N«- XL
Mémoire du baron de Thvlemeyer^ ndnisire du roi iit
Prusse à la Haye, adressé aux États - Généraux da
Protînces-Vnies des Pays- Bm; du lO juillet ±7^,
Hauts et Paissants Seigneurs!
La sagesse de V. H. P. a prëru rëtonnement et la douleur profonde dont S. M. Prassienne a dâ être Mebkie^ eu apprenant, que le voyage projeté de son augusie soeur pour la Haye, entrepris dans les vues les plas salutûres, ait été traversé près de Schoonhoven par des gens armés. Le roi est instruit de Topinion éclairée qui a prévalue dans l'assemblée de L. H. P. à l'égard de cet attentat împrén et inouï, autant que des résolutions qui en sont résultées, et y applaudira certainement. C'est par ordre exprès de S. M* Prussienne que le soussigné a remis à L. N. et G. P. les états de Hollande, le mémoire dont une copte se trouve à la suite de ces lignes, et par lequel il insiste sar une satisfaction éclatante, autant que sur la punition des auteurs de Tlnjure commise. V. H, P. y coopéreront sans doute avec ce zèle empressé que le soussigné a eu le bonheur de leur reconnaître dans plus d'une occasion , pour le midntlen de l'amitié et de l'harmonie qui jusqu'ici ont subsisté entre les deux états*
A la Haye, le 10 juillet 1787.
DK ThULBMBTBR.
CAUSE ciNOuiàME. (1785 — 1788.) 567
N«' xn.
Mémoire du baron de Thulemeyer , adressé aux états de la province de Hollande; du 10 juillet
Nobles, Grands et Puissants Seigneurs!
Le roi n'a pu apprendre qu'avec un grand chagrin l'attentat commis près de Schoonboyen contre la personne de son auguste soeur, que les vues les plus salutaires conduisaient à la Haye. Son Altesse Rojale retardée dans sa route, s'est vue entourée de gardes, et des gens armés ont même été placés dans son appartement C'est par ordre exprès de S* M. Prussienne, que le soussigné son envoyé extraordinafare, a l'honneur de s'adresser à* Y* N. et G. P., pour insister de la manière la plus pressante et la plus forte, sur une satisfaction prompte et éclatante de cette injure, et sur la punition de ceux qui l'ont commise. Il s'empressera d'instruire le roi son maître de l'impression que les représentations de son ministre auront produite sur l'assemblée souveridne de la Hollande. S. M. jugera par le résultat des délibérations de L. N. et G. P. à cet égard, du prix auquel elle-s évaluent son amitié et sa bienveillance.
A la Haje, le 10 juillet 1787.
DB ThUI^EMBYEE.
Les Etats-Généraux répondirent que la seule province de Hollande était responsable de Toffense qu^avaît éprouvée la princesse^ mais quMls venaient d'exhorter itérativement les états de cette province d^en donner satisfaction au roi. Le ministre de Prusse réitéra le 6 août, sa demande auprès des états de Hollande par la note suivante.
568 CAUSE CIMQUIKBUS. (1785— 1 788.)
Mémoire du baron de ThuJemeyer, ministre du roi à Prusse à la Haye, adressé aux états de la province
de Hollande; du 6 août 17 S7.
Le soussigné envoyé extraordinaire de S. M. Prnsdenne a fait parrenir dans les mains do roi son maître la résolution que V. N. et G. P. loi ont fait, remettre en réponse i son mémoire da 10 juillet, touchant l'attentat commis contre la personne de Tau^ste soeur de ce monarque. Le roi n'apv apprendre qu'avec une surprise extrême, qa'au lien de renplir sa juste attente par l'oifre d'une satisfaction proportionnée à l'insulte, on ait préféré appuyer une réponse éra- -sive, par des arg'uments insuffisants. S* M. ne tous dissinolera point, N. G* et P. S. que Ti^orance prétendue des motifs qui ont conduit S. A. R. à la Haye, et l'appréhension d'une émotion populaire, ne coloreront jamais à ses /eux les procédés de la commîsson siég'eante à Woerden. Un tel soupçon énoncé avec publicité, est une nouvelle offense. La parole de la princesse, sa déclaration solennelle de n'entreprendre le voyag'e de la Haye que dans les vues les plos pures, celles de rapprocher les esprits et d'offrir des moyens de conciliation, donnait aux députés de V. N. et G. P. une conviction parfaite. Si le peuple, pénétré de reconnaissance pour l'illustre maison des fondateurs de la liberté et de Tindépendance belgique, avait pu s'égarer, si l'apparition de Tauguste épouse du stathouder avait produit des démonstrations d'une joie inquiétante pour la tranquillité publique, les moyens de mettre la résidence du souverain à l'abri de toute atteinte et d'un dang'cr vraisemblablement exag-éré, se trouvaient N. G. et P. S. à votre disposition. Les sohis d'ailleurs, avec lesquels S. A. R. a prévenu les témoignages d'un zèle imprudent, en dérobant au public la connaissance de son arrivée prochaine, étaient de nouveaux titres à la gratitude du gouvernement. C'est à la Haye, N. G. et P. S., c'est dans votre résidence, où chaque citojen doit
cAus£ ciNQuiÈMc:. (1785 — 1788.) 669
jouir d'ane liberté pléniëre, établie par la sagesse éclairée de vos ancêtres, qu'on prend la résolution de défendre l'entrée de la province de Hollande à la soeur d'un grand monarque, à l'épouse d'un prince reyétu des premières dignités de votre état. Le roi ne s'occupera point à rechercher la légitimité du droit de résistance que la commission de Woerden s'est attribuée dans cette occasion* S. M. fixera d'autant plus son attention sur la manière dont il a été mis en exécution* Des gens armés ont entouré l'équipage de S. À. R*, et le cortège qui l'a suivi, était plutôt celui d'un prisonnier d'état, que d'une grande princesse, respectable par son illustre naissance, par ses qualités éminentes, par ses vertus , et par les sentiments qu'elle a consacrés de tous temps à la république. A peine S. A. R. s'est-elle rendue à Schoonhoven, qu'on établit des gardes dans toutes les avenues de la maison, et qu'un^ officier est même placé dans son appartement, armée d'une épée nue. Des procédés aussi offensants ont fait une impression profonde sur l'esprit du roi mon maître. S. M. envisage cette injure comme faite à elle-même. C'est en conformité des ordres exprès de ce monarque, que le soussigné réclame de nouveau de la part de V^ N. et G. P. une satisfaction prompte et proportionnée à l'insulte. S. M. m'enjoint de plus, de ne point leur laisser ignorer, qu'elle insistera invariablement sur cette satisfaction, et qu'elle ne se contentera point d'une discussion de faits isolés, d'excuses vagues, ou de défaites ultérieures. Le roi ne méconnaît point les égards, dus -à la république des Provinces-Unies et à l'illustre assemblée des États -Généraux qui représente la souveraineté de l'état envers les puissances étrangères. S. M. se plaît à applaudir avec reconnaissance au désaveu éclatant que L. H. P. ont manifesté, à l'égard des mesures adoptées en Hollande sur l'affaire qui fait le sujet du présent mémoire. Les témoignages d'amitié que le roi et ses augustes prédécesseurs se sont' empressés de donner à la république des Provinces-Unies dans plus d'une occasion intéressante et critique pour elle, autorisent S. M» à attendre
570 CAUSK CINQUIEME. (1785 — 1788.)
de la pari de V. N. et 6. P. un juste retour d'égards, et la réparation des gtieh que le soussigné est charg'ë de leur énoncer réftérativement. C'est de votre prudence , N. G. et P. S* et de la reprise de vos délibérations ultérieures sur cet objet, que le roi attend une réponse prompte et satis- Taisante.
A la Haye y le 6 aodt 1787.
DB ThULBMBYBR.
Les états de Hollande répondirent ^ le 8 septembre, qu^il avait été indispensable d^arrêter le voyage de la princesse 9 et qu^on ne pouvait pas lui permettre de se rendre en Hollande.
Trois Jours auparavant, le 5 septembre, le ministre de Prusse avait déclaré aux Etats -* Généraux que le roi, son maître, avait reçu de la part des étate de Gueldre et d^Utrecht une invitation de se charger, conjointement avec les cours de Versailles et de Londres, de la médiation tendante à mettre fin aux troubles des Provinces-Unies, et quMl avait accepté une invitation si honorable.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre, le baron de Thulemeyer adressa à M. de Bleyswick, grand-pensionnaire de Hollande, l'ultimatum suivant quMl venait de recevoir de Berlin.
N^- XIV
Note du baron de Thuletneyei', ministre du roi de Prusse
à la Haye^ adressée au conseiller pensionnaire de la
province de Hollande; du 9 septembre 17S7.
Le soussigné envoyé extraordinaire de S. M. Prussienne vient d'être muni d'ordres pressants du roi son maître^ pour
CAUSB CINQUIÈME. (1785^—1788.) 571
requérir de noareau fortement L. N* et G. P. les états de Hollande, de réparer l'affront fait à l'au^ste soeur de ce monarque, suffisamment détaillé par deux mémoires consécutifs des 10 juillet et 6 août, et de manifester dans V espace de qua* tre Jours de temps leur résolution à cet égard, autant que la satisfaction qu'elles adopteront d'une manière proportionnée à Toffense. Le soussigné n'a rien laissé à désirer à M. le conseiller pensionnaire de Hollande, au sujet des conditions équitables et modérées que S. M. réclame, et dont il lui offre une esquisse précise dans la note verbale ci-jointe. . Il ne doute point de plus^ que M. le conseiller pensionnaire ne s'empresse à convoquer immédiatement les états de Hollande, et ne lui dissimulera point, d'après les instructions détaillées qui lui ont été adressées par le courrier reçu par le soussigné il 7 a peu d'heures, que la résolution que L. N. et 6. P. ont fait remettre au ministre du roi en réponse à son mémoire du 6 aoât, ne remplit en aucune manière la juste attente de S. M.
A la Haye, le 9 septembre 1787.
OB Thulkbibybr.
Note verbale y jointe à la précédente.
Les conditions que le roi réclame touchant une satisfaction proportionnée à l'offaise faite à l'auguste soeur de ce monarque, telles qu'elles pourrait réparer l'affront commis contre la personne de S. A. R. en s'opposant avec force ai voyage que cette illustre princesse, animée par les vues les plus salutaires, avait projeté pour la Haye, sont les sui-' vantes, que le soussigné envoyé extraordinaire du roi détaillera par cette note verbale qu'il a l'honneur d'adresser à M. le conseiller pensionnaire de Hollande, après les lui avoir .déji communiquées de bouche dans upe conférence antérieure.
Le roi s'attend, que L. N. et 6. P. écriront une lettre à S. A. R. qu'elles feront connaître au ministre de S. M.
5Î2 CAUSE ciNQuiiBis. (1785—1788.)
avant 4e la Taire passer k sa destiaatioBy renCrarmant VaTM de Terreur de la supposition: que cette princesse avait pi avoir des vues contraires an bien de la rëpobliqiie; qu'elles feront des excuses de l'opposition faite à son vo ja^e et di manque d'ég-ards dont S. A. R. a à se plaindre; qne L. N. et 6. P. s'engageront à punir, à la réqnisitioii de la princesse, ceux qui pourraient s'être rendus coupables d'offenses envers sou auguste personne; qu'elles révoqueront les résolotions injurieuses et erronées qui avaient été prises à l'occasion de ce vojage; révocation accompa^ée de llnvitatioi que S. A. R. se rende à la Haje, pour entrer en négodation avec elle au nom du prince stathonder, afin de concilier par un arrangement convenable, les différents qol sobsisteot actuellement. Le soussigné est autorisé d'ailleurs à dédarer à M. le conseiller pensionnaire, que dans le cas où L. N. et 6. P. les états' de Hollande se prêteront sans difficulté à une satisfaction aussi modérée, S. A. R. interviendra auprès du roi son auguste frère, pour borner toute réclainatîon ultérieure de satisfaction à cet égard. Il aura de plus Vlionneur de tous informer, monsieur, qne si dans la suite la fixation du siège de la négociation à la Haje, rencontrait quelques difficultés, on pourrait faire cboix de quelque ville neutre, pour s'occuper des négociations qui serviraient de base à la conciliation et à la médiation. Le soussigné ne dissimulera point à M. le conseiller pensionnaire , que S. M. attend, de la manière la plus positive et la plus expresse, que dans l'intervalle, les états de Hollande laisseront subsister au moins les cboses dans leur état actuel; qu'on ne procédera à aucune suspension, destitution, ou i autres mesures préjudiciables et offensantes pour la personne du prince statbouder, capitaine et amiral g'énëral, puisque par là on rendrait toute satisfaction, toute conciliation illusoire, impossible, et qu'on accumulerait les olOTenses. A la Haye, le 9 septembre 1787.
DB Thvlbmkyër.
CAUSE oiNQuisME. (1785 — 1788.) 5Î3
Les états de Hollande répondirent le 1 2 septembre par la lettre suivante, adressée au roi de Prusse.
N"- XV
Lettre des états de la province de Hollande^ adressée au roi de Prusse; du 22 septembre 1787.
Illustre et Puissant Roi!
Comme nous employons nos plus grands efforts pour terminer le fâcheux différent relatif à Tempéchement que madame la princesse d'Orange et de Nassau, soeur de Y. M., a rencontré dans son voyage vers le lieu de notre résidence, en témoignant pour cet effet autant de facilité, de cordialité, que de promptitude, et comme nous avons encore pris le 8 de ce mois, une résolution par laquelle, en tous exposant, sire, ingénument et véridiquement, Tétat des choses, nous avons manifesté d'une manière si claire, autant nos égards pour la personne de Y. M. et son illustre msûson, que Téloignement, résultant de ces sentiments, que nous ressentons, pour nous permettre Tapparence ou Tombre d'une offense envers Y. M., nous ne pouvons pas vous cacher, sire, notre surprise, et combien nous avons été douloureusement affectés en recevant lundi passé dix de ce mois, les deux notes que M. de Tfaulemejer envoyé extraordinaire de Y* M. nous fit parvenir par les mains de notre conseiller pensionnaire; notes par lesquelles non-seulement on semble nous soupçonner de sentiments opposés à ceux que nous éprouvons, mais aussi d'une telle nature, que nous ne pouvons pas nous persuader, que Y. M. après avoir eu connaissance de notre résolution du 8 de ce mois, conserverait contre cette province le ressentiment qui parait lui avoir été inspiré relativement à l'événement qui a eu lieu vis-à-vis de S. A. R», et bien moins, que Y. M. jugerait quelques
574 CAV8B ciNouiiMB. (1785— 17880
propotltioiiB qui se trooTeat dans les sosdttes notes, en qiidqne Manière convenables vis-i-yls de nous qnt exerçons n ponroir sonverain indépendant.
Intimement convaincus de la pureté de nos principes, aiisi que de la vérité et de Féquité de ce que nous avons dédoH dans notre dernière résolution, nous pourrions, en nous contant en toute assurance sur la sag'csse, la pénétration, h Justice et la candeur d*àme de Y. M., attendre tranquilknent, dans d'autres temps que ceux-ci, la suite des choses, dans la persuasion, que les informations que nous avons données à Y. M., en faisant une impression heureuse sur eUe, auraient Teffet désiré, et que nous souhaitons si vivement.
Mais comme notre provhice est portée à l'époque présente au plus haut degré de crise, et que la nature autant que llmportance des informations est telle que Y. M. désirerait pept-étre quelques éclaircissements sur quelques points, nous nous hâtons de lui déclarer par cette lettre, non-seo/ement que nous sommes disposés à les lui donner, mais que nous crojons que la manière la plus convenable de les lui offrir serait, en décernant une commission extraordinaire sur deux membres de l'état pris du sein de notre assemblée, que nous enverrions auprès de Y. M«; qu'en conséquence, et dans l'attente qu'une telle députation aurait, sire, le bonheur de vous plaire, nous avons pris en attendant les résolutions nécessaires pour l'effectuer, et cela principalement, pour qne nos députés puissent avoir l'honneur d'exposer à Y. M. avec le véritable état des choses et le détail de tout ce qui y est relatif, nos vrais et purs sentiment?.
Nous ne désirons rien avec plus d'ardeur, que de voir notre démarche et notre résolution confirmée par le scean de l'approbation de Y. M., et nous redoublons nos instances pour pouvoir en être informés au plutôt, dans lequel cas, nous ferons partir immédiatement nos députés pour Berlin, pour donner par cette démarche aux jeux de toute l'Europe une marque palpable, non-seulement de l'importance du prix que nous
CAUSE eiNQuiiiiiE. (1785 — 1788.) 6Î5
attachons à la bienveillance de V. M. pour notre province, mais aussi pour rendre de plus en plus durables ces liens aussi solides qu'anciens de voisinage et d'amitié, qui établis dans des siècles précédents, sans avoir jamais été rompus par quelque entreprise hostUe, ont servi si souvent à l'avantage réciproque des deux états et pour qu'ils puissent remplir encore (avec l'assistance divine) le même but jusques à la fin des sièles.
C'est en finissant par ce voeu, que nous prions le Dieu tout -puissant, illustre et puissant roi! Qu'il lui plaise de prendre Y. M. sous sa sainte garde, de conserver ses jours, et lui accorder le règne le plus heureux. A la Ha je, le 12 septembre 1787.
De votre majesté,
etc. etc. etc.
Les états de Hollande et de Westfrise.
Klotterbookb»
Le 10 septembre, M. de Tbiilemejer annonça aux Etats-Généraux quMl avait prié les états de Hollande de lui faire savoir, dans le délai de quatre jours, leur intention à Fégard de la satisfaction que le roi exigeait, et quMl espérait que les Etats - Généraux appuieraient la Juste demande du monarque.
Dans la réponse que firent les Etats - Généraux, ils déclarèrent qu^ils ne pouvaient que se référer aux exhortations réitérées q^Mls avaient adressées à la province de Hollande, en chargeant à la fois des suites, ceux qui étaient cause de tant de malbeur.
Le roi de Prusse, peu satisfait de la lettre que les états de Hollande lui avaient adressée, n^ fit point de réponse, mais donna Tordre au feldmaréchal.
676 CAUSE ciNQuiiME. (1785 — 17880
dac régnant de Brnnswiek, d^entrer avec un corps de 30,000 hommes dans la province de Hollande (^).
Ce fut le 13 septembre 1787, lorsque Tarmée prussienne entra par Nimègue, sur le territoire de la république, que le duc de Brunswick publia la proclamation suivante:
N«- XVI
Déclaration du duc de Bnmswick-Lunehowrg , commmir dant en chef d'un corps darmée de S, M. Fh*7issietme^ adressée aux habitants de la province de Hollande; du
13 septembre 1787.
S. M. le roi de Prusse m'ajant chargé d'entrer avec on corps d'armée de ses troupes dans la province de Hollande^ j'ai voulu avant d'agir, informer les habitants de cette province des motifs de cette marche^ des ordres du roi, et de mes intentions.
n est notoire et d'ailleurs authentiquement constaté par les écrits publiés à Nîmègue, que S. A. R. madame la princesse d*Orange et de Nassau ajant entrepris le 28 juin, de faire un vojag'C de Nimègue à la Haye, et à sa maison du Bois, dans l'intention salutaire, de coopérer autant que possible an rétablissement de l'union si malheureusement et si long'temps interrompue dans la république des Provinces- Unies, fut arrêtée dans ce vojag'e, après avoir passé la ville de ' Schoonhoven sur le territoire de la province de
(1) Comme pour entrer dans la province de HoUande, ii fallait passer par la Gueldre, et par la province d^Utrecht, avec lesquelles on n'était pas en guerre, le duc de Brunswick, étant encore à Wcsel, négocia avec elles, et obtint leur consentement au passage des troupes prussiennes.
Hollande, par quelques ^ens arméa aux ordres des états de cette province; qu'elle fut mené« par eux à un endroit appelé Oicerweke-Slut/s, et qu'elle y Tut gardée comme prisonnière par des sentinelles placées à toutes les portes, et un officier, avec l'épée nue, dans aa chambre; que )a commission des états de Hollande, qui réside à Wocrden, s'étant rendue chez S. A. R., lui a défendu de passer outre vers ta Haye, sous prétexte d'ordres stricts qu'ils avaient des états de Hollande, auxquels ils avalent écrit pour demander des ordres altéricurs; que la déclaration solennelle de madame la princesse, qu'elle ne voulait faire ce voyage que dans les vues les plus pures de contribuer au salut de la patrie, en travaillant à un ace oitimo dément Juste et équitable, ni fut écoutée, ni admise; que la commission obligea plutôt madame la princesse, de retourner à Schoonhoven, pour y attendre la résolution des états de Hollande sur ia lettre que S. A. R. avait écrite de cet endroit en conséquence de cet événement, au grand pensionnaire de la province; mais qu'après avoir en vain attendu réponse pendant toute la journée dn 29, S. A. R. n'a pu prendre d'autre parti que celui de retourner le 30 à Nlmég-ue, et que ce ne fut qu'en repassant le Leck, que madame la princesse reçut une réponse, qui par une prétendue pluralité, contre le suifrage de l'ordre équestre et d'une partie des rilles, a approuvé la conduite des commissaires de Woerden et renvoyé la lettre de madame la princesse à une délibération ultérieure de leurs commettants.
Tout le monde impartial reconnaîtra, que ce procédé est tout à fait injuste et illégal, puisque dans un pays qui veut passer pour libre, personne, et pas même une petite majorité des états de la province, ne peut avoir le droit, de défendre à une auguste princesse, soeur d'un grand roi, épouse du prince stathouder héréditaire de la province, et lui-même premier membre de la souveraineté, de voyager librement dans cette province et de se' rendre à l'endroit de sa résidence constitutionnelle, surtout après qu'elle déclare solen- I. 37
598 CAU8B ciNOuiiME. (1785 — 1788.)
■ellemfnt ses tims les plus pores pMur le bie» p«bttc, et écârte par là toat soupçon da contraire. Ge procédé injasie en Boi-BièMe, devient injorieax et même ootrafcant an snprèM deipré par les circonstances^ non-sealemort pour S. A. R. auh da^ie la princesse et pour son sérënissine époox, mais wam ponr le roi son frère^. quand cette respectable princesse, q« par ses yertos et par ses fprandea qualités a sa acquérir k sniTrai^e et la vénération générale de la plus saine partie de la nation Mlandaise, est traitée par des petits commissaires et par leurs suppôts, conmie prisonnière, et d'une nani^ insolente et peu convenable. Cette prétendue majorité des états de Hollande, qui ne Test que par une usurpation notoire, se rend responsable des susdits procédés injustes ei oiTensants, en les approuvant et ratifiant kauiement, contre le suffrage de tout THlustre corps de la noblesse et d^uoe iprande partie des villes de la province, ainsi que contre Tavis et les conseils réitérés et empressés de LL. HH. PP. les États-Généraux des Provinces-Unies, et confimé? et renouvelés ensuite par les provinces en particulier, déclarant, qu'elles laissaient le tout sur le compte et la responsabilité de la majorité des états de Hollande.
Le roi n'ayant pas pu être indifférent à on affront si énorme fait de propos délibéré à une soeur cbérie, et. qui réjaillit par conséquent sur sa propre personne, s'est adressé d'abord tant aux états de Hollande qu'aux Etats -Généraux, par des mémoires que son ministre, le sieur de Thulemejer, leur a remis pour demander une satisfaction prompte et éclatante de cette injure, et la punition de ceux qui l'ont commise. Quoique les États-Généraux aient fortement conseillé aux états de Hollande, de donner la satisfaction demandée, ceux-ci ont pourtant jug-é à propos de la décliner entièrement par une réponse aussi précipitée, que haute et évasive, dans laquelle, en tachant de pallier la conduite de leurs délégnéa par des défaites, ils s'attachent principalement à faire valoir les prérogatives du souverain de la Hollande et le danger auquel ce souverain et la province auraient été ex-
CAVSB eiNQUiiME. (1785 — 1788.} 579
posés par le roj^ge àe madune la princesse, tandis qu'elle les avait assez rassnrtfs par ses dtfdarations sur ee pvéteiida daD^^^ et qii*fls avaient euxHBiémes tant de mojnm de s'e» ^rantir, s'il en existait S. M. ne poavant se contenter d'nae réponse aussi pea satisfaisante , a pourtant choisi la voie modérée de réclamer encore une fois une satisfaction proportionnée à l'offense, par des mémoires que le sieur de Thulemejer a de nouveau remis le 6 août, tant aux états de Hollande, qu'aux Etats -Généraux, et dans lesquels on a prouvé aux premiers par des faits incontestables, la réalité des offenses personnelles faites à madame la princesse, la non-existence du danger provenant du vojage en question, et rincongruité d'iJléguer toujours les droits du souverain contre le principal membre de la même souveraineté^ et envers une puissance étrangère, pour laquelle la souveraineté des Provinces -Unies n'est représentée que par les Etats^ Généraux.
C'est depuis le 6 aoât que le roi attend en vain une réponse des états de Hollande. Il ne peut pas s'en promettre une tant soit peu satisfaisante, quand on voit et apprend de tout côté, que la prétendue majorité de ces mêmes états ne s'occupe que de moyens d'éluder sous de vains prétextes la satisfaction qu'on leur demande, et ne travaille qu'à la suspension du stathouder de ses charges héréditaires, à l'injurier tous les jours par des libelles diffamatoires^ à déposséder les anciens magistrats par des violences illégales et inouïes, et à faire en général, tout ce qui est possible pour amener l'anéantissement et la destruction entière du stathoudérat héréditaire de l'illustre maison de Nassau, qui a fondée par son sang toute la base de la république batave. S. M. a donc pris la ferme résolution de prendre et de se procurer elle-même la satisfaction qu'elle ne peut plus espérer d'obtenir par la voie des représentations. Elle m'a chargé d'entrer pour cet effet dans la province de Hollande avec un corps de troupes, dont elle m'a confié le commandement Comme seà troupes seront obligées de passer par quelques
oAVwm ciNQuifaiB. (1785 — 1788.)
fnwlâiUBj fit «ppartieiMBt m etrpf de bi répdbliq«e, wb ^ M premmit poiit ie part à la craduHe oCnsante éo états de Hellande, les kabitants de ces prorlacas pemneal Mre assurés, qae les faroopes du roi ne le«r feront pas k «eiidre laal, et ae preadroat que le libre passag^e par kv territoire. C'est ponrqioi ils sont requis, de ne pas s'oj^oser à la marclie de ces troupes, mais de lear procurer plotoi les eoamiodités et toute aide et assistance amicale, dont elles pourront aroir besoin. Quant aux habitants de la proYkoe de Hollande et des antres prorinces qui prennent parti psv la prétendue majorité des états de cette province, coamm on sait, qne la pins fprande et la plus saine partie de la nation bollandaise est bien intentionnée pour l'ancien sjstèsM patriotique et constitutionnel, et que ce n'est qne par la tIslenee et une force supérieure, qu'elle a été entraînée à sniTre le système d'un parti factieux, on assure solennellement de la part et au nom de S. M. le roi de Prusse: que cette démarche ne se fait aucunement pour porter atteinte a h constitution, à la liberté et au bien-étre de la république et des prorinces qui la constituent; mais uniquement, pour prendre la satisfaction qui est due au roi et à madame la princesse d'Orange, sa soeur, pour réparer Taffront personnel qui leur a été fait: que par conséquent les troupes du roi obsenreront partout cette bonne et exacte discipline, qui les a toujours caractérisées; qu'elles ne feront point de mal aux habitants de la campa^e, qui se tiendront tranquilles et qui ne s'opposeront pas à leur marche, ni aux villes qui leur ouvriront leurs portes de bon gré, qu'on traitera les uns ei les autres avec toute la douceur et modération convenables, et que ce n'est que contre ceux qui voudraient s'opposer aux troupes de S. M., qu'on emploiera la force pour vahicre leur opposition et leur mauvaise volonté. C'est par toutes ces raisons, que moi soussigné général commandant en chef du corps de troupes que S. M. Prussienne a destinées pour cette opération, je réitère les assurances susdites à tous le^ habitants de la province de Hollande et autres, et je les
CAUSE oiNoui^MB. (1785 — 1788.) 581
requiers et exkorte de la manière la pins forte et la plos conyendble, de ne pas s'opposer à la marcbe et aux opérations des troupes qae Je commande; mais de leur accorder plutôt partout une libre entrée et toute bonne volonté 9 aide et assistance, que les circonstances pourront exi^r. Donné et signé au quartier général de — • Le 13 septembre 1787.
Le gouvernement français avait déclaré le 16 septembre, à la cour de Londres, qu^il ne souffrirait pas qu^on exécutât en Hollande par la force des armes des mesures contraires à la constitution, et qu^il soutiendrait la Hollande de toutes ses forces. En même temps il donna ordre au maréchal de Ségur de prendre des mesures pour le rassemblement d^une armée à Givet C).
De son côté TAngleterre déclara, que si le stathouder était attaqué, elle le défendrait, et mit sa marine sur le pied de guerre. Cette menace si positive en imposant au ministère français, il consentit à faire cesser ses préparatifs. Par des déclarations qui furent échangées le 27 octobre, entre les ministres d^ Angleterre près la cour de Versailles, lord Dorset et W. Eden, et M. de Montmorin, ministre des affaires étrangères de France, cette affaire fut arrangée. Voici ces deux déclarations (^) :
(1) Ce rassemblement ne s^elFectua jamais.
(2) La cour de Prusse adhéra formellement à ces déclarations.
CAVSK ciNQuii»iE. (178S-~1788.)
N* xvn.
Décfaration des plénipotentiaires de S. M. Britanmqiœ près la cour de Versailles, remise au comte de Mtmtr morin, ministre des affaires étrangères eji France; dM
27 octobre J787.
Les éyénemeDis qui ont eu lieo dans la républiqne des Provinces-Unies, ne paraissant pins laisser aucun s^jet de dlscnssion, et encore moins de contestation , entre les detx cours, les sonssi^és sont autorisés de demander, si l'inteih Uon de S. M. Très-Chrétienne est de donner des softes i la notification faite le 16 do mois de septembre dernier, pir le ministre plénipotentiaire de S. M. Très -Chrétienne, qid, annonçant qu'on donnerait des secours en Hollande, a occasionné les armements maritimes de la part de S. SL; lesqaeb armements sont devenus réciproques.
Si la cour de VersaQles est disposée à s'expliquer sur cet objet, et sur la conduite à adopter vis-à-vis de la république, d'une manière conforme au désbr qu'on a témoigné de part et d'autre, de conserver la bonne intellig'ence entre les deux cours, et toujours entendu aussi, qu'il n'y ait aucune vue d'hostilité d'aucune part, en conséquence de ce qui s'est passé; S. M., toujours empressée de concourir avec les sentiments amicals de S. M. Très-Chrétienne, conviendrait avec elle, que les armements, et en g'éncral tous préparatifs de guerre, seraient discontinués, de part et d'autre, et que les marines des deux nations seraient remises sur le pied de paix, tel qu'il existait au premier janvier de la présente année.
A Versailles, le 27 octobre 1787-
DORSET. Wn. EOEK.
N^ XVIII
CœUre-déclaralion de la cour de France.
L'intention de S. M. n'étant pas, et n'ayant jamais été, de s'immiscer par la force dans les affaires de la république
des Provinces -Unies, la commanicaUon faite à la conr de Londres, le 16 du mois dernier, par M. Barthélémy, n'ajant en d'autre objet, que d'annoncer à cette cour une intention, dont les motifs n'existent plus, surtout depuis que le roi de Prusse a fait part de sa résolution; S. M. ne fait aucune difficulté de déclarer, qu'elle ne veut donner aucune suite à la déclaration ci-dessus mentionnée, et qu'elle ne conserve nullement aucune vue hostile, relativement à ce qui s'est passé en Hollande. En conséquence, S. M., désirant con«courir avec les sentiments de S. M. Britannique, pour la conservation de la bonne harmonie entre les deux cours, convient avec plaisir, avec S. M. Britannique, que les armements, et en g>énéral tous préparatifs de g'uerre, seront discontinués de part et d'autre; et que les marines des deux nations seront remises sur le pied de paix, tel qu'il existait au premier janvier de la présente année. A Versailles, le 27 octobre 1787.
Le comte de Monthoript.
En conséquence de la déclaration et contre -déclaration échangées aujourd'hui, les soussig'nés, au nom de leurs souverains respectifs, conviennent, que les armements, et en général tous préparatifs de guerre, seront discontinues, de part et d'autre; et que les marines des deux nations seront remises sur le pied de paix, tel qu'il existait au premier janvier de la présente année.
A Versailles, le 27 octobre 1787.
Le comte db Montuorin.
Dai'set. W. Eden.
Les opérations militaires dirigées par le duc de Brunswick, eurent un succès complet: déjà le 18 septembre, Dordrecht, un des principaux sièges des ennemis de la maison d^Orange, que le patriote Gyzelaar avait exaltés jusqu^à la fureur, se rendit par capitu-
SB4 CAVSB cinoui1m£. (1785 — 1788.)
latfon ; et Rotterdam fit sa soumimion. La ville d'^ Amsterdam et le nord de la Hollande, défendus par les inondations espérant toujours recevoir des secours de la France, persistaient seuls encore dans leur système. Bien résolu cependant de détruire le foyer des troubles qui existait dans cette ville, le duc se mit en naiarche vers Amsterdam le 24 septembre, d^où arrivé à Leimuiden, S. A. reçut une députation de cette ville, qui témoigua qu^elle était disposée à accéder aux résolutions des autres états de la province de Hollande : mais comme elle ne promit pas pour la princesse d^Orange la satisfaction demandée dans la note prussienne du 4 septembre, le duc se refusa d^entrer en aucun arrangement avec elle. Il permit cependant à la régence d^Amsterdam d^envojer à la princesse une députation pour Finstruire de ces dispositions, et accorda une suspension d^armes jusqu^à Tarrivée de sa réponse. Par suite d^une circulaire du 22 septembre, dans laquelle les états de Hollande ordonnèrent à tous les commandants des places de la province^ de ne pas faire résistence aux troupes prussiennes, et de ne respecter aucun ordre de la commission de défense, et en partie par surprise, la ville de Naarden se rendit aux Prussiens. L^armistice ayant été dénoncé le 30 septembre, pour finir le même jour à sept heures du soir, Tattaque sur Amsterdam eut lieu sur quatre points dans la nuit du 30 septembre au 1 octobre. Le 2 octobre le duc accorda aux patriotes de cette ville un nouvel armistice, parce qu^ils voulaient envoyer à la princesse d^Orange une autre députation, la première ne Payant pas trouvée à Schoonhoven. Le due ayant de non-
CAUSE ciNQuiiiiiiE. (1785—17880 585
veau dénoncé ramustiee le 8 octobre, la ville d^ Amsterdam capitula le . 10 du même mois aux conditions suivantes:
,^La porte de Leyde sera remise aux troupes prus- ^^siennes ainsi qu^un faubourg de la ville jusqu'au 15, ^gour auquel le stathouder mettra dans la ville une ^^arnison de 2000 hommes/^ Dès le 11, la régence d^ Amsterdam fit arborer le pavillon orange sur Thôtel de ville , ce qui n^empécha pas qu^il n^j eut encore plusieurs émeutes où même le sang coula plus d^une fois; et que les compagnies bourgeoises ainsi que les corps francs ne restassent unis et armés jusqu^au 20 octobre, six jours après Tentrée des troupes de la république.
Déjà le 18 septembre, les prétendus états de Hollande avaient brusquement quitté la Haye pour transférer leur siège à Amsterdam j rassemblée d^ Amerfort revenue à la Haye cassa tous les arrêts qui avaient été rendus contre le stathouder et invita le prince à revenir travailler avec les états au rétablissement de la constitution. Il arriva le 20, et fut suivi p«r son épouse et ses enfants* La révolution qui s^opéra dsms les Povinces-Unies Ait complète. L^autorité du stathouder fîit consolidée, mais sans qu^on pensa à lui donner un pouvoir qui ne fut fondé dans la constitution, ni à lui sacrifier la liberté publique.
Une résolution des états de Hollande du 13 octobre, destitua et déclara à jamais inhabiles à servir la république dix -sept régents qui avaient pris une part directe à Toutrage fait à la princesse d^Orange; et ce fut à cet acte de rigueur que se borna la sa-
6B6 CAOM cmgiJiàMs. (t786-^178S.j
tiifttetioii ^'dle aviit demandée. Le 31 octobre 1767, lee itâte délérèrait an ataiheoder, extimoitliiiaflrcmttBt et poor une seule foui, le droit de destituer toiia ces ■Magistrats des Tilles, et de les rmnplaeer par des persaaues de son choix« Les Etats-Généraux adoptèrent m plan proposé par le atatkoader pour Migmeater tes forces de terre et de mer de la république , soit par des recrutements et par la constructioti de aouveaux vaisseaux, soit en prennant à leur solde des troupes étrangères»
Déjà au commencement du moiê de novembre, Tarmée prussienne commença à évacuer la Holiaiide pour s^en retourner dans ses diliikentes garnisons et dans ses cantonnements. Le roi ne demandant aucune Iidenuiité et n^imposant pomt de contribufionn de guerre aux pays conquis, les états de Hollande fir^st de leur propre mouvement payer aux troupes de S. M. un demi-^million de florins à titre do douceur â^hiver.
De leur côté les Etats-^Généraux chargèrent leur ministre plénipotentiaire i la cour de Berlin, le baroi de Reede, de remercier S. M. Prussienne de ce qu^elie avait fait en Hollande pour le rétablissement de ia tranquillité et du stathoudérat. L^ayant revêtu à cet effet du caractère d^ambassadeur extraordinaire, ce mi* nistre fut admis le 2 Janvier, à une audience publique, dans laquelle il prononça le discours suivant:
CAUSB CINQUIÈME. (1785 — 17880 581
N"- XIX
Discmirs prononcé par le baron de Reede^ revêtu du caractère d'ambassadeur extraordinaire de la république des Provinces-Unies des Pays-Bas pi^ès S. M. Prussienne^ lors de son audience publique^ le 2 janvier 17S8,
Sire!
L. H. P. ont jag-é dans des circonstances aussi heureuses, devoir faire exprimer à Y. M. les sentiments dont elles sont animées pour sa personne. Plus ces sentiments sont vrais, sire, plus L. H. P. ont voulu en faire accompagner les expressions de la plus grande solennité. Mes seigneurs et maîtres m'ont revêtu du caractère d'ambassadeur extraordinaire pour m'acquitter de cette commission honorable. J'ai l'honneur de présenter mes lettres de créance à Y. M. L. H. P., d'après l'attachement et la haute considération que leur inspirent les vertus et les éminentes qualités de madame la princesse d'Orange, ont ressenti, sire, la douleur et l'indignation la plus vive, quand un petit nombre d'îndividu«, après avoir plongé l'état dans la crise la plus effrayante, se permit envers S. A. R. une offense inouïe. L. H. P. croient Y. M. persuadée, combien elles auraient désirer donner à madame la princesse la satisfaction la plus éclatante, si elles n'en avaient été constamment empêchées par des menées pernicieuses. C'est avec le contentement le plus vrai, qu'elles ont vu les troupes de Y. M. sous les ordres de M. le duc régnant de Brunswick, procurer à S. A. R. une satisfaction convenable. J'ai ordre d'en assurer Y. M., et de lui témoigner la part que L. H. P. ont pris à cet événement. Si les succès de vos armes, sire, ont ajouté à la gloire du règne de Y. M., s'ils ont augmenté le nombre de lauriers que le héros qui marchait à la tète des troupes prussiennes, et ces troupes elles-mêmes sont dans l'usage de cueillir, ces mêmes succès ont amené un nouvel ordre de choses dans la république. Aujourd'hui, sire, les liens de l'union tant entre les provinces, qu'entre les différents mem-
508 CAura ciNOuiiauB. (178^—1788.)
kref de celles-ci, sont pliw étroitement resserrés; U cevtitatioB dont le caractère sacré aurait dd être iDaltérakle, est assise de nooyeaa sur ane base solide; S* A. S* M. k prince stathooder héréditaire, d'après les voeax de la aajenre pins distingnée partie de la nation, est rétabli posr k pins grand avantage de Tétat, dans Texerclce de ses luîtes dignités héréditaires. Une révolution aussi heureasement occasionnée, produite même par Tintervention efficace de Y. IL, est un service essentiel, qni excite la reconnaissance de L H. P. Chargé expressément de la témoigner à Y. M., j*al l'honneur, sire, de vous en présenter les expressions, avec les assurances de Tardent désir de L. H. P. de vous prou? er dans tous les temps et leur gratitude et la hante considéntion qu'elles portent à V. M. L.ILP. mettront tonjoursle plus grand soin à cultiver et entretenir avec Y. M. la meilleure harmonie et cette correspondance si hautement nécessafare entre de bons voisins; elles désirent, sire, et rien ne sera plus agréable à mes seigneurs et maîtres , que de pouvoir l'augmenter en contractant des liaisons encore plus étcoltea avec Y. M. Tels sont, sire, les sentiments que je sub chargé d'exprimer à Y. M. J'aurai rempli mes ordres, si j'ai le bonheur de voir Y. M. persuadée, que leur durée égalera toujours leur force. M'est-il permis, sire, d'avoir l'honneur de présenter à Y. M. les assurances de mon profond respect, et celles de ma constante application à obtenir le bonheur de plaire à Y. M.?
Réponse du roi de Prtisse au discours du baron de Reedej ambasscideur de la république des Provinces- Unies des Pays 'Bas y lors de son audience publique;
le 2 janvier 17S8.
Il est très-satisfaisant pour moi, qu'en vengeant l'honneur de mon sang, j'ai contribué à rétablir le stathoodérat et la
CAUSE ciNOuiisMB. (1785 — 1788.) 569
naisoii d*Oraiige dans ses prérogatives , an maintien et aux intérêts de laquelle, je prendrai sans cesse la part la plos sincère. Il ne m'est pas moins agréable d'avoir rétabli la paix et le calme dans un état, dont le bien-être me tiendra toujours à coeur, par une suite de l'amitié que je porte à la république, et dont je lui donnerai des preuves, en tout ce qui dépendra de moi* Vous assurerez L. H. P. de ma part, des sentiments que je vous manifeste ici; et vous renouvelerez en même temps au prince d'Orange et à ma soeur, les assurances de mon sincère attachement* Je vois avec plaisir la nouvelle marque de confiance que L* H. P. vous témoignent par la commission dont elles viennent de vous charger* Recevez à cette occasion les assurances de toute mon estfane, qui vous est due, par les bons sentiments que je vous ai toujours connus.
Le 15 février 1788, les états de Hollande proposèrent un acte 9 qui après avoir été successivement adopté par les autres provinces, fut signé le 3 juillet de la même année, sous le titre exacte de garantie mutuelle des sept Provihcei^ Ume$. Voici cette pièce importante qui consolida la paix intérieure de la république*
N«- XXI