XXI
Animaux qui fournissent les pelleteries (suite) : les Castors, LES Rats musqués, les Écureuils, les Chinchillas, etc.
Les Mammifères de l'ordre des Rongeurs fournissent au commerce de la pelleterie des peaux de plusieurs espèces, dont les plus estimées sont celles du Castor, de certains Écureuils et du Chinchilla; mais, sous le rapport des profits que Ton en tire, les peaux de Lièvre et de Lapin n'ont pas moins d'importance.
Les Castors, comme tous les autres animaux faciles à détruire et dont la dépouille est utilisable ou dont le voisinage nous est nuisible, deviennent de plus en plus rares dans presque tous les pays oii jadis ils vivaient en grand nombre. Ils appartiennent exclusivement à l'hémisphère Nord, et l'on ne trouve aucune trace de leur existence dans la zone tropicale; mais ils habitaient l'Europe à l'époque tertiaire: ils ont laissé de leurs débris dans les dépôts diluviens des cavernes de l'Amérique septentrionale, et de nos jours encore ils vivent sur divers points de l'ancien continent ainsi que sur une partie considérable du nouveau monde. Du temps de Strabon, c'est-à-dire vers le commencement de. l'ère chrétienne, ils existaient en Espagne et en Italie, près de l'embouchure du Pô. Jadis ils habitaient les bords le la petite rivière appelée pour celte raison la Bièvre, qui traverse un des quartiers de Paris et qui allait déboucher dans la Seine près de la place Maubert, à côté de la rue qui porte encore le même nom, car en vieux français le Castor s'appelait Bièvre, comme il s'appelle encore Beaver en anglais et
^/6^r en allemand , mots qui dérivent tous de l'expression latine Fiéer, employée par Pline ( ' ).Ces rongeurs paraissent avoir été communs dans plusieurs de nos rivières, et en Suisse on les voyait en assez grand nombre jusque vers la seconde moitié du lYU^ siècle. Mais actuellement ils sont devenus extrêmement rares dans tous ces pays; de loin en loin» quelques individus solitaires se montrent sur les bords du Rhône inférieur ou de ses affluents; très récemment, j'en ai reçu un qui avait été tué aux environs d'Arles. Partout ailleurs en France, ainsi qu'en Suisse et en Angleterre, ils ont depuis longtemps disparu complètement; en Allemagne ils sont maintenant fort rares, quoique sur certains points ils y aient été protégés soit par les lois de chasse, soit par Tordre de quelques grands propriétaires, sur les domaines desquels ils ont été Tobjet de soins particuliers, par exemple à Wôrlitz, dans le duché d'Anhalt, et à Rothenhoff sur la Moldau, en Bohême. On voit par les écrits d'Olaûs Magnus, évêque d'Upsal, qu'au xvi* siècle les Castors étaient communs en Scandinavie; cependant, là aussi, ils ont été presque complètement exterminés, et la seule partie de l'ancien continent où ils se trouvent encore abondamment, c'est en Russie, dans les monts Ourals et dans la région qui environne la mer Caspienne. Plus à l'est, ils paraissent manquer complètement, tandis que dans l'Amérique septentrionale ils sont encore assez nombreux, bien que dans cette partie du globe ils disparaissent successivement des contrées envahies par la population d'origine européenne. Un naturaliste des États-Unis, M. Allen, a publié récemment des recherches fort intéressantes sur la manière
(') Aujourd'hui, le mot Fiber est employé par les zoologistes de deux manières : ils appellent Castor Fiber le Castor proprement dit, et, à l'exemple de Cuvier, ils donnent le nom générique de Fiber à XOndatra ou Rat musqué d'Amérique.
dont les Castors se reiireni de plus en plus loin vers les Montagnes rocheuses ('). Jad^s ces animaux s'étendaient vers le sud, jusque dans la Floride et le Texas, probablement aussi dans le Mexique; maintenant» au sud des grands lacs, ils ne se montrent presque pas à l'est du Mississipi; ils sont encore très nombreux vers les sources de la rivière Plate, dans le Colorado, mais partout ils sont plus rares qu'ils ne l'étaient autrefois.
Le voisinage de l'homme n'a pas seulement pour effet d'éloigner les Castors : il change profondément leurs mœurs, leurs instincts. Lorsque ces animaux vivent tranquilles dans une contrée peu ou point fréquentée par les chasseurs, aux approches de l'hiver, ils se réunissent en troupes nombreuses pour exécuter de concert des travaux nécessaires à leur bienêtre commun. En tout temps ils habitent sur le bord des rivières et des lacs; ils nagent parfaitement à l'aide de leurs pattes palmées et de leur large queue écailleuse en forme de palette; ils ne se nourrissent que de substances végétales, et leurs fortes dents incisives leur servent à couper le bois. Comme station d'hiver, ils font choix d'un endroit retiré, où l'eau est assez profonde pour ne jamais geler jusqu'au fond et où le courant peut leur être utile pour le transport par flottage des matériaux de construction dont ils auront besoin. Ils commencent par travailler en commun à l'établissement ou à la réparation d'une digue destinée à maintenir l'eau à la hauteur convenable. Ce barrage, disposé en arc avec sa partie convexe dirigée du côté du courant, est formé principalement de branchages implantés en terre et entrelacés les uns dans les autres. Souvent il est renforcé par des troncs d'arbres et par des
( • ) Mémoire inséré dans le Tome XI du Report of the United-States, §eological survey of tJie terriiorieSf publié par M. Huyden [Department oj the interior; in-4*. Washington, 1877).
pierres; les interslices sont remplis par du limon; enfin il est bien crépi à Textérieur. Il a (l'ordinaire S^ySo ou près de 4"* d^ largeur h la base, et il est renforcé tous les ans par de nouveaux travaux; enfin il se couvre souvent d'une végétation vigoureuse, de façon à constituer une sorte de haie. Cet ouvrage achevé, la troupe de Castors, composée fréquemmenide plus de deux cents individus, se sépare en petits groupes dont chacun s'occupe de la construction ou de la réparation d'une hutte où il établira sa demeure. Ces cabanes, à parois épaisses et très solides, sont construites, comme la digue, avec de la terre gâchée soutenue par une sorte de charpente en branchages; elles sont élevées en amont de la digue, contre celle-ci ou près du bord de la rivière; elles n'ont d'entrée que sous l'eau, à plus de i" de profondeur, et elles sont divisées iniérieuremeril en deux étages, dont l'inférieur sert de magasin pour les dépôts d'écorces que ces animaux amassent et dont le supérieur, en communication avec le précédent, est la demeure de la famille. Aucun animal ne peut y pénétrer qu'en plongeant profondément; par conséquent, les Castors y sont à l'abri des Carnassiers dont ils ont à redouter les attaques. Ces édifices rustiques, terminés en forme de dôme, ont souvent plus de 2"* de longueur. C*est dans ces huttes, comparables aux maisons en pisé de beaucoup de nos paysans, qu'ils se multiplient et élèvent leurs petits; mais en été ils se dispersent et vivent dans des terriers creusés dans les berges. Jadis on rencontrait dans les lieux solitaires des constructions de ce genre, en Europe aussi bien qu'en Amérique. Mais, lorsque ces animaux sont dérangés dans leurs habitudes, ils perdent leur instinct architectural et ils cessent même de se réunir en troupes pour travailler en commun; ils vivent par paires ou tout à fait solitairesdans des terriers, et, quoiqu'ils continuent à couper du bois et que parfois même ils plantent en terre près du bord de l'eau des bâtons obtenus.de la sorte, ils ne construisent
ni digues ni huiles. Aujourd'tiui les espèces de villages bâtis par les Castors sont devenus rares, même dans les Toréis tes plus solitaires de l'Amérique septentrionale, car les chasseurs || traquent partout ces paisibles animaux.
[, Comment expliquer un pareil changement? Pouvons-nous l' supposer que les Castors aient assez d'intelligence pour comprendre le danger auquel les exposerait l'habitation dans des demeures si Taciles à apercevoir et même si remarquables, lorsqu'ils se trouvent à proximité non pas seulement de tiêies féroces plus ou moins stupides, mais d'êtres humains capables de raisonner sur ce qu'ils voient et d'en profiter pour deviner la retraite de leur proie; ou, en d'autres termes serait-ce par prudence que les Castors cessent de bâtir ei se tiennent toujours cachés dans des trous creusés en lerre quand l'homme vient s'établir dans leur voisinage? Je ne le pense pas. Les Castors sont des animaux dont les facultés Intellecttielles sont très limitées. Chez eux, l'instinct de ia sociabilité et l'instinct architectural sont des choses comparables a une habitude devenue héréditaire et susceptible d'être un mobile d'action lorsque l'attention de l'animal n'est pas distraite des impressions mentales dont elle est la source, mais Incapable de se faire écouter lorsque l'esprit de l'être pensant «si occupé ailleurs, soit par la crainte, soit par ia curiosité ou far toute autre cause.
■ Tous les naturalistes qui ont eu l'occasion d'observer les mœurs des Mammifères et des Oiseaux emprisonnés dans 4es enclos savent que souvent ces animaux cessent de se multiplier lorsqu'on ne les laisse pas suffisamment tran^ -quilles. La Poule couveuse, par exemple, abandonne parfois ees œufs lorsqu'on la dérange fréquemment, et pour beaucoup d'Oiseaux sauvages ou incomplètement apprivoisés la :sontude est nécessaire pour que le mdle s'occupe utilement de ses compagnes. Si 'son atteniion est distraite de celles-ci M.-E. -ii
parla vue de promeneurs ou d'autres objet!} qui rinquièteni, iV n'obéira plus aux instigations ordinaifetoent si impériëu^ses de rinstfnct paternel et il n'aura pas de postérité. Je pourrais citer beaucoup d'autres faits analogues, et il me paraît probable que, si les Castors cessent de bâtir lorsqu'ils ont à redouter le voisinage de l'homme» c'est parce que, préoccupé» prlncipa-^ lement de l'idée de se soustraire aux dangers auxquels celui* ci les expose, ils oublient de faire presque tout ce qui n'est pas nécessaire à leur alimentation et à leur sûreté personnelle; bientôt même ils perdent les habitudes qui étaient devenues héréditaires dans leur race, et le besoin de fouir devient poitr eux un instinct dominant. L'examen approfondi de eetle question de psychologie zoologique ne serait pas, à mon iavis, dépourvu d'intérêt, et peut-être y reviendrai>je dans un autre ndoment: mais ici je ne pourrais m'en occuper sans m'éloigner trop du sujet principal de cet entretien, qui est avant tout l'histoire économique des animaux considérés comme producteurs de pelleteries.
Sous le rapport industriel et commercial, les Castors ont beaucoup moins d'importance qu'ils n'en avaient autrefois, lorsque les tisseurà ne connaissaient pas l'art de fabriquer^ pour la confection de nos chapeaux, des étoffes imitant le feutre obtenu par l'enchevêtrement des poils de ces animaux et de quelques autres rongeurs, tels que le Lièvre. Cependant la fourrure du Castor est toujours très estimée, et elle mérite celte faveur par sa Qnesse, sa souplesse élastique, son épaisseur et sa légèreté.
Longtemps avant l'emploi des chapeaux de soie, le poil de Lièvre avait presque entièrement remplacé le poil de Castor pour la fabrication du feutre. Le poil de Lapin peut servir au même usage, mais ne donne pas d'aussi bons produits, et les peaux des Lièvres du Nord (de Russie notamment ) sont beaucoup plus estimées que celles des Lièvres de France. Cent de
•^ 355 ces dernières peaux ne fournissent en général qu'environ 4^' de duvet» tandis que le même nombre de belles peaux de Lièvre de Russie en donnent 7^' ou S*"** Le mode de fabrication du feutré est le même quel que soit le poil dont on fait usage. On commence par arracher le jarre; puis, avant de couper le duvety^'qui est seul employé en chapellerie, on enduit le poil d'un liquide propre à en augmenter Taptitude au feutrage et appelé secret, mais dont la composition chimique est bien connue depuis fort longtemps : c'est du mercure (ou vif-argent) dissous dans de Tacide chlorhydrique étendu d'eau. Cette opé* ration étant terminée, la peau est séchée dans une étuve chaude; puis un ouvrier spécial rabat les poils, et, muni d'un instru* ment tranchant de forme particulière, il les détache en les coupant près de leur base, par rangées successives d'arrière en avant. Le duvet ainsi séparé de la peau est livré au feuirier, qui en prend la quantité nécessaire pour la confection d'un chapeau, la place en tas sur une table, et mêle intimement les poils entre eux en les faisant sauter dans tous les sens au moyen d'une sorte de grand archet dont il fait vibrer la corde dans l'intérieur du tas. Ce travail s'appelle Varçonnage, et la masse légère ainsi obtenue est étalée sur une toile ou sur un cuir et pressée en divers sens par les mains de l'ouvrier, de façon à y déterminer un commencement de feutrage. On appelle capade l'espèce de tissu en forme de galette que l'on obtient de la sorte et que l'on foule ensuite en ayant soin de le plonger de temps en temps dans un bain d'eau chaude aiguisée d'acide sulfurique. Par cette opération, effectuée sur un plan incliné, soit à la main, soit à l'aide d'une roulette en bols ou d'une brosse, les poils se feutrent de plus en plus, la cupade se resserre beaucoup, et, en la foulant dans un certain sens plus que dans d'autres, on lui donne la forme d'une cloche. En général, on prépare d'abord avec du poil très commun ja galette dont je viens de parler, puis onQï\ dore la surface
- 35<i exierieure en y incorporant par un foulage léger une couche de poils plus fins et non sécrétés^ dont l'une des extrémités seulement prend en quelque sorte racine dans le tissu sousjacent et dont l'autre bout, resté libre, constitue l'espèce de duvet velu que les chapeliers appellent la plume. C'est dans cette partie du travail que l'on emploie le duvet du Lièvre de Russie ou du Castor, et pour achever la fabrication du chapeau il ne reste plus qu'à ramollir le feutre en l'exposant à l'action de la vapeur, à le dresser sur une forme en bois, à le teindre si l'on veut qu'il soit noir au lieu d'être gris et à lui donner delà consistance par l'encollage de sa surface intérieure. Vers i83o, lorsque je m'occupais de questions industrielles, afin de pouvoir en traiter dans le Cours de Zoologie technologique dont j'étais chargé à l'École Centrale des Arts et Manufiictures, ce genre d*industrie était très florissant, particulièrement à Paris et à Lyon; il occupait en France près de dix-sept mille ouvriers, et l'on évaluait à environ 17 millions ses produits annuels. Mais, depuis que les étoffes en soie ont été substituées au feutre pour la confection de la plupart des chapeaui d'homme, son importance a beaucoup diminué et ce changement a exercé une influence considérable sur le sort des tastors d'Amérique. Jadis on pourchassait ces animaux partout, et l'on en tuait annuellement plus de i5oooo dans les possessions anglaises ainsi qu'environ 80000 dans la région de l'Alaska, qui appartenait à la Russie; mais aujourd'hui, leur valeur vénale ayant diminué, on les poursuit moins activement et leur nombre paraît augmenter dans quelques parties des États-Unis.
De 1800 à i852, les importations en Europe étaient descendues de 164287 peaux à 61280; mais en 1866 elles étaient remontées à 154971.
Le Rat musqué du Canada ou Ondatra^ que Linné classait dans le même groupe générique que le Castor proprement dit, est
— 3S7 — aussi un Rongeur nageur donc la peau est recherchée par les pelletiers; mais cel animal, appelé mainienani le FiberZibe^ thieus, diffère beaucoup du CasiorJiber.eiïX ressemble davan* lage aux Campagnols; il n*a pas la queue élargie en forme de palette, et il présente dans ses caractères ostéologiques plusieurs particularités remarquables. Ses mœurs sont à peu près les mêmes que celles des Castors; il vit aussi en troupes plus ou moins nombreuses; il se construit des huttes sur le bord de Teau, et les Peaux-Rouges en font une chasse active» car sa fourrure est un objet de commerce important.
Les y YoPOTAMBs, désignés aussi sous les noms de Couia^ de Coxpous et de Castor des marais^ sont de grands Rongeurs de l'Amérique méridionale, dont les habitudes sont également aquatiques et dont le poil est employé en chapellerie pour la confection du feutre. Les peaux de ces «animaux sont exportées en grand nombre de Buenos-Ayres et de Montevideo sous le noih de Racoonda nuirix ou Loutre d'Amérique. En i83o, les chasseurs des environs de ces deux villes en envoyèrent en Angleterre Soooo, et vers la même époque on évalua à plus de Sooooo le nombre fourni par la province d'£ntre-Rtos. Je regrette de n'avoir pu trouver dans la Notice sur la République Argentine publiée par la Commission de l'Exposition de 1878 aucun renseignement sur l'état actuel de cette branche de commerce, et j'en conclus qu'elle a probablement beaucoup perdu de son importance.
La fourrure désignée sous le nom 6e petit-gris dans le commerce est fournie, comme je l'ai déjà dit, par des Lcurbuils, dont les uns, tels que notre Écureuil d'Europe, prennent ce pelage en hiver dans les contrées très froides, et dont les autres, par exemple une des variétés de Sciurus cinereus de TAmérique septentrionale, roifreni en toutes saisons (')• Le inod«j de
(') M. Servant, l'un dos principaux négociants on pollolorios,nï'a assuré
coloration des animatux de ce genre est sujet à de grandes variations suivant les individus et suivant les localités qu'ils habitent; aussi est-il très difficile de caractériser les espèces, et il est évident que beaucoup de distinctions réputées spécifiques par les zoologistes sont mal fondées; mais la discussion de cette question serait déplacée ici.
Ce n'est pas seulement pour la confection des fourrures que la dépouille des Écureuils est utilisée; les poils de la queue de ces animaux servent à faire des pinceaux, et la Russie nous en envoie annuellement, par barils, des quantités énormes.
Les Hamstebs sont de jolis petits Rongeurs fouisseurs dont la peau, sans avoir grande valeur, est utilisée par les pelletiers, et il paratt qu'en Allemagne on en vend annuellement environ aooooo; mais c'est surtout à raison de leurs instincts et comme animaux nuisibles à l'agriculture qu'ils sont remarquables. Effectivement chacun de ces animaux se creuse en terre une demeure composée d'une grande chambre de repos, de couloirs plus ou moins nombreux, et en général d'un caveau spécial pour l'emmagasinage des provisions qu'il récolte pendant l'été afin d'assurer sa subsistance pendant la mauvaise saison» Souvent un seul de ces magasins contient 3**'** ou 4"** de bl( ou d'autres grains. C'est avec leurs pattes antérieures que le! Hamsters creusent leurs terriers, et pour y transporter leurs provisions ils se servent de \e\xrs abajoues, espèces de poche: en communication avec la cavité de la bouche et logées dan ^^ l'épaisseur des joues. Ces Rongeurs n'habitent ni la France r^^i les autres parties occidentales de l'Europe; mais à l'est d- u Rhin, particulièrement en Saxe, ils sont très communs, et (^ fl les rencontre jusqu'en Sibérie, dans les terres ensemencée 'S. Dans quelques parties de l'Allemagne, le gouvernement a ^î-
que parfois les Écureuils do Norvège et de Suède ont aussi le pelage gr/s en été.
corde des primes pour la destruction de ces animaux, et l'on assure qu'en une seule année, dans la banlieue de Golha, le nombre des Hamsters pour lesquels cette récompense fut donnée s'éleva à 1 11817. La fourrure de l'Hamster est légère et durable, mais elle est peu employée.
Les Chinchillas, dont le poil est soyeux, remarquablement doux et d'un joli ton gris, sont de petits Rongeurs qui appartiennent exclusivement à l'Amérique méridionale. Ils ressemblent un peu à des Lapins qui auraient une queue longue et bien garnie de poils. On en distingue deux espèces, le Chinchilla vulgaire et le Chinchilla laineux. Le premier habile en grand nombre les hautes montagnes de la Bolivie, du Pérou et de quelques parties du Chili; il a le pelage d'un gris bleuâtre argenté, à reflets foncés. Le second est propre au, Chili central et septentrional; sa fourrure, d'un gris cendré clair et à mouchetures foncées, est plus belle que celle de son congénère; il se laisse facilement apprivoiser, et son poil est assez long pour pouvoir être filé. De 1828 à iSS'z on a vendu à Londres 18000 peaux de cette espèce; mais aujourd'hui cet animal est devenu plus rare.
Je pourrais citer aussi quelques autres Mammifères dont la peau est utilisée dans la pelleterie, par exemple les Sarigues, qui habitent l'Amérique, et quelques Singes, particulièrement les Colobs du Gabon; mais la dépouille de ces animaux n'a pas assez d'importance commerciale pour que j'en parle ici.
§ XXii.