‹ Nouvelles causeries littérairesChapitre 9 sur 16 · LE MARQUIS DE SAINTE-AULAIRE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE SAINTE-AULAIRE

avec quelle atlentionj'ai lu son livre; c'est ensuite parce que la î)Iaie^ laquelle je touche est assez bien fermée pour qu'on puisse l'effleurer sans inconvénient; c'est enfin parce que je suis sûr que celte légère injustice n'est pas, chezH.de Sainte-Aulaire, un reste de dissentiment ou de rancune, mais une petite intempérance de rapprochements, l'abus très-momentané d'un système ingénieux, dans un excellent esprit.

On comprend en effet, que ce système, en réitérant ses preuves, en multipliant ses aperçus, en s'imposant pour but et- pour gageure d'insister et de triompher sur tous les points,' doive à la longue s'embrouiller un peu dans toutes ses combinaisons savantes, pousser un peu trop loin sa stratégie du parallèle^ voir des similitudes là où il y a eu des différences, et des différences là où il y a eu des similitudes. Que faire, par exemple, des Guises, ces géants du seizième siècle , ces énergiques supports du catholicisme menacé? En ferons-nous des révolutionnaires^ des démagogues, des républicains, précurseurs ou ancêtres de Danton ou de M. Ledru-Rollin ? Sans doute ils ont créé, dans l'Étal, une puissance, une force, un gouvernement étrangers ou hostiles à la royauté ; ils ont prêté leur nom, leur crédit et leur influence à des complots qui n'allaient à rien moins qu'à découronner lé roi légitime, à des Journées qui, baptisées par l'histoire et surtout racontées par M. de Sainte- Aulaire, ont un singulier air de famille avec les barricades de juillet, de février et de juin; ils ont porté à l'autorité souveraine, au principe monarchique , des coups terribles, meurtriers, dont l'effet s'est prolongé, à travers Richelieu et Louis XIV, jusqu'à la révolution de 89. Tout,cela est vrai, et pourtant les Guises, placés en regard de CCS pitoyables Valois, du relâcheitient de tous les pouvoirs publics, de l'esprit démocratique réveillé et propagé

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par le protestantisme^ et même de ces réactions passionnée^ des masses catholiques qu ils ne purent toujours mai^ triser, nous apparaissent» à distance, non pas comme de» tribuns ou des rebelles, mais comme les re{»*ésentants su-* prêmes de la féodalité mourante, étreignant une dernière fois la royauté et Tétouffant dans Tétreinte de sa robuste agonie, pareille au lion blessé qui tue son adversaire avant

. d'expirer. Voilà ce que M. de Sainte-Âulaire n'a pas dit, e( ce qui méritait d'être indiqué.

il y a donc des lacunes dans son livre, il y a aussi des paradoxes, comme dans tout ce qui s'écrit à un point de vue trop exclusif. Cette façon de nous montrer le salul des peuples dans .l'abdication volontaine ou' forcée de leurs droits, de leurs espérances, de tout ce que peuvent

•"Conquérir ou rêver la civilisation, la liberté et l'intelligence, a, contre les intentions de l'auteur, le tort de tour^ ner au profit du despotisme, de répondre trop bien aux lassitudes du moment, de disposer les âmes au découragement etlfô çsprits au scepticisme. Pour notre part, si nous étionsaussiabsolutistes qu'on l'assure, nous nous réjouirions devoir un homme si spirituel, si distingué, héritier d'un nom qui rappelle mille souv^iirs de grâce, d'élé* gance, de libéralisme poli, mitigé et lettré, signer d'une main si fine et d'une plume si bien taillée, l'acte d'interdiction de la liberté politique pour cause d'incapacité notoire, de profusions ruineuses et de désordres incorrigibles. Nous aimons mieux rester dans nos humbles ati:ributions en signalant les mérites d'un livre dont quelques passages peuvent étonner, mais qui plaît, qui attache, qui entraîne» et qu'on lit avec plus d'avidité qu'un livre d'imagination, peut-être parce que l'imagination y joue son rôle et s'y fait sa part; nous aimons mieux reconnaître tout ce qu'il y a de piquant et de vivant dans ces récits des États de BUnSg

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•lie la Journée des hamcades, dans ces analyses des débats parleoientaires, des pamphlets du lemps, des discours et des satires, dans ces silhouettes de magistrats, de bourgeois, d*émeutîers, de meneurs, dans cet ensemble dont !M. de Sainte-Aulaire a si bien saisi le côté épigrammatique, comme M. Vitet, dans ses belles Scènes historiques^ •en avait isaisi de mann de maître le côté dramatique et pittoresque. Nous aimons mieux surtout dégager la pensée du noble écrivain de quelques détailfs plus spécieux que solides, plus brillante que sérieux, et n'y voir en définitive que ce qu'il a voulu y mettre : une revandie d*hommc d'esprit contre la souveraineté du peuple; une pénitence <le libéral converti aux dépens des fictions représentatives ; un résumé de Juge intègre révisant le procès de la triste dynastie des Valois et leur accordant, faute de mieux, les eirconstances atténuantes ; et enfin, un hommage de bon Français , de Mêle gentilhomme en . l'honneur de la Royauté et de Henri IV, de cette maison de Bourbon dont la destinée fut alors, comme depuis, de guérir les bléssu-^ res qu'elle n* avait pas faites, et d'apporter à la Franchies Jrienfaits dn pouvoir avec ceux de la liberté.

M. V. DE CHALAMBERT*

Que s*est proposé H. de Chalambert en écrivant cette Eistûire de la Ligue^ dont j'avoue ne pas bien comprendre Topporlunilé? De prouver que b Réforme avait fait beaucoup de mal à la France du seizième siècle ? Je suis de son avis; mais peut-être n'était-il pas très-nécessaire d*y revenir dans un moment où les querelles religieuses s'apaisent, où le protestantisme s'affaisse sur lui-inéme et où la civilisation occidentale a d'ailleurs besoin de tous sps champions : de réhabiliter, que dis-je ? de glorifier la Ligue? ici je commencerai à le chicaner : d'amoindrûr et de rabaisser Flcnri lY? ici nous nous séparerons tout à fait.

Le plus grand malheur qui pût atteindre notre époque déjà si éprouvée, ce serait que la génération aujourd'hui par/enue à sa maturité se sentit encouragée et autorisée à un certain scepticisme pour lequel elle n'a que trop de penchant et de secrète complaisance. Je suppose un homme dont l'éducation intellectuelle s'est faite aux alentours de la révolution de 1830 : il a vu à cette époque le vieux roi Charles X (c'est du mien que je parle, et non de celui de II. de Chalambert), dénoncé comme dévot par l'opposition libérale, et le titre de défenseur du trône et de l'autel in-

, * Histoire de la Ligve sous les règnes de Henri IH et Henri IV, ou Quinze années de V histoire de France.

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fligé comme un double sarcasme aux rares et fidèles tenants de la monarchie menacée ; il a compris que Tirréligion avait eu tout autant de part que la politique dans cette révolution fatale, et s*est depuis lors habitué a ne pas réparer dans ses affections, ses respects et ses souvenirs, deux idées qui peuvent s'associer sans se confondre, et rester unies sans être jamais solidaires. Vingt ans s'écoulent ; d'incroyables vicissitudes déplacent ou morcellent ces notions primitives, sans lesquelles il n'est pas de principe stable ni de conviction ferme, et substituent, dans la conscience humaine, les leçons de TimpréMi à celles de la morale et de la logique. Comme ces débordements ou ces orages qui arrachent des terrains entiers à leurs légitimes propriétaires pour les transporter sur l'autre rive ou en grossir des îles flottantes, les révolutions et les catastrophes altèrent et fractionnent, à chaque nouveau tour de roue, ces points de. vue d'ensemble que la pensée embrassait autrefois d'un seul regard : si bien qu'un beau jour, ouvrant un livre signé d'un nom honorable, écrit par un chrétien fervent, et recommandé à ses sympathies par mille ailinités religieuses, Thomme dont je parle y trouve l'abaissement systématique du chef de Vsl maison dcBourbon^ l'apothéose de ces factieux qui faillirent livrer la France à FEspagïie, retardèrent de plusieurs années le triomphe de la cause nationale, .et rendirent la population de Paris complice et victime de leurs fureurs : il y apprend, en un mot, à honorer la Ligue et à mépriser Henri IV. Au lieu d'un individu isolé, enseignez cette belle théorie à un pu- Wic, à une génération, à une société ; savez-vous ce que vous ferez? des dévots? Non, des sceptiques, et des sceptiques de la pire espèce, de ceux qui profltent de la confusion des principes pour n'adorer (|ue les faits. Il faut rendre justice à H. de Chalambcrt; s'il a eu le

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goût de son paradoxe, il en a eu aussi le courage : quand il n'écrase pas Henri IV, il le taquine; son mauvais vouloir triomphe à tout instant de sa bonne foi. Tout ce que nous savions, tout ce que nous aimions de cette ligure si française, si royale, si sympathique, est effacé ou rapetissé ; le combat d'Arqués devient invisible à 1 œil nu; ce n'est plus qu'une chétivc escarmouche, dont le résultat est fort douteux, et où le roi de Navarre ne s'attribue la victoire que parce que le champ de bataille lui est resté. Henri IV a-t-il gagné la bataille d'Ivry? Ce n'est pas bien sûr ; dans tous les cas, s'il a été vainqueur, c'est uniquement grâce à la manière de voir du sire de Tavannes : le sire de Tavannes, direz-vous, était donc royaliste?— Non, il était myope; il calcula mal les distances, il plaça la .cavalerie trop près de l'infanterie, et c'est de là qu'est venu ce grand malheur, la défaite du duc de Mayenne. Quant à l'affaire de Fontaine-Française, les partisans du Béarnais feront bien de ne pas en parler. Outre qu'il y fut à peu prés battu, s'arrêter à de si minces détails est vi^aiment indigne de la gravité de l'histoire. Une fois à Taise avec ces trois souvenirs qui importunaient sa mémoire et le gênaient dans sa marche, l'historien promène avec amour, sur ce terrain déblayé, les prouesses de ses héros. Que de beaux sièges soutenus par les ligueurs, et dont nous n'avions jamais entendu parler ! Que de grands capitaines dont les noms n'étaient pas parvenus jusqu'à nos oreilles ! Et quelle joie, quel succès pour la grandeur nationale, quand on pille un convoi destiné au roi de Navarre ! quel chant d'allégresse, quand celui-ci est forcé de lever le siège de Paris, après que ces bons Parisiens ont poussé la ferveur catholique (ils en ont bien rappelé depuis) jusqu'à manger des chats, des chiens, des chevaux et des enfants ! De vils flatteurs ont raconté (en d'autres temps) que

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Henri lY avait, par humanité, laissé entrer deux (m trois fojs des vivres dans cette ville a^amée : il n*en est rien ; ^and les vivres entrèrent, c*est qu'il ne put Tempêcher, et il ne faut pas diercher une inspiration de son cœur dans ce qui ne fut qu'une humiliation de ses armes. Le véritable héros de cette époque et de cette guerre, c'est le duc dé Mayenne, à moins toutefois que ce ne soit le duc de Parme; deux tacticiens consommés dont la vaillance consistait à ne pas se battre, à déjouer par leurs retraites savantes la puérile bravoure de leur adversaire, et à prolonge/ indéfini- Hient une guerre ruinfcusé pour le pays, alarmante pour la civilisation et surtout dangereuse à l'intégrité du territoire. On convient, en effet, que les armées étrangères intervenaient bien par-ci par-là; le sombre visage de Philippe II apparaît, de temps â autre, derrière ces négociateurs et ces capitaines, ces prédicateurs et ce^ émeutiers, réclamant pour sa fille rhérithge de cet excellent cardinal de Bourbon ifae M . de Ghalamb^^l appelle gravement le vieux roi €hai^ les X, et dont la face auguste se trouve, nous dit-il, sur une foule de monnaies de ce temps-là : mais le roi de Navarre, de son côté, n'implorM-il pas le secours des puissances hérétiques, et surtout de la reine Elisabeth, qui lui fait acheter son alliance par de nombreuses avanies? M. de Cha>lambert les énumère avec complaisance ; il emploie mille variantes, mille ingénieux détours, dans le cours de son récit, pour ne jamais donner à Henri IV son titre de roi de France. En revanche, il ne lui ménage pas les épithétes dé relaps, d'excommunié et d'apostat : il s'arrange de façon que sa conversion décisive, lorsqu'elle arrive à son moment et clôt cette désastreuse période, ne puisse phiB paraître sérieuse et sincère. Tout cela est évident, tout cela rossort du plan et du système historique de l'auteur de ce livre ; et pourtant, au lieu de lui en vouloir, je sm

tenté de le remercier; car jamais Henri IV ne m*a para plus grand ni meilleur qu'après la lecture de ces pages où tout semble dirigé contre lui. Pour que ce prince, avec d'aussi petits moyens, des alliances si fâcheuses, des victoires si contestées, des partisans aussi odieux, deslieu^ tenants aussi médiocres, une bravoure si stérile, une cause si antinationale, des ennemis si redoutables, des embarras si inextricables, une armée toujours si prélq à se débander et à se dissoudre, n'ayant le choix qu'entre les périls, lesécueils et les fautes, bien attaqué, mal servi, oblige de payer ceux dont il veut être sûr, et forée de s*y fier d'autant moins qu'il les a payés plus cher, repoussé par . les populations, ne pouvant régner que sur des villes prises d'assaut, assez détesté pour qu'on supportât toutes les horreurs de la famine et de la guerre civile plutôt que de lui céder un pouce de terrain ou un point de doctrine, pour que ce prince soit parvenu à être, en définitive, Henri tV, roi de France et de Navarre, et à ouvrir d'une main souveraine ce dix-septiéme siècle qui appartient à sa race et qui, sans lui, n'était pas possible, il faut que son habileté ait été bien grande, sa conduite bien sage, son génie bien puissant ; il faut que l'idée qu'il personnifiait fût enracinée d'une façon bien profonde dans le cœur et les entrailles du pays. Voilà ce que l'on est logiquement amené à conclure du récit de M. de Ghàlâmbert, et il eût racheté toutes ses injustices, toutes ses chicanes, s'il avait pris soin de faire ressortir lui-même cette conclusion réparatrice : il ne l'a pas fait; il a mieux aimé s'extasier, jusqu'à sa dernière ligne, sur les mérites de la Ligue, les services qu'elle â rendus, les malheurs qu'elle a conjurés. Qu'il me permette donc, puisqu'il l'a racontée, exahée et déifiée à sa manière, de la lui raconter à mon tour, telle que je la comprends, l'explique et la condamne.

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La Réforme à été un grand malheur, mais elle a été .aussi un grand fait, et l'on peut ajouter, sans être suspect d'hérésie, que ce fait était inévitable. Autant les douzième et treizième siècles avaient été féconds, magnifiques, régénérateurs pour la chrétienté et la civilisation, autant les siècles suivants avaient été troublés, dissolvants et mauvais. Deux points culminants nous suffiront à grouper nos souvenirs. En Italie, les invasions étrangères, les guerres civiles, la renaissance à demi païenne des lettres et des arts sous les auspices de la Papauté et le règne des Hédicis, avaient préparé les consciences au doute, les âmes au désordre, les esprits à la révolte. En France, le règne sanguinaire et hypocrite de Louis XI, ce Domitien dévot, abattant les téles^ et priant la madone, avait amassé de sourdes rancunes, jeté des ferments de rébellion et de haine parmi ces races féodales qu'il décimait, et qui devaient, en s' écroulant, remuer tout l'édifice. II. en résulta que les prédications de Luther, quand elles commencèrent à se propager, répondirent à un sentiment général, non pas de dissidence théologique, mais de crise sociale, d'inquiétude morale, et surtout de mécontentement révolutionnaire. Seulement, comme l'initiative, à cette époque, appartenait aux grands et non aux petits, aux châteaux et non aux chaumières, cette révolution, au moins en France, fut — on ne saurait trop le répéter — beaucoup plus aristocratique et féodale que populaire. Qu'en arriva-t-ilt C'est le funeste privilège de l'esprit révolutionnaire, que, même en lui résistant, en agissant contre lui, on se laisse gagner par ses influences et ses exemples, qu'il s'infiltre jusque chez ses plus ardents antagonistes, et imprime à la défense les allures violentes et désordonnées de l'attaque. Ajoutez à cela les mœurs du temps , les commencements de corruption mêlés, dans cette phase transitoire, à des

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reste.s de barbai'ie, une cour dissolue scandalisant la bourgeoisie et le peuple, Tabsence complète de contre<poids a« milieu de tpus ces éléments de discorde,- et vous comprendrez qu'au seizième siècle le protestantisme ait été avant •tout une arène où se déchaînaient toutes les ambitions, toutes les passions, toutes les colères ; bi^ di(£èrentes, à coup sur, dans leurs principes, leurs physionomies et leurs mois d'ordre, mais se ressemblant toutes par un point : r^sprit révolutionnaire qui s'abritait derrière elles.

Si maintenant nous agrandissons encore le cadre, et si nous passons de la France à l'Europe, qu'y verrons-nous? La Réforme triomphant dans le Nord et échouant dans le Midi; la lutte, religieuse en apparence, politique au fond, 6'établissant entre ces deux zones, et se résumant dans les deux pays, les deux puissances où elle devait trouver le phis de force et d'éclat : d'une part, l'Angleterre, gouvernée par une femme d'un esprit supérieur, Elisabeth ; de l'autre, l'Espagne, très-inquiétante, depuis Gharies-Quint, pour Téquilibre européen, et gouvernée par Philippe II, on qui s'incarnait le génie de la religion, j'allais dire de la dévotion méridionale.

La doctrine de Luther et de Calvin fut donc, pour l'Europe, un champ de bataille où le Nord et le Midi apportèrent leurs prétentions à la prépondérance; elle fut pom* la France une forme que prirent les passions révolutionnaires; passions également visibles dans l'attaque et dans la défense.

Eh bien! l'honneur, l'incomparable honneur de la France, à cette époque, est d'av<Mr été, malgré ses fautes, malgré ses malheurs, la barrière, la médiatrice entre deux puissances, deux forcés, deux esprits qui se disputaient l'empire, et de s'être interposée dans cette rivalité terrible sans y laisser ni son génie ni sa foi : l'honneur, l'im-

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mortel honneur de la Royauté, malgré ses désordres et ses faiblesses, est d'avoir été pour la France ce que la France oUe-même était pour TEurope; un trait d'union, un rem^ part, un refuge, où les dissidences et les haines, les ambitions et les partis aient pu venir selondre, aux jours d'é-y puisemènt et de lassitude; fusion dcmloiireiBse mais féconde d'où sortit le dix-septième siècle.

Voilà oe que les Valois entrevirent vaguement; Henri IIÏ surtout, à certains moments, sembla vouloir rentrer dans ceirôle, le vrai rôle de la Royauté française dans ce tempslà et dans tous les temps. Malheureusement, leurs vices, lem* mollesse, leur éducation mauvaise, l'espèce de tutelle <HÎ les retint leur mère, l'ombrage que leur donnèrent les Guises, si supérieurs à eux par le talent et le courage, les rendirent incapables de réaliser et de mener à bien ce qui ne fut chez eux qu'un instinct et comme une intuition monarchique. Pour que ce rôle fût bien compris, cette mission bien remplie, pour que ce vague instinct devînt un plan de conduite, un système politique et finalement une idée montée sur le trône, il fallait un homme supérieur à la fois à ses partisans et à ses adversaires. Ce fut là la gloire de Henri IV : eût-il été battu à Arques, battu à Fontaine-Française, et médiocrement vainqueur à Ivry, cette gloire lui suffirait.

n semble que je sois très'loin de la Ligue et de M. de Chalambert; j'en suis très-près, au contraire,' car, en indiquant le rôle et les services de la Royauté, j'indique mes griefs contre la Ligue. Elle retarda la solution que Henri IV pouvait seul afpporter. Elle ne tendit à rien moins qu'à, livrw la France à une puissance étrangère, et à la plus effrayante de toutes. Elle fut, parle caractère spécial de son fanatisme, tout ce qu'il y a de plus contraire au véritable esjpni français. Elle cacha, sous une prétendue défense de

Torthodoxie religieuse, une des faces de la révolution. Elle fournit à riUégitime ambition des Guises un point d*appul, une place de guerre et une armée.

H. deChalamberta réservé toute son admiration pour les Guises ; ils sont, en eiïèt, de plus haute taille que les Valois ; mais, si on veut me les faire accepter comme des champions 4ésintéressësde la religion catholique, il m*est impossible d'y souscrire.LesGuises furent,dans la plus complèteacception du mot, des chefs de parti aune époque où la guerre civile, rinfériorilè des souverains etrincerlitude de la succession royale encourageaient chez ceux qui touchaient de si près au trône les plus altières espérances. Seulement ce qui les condamne, c'est que leur cause ne se détacha jamais bien nettement des influences et des prétentions étrangères, ameutées par les malheurs du pays ; c'est que, forcés de chercher en dehors d'eux-mêmes une force qui ne réside ^ue dans le principe monarchique, ils s.*appuyèrent sur celte faction, spécieuse dans son but apparent, mais subversive dans ses éléments et son essence, dont les Seize furent la personnification la phis violente et la plus odieuse. Entre ces deux alliances, la monarchie espagnole h Textérieur, l'agitation démocratique au dedans, leur physionomie et leur tâche deviennent trop problématiques, trop mêlées de bien et de mal pour qu'on puisse ni les admirer sans réserve, ni surtout regretter qu'ils n'aient pas triomphé. Qu'y avait-il de possible ou de probable dans l'avenir de la France, si ce triomphe s'était accompli? La grande politique française, celle de Henri IV et de Richelieu, de Mazarin et de Louis XIV, était réduite à néant. Au lieu de cet abaissement graduel et continu de la maison d'Autriche, œuvre patiente et admirable du patriotisme de nos rois, du génie de nos négociateurs et de rhéroïsme de nos hommes de guerre, vous aviez une France gouvernée par les lieutenants

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ou les exécuteurs testamentaires de Philippe II, une province prenant son mot d'ordre à TEscurial, et notre nationalité compromise, sinon détruite, par l'ascendant d'un protectorat onéreux, humiliant pour notre grandeur, inenaçantpournos frontières, antipathique au libre développement de notre esprit et de nos destinées. Et encore je fais la partie belle à M. de Chalambert en ne parlant ici qiie des Guises, qui sont au moins de grandes figures : que serait-ce si je parlais des Ligueurs et des Seize? Vous figurez-vous le dix-septième siècle, qui est là, tout prés, s'inaugurant sous le bon plaisir des sieurs Louchard, Lagresle, Thuault, Borderel, Rainsant, Durideau, et autres héros de la sainte Ligue, fort appréciés de M. de Chalambert ? Quels étranges prédécesseurs pour Descartes et Pascal, Condé et Turenne, Corneille etBosstiet ? Mais, dites-vous, ils sauvèrent la religion catholique, qui eût été perdue en France si Henri IV était monté sur le trône avant d'avoir abjuré ; ils furent les inflexibles défenseurs de la Foi ; ils soutinrent cet héroïque siège de Paris, glorieux martyre dont une piété fervente put seule faire endurer les souffrances, braver les horreurs, préférer les abominables tortures à la clémence d'un roi victorieux, arrivant les mains pleines de pardons. Non; ils furent tout simplement la révolution et fa démagogie dans un temps où les querelles religieuses, dominant tout, remplissant tout, devaient imprégner de leurs couleurs la démagogie et la révolution. Ils furent la minorité turbulente, passionnée, fanatique, sanguinaire, criminelle, exerçant, comme toujours, sa pression irrésistiblesurlamajoritèpaisible,hésitante et effrayée. Deux cents ansplus tard, les assassins du président Brisson eussent été les massacreurs de septembre ou les pourvoyeurs de Téchafaud; deux cents ans plus tard, Cromé, Louchard, Bussy- LéclerCy se fussent appelés Maillard, Danton, Robespierre.

S4 , CAUSERIES LITTÉBAIRES.

Changez lesdatês, substituez le fanatisme républicain au fanatisme religieux; supposez en 92 ou 93, un roi deFrance revenant assiéger Paris avecune armée française sans autre cri de guerre que des atimisties, sans autre but que d'épargner à son royaume une interminable série demalheurs; les Seize «t les ligueurs d'alors, les héros delà Commune, du club des Gordeliers et du Comité de Salut public, auraient bien «u, soyez -en sûr, trouver dans des moyens de Terreur de quoi donner aux Parisiens assez de courage pour manger des chats et des chiens plutôt que de se rendre : et pourtant les Parisiens alors n'adoraient plus que TÊtre-Suprême, la clivinitède Robespierre et de Saint-Juste. La Terreur ! M. de Chalambert a écrit le mot. Comment ce mot ne Ta-t-il pas fait réfléchir? Comment n'a-t-il pas compris que, sous des livrées différentes, avec l'étiquette du siècle ou du moment trempées dans l'ivresse sauvage des multitudes, ce sont toujours les mêmes passions, exploitantes ou exploitées, et que les Seize sont les aïeux directs des Terroristes! Ah 1 ne n^e demandez pas de les admirer ; car c'est à eux que je remonte pour m'expliquer ces sanglantes victoires de la tyrannie populaire, ces journées de barricades où s'installent des autorités éphénières et destructives, flaites de la ruine et du mépris de toute autorité régulière ; ces surenchères de désordre et de violence, ces gageures du mal où i'ci^eu va grossissant toujours jusqu'au dernier gagnant, •celui qui tue le mieux et détruit le plus. Je reconnais, à deux siècles de distance, les traditions révolutionnaires , ici sous le bonnet rouge et la carmagnole, là sous le froc et le cilice; ici ensanglantant la boue, là ensanglantant i'eau bénite ; ici dans un club, là dans une chaire ; que m'importe? Je les aime mieux, à tout prendre, quand elles »e cojTiprometteiitque rÊtre-Suprême, que lorqu'elles profanent la religion de charité de paix; et de vérité. Et ceB

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prédicateurs l songez que cejs mêmçs chaires où ils vomis-, sent leurs grossières eX burlesques injures sont celles où vont retentir dans moins de cinquante ans les voix sublimes des maîtres de Téloquence chrétienne I Qui ne bénirait, rien qu'à celte pensée, le régime réparateur qui a fait succéder si vite tant de majesté à tant de laideur, et arra* ché la nation à cette minorité détestable pour la ramener dans sa route et la remettre en possession de son génie î Car ce n'était pas fà, fort heureusement, la nation ni la ville. Les ligueurs et les Seize ne furent qu'une faction; leur règne ne fut qu'une bourrasque, et of la est si Vrai, que, lorsque la lassitude publique fit enfin justice de leurs fureurs, lorsque le roi de France, rappelé parlapuiseance universelle du droit, de la nécessité et du bon sens, fit sop, entrée à Paris, on eût dit qu'il revenait d'une promenade ; toute cette ébuUition factice tomba tout à coup. Ce parti si populaire, si national, qui tenait si profondément, sem^* blait-il, aux croyances, au cœur, aux fibres les plus vivaces du pays, 5*en détacha comme un fruit gâté d'un arbre qui n'en, veut plus. Ces chefs, ces meneurs si désintéres-ses, si convaincus, si enclins à rhéroïsrae et au martyre, ne songèrent plus qu*à se faire payer et oublier. Bussy- Leclerc — un singulier dévot celui-là! — alla reprendre à Bruxelles son métier de maître d'armes. De tous ces indomptable ligueurs, il ne resta plus que quelques figures renfrognés et maussades, telles que nous les voyons dans le célèbre tableau de Gérard. Anquetil nous dit, d'après les Mémoires du temps, qu'il n'en fut plus question que pour les haïr et s'étonner d'avoir servi d'instrument aux ennemis de la France. Guy-Patin, quelques années après, •pour rendre cette impression de dédain et d'oubli, écrivait que le monde était bien débêlé. Ils furent méprisés, nous dit rhistorien, même des Espagnols pour lesquels ils

avaient trahi leur patrie. Arrêts sans appel î* Masse ècra* santé de témoignages, à encadrer entre le poignard de }ean Chatet et le couteau de Ravaillac I

Mais Henri IV ! sa conversion fut bien lente ! bien tardive! bien problématique! Elle eut tous les caractères d'une combinaison politique plutôt que d'une abjuration religieuse ! Sans les Parisiens et leur résislance, le protestantisme devenait la religion de l'État ! Au fond, le Béarnais resta huguenot, ainsi que Védit de Nantes l'a prouvé! S'il avait été sincère, il se serait converti plus vite. — Eh ! qu'en savez-vous? Il y a ici une grave distinction à établir : ou nous faisons de la théologie, ou nous faisons de la politique et de l'histoire. Si nous parlons en Ihéolo- ^ens, il est certain qu'on ne saurait assez se hâter de revenir à la vérité. Si nous parlons en historiens, en politiques, il faut être justes pourHeari IV : roi et vainqueiu», fort de son droit et de ses armes, il ne pouvait accepter de conditions de personne; il ne pouvait se laisser faire la loi en matière de conscience par des factieux et des rebelles. La majesté, l'autorité royale étaient déjà bien assez affaiblies sans qu'il en jetât encore un lambeau à ce légat, à ces archevêques partisans de la cour d'Espagne ! M. de Chalambert, toujours soigneux de rappeler, quand il mentionne un crime de la Ligue, que les mœurs du temps étaient grossières et cruelles, qu'il ne faut point juger ces actes barbares à notre point de vue, que l'éducation, à cette époque, se faisait à cheval et à coups d'arquebuse, a grand soin de l'oublier quand il s'agit du parti contraire. 11 semble en le lisant que Henri IV n'avait qu'à convoquer tranquillement à Reims ou à Notre-Dame les plus sages docteurs de son royaume, et là, inaccessible aux bruits du dehors, à se faire instruire comma un catéchumène en temps de paix. H n*en était rien. Henri IV était

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roi; on lui disputait son royaume ; on voulait opprimer sa conscience et humilier en lui le souverain sous prétexte de s'assurer du cathçlique. Pouvait-il y consentir?

' Non ; il attendit, et sa conversion tardive, mais opportune, fut à la fois un acte de clémence, un acte de piété et un acte de sagesse. Plus J*y pense, plus J'admire ce mélange de modération et de fermeté qui donna d'un seul coup \ la France les deux choses qui lui avaient le plus manqué

. {tendant ce malheureux siècle : la liberté de conscience et la majesté iroyale.

On lui dut bien plus encore, et c*est là ce qu'il faut ne pas se lasser de redire à l'honneur de Henri IV et de la France. En sauvant la nationalité française^ le triomphe du Béarnais .sauva Tindépendance de la papauté, qu'aurait gravement compromise la victoire de la Ligue et de TEspagne. Rémarquez, en effet, qu'il y a eu, presqu'à toutes les époques, une puissance prépondérante, envahissante, redoutable, non - seulement pour la civiHsation européenne dont elle aspire à rompre l'équilibre, mais pour la liberté, pour la dignité de TÉglise, à qui cet équilibre ,est particulièrement nécessaire. Or, au seizième siècle, cetlq puissance était T Espagne ; l'Espagne de Philippe II, qui était encore celle de Charles- Quint, à peine réveillé^ de ce rêve de monarchie universelle qui avait effrayé l'Europe, la papauté et le monde. Que la Ligue eût triomphé, — et elle ne le pouvait que par l'influence espagnole, — ce rêve , ce fantôme redevenaient possibles, et l'Église retrouvait là son véritable danger : car il y en a de deux sortes pour elle : les ininiitiés, les schismes, les hérésies, qui ont au moins le mérite de l'attaquer ouvertement, et les» alliances onéreuses, les amitiés trop puissantes, qui la protègent trop et qui l'oppriment. A l'époque dont nous parlons, Henri IV, Élisabetli elle-même,

forcés de se défendre ou occupés à s'affermir, avaient trop à faire chez eux pour être à craindre. La grande affaire du moment, pour les papes comme pour les. souverains^ était d'abattre TœuTre colossale de Charles-Quint, continuée, sous une autre forme et avec d'autres moyens, par son ambitieux successeur. Qu'on regarde maintenant en ^vant ou en arrière de cette phase décisive, M qu'on me dise si la cause française, celle de Henri IV, n'était pas étroitement liée à celle de la papauté. Celle-ci n'eut garde de s'y tromper, et le seul grand pape qui ait illustre lé saint-siége pendant ces années troublées, Sixte>Quint, le comprit admirablement. Pressée, obsédée, menacée par les exigences croissantes fle l'Espagne, la papauté ne désira jamais qu'offîciejlemertt la victoire de la Ligue. Chose singulière! c'étaient l'ambassadeur de Philippe II, les cap- . dinaux notoirement dévoués à l'Escurial et la faction exal* tée, qui demandaient, imposaient même au pape les mesures de rigueur pour la défense de la foi. H semblait' qu'on voulût le compromettre, lui rendre impossible tout rapprochement ultérieur avec Henri de Bourbon. Sixte- Quint, grâce à son merveilleux bon sens, écoutait plus volontiers les raisons politiques de l'ambassadeur de Venise, cotte future alliée de notre grand roi ; il accueillait même, au commencement de 1590, M. de Luxembourg, envoyé de Henri, et lui disait : « Si vraiment votre prince ' est tel que ^ous me le dîtes, j'aurais regret de l'avour excommunié... Ah! s'il était préside moi, je me jetterais à ses pieds pour qu'il abjurât, et, ensuite, avec quelle joie je le presserais sur mon cœur. » Après la mort de ce grand pontife, l'Espagne effrayée, toute-puissante encore, obtint de suite, du conclave qu'elle dominait, trois élections espagnoles. Mais, par un dessein visible de la Providence, cîïs trois papes, Urbain VH, Grégoire XIV et Innocent IX,

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ne régnèrent, ^ eur trois, pas plus de quinze ou vingt mois. Clément VIII, qui leur succéda, adopta une politique toute fUiîérente ; les^ situations se dessinèrent : Henri IV abjura et mcmla sur le trdftc : TEspagne avait fait son temps; dix ans après, Theureuse et libre influence deia France avait remplacé à Rome l'ombrageuse et oppressive influence de TEscurial ; et le dix-septième siècle, le siècle français par excellence, entrait dans ses véritables destinées, inauguré par Henri IV, couronné par Louis XIV.

Voilà rhistoîre, et les résultats y sont assez grands pour que les faiblesses personnelles de Henri ÏV aient au moins droit à quelque indulgence. D'ailleurs, M. de Ghalambert n'a probablement pas envie d'être plus orthodoxe que saint François de Sales : eh bien ! qu'il relise les lettres de ce grand et aimable saint à M. Deshayes, à propos de la mort de Henri IV : il y verra que le pieux évêque d'Annecy ne regardait pas ce prince comme si hérétique; et, s'il s'obstine à m'opposer ce qu'il appelle trop complaisammerit ses mœurs licencieuses, je lui répondrais par ce mot du confesseur même de Henri : « Sire, j'ai espoir pour vous : votre cœor est égaré, mais non votre esprit. » Croyez- moi : gardons nos grands rois ; gardons nos grands hommes; méfions-nous des réhabilitations historiques; car, pendant que, dans un intérêt mal entendu d'orthodoxie, vous réhabilitez Lpuchard et Legresle, il y en a> d'autres, vous le savez, qui réhabilitent Robespierre, et vous savez aussi dans quel intérêt ! Vous aurez beau faire, les vrais héros, les vrais sages de ce temps-là, c'est Henri IV, «'çst Sully, c'est Biron, c'est Mornay, c'est l'Hospital, c'est Mole, c'est Sixte-Quint, c'est François de Sales; ne sortez: pas à les remplacer par Bussy-Leclerc, par Borderel, par Bainsant et par Pelletier ; ni la France, ni l'histoire, ni la conscience pubhque, ni la reUgion» ne gagneraient à cet

écliange. N'essayez pas surtout de nous faire croire que Vive Henn IV! n'est pas le contraire de la Marseillaise. Vous attristeriez les amis de la chanson royaliste^ et vous ierioz les affaires de Thymnea'èvolutionnaire.

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