‹ Nouvelles causeries scientifiques: ou, Notes adresse?es a? l'occasion de l'ExpositionChapitre 15 sur 24 · COMMERCE DES FOURRURES, ETC · texte numérisé non relu

COMMERCE DES FOURRURES, ETC

Les faits que nous venons de passer en revue montrent que les pelleteries constituent des objets de commerce d'une importance considérable, mais la chasse des animaux qui les fournissent n'est jamais une occupation lucrative. Cependant, à raison de l'abondance de ses produits dans l'Amérique boréale, elle a été pour le Canada une source de richesse et elle a exercé une grande Influence sur les destinées de cette partie du nouveau monde. Dès que les Européens commencèrent à la fréquenter, un commerce d'échange s'établit entre eux et les aborigènes, qui leur fournissaient des peaux de divers animaux en payement des objets de minime valeur qu'on leur offrait. Peu à peu ces relations s'étendirent, et dès 1628 elles donnèrent lieu à la création d*une Compagnie française, à laquelle le cardinal de Richelieu en accorda le monopole, non seulement dans Timmense vallée du fleuve Saint-Laurent, désignée alors sous le nom de !a Nouvelle- France, mais aussi dans la Floride. Cette association mercantile ne prospéra pas : elle cessa d'exister en i663; mais le trafic des pelleteries n'en continua pas moins dans cette région et amena successivement la fondation de la ville des Trois- Rivières, située à iooi"° en amont de Québec, puis de la station de Montréal, qui en 1640 se composait de quelques cabanes, mais devint bientôt une ville régulièrement bâtie et contenant quatre mille habitants. Pendant longtemps encore, le commerce naissant dont Montréal était le siège fut entravé par les

liostilitcs entre nos colons du Canada et les Iroquois; mais, à la suite du traité de paix conclu en 1700 entre le gouvernement français et ces Peaux-Rouges, les relations de nos compatriotes avec les chasseurs indigènes devinrent faciles, et, au lieu d'attendre à Montréal quer ceux-ci leur apportassent les fourrures, beaucoup de colons errants s'avancèrent au loin dans Tintérieur du pays pour s'en procurer de première main. Dans ce but on éleva des fortins à l'entrée du lac Ontario, puis entre ce point et le lac Érié, près de la cataracte du Niagara, et en i683 à un petit poste situé sur le bord de la rivière qui unit le lacÉrié au lac Saint-Clair; et ce dernier établissement, appelé Détroit à raison de sa position, est aujourd'hui uoe importante ville américaine, capitale de l'État de Michigan. Les Anglais, devenus possesseurs du Canada en 1763, contl" nuèrent ce genre de traGc, et, obligés de s'en abstenir dans le voisinage.de la baie d'Hudson, qui. était le domaine d'une société commerciale privilégiée, ils s'avancèrent de plus en plus loin vers le nord -ouest. Une Compagnie établie à Montréal envoya chaque année, au printemps, ses agents vers le lac Supérieur, où elle avait établi un comptoir appelé le Grand- Portage; ce voyage long et difficile se faisait sur des canotsà fond plat que l'on était souvent obligé de décharger et de transporter par terre à dos d'homme pour franchir les rapides, où la navigation devenait impossible. Les marchandises destinées au commerce d'échange consistaient principalement en vêlements grossiers, en armés, en munitions, en tabac et. en liqueurs spirilueuses; elles étaient réparties en paquets du poids d'environ 4o^«, et, lorsque les voyageurs avaient gagné la factorerie du lac Supérieur et remis aux employés en résidence dans ce lieu leur cargaison, ils recevaient en échange les fourrures emmagasinées d'avance et ils tes rapportaient à Montréal. Cette partie de l'opération était donc fort pénible; mais les hommes par les soins desquels les fourrures dont je

viens de pader étaient réunies dans ce dépôt avaient des dif-^ ricultés encore plus grandes à vaincre. Ces aventurieris, appelés ajuste titre coureurs des bois, se répandaient au loin dans Tintérieur du pays. Les uns, embarqués sur des canots de moitié plus petits que ceux qu'on employait pour aller de Montréal au lac Supérieur, se dirigeaient vers le lac Winnipeg, puis de là les uns gagnaient le fort Chipaway, établi par la Compagnie sur les bords du lac des Montagnes ou lac Atapeskow; les autres s'avançaient davantage vers l'ouest ou vers le nord-est, jusque dans le voisinage de Tocéan Pacifique ou du pays des Esquimaux, afin de trafiquer directement avec les chasseurs aborigènes dispersés dans ces vastes et solitaires régions. Une grande partie de nos connaissances géographiques relatives à rAmérique boréale est due à ces espèces de commis voyageurs, et l'explorateur dont le nom a été donné à la principale rivière américaine qui déverse ses eaux dans la mer polaire, Mackensie, était un de ces commerçants en pelleteries.

Pendant que la Compagnie canadienne agrandissait ainsi sa sphère d'action, une autre association analogue s'était formée pour exploiter de la même manière les contrées avoisinant la baie d'Hudson, mer intérieure découverte en 1610 par l'intrépide navigateur dont elle porte le nom. En 1670, le roi d'Angleterre CharlesII avait concédé à uneSociété commerciale, dont son cousin le prince Rupert était un des principaux actionnaires, le pays qui entoure cette baie et qui fut appelé d'abord la Terre de Rupert. La possession en était importante, car, par l'effet du climat rigoureux de celte région, les fourrures que l'on y obtenait étaient plus belles que celles du Canada. Cette association, qui prit ultérieurement le nom de Compagnie de la baie d'Hudson, prospéra et bientôt elle étendit sa domination sur la région des lacs, sur le nord-ouest jusqu'aux Montagnes Rocheuses et même au delà, jusqu'à l'océan Pacifique,

enfin sur toute la contrée appelée. aujourd'hui le territoire de la Colombie anglaise. Alors le commerce des pelleteries américaines passa en majeure partie entre ses mains, et elle acquit ainsi une grande puissance. Enfin, vers 1870, elle céda au gouvernement canadien ses droits sur ce pays immense, mais aujourd'liui encore elle continue à y faire un grand commerce de fourrures.

Dans les premières années du siècle actuel, la puissante république américaine commença à s'occuper aussi très acii' vementdu trafic des fourrures dans l'ouest; un négocianl de New-York, John Astor, lui imprima une puissante impulsion et il établit même sur les bords de l'océan Pacifique, à l'embouchure du fleuve Orégon ou (Columbia), un comptoir fortifié, appelé en son honneur Asloria. Mais aujourd'hui ce poste a perdu toute importance; il a même changé de nom, car on ne l'appelle plus que le fort George, et, depuis que les droits de l'Angleterre sur cette partie du nouveau monde ont été reconnus, c'est l'établissement de Vancouver qui est devenu le principal entrepôt des pelleteries de cette région. Les agents de la Compagnie d'Hudson s'y rendent chaque année et y font un commerce considérable. En effet, toute celle partie de l'Amérique septentrionale est encore couverte de magnifiques forêts, où les Rongeurs et les petits Carnassiers abondent; les aborigènes n'y ont d'autre industrie que la chasse, et les coureurs des bois trouvent à s'y procurer en nombre immense de belles fourrures en échange des marchandises de minime valeur qu'ils colportent dans toutes les directions.

Actuellement la chasse y est pratiquée par les Indiens, non seulement au moyen de flèches et de pièges de diverses sortes, mais aussi à l'aide d'armes à feu que ces sauvages se procurent facilement. Au premier abord, on pourrait croire qu'un car-

mge si bien organisé a dû amener là, comme dans l'est des

Etats-Unis, une grande diminution dans le nombre des animaux recherchés pour leur fourrure ou même l'extermination de quelques-unes de ces espèces les plus estimées; mais, dans ces contrées à peine habitées, retendue des terres de chasse est si grande, que ce résultat ne s'est pas produit. D'après les documents recueillis récemment par un de nos principaux négociants en pelleteries, M. Servant, il paraîtrait même que le nombre, des peaux livrées à l'industrie augmente plutôt que de diminuer, comme on le pense généralement. Je ne pos* sède pas les données nécessaires pour discuter à fond cette question; mais, afin de bien fixer les idées relativement à l'importance de celte branche de commerce, je crois utile de présenter ici quelques chiffres.

Je trouve dans mes notes, recueillies à l'époque où j'avais à ' entretenir de faits de cet ordre les élèves de l'École Centrale des Arts et Manufactures, que de 1828 a 1882 il a été vendu sur le marché, terme moyen, par an, près d'un demi-million de fourrures provenant presque exclusivement de l'Amérique boréale, et que ce total se décomposait de la manière suivante :

Peaux de Martre i ,^0000

Peaux de Mink 69.000

Peaux de Putois 6000

Peaux d'Hermine 6000

Peaux de Loutre de rivière 9000

Peaux de Raton 11 3ooo

Peaux de Glouton 600

Peaux d*Ours 7000

Peaux de Renards divers 3oooo

Peaux de Loup 2000

Peaux de Chat 25ooo

Peaux d'Écureuil 8000

Peaux de Lièvre ou de Lapin 18000

En 1868, la Compagnie de la baie d'Hudson a mis en vente à Londres :

Peaux de Zibeline 106264

Peaux de Mink 73473

Peaux de Loutre de rivière 14966

Peaux de Glouton 1 104

Peaux de Blaireau i55i

et un grand nombre de peaux d'autres animaux de même provenance ('). Or elle n'était pas seule à alimenter le commerce des fourrures dans cette grande ville; la Compagnie cansh dienne y faisait aussi des ventes importantes, et pendant la période de soixante-seize ans antérieure à 1889 elle y a fourni:

Peaux de Martre zibeline agSiSgS

Peaux de Mink 108780

Peaux de Loutre de rivière 895832

Peaux de Glouton 291 10

J'ajouterai que les fourrures exportées du Canada pendant l'année financière i875-i876ont été évaluées par l'administration des douanes de ce pays à la somme de 1 779088 dollars, soit9553434'^'^(^).

Enfin la Compagnie des fourreurs russes, qui jusque dans ces derniers temps exploitait l'Alaska, exporte des produits analogues en grande quantité. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai déjà dit relativement aux Loutres de mer et aux Phoques de la partie maritime de cette région, mais j'ajouterai qfte de 184^ à 1861 cette Compagnie en a tiré :

Peaux de Castor 167484

Peaux de Rat musqué 6670

Peaux de Renard de diverses sortes. . . 131981

Peaux de Martre 12782

Peaux d'Ours 1898 (')

^ ' -■-■- ■■■» !■ -■■■»■»■»»■■ I ■ Il ^-1 ^1— ■■ ■ ■■■■ — "^"^

(') Droste-Hûlshoff, Die Zonlogische Garten, 1867, p. 3 17.

( ^ ) Keefer, Manuel et CataL offic. de la Section canadienne^ 1 878, p. 34-

(') E\A.\ox£.yReport on Alaska^ 1875, p. 62.

Le commerce alimenté par les pelleteries de la Russie asiatique est moins important, mais ne laisse pas que d*être très considérable. La chasse est pour ainsi dire l'unique occupation de toute la population de cette vaste région boréale. Dans les terrains marécageux qui bordent le Volga, on trouve déjà beaucoup d'Hermines, de Loutres, de Blaireaux el d'autres animaux à fourrure plus ou moins estimée; le pays des Kirghis fournil, dans les plaines, des Renards et des Loups, dans les montagnes, des Zibelines, des Gloutons, etc.; mais plus loin, vers Test, les pelleteries ontune valeur de plusen plus grande. Ainsi les Zibelines les moins estimées sont celles que Ton prend près de la rivière Obi ; celles des bords de l'Iénissei sont meilleures, mais les plus belles sont celles des montagnes qui avoisinent le lac Baïkal et de la région de la Lena. Enfin, dans le Kamtchatka, les produits de la chasse sont encore plus abondants' et non moins précieux. Les peaux obtenues dans ces pays sont dirigées en partie vers la Chine par la voie de Krakhta, près du lac Baïkal, et celles qui sont destinées à TEurope sont transportées à Orenbourg; beaucoup d'entre elles (et des plus belles) sont employées en Russie, el les autres se vendent annuellement à des foires tenues à Leipzig et à Francfort.

En 1844 (1^ dernière année pour laquelle j'ai sous la main des renseignements précis), la Russie a. exporté :

Peaux d*Hermine 200000

Peaux de Martre 60000

Peaux de Putois 60000

Peaux de Vison 16000

Peaux do Renard blanc 55oo

Peaux de Chat . . ., aSooo

Peaux de Blaireau aoooo

Peaux d'Écureuil petit-gris 8200000

Peaux de Lièvre 55oooo

Or ces nombres sont, pour la plupart, beaucoup plus élevés que ceux qui correspondent à l'année i83a, et ceux-ci à leur tour sont plus grands que ceux de 1820, car alors la Russie d'Asie ne fournissait a l'Europe que :

Peaux d*Hermine looooo

Peaux de Zibeline '. . . aooo

Peaux de Martre. . . . ^ ooooo

Peaux de Putois 4^»ooo

Peaux de Vison ^ . 4^>o<>

Peaux do Blaireau loooo

Peaux de Petit-Gris 200000

Peaux de Lièvre Sooooo

L'emploi de peaux dites d'Astrakan et d'autres peaux d'Agneau de la Russie asiatique a augmenté aussi considérablement depuis cinquante ans. Ainsi, en 1820, l'Europe n'en recevait que 5oooo, tandis qu'en 1844 elle en a importç trois fois autant.

Le Danemark tire aussi beaucoup de belles fourrures du Groenland, de l'Islande et de quelques autres terres polaires; ce commerce est entre les mains d'une Compagnie dont le siège est à Copenhague, et en i865 elle a fourni :

Peaux de Renard bleu 298

Peaux de Renard blanc 284

Peaux d'Ours blanc 33

Peaux de Phoque 5oooo

A l'Exposition internationale de 1878, on a remarqué la beauté des peaux d'Ours blanc envoyées par cette Compagnie.

Enfin le nord de l'Europe nous fournit aussi un nombre notable de fourrures. M. Broch nous apprend que la Norvège a exporté en 1870 :

Peaux de Martre 820

Peaux de Loutre de rivière i85o

Peaux de Renard 9020

et que de 187 1 à 1875 on a tué dans ce pays 99 Ours, 182 Lynx et 62 Gloutons.

La Suède exporte aussi pour la Russie beaucoup de peaux de Renards; celles du Renard bleu y sont très recherchées et valent sur place de 69'' à 139''; la peau du Renard argenté se paye jusqu'à 3oo couronnes, soit 4*7^% ©^ les Écureuils y sont si communs, qu'un chasseur en tue souvent vingt ou trente par jour.

En tenant compte des arrivages de l'Amérique, de la Russie

et du Groenland, M. Servant (') estime qu'en 1866 l'Europe a

reçu :

Peaux de Martre 124484

Peaux de Pécari 6167

Peaux de Vison 60169

Peaux de Loutre i7o53

Peaux de MouflFette 74^91

Peaux de Blaireau 618

Peaux de Glouton 806

Peaux de Raton 38817

Peaux d'Ours 1 1048

Peaux de Loup 6610

Peaux de Lynx 88751

Peaux de Chat cervier 4762

Peaux de Phoque 34776

Peaux de Castor ^54971

Peaux d'Odonlra (ou Rat musqué .). . . 1677767

Peaux de Lapin 144619

Peaux de Sarigue 218144

Peaux d'Élan et de Chevreuil 31842

Quant aux sauvagines (ou pelleteries indigènes), quoique moins belles et moins nombreuses que celles dont je viens de parler, elles ont aussi une certaine importance commerciale,

(') Rapport sur V Exposition de 1867, t. V, p. I23.

el, bien que leur prix de première acquisition soil très bas, élites passent par tant de mains avant d'arriver aux pelletiers, qu'elles sont en définitive très chères. Ainsi, d'ordinaire, nous dit M. Servant, le paysan vend les peaux des animaux qu'il a tués à un colporteur qui les revend aux chiffonniers dans les petites foires; de là elles arrivent dans les grandes foires du printemps, où des négociants les achètent pour les revendre à deux où trois malsons, qui chez nous font le commerce en gros. De la sorte, une peau de Fouine de 7^' à 8^' arrive successivement à io^% à 12^% à i2^%5o et à iV^

Le négociant que je viens de citer estime approximative* ment la production des sauvagines en France de la manière suivante :

Peaux de Martre 2000

Peaux de Fouine 36ooo

Peaux de Putois looooo

Peaux de Loutre 4000

Peaux de Renard 60000

Peaux de Chat 3oooo

Peaux de Lapin 60000000

sans compter quelques peaux de Blaireau, d'Ours, etc. Je ne parle pas ici des peaux de Chèvre et de Mouton, parce que ce sont des produits de l'industrie agricole.

Le revenu fourni par nos pelleteries brutes est évalué à environ 26000^' (*).

L'Allemagne fournit beaucoup plus de sauvagines. D'après des documents recueillis par M. Lomer et publiés dans les Annales de la Société de Géographie de Leipzig^ on voit que le marché de cette ville reçoit annuellement des diverses parties de ce pays environ 120000 peaux de Renard, dont 3oooo

(') Servant, Rapport sur les produits de In c/uisse, etc. {Exposition universelle de 1867 à Paris, t. VI, p. 120).

- 37i provenant de la Bavière el 22000 de la Prusse; 20000 peaux de Martre (M. abieium); 280000 peaux de Putois; 8000 peaux de Loutre; 600000 peaux de Lièvre et 3ooooo peaux de Lapin (*). Ces derniers animaux, comme on le voit, sont beaucoup moins nombreux que chez nous.

Le commerce de la pelleterie, le travail relatif à la préparation des peaux et le confectionnement des objets en fourrure donnent lieu à un mouvement de fonds très considérable, auquel la France prend une large part. Depuis longtemps les Chinois sont très habiles dans Fart de teindre et de travailler de diverses manièreslespeaux;peul-êlrenoussont-ilsencore supérieurs sous ce rapport, mais en Europe c'est la France qui tient le premier rang dans cette branche d'industrie. Les sept huitièmes des fourrures confectionnées annuellement passent par lesmainsdenosouvriers,etronévalueà i5ou2omillionsleprix de la main-d'œuvre et les bénéfices commerciaux dont nous profitons ainsi. La moitié des produits est emploj^ée à Tintérieur ; l'autre moitié est exportée, et, par suite de la bonne organisation de notre commerce, le prix des fourrures de Russie est en général moins élevé à Paris qu'à Saint-Pétersbourg. Nous importons beaucoup de pelleteries brutes de l'Angleterre, mais nous exportons pour ce paj^s des quantités énormes de fourrures confectionnées, et l'on peut juger de l'importance de cette branche de l'industrie française par les chiffres suivants : en 1877, nous avons importé pour 11963889^' de pelleteries brutes et nous en avons exporté pour 3 199067^'', ce qui donne une consommation intérieure évaluée à 8764822*^^ En 1867, l'excédant des importations sur les exportations était de

(•) Ainsi que je l'ai déjà dit, M. Servant, dont la compétence en pareille matière me paraît incontestable, évalue à soixante millions le nombre de peaux de Lapin fournies annuellement aux pelletiers par la France (loc cit.),

9038095^% tandis que dix ans avant il n'était que de 4672484^% et qu'en 1849 il ne dépassait guère 2200000^*'. Le luxe des fourrures a donc un peu diminué parmi nous depuis 1869, ^^^^ H a suivi une marche ascendante très rapide pendant les trente dernières années, puisque la valeur des pelleteries brutes emplojées en France a presque quadruplé depuis 1849 (*)•

Je craindrais de fatiguer l'attention des lecteurs du Bulletin de l'Association scientifique si j'entrais dans plus de détails sur l'histoire économique des fourrures et des animaux qui nous les fournissent. Je m'arrête donc, et dans mes' prochaines Causeries je changerai de sujet; mais en ce moment d'autres devoirs m'obligent à les interrompre, car il me faut, avant tout, achever mon Ouvrage sur la Physiologie et l'Anatomie comparées de l'homme et des animaux, dont le quatorzième et dernier Volume est sous presse.

(') Direction des douanes, Tableau général du commerce de la France pendant P année 1877, p. 58.

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