bout de quelques jours nous trouvâmes d'anciennes marques qui avaient été faites par des Indiens venus de Garthagène. Voyant que noos étions dans la bonne route , nous la suivîmes pen*dant dix ou douze jours, nous égarant cependant quelquefois. Nous traversâmes sans être aperçus, mais Qon sans crainte, la province de Gerracuna qui était autrefois très-peuplée, et est maintenant couverte de forêts. Le général nous ordonna de prendre Içs plus grandes précautions , car les Indiens de œ pays sont très-perses et ont des flèches dont le poison tue dans les vingt-quatre heures. Nous arri vannes ainsi sur les bords de la rivière de lasGuamas, où nous trouvâmes un feu allumé ; mais il n'y avait personne auprès* Nogs n'étions cependant pas sans craintes » i^ar il qc nous restait que deux épées pciiur
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xloUft tous, ^ ausêi parée queleê Intlienfi àt et |>ay8, qui edt trè«-4;ncaissé, avaient êoUTcnt fait beaucoup de mal aux Ëspftgnola. Il« se plaçaient au haut du i*i-vage pour leur lancer des flèches, et en avaient ainsi tué un grand nombre. Le général ordonna au capi-» taineVâllêjo, à Alonso de Villacreus etàFrancisco del Cuellar, de pénétrer dans les broussailles et de gar^ der les hauteurs , tandis qu'il s'avançait aviec le reste de «;on monde le long de k plage. Mais pendant toute cette route, nous n'aperçûmes aucune trate «d'Indiens , ce que nous ne savons à quoi attribuer. Ayant quitté le bord de cette rivière , nouë trayer^ :sâtiies un« forêt de bambous , et nous trouvâmes HB autre rtiiâ$eau« Après avoir sui\i son cours pen« dant efitircu une demi «lieue, nous rencontrâmes un Indieti occupé à pécher, que nous amenâmes au général. Comme il ne parlait pas la même lan^ gue que ceux du pays d'où nous Tenions , tout ce «qu^on put comprendre fut le mot Saint-Sébastien •qm'il répétait en nous montrant le Coté oà se trouve cetfee ville de chrétiens qui n'est qu'à quinze ou seise lieues de là. Cette nouvelle nous combla de joie. Le jçénéral donna quelques étoffes et quelques bâgfttelleâ à l'Indien qui en fut très^-satisfait, et l'envoya 'dire aux caeiques de venir le trouver et de nous apporler des vivre^s dont nous avions grand besoin», car 'om.x que novL» avions emportés étaient épuisés» Uli^ «Sbeii en nou« quiftiant prit son arc et ses fléchée qu'il aw^it tntehéa s&cig un palmier^ ainsi que son poison ^ était «ocvelo^é^n» deileuillespouir Icpicéserver
256 NOUVELLES AlVlfALES
de rhumidité. Nous continuâmes notre route , et au bout de cinq heures un cacique vint nous rejoindre avec quelques Indiens- des deux sexes. Nous avions avec nous un Espagnol, nommé Juan de Trades, qui avait assisté à la conquête de ce pays. Les Indiens le reconnurent, quoiqu'il y eût plus de six ans de cela, et allèrent au-devant de lui les bras ouverts, l'appelant par son nom , et lui demandant d^où. il venait et ce qu'il avait fait pendant tout ce temps. Trades les conduisit au général qui les reçut fort bien et leur donna quantité d'étoffes du pays et de verroteries. Ils nous apportèrent quantité de yuca, de maïs et de poules; un grand nombre d'Indiens venaient à chaque instant nous visiter. Ils étaient tous armés d'arcs et de flèches, et portaient leur poison enveloppé dans des feuilles pour ne pas le mouiller. Nous craignions que le diable ne leur inspirât de nous faire du mal , ce qui leur aurait été très-facile s'ils l'avaient voulu ; car nous n'avions rien pour nous défendre. Mais ils ne le firent pas, grâce à la protection de Dieu et aux présents que leur fit notre général. Ils le tourmentaient beaucoup pour qu'il leur donnât en échange pour de For les Indiens et les Indieimes que nous avions amenés avec nous, et dont ils voulaient faire des esclaves. Mais Robledo leur répondit: « Aimeriez-vous que l'on vous conduisît dans un pays lointain pour vous y vendre aux habitants? Je ne vous donnerais pas ceux que j'ai avec moi pour tout l'or qu'il y a dans le monde ; ils sont aussi libres que vous, je ne les ai amenés que par nécessité et je les
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renverrai chez eux. » Les Indiens étaient tout étonnés de le voir si peu a\ide d'or. Ils lui dirent qu'il était un bon chef et qu'ils l'aimaient ppur cela. Ils firent même demander à Pedro de Heredia , à qui ils étaient soumis , de le leur donner pour chef.
Nous aperçûmes dans cet endroit une croix que des chrétiens avaient plantée dans un ruisseau et devant laquelle nous nous prosternâmes en adoration, très-joyeux de voir se confirmer ce que l'Indien nouSf avait dit. Les chefs et les Indiens quittèrent notre général , très-contents du traitement qu'il leur avait fait, et lui donnèrent deux des leurs pour le conduire jusqu'à la mer, où nous arrivâmes en trois joyrs par un chemin très-difficile, coupé de torrents et de rochers. Nous nous rendîmes de là en deux jours à Saint-Sébastien, en marchant dans la mer jusqu'à la ceinture, et quelquefois même jusqu'à la poitrine. Nous soufirîmes plus pendant ces deux jours que pendant tout le reste de la route ; car, comme la mer était mauvaise, les vagues nous brisèrent le corps. Nous arrivâmes à la ville rompus et presque mourants. Nous y trouvâmes Alphonse de Heredia, qui y résidait en qualité de lieutenant de Pedro de Heredia son frère. Quand Heredia et ses compagnons nous virent arriver ainsi déchirés et sans chaussures, les pieds remplis de blessures que nous avaient faites le sable et l'eau de la mer, affaiblis et pâlis par la famine , ils en furent très-é tonnés , car ils n'avaient pas entendu parler jusque-là de notre expédition; et quand ils surent d'où nous venions, ils regardè- ^ovembre-Décêmbre 1853. TONK it. 17
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258 NOUVELLES ANHAtKS
rent comm« une grande témérité d'avoir t^alé CMrtte entreprise avec aussi peu de monde. Au lieu de BOiw bien recevoir, efcde nous secourir, comme k nom dt cbcétiens q[uHla portaient leur en imposait le de:v€ftii»u leur chef, qjLii éJtait boiteux des deux jambes^ et aci pouvait se remuer, ayant appria cpia uau^ a^ioxift un peu d'or, et tout ce que notre général avait £ait pouf le service du roi , il le fit arrêter par son avarices et par envie. Le capitaine et son frère Pedro de Herar dia, qui arriva peu de temps après, nous jetèrent en prison et vendirent à vil prix tout ce que naoii possédions , disant que la ville d' An&oquia, que Ro^ bledo avait découverte , conquise et fondée pendant qu'ils n'étaient occupés qu'à se divertir^ leur appaj:«< tenait; et ilanouç firent toutes les injustices quel'oa peut voir dans l'instruction qu'ils ont fait dresse» contre nous, et qu'ils ont envoyée en Espagne à S$l Majesté et à son conseil.
( La fin ffroehaénanent, )
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TABhEkV TUPOGRAPRIQU|; PROVINCE DP SIOUNIK' od SISAGAN
DA.N» l'aRmInIB aaiBNTALE.
PAR M. BO. BOLAUaiBR.
Un. éprivain arménien de la fia du. x* Sjièçte > Etienne ^ de la famille çBi^cière de^ MUiajn^ % ^t ^' cjievêque 4e 1» proyince de Siounik dont H s'est feit rhistorien , nous a donné ^ la fin du volume <ju'ij ^ cpnsacré ^ la décrire upe listç d^s douze di^isioM «jui la partageaient, avecle iiqhi de diverses localités <jue chacune de ces divisions comprenait. Cette liste,, qui forme le chapitre 73 et dernier de son livre, est iftl4tulé& di»^ U table de^ m^ti^ces ; « S^edev^ixces ecclésiastiques des douze distrielft dek province Ae Siounik, suivaatFatttique limite. » Ces papole» montrent évidemment que ce document était déjà ancien au temps où ÉtM»X(ve écrivait. Il e$t probable toutefois qu'il n'est pas aatérieur au v* siècle , puiscjue la série des districts de Siounik que nous offre Moyse
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de Khoren dans sa Géographie (1), qui florissait à cette dernière époque , est présentée dans un ordre différent de celui d'Etienne. La liste que celui-ci nous a transmise est le relevé des sommes que chaque localité était tenue de payer à Téglise dont il fut un des chefs ; on peut conjecturer qu'il a trouvé cette pièce dans les archives soit de son palais archiépiscopal, soit de Saint -Etienne, église métropolitaine de Siounik. C'est une sorte de livre terrier, qui , à cause de son importance , devait y être conservé avec soin. On peut donc le considérer comme une statistique officielle de cette province. Le nom de chaque Iqcalité est suivi du chifi're de la somme à laquelle elle élait taxée. L'indication de l'espèce de monnaie dont cette somme se composait est sous-entendue , sans doute parce que dans l'usage habituel cette indication était superflue, comme étant parfaitement intelligible pourles collecteurs chargés depercevoir cette taxe. Cependant une énonciation qu'on lit après le nom de Sourp Kéork (Saint-Georges), localité du district d'Iérendchag et qui est ainsi conçue : deux tahégans et huit trams , monnaies qui
(1) Voici celte série (œuvres complètes de Moyse de Khoren, p. 609, édit. de Venise, in-8», 18/i3) :
Dzëg-^ag.
Hapant.
Pag'Ic'.
Tzork'.
Arévik.
Gousagan.
1 lérëndchag.
2 DJahoug.
3 Vaijots-tzor.
k Keg'^ark'ouni avec le lac de
K'ég'am.
5 Sodk'.
« Ag'aiiêdjk'.
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correspondent au dinar , ou denarium, en or, et au dirhens ou drachme , en argent , permettent de supposer, d'après une comparaison avec les autres chiffres de notre liste , qu'il s'agit partout de trams ou drachmes. J'ai maintenu dans ma traduction ces chiffres qui témoignent sans aucun doute de Vimportance relative de chaque localité.
Certaines syllabes finales qui entrent dans la composition d'une foule de noms de notre liste, ont une signification qui doit être expliquée unç fois pour toutes. Ces syllabes sont : vank eianabad, monastère; tzofy vallée ; P'orj creux, bas-fond et aussi vallée ; schêrif construction et aussi village; aran, bourg, château; Pag, place entourée de murs, enceinte circulaire ; Thag\ canton, quartier de ville ; ked, fleuve, rivière; dchour , rivière; wiarft, prairie; fcar, rocher; dzag, grotte , fissure de rocher ; guerd, construction, ville; pert, forteresse, château fort; kioug"^, ou keg*, village.
En livrant à la publicité ce fragment inédit, mon intention a été de fournir provisoirement à l'étude de la géographie ancienne de l'une des satrapies les plus considérables de l'Arménie un documents précieux, mais sans y joindre le commentaire développé qu'il aurait comporté, et dont les éléments ont été déjà réunis en grande partie parle R. P. Tndjidji dans son Arménie ancienne, p. 228-300. Ce commentaire trouvera beaucoup mieux sa place dans l'extrait que je me propose de donner du travail dont cette province a fourni l'objet à ce savant religieux,
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Mt IfOUVBIOiEB AHIVALES
€ti le rectifiant €t len le complétant par t% docnmenl ^'il n'ft pas eottiu.
■^^uiHfft fttt 'tnooe dé IraiiBcr iption ^uié j m mt^ff^ ^ j«*iâe>miis eonformé à odui desR.P. MeÛôftksânsteft, iMtammeifl dans hi traducttion itaiienne éa Moyae de Hhcireii -éditée et annotée par ^enx , «t dans le Dictionnaire Annâaien-'Itaten du R. 9. fimmamid #diaktiddial& , ^oiqne Ton ne puivte dsoter que ia -prononciation de plosieum lettres de l'ai pha bcs t arménien ait été fldtévée dans le cours des AiB;«i« fl me paraît beaucoup plus rationnel de s^en rappm4er à cet égard à la tradition nationale , dont les Arïnéniens modernes sont aujourd'hui ies meîHeuiis «r- ^nes , <{ue de suivre les idées «^tématîquesémises par S<ihr6der, et propagées de nos jours par M. £e* termann de Bel4in^et^par• d'autres orienfUfliste&« fin fepi^uisimt ce tableau de correspondance de VAiSr ^Aëi amnénien <e>t 4le l'alplM^t «miain , donné dans la version de Moyse de Khoren des MdàA- #kaïHist«s 4* ^ans 4e leiûqm4e OdiaklidobHkk , je h^ iâ fcîit «d^atHMS <!)»ingean6»ls ^e /oewx «que oioessitaitia différence dé la pvon^neiation «tâlkniBe »^^ec la nâlre.
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