X AVANT-PROPOS
Quant à moi, ce sont là des préventions que je ne partage nullement. Eussent-elles été fondées autrefois d'ailleurs, qu'il faudra bien que ladite grande dame finisse par se mettre à l'unisson du siècle. Le peuple existe aujourd'hui, quoiqu'on en puisse penser, d'une vie plus officielle qu'à aucune autre époque de l'histoire. C'est en son nom désormais que se fondent les empires ; c'est sa sanction qui est devenue la pierre de touche de toute équité. Ce fait est grave, et me semble ouvrir à l'art aussi bien qu'à tout le reste, des perspectives et des obligations nouvelles.
Par une anomalie singulière, notre peuple français, si apte à la compréhension de toute chose, est, parmi les peuples de l'Europe , un de ceux dans la vie desquels l'élément artistique entre à la plus faible dose.
D'où cela vient-il? Cela vient, je crois, de ce que nos artistes sont allés trop souvent chercher l'objet de leurs études dans un monde mort et enterré depuis des siècles, et qui, par conséquent, n'avait plus rien à faire avec le monde des vivants.
La vie, c'est l'action, et non pas le souvenir.
L'humanité a les yeux sur la figure, et non pas derrière la tête. Comment le sentiment populaire aurait-il pu s'intéresser à l'art, quand on ne lui en fournissait pas d'autres échantillons qu'un che-