‹ Nouvelles bernoisesChapitre 4 sur 12 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

sard, qui forment ce volume, car c'est dans ses grands romans surtout que sa force se montre dans sa plénitude, et pour en faire connaître quelquesuns de ceux-là, deux choses sont indispensables, le temps et l'occasion.

Tout incomplet que soit donc le présent spécimen, je suppose qu'il suffira cependant pour que les gens exports y entrevoient déjà les premières lueurs d'une originalité robuste, d'autant mieux que je me suis attaché à traduire toutes les nuances les plus variées du texte aussi fidèlement, c'est-àdire aussi crûment que possible. Une bonne traduction n'est, à mon avis, qu'une espèce de paire de lunettes qu'on met sur le nez du lecteur, pour lui faire lire à travers les mots français, non-seulement par à peu près, les idées de l'auteur étranger que l'on traduit, mais, ce qui est bien différent, les expressions même dont il se sert, et cela, dans toute leur teneur. Une traduction qui procède autrement, n'est plus en réalité qu'une mystification.

Un préjugé assez général affirme imperturbablement que la langue française est trop grande dame pour appeler toujours les choses par leur nom. II est des gens même qui osent l'accuser, cette malheureuse langue, de roideur et de pauvreté. Ces gens-là ne sont-ils pas un peu dans le cas d'un violoniste qui ferait un crime à son violon de ce qu'il n'est lui-même qu'un rflcleur?

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